Le Conseil économique et social (ECOSOC) a tenu, aujourd’hui, une réunion spéciale de haut niveau sur les notations de crédit, telle que prescrite par l’Engagement de Séville adopté en juillet dernier lors de la quatrième Conférence internationale sur le financement du développement. Destiné à favoriser le dialogue entre les États Membres, les agences de notation, les organismes de réglementation, les investisseurs et les institutions publiques, cet échange a donné lieu à trois tables rondes centrées sur le coût du crédit, les méthodologies des notations et le renforcement des capacités des pays en développement à gérer les évaluations.
Nous ne parviendrons à réaliser le Programme 2030 que si nous comblons le déficit d’investissement dans les objectifs de développement durable (ODD), ce qui exige de réduire le coût du capital dans les pays en développement. Les évaluations de crédit et les notations peuvent constituer l’une des pièces de ce puzzle, a noté le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, M. Li Junhua.
« Pour progresser en matière de notation de crédit, il faut une démarche à double sens, fondée sur la compréhension mutuelle et impliquant une grande diversité d’acteurs et de parties prenantes », a souligné le Vice-Président de l’ECOSOC, M. Paruyr Hovhannisyan, en ouverture de la réunion.
Dans le prolongement des promesses de Séville et du Pacte pour l’avenir, il a invité les agences de notation de crédit à davantage interagir avec les pays en développement, compte tenu de l’impact que leurs notes peuvent avoir sur le coût du capital de ces pays. Il leur a par ailleurs demandé d’approfondir leur prise en compte des risques et des investissements à long terme, notamment ceux liés à la résilience climatique, et de refléter dans leurs analyses les effets des restructurations de dette souveraine.
Il importe aussi, selon lui, que les autorités nationales améliorent la manière dont elles préparent et présentent leurs données, et travaillent avec les agences de notation. Quant aux investisseurs et autres utilisateurs des évaluations de crédit, il les a appelés à réduire leur dépendance mécanique à l’égard de ces notations dans leurs décisions.
Les agences de notation accusées de biais dans leurs évaluations
Plus offensive à l’égard des agences de notation, la Vice-Secrétaire générale, Mme Amina Mohammed, leur a reproché de dresser un tableau des pays en développement bien plus sévère que ne le justifie leur réalité économique. « Ces notations et évaluations surestiment systématiquement les risques, sans refléter les fondamentaux sous-jacents, les progrès accomplis et le potentiel à long terme de ces pays », s’est-elle indignée, avant d’énoncer trois principes directeurs pour le changement.
Il faut tout d’abord faire évoluer les mentalités, en passant de la spéculation à court terme à l’investissement à long terme, a-t-elle préconisé, jugeant que les évaluations de crédit doivent refléter la réalité intégrale des risques et du potentiel d’un pays, ce qui exige des méthodologies plus larges, plus transparentes et davantage tournées vers l’avenir.
Les agences de notation et les investisseurs doivent en outre reconnaître que l’emprunt à des coûts raisonnables, destiné à financer le développement, peut contribuer à générer de la prospérité, à renforcer la stabilité et, à terme, à accroître la solvabilité des pays.
Enfin, les progrès résultant de l’action politique nationale et du soutien international peuvent améliorer la gestion de la dette et des liquidités, a-t-elle soutenu, estimant crucial de revoir le « plafond souverain », qui peut limiter de manière inéquitable la notation de crédit de la dette du secteur privé, et de ne plus considérer le PIB comme « l’unique indicateur du progrès économique ».
« La réforme des notations de crédit souverain constitue un volet essentiel de nos efforts visant à opérer des changements plus vastes au sein de l’architecture financière mondiale », a insisté la Secrétaire générale adjointe, rejointe dans cette volonté de transformation par M. Avinash Persaud, Conseiller spécial sur les changements climatiques auprès du Président de la Banque interaméricaine de développement (BIAD), selon lequel les notations ont un impact disproportionné sur les flux de capitaux.
Des milliers de milliards de capitaux qui circulent dans le monde sont le fruit d’investisseurs institutionnels, or seulement 2% de ces ressources sont investies dans les pays en développement, a-t-il relevé, évoquant un « biais flagrant ».
De fait, a observé M. Persaud, le monde est divisé entre les pays qui disposent de monnaies de réserve, développés pour la plupart, et ceux qui n’en ont pas. En cas de crise, les premiers peuvent la gérer rapidement, tandis que les pays en développement doivent relever les taux d’intérêt pour protéger leur monnaie et leur position budgétaire, ce qui tend à aggraver leur situation.
Constatant que, dans le système actuel, les risques perçus priment souvent sur les fondamentaux économiques réels, il a souhaité que les agences de notation améliorent la précision, l’équité et l’actualité de leurs évaluations afin de faciliter un accès plus juste au financement du développement.
Table ronde 1: les notations de crédit et le coût du capital
Cette première table ronde s’est concentrée sur le rôle joué par les analyses des agences de notation de crédit dans la détermination du coût du capital pour les pays en développement. Elle a aussi permis d’identifier les informations nécessaires pour encourager et faciliter les investissements à long terme dans ces pays, et ce, à des taux abordables. Enfin, elle a été l’occasion de rechercher les innovations institutionnelles et de marché requises pour aider les pays en développement à faire face aux coûts élevés du capital.
« Ces questions ont toutes des incidences directes sur l’accès des pays en développement au financement et sur leurs choix politiques », a souligné le modérateur de la discussion, M. Daniel Cash, maître de conférences en droit à Aston University (Royaume-Uni) et chercheur principal au Centre de recherche sur les politiques de l’Université des Nations Unies
À cet égard, il a observé que les notations souveraines diffèrent structurellement des notations d’entreprises. En effet, l’analyse du risque politique et de la volonté d’un pays de payer y sont plus subjectifs, a-t-il relevé, ajoutant que la notation d’un pays détermine non seulement ses propres coûts d’emprunt, mais aussi le coût de l’investissement dans l’ensemble de son économie.
Premier panéliste à s’exprimer, M. James Wiemken, Directeur général exécutif et responsable des services de notation à l’agence S&P Global Ratings, a fait valoir que les notations de crédit ne sont qu’un facteur parmi d’autres qui détermine les décisions en matière d’investissement. « In fine, la note est le résultat de l’offre et de la demande de crédit », a-t-il expliqué, précisant que les notations de son agence se concentrent notamment sur l’évaluation de la capacité d’un pays à payer sa dette dans son intégralité et de ne pas se retrouver en défaut de paiement. Le point de vue des investisseurs sur la fiabilité de l’emprunteur, le taux de change ou la liquidité de marché entrent également en compte.
Apportant le point de vue d’un émetteur souverain, M. Luis Molina-Chacón, Vice-Ministre des finances du Costa Rica, a plaidé pour que les méthodologies des agences de notation évoluent vers plus de transparentes et de prévisibilité. Il a souhaité qu’elles intègrent une approche davantage tournée vers l’avenir, qui prenne en compte les réformes structurelles et la trajectoire future de la politique économique.
À cette fin, il est essentiel, selon lui, d’aller « au-delà du PIB » dans l’évaluation de la fiabilité d’un emprunteur et de compléter les notations par d’autres sources d’analyse, telles que les cadres de viabilité de la dette. Il faut également que tous les acteurs impliqués « parlent la même langue », a-t-il poursuivi, décrivant les agences de notation comme « des dictionnaires permettant de traduire les messages entre émetteurs et investisseurs ».
Plus critique à l’égard du système en place, Mme Ejigayhu Tefera, chercheuse principale en notation de crédit au sein du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs et de l’Africa Credit Rating Agency (AfCRA), a estimé que les méthodologies actuelles des grandes agences de notation « ne suffisent pas à couvrir les risques associés au crédit » sur son continent. Dénonçant des jugements souvent subjectifs, elle a appelé ces agences à davantage prendre en compte les caractéristiques des économies africaines et à inclure dans leurs analyses des critères incluant la résilience climatique, les dynamiques du secteur informel et la qualité des institutions.
Pour sa part, l’AfCRA s’emploie à enrichir l’écosystème des agences de notation en Afrique en s’appuyant sur sa connaissance du contexte local et les évolutions politique en temps réel, a-t-elle indiqué, soulignant l’importance de méthodologies claires et transparentes pour renforcer la confiance des marchés. « Notre objectif n’est pas de gonfler les notes mais de veiller à ce que le risque en Afrique soit évalué de manière précise et non exagérée ».
Sur ce point, Mme Penelope Hawkins, Cheffe par intérim de la Division de la dette et du financement du développement à la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), a constaté que les pays en développement supportent des primes de risque plus élevées que les autres.
« Ces dernières années, ils ont payé en moyenne le double des taux d’intérêt versé par les pays développés sur leurs obligations », a-t-elle précisé, notant que, pour les pays africains, cette prime atteint trois fois les taux directeurs. Pour combler ce déficit, il importe d’augmenter considérablement les sources externes de financement et d’aller au-delà de la note de la dette souveraine dans les analyses, a-t-elle soutenu, invitant à ne « pas donner davantage de pouvoir aux agences de notation ».
Au cours du dialogue interactif qui a suivi, le Groupe des 77 et de la Chine, par la voix de l’Uruguay, a regretté que les « biais structurels » de ces agences soient « systémiquement défavorables aux pays en développement ». Il a appelé à des analyses tenant compte des perspectives à long terme de ces pays et a réclamé davantage d’assistance technique sur le plan informationnel.
Au nom du Groupe des États d’Afrique, l’Angola a regretté la « perception subjective » des agences de notation vis-à-vis des pays en développement. Il leur a demandé de « dépasser leur dépendance aux indicateurs macroéconomiques de court terme » et d’intégrer les perspectives de développement à long terme, ainsi que les facteurs de résilience comme les investissements dans l’action climatique. Le Zimbabwe et le Brésil se sont associés à cet appel.
Malgré des réformes de taille, les pays africains continuent de recevoir des notes négatives, ce qui fait planer des doutes sur leur biais méthodologique, a renchéri l’Algérie, plaidant à son tour pour des informations reflétant leurs efforts de résilience, leurs réformes et leur trajectoire à plus long terme.
Des efforts de méthodologie sont indispensables pour que le travail des agences soit le reflet des risques pour les pays en développement, a abondé la Chine, tandis que le Pérou prônait une réforme englobant des mécanismes d’allègement de la dette afin de permettre un accès plus prévisible et durable au financement.
S’exprimant au nom de l’Alliance des petits États insulaires (AOSIS), les Palaos ont, eux, dénoncé le manque d’équité du système de notation pour les petits États insulaires en développement (PEID), victimes de l’intensification des effets des changements climatiques. Elles ont exhorté les agences de notation à mieux distinguer la vulnérabilité structurelle de la performance des politiques publiques et de considérer comme des « facteurs positifs » les investissements dans le renforcement de la résilience, l’adaptation climatique, les énergies renouvelables et les infrastructures durables.
Un plaidoyer auquel s’est associée la Trinité-et-Tobago, au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), mais aussi l’Indonésie et les Maldives. De son côté, le Canada s’est dit fier de soutenir l’avancement régional des statistiques dans les Caraïbes afin de contribuer à de meilleures notations.
Également soucieuse de résorber les inégalités, la France a mentionné son plan d’investissement en dons de 60 millions d’euros sur la période 2024-2027, destiné à financer des projets bilatéraux et des initiatives multilatérales dédiées au renforcement de la mobilisation des ressources intérieures dans les pays les moins avancés (PMA) d’Afrique subsaharienne.
Table ronde 2: méthodologies et horizons temporels des notations et des évaluations
La deuxième table ronde, modérée par Mme Shari Spiegel, Directrice du Bureau du financement du développement durable du Département des affaires économiques et sociales (DESA), devait débattre des « méthodologies et horizons temporels » en ce qui concerne les notations et les évaluations. Mme Spiegel a commencé par rappeler que les travaux engagés par l’ONU depuis 2013 ont mis en évidence une limite majeure des méthodologies de notation qui sont dominées, jusqu’à présent, par des horizons de court terme. Ces méthodes ont influencé les politiques économiques au détriment de l’investissement durable.
Une problématique qui a mis en évidence la nécessité d’une évolution. Celle-ci semble déjà en cours puisque les intervenants ont souligné que les agences ont amélioré la transparence et la qualité des données. La Suède et les Philippines, notamment, ont souligné que la transparence des données et le dialogue continu avec les agences ont été essentiels pour améliorer l’accès à des capitaux abordables.
Les participants ont aussi salué l’intégration, par les agences, de nouveaux paramètres comme les risques climatiques, la résilience et les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance. L’Afrique du Sud a insisté, à cet égard, sur l’intégration des risques climatiques, numériques et systémiques dans un environnement mondial en mutation.
S&P Global Ratings et Fitch Ratings ont ainsi ajusté leurs cadres, en introduisant par exemple des clauses de dette résiliente et des outils liés aux catastrophes naturelles. Ces améliorations ont été saluées, en particulier les clauses de dette résiliente au climat, introduites en 2023, la libération d’environ 800 milliards de dollars de capacité de prêt en 2025, ou encore l’amélioration des taux de recouvrement passés de 29% à 70% et facilitant l’accès au financement.
De leur côté, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale ont modernisé leur analyse de soutenabilité de la dette, en y intégrant un module de long terme, de nouveaux seuils de risque et des incitations à améliorer la qualité des données. Tous ont reconnu que ces ajustements visent à mieux orienter les flux de capitaux vers les pays en développement et à renforcer la capacité d’absorption des chocs.
Cela n’a pas empêché la société civile et plusieurs intervenants de dénoncer des incohérences, relevant que certains pays ont conservé des notations élevées malgré des ratios dette/PIB supérieurs à 100%, tandis que d’autres ont été pénalisés en dépit de fondamentaux solides. Ils ont plaidé pour un allongement des horizons d’analyse jusqu’à 20 à 30 ans, afin de mieux refléter les investissements de long terme et de limiter les effets procycliques.
La question de « l’horizon temporel » des notations a ainsi été discutée. Certains ont défendu le maintien d’un cadre centré sur les court et moyen termes, aligné sur les attentes des investisseurs obligataires, principalement préoccupés par le risque de défaut à échéance. C’est ce qu’a expliqué M. Bart Oosterveld, de Fitch Ratings, en notant que les investisseurs restent centrés sur le risque de défaut à court et moyen termes. M. Lapo Guadagnuolo, de S&P Global Ratings, a précisé que le long terme a toutefois été pris en compte via des scénarios, tout en soulignant les limites de visibilité. Et M. Ugo Panizza, professeur d’économie, a rappelé que les notations n’ont constitué qu’un facteur parmi d’autres, les marchés pouvant réagir plus fortement encore.
D’autres ont plaidé pour une prise en compte accrue des perspectives de long terme, estimant que l’accent mis excessivement sur l’immédiat freine les investissements structurants. La République dominicaine, notamment, a estimé que des horizons plus étendus ont permis des notations plus fidèles aux réalités nationales.
En ce qui concerne le rôle même des agences, certains ont estimé qu’il reflète les contraintes du système, mais plusieurs ont souligné que les déséquilibres proviennent avant tout des défauts de l’architecture financière internationale.
« Approfondir le dialogue entre États, investisseurs et agences » a été le mot de la fin. « Le dialogue a été la clef », a conclu Mme Spiegel en soulignant qu’il faudra poursuivre cet effort afin d’aligner les méthodologies sur les réalités du développement et orienter durablement les flux de capitaux.
Table ronde 3: renforcer la capacité des pays en développement à prendre en compte les notations et les évaluations
Comment les États peuvent-ils améliorer leur dialogue avec les agences de notation de crédit et les autres acteurs des marchés financiers? Comment le système international peut-il au mieux répondre à leurs besoins de renforcement des capacités? C’est à ces deux questions techniques mais fondamentales que les participants de cette table ronde ont cherché à répondre.
« Des relations équilibrées avec les agences de notation sont l’objectif à atteindre », a estimé le premier orateur, M. Daniel Cash, d’Aston University, qui a rappelé les fondements informationnels dont dépend toute interaction fructueuse avec lesdites agences. Or ce qui fait défaut à de nombreux pays en développement, ce n’est pas la volonté d’interagir avec les agences de notation, mais bien l’infrastructure de données sous-jacente et la cohérence institutionnelle. On demande en outre à des pays qui disposent de peu de liquidités d’investir dans le renforcement de leurs capacités pour des résultats hypothétiques à l’avenir, a-t-il noté, en demandant que cet élément soit pleinement pris en compte.
Même son de cloche du côté de M. Raymond Gilpin, Économiste en chef au sein du Bureau régional pour l’Afrique du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), qui a détaillé l’aide apportée par le PNUD dans ce domaine. Quinze de nos experts travaillent avec des pays africains, mettant en exergue la cohérence et la disponibilité des données. Et ces efforts ont porté leurs fruits, s’est-il félicité, notant que les pays concernés sont désormais mieux préparés. Néanmoins, certains aspects des marchés africains sont insuffisamment pris en compte par les agences et certains pays n’ont pas encore de note. De même, sur les 34 pays africains notés, seuls 3 ont une notation de crédit située dans ou proche de la catégorie « investissement ».
« Les notations sont une opinion », a souligné de son côté, M. David Rogovic, Vice-Président et analyste du risque souverain de Moody’s. Et notre rôle est d’évaluer les fondamentaux de manière cohérente, transparente, sans jugement politique. Il a expliqué que les lacunes les plus importantes en termes de capacités concernent la qualité des données, leur actualisation et leur cohérence. L’incertitude s’en trouve accrue, ce qui est préjudiciable au pays concerné, a-t-il indiqué. Estimant que ce qui importe n’est pas le volume des données mais le message sous-jacent, il a souligné que les pays doivent pouvoir expliquer aux agences de quelle manière leurs mesures politiques influent sur la solidité budgétaire.
« Lorsque l’on parle de notations, on parle de personnes, pas seulement de données, parce que ce sont des personnes qui notent les pays », a renchéri Mme Roshan Ahmad, responsable mondiale du Sovereign Advisory chez J.P. Morgan. Elle a expliqué que son organisation cherche à « humaniser » la notation. « C’est à la fois un art et une science. » Nous travaillons avec les pays du monde entier en établissant des canaux de communication à tous les niveaux », a-t-elle dit. Elle a souligné l’importance de tisser un récit, notant que cela s’avère impossible lorsque le Ministère des finances d’un pays concerné ne répond pas aux attentes d’un analyste dépêché sur place. « Le Ministère des finances ne doit pas être le seul acteur impliqué, le secteur privé a aussi un rôle fondamental à jouer. »
Mme Ejigayhu Tefera, de l’African Credit Rating Agency (Afcra) n’a d’ailleurs pas fait mystère des difficultés rencontrées par nombre de pays africains pour produire des données de qualité. Les évaluations reposent souvent sur des informations incomplètes, voire caduques. Et les notations sont alors abaissées. Les pays n’arrivent pas à articuler un récit et demeurent souvent des acteurs passifs, recevant une note, alors qu’ils doivent être actifs.
Au cours du débat qui a suivi, les Palaos ont appelé à un soutien ciblé sur la soutenabilité de la dette et l’analyse économique, exhortant dans la foulée les pays concernés à se montrer plus actifs. « Le système international doit nous aider, pas nous contraindre. » La Chine a, elle, demandé plus de compétitivité entre les agences de notation tandis que le Zimbabwe a insisté sur l’importance de la question de la soutenabilité de la dette. Une attention particulière doit également être accordée aux pays qui n’ont pas de notation, a ajouté la délégation.
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