L’Assemblée générale décide de tenir la prochaine réunion de haut niveau sur la couverture sanitaire universelle en septembre 2027, au Siège de l’ONU
L’Assemblée générale décide de tenir la prochaine réunion de haut niveau sur la couverture sanitaire universelle en septembre 2027, au Siège de l’ONU
La prochaine réunion de haut niveau sur la couverture sanitaire universelle aura lieu en septembre 2027, au Siège de l’ONU, à New York. Ainsi en a décidé l’Assemblée générale, ce matin, en adoptant à une large majorité une résolution (A/80/L.87) relative aux modalités de cette réunion, qui se tiendra pendant sa quatre-vingt-deuxième session, avec pour thème: « Couverture sanitaire universelle: une santé accessible et à un coût abordable pour toutes et tous d’ici à 2030 ».
Le texte a été entériné par 141 voix pour et 3 voix contre (Argentine, États-Unis et Fédération de Russie), après le rejet de deux propositions d’amendement soumises par la Fédération de Russie. La première (A/80/L.91) suggérait de supprimer le détail des participants aux préparatifs de la réunion de haut niveau figurant au paragraphe 6 du dispositif. La seconde (A/80/L.92) demandait la suppression de la dernière partie du paragraphe 10 prévoyant de porter à l’attention de l’Assemblée générale la liste des ONG inscrites mais non dotées du statut consultatif auprès du Conseil économique et social (ECOSOC) afin qu’elle puisse se prononcer sur leur participation.
Discussion générale et tables rondes ouvertes aux ONG
Convoquée par la présidence de l’Assemblée générale en collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la réunion de haut niveau comprendra une séance d’ouverture, une séance plénière consacrée à une discussion générale et deux tables rondes multipartites, coprésidées par deux représentants, l’un d’un pays développé et l’autre d’un pays en développement.
Les thèmes de ces tables rondes seront: « Accélérer la coordination et l’action multisectorielles pour garantir un accès équitable à des services de santé de qualité », puis « Mettre l’accent sur un financement adéquat de la santé pour une pérennisation de la prestation des services, de l’efficience et des capacités ».
La résolution précise que la présidence de la réunion pourra inviter à s’exprimer, lors des tables rondes, des parlementaires, des représentants d’autorités locales, des hauts responsables d’entités compétentes des Nations Unies, des organisations intergouvernementales régionales, des institutions financières internationales, des partenaires de développement et des représentants de la société civile, du secteur privé, des milieux universitaires, d’associations médicales, sanitaires et scientifiques, de peuples autochtones, d’organisations représentatives de personnes handicapées et d’organisations communautaires.
Lors d’une brève séance de clôture, des comptes rendus succincts des tables rondes multipartites seront présentés et des observations finales seront formulées par la présidence de la réunion.
Le Secrétariat de l’Assemblée générale a fait état d’incidences budgétaires pour cette résolution. Pour le Département de l’Assemblée générale et de la gestion des conférences, les décisions de convoquer la réunion de haut niveau d’une journée et d’organiser les deux tables rondes multipartites nécessiteraient des ressources supplémentaires estimées à 33 600 dollars en 2027, a-t-il précisé, ajoutant que, pour le Département de la communication globale, le supplément serait estimé à 1 800 dollars pour des services de diffusion sur le Web. Il faudrait en outre 9 400 dollars supplémentaires pour le Bureau des technologies de l’informatique et des communications afin d’assurer des services de conférence.
Le Secrétariat a assuré qu’il s’efforcera, « dans la mesure du possible », d’absorber ces besoins en puisant dans les ressources globales approuvées au titre du budget ordinaire pour 2027. Il a toutefois averti que sa capacité à exécuter le mandat « dépendra de la disponibilité de liquidités suffisantes ».
Des divisions reflétées par les explications de vote
Avant les opérations de vote, les États-Unis ont dénoncé la tenue d’une énième réunion de haut niveau, qui, selon eux, « consomme beaucoup de ressources et place une charge excessive sur le budget ». Ils ont également rejeté toute tentative visant à dicter à des pays souverains la façon de mettre en place et de financer leur système de santé. Selon la délégation, les progrès en la matière se font sur la base de partenariats entre les secteurs public et privé et de l’innovation dans un marché dominé par les États-Unis.
Faisant valoir, par ailleurs, que les résolutions de l’Assemblée générale sont juridiquement non contraignantes et ne créent ni droits, ni obligations au titre du droit international, les États-Unis ont réaffirmé leur opposition au programme de développement durable et aux objectifs de développement durable (ODD), avant de répéter qu’ils ne reconnaissent que deux sexes, l’un féminin, l’autre masculin. Ils ont enfin rappelé qu’ils se sont retirés de l’OMS « étant donné sa mauvaise gestion de la crise de COVID-19 et son incapacité à faire preuve d’indépendance ».
Au nom de l’Union européenne, l’Irlande a défendu une position contraire, qualifiant le projet de résolution de « jalon dans les efforts visant à garantir des vies plus saines et plus longues pour tous ». Elle s’est d’autre part prononcée pour la participation de tous les acteurs concernés à la réunion de haut niveau, affirmant que la décision sur cette question revient à l’Assemblée générale et non à un État Membre. Un avis également soutenu par le Japon.
Après le vote de la résolution, la Türkiye a mis en garde contre la participation d’ONG dont les activités ne seraient pas conformes aux buts et principes de la Charte des Nations Unies. Soucieuse d’éviter une « politisation inutile » des travaux de la réunion de haut niveau, elle a regretté que l’Assemblée générale ne dispose pas de toutes les informations concernant les ONG participantes, ce qui nuit à la procédure d’approbation tacite. Elle s’est donc dissociée du paragraphe 10 du texte adopté.
L’Argentine a justifié son vote contre en regrettant que le texte fasse référence à des cadres qui dépassent son objectif, notamment le Programme 2030 et l’OMS. Selon la délégation, les modalités de la réunion de haut niveau devraient se limiter aux aspects relatifs à son organisation et éviter de faire mention d’éléments contraires à la politique étrangère de son pays.
À l’inverse, la Chine a salué l’adoption de cette résolution en faveur de la couverture sanitaire universelle, notant que cette « composante importante des ODD » est aussi une priorité de sa stratégie de développement. Elle s’est aussi élevée contre la « politisation de la pandémie de COVID-19 » par les États-Unis, jugeant que ses efforts dans cette crise ne doivent pas être déformés. Quant à l’OMS, elle joue un rôle de coordination central et doit être « renforcée, pas affaiblie », a-t-elle souligné.
Cuba a, pour sa part, estimé que la couverture sanitaire universelle « ne pourra devenir réalité que lorsque seront éliminées les profondes inégalités entre les pays ». Elle a relevé à cet égard que ses efforts dans le domaine de la santé sont entravés par le blocus que lui imposent les États-Unis, avec de graves conséquences pour la sécurité humaine.
Le Timor-Leste a insisté sur les effets des changements climatiques, qui aggravent les difficultés sanitaires et menacent les moyens de subsistance de nombreux pays, plaidant en faveur de financements prévisibles pour y faire face. La délégation de la République islamique d’Iran a, elle, insisté -à l’instar des États-Unis- sur le caractère non contraignant de la résolution, indiquant que sa mise en œuvre dépendra du cadre juridique de son pays.
Reprise de quatre débats en cours
L’Assemblée a ensuite repris quatre débats ouverts précédemment afin d’entendre les orateurs restant à intervenir.
Les trois premiers débats portaient respectivement sur le renforcement du rôle de la médiation dans le règlement pacifique des différends ainsi que dans la prévention et le règlement des conflits, sur la consolidation et la pérennisation de la paix, et sur la nécessité de mettre fin à l’embargo économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis d’Amérique.
Enfin, après la levée de cette séance, l’Assemblée a repris sa réunion de haut niveau sur le VIH/sida afin de poursuivre son débat sur cette question.
La prochaine séance plénière de l’Assemblée générale sera annoncée dans le Journal des Nations Unies.