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8931e séance – matin
CS/14737

Conseil de sécurité : au Soudan du Sud, « ralentissement » de la mise en œuvre de l’Accord de paix mais accélération de la crise humanitaire

Le Représentant spécial  du  Secrétaire général  pour  le  Soudan du Sud  et Chef de la  Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), M. Nicholas Haysom, a dressé, ce matin, au Conseil de sécurité, un tableau « préoccupant » de la situation au Soudan du Sud, menacé par un risque d’impasses politiques et une crise humanitaire «  particulièrement difficile », ce qu’a confirmé la Directrice de la Division de la coordination du Bureau pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), Mme Wafaa Saeed. 

Sur le plan politique, et en dépit de quelques progrès, a commenté M. Haysom, un « ralentissement » dans la mise en œuvre de l’Accord de paix revitalisé, signé en 2018, a été constaté.  Les mesures prises jusqu’à présent, tout en étant les bienvenues, ne suffisent pas à pérenniser le  processus de paix, selon le haut fonctionnaire pour qui il existe également, à l’approche d’une pause législative, un risque d’impasse sur des projets de loi essentiels, notamment pour faciliter l’élaboration de la constitution, préparer les futurs scrutins ou créer des  institutions judiciaires nationales. 

De plus, a poursuivi M. Haysom, alors que l’année prochaine représente un défi pour la réussite de la transition, et que des élections sont annoncées pour 2023, les  membres de la présidence ne se sont pas encore accordés autour d’un calendrier électoral.   Nous nous attendons à ce que  « la température politique intérieure »  augmente à mesure que les élections approchent, a-t-il  mis en garde, avant d’appeler  les parties à faire preuve d’une volonté politique renouvelée afin d’éviter  la  paralysie ou un effondrement de l’Accord de paix.   

Le risque est tel que, du 16 au 20 novembre dernier, les membres du Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 2206 (2015) concernant le Soudan du Sud, se sont rendus à Djouba et Wau pour y rencontrer le Président Salva  Kiir, des représentants de la communauté internationale et de la société civile en vue de discuter de la mise en œuvre dudit Accord, a indiqué son Président, le représentant du Viet Nam. 

La situation sur le plan humanitaire a également été décrite comme très préoccupante par Mme Saeed.  Avec 8,4 millions de nécessiteux, dont 1,4 million d’enfants âgés de moins de 5 ans et 480 000 femmes enceintes ou allaitantes souffrant de malnutrition aiguë, le peuple du Soudan du Sud est confronté aux niveaux d’insécurité alimentaire les plus élevés depuis l’indépendance obtenue en 2011 et la reprise du conflit en 2013.  Avec des besoins pour 2022 estimés à 1,7 milliard de dollars pour commencer, une planification à long terme sera nécessaire pour faire face à ce nouveau phénomène , a-t-elle signalé. 

Sur le plan sécuritaire, les conflits intercommunautaires persistent et femmes et filles continuent de faire face à des seuils extrêmes de violence sexuelle, exacerbés par la violence organisée, les restrictions liées à la pandémie de COVID-19 et les déplacements de populations provoqués par les inondations.    

Le représentant du Soudan du Sud a reconnu la lenteur de la mise en œuvre de l’Accord, assurant toutefois de la détermination de toutes les parties concernées à avancer vers la paix.    Mais au vu de la situation humanitaire, il a jugé « indispensable » que la communauté internationale déploie  davantage  de moyens pour faire face aux besoins immédiats des populations touchées par les catastrophes naturelles. 

De leur côté, les membres du Conseil de sécurité se sont montrés conciliants pour certains, fermes pour d’autres qui ont refusé d’imputer les retards dans la mise en œuvre de l’Accord à l’embargo imposé par le Conseil de sécurité au Soudan du Sud. 

Ainsi, pour la Fédération de Russie, l’Accord de paix continue de « fonctionner », d’autant que les  dirigeants  sud-soudanais manifestent « clairement » leur détermination  à  organiser  des  élections  en  2023. Cependant, seule une  mise  en  œuvre « plus  rapide  et  intégrale » permettra  de  sortir  de  cette  situation.  

Même son de cloche du côté de la Chine, qui a estimé qu’il existait une plus grande  confiance entre les parties.  Mais le Soudan du Sud se heurte  à  un certain nombre  de « difficultés  concrètes »  pour  mettre en œuvre l’Accord, qui ne peuvent être réglées  « d’un coup de baguette magique ».  La communauté internationale doit apporter le soutien nécessaire à ce pays et ne pas simplement exercer sur lui une pression, a recommandé la délégation. 

L’Inde a été du même avis, invitant la communauté internationale à consolider les progrès accomplis, dans un contexte de diminution de la violence politique, de respect de l’Accord de paix revitalisé par les parties et de reprise de l’activité économique.  Les acteurs concernés devraient poursuivre la mise en œuvre intégrale de l'Accord  revitalisé, ont déclaré pour leur part la Tunisie, le Niger, le Kenya et Saint-Vincent-et-les Grenadines. 

Adoptant un ton plus ferme, les États-Unis, la France, l’Estonie et le Mexique ont dénoncé les retards et refusé de faire porter la responsabilité des retards pris dans la mise en œuvre de l’Accord sur l’embargo sur les armes  décidé par le Conseil de sécurité.  C’est une « déformation de la réalité », a tranché le Mexique, les États-Unis rappelant que si le Gouvernement a besoin d’armes, il existe des procédures claires pour en faire la demande.  Les demandes sud-soudanaises de dérogations ont même été satisfaites, a rappelé la représentante américaine.   

Tout retard dans la mise en œuvre de l’Accord de paix fait perdre de la crédibilité aux dirigeants, a jugé, quant à elle, l’Estonie, appelant à des développements plus positifs dans la réalité, « pas seulement sur le papier ». 

RAPPORTS DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR LE SOUDAN ET LE SOUDAN DU SUD (S/2021/1015)

Déclarations

M. NICHOLAS HAYSOM, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan du Sud et Chef de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), a déclaré que depuis son dernier exposé au Conseil de sécurité, il y a eu un « ralentissement » dans la mise en œuvre des aspects les plus critiques de l’Accord de paix revitalisé de 2018, en dépit de quelques progrès, notamment la conclusion le 29 novembre dernier du cinquième Forum national des gouverneurs.  Le forum a réuni des dirigeants des 10 États et deux zones administratives pour améliorer la coordination des politiques et les meilleures pratiques en matière de gouvernance, a-t-il dit.  Il s’agissait de la première réunion de haut niveau de tous les membres du Gouvernement depuis la signature de l’Accord de paix en 2018 et du premier Forum national des gouverneurs depuis 2014.  Les nominations parlementaires se sont également poursuivies avec la désignation de 28 membres à l’Assemblée législative nationale de transition et de huit autres au Conseil des États.  Un projet de loi sur le processus d’élaboration de la Constitution a également été adopté par le Conseil des ministres.  Une fois approuvé par le parlement, il orientera le processus permanent d’élaboration de la constitution, une condition préalable aux élections. 

Du point de vue du Représentant spécial, les mesures prises jusqu’à présent dans la mise en œuvre de l’Accord de paix revitalisé sont les bienvenues, mais elles ne suffisent pas à pérenniser le processus de paix.  Le Président a annoncé que les élections auront lieu en 2023, mais les membres de la présidence ne se sont pas encore réunis autour d’un calendrier électoral.  Or, l’année prochaine présente un défi dramatique si le Soudan du Sud veut réussir sa transition, a mis en garde M. Haysom.  Cela nécessitera une préparation à la fois technique et politique, y compris un accord sur la Constitution ainsi que sur les règles régissant les élections.  Nous nous attendons à ce que « la température politique intérieure » augmente à mesure que les élections approchent, a-t-il souligné, avant de se dire profondément préoccupé par les restrictions imposées à l’espace civique, en réponse aux appels à des manifestations non violentes lancés par la Coalition populaire pour l’action civile.  Dans ce contexte, le Représentant spécial a « exhorté » le Gouvernement à promouvoir les droits humains fondamentaux de tous les Soudanais du Sud, y compris la liberté d’expression, afin de créer une plateforme de dialogue démocratique dans le cadre d’un processus électoral libre et équitable. 

Autre sujet de préoccupation: la lenteur de l’opérationnalisation du Parlement.  Alors que l’année se termine et que le Soudan du Sud se dirige vers une pause législative, il existe, a-t-il dit, un risque d’impasse sur des projets de loi essentiels pour faciliter notamment l’élaboration de la constitution, préparer les élections, créer des institutions judiciaires nationales, ou encore adopter le budget national et faire avancer les réformes des finances publiques.  Si un certain nombre de lois ont été rédigées et adoptées par le Conseil des ministres, les Commissions permanentes chargées d’examiner et de débattre de ces projets de loi n’ont pas encore été établies, en raison de différends concernant l’attribution et la répartition des sièges des partis, a-t-il encore déploré, avant d’appeler les parties à faire preuve d’une volonté politique renouvelée et à renforcer la confiance, afin d’éviter la paralysie et, dans le pire des cas, un effondrement de l’Accord de paix. 

Le haut fonctionnaire s’est également dit préoccupé par le fait que de multiples crises régionales réduisent la « bande passante politique » pour l’attention de la communauté internationale sur le Soudan du Sud, à un moment où son soutien est nécessaire de toute urgence.  Cette préoccupation a été partagée, a-t-il déclaré lors de la récente Conférence de Wilton Park qui s’est tenue en Ouganda, à laquelle ont participé les principales parties prenantes et garants, dont plusieurs envoyés spéciaux pour le Soudan du Sud.  La décision ultérieure du Président ougandais d’accueillir une retraite des dirigeants du Soudan du Sud en janvier est la bienvenue et doit être soutenue afin de donner un élan au processus de paix. 

S’agissant de la protection des civils, le Représentant spécial s’est félicité que le cessez-le-feu permanent tienne toujours.  Le nombre de victimes civiles attribuées à des violences localisées a diminué de moitié environ cette année, par rapport à la même période l’an dernier.  La Mission fait tout ce qu’elle peut, dans la limite de ses capacités, pour soutenir le Gouvernement dans sa responsabilité première de protéger les civils, a assuré M. Haysom.  Elle continue d’adapter sa stratégie de réponse aux points chauds du conflit de manière intégrée, notamment grâce au déploiement flexible de bases d’opérations temporaires.  Sur le plan humanitaire, la situation est « catastrophique » à Bentiu, dans l’État de l’Unité après les pires inondations depuis six décennies, a déploré le haut fonctionnaire.  Les eaux issues des crues ne refluent pas et des centaines de milliers de personnes déplacées ont désespérément besoin d’aide, a-t-il encore relevé.  Concluant son propos, le Chef de la MINUSS a dit que dans une région confrontée à des défis politiques, sécuritaires et humanitaires complexes, il est plus que jamais essentiel d’assurer la stabilité du Soudan du Sud.  Ce qui est en jeu ici, c’est la viabilité continue de l’Accord de paix revitalisé, a-t-il prévenu en conclusion. 

Mme WAFAA SAEED, Directrice de la Division de la coordination du Bureau pour la coordination des affaires humanitaires, a axé son intervention sur les besoins humanitaires, les réponses qui y sont apportées par les partenaires humanitaires dans un contexte particulièrement difficile et les actions nécessaires pour atténuer encore les souffrances de millions de Sud-Soudanais en 2022.  Le peuple du Soudan du Sud est confronté aux niveaux d’insécurité alimentaire les plus élevés depuis l’indépendance en 2011 et la reprise du conflit, qui a débuté en 2013, a-t-elle d’emblée posé, précisant que six comtés sont toujours confrontés « à des niveaux catastrophiques d’insécurité alimentaire aiguë ».  Dans cinq d’entre eux, le conflit a été en outre le principal facteur de déplacements, entraînant des pertes en vies humaines mais aussi une pénurie de moyens de subsistance.  On estime qu’environ 1,4 million d’enfants âgés de moins de cinq ans et 480 000 femmes enceintes ou allaitantes ont souffert de malnutrition aiguë et eu besoin d’une prise en charge médicale en 2021, soit les chiffres le plus élevés depuis 2013, s’est alarmée Mme Saeed.  Après avoir ajouté à ce sombre tableau que les femmes et les filles continuent de faire face à des niveaux extrêmes de violence sexuelle exacerbés par les conflits armés, la violence organisée, les restrictions liées à la pandémie de COVID-19 et les déplacements forcés dus aux inondations, elle s’est attardée sur la situation du personnel humanitaire. 

Sans détour, elle a déclaré que le Soudan du Sud « reste l’un des endroits les plus dangereux au monde pour les travailleurs humanitaires », ceux-ci étant victimes d’attaques ciblées, de vols et d’intimidations.  Après plusieurs jours de violence à Leer, dans l’État de l’Unité, un travailleur humanitaire a été tué il y a quelques jours, et le nombre total de travailleurs humanitaires tués jusqu’à présent en 2021 est de quatre, a-t-elle énuméré avec gravité.  Elle a néanmoins indiqué qu’en dépit de ces entraves inacceptables à leurs activités, la communauté humanitaire avait, grâce notamment à l’aide politique et logistique de la Mission, porté assistance à quelque cinq millions de personnes à travers le pays entre janvier et octobre 2021, évitant en premier lieu une famine aux conséquences inimaginables.  Plus de 500 000 personnes dans les six comtés touchés par l’insécurité alimentaire ont par exemple bénéficié d’une aide alimentaire, de soins médicaux, et d’approvisionnements en eau, a-t-elle dit à ce propos. 

Wafaa Saeed a ensuite noté que si renforcer par tous les moyens humanitaires la résilience de ceux qui souhaitent retourner dans leur région d’origine est un devoir, force est d’admettre que pour bon nombre des deux millions de personnes qui ont été déplacées au fil des ans, « le retour n’est peut-être plus une option » .  En effet, a-t-elle expliqué, il est possible que de nombreuses personnes déplacées, y compris dans les anciens sites de protection des civils, tels que Bentiu et Malakal, choisissent de rester, transformant ces camps en d’authentiques zones urbaines de peuplement permanent.  Mme Saeed a, par conséquent, préconisé que la communauté internationale prenne la mesure de cette évolution et s’organise pour aider ces personnes « où qu’elles aient choisi de s’établir ».  « Une planification à long terme sera nécessaire pour faire face à ce nouveau phénomène », a-t-elle considéré. 

Enfin, la responsable d’OCHA a fait un point sur l’état du financement de l’aide humanitaire afin de préparer l’avenir.  Trente-cinq millions de dollars du Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) et 69 millions de dollars du Fonds humanitaire pour le Soudan du Sud ont pu être alloués à cette aide en 2021, a-t-elle indiqué avant de constater que l’aide alimentaire et en matière de santé reste sous-financée, à l’instar des moyens de protection des civils.  C’est pourquoi elle a exhorté les donateurs actuels et potentiels à préparer pour 2022 une réponse humanitaire à hauteur de 1,7 milliard de dollars pour commencer à venir en aide, dès le début de l’année prochaine, à 8,4 millions de nécessiteux. 

En sa qualité de Président du Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 2206 (2015) concernant le Soudan du Sud, M. HAI ANH PHAM PHAN (Viet Nam) a dit que ce comité, chargé de superviser l’application des sanctions imposées par le Conseil, s’est réuni à trois reprises en personne et à trois reprises en visioconférence en 2021.  Il a indiqué que le « Comité 2206 » avait entendu un exposé du Groupe d’experts sur son rapport intérimaire S/2020/1141 le 29 janvier, un exposé du Représentant spécial du Secrétaire général sur les violences sexuelles le 26 février 2021, et un autre le 26 mars par visioconférence sur le rapport final du groupe d’experts accessible au document S/2021/365.  Le Président a expliqué que le Groupe avait tenu, le 18 juin 2021, sa première réunion en personne depuis février 2020.  Il a aussi indiqué que le Comité avait entendu, le 15 octobre 2021, un exposé de la Représentante spéciale du Secrétaire général sur les enfants et les conflit armés.  Le Comité a été informé, le 2 décembre 2021, des détails du déplacement que le Président du Comité a effectué du 16 au 20 novembre 2021, pour rencontrer, à Djouba et Wau, le Président Salva Kiir, ainsi que des représentants de la communauté internationale, dont des missions diplomatiques et responsables de la MINUSS, des chefs religieux et des membres de la société civile, dont des représentantes de groupes de femmes.  Des échanges qui ont surtout porté sur la mise en œuvre de l’Accord revitalisé sur le règlement du conflit au Soudan du Sud et notamment son chapitre 2 relatif aux dispositions sécuritaires.  Le Président du Comité 2206 (2015) a, par ailleurs, exhorté les autorités du Soudan à faire rapport à celui-ci sur les progrès accomplis au plus tard en avril 2022.  Il a enfin souligné l’approbation de trois demandes de dérogations portant respectivement sur l’embargo sur les armes, l’interdiction de voyager et le gel d’avoirs. 

Mme LINDA THOMAS-GREENFIELD (États-Unis) a souligné l’ampleur des besoins humanitaires au Soudan du Sud, en raison notamment des inondations catastrophiques qui ont frappé le pays, et appelé la communauté internationale à financer la réponse à ces besoins. Elle a dénoncé la violence qui règne dans certaines zones du Soudan du Sud, notamment dans l’État de Jongleï, ainsi que les assassinats perpétrés sur une base ethnique. La déléguée a enjoint les autorités sud-soudanaises à agir contre l’impunité, avant de déplorer « l’érosion de l’espace civique » dans le pays. Elle a regretté les retards dans la mise en œuvre d’une justice transitionnelle au Soudan du Sud, avant de mentionner le manque de progrès dans l’application de l’Accord de paix revitalisé signé il y a déjà trois ans. Les élections de 2023, qu’elle a souhaitées libres, devront être précédées d’un processus de refonte constitutionnelle transparent. Mme Thomas-Greenfield s’est voulue « claire » sur l’embargo sur les armes en rappelant qu’il n’est pas responsable des retards dans la formation du personnel en tenue et qu’il protège les civils en tarissant les flux d’armes illicites dans le pays. Si le Gouvernement a besoin d’armes, il existe des procédures claires pour ce faire, a-t-elle dit. Elle a enfin rappelé que le Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 2206 (2015) a reçu cette année une demande de dérogation à l’embargo et que cette demande a été satisfaite. 

Mme INGA RHONDA KING (Saint-Vincent-et-les Grenadines) qui s’exprimait au nom du groupe A3+1 (Kenya, Niger, Tunisie), a salué les progrès en cours au Soudan du Sud, en particulier sur le front politique depuis la signature, il y a trois ans, de l’Accord revitalisé sur le règlement du conflit.  À cet égard, la représentante a exhorté tous les acteurs concernés à poursuivre la mise en œuvre intégrale de l’Accord revitalisé et souligné l'importance du principe d'inclusion dans la représentation des institutions de gouvernance, y compris le quota minimum de 35 % pour la participation des femmes, sans oublier les jeunes.  De même, elle a recommandé au Gouvernement d'examiner et d'adopter le projet de loi 2020/2021 sur le processus d'élaboration de la Constitution, une première étape importante, selon elle. 

Mme King a fait part de sa satisfaction quant au respect du cessez-le-feu, mais elle a noté des incidents « inquiétants » d'affrontements ethniques et intercommunautaires dans certaines parties du pays ainsi que des tensions entre les factions du Mouvement/l’Armée populaire de libération du Soudan dans l’opposition (M/APLS dans l’opposition). Il demeure indispensable que les mesures de sécurité soient renforcées et améliorées, a-t-elle insisté. Ces défis sécuritaires qui ne peuvent être dissociés des difficultés socioéconomiques et humanitaires mettent en évidence, selon la représentante, les causes profondes du conflit au Soudan du Sud et la nécessité d'y apporter des réponses et des solutions urgentes mais durables.  Pour finir, elle a recommandé d'envisager la levée des sanctions et autres mesures coercitives unilatérales à la lumière de la pandémie de COVID-19 afin de permettre au Gouvernement de répondre aux besoins de la population. Pour sa part, le groupe A3+1 attend donc que les signataires de l’Accord résolvent leurs différences et s'intègrent au processus de paix. 

Mme GERALDINE BYRNE NASON (Irlande) a regretté la lenteur de la mise en œuvre de l’accord de paix au Soudan du Sud.  Cette lenteur contribue à des résultats catastrophiques, notamment un schéma persistant de violence intra-nationale; un appareil de sécurité affaibli; une culture de l’impunité autour des violences sexuelles liées aux conflits; de graves violations des droits humains, y compris des exécutions extrajudiciaires, facilitées par un manque de mécanismes de responsabilisation suffisamment solides et un soutien inadéquat aux survivants, a constaté la représentante.  Une mise en œuvre lente inflige un traumatisme supplémentaire à une population qui a déjà trop enduré, a-t-elle tranché. 

Remarquant que partout dans le monde, les risques liés au climat se traduisent directement par des menaces à la paix et à la sécurité, Mme Nason a souligné que les inondations prolongées et intenses qu’a connues le Soudan du Sud cette année, les pires depuis des décennies, en sont un bon exemple. Elles ont entraîné des déplacements de population, des perturbations de l’agriculture et une modification des schémas de migration du bétail ce qui risque d’accentuer ou de provoquer la violence. 

La représentante a en outre relevé que la tenue d’élections inclusives et démocratiques au Soudan du Sud dépend de la pleine mise en œuvre et l’opérationnalisation de l’accord de paix.  Alors que la reconstitution de l’Assemblée législative nationale est une étape positive à cet égard, son inaction à ce jour a été une déception, illustrant la futilité de toute mise en œuvre symbolique, s’est-elle impatientée.  Cependant, a estimé Mme Byrne Nason, une fois que la confiance en l’État existera, le Soudan du Sud pourra aller de l’avant.  Mais « cette confiance doit être gagnée » en répondant notamment aux besoins fondamentaux, en offrant des services sociaux, et en protégeant et en promouvant les droits humains. 

M. JUAN GÓMEZ ROBLEDO VERDUZCO (Mexique) a salué le soutien qu’apporte la MINUSS à la tenue d’élections au Soudan du Sud à la fin de la période de transition.  Il a dit suivre de près la mise en place de l’équipe d’assistance électorale, souhaitant que ce processus donne lieu à des élections libres, justes, crédibles et pacifiques.  À cet égard, il a jugé nécessaire de former des commissions spécialisées afin de permettre à l’Assemblée nationale de transition d’avancer et d’approuver la loi de préparation de la Constitution, qui est un préalable à l’organisation des scrutins.  Il a également exhorté les autorités à redoubler d’efforts pour que l’Assemblée nationale et les assemblées d’État fonctionnent sans entrave et qu’il y ait 35% de femmes en leur sein. 

Le représentant a d’autre part estimé que des progrès doivent se faire jour dans la mise en œuvre de l’Accord revitalisé, laquelle s’est jusqu’à présent révélée « minimale et sélective ».  Il a ainsi appelé le Gouvernement du Soudan du Sud à accélérer les mesures de sécurité, en particulier l’unification des forces armées et les aspects liés au processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR).  Selon lui, justifier les retards pris dans la mise en œuvre de l’Accord du fait de l’embargo sur les armes est une « déformation de la réalité ». 

Notant par ailleurs que le pays est sujet aux crues éclair et aux inondations, qui entraînent des déplacements massifs, une aggravation de l’insécurité alimentaire et une augmentation des maladies, tout en exacerbant les conflits communautaires, le délégué s’est dit préoccupé par la multiplication des incidents entravant l’accès à l’aide humanitaire.  Il a aussi exprimé son inquiétude quant aux informations faisant état d’exécutions extrajudiciaires dans les États des Lacs et de Ouarrap ainsi que de cas de violence sexuelle et de violations généralisées des droits humains.  Saluant les progrès réalisés dans l’opérationnalisation de la Commission vérité, réconciliation et apaisement, il a encouragé les autorités du pays à aller de l’avant avec l’établissement de la Cour hybride.  À ses yeux, la création d’espaces dans lesquels les Sud-Soudanais peuvent exprimer leurs droits librement et sans crainte de représailles sera vitale dans le contexte des élections à venir. 

M. RAVINDRA RAGUTTAHALLI (Inde) a noté les progrès notables enregistrés au Soudan du Sud ces trois derniers mois, notamment sur le plan constitutionnel.  Il a souhaité que les autorités adoptent rapidement la législation nécessaire à la tenue d’élections.  La violence politique a diminué et les parties ont respecté l’Accord de paix revitalisé, tandis que l’activité économique a repris dans le pays, a poursuivi le délégué.  Il a aussi estimé que la récente visite du Comité créé par la résolution 2206 (2015) a permis de mieux comprendre la situation au Soudan du Sud.  Le délégué a invité le Conseil à agir pour consolider les progrès accomplis, avec pour objectif la tenue d’élections libres et transparentes.  Il a appelé la communauté internationale à financer le plan de réponse humanitaire au Soudan du Sud, puisque 150 millions de dollars manquent pour l’instant.  Enfin, s’agissant du mandat de la MINUSS, le délégué s’est réjoui de la baisse du nombre de violations de l’accord sur le statut des forces, rappelant que 2 300 soldats indiens sont déployés dans le cadre de cette mission. 

M. SVEN JÜRGENSON (Estonie) a rappelé que sa délégation, depuis qu’elle est membre du Conseil de sécurité, n’a jamais cessé de demander une mise en œuvre « plus rapide » de l’Accord de paix revitalisé.  Cette mise en œuvre est encore retardée et cela finit par faire perdre de la crédibilité aux dirigeants, a-t-il déploré.  Il a demandé des développements plus positifs dans la réalité, « pas seulement sur le papier ».  Concernant les futures élections, le représentant a jugé « inacceptable » la répression de l’espace civique et le harcèlement des militants des droits humains.  Toutes les sociétés civiles doivent pouvoir s’exprimer librement et sans crainte de représailles, a-t-il insisté, appelant aussi le Gouvernement à ouvrir des enquêtes sur les exécutions extrajudiciaires perpétrées à Warrap et Lakes. 

M. JAMES KARIUKI (Royaume-Uni) a regretté l’absence de progrès en ce qui concerne l’Accord de paix revitalisé, ce qui a des conséquences réelles et graves pour les Sud-Soudanais ordinaires.  Le représentant a appelé les dirigeants du Soudan du Sud à redoubler d’efforts en 2022.  Exhortant le Gouvernement à approuver son budget annuel, il a estimé que l’amélioration de la transparence économique et la lutte contre la corruption bénéficieront aux citoyens et contribueront à rendre le Soudan du Sud plus attrayant pour les investisseurs internationaux.  Il a réfuté l’argument selon lequel l’embargo sur les armes était responsable des longs retards dans l’achèvement de la formation des Forces unifiées nécessaires.  À cet égard, il a rappelé qu’une procédure d’exemption reste en place pour garantir que l’embargo ne constitue pas un obstacle aux besoins légitimes du pays en matière de sécurité.  Il est urgent d’approuver la liste proposée par le Groupe d’experts de l’ONU, afin que le Conseil de sécurité puisse être informé de manière adéquate de la dynamique en cours.  Sur le front des droits de l’homme, le représentant a dit que la situation au Soudan du Sud demeure très préoccupante.  « Faire taire la voix de la société civile et des journalistes n’est pas le moyen d’instaurer la paix et la stabilité ni de favoriser une voie vers des élections transparentes et inclusives », a-t-il averti.  Troublé par les informations crédibles faisant état de violences sexuelles, il a demandé la mise en œuvre du plan d’action des forces armées visant à remédier à la violence sexuelle liée aux conflits.  Enfin, M. Kariuki a exhorté les dirigeants du Soudan du Sud à prendre des mesures immédiates pour s’attaquer aux problèmes d’accès et aux menaces qui pèsent sur les travailleurs humanitaires. 

Mme SHERAZ GASRI (France) a constaté que plus de trois ans après sa signature, la mise en œuvre de l’Accord de paix revitalisé s’est ralentie au cours des derniers mois.  Elle doit reprendre sans délai, a-t-elle déclaré avant de prendre note de la nomination de 9 des 10 assemblées législatives locales par le Président Salva Kiir, ainsi que de l’organisation d’un forum des gouverneurs à Djouba.  Elle a également pris note de la poursuite de la réduction des restrictions à la mobilité de la MINUSS.  Mais les travaux du Parlement n’ont toujours pas commencé alors que plusieurs projets de lois essentiels doivent être examinés comme les lois sur la réforme du secteur de la sécurité, la loi sur le processus de réforme de la constitution et la loi de finances.  La mise en œuvre des arrangements sécuritaires est aussi restée au point mort, a encore constaté Mme Gasri, en particulier s’agissant de la mise en place de forces unifiées.  Le commandement unifié de ces forces doit être constitué sans délais et ses militaires doivent achever  leur formation, a demandé la représentante qui a regretté que l’embargo sur les armes soit utilisé comme un prétexte pour justifier les retards.  Mme Gasri a par ailleurs assuré que la France est mobilisée pour appuyer la stratégie de soutien au processus de réforme des systèmes de sécurité de la MINUSS. 

Les autorités doivent redoubler leurs efforts dans la perspective des élections générales qui doivent se tenir à l’issue de la période de transition, a poursuivi Mme Gasri.  Il est indispensable, selon elle, de mettre en place sans délai les arrangements sécuritaires, le cadre constitutionnel et législatif des élections, d’opérationnaliser la commission électorale nationale et d’affecter les ressources nécessaires à l’organisation des élections.  Estimant que la fragmentation de certaines des parties signataires de l’Accord de paix revitalisé représente une menace dangereuse pour le respect du cessez-le-feu, la représentante les a exhortées à faire primer l’unité.  Elle a encouragé en particulier l’IGAD, l’Union africaine, le Kenya et l’Ouganda à rester mobilisés pour faciliter le dialogue entre les parties sud-soudanaises.  En dernier lieu, la représentante a rappelé à l’ensemble des parties qu’elles doivent enfin respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire et des droits de l’homme, en particulier les droits d’expression et de réunion pacifique. 

Mme ANNA M. EVSTIGNEEVA (Fédération de Russie) a estimé que l’Accord de paix revitalisé continuait à « fonctionner ».  Ainsi, les gouvernements des États fédérés ont été nommés, un parlement à deux chambres constitué, et un projet de loi constitutionnel rédigé, alors que les dirigeants sud-soudanais manifestent clairement leur détermination à organiser des élections en 2023, a-t-elle appuyé.  S’agissant de la situation sécuritaire, elle a constaté la persistance de la violence dont la résolution « demeure compliquée ».  La représentante s’est inquiétée des affrontements entre les forces gouvernementales et des groupes d’opposition, ainsi que des divisions dans le camp du Premier Vice-Président, M. Riek Machar, auquel plusieurs commandants influents résistent sur le terrain.  Les affrontements sporadiques intercommunautaires dans le sud, notamment dans les deux États de l’Équatoria, sont également préoccupants. 

En conséquence, la représentante russe a mis l’accent sur la nécessité de mettre sur pied, rapidement, des forces armées unifiées, et d’améliorer le dialogue avec la faction Kitgwang de l’Armée populaire de libération du Soudan dans l’opposition.  La confiance mutuelle ne peut être réinstaurée qu’une fois que l’Accord de paix revitalisé sera pleinement appliqué, a-t-elle encore voulu, invitant les non-signataires à y souscrire.  Elle a souligné, d’autre part, que seule une mise en œuvre plus rapide et intégrale des accords permettra de sortir de cette situation.  Avant de conclure, elle a appelé à un réexamen du régime de sanctions en vigueur et à la mise en œuvre des critères de contrôle de la résolution 2577 (2021). 

Mme MONA JUUL (Norvège) a estimé que les dirigeants du Soudan du Sud doivent faire preuve d’une réelle détermination pour que l’ensemble de l’Accord de paix revitalisé fonctionne, en particulier par la stricte application des dispositions y relatives en matière de sécurité.  Il est également urgent de nommer des membres aux commissions spécialisées de l’Assemblée législative nationale de transition et d’intensifier le travail parlementaire, a-t-elle ajouté, notant que l’adoption sans délais de nouvelles lois est essentielle en vue de la tenue d’élections libres et équitables.  Le processus de réforme constitutionnelle doit en outre être inclusif, dirigé et contrôlé par le peuple du Soudan du Sud.  Par ailleurs, la représentante s’est dite profondément préoccupée par le « rétrécissement » de l’espace politique au Soudan du Sud, qu’attestent les tentatives de réduire au silence les militants de la société civile et les médias par le biais d’arrestations arbitraires et de détentions illégales qui vont à l’encontre de l’esprit de l’Accord de paix revitalisé.  Mme Juul a demandé le respect du quota de 35% pour la représentation des femmes dans la vie politique du pays et salué les ateliers organisés par la MINUSS « pour les députées ». 

Intervenant en sa capacité nationale, M. HAI ANH PHAM (Viet Nam) a appelé à la mise en œuvre intégrale de l’Accord de paix revitalisé, ce qui passe, selon la délégation, par l’accélération de la réforme constitutionnelle et des dispositions de sécurité transitoire.  Il a engagé le Gouvernement sud-soudanais à faciliter plus encore la participation des femmes et de les nommer à des postes de direction afin d’atteindre le quota de 30% fixé par l’Accord de paix revitalisé.  Toutes les parties prenantes au Soudan du Sud doivent régler leurs différences de vue à travers un dialogue inclusif, a souligné le représentant avant de se réjouir de la contribution positive de l’équipe électorale de la MINUSS aux préparatifs des élections.  Il a également salué les efforts constants du Service de la lutte antimines de l’ONU dans le pays. 

Pour pouvoir avancer, il est essentiel de régler les problèmes économiques et humanitaires du Soudan du Sud, a poursuivi le représentant alarmé par le fait que plus de la moitié de la population vit dans l’insécurité alimentaire.  Il a par ailleurs jugé opportun de procéder à un examen régulier du régime de sanction qui vise le Soudan du Sud.  Se déclarant encouragé par la bonne volonté du Gouvernement sud-soudanais et sa coopération avec le Comité de sanctions, il a espéré que les conditions de la levée des sanctions seront réunies en 2022.  

M. SHUANG GENG (Chine) a salué les progrès du Soudan du Sud qui a avancé dans la mise en œuvre de l’Accord revitalisé, notant une plus grande confiance mutuelle.  Cependant, a-t-il poursuivi, le Soudan du Sud se heurte à un certain nombre de difficultés pratiques pour la mise en œuvre de l’Accord et cela ne peut être réglé « d’un coup de baguette magique ».  La communauté internationale doit apporter le soutien nécessaire et ne pas recourir simplement à la pression, a-t-il recommandé.  À cet égard, il a salué l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), l’Union africaine et les pays de la région qui facilitent la mise en œuvre de l’Accord.  Durant la période couverte par le rapport, quelques affrontements intercommunautaires ont eu lieu.  Le représentant a pressé les groupes qui n’ont pas encore signé l’Accord revitalisé de renoncer à la violence et rejoindre le processus de paix sans tarder.  Les heurts doivent être réglés, selon lui, dans le cadre d’une démarche globale combinant la prévention, la médiation, la justice et la prise en compte des besoins.  C’est pourquoi, il a appelé la communauté internationale à appuyer l’économie, notamment l’agriculture.  Lors de la récente conférence Chine-Afrique, a-t-il relevé, le Président chinois a mis en exergue plusieurs projets pour aider le continent africain et « nous pensons que ces projets vont faciliter » le développement du Soudan du Sud et d’autres pays africains.  Pour finir, le représentant a demandé aux pays concernés de lever les mesures coercitives unilatérales contre le Soudan du Sud sans tarder. 

M. AGOK JOHN ANYAR MADUT AGOK (Soudan du Sud) a déclaré que son pays a continué de connaître une paix et une sécurité relatives depuis la signature en 2018 de l’Accord revitalisé sur le règlement du conflit en République du Soudan du Sud.  Tout en reconnaissant la lenteur de la mise en œuvre de cet Accord, le représentant a estimé que les progrès réguliers accomplis témoignaient de la détermination de toutes les parties concernées d’avancer vers la paix.  Préoccupé par la persistance de conflits intercommunautaires et intracommunautaires liés à différents facteurs, le représentant, qui les a imputées au vide créé par les retards pris par les nominations des gouvernements de certains États, a relevé que la formation de gouvernements dans deux d’entre eux avait permis d’atténuer de telles tensions.  Il a réitéré la volonté des autorités de son pays de poursuivre la mise en œuvre de l’Accord revitalisé, estimant que le président Salva Kiir s’est affirmé comme le chantre de « la paix et de la réconciliation » au Soudan du Sud.  Par ailleurs, la délégation a jugé indispensables que la communauté internationale déploie davantage de moyens pour faire face aux besoins immédiats des populations touchées par les catastrophes naturelles.  Enfin, elle lui a demandé de cesser d’être indécise et d’éviter de « pointer le doigt ».

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