L’Assemblée générale décide de tenir la prochaine réunion de haut niveau sur la couverture sanitaire universelle en septembre 2027, au Siège de l’ONU

Quatre-vingtième session
101e séance plénière – matin
AG/12770

L’Assemblée générale décide de tenir la prochaine réunion de haut niveau sur la couverture sanitaire universelle en septembre 2027, au Siège de l’ONU

La prochaine réunion de haut niveau sur la couverture sanitaire universelle aura lieu en septembre 2027, au Siège de l’ONU, à New York.  Ainsi en a décidé l’Assemblée générale, ce matin, en adoptant à une large majorité une résolution (A/80/L.87) relative aux modalités de cette réunion, qui se tiendra pendant sa quatre-vingt-deuxième session, avec pour thème: « Couverture sanitaire universelle: une santé accessible et à un coût abordable pour toutes et tous d’ici à 2030 ». 

Le texte a été entériné par 141 voix pour et 3 voix contre (Argentine, États-Unis et Fédération de Russie), après le rejet de deux propositions d’amendement soumises par la Fédération de Russie.  La première (A/80/L.91) suggérait de supprimer le détail des participants aux préparatifs de la réunion de haut niveau figurant au paragraphe 6 du dispositif. La seconde (A/80/L.92) demandait la suppression de la dernière partie du paragraphe 10 prévoyant de porter à l’attention de l’Assemblée générale la liste des ONG inscrites mais non dotées du statut consultatif auprès du Conseil économique et social (ECOSOC) afin qu’elle puisse se prononcer sur leur participation.

Discussion générale et tables rondes ouvertes aux ONG

Convoquée par la présidence de l’Assemblée générale en collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la réunion de haut niveau comprendra une séance d’ouverture, une séance plénière consacrée à une discussion générale et deux tables rondes multipartites, coprésidées par deux représentants, l’un d’un pays développé et l’autre d’un pays en développement. 

Les thèmes de ces tables rondes seront: « Accélérer la coordination et l’action multisectorielles pour garantir un accès équitable à des services de santé de qualité », puis « Mettre l’accent sur un financement adéquat de la santé pour une pérennisation de la prestation des services, de l’efficience et des capacités ». 

La résolution précise que la présidence de la réunion pourra inviter à s’exprimer, lors des tables rondes, des parlementaires, des représentants d’autorités locales, des hauts responsables d’entités compétentes des Nations Unies, des organisations intergouvernementales régionales, des institutions financières internationales, des partenaires de développement et des représentants de la société civile, du secteur privé, des milieux universitaires, d’associations médicales, sanitaires et scientifiques, de peuples autochtones, d’organisations représentatives de personnes handicapées et d’organisations communautaires. 

Lors d’une brève séance de clôture, des comptes rendus succincts des tables rondes multipartites seront présentés et des observations finales seront formulées par la présidence de la réunion. 

Le Secrétariat de l’Assemblée générale a fait état d’incidences budgétaires pour cette résolution. Pour le Département de l’Assemblée générale et de la gestion des conférences, les décisions de convoquer la réunion de haut niveau d’une journée et d’organiser les deux tables rondes multipartites nécessiteraient des ressources supplémentaires estimées à 33 600 dollars en 2027, a-t-il précisé, ajoutant que, pour le Département de la communication globale, le supplément serait estimé à 1 800 dollars pour des services de diffusion sur le Web.  Il faudrait en outre 9 400 dollars supplémentaires pour le Bureau des technologies de l’informatique et des communications afin d’assurer des services de conférence. 

Le Secrétariat a assuré qu’il s’efforcera, « dans la mesure du possible », d’absorber ces besoins en puisant dans les ressources globales approuvées au titre du budget ordinaire pour 2027.  Il a toutefois averti que sa capacité à exécuter le mandat « dépendra de la disponibilité de liquidités suffisantes ».

Des divisions reflétées par les explications de vote

Avant les opérations de vote, les États-Unis ont dénoncé la tenue d’une énième réunion de haut niveau, qui, selon eux, « consomme beaucoup de ressources et place une charge excessive sur le budget ».  Ils ont également rejeté toute tentative visant à dicter à des pays souverains la façon de mettre en place et de financer leur système de santé. Selon la délégation, les progrès en la matière se font sur la base de partenariats entre les secteurs public et privé et de l’innovation dans un marché dominé par les États-Unis. 

Faisant valoir, par ailleurs, que les résolutions de l’Assemblée générale sont juridiquement non contraignantes et ne créent ni droits, ni obligations au titre du droit international, les États-Unis ont réaffirmé leur opposition au programme de développement durable et aux objectifs de développement durable (ODD), avant de répéter qu’ils ne reconnaissent que deux sexes, l’un féminin, l’autre masculin.  Ils ont enfin rappelé qu’ils se sont retirés de l’OMS « étant donné sa mauvaise gestion de la crise de COVID-19 et son incapacité à faire preuve d’indépendance ». 

Au nom de l’Union européenne, l’Irlande a défendu une position contraire, qualifiant le projet de résolution de « jalon dans les efforts visant à garantir des vies plus saines et plus longues pour tous ».  Elle s’est d’autre part prononcée pour la participation de tous les acteurs concernés à la réunion de haut niveau, affirmant que la décision sur cette question revient à l’Assemblée générale et non à un État Membre.  Un avis également soutenu par le Japon. 

Après le vote de la résolution, la Türkiye a mis en garde contre la participation d’ONG dont les activités ne seraient pas conformes aux buts et principes de la Charte des Nations Unies.  Soucieuse d’éviter une « politisation inutile » des travaux de la réunion de haut niveau, elle a regretté que l’Assemblée générale ne dispose pas de toutes les informations concernant les ONG participantes, ce qui nuit à la procédure d’approbation tacite.  Elle s’est donc dissociée du paragraphe 10 du texte adopté. 

L’Argentine a justifié son vote contre en regrettant que le texte fasse référence à des cadres qui dépassent son objectif, notamment le Programme 2030 et l’OMS.  Selon la délégation, les modalités de la réunion de haut niveau devraient se limiter aux aspects relatifs à son organisation et éviter de faire mention d’éléments contraires à la politique étrangère de son pays.

À l’inverse, la Chine a salué l’adoption de cette résolution en faveur de la couverture sanitaire universelle, notant que cette « composante importante des ODD » est aussi une priorité de sa stratégie de développement.  Elle s’est aussi élevée contre la « politisation de la pandémie de COVID-19 » par les États-Unis, jugeant que ses efforts dans cette crise ne doivent pas être déformés.  Quant à l’OMS, elle joue un rôle de coordination central et doit être « renforcée, pas affaiblie », a-t-elle souligné. 

Cuba a, pour sa part, estimé que la couverture sanitaire universelle « ne pourra devenir réalité que lorsque seront éliminées les profondes inégalités entre les pays ».  Elle a relevé à cet égard que ses efforts dans le domaine de la santé sont entravés par le blocus que lui imposent les États-Unis, avec de graves conséquences pour la sécurité humaine. 

Le Timor-Leste a insisté sur les effets des changements climatiques, qui aggravent les difficultés sanitaires et menacent les moyens de subsistance de nombreux pays, plaidant en faveur de financements prévisibles pour y faire face.  La délégation de la République islamique d’Iran a, elle, insisté -à l’instar des États-Unis- sur le caractère non contraignant de la résolution, indiquant que sa mise en œuvre dépendra du cadre juridique de son pays. 

Reprise de quatre débats en cours

L’Assemblée a ensuite repris quatre débats ouverts précédemment afin d’entendre les orateurs restant à intervenir. 

Les trois premiers débats portaient respectivement sur le renforcement du rôle de la médiation dans le règlement pacifique des différends ainsi que dans la prévention et le règlement des conflits, sur la consolidation et la pérennisation de la paix, et sur la nécessité de mettre fin à l’embargo économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis d’Amérique. 

Enfin, après la levée de cette séance, l’Assemblée a repris sa réunion de haut niveau sur le VIH/sida afin de poursuivre son débat sur cette question. 

La prochaine séance plénière de l’Assemblée générale sera annoncée dans le Journal des Nations Unies. 

À l’intention des organes d’information. Document non officiel.

Nouvel affrontement au Conseil de sécurité sur le programme nucléaire iranien dans un contexte de reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran

10192e séance – matin
CS/16409

Nouvel affrontement au Conseil de sécurité sur le programme nucléaire iranien dans un contexte de reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran

Les délégations ont à nouveau affiché, ce matin au Conseil de sécurité, de profondes différences sur le programme nucléaire iranien dans un contexte de reprise des hostilités entre les États-Unis et la République islamique d’Iran, nonobstant le mémorandum d’accord d’Islamabad signé par les deux pays le 17 juin dernier.  Selon ce mémorandum, l’Iran ne doit pas se procurer ou développer une arme nucléaire. Un vote de procédure a été nécessaire pour que la réunion puisse se tenir.   

Divergences autour de la résolution 2231 (2015)

En août 2025, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni avaient activé le mécanisme de retour aux sanctions, dit mécanisme de « snapback », prévu par la résolution 2231 (2015) relative au programme nucléaire iranien, mécanisme qui a réimposé des sanctions auparavant suspendues contre l’Iran.  De leurs côtés, la Chine et la Fédération de Russie estiment que cette résolution a, au contraire, expiré en octobre 2025 et que les sanctions sont caduques. 

Exprimés lors des séances antérieures, ces points de vue antagonistes se sont à nouveau faits jour, la Fédération de Russie parlant de « l’illusion d’un rétablissement des sanctions ».  En octobre dernier, à l’expiration de la résolution 2231 (2025), le Conseil a cessé d’examiner cette situation qui ne figure donc plus à son ordre du jour, a tranché la Russie, appuyée par la Chine.  Ces deux pays ont dénoncé les motivations politiques des pays qui appuient la tenue d’une telle réunion.   

Une position rejetée par le Royaume-Uni, qui a estimé que cette résolution reste en vigueur. La France a détaillé la procédure du mécanisme de « snapback »et rappelé que le Conseil a rejeté précédemment un projet de texte qui voulait lever les sanctions relatives au programme nucléaire iranien.  « La résolution demeure en vigueur », a dit la France, appuyée par les États-Unis. En conséquence, l’ordre du jour a été mis aux voix et adopté par 11 voix pour, 2 voix contre –la Russie et la Chine- et 2 abstentions, celles du Pakistan et de la Somalie. 

Une perte de connaissance sur le programme nucléaire iranien

Le Conseil a ensuite entendu Mme Rosemary DiCarlo, Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques.  Celle-ci a indiqué que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a une connaissance dégradée du programme nucléaire de l’Iran depuis les attaques lancées contre ce pays par les États-Unis et Israël.  À l’instar de la Lettonie, elle a parlé d’une perte dans la continuité des connaissances autour de ce programme.   

Ces connaissances ne pourront pas être rétablies, a-t-elle déclaré.  L’AIEA n’a pas reçu de déclaration à jour de l’Iran et n’a pas eu accès aux sites iraniens.  Elle a insisté sur l’importance d’une solution diplomatique, en saluant le volet nucléaire du mémorandum d’accord du 17 juin dernier.  Selon ce mémorandum, l’Iran ne doit pas développer ou se procurer une arme nucléaire, a déclaré le Royaume-Uni. 

« Cela doit être vérifiable, par le biais d’une bonne coopération avec l’AIEA. »  Cette vérification n’est pas un détail technique, elle est cruciale pour la confiance, a argumenté le Royaume-Uni.  Or, selon les États-Unis, l’Iran n’a pas coopéré avec l’AIEA sur les questions de garanties encore en suspens.  L’Iran a notamment refusé aux inspecteurs de l’Agence l’accès à ses stocks d’uranium hautement enrichi et faiblement enrichi pendant plus d’un an, en violation du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et de ses obligations de garanties.

« L’Iran continue ainsi de manquer à ses obligations au titre des résolutions du Conseil remises en vigueur à l’automne dernier, ainsi qu’à l’esprit et à la lettre des engagements pris entre nos deux pays », ont tranché les États-Unis. L’Iran ne doit jamais acquérir l’arme nucléaire, a déclaré l’Union européenne (UE), appuyée par la Lettonie, la Grèce et le Danemark.  De son côté, la Chine a estimé que l’Iran a le droit d’user de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, avant d’ajouter que son programme doit être supervisé par l’AIEA. 

La nécessité d’un règlement diplomatique

Face à la recrudescence des tensions, les intervenants, à l’instar de Mme DiCarlo, du Panama ou du Danemark, ont plaidé pour une solution diplomatique, la Somalie appelant à préserver la dynamique générée par le mémorandum.  La Chine a exhorté les États-Unis à créer les conditions propices à un règlement tandis que la Russie a rappelé que la crise liée au programme nucléaire iranien a été déclenchée par le retrait unilatéral des États-Unis en 2018 du Plan d’action global commun entériné par le Conseil dans sa résolution précitée.  

« Par la suite, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et leurs alliés ont non seulement envenimé la situation en invoquant le rétablissement automatique des sanctions, mais ont également soutenu de facto les frappes américaines et israéliennes sur le territoire iranien. »  La Russie a également dénoncé les mêmes mensonges concernant la prétendue menace que représenterait le programme nucléaire iranien. 

Au contraire pour Bahreïn, les efforts diplomatiques visant à régler la question nucléaire iranienne ne pourront atteindre leurs objectifs que s’ils se traduisent par un changement de comportement de l’Iran dans la région.  « Aujourd’hui, le même scénario se répète. »  Quelques heures seulement après l’annonce du mémorandum d’Islamabad, l’Iran s’est empressé d’en saper le caractère pacifique en reprenant ses attaques contre Bahreïn, le Koweït et la Jordanie. 

« La voie diplomatique demeure ouverte et reste notre option privilégiée pour répondre aux préoccupations liées au programme nucléaire iranien », ont déclaré à ce titre les États-Unis.  Ils ont estimé que les dirigeants iraniens ont aujourd’hui la possibilité de choisir une autre voie, tout en ajoutant que « si des biens civils ou des navires commerciaux sont pris pour cibles, nous répondrons ».  Le Pakistan s’est aussi joint aux voix qui ont exhorté toutes les parties à respecter pleinement les engagements qu’elles ont pris au titre du mémorandum d’Islamabad. 

« Les négociations demeurent particulièrement sensibles. »  C’est pourquoi nous devons éviter toute déclaration ou toute action susceptible d’alimenter les tensions, a dit ce pays.  Le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France se sont dit prêts à une levée des sanctions à la condition d’un « changement de comportement de l’Iran sur le terrain », selon l’expression de l’UE. 

À l’intention des organes d’information. Document non officiel.

Ukraine: « il n’y a pas de solution militaire à cette guerre », reprennent en chœur des délégations à la suite de l’appel de Mme Rosemary DiCarlo

10191e séance – matin
CS/16408

Ukraine: « il n’y a pas de solution militaire à cette guerre », reprennent en chœur des délégations à la suite de l’appel de Mme Rosemary DiCarlo

« Un cessez-le-feu immédiat, complet et inconditionnel ne saurait être davantage différé », s’est impatientée, ce matin au Conseil de sécurité, Mme Rosemary DiCarlo.  La Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix était venue présenter les derniers développements à cette réunion sollicitée par l’Ukraine, demande soutenue par les membres européens du Conseil (Danemark, France, Grèce, Lettonie et Royaume-Uni), à cause de « l’intensification d’actes terroristes contre les civils ukrainiens ». 

Cette nouvelle séance, la huitième sur le conflit ukrainien en sept semaines, fait suite à deux récentes attaques à grande échelle de missiles et de drones russes contre l’Ukraine au cours de la semaine dernière, comme l’a expliqué Mme DiCarlo. 

Exaspérée, comme la majorité des intervenants, après quatre ans et demi de conflit et cette nouvelle escalade, Mme DiCarlo a martelé qu’il n’existe pas de solution militaire susceptible d’apporter une paix durable.  Ce n’est que par le dialogue, inclusif et constructif, et des négociations que l’on pourra inverser la dangereuse trajectoire actuelle, a—t-elle argué.  Un avis partagé par nombre de délégations, dont la République démocratique du Congo (RDC), la Grèce, la Somalie, le Pakistan, les États-Unis ou Bahreïn, attachés à « la seule voie » de la diplomatie.

« Cette escalade n’apportera pas la paix, et une augmentation du nombre de victimes civiles ne mènera pas à un règlement durable », a averti à son tour le Panama.  La Russie est le seul membre au sein du Conseil de sécurité à ne pas avoir appelé à un arrêt des combats, s’est emportée la France.

Une escalade sans pareil

La Secrétaire générale adjointe DiCarlo a fait le récit des trois vagues massives de frappes aériennes russes, la semaine dernière, qui ont visé Kyïv et d’autres villes ukrainiennes, dont la dernière a eu lieu la nuit dernière.  Selon elle, ces attaques montrent un schéma clair car elles ont ciblé des centres urbains à forte population civile et détruit ou gravement endommagé des bâtiments résidentiels, avec des conséquences dévastatrices pour les habitants. 

Ainsi, dans la nuit du 8 juillet, des attaques par missiles et drones ont été signalées à Kyïv, Kharkiv et Odessa, faisant des victimes civiles.  Ces événements ont fait suite à une attaque aérienne massive menée contre Kyïv dans la nuit du 6 juillet.  La capitale et sa région auraient été visées par des dizaines de missiles –notamment des missiles balistiques, de croisière et hypersoniques– ainsi que par des centaines de drones.  Au moins 28 personnes, dont un garçon de 12 ans, auraient trouvé la mort, et au moins 90 personnes, dont au moins 7 enfants, auraient été blessées. 

Mme DiCarlo a aussi signalé les attaques ukrainiennes de drones ayant frappé des infrastructures pétrolières, industrielles et militaires en Russie, dont certaines auraient fait des victimes civiles et des dégâts aux infrastructures civiles, y compris résidentielles.  En République autonome de Crimée (Ukraine) temporairement occupées par la Fédération de Russie, une frappe attribuée à l’Ukraine aurait tué une personne le 6 juillet et provoqué des coupures d’électricité généralisées dans toute la péninsule.  Les autorités russes ont signalé que 250 civils avaient été tués et 1 596 blessés en Fédération de Russie au cours du premier semestre 2026.  Les Nations Unies ne sont pas en mesure de vérifier ces informations, a précisé Mme DiCarlo. 

De plus, selon elle, « les civils vivant dans les territoires ukrainiens sous occupation temporaire de la Fédération de Russie continuent de subir ce qui s’apparente à des violations généralisées et systématiques des droits humains de la part des autorités d’occupation ». 

La Russie s’est exprimée avec fermeté pour donner sa version des faits et retourner contre l’Ukraine les accusations la ciblant.  En faisant le bilan des attaques ukrainiennes contre elle, la Russie a rejeté l’approche du « deux poids, deux mesures » suivie selon elle par le Secrétaire général de l’ONU.  « Nous attendons toujours la réaction d’António Guterres aux photos et vidéos du site de la tragédie de Starobilsk, ainsi qu’aux dépositions remises à Vladimir Kuznetsov, Directeur du centre d’information des Nations Unies à Moscou », a dit la déléguée russe. 

De son côté, l’Ukraine a réfuté les « allégations fallacieuses de la Russie » en citant George Orwell : « les trois slogans d’un État totalitaire: la guerre, c’est la paix, la liberté, c’est l’esclavage et l’ignorance, c’est la force ».

Les civils ciblés de part et d’autre

Toute attaque contre des civils et des infrastructures civiles, où qu’elle ait lieu, constitue une violation claire du droit international humanitaire et doit cesser immédiatement, a lancé, une énième fois, la Secrétaire générale adjointe.  Son collègue, le Sous-Secrétaire général aux affaires humanitaires et Coordonnateur adjoint des secours d’urgence par intérim, a qualifié de profondément alarmantes l’ampleur et l’intensité des hostilités dans les grands centres urbains ukrainiens, à savoir Dnipro, Kharkiv, Kherson, Kyïv, Sumy et Zaporizhzhia, qui se soldent par un lourd bilan humain. 

Depuis vendredi dernier, des attaques menées à travers l’Ukraine ont tué et blessé des centaines de civils, a déploré M. Indrika Ratwatte, se disant également préoccupé par les informations faisant état de préjudices subis par des civils en Fédération de Russie.  Quel que soit le rythme des efforts politiques, les civils ne peuvent pas attendre, a insisté le responsable du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), exhortant les membres du Conseil à user de leur influence pour saisir toutes les opportunités concrètes permettant d’éviter que les civils ne souffrent davantage. 

Puisque « poser un diagnostic sans offrir remède n’est pas de la diplomatie », le Libéria a proposé un moratoire immédiat et vérifiable sur les frappes contre les infrastructures civiles d’énergie, d’eau et résidentielles. 

L’Ukraine a reconnu le lourd bilan à Kyïv parmi les civils et fait remarquer que « la Russie n’épargne personne ».  La délégation a évoqué le sort peu enviable des habitants des territoires temporairement occupés dont certains sont même empêchés de quitter ces régions. 

« Compte tenu de l’ampleur des attaques et des destructions, la seule conclusion raisonnable est que ces civils et ces biens civils sont bel et bien visés délibérément », a avancé le Danemark en exigeant, comme plusieurs délégations occidentales, que les responsables de tous les crimes commis dans le cadre de la guerre d’agression menée par la Russie en Ukraine rendent des comptes et « que justice soit faite ». 

L’espoir de la diplomatie malgré tout

Fait particulièrement alarmant, les attaques russes se sont accompagnées de menaces, y compris dans cette salle du Conseil de sécurité, contre des civils, des diplomates et le personnel des organisations internationales opérant en Ukraine, s’est insurgée la Finlande, qui parlait au nom des pays nordiques (Danemark, Finlande, Islande, Norvège et Suède).

Rappelant que, dans le droit fil du G7 d’Evian, les dirigeants de l’OTAN, réunis hier à Ankara, ont affirmé leur « soutien indéfectible » à l’Ukraine, la France a annoncé que, le 13 juillet, les Chefs d’État et de Gouvernement de la Coalition des volontaires se réuniront à Paris pour consolider ces initiatives et travailler à la mise en place de « garanties de sécurité robustes ». 

« Il est grand temps que la Russie comprenne que les frontières ne peuvent être modifiées par la force et que les agresseurs ne peuvent être récompensés », a averti l’Union européenne (UE).  Elle a exhorté tous les pays, y compris les membres du Conseil, à cesser toute assistance directe ou indirecte à la Russie, notamment la fourniture de biens et de composants à double usage.  L’UE continuera d’accroître la pression sur l’économie de guerre russe. 

De leur côté, les États baltes ont exprimé leur détermination à poursuivre leur soutien militaire à l’Ukraine pour la défense de sa souveraineté.  La Lituanie, qui parlait en leur nom, a tranché: la conduite de la Russie est incompatible avec sa fonction de membre permanent du Conseil de sécurité et son statut d’État Membre des Nations Unies.  « La Russie devrait être éjectée du Conseil de sécurité », a d’ailleurs suggéré l’Ukraine. 

« Rien ne les arrête », s’est emportée la déléguée russe devant ces annonces de soutien européen.  « Argent, armes, munitions, données de renseignement, téléguidage, formations militaires, logistique », a-t-elle énuméré en estimant que les pays européens, par leur soutien, sabotent toute lueur d’espoir de négociations de paix.  La déléguée a fustigé une « stratégie unifiée » visant à infliger un maximum de dégâts à la Russie par le biais des Ukrainiens. 

Notant que la Russie se présente comme une victime, la Lettonie s’est exaspérée de voir que ce pays tente de se débarrasser de son statut de paria sur la scène politique internationale.  À cet égard, elle a déploré la décision provisoire du Comité international olympique de lever la suspension qui frappait le Comité olympique russe.  « Il ne devrait pas y avoir de tapis rouge pour la Russie pendant la chute des missiles! » 

L’Ukraine utilise son droit à la légitime défense et cible des bases militaires russes et l’industrie qui soutient la guerre, les raffineries de pétrole, des pôles logistiques et des cibles militaires, a expliqué son délégué. L’Ukraine met en œuvre des frappes en profondeur et de moindre portée en essayant de contenir l’invasion russe, a-t-il ajouté. 

Il a néanmoins affirmé que l’Ukraine est prête à un cessez-le-feu, comme l’a indiqué son chef d’État le 4 juin dans une lettre adressée au Président Putin. La balle est dans le camp de Moscou mais la responsabilité d’arrêter Moscou est la nôtre, a-t-il dit. 

« Les deux parties doivent reprendre la négociation car il n’existe pas de solution militaire à cette guerre », ont également martelé les États-Unis.  Le Président Trump a été particulièrement clair en disant que « la Russie devrait mettre fin à ces meurtres et à la guerre; le temps lui est compté », a dit le délégué américain.  Pour y parvenir, la Chine a invité les parties à essayer de trouver le plus petit dénominateur commun et promouvoir une architecture de sécurité régionale. 

À l’intention des organes d’information. Document non officiel.

Conseil de sécurité: les violences sexuelles liées aux conflits suscitent une réponse mieux coordonnée de la communauté internationale

10190e séance – matin & après-midi   
CS/16406

Conseil de sécurité: les violences sexuelles liées aux conflits suscitent une réponse mieux coordonnée de la communauté internationale

Aujourd’hui, le Conseil de sécurité s’est réuni sous la présidence de la Première Ministre de la République démocratique du Congo (RDC), la toute première femme à occuper ces fonctions dans son pays, Mme Judith Suminwa Tuluka, pour l’un des temps forts de la présidence de la RDC du Conseil en juillet, un débat public consacré aux femmes, à la paix et à la sécurité, pour lequel étaient inscrites une soixante-dizaine de délégations. 

Cette séance, qui visait à « honorer la promesse du droit international envers les survivantes et survivants de violences sexuelles liées aux conflits », a été l’occasion pour la Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question des violences sexuelles en période de conflit, Mme Pamilla Patten, de présenter le dernier rapport en date du Secrétaire général sur les violences sexuelles liées aux conflits, qui a fait tour à tour l’objet de louanges et de critiques.

La haute fonctionnaire a rappelé que bien du chemin avait été parcouru depuis la création, il y a 17 ans, du mandat qui est le sien, lorsque les violences sexuelles perpétrées en période de conflit armé étaient qualifiées de « plus grand silence de l’histoire » et de « crime de guerre le moins condamné au monde ».  Elle en a voulu pour preuve le cas de la RDC, qui en fut longtemps l’un des épicentres, mais qu’elle a citée aujourd’hui comme un exemple pour avoir « infléchi le cours de l’histoire ».

L’expérience concluante de la RDC 

Mme Tuluka a renchéri en affirmant que Kinshasa avait choisi de renforcer ses institutions, de briser le cycle de l’impunité et de faire de la dignité des survivantes et des survivants une priorité de son action publique: « des mécanismes concrets ont ainsi été mis en place, tels que le FONAREV », le Fonds national des réparations des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et d’autres crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, « qui vise à identifier les victimes, faciliter leur accès à la justice et permettre des réparations individuelles et collectives ».

En outre, a encore fait valoir la Cheffe de Gouvernement, les Centres intégrés de services multisectoriels assurent une prise en charge sur les plans médical, psychosocial, juridique et socioéconomique.  Alors que plus de 45 000 personnes déplacées et plus de 1 000 enfants nés de viols ont été reconnus et enregistrés l’an dernier, la Représentante spéciale en a déduit que « si cela est possible en RDC –une situation d’une complexité extrême–, aucun dirigeant, où que ce soit, ne peut prétendre que le changement est hors de portée ».

Autre motif de satisfaction exprimé par le Secrétaire général dans son rapport, une baisse des cas de violences sexuelles imputés à la Police nationale congolaise au cours des cinq dernières années.  Une évolution qui fait suite à l’engagement pris par le Gouvernement de la RDC de renforcer l’établissement des responsabilités et d’élaborer des feuilles de route spécifiques à destination du secteur de la sécurité.  « En conséquence, la radiation de la Police nationale de la liste sera examinée lors du prochain cycle, compte tenu des progrès constants accomplis dans la mise en œuvre des engagements », a annoncé la Représentante spéciale, pour qui il est temps de briser le « cercle vicieux de la violence et de l’impunité » pour le remplacer par un « cercle vertueux de reconnaissance et de réponse ». 

Pour le Danemark, la baisse constante du nombre de cas impliquant la Police nationale congolaise démontre qu’une coopération soutenue avec le Bureau de la Représentante spéciale peut favoriser l’obligation de rendre des comptes, de renforcer les réponses institutionnelles et de contribuer à une réduction mesurable des violences sexuelles liées aux conflits.

Il reste toutefois beaucoup à faire.  En effet, le rapport annuel du Secrétaire général recense 9 788 cas de violences sexuelles liées aux conflits vérifiés par les Nations Unies en 2025 –« soit plus du double du nombre enregistré l’année précédente ».  Pourtant, ces chiffres ne sauraient rendre compte de l’ampleur réelle de ce crime chroniquement sous-déclaré, a-t-elle souligné, car ces données ne représentent que les cas que l’ONU a été en mesure de vérifier.  Les acteurs humanitaires sur le terrain estiment que pour chaque cas documenté, 10 à 20 ne sont ni signalés ni pris en charge, enhardissant les auteurs de violations.

La situation en Haïti illustre l’une des principales tendances mises en évidence par le rapport, à savoir que les violences provoquées par des acteurs non étatiques sont en nette hausse, en l’occurrence les gangs qui mettent ce pays à feu et à sang, l’exposant au risque de la « faillite », selon le terme employé par Mme Carine Jocelyn.  Fondatrice et Directrice du Collectif des femmes haïtiennes, cette intervenante de la société civile a blâmé le trafic d’armes militaires en provenance des États-Unis, en violation de l’embargo décrété par le Conseil de sécurité de l’ONU.  Autres facteurs en cause: un système judiciaire inapte, une corruption endémique et une force de police insuffisante sont les garants d’une impunité durable. Mme Jocelyn a fait également état d’actes de violence sexuelle commis par des membres de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) autorisée par l’ONU en 2025, malgré les efforts du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti pour y remédier.

Un rapport critiqué

Si les États-Unis se sont dits prêts à recourir à des sanctions ciblées –comme il l’ont fait cette année contre trois commandants des Forces d’appui rapide pour leurs agissements à El-Fasher, au Soudan, ou contre des commandants du M23 et des FDLR en RDC–, la délégation n’en pas moins critiqué les « objectifs idéologiques » prêtés au rapport du Secrétaire général, la confortant dans sa décision annoncée en janvier de ne plus participer aux activités du Bureau de la Représentante spéciale. 

La Fédération de Russie a, pour sa part, fustigé les « lacunes méthodologiques » d’un document qui relaierait des informations « biaisées » d’entités « discréditées » du système des Nations Unies.  Étonnée que des « gouvernements légitimes », comme ceux du Soudan et du Myanmar, figurent sur la « liste noire » en annexe, la Russie s’est déchaînée contre le traitement fallacieux de la situation en Ukraine, puisqu’une part importante des données utilisées sont issues de la « prétendue » Commission internationale d’enquête indépendante sur l’Ukraine et de la mission de surveillance des droits de l’homme des Nations Unies dans ce pays, « ouvertement antirusses ».

Face à la « brutalisation du monde », la France a, au contraire, estimé que la Représentante spéciale exerce un mandat essentiel.  À l’instar de la Lettonie ou du Danemark, elle s’est félicitée que, pour la première fois, le Secrétaire général ait inscrit un membre permanent du Conseil de sécurité, la Russie, dans cette annexe, en raison des violences sexuelles commises par ses forces armées à l’encontre de civils et de prisonniers de guerre ukrainiens. 

Israël est également, cette année, présent sur cette liste, pour les violences sexuelles commises par ses forces de sécurité à l’encontre de détenus palestiniens.  Pour la délégation israélienne, cette inscription est « dénuée de tout fondement » et il s’agit d’une « fausse équivalence » qui place « injustement » une démocratie régie par l’état de droit aux côtés de groupes terroristes comme Boko Haram, Daech et le Hamas. S’adressant directement à Mme Patten, elle lui a demandé de rendre publiques toutes ses communications avec le Secrétaire général, de divulguer les preuves et échanges ayant conduit à cette décision afin d’en démontrer la transparence, de révéler les pressions qu’elle aurait subies, avant de l’appeler à démissionner, considérant que son indépendance et son intégrité étaient compromises.  Des demandes jugées diffamatoires par l’Observateur permanent de l’État de Palestine, qui a appelé le Conseil à garantir un accès sans entrave aux organes des Nations Unies et aux autres mécanismes internationaux à l’ensemble des territoires palestiniens occupés afin qu’ils puissent mener des enquêtes indépendantes sur tous les cas de violations signalés.

Trois recommandations pour l’avenir

Les trois recommandations clefs du rapport ont trouvé un large écho auprès des délégations qui ont pris la parole aujourd’hui.  La Représentante spéciale a notamment rappelé que les conseillers pour la protection des femmes, qui coordonnent les mécanismes de suivi, d’analyse et de signalement des violations, ne sont actuellement déployés que dans cinq des contextes couverts par ce rapport, « contre neuf au moment de sa publication ».  De l’Égypte à la Pologne, en passant par la Lettonie et la Colombie, nombreux ont été les États Membres à défendre la préconisation d’accélérer ce déploiement et de le maintenir sur la durée.

Par ailleurs, a poursuivi Mme Patten, un investissement soutenu dans des services multisectoriels est essentiel pour créer un environnement propice permettant aux survivantes et survivants de signaler les faits et de demander réparation, notamment par le biais du fonds d’affectation spéciale pluripartenaire pour la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits, un organisme qui a reçu l’aval du Libéria ou encore de la Grèce.

Enfin, la Représentante spéciale a prôné un principe de tolérance zéro pour ceux qui commettent, ordonnent ou cautionnent ces crimes: « il est temps d’en finir avec le déni, les manœuvres dilatoires, l’indignation sélective et les discours politiques pour assumer la responsabilité des souffrances humaines infligées sous notre surveillance », a tranché Mme Patten, partisane d’une lutte radicale contre l’impunité.  La RDC et la Colombie ont été brandies en exemples par la Chine, qui a rappelé que les gouvernements de ces pays, en coopération avec l’ONU, ont trouvé des solutions adaptées à leurs contextes national respectifs et enregistré des progrès notables dans les enquêtes, le renforcement de la gestion des forces de sécurité, ainsi que dans l’assistance aux survivants et aux enfants. 

À l’intention des organes d’information. Document non officiel.

L’Assemblée générale rouvre son débat sur l’embargo américain imposé à Cuba

Quatre-vingtième session,
99e et 100e séances – matin & après-midi
AG/12769

L’Assemblée générale rouvre son débat sur l’embargo américain imposé à Cuba

La « nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis d’Amérique » a été discutée par l’Assemblée générale, aujourd’hui, après un échange tendu entre les États concernés sur la procédure et un vote pour décider de rouvrir ce débat.

À peine la séance ouverte, avec 30 minutes de retard, les deux États n’ont pas tardé à présenter deux lectures radicalement opposées de la situation.  La délégation américaine s’est opposée à la tenue du débat, déjà clos le 25 octobre 2025 selon elle, estimant qu’il ne contribuait ni à l’aide humanitaire, ni à la défense des droits humains, ni au soutien du peuple cubain.  Cuba a alors, à deux reprises, soulevé une motion d’ordre pour contester cette intervention sur le fond alors que la décision à prendre portait sur la réouverture du débat.

Le vote, demandé par les États-Unis, sur la tenue même du débat, s’est soldé par 136 voix pour, 9 contre (Argentine, Costa Rica, États-Unis, Israël, Macédoine du Nord, Maroc, Paraguay, Tchéquie, Ukraine) et 30 abstentions. 

Dans l’après-midi, le Chili a lui aussi présenté une motion d’ordre, au nom également du Costa Rica et du Paraguay, demandant la possibilité de formuler des explications de vote.  La motion d’ordre a été rejetée, le Vice-Président de l’Assemblée rappelant qu’au vu de la nature procédurale de cette mise aux voix, il avait choisi de ne pas autoriser les explications de vote sur cette question.

Cuba dénonce le blocus et d’autres mesures coercitives

Le Ministre des affaires étrangères de Cuba a tout d’abord ironisé sur le fait que les États-Unis, opposés à la tenue du débat, s’étaient inscrits les premiers pour prendre la parole.  M. Bruno Eduardo Rodríguez Parrilla a ensuite dénoncé avec force le blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis, une « guerre multidimensionnelle non conventionnelle » menée depuis près de 70 ans et considérablement intensifiée ces derniers mois.

Ce blocus s’accompagne d’un « siège énergétique assimilable à un blocus naval, un acte de guerre », ainsi que de mesures coercitives extraterritoriales et de menaces militaires, a-t-il précisé.  Il viserait, selon lui, à provoquer une crise humanitaire afin de déstabiliser le pays.  M. Rodríguez Parrilla a dénoncé cette politique ayant aggravé les coupures d’électricité, les pénuries d’eau, de médicaments et de denrées alimentaires, ainsi que la mortalité infantile et les décès liés au cancer. 

« Le blocus asphyxie et tue de manière silencieuse. »  Le Ministre cubain a appelé l’Assemblée générale à condamner une telle violation du droit international, de la Charte des Nations Unies et des droits humains du peuple cubain. 

M. Rodríguez Parrilla a rejeté l’argument des États-Unis selon lequel leur blocus ne viserait que le Gouvernement cubain, un « mensonge contredit par les faits ».  En effet, les dommages économiques causés par le blocus ont atteint un niveau record de 80 milliards de dollars entre le 1er mars 2025 et le 28 février 2026, soit une hausse de 100% par rapport à la période précédente, et le coût cumulé des près de 70 années de blocus s’élèverait à 1 608 milliards de dollars.  Des chiffres qui n’incluent ni les effets du blocus énergétique imposé depuis février 2026 ni ceux des mesures coercitives extraterritoriales qui empêchent d’autres États et entreprises de commercer librement avec l’île, a ajouté le Ministre. 

Les difficultés du pays ne résultent pas d’un échec de son modèle, mais des restrictions imposées par Washington, a-t-il encore précisé en assurant de la poursuite des réformes économiques et sociales de Cuba et du large soutien international à son égard. 

Évoquant les dernières relations avec les États-Unis, M. Rodríguez Parilla a indiqué avoir accepté les pourparlers diplomatiques bilatéraux proposés par Washington afin de rechercher, de manière sincère et constructive, des solutions aux différends.  Il a toutefois regretté l’absence de progrès, qu’il a attribuée à l’attitude des autorités américaines, accusées de continuer à traiter Cuba comme un adversaire conquis ou vaincu, voire comme une « possession coloniale ».

Cette politique « génocidaire et criminelle » ne refléterait pas l’opinion majoritaire aux États-Unis, a estimé le Ministre citant une étude récente montrant que 98,3% des publications et commentaires sur les réseaux sociaux américains ne soutiennent ni le blocus ni l’agression contre Cuba.  Il a réaffirmé l’attachement de Cuba à la paix, au multilatéralisme, au droit international, à sa souveraineté et à son indépendance citant en conclusion l’ancien Président, Fidel Castro Ruz: « Patrie ou mort, nous vaincrons ! ». 

Les États-Unis accusent le « régime cubain » d’embargo contre son peuple

« On parle beaucoup aujourd’hui d’embargo.  Et, en effet, il y en a un.  C’est l’embargo que le régime cubain impose sans relâche à son propre peuple, décennie après décennie », a retorqué le représentant des États-Unis.  Les coupures d’électricité, les pénuries alimentaires et les difficultés des hôpitaux résultent avant tout des choix du Gouvernement cubain, a-t-il assené.  Il a dénoncé l’enrichissement des élites cubaines pendant 67 ans tout en réprimant sa population, en étouffant l’entreprise privée et en emprisonnant environ 800 prisonniers politiques après les manifestations du 11 juillet 2021.  Le représentant a appelé les autorités cubaines à changer de cap et à rendre l’électricité à leur peuple.

La délégation américaine a contesté l’existence d’un blocus total contre Cuba, faisant valoir que l’île avait continué de recevoir une aide humanitaire provenant de nombreux pays, de l’ONU et de l’Église catholique.  Un pétrolier russe transportant 750 000 barils de pétrole a récemment accosté à Cuba et les États-Unis exportent chaque année près de 500 millions de dollars de marchandises vers l’île tout en fournissant plus de 100 millions de dollars d’aide humanitaire, a-t-il argué.

« Les ressources du pays sont détournées au profit des dirigeants cubains », a pointé le délégué évoquant notamment le conglomérat militaire GAESA, présenté comme contrôlant environ la moitié de l’économie et disposant d’un fonds de 18 milliards de dollars« La vérité dérange et accuser les États-Unis est le seul plan économique qu’il reste à La Havane. »

Les États-Unis vont maintenir leur politique tant que le régime cubain continuera de réprimer sa population et de priver les Cubains de leurs libertés fondamentales, a promis le représentant avant d’appeler les autorités cubaines à libérer les prisonniers politiques, à instaurer une véritable liberté économique et à garantir les droits fondamentaux.  Il a exhorté les États Membres à soutenir le peuple cubain mais pas le régime qui a brisé ce pays.  « Vous ne pouvez pas faire les deux.  Le moment est venu de choisir. »

Nombreux appels à lever le blocus

Le débat, tenu matin et après-midi, a permis d’entendre les avis de nombreuses délégations qui ont pour la plupart appelé à la levée du blocus américain contre Cuba, au motif qu’il est contraire au droit international, à la Charte des Nations Unies et aux principes de souveraineté et de non-ingérence.  Comme le Venezuela, beaucoup de délégations se sont insurgées de pratiques assimilées à une « punition collective » en ce qu’elles ne font aucune distinction, ne laissent aucune marge de négociation et ne donnent pas la priorité à la vie humaine.

Le Ministre des affaires intérieures de la Fédération de Russie a dénoncé les pénuries d’électricité, d’eau et de soins à Cuba, attribuées aux mesures restrictives unilatérales.  M. Vladimir Kolokoltsev a rappelé le soutien récurrent de l’Assemblée générale à Cuba depuis 1992.

Le Mouvement des pays non alignés, l’Érythrée, le Nicaragua, l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) et l’Organisation de la coopération islamique se sont joints aux appels à la levée immédiate du blocus en demandant, l’abrogation des mesures renforcées depuis 2017 et le retrait de Cuba de la liste américaine des États soutenant le terrorisme.  Plusieurs intervenants ont dénoncé une politique de sanctions jugée illégitime, punitive et inhumaine, ainsi que ses effets extraterritoriaux.

Le Brésil a dit s’opposer à toute tentative d’éroder le système multilatéral par la loi du plus fort et l’élargissement des zones d’influence à des fins géopolitiques, en violation des principes de la Charte des Nations Unies.  Au-delà du sort de Cuba, il s’est dit préoccupé par la présence militaire accrue des États-Unis dans les Caraïbes.

Il faut privilégier les besoins des civils, poursuivre un dialogue de bonne foi entre Cuba et les États-Unis, et favoriser la coopération, le multilatéralisme et la paix dans les Caraïbes, a recommandé la Communauté des Caraïbes (CARICOM), représentée par Haïti, inquiète de la détérioration socioéconomique et humanitaire à Cuba.  L’Union européenne a, elle aussi, reconnu l’impact humanitaire du blocus et appelé à protéger l’accès humanitaire.  Elle a estimé que la crise cubaine exige aussi des réformes internes et un dialogue avec la société civile. 

Des appels ont été lancés en faveur d’un règlement pacifique du différend, du respect de la souveraineté cubaine et de la normalisation progressive des relations entre les deux États.  L’Iran s’est toutefois impatienté: « malgré les appels d’une majorité écrasante de la communauté internationale, les États-Unis s’entêtent.  Nous avons tous la responsabilité collective de ne pas rester silencieux ». 

À l’intention des organes d’information. Document non officiel.

Programme 2030: à quatre ans de la date butoir, le forum politique de haut niveau doit être un catalyseur de la mise en œuvre des objectifs de développement durable

Session de 2026, Forum politique de haut niveau,
1re séance – matin
ECOSOC/7232

Programme 2030: à quatre ans de la date butoir, le forum politique de haut niveau doit être un catalyseur de la mise en œuvre des objectifs de développement durable

Le rendez-vous annuel des acteurs internationaux du développement a débuté, ce mardi 7 juillet, à New York, par des appels à faire du forum politique de haut niveau pour le développement durable du Conseil économique et social (ECOSOC), qui se tiendra jusqu’au 15 juillet, l’enceinte privilégiée pour donner un coup d’accélérateur à la mise en œuvre du développement durable, à quatre ans de l’échéance que s’étaient fixée les États Membres.

Lorsque ces derniers ont approuvé le Programme de développement durable à l’horizon 2030, a rappelé le Président de l’ECOSOC, ils ont reconnu une réalité simple mais profonde, à savoir que la paix, la prospérité et la durabilité ne peuvent être poursuivies séparément.  « Dix ans plus tard, cette prise de conscience est devenue encore plus urgente, impérieuse et lourde de conséquences », alors que les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement continuent de faire face à des défis disproportionnés, a constaté M. Lok Bahadur Thapa.

À moins de cinq ans de l’échéance, « il s’agit de travailler différemment et collectivement », a-t-il proposé.  C’est pourquoi le thème du forum politique de haut niveau cette année est à la fois opportun et nécessaire.  Ce thème est une longue formule qui reflète l’ampleur des travaux à mener à plusieurs niveaux si l’on veut atteindre, d’ici à 2030, les buts fixés en 2015: « Actions transformatrices, équitables, innovantes et coordonnées pour le Programme de développement durable à l’horizon 2023 et ses objectifs de développement durable (ODD) pour un avenir durable pour tous ».

Le forum évaluera cette année les réalisations pour cinq de ces objectifs: eau propre et assainissement (ODD no 6), énergie propre et d’un coût abordable (ODD no 7), industrie, innovation et infrastructure (ODD no 9), villes et communautés durables (ODD no 11) et partenariats pour la réalisation des objectifs (ODD no 17).  Pour les séances consacrées aux « examens volontaires nationaux », 36 pays se sont inscrits.

« Les solutions gagnent en efficacité lorsqu’elles sont élaborées dans le cadre de partenariats, mises en application à l’échelle nationale et renforcées par une coopération entre institutions, secteurs et communautés », selon le Président de l’ECOSOC, qui a souligné la plateforme centrale des Nations Unies que constitue le forum pour le suivi et l’examen du Programme 2030.  C’est l’enceinte où les États Membres se réunissent pour évaluer les progrès accomplis, tirer des enseignements les uns des autres et renforcer l’action collective à l’approche de l’échéance.

Venu présenter le rapport du Secrétaire général sur les progrès des objectifs de développement durable, le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, M. Li Junhua, a renchéri, en expliquant que les initiatives ayant fait leurs preuves devaient devenir la norme.  Le rétablissement d’une marge de manœuvre budgétaire grâce à un allégement significatif de la dette est impératif, a argué le haut fonctionnaire, de même que la mobilisation de financements pour le développement à grande échelle, le renforcement des systèmes alimentaires, énergétiques et hydriques.  M. Li a également cité l’élargissement de l’accès aux services essentiels, qui passe par la lutte contre les inégalités et l’autonomisation des femmes et des jeunes. 

« Les technologies modernes et le renforcement des systèmes statistiques nous ont fourni les données probantes nécessaires pour agir efficacement.  Utilisons-les avec une urgence renouvelée pour enfin concrétiser la promesse du Programme 2030 », a-t-il exhorté.  Dans ce contexte, la migration fait, à ses yeux, partie intégrante de la solution, puisque c’est grâce à elle « que nous bâtissons des sociétés inclusives, des communautés résilientes et des marchés du travail plus solides, que nous faisons progresser l’égalité des sexes et que nous favorisons une coopération internationale plus efficace ».

Le rapport du Secrétaire général présente en effet un bilan lucide des progrès collectifs, ainsi que de l’ampleur colossale et de l’urgence de la tâche qu’il reste à accomplir, a relevé le Secrétaire général adjoint.  Les avancées sont réelles, a-t-il observé.  « Sur les 139 cibles des ODD pour lesquelles des données sur les tendances sont disponibles, 36% sont en bonne voie ou connaissent des progrès modérés », des chiffres derrière lesquels des vies ont été « transformées » depuis 2015.

Toutefois, des écarts flagrants subsistent.  Une personne sur 10 vit encore dans l’extrême pauvreté et l’insécurité alimentaire touche 2,3 milliards de personnes dans le monde. Environ 1 cible sur 7 a régressé par rapport à son niveau de référence de 2015 et près de la moitié n’a enregistré que des progrès marginaux, bien trop lents pour atteindre les ODD.  Des lacunes aggravées par une convergence de crises, du réchauffement planétaire à la multiplication des conflits armés, « à leur niveau le plus élevé depuis des décennies », lesquels ont provoqué le déplacement de 118 millions de personnes.  Sans compter une aide publique au développement en chute libre, de 23% en 2025.

À l’intention des organes d’information. Document non officiel.

Responsabilité de protéger: l’Assemblée générale partagée entre tenants d’un principe « au cœur de la mission de l’ONU » et détracteurs d’un « concept politisé »

Quatre-vingtième session
97e & 98e séances plénières – matin & après-midi
AG/12768

Responsabilité de protéger: l’Assemblée générale partagée entre tenants d’un principe « au cœur de la mission de l’ONU » et détracteurs d’un « concept politisé »

L’Assemblée générale a tenu, aujourd’hui, son débat annuel sur la responsabilité de protéger (abrégée « R2P » en anglais), principe adopté lors du Sommet mondial de 2005, qui définit le devoir de chaque État de protéger sa propre population du génocide, des crimes de guerre, du nettoyage ethnique et des crimes contre l’humanité.  Centrés sur la prévention des atrocités, les échanges ont, une nouvelle fois, fait ressortir les divergences entre les délégations -majoritaires- attachées à cette responsabilité et celles qui la considèrent comme un instrument d’ingérence dans les affaires intérieures des États. 

L’Assemblée a aussi fait siens trois projets de résolution portant sur la suite donnée aux textes issus du Sommet du Millénaire, la réalisation du développement durable en Afrique et les services d’approvisionnement en eau, d’assainissement, d’hygiène, de traitement des déchets et d’électricité dans les établissements de santé. 

En ouvrant le débat sur la « R2P », le Chef de Cabinet du Secrétaire général a souligné le caractère essentiel de l’engagement pris voilà 21 ans par les dirigeants mondiaux, alors que plus de 120 conflits armés, souvent longs, complexes et interconnectés, étaient dénombrés en 2025.  Face à cet embrasement, au sentiment croissant d’impunité, aux technologies qui exacerbent les dangers au travers d’armes toujours plus autonomes, aux discours de haine en ligne et à la désinformation, M. Courtenay Rattray a appelé à investir dans la prévention et la protection, et à nouer des partenariats avec la société civile. 

« Nous devons être proactifs et vigilants, agir avant que ces signaux d’alerte ne se traduisent en charniers », a-t-il prié.  Sur le plan régional comme multilatéral, il a demandé que la prévention des atrocités criminelles soit intégrée dans tout l’éventail des instruments d’établissement de la paix et de la prévention des conflits. Encourageant les États Membres à mette en œuvre les instruments pertinents, notamment la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, il a soutenu que la « R2P » est « au cœur de la mission qui est la nôtre aux Nations Unies ». 

Faire preuve de cohérence et de courage politique

La plupart des délégations ont réaffirmé leur engagement en faveur de ce principe ancré dans les obligations des États Membres en matière de protection de leurs populations contre les atrocités.  Beaucoup ont toutefois reconnu que les progrès réalisés depuis 2005 restent fragiles et insuffisants.  C’est le cas du Luxembourg, qui s’exprimait au nom des 55 membres du Groupe des Amis de la responsabilité de protéger, qu’il copréside avec le Guatemala et le Maroc. 

Une volonté politique constante est indispensable pour traduire la « R2P » en actions cohérentes, a souligné le Luxembourg, jugeant qu’assurer la responsabilité de protéger exige une action soutenue et coordonnée de l’ensemble du système multilatéral.  S’il incombe au premier chef aux États Membres de protéger leurs populations, le Secrétariat de l’ONU joue lui aussi un rôle crucial par le biais des travaux des Conseillers spéciaux pour la prévention du génocide et pour la responsabilité de protéger ainsi que par l’ensemble du pilier des droits humains, a-t-il dit, insistant aussi sur la contribution du Conseil de sécurité, du Conseil des droits de l’homme et de l’Assemblée générale à la lutte contre les atrocités, à l’obligation de rendre des comptes et à la protection des civils.

« La responsabilité de protéger commence chez soi », a fait valoir l’Australie, qui parlait aussi au nom de la Nouvelle-Zélande.  Selon la délégation, l’appropriation nationale est essentielle pour que le principe devienne durable et efficace.  Pour cela, la « R2P » doit impliquer un dialogue entre les États, les communautés affectées, la société civile et l’ONU, a-t-elle préconisé, ajoutant que si un État manque manifestement à ses obligations de protection, la communauté internationale doit réagir de manière rapide et décisive, par des moyens pacifiques et, si nécessaire, par une « action collective » conforme à la Charte des Nations Unies. 

À cet égard, l’Union européenne (UE) a réaffirmé son « attachement indéfectible » à la Cour pénale internationale (CPI), invitant tous les États à ratifier et appliquer intégralement le Statut de Rome.  L’UE a également appuyé l’élaboration d’une convention sur la prévention et la répression des crimes contre l’humanité, souhaitant un instrument « solide, largement soutenu et véritablement efficace ». 

À titre national, le délégué du Myanmar a dénoncé les atrocités de masse commises en toute impunité par la junte militaire au pouvoir dans son pays depuis le coup d’État de 2021.  Des violations flagrantes qui constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, a-t-il affirmé, exhortant la CPI à dûment considérer la demande du Procureur de délivrer un mandat d’arrêt contre le chef de la junte, Min Aung Hlaing, pour « crimes contre son peuple ». 

À son tour, la Suisse a souligné la nécessité d’une action collective rapide et décisive face aux risques d’atrocités.  Elle a également appelé les membres permanents du Conseil de sécurité à faire preuve de retenue dans l’usage du veto, conformément au Code de conduite du Groupe Responsabilité, Cohérence et Transparence (Groupe ACT) et à l’initiative franco-mexicaine sur l’encadrement du recours au veto au Conseil de sécurité en cas d’atrocités de masse. 

En son nom et celui de la France, le Mexique a assuré que cette initiative conjointe demeure pertinente.  Elle n’exige pas de modification de la Charte et vise à prévenir la paralysie du Conseil lorsque les populations sont confrontées aux crimes les plus graves, a expliqué la délégation, rappelant que 118 États Membres s’y sont déjà joints. 

L’agression russe en Ukraine montre cependant qu’un membre permanent du Conseil de sécurité peut s’affranchir de ses responsabilités, a fait remarquer la Pologne, pointant la présence de la Russie, pour la quatrième année consécutive, en annexe du rapport de l’ONU sur les enfants et les conflits armés et pour la première fois dans le rapport du Secrétaire général sur les violences sexuelles liées aux conflits.  « Ces conclusions exigent une riposte vigoureuse de la communauté internationale », a-t-elle martelé, rejointe dans ce réquisitoire par l’Estonie (au nom des huit pays nordiques et baltes).

Relevant pour sa part que la « R2P » a été instituée « parce que le monde n’a pas réussi à aider le Rwanda », le délégué de ce pays a averti que si l’on continue à protéger les personnes responsables au lieu de les juger, et à gérer les conséquences des conflits en ignorant leurs causes profondes, « nous n’aurons pas de responsabilité de protéger et nous répéterons les échecs qui ont justifié sa création ». 

Plusieurs États fustigent un « concept » ambigu et politisé

La « R2P » reste toutefois une « notion » controversée pour certains pays.  Le Nicaragua a déclaré y voir un danger pour les petits États et les pays en développement en raison de l’ambiguïté de ce principe « facilement manipulables à des fins politiques » et mis « au service de l’agenda impérialiste et néocolonialiste ».  Pour la délégation, le « double discours » de l’Occident concernant la responsabilité de protéger est manifeste dans le génocide perpétré contre le peuple palestinien, « où les civils ne sont pas protégés et où Israël poursuit ses activités en toute impunité ». 

Cuba a défendu une position semblable, estimant que l’absence de consensus, notamment sur la notion d’atrocité criminelle, comporte des risques graves de manipulation politique et peut servir à justifier des interventions ou des changements de régime.  Elle a appelé la communauté internationale à privilégier l’appui aux États dans l’exercice de leurs responsabilités premières et à s’attaquer aux causes structurelles des conflits, notamment l’ordre économique international injuste, la pauvreté et l’exclusion sociale. 

Dans la même veine, la Fédération de Russie a reproché à l’ONU de « promouvoir des concepts dépourvus de fondement juridique solide, n’ayant pas fait l’objet d’un consensus entre les États Membres et ayant démontré leur caractère destructeur dans la pratique ».  De même, elle a jugé inacceptable la référence faite dans le rapport du Secrétaire général à la « prétendue CPI », organe désormais sans lien avec une « véritable justice » et devenu « un instrument de pression politique au service des intérêts des États occidentaux ». 

« Certains États occidentaux ont imaginé le concept de R2P en tant qu’outil politique destiné à mettre en péril le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à justifier des ingérences dans les affaires internes », a renchéri la République populaire démocratique de Corée (RPDC), selon laquelle le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l’humanité « ne sont pas attribuables à l’inhabilité des États à protéger les populations ». 

De son côté, l’Afrique Sud a plaidé pour une mise en œuvre cohérente de la responsabilité de protéger dans toutes les régions, sans « deux poids, deux mesures ».  Évoquant Gaza, elle a affirmé qu’Israël, en tant que Puissance occupante, a la responsabilité de protéger la population palestinienne, avant de réitérer son appel au respect des mesures conservatoires ordonnées par la Cour internationale de Justice (CIJ). 

L’Assemblée adopte trois projets de résolution 

En marge de ce débat, l’Assemblée générale a adopté trois projets de résolution. Par le premier de ces textes (A/80/L.86), entériné par consensus, elle décide de maintenir le statut d’organe subsidiaire de l’Assemblée générale conféré au Conseil des droits de l’homme.  Elle réexaminera le statut du cet organe au plus tôt à sa quatre-vingt-dixième session et au plus tard à sa quatre-vingt-quinzième session. 

Lors des explications de position après l’adoption, l’Afrique du Sud a plaidé pour une coopération accrue entre le Conseil et la Troisième Commission, tandis que le Mali, au nom du Groupe des États d’Afrique, a estimé que les discussions autour du statut du Conseil doivent être strictement centrées, sans aborder son fonctionnement.  Estimant que le préambule du texte dépasse le mandat fixé il y a 15 ans par la résolution 65/281, la Fédération de Russie a demandé un strict respect des mandats des organes intergouvernementaux afin d’éviter tout doublon. 

Pour Chypre, qui s’exprimait au nom de l’UE, le Conseil doit être un organe principal.  Pas pour la Chine, selon laquelle le statut actuel du Conseil correspond à sa fonction. Appuyée par le Nicaragua et Cuba, elle a aussi dénoncé la politisation des travaux du Conseil et les approches de « deux poids, deux mesures » en matière de droits humains. La République islamique d’Iran a, elle aussi, regretté la « politisation » du Conseil, avant de faire valoir que les questions administratives et budgétaires relatives à cet organe relèvent de la compétence exclusive de la Cinquième Commission. 

L’Assemblée a ensuite fait sien, par 153 voix pour et le vote contre des États-Unis, un projet de résolution sur le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (A/80/L.83).  En présentant le texte au nom du Groupe des 77 et de la Chine, l’Uruguay a fait état d’une mise à jour des priorités du Partenariat intégrant les engagements pris à Séville lors de la quatrième Conférence internationale sur le financement du développement. 

L’Uruguay a précisé que la résolution met davantage l’accent sur le renforcement de la coopération internationale, la réforme de l’architecture financière internationale, la viabilité de la dette, l’augmentation des investissements en faveur du développement durable et la transformation structurelle de l’Afrique, ainsi que sur le soutien aux priorités de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. 

Les États-Unis ont dénoncé un texte excessivement bureaucratique, comportant des demandes financières irréalistes et promouvant un programme idéologique.  La délégation s’est aussi opposée aux appels en faveur d’une réforme de l’architecture financière internationale, à la réallocation des droits de tirage spéciaux et aux références à la convention-cadre des Nations Unies sur la coopération internationale en matière fiscale, qu’elle considère comme relevant de la souveraineté nationale. 

La Hongrie, qui a voté pour le projet de résolution, a émis des réserves sur les références au Pacte mondial sur les migrations, estimant que les politiques migratoires relèvent exclusivement de la souveraineté des États. De son côté, la Fédération de Russie a réaffirmé son appui au NEPAD, plaidant pour un ordre international plus équitable, une réforme de l’architecture financière internationale, un allégement de la dette des pays africains et un renforcement de la coopération économique. 

Pour finir, l’Assemblée a adopté, par 151 voix pour et 2 contre (Argentine et États-Unis), un projet de résolution (A/80/L.71) par lequel elle encourage tous les États Membres à intégrer les services d’approvisionnement en eau, d’assainissement, d’hygiène, de traitement des déchets et d’électricité dans les établissements de santé. 

Parmi les explications de vote, les États-Unis, suivis par l’Argentine, ont émis des réserves sur ce texte, notamment quant à l’empiètement des objectifs de développement durable sur la souveraineté des États.  Avec l’Italie, la délégation américaine s’est dissociée du libellé qui mentionne l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).  Quant à la République islamique d’Iran, elle a déploré que le texte adopté ne mentionne pas les obstacles auxquels sont confrontés les pays victimes de sanctions unilatérales. 

À l’intention des organes d’information. Document non officiel.

Détroit d’Ormouz: selon l’ONU, « la décision des deux pays de désamorcer la situation offre une lueur d’espoir pour la poursuite du dialogue et la diplomatie »

10189e séance – matin
CS/16405

Détroit d’Ormouz: selon l’ONU, « la décision des deux pays de désamorcer la situation offre une lueur d’espoir pour la poursuite du dialogue et la diplomatie »

À la demande de Bahreïn, le Conseil de sécurité a tenu une réunion pour discuter de la reprise, le week-end dernier, d’affrontements militaires entre les États-Unis et la République islamique d’Iran, notamment autour du détroit d’Ormouz, alors même que des efforts de médiation se poursuivaient à Doha, sous l’égide du Qatar et du Pakistan, pour faire avancer la mise en œuvre du mémorandum d’accord du 17 juin. 

La salle du Conseil a résonné d’appels à la retenue et à la désescalade par les deux parties, après que le Ministre des affaires étrangères de Bahreïn, M. Abdullatif bin Rashid Al Zayani, a expliqué avoir demandé cette réunion parce qu’il a foi en ce Conseil « responsable en premier chef du maintien de la paix et de la sécurité internationale ». 

« Les frappes du weekend dernier entre les États-Unis et l’Iran montrent la fragilité de la situation actuelle », a alerté la Sous-Secrétaire générale au Département des affaires politiques et de la consolidation de la paix.  Mme Elizabeth Spehar s’est néanmoins réjouie du fait que « la décision conjointe des deux pays de désamorcer la situation offre malgré tout une lueur d’espoir quant à la poursuite du dialogue et de la diplomatie ». 

Avant tout, elle a rappelé les faits.  Le 25juin, un drone iranien a frappé le cargo marchand Ever Lovely, battant pavillon singapourien alors qu’il tentait de traverser le détroit d’Ormouz, un incident dont s’est saisie l’Organisation maritime internationale (OMI).  Presque simultanément, un drone a frappé le pétrolier Kiku, battant pavillon panaméen, qui naviguait au large des côtes d’Oman, près du détroit. 

Le 26 juin, les États-Unis ont mené des frappes contre les infrastructures militaires côtières iraniennes dans la province du Hormozgan, suivies d’une seconde vague de frappes le lendemain.  Les deux parties ont poursuivi les frappes le 28 juin. 

Les forces de défense bahreïniennes ont indiqué avoir intercepté plusieurs menaces aériennes iraniennes.  Le Ministère de l’intérieur a également signalé des dégâts dans un immeuble résidentiel sans victimes toutefois.  Au Koweït, les autorités ont dit avoir intercepté deux missiles balistiques dans leur espace aérien le 28 juin, après des ripostes défensives face à des menaces de missiles et de drones. 

Le 28 juin, à la suite d’une médiation du Qatar, les États-Unis et l’Iran ont convenu de cesser leurs attaques réciproques.  Il a également été annoncé que le Qatar accueillerait à Doha, à compter du 30 juin, des pourparlers indirects entre les parties sur la mise en œuvre du mémorandum d’accord.  Ces pourparlers sont en cours, a précisé Mme Spehar.

Escalade régionale et conséquences mondiales

Toute nouvelle frappe, toute nouvelle interception de navire et tout nouvel accident maritime ne peut qu’accroître les risques d’un « mauvais calcul », a prévenu Mme Spehar.  Elle a appelé toutes les parties à agir avec la plus grande retenue, à éviter tout acte susceptible de compromettre le cessez-le-feu ou la diplomatie, et à honorer leurs obligations en droit international, dont la promotion de la liberté de navigation. 

Le chef de la diplomatie bahreïnienne a dénoncé ces nouvelles attaques iraniennes, « alors que l’Iran a pourtant signé le protocole d’accord d’Islamabad avec les États-Unis, le 17 juin, qui prévoit explicitement la cessation d’opérations militaires sur tous les fronts ».  Ce n’est pas un incident isolé, a-t-il noté en recensant 808 attaques et en présentant au Conseil des images probantes avant de demander leur cessation immédiate, convaincu que le Conseil assumera sa responsabilité. 

Le Koweït a, pour sa part, rappelé qu’il avait subi 893 attaques de drones et 873 attaques de missiles balistiques de l’Iran, avec des victimes civiles, dont un enfant, et des infrastructures essentielles endommagées.  Saluant le mémorandum conclu entre les États-Unis et l’Iran ainsi que les efforts diplomatiques du Pakistan et du Qatar, le Koweït a estimé que la seule garantie de sécurité passe par le dialogue, la désescalade et le respect du droit international, et non par des drones, des menaces ou des tensions. 

Après des mois d’escalade dangereuse, a prévenu Mme Spehar, une reprise des hostilités à grande échelle entraînerait des conséquences catastrophiques —pour les populations de la région, pour la paix et la sécurité internationales, ainsi que pour l’économie mondiale.  Elle a insisté sur le soutien unanime du Conseil à la diplomatie. 

Résolution 2817 (2026) et mémorandum du 17 juin

Les États-Unis ont enjoint l’Iran de respecter le mémorandum d’accord et de se remettre sur la voie de la paix et du dialogue, avertissant que « la patience du Président Trump n’est pas sans limite ».  « L’Iran ne peut pas garder l’économie du monde en otage, nous ne pouvons pas le permettre », a martelé le délégué américain en condamnant ces attaques « planifiées, délibérées et vicieuses ». 

Il a aussi dénoncé des attaques « illicites », qui violent le mémorandum d’accord et les résolutions du Conseil.  Alors que les États du Golfe, appuyés par une large partie de la communauté internationale, ont appelé à la désescalade et que les États-Unis ont « misé sur la diplomatie au plus haut niveau », l’Iran « n’en a que faire », a tempêté le représentant, pour qui l’Iran « ne peut continuer à choisir les options les plus néfastes qui soient ». 

La République islamique d’Iran, s’est défendu le délégué iranien, est « la principale victime des guerres d’agression menées par les États-Unis et le régime israélien ».  « En pleine négociation diplomatique, de concert avec le régime israélien, les États-Unis ont trahi la diplomatie à deux reprises et lancé deux guerres d’agression contre l’Iran, en violation flagrante de la Charte des Nations Unies et du droit international », a-t-il rappelé. 

Revenant sur la référence faite par certaines délégations à la résolution 2817 (2026), un texte adopté par le Conseil le 11 mars 2026 pour condamner les attaques iraniennes contre plusieurs États de la région, le délégué l’a rejetée.  Selon lui, le texte a été adopté à l’issue d’un processus « unilatéral et politisé » qui a ignoré la cause profonde de la crise, nié le droit inhérent de l’Iran à la légitime défense et omis de désigner les États-Unis et le « régime israélien » comme agresseurs. 

Malgré tout, a dit son représentant, la République islamique d’’Iran s’est engagée de bonne foi dans des négociations ayant abouti au mémorandum d’accord du 17 juin 2026.  En se livrant à un nouvel acte d’agression et en s’appuyant sur une interprétation « unilatérale et juridiquement infondée » du mémorandum, a dit l’Iran, les États-Unis ont commis une violation substantielle de leurs engagements et ont gravement compromis le processus diplomatique. 

Néanmoins, Téhéran demeure pleinement déterminé à mettre en œuvre le mémorandum, y compris ses dispositions relatives au détroit d’Ormouz, à condition que les États-Unis s’acquittent fidèlement de leurs propres obligations, a assuré le délégué.  Il a aussi précisé que « la responsabilité de la gestion de la navigation maritime dans le détroit d’Ormouz —y compris sa réouverture et toutes les opérations de déminage nécessaires— incombe exclusivement à l’Iran ». 

En ce moment critique, a insisté la Grèce, le Conseil de sécurité doit adresser un message clair et unanime: les attaques contre les pays de la région doivent cesser; la résolution 2817 (2026) doit être pleinement mise en œuvre; la sécurité maritime et la liberté de navigation doivent être préservées; et la diplomatie doit prévaloir.  Un appel confirmé par plusieurs délégations, dont le groupe A3 (Libéria, République démocratique du Congo et Somalie), qui a exigé le plein respect de ladite résolution, qui prévoit la cessation immédiate des menaces et des provocations visant la sécurité régionale et le commerce maritime. 

Appels au respect de liberté de navigation

En tant que nation maritime, le Danemark n’a cessé de plaider pour le respect de la liberté de navigation, a rappelé sa déléguée.  Même requête du Panama qui a appelé à garantir la sécurité des gens de mer dans le détroit d’Ormouz.  Le représentant a notamment condamné l’attaque contre un navire battant pavillon panaméen, dans le détroit, qui transportait des barils de pétrole brut. Il a réaffirmé son attachement indéfectible à la liberté de navigation et au plein respect du droit de la mer, notamment la Convention des Nations Unies y relative. 

La France, qui a indiqué que « l’Iran ne doit jamais acquérir l’arme nucléaire », a rappelé s’être alliée à près de 30 États pour une mission multinationale.  « C’est une mission indépendante, neutre et purement défensive » pour restaurer des conditions sûres de navigation dans le détroit d’Ormouz.  La mission pourra notamment participer au déminage dans le détroit et à l’accompagnement des navires commerciaux transitant par Ormouz. Le Royaume-Uni a confirmé son engagement dans cette initiative menée conjointement avec la France afin de rassurer les acteurs de la navigation commerciale. 

Pour sa part, en tant que grande puissance responsable et partenaire des pays de la région, la Chine a confirmé son engagement à mettre en œuvre les initiatives proposées par le Président Xi Jinping afin de préserver la paix, la sécurité et la stabilité internationales, et à contribuer au règlement des conflits de la région.  La Russie s’est aussi dite disposée à faciliter l’élaboration d’un accord global et durable entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que dans un cadre régional plus large, « si notre aide s’avère nécessaire », a-t-elle précisé. 

À l’intention des organes d’information. Document non officiel.

L’Assemblée générale réaffirme l’engagement des États Membres en faveur de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies et de ses quatre piliers

Quatre-vingtième session
95e & 96e séances plénières – matin & après-midi
AG/12767

L’Assemblée générale réaffirme l’engagement des États Membres en faveur de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies et de ses quatre piliers

L’Assemblée générale a entériné le neuvième examen de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies en adoptant, aujourd’hui, à une très large majorité, une résolution sur cette question consistant en une mise à jour technique du texte approuvé en juin 2023

Par 140 voix pour, 3 contre (Argentine, États-Unis, Israël) et une abstention (Japon), l’Assemblée générale a réaffirmé la Stratégie et ses quatre piliers, à savoir le traitement des causes profondes de la propagation du terrorisme; la prévention des attentats et la lutte contre le financement du terrorisme; le renforcement des capacités des États; et le respect des droits humains et de l’état de droit. 

Avec un préambule de 47 alinéas et un dispositif de 123 paragraphes, le texte adopté s’adresse non seulement aux États Membres, à qui incombe principalement la responsabilité d’appliquer la Stratégie, mais aussi à d’autres acteurs.  La société civile, notamment les organisations non gouvernementales, doit ainsi s’efforcer de renforcer l’action menée pour appliquer la Stratégie, y compris en travaillant avec les États.

Le texte encourage par ailleurs les États Membres, les entités des Nations Unies, les organisations régionales et sous-régionales et les acteurs intéressés à envisager de créer des dispositifs permettant d’associer les jeunes à la promotion d’une culture de paix, de tolérance et de dialogue entre les cultures et les religions.

Des divergences illustrées par les explications de vote 

Avant le vote qu’ils ont sollicité, les États-Unis ont justifié cette demande en jugeant le projet de résolution « trop surchargé et pas suffisamment ciblé ». Pour la déléguée américaine, le texte ignore de nombreuses « lignes rouges » comme la suppression de redondances dénuées de sens.  « On ne pourra pas contrer la menace terroriste en énumérant des réunions qui ont eu lieu il y a des décennies », a-t-elle fait valoir, avant de rappeler que « tous les États Membres ont la responsabilité de protéger leurs citoyens, leurs frontières et leurs intérêts face au terrorisme ».  Or, la version finale du texte ne tient pas compte de cet objectif, a regretté la représentante, selon laquelle « trop souvent, l’ONU a tendance à verser dans des idéologies progressives détachées des intérêts nationaux ». 

En outre, la représentante a dénoncé les libellés qui ne relèvent pas de la mission clef de l’ONU, en particulier les références au Programme de développement durable à l’horizon 2030, au genre ou à la diversité.  Après avoir signalé que, soucieuse de rationaliser la Stratégie antiterroriste mondiale, sa délégation a soumis un texte « équilibré » de 14 paragraphes aux cofacilitateurs, qui ne l’ont pas retenue, elle a appelé à voter contre le projet présenté.

Après le vote, l’Argentine a défendu une position semblable en estimant que l’examen de la Stratégie antiterroriste mondiale doit tenir compte des préoccupations de tous les États Membres.  De son côté, Israël a dit avoir voté contre le texte car il s’agit d’une mise à jour technique « alors que le monde a changé », en particulier depuis les atrocités du 7 octobre 2023.  « Le texte est trop long, pas assez clair, et ne fixe pas de cap stratégique », a encore déploré la délégation israélienne. 

Bien qu’ayant voté en faveur du texte, plusieurs délégations ont également exprimé des réserves.  Après avoir salué le fait qu’un cadre de coopération ait été préservé, l’Afrique du Sud a regretté que la mise à jour « ne permette pas d’aller plus loin ».  L’Égypte a critiqué le processus de négociation, constatant que les propositions du Groupe des États islamiques, notamment celles concernant l’islamophobie, n’ont pas été retenues.  Un grief repris à son compte par l’Iran, tandis que la Fédération de Russie notait l’absence de mention des attaques terroristes fondées sur la xénophobie et le néonazisme.

La Finlande et le Maroc à la manœuvre 

En ouvrant la séance, la Présidente de la quatre-vingtième session de l’Assemblée générale a observé que, dans le « climat fragmenté » de la période actuelle, « terrain fertile » pour le terrorisme, le neuvième examen de la Stratégie antiterroriste mondiale, adoptée en 2006, intervient à un moment crucial.  Mme Annalena Baerbock s’est ainsi réjouie que, face à une menace évolutive, la Stratégie reste un cadre essentiel de dialogue et de coopération entre États Membres, dont la valeur dépend d’une « volonté politique durable ». 

Elle a félicité, à cet égard, les deux coprésidents de l’examen et cofacilitateurs du texte, la Finlande et le Maroc, pour leur travail à la tête de cet « exercice intergouvernemental important ». 

Résolument positive, la Finlande a assuré qu’une mise en œuvre « correcte » de la Stratégie peut conduire le monde à éradiquer le terrorisme.  Pour cela, la riposte doit englober toute la société et tenir compte du genre, a-t-elle soutenu, estimant également que la lutte contre le terrorisme ne doit pas être un prétexte pour violer les libertés fondamentales.  Elle s’est d’autre part alarmée de la radicalisation des mineurs, appelant à des actions préventives pour contrer les capacités des groupes terroristes à recruter. 

Convaincu, pour sa part, que le multilatéralisme demeure le seul cadre légitime permettant de relever collectivement les défis posés par le terrorisme mondial, le Maroc s’est félicité de l’adoption d’une résolution réaffirmant l’engagement des États Membres en faveur de l’action antiterroriste qui les guide depuis deux décennies.  Il y a vu le témoignage de l’unité de l’Assemblée générale face au fléau du terrorisme et de sa volonté de le combattre dans le respect du droit international et des droits humains. 

L’Afrique, première région touchée par le terrorisme

Comme le relève le dernier rapport du Secrétaire général sur les activités menées par le système des Nations Unies pour appliquer la Stratégie, le continent africain reste la région la plus touchée au monde par le terrorisme.  « C’est dans certaines régions d’Afrique que la menace est la plus intense », a confirmé le Zimbabwe, selon lequel les groupes terroristes continuent d’étendre le territoire sous leur contrôle et font preuve de résilience face aux opérations militaires des États.  Plus inquiétant encore, selon la délégation, il existe des « synergies » entre les groupes rebelles, les organisations terroristes et les réseaux de criminalité transnationale organisée, qui laissent présager une déstabilisation accrue, une montée de l’illégalité et de nouvelles menaces pour la paix et la sécurité. 

Pour la deuxième année consécutive, le continent concentre plus de la moitié des victimes du terrorisme dans le monde, a souligné le Maroc, ajoutant que plus de 150 000 Africains ont perdu la vie pour cette raison entre 2015 et 2025.  Des chiffres qu’il a rapportés au fait que l’Afrique concentre près de 35% des conflits actifs dans le monde et que le nombre d’événements violents y a augmenté de plus de 30% depuis 2020.  Il a aussi attiré l’attention sur l’évolution technologique des conflits et l’émergence de nouvelles formes de guerre hybride, précisant que des acteurs non étatiques utilisent désormais des drones militaires dans au moins neuf pays africains. 

L’extension de la menace terroriste « du Sahel au golfe de Guinée, de la région des Grands Lacs à l’Afrique australe » montre qu’aucun État ne peut relever ce défi seul, a renchéri l’Angola.  Les liens croissants entre le terrorisme, la criminalité transnationale organisée, les flux financiers illicites et les trafics d’armes nécessitent une riposte coordonnée et une coopération régionale et internationale renforcée, a-t-il affirmé, jugeant à l’aune de son expérience qu’une riposte seulement sécuritaire est insuffisante.  « Il faut une approche intégrée impliquant les gouvernements et la société civile pour prévenir la radicalisation, renforcer la cohésion sociale et édifier des sociétés résilientes. » 

Pour organiser la riposte, il faut renforcer la gouvernance, améliorer la prestation de services, prendre en compte les griefs locaux et améliorer la coopération régionale et internationale, a plaidé à son tour le Kenya, pour qui la priorité doit être de tarir le financement du terrorisme tout en contrecarrant les opérations transfrontières.  « Cela implique de renouveler le consensus mondial sur cette lutte mondiale, de fournir un appui durable aux régions sur la ligne de front, à commencer par l’Afrique, et de lutter contre les facteurs systémiques de ce fléau », a-t-il insisté, appuyé par le Sénégal, selon lequel un accompagnement international est indispensable pour aider la région située « à l’épicentre du fléau ». 

L’absence de consensus regrettée par une majorité de délégations

De l’Union européenne (UE) et ses États membres à la Türkiye, en passant par Bahreïn ou le Kenya, un grand nombre de délégations ont regretté l’absence de consensus à l’issue du neuvième examen de la Stratégie, alors qu’il avait été atteint lors des précédentes éditions.  L’UE a émis le souhait que le prochain examen permette de revenir à une position consensuelle, tout en insistant sur le fait que droits humains et lutte antiterroriste ne sont pas incompatibles mais « complémentaires ».  De même, les femmes ont un rôle capital à jouer et il faut tenir compte du rôle des nouvelles technologies dans la propagation de l’extrémisme violent auprès des jeunes, a-t-elle ajouté. 

Pour la Chine, en revanche, il importe en premier lieu de s’opposer à la politisation des questions liées au terrorisme et de mettre en œuvre de manière concrète la Stratégie.  À cette fin, elle a appelé à combattre tous les groupes terroristes désignés comme tels par le Conseil de sécurité, à renforcer les capacités des pays en développement qui sont les plus exposés au terrorisme et à coopérer davantage avec les organisations régionales comme l’Organisation de coopération de Shanghai ou l’Union africaine. Elle a été appuyée dans ce sens par la Fédération de Russie. 

En contre-point, l’Ukraine a constaté que la communauté internationale est confrontée à une nouvelle forme de terreur: le terrorisme d’État.  « Notre expérience montre comment des réseaux peuvent être employés comme des instruments politiques », a-t-elle souligné, avant de rappeler que la guerre d’agression menée par la Russie est devenue une « campagne massive de terreur » dirigée contre les civils.  Une menace qui va « au-delà du champ de bataille physique » puisque des « cyberopérations » sont menées contre les infrastructures critiques de l’Ukraine et que des recrutements pour des actes de sabotage sont effectués par le biais de plateformes en ligne.  Dans ce contexte marqué également par la menace nucléaire, la délégation a appelé à une coopération internationale plus robuste, notamment en matière de renseignement et de partage d’informations. 

Israël a, lui aussi, partagé son expérience directe de la « ligne de front » depuis les attaques subies le 7 octobre 2023, indiquant que ses services de sécurité ont déjoué quelque 4 000 attaques terroristes majeures en quatre ans.  Le représentant israélien a insisté sur l’importance de coordonner le renseignement mondial pour contrer la manipulation médiatique et la « propagande terroriste instantanée », tout en appelant l’ONU et les démocraties à faire preuve de courage et de solidarité envers les nations agressées.

L’Allemagne a estimé, quant à elle, qu’une prévention réussie exige le renforcement de l’appropriation nationale, la coopération intersectorielle et l’autonomisation des communautés locales.  Face à des organisations terroristes comme Al-Qaida et Daech, qui ont affiné leurs techniques par l’usage des drones, des explosifs improvisés et des plateformes numériques de recrutement, elle a défendu une approche holistique englobant l’ensemble de la société et mis en avant l’importance cruciale de la solidarité entre États Membres. 

À l’intention des organes d’information. Document non officiel.

Victoire pour le Secrétaire général: la Cinquième Commission suspend pour quatre ans la restitution automatique des fonds inutilisés aux États

Deuxième partie de la reprise de la quatre-vingtième session,
33e séance plénière – après-midi
AG/AB/4513

Victoire pour le Secrétaire général: la Cinquième Commission suspend pour quatre ans la restitution automatique des fonds inutilisés aux États

Nul ne songera à jeter la pierre à la Cinquième Commission pour avoir clos aujourd’hui ses travaux avec un mois de retard, tant la bouffée d’oxygène qu’elle vient d’offrir au Secrétariat de l’ONU, avec à sa tête M. António Guterres, s’apparente à un miracle. 

Secoué par la crise de trésorerie la plus grave de son histoire, le Secrétariat pourra garder dans ses coffres les 224 millions de dollars qu’il devait, dès ce mois de juillet, restituer aux États Membres, au titre du budget des opérations de paix, ainsi que les 420 millions de dollars censés être rendus, en janvier 2027, au titre du budget ordinaire. 

Après ses multiples plaidoyers, M. António Guterres peut savourer sa victoire: la Cinquième Commission, chargée des questions administratives et budgétaires, a adopté la résolution A/C.5/80/L.50 qui décide que l’on applique au budget ordinaire, à celui des opérations de paix et à celui des tribunaux pénaux internationaux, la méthodologie révisée pour la restitution des fonds inutilisés aux États Membres. 

En vertu d’un projet pilote de quatre ans à partir de l’exercice budgétaire 2024-2025, les fonds inutilisés ne seront restitués aux États que si le Secrétariat de l’ONU a un niveau suffisant de liquidités.

Le Contrôleur des Nations Unies a insisté sur l’importance de cette décision: nous venons, a dit M. Chandramouli Ramanathan, d’éviter un effondrement avec la restitution programmée de 1,7 milliard de dollars dans moins d’un mois au titre du budget des opérations de paix et du budget ordinaire. 

Je dois avouer que j’avais commencé à douter d’un résultat positif.  J’ai vu des représentants permanents quitter la salle de cette Commission et promettre de ne plus y revenir. 

Mais j’ai vu aussi la Commission faire l’impossible et parvenir au consensus.  Vous nous avez sauvé du « naufrage », a affirmé le Contrôleur.  Nous allons pouvoir regagner le port et réparer notre bateau.  Mais nous avons encore beaucoup de défis à relever, a prévenu M. Ramanathan.  En attendant, je vous remercie d’avoir réduit le niveau d’angoisse parmi les fonctionnaires de l’ONU.

Une décision « historique » pour mettre fin à une pratique « kafkaïenne »

Nous nous réjouissons, a dit le Japon, de la décision « historique » de lancer un projet pilote sur une méthodologie modifiée de la restitution des fonds inutilisés aux États.  Nous mettons ainsi fin à une pratique « kafkaïenne » qui a exigé du Secrétariat de l’ONU, depuis sa création, de rendre des sommes qu’il n’a jamais reçues. 

Au moment où le Secrétariat de l’ONU vit une pression fiscale « exceptionnelle », nous avons démontré, s’est félicité Djibouti, au nom du Groupe des États d’Afrique, notre capacité de parvenir à un compromis « pratique et équitable » pour répondre aux urgences opérationnelles, tout en préservant l’intégrité des règles financières de l’ONU.  C’est du bon sens, ont commenté les États-Unis, en promettant de continuer à promouvoir des réformes de fond.

À elle seule, a en effet mis en garde le Canada, au nom également de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande (CANZ), notre décision sur la restitution des fonds inutilisés ne pourra s’attaquer aux causes sous-jacentes des crises de trésorerie récurrentes du Secrétariat de l’ONU.  Nous insistons pour que les États Membres paient leurs contributions dans l’intégralité, à temps et sans conditions.  Il faut aussi garder à l’esprit, a ajouté la Fédération de Russie, que certains États ne peuvent pas verser leurs contributions, compte tenu des restrictions imposées aux transferts bancaires.  Cette question doit être réglée au plus vite, a-t-elle martelé. 

Nous insistons aussi, a poursuivi le Canada, sur la nécessité de prendre d’autres mesures pour promouvoir la stabilité financière du Secrétariat de l’ONU et moderniser ses règles financières.  L’Union européenne a acquiescé. 

Ne perdons pas de vue, a-t-elle dit, notre responsabilité collective d’examiner, avec soin et de manière constructive, les révisions proposées aux règles financières, à la planification des programmes et aux aspects programmatiques du budget. Ces réformes sont « essentielles » pour renforcer la gouvernance, la reddition des comptes et la résilience financière du Secrétariat de l’ONU.

Comment les fonds inutilisés sont-ils restitués aux États?

L’on pourrait penser que lorsqu’il reçoit son budget des mains de l’Assemblée générale, le Secrétariat de l’ONU se livre à un calcul rapide de ce que chacun des 193 États Membres doit payer, en fonction des quotes-parts, et attend calmement qu’ils s’exécutent. 

C’est aller un peu vite en besogne.  De chaque contribution, le Secrétariat est tenu de déduire, selon une clef de répartition, les fonds qu’il n’a pas pu utiliser parce qu’ils sont arrivés trop tard au cours d’un exercice budgétaire.

Il est en effet de plus en plus fréquent que les sommes assignées aux États soit inférieures au budget fixé.  De l’enveloppe d’un peu plus de 3 milliards de dollars qu’il devrait recevoir pour 2027, le Secrétariat de l’ONU aura, dès le mois de janvier, à soustraire des fonds inutilisés de 420 millions de dollars. 

Absurde?  Le Secrétaire général n’a cessé de le dire pour alerter les États des problèmes de trésorerie qui surgissent lorsqu’un budget est amputé si tôt de sommes aussi importantes. Il a donc demandé à l’Assemblée générale, avec le succès que l’on sait désormais, de l’autoriser à reporter temporairement la déduction des fonds inutilisés, dès qu’il constate l’insuffisance des contributions versées au début d’un exercice budgétaire. 

Il ne s’agit pas, a-t-il précisé, de supprimer ou de réduire les fonds inutilisés à rendre aux États.  Non, les montants reportés seraient déduits dès que les liquidités se seront hissées à un niveau suffisant.  Le but, s’explique le Secrétaire général, est de briser le cercle vicieux des crises de trésorerie et de leurs effets sur l’exécution des mandats (A/80/367).

Nous sommes heureux, a dit à son tour l’Uruguay, au nom du Groupe des 77 et la Chine, que malgré la complexité des négociations, nous ayons pu adopter des résolutions par consensus.  Mais nous regrettons que plusieurs points à l’ordre du jour n’aient fait l’objet que de résolutions « squelettiques ».  Nous refusons l’idée que cela devienne notre « méthode de travail préférée » pour traiter de questions qui requièrent des directives intergouvernementales « substantielles ».

Financement des opérations de paix

L’on aurait presqu’oublié que cette session était principalement consacrée au financement des 11 opérations de paix de l’ONU pour lesquelles le Secrétaire général demandait un montant de 5,2 milliards de dollars qui représente une réduction de 7,5% par rapport à l’année dernière et qui couvre aussi le Compte d’appui aux opérations de paix, la Base de soutien logistique de Brindisi et le Centre de services régional d’Entebbe, pour l’exercice budgétaire allant du 1er juillet 2026 au 1er juin 2027.

C’est finalement une enveloppe de de 5,1 milliards qu’il recevra pour des opérations déployées dans les pays et territoires suivant: Abyei, Chypre, Kosovo, Liban, Haïti, République centrafricaine, République démocratique du Congo (RDC), Sahara occidental, Soudan du Sud et Zone démilitarisée entre Israël et la Syrie (A/C.5/80/L.32 à L.44).

Les opérations de paix, a souligné Djibouti, au nom du Groupe des États d’Afrique, demeurent l’expression la plus visible d’une ONU en action.  Les décisions que nous avons prises, au cours de cette session, sont, en conséquence, particulièrement importantes, compte tenu de l’environnement de plus en plus complexe et difficile dans lequel ces opérations sont déployées.  Elles doivent donc pouvoir compter sur des ressources adéquates, prévisibles et réalistes et savoir que pour nous, la priorité demeure la sûreté et la sécurité des Casques bleus.

Le financement de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) a fait l’objet d’un vote.  Israël et les États-Unis se sont fermement opposés à la disposition sur la requête faite au Gouvernement israélien de payer une somme de 1 million de dollars pour réparations à la suite de l’incident de Canaa, au Sud-Liban.

Le 18 avril 1996, l’armée israélienne a bombardé un complexe des Nations Unies où plus de 800 civils libanais s’étaient réfugiés, faisant 102 civils morts et de nombreux blessés.  Le vote demandé par Israël pour supprimer la disposition a été rejetée par 83 voix contre, 5 voix pour et 53 abstentions.

La résolution A/C.5/80/L.32, qui donne à la FINUL une enveloppe de 446,4 millions de dollars pour la période allant du 1er juillet 2026 au 30 juin 2027, comme toutes les opérations de paix, a été adoptée par 139 voix pour, l’opposition de l’Argentine, du Costa Rica, des États-Unis et d’Israël, et l’abstention du Paraguay.

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