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Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 12 avril 2024

(La version française du Point de presse quotidien 
n’est pas un document officiel des Nations Unies)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Rwanda 

Le Secrétaire général a pris la parole lors de la cérémonie commémorative marquant le trentième anniversaire du génocide de 1994 des Tutsis au Rwanda.  Cet événement était organisé par le Département de la communication globale et la Mission permanente du Rwanda. 

Dans son allocution, le Secrétaire général a déclaré que le génocide des Tutsis au Rwanda est une tache sur notre conscience collective et un rappel brutal de l’héritage du colonialisme et des discours de haine. 

Vice-Secrétaire générale 

La Vice-Secrétaire générale, Mme Amina Mohammed, se rendra ce week-end à Santiago du Chili pour participer à la septième session du Forum régional pour le développement durable de l’Amérique latine et des Caraïbes. 

Elle rencontrera à cette occasion de hauts responsables gouvernementaux et s’entretiendra avec les directeurs régionaux de diverses entités onusiennes, les coordonnateurs résidents et d’autres parties prenantes basées dans la région, afin d’accélérer la mise en œuvre des objectifs de développement durable (ODD).  Cette session fait suite au Sommet sur les ODD de l’année dernière et s’inscrit bien sûr dans la perspective du Sommet de l’avenir, prévu en septembre. 

Le Secrétaire général adjoint à la politique, M. Guy Ryder, se joindra à Mme Mohammed dans ce déplacement.  La Vice-Secrétaire générale sera de retour à New York mardi 16 avril. 

Territoire palestinien occupé 

En ce qui concerne Gaza, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) indique qu’après avoir prévu deux missions humanitaires dans le nord de Gaza pour aujourd’hui, les autorités israéliennes lui ont refusé l’accès.  L’une des missions visait à livrer 20 000 litres de carburant pour faire fonctionner des générateurs d’appoint à l’hôpital Ahli, où le personnel médical travaille toujours pour fournir des soins de santé essentiels, bien qu’il n’y ait plus d’électricité. 

Pour ce qui est de la semaine écoulée, l’OCHA signale que plus de 40% des missions d’aide dans le nord de Gaza ont été refusées ou entravées, notamment en raison des hostilités à proximité.  Les missions humanitaires prévues dans les zones situées au sud de Wadi Gaza se sont également vu refuser l’accès. 

Une seule mission nécessitant une coordination a été facilitée aujourd’hui par les autorités israéliennes et cette mission a fourni un soutien sanitaire aux civils à Khan Younès. 

L’ONU et ses partenaires humanitaires continuent à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour fournir des services humanitaires essentiels à la population de Gaza, partout et chaque fois que cela est possible. Comme l’a déclaré aujourd’hui le Coordonnateur de l’action humanitaire par intérim pour le territoire palestinien occupé, M. Jamie McGoldrick, les obligations d’Israël de faciliter l’acheminement de l’aide à Gaza ne s’arrêtent pas lorsque ces fournitures sont déposées de l’autre côté de la frontière.  Les organisations humanitaires doivent être en mesure d’acheminer l’aide en toute sécurité dans toute la bande de Gaza. 

Cela signifie qu’il faut veiller à ce que nos installations et nos convois ne soient pas ciblés; qu’il faut accorder et faciliter l’accès à ces convois, et non leur interdire la circulation; et qu’il faut veiller à ce que les missions humanitaires passent rapidement et de manière prévisible par les points de contrôle.  Cela doit permettre d’acheminer les fournitures dont nous avons besoin: carburant, camions et équipements de communication. 

Haïti 

Dans une autre crise humanitaire, celle d’Haïti, le personnel humanitaire de l’ONU continu d’apporter une aide d’urgence aux personnes touchées par les récentes violences et malgré les tensions persistantes. 

Hier, 11 mars, le Programme alimentaire mondial (PAM) a distribué 19 000 repas chauds aux personnes déplacées à Port-au-Prince.  Dans les autres provinces, 200 000 enfants ont reçu un repas à l’école. 

Le FNUAP et ses partenaires continuent de soutenir la santé reproductive, d’appuyer les services de protection et de fournir des kits d’hygiène dans les sites de déplacés de la capitale par le biais de leurs cliniques mobiles. 

Depuis le début du mois de mars, plus de 4 600 kits d’hygiène ont été distribués.  Les femmes et les filles déplacées ont également reçu des kits de dignité comprenant du savon, des serviettes hygiéniques, une lampe solaire et d’autres articles d’hygiène de base. 

Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et ses partenaires continuent également de fournir un soutien psychosocial à distance et des informations sur les services accessibles en matière de violence basée sur le genre par le biais d’une ligne d’assistance téléphonique gratuite gérée par leurs partenaires locaux.  Depuis le 29 février, plus de 340 appels ont été passés. 

Du côté de l’éducation, les partenaires de l’ONU avertissent que de nombreuses écoles restent inaccessibles en raison de la violence en cours.  Certaines sont occupées par des gangs, d’autres par des personnes déplacées tandis que certaines ont été pillées ou tout simplement détruites. 

Ce matin, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a signalé que depuis la fin du mois de février, l’insécurité a poussé près de 95 000 personnes à quitter la zone métropolitaine de Port-au-Prince pour se réfugier en province. 

La plupart d’entre elles se sont dirigées vers les départements du Grand Sud, une région qui avait déjà accueilli plus de 100 000 personnes fuyant les violences dans la capitale ces derniers mois. Or, les communautés qui tentent d’absorber les personnes déplacées sont déjà elles-mêmes sous pression.

République démocratique du Congo (RDC) 

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) se dit profondément préoccupé par les conditions précaires et l’aggravation des risques auxquels sont exposés les déplacés dans et autour de Goma. 

Plus de 500 000 personnes vivent en ce moment dans des sites dans et autour de la ville, après avoir fui les affrontements entre l’armée congolaise et les groupes armés dans les territoires de Masisi et de Rutshuru, au Nord-Kivu. 

Depuis le début du mois de mars, plusieurs bombardements et explosions accidentelles de grenades dans et autour des sites de déplacés à Goma ont fait 8 morts et 34 blessés. 

Le fait que les sites soient proches des lignes de front et la présence d’armes dans ces sites accroissent les risques pour les déplacés. 

Manifestation de haut niveau sur les promesses de contributions pour l’Éthiopie 

La Manifestation de haut niveau sur la situation humanitaire en Éthiopie aura lieu à Genève, jeudi 16 avril   

Elle vise à sensibiliser la communauté internationale et mobiliser un appui financier pour répondre aux besoins humanitaires et renforcer la résilience des personnes vulnérables en Éthiopie. 

La Manifestation est organisée par les Nations Unies, l’Éthiopie et le Royaume-Uni.  Mme Joyce Msuya, Sous-Secrétaire générale aux affaires humanitaires y prononcera un discours. 

Les agences humanitaires indiquent que le conflit et les chocs climatiques successifs ont fait que plus de 21 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire, cette année. 

L’OCHA prévient que 10,8 millions de personnes devraient être dans une situation critique d’insécurité alimentaire pendant la saison sèche, du mois de juillet au mois de septembre.  Pourtant, le Plan de réponse humanitaire, qui vise à collecter la somme de 3,2 milliards de dollars, n’est financé qu’à 5%. 

Soudan du Sud 

En réponse à la violence intercommunautaire saisonnière alimentée par les vols de bétail, compte tenu des ressources limitées dans les comtés de Torit, Budi et Ikotos de l’État de l’Équatoria oriental, la Mission des Nations Unies (MINUSS) indique que les Casques bleus ont facilité le dialogue entre communautés belligérantes dans la zone de la vallée de Kidepo. 

Parmi les principaux résultats du dialogue, il faut citer les accords pour traduire en justice les voleurs de bétail et l’introduction de permis pour le mouvement des bêtes afin d’éviter la violence.  Ces accords devraient réduire le nombre des vols, prévenir les actes de représailles et permettre ainsi la coexistence pacifique et la préservation des moyens de subsistance. 

La situation déjà instable dans la zone s’est aggravée pendant ces derniers mois, avec les pièges tendus de plus en plus fréquemment sur les routes. 

Soudan du Sud/Humanitaire  

L’OCHA est préoccupée par l’augmentation du nombre des incidents qui compromettent les opérations humanitaires. 

L’OCHA signale plus de 40 incidents affectant l’accès humanitaire, ces derniers mois.  Une quinzaine d’entre eux, liés à des actes de violence contre des agents humanitaires, ont eu un impact sur les biens humanitaires. 

Les autres problèmes sont liés aux obstacles bureaucratiques et aux restrictions imposées à la libre circulation.  Ces incidents sont plus fréquents dans les États du Nil supérieur, de l’Unité et de Jonglei.  Cinq des six attaques contre des convois humanitaires, au mois de mars, ont été commisses dans l’Etat de Jonglei. 

Les gens continuent de fuir le Soudan voisin pour se réfugier au Soudan du Sud. 

Depuis le début du conflit soudanais, il y a près d’un an, plus de 636 000 personnes sont arrivées au Soudan du Sud, exerçant de toute évidence une pression supplémentaire sur une réponse humanitaire déjà compliquée au Soudan du Sud. 

L’Appel humanitaire de cette année, qui vise à collecter la somme de 1,8 milliard de dollars, n’est financé qu’à 19%, soit 345 millions de dollars. 

Afrique de l’Ouest et Afrique centrale 

Le Programme alimentaire mondial (PAM) prévient que près de 55 millions de personnes en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale auront du mal à se procurer de la nourriture pendant la prochaine saison sèche, entre les mois de juin et d’août. 

Ce sont ainsi 4 millions de personnes qui s’ajoutent au nombre des gens en situation d’insécurité alimentaire, contredisant les prévisions du mois de novembre de l’année dernière. 

Les problèmes économiques comme la dépréciation monétaire, l’explosion de l’inflation, la stagnation de la production et les barrières commerciales ont aggravé la crise alimentaire, surtout au Nigéria, au Ghana, en Sierra Leone et au Mali. 

En réponse à ces besoins croissants, le PAM, la FAO et l’UNICEF appellent les gouvernements, les organisations internationales, la société civile et le secteur privé à travailler à des solutions pour renforcer la sécurité alimentaire et la productivité agricole mais aussi pour atténuer l’impact de la situation économique volatile. 

Conseil de sécurité  

Le Conseil de sécurité, qui a tenu une réunion sur les menaces à la paix et à la sécurité internationales, a entendu M. Ivor Fung, Chef du Service des armes classiques du Bureau des affaires de désarmement. 

Journées internationales   

La Journée internationale du vol spatial habité, qui est commémorée aujourd’hui, célèbre le début de l’ère spatiale au profit de l’humanité. 

Dimanche, ce sera la Journée mondiale de la maladie de Chagas, une maladie également connue sous le nom « maladie silencieuse ou maladie ignorée ».  Sensibiliser les gens est essentiel pour améliorer les taux de traitement et de guérison. 

Conférences de presse

MM. Justin Brady, Chef du bureau de l’OCHA au Soudan et Michael Dunford, Directeur régional du PAM pour l’Afrique de l’Est, ont parlé aujourd’hui à la presse de la situation au Soudan. 

Intervention du Secrétaire général  

Lundi 15 avril marque le premier anniversaire de la crise actuelle au Soudan.  À 12 h 15, à la sortie de la salle du Conseil du sécurité, le Secrétaire général fera une intervention sur le pays devant la presse, laquelle intervention remplacera le point de presse. 

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