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9109e séance - après-midi
CS/14996

Conseil de sécurité : Fédération de Russie et Ukraine se rejettent la responsabilité des attaques ayant touché la centrale nucléaire de Zaporijia

À la demande de la Fédération de Russie, le Conseil de sécurité s’est, cet après-midi, réuni pour entendre un exposé du Directeur général de l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA), qui a demandé la coopération des deux parties au conflit en Ukraine pour qu’y soit dépêchée, « dans les plus brefs délais », une mission d’expertise à la centrale nucléaire de Zaporijia, « la plus grande d’Europe ».

M. Rafael Mariano Grossi a en effet expliqué que, « sans présence physique sur place », l’Agence ne peut corroborer « certains faits extrêmement importants » relatifs à la sécurité du site, qui a été touché par des bombardements les 5 et 6 août, obligeant à déconnecter un réacteur du réseau électrique.  Cette centrale se trouvant en territoire occupé par la Fédération de Russie, il n’est par conséquent pas possible d’y accéder uniquement en passant par le territoire sous contrôle de l’Ukraine, a-t-il expliqué.

Les deux belligérants se sont rejeté la responsabilité des attaques, qui limitent considérablement la mobilité des personnels du site, dont l’un a été blessé le 6 août.  Les membres du Conseil se sont tous alarmés des risques de catastrophe nucléaire que font peser sur l’Europe et le reste du monde des attaques visant une installation comme celle de Zaporijia, au moment même où se déroule au Siège de l’ONU la dixième Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, dans un contexte de polarisation extrême.

« Nous avons averti à plusieurs reprises nos collègues occidentaux que s’ils ne ramènent pas le régime de Kiev à la raison, celui-ci prendra les mesures les plus monstrueuses, dont les conséquences se retourneront contre lui bien au-delà des frontières de l’Ukraine », a tonné le représentant russe, en affirmant que ces attaques « criminelles » poussent le monde au bord d’une catastrophe nucléaire d’une ampleur comparable à celle de Tchernobyl.

« Les Russes sont bien connus pour couvrir leurs plans, y compris en demandant la tenue de la présente séance du Conseil », a rétorqué l’Ukraine, qui a rappelé que la centrale est occupée depuis le 4 mars dernier et que son personnel travaille « avec un pistolet sur la tempe ».  Selon la délégation, les 500 militaires russes présents à Zaporijia se sont mis à l’abri avant l’attaque de leur camp le 6 août, livrant le personnel ukrainien à son sort.

Jusqu’à ce conflit, « aucune centrale nucléaire n’avait été attaquée, prise d’assaut et militarisée par une armée d’invasion », a rappelé l’Albanie, accusant les forces russes de mener leur « guerre sale » et « de choix » avec « imprudence et brutalité », quitte à provoquer un grave accident nucléaire et à exposer la population civile à des rayonnements ionisants.  Pour les États-Unis, ainsi que la France, la solution à cette crise est très simple: la Russie doit se retirer immédiatement du territoire de l’Ukraine et rétablir les garanties respectées depuis des décennies à la centrale de Zaporijia.  

La Russie, a renchéri l’Irlande, a réclamé la tenue de cette réunion pour se défausser de ses responsabilités et détourner l’attention de ses agissements.  Elle l’a donc invitée à cesser d’utiliser le Conseil de sécurité à des fins de désinformation et à retirer ses troupes des lieux, afin que les autorités ukrainiennes puissent y assumer leurs responsabilités, ainsi que l’a préconisé le Conseil des gouverneurs de l’AIEA dans une résolution adoptée en mars dernier.

Rejetant catégoriquement ces accusations, la Fédération de Russie a assuré que c’est l’armée ukrainienne qui a bombardé la centrale de Zaporijia, dénonçant quant à elle la « guerre de mensonges » menée par les nations occidentales, qui se concertent pour lui imputer tout ce qui se passe dans les zones de combat.  Elle a évoqué le dernier rapport en date d’Amnesty International, uneorganisation qui ne peut être considérée comme « pro-russe », selon lequel l’armée ukrainienne et les « bataillons nationalistes » se servent de la population civile comme boucliers humains et stockent du matériel militaire dans les écoles, les maternités et les hôpitaux.

Au-delà du cas particulier de la centrale de Zaporijia, le Directeur général de l’AIEA a rappelé que les sept piliers de sûreté et de sécurité nucléaires, au nombre desquels figurent l’intégrité physique des installations et l’approvisionnement en électricité hors site, ont tous été « compromis, voire violés, à un moment ou un autre depuis le début du conflit » en février dernier.

M. Grossi a cependant constaté que, malgré leurs divergences, les membres du Conseil étaient tombés d’accord sur le fait que la mission d’inspection de l’AIEA en Ukraine doit avoir lieu.  « Maintenant la question est de savoir quand », s’est-il demandé, en s’engageant à consulter la Fédération de Russie, l’Ukraine et l’ONU sur les modalités de son déploiement le plus vite possible.

MENACES CONTRE LA PAIX ET LA SÉCURITÉ INTERNATIONALES

Déclarations

M. RAFAEL MARIANO GROSSI, Directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a déclaré que l’Agence s’efforce d’évaluer la situation dans la centrale nucléaire de Zaporijia et que, depuis le 24 février, neuf missions de garanties ont été menées en Ukraine, dans plusieurs installations nucléaires.  Ces missions sont menées dans le cadre de l’accord sur les garanties conclu par l’AIEA avec l’Ukraine, a-t-il précisé en mentionnant par exemple deux équipes qui se sont rendues à Tchernobyl.  Il a précisé que le mandat de l’AIEA se concentre sur des questions exclusivement techniques en lien avec la sûreté et la sécurité.  Le haut fonctionnaire a rappelé qu’il y a une semaine, à l’ouverture de la Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, il avait eu l’occasion d’évoquer sept aspects fondamentaux relatifs à la sécurité nucléaire, dont l’intégrité physique des installations et l’approvisionnement en électricité hors site.  Revenant à l’Ukraine, il a constaté à regret que « ces sept piliers ont été compromis, voire violés, à un moment ou un autre depuis le début du conflit ».  D’un point de vue juridique, il a rappelé que la communauté internationale a déjà pris position contre ce type d’attaques, citant les Protocoles I et II aux Conventions de Genève de 1949 qui interdisent toute attaque contre des installations nucléaires en cas de conflit armé.  M. Grossi a appelé à respecter ce cadre.

M. Grossi a relaté les faits en indiquant d’abord que le 5 août, à la suite d’un bombardement frappant la centrale de Zaporijia, qui a entraîné plusieurs explosions à l’intérieur du site et des coupures de transformateurs, un réacteur a dû être fermé et déconnecté du réseau électrique.  Il y a vu « un lien direct entre ces attaques externes et la situation actuelle ».  Or, l’unité en question n’est toujours pas reconnectée au réseau, a-t-il précisé.  Il a ensuite indiqué que, le 6 août, un personnel de la centrale a été blessé dans le cadre d’un nouveau pilonnage qui a aussi entraîné des dégâts aux installations.  Le Directeur général a souligné que le personnel a une capacité limitée à se déplacer à l’intérieur des lieux. 

Toute attaque militaire menaçant la sécurité nucléaire doit cesser, a insisté M. Grossi, qui a rappelé qu’une catastrophe de cet ordre serait « inacceptable ».  Il a donc demandé aux deux parties de coopérer avec l’AIEA pour permettre le déploiement d’une mission d’expertise à Zaporijia dans les plus brefs délais, une mission qu’il dirigerait.  Cette centrale se trouvant en territoire occupé par la Fédération de Russie, par conséquent, il n’est pas possible d’y accéder uniquement en passant par le territoire sous contrôle de l’Ukraine, a-t-il expliqué.  Or, « sans présence physique sur le site, l’Agence ne peut corroborer certains faits extrêmement importants », a-t-il insisté, en rappelant qu’elle est prête à partir sur le terrain depuis juin, mais que cela n’a pas été possible pour des raisons « politiques », entre autres.

M. VASSILY A. NEBENZIA (Fédération de Russie) a estimé que les « attaques criminelles de Kiev contre les installations nucléaires » poussent le monde au bord d’une catastrophe nucléaire comparable à celle de Tchernobyl.  Il a affirmé que ces derniers jours, les forces armées ukrainiennes ont tiré à plusieurs reprises avec de l’artillerie lourde et des systèmes de lance-roquettes multiples, estimant que cela a créé un incendie dans la plus grande centrale nucléaire d’Europe à Zaporijia.  Le 5 août, a-t-il relaté, un feu d’hydrogène s’est déclaré au niveau de l’unité de distribution et la ligne électrique à haute tension a été désactivée.  Il a souligné que les tirs ont eu lieu au moment où se déroulait la rotation du personnel, ce qui laisse croire que Kiev essaye d’intimider les employés de la station, leurs propres citoyens, afin de les empêcher d’aller travailler et porter ainsi atteinte au bon fonctionnement de la station.  Poursuivant, le délégué a déclaré que le 6 août, les forces armées ukrainiennes ont frappé de nouveau la station avec des armes à sous-munitions, notamment la zone de stockage à sec pour les combustibles nucléaires usés, faisant un blessé au sein du personnel.  Après d’autres bombardements le 7 août, le personnel de la centrale a été contraint d’arrêter l’un des trois réacteurs, tandis que les deux autres ont vu leur capacité réduite de moitié, a-t-il encore avancé.  Le représentant a assuré que les bâtiments de Zaporijia tiennent pour le moment, mais il a prévenu que cela ne sera pas le cas si les bombardements continuent.  

M. Nebenzia a aussi accusé l’Ukraine d’avoir mené « plusieurs provocations » entre avril et juillet contre la centrale par le biais de drones, y compris de drones kamikazes chargés de bombes explosant à proximité des infrastructures critiques.  Rappelant que les forces russes contrôlent la centrale de Zaporijia, il a avancé qu’il n’y a aucune raison pour que les militaires russes bombardent la station ou la ville, ni eux-mêmes.  En ce qui concerne les actions de la partie ukrainienne, il a demandé aux membres du Conseil s’ils appelleraient Kiev à arrêter les bombardements.  Le délégué a rappelé que le 4 mars dernier, le Royaume-Uni, la France et la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques, Mme DiCarlo, avaient souligné que les sites nucléaires ne doivent pas faire l’objet d’attaques militaires.

« Nous avons soutenu les efforts de l’AIEA depuis le tout début pour assurer la sûreté nucléaire et physique des centrales nucléaires d’Ukraine », a observé M. Nebenzia.  Il a relevé que le « régime de Kiev » avait refusé d’agréer aux sept principes du Directeur général de l’AIEA, alors que son pays adhère strictement aux sept principes, a-t-il assuré, promettant que la Russie ferait de son mieux pour que les représentants de l’AIEA puissent vérifier cela de leurs propres yeux.  À preuve, dès le 3 juin, la partie russe et la direction du Secrétariat de l’AIEA ont convenu de l’itinéraire et du calendrier de la mission internationale de l’Agence à Zaporijia, a-t-il témoigné, regrettant qu’au dernier moment le « feu rouge » se soit allumé.  En effet, a-t-il rappelé, le Département de la sécurité du Secrétariat de l’ONU a émis des doutes sur la sécurité d’une telle entreprise. 

Le représentant a dit que les autorités de Kiev en ont profité pour renforcer leurs provocations et bombarder la centrale nucléaire.  « Nous sommes convaincus que l’annulation de la mission internationale a fait le jeu du régime de Kiev et des Occidentaux qui, au départ, étaient opposés à ce voyage », a-t-il expliqué.  Il a assuré que la Fédération de Russie souhaiterait que les représentants de l’AIEA arrivent à Zaporijia dès que possible, peut-être même avant la fin du mois d’août.  Cependant, tout ne dépend pas de nous, a-t-il tempéré, pointant du doigt les attaques ukrainiennes contre la centrale.  Il a appelé les États soutenant le « régime de Kiev » à le forcer à stopper immédiatement et pour toujours les attaques contre les habitants de la centrale et d’Energodar et d’assurer de bonnes conditions de sécurité pour le travail de la mission de l’AIEA.  « Nous appelons les dirigeants de l’ONU et de l’AIEA à montrer leur leadership et leur responsabilité, et très clairement, sans formules diplomatiques, en indiquant la source réelle de la menace pour la sûreté nucléaire de Zaporijia », a-t-il lancé.

Mme CAROLYN OPPONG-NTIRI (Ghana) a condamné la militarisation des installations de la centrale nucléaire de Zaporijia ainsi que les attaques délibérées sur les lignes électriques et les unités sensibles de la centrale.  Ces attentats semblent avoir lieu sans que l’on tienne compte de leurs potentielles conséquences meurtrières, notamment du risque d’émissions accidentelles de matières radioactives, s’est-elle indignée avant d’appeler à l’évacuation de tout le personnel militaire et au retrait du matériel militaire, sans condition.  Elle a aussi exigé le retour du personnel accrédité à la centrale.  Elle a soutenu la demande de M. Grossi d’accorder un accès immédiat à la centrale aux inspecteurs internationaux de l’AIEA, pour permettre une évaluation indépendante des normes de sûreté nucléaire et des garanties de l’installation.  En aucun cas, les installations nucléaires destinées à des fins pacifiques ne doivent faire l’objet de telles attaques, a interpelé la déléguée en appelant au respect immédiat et intégral de la Convention sur la protection physique des matières nucléaires et de son amendement de 2005, par toutes les parties armées.  

Le monde ne peut pas se permettre une autre catastrophe nucléaire, a-t-elle tranché en rappelant les horreurs de l’accident de Tchernobyl en 1986 et la catastrophe nucléaire qui en a résulté.  Les avertissements de l’AIEA doivent donc être pris au sérieux et entendus par ce Conseil et devraient nous inciter à déployer rapidement tous les efforts possibles, de manière unifiée, pour aider l’AIEA à atténuer et supprimer tout risque d’émissions accidentelles à l’installation nucléaire de Zaporijia, a-t-elle insisté.  Enfin, elle a dit rester convaincue que seule la cessation des hostilités militaires, basée sur un retrait complet et inconditionnel des troupes de la Fédération de Russie des frontières internationalement reconnues de l’Ukraine, représente une voie acceptable pour le rétablissement de la paix et de la sécurité en Ukraine.  Elle a donc appelé de ses vœux une solution pacifique à ce conflit.

Mme BONNIE JENKINS, Sous-Secrétaire d’État chargée du contrôle des armements et des affaires de sécurité internationale des États-Unis, a déclaré suivre de très près la situation dans la centrale nucléaire de Zaporijia, en Ukraine, de déclarant préoccupée par le risque d’incident radiologique, qui menacerait les populations du pays et de toute la région.  Cette situation est la conséquence de la décision de la Russie d’envahir son voisin souverain, a-t-elle dénoncé.  En plus de faire planer le risque d’un accident nucléaire, cette invasion, qui constitue une violation de la Charte des Nations Unies et des principes du droit international, a aussi contribué à l’explosion de l’insécurité alimentaire dans le monde et gravement perturbé le marché de l’énergie, a regretté la représentante.  Elle a fait remarquer que les actions de la Russie interviennent de surcroît pendant la Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, en cours au Siège de l’ONU à New York, ce qui ne peut que saper les intérêts des États parties au Traité.  Pour la déléguée, la solution à cette situation est très simple: la Russie doit se retirer immédiatement du territoire de l’Ukraine et rétablir les garanties respectées depuis des décennies à la centrale de Zaporijia.  Or la Russie continue de désinformer et de détourner l’attention de la réalité sur le terrain, a-t-elle déploré.  En l’absence de retrait des forces russes, des mesures doivent, selon elle, être prises de toute urgence pour limiter les risques.  La déléguée a recommandé tout d’abord de faciliter une visite sur place du personnel de l’AIEA, tout en respectant la souveraineté de l’Ukraine.  Il faut également cesser toute activité militaire autour de la centrale et restituer le contrôle de cette installation à l’Ukraine, a-t-elle plaidé, avant de demander la création d’une zone démilitarisée à proximité de la centrale.  Dans l’immédiat, elle a exigé des mesures urgentes pour écarter tout risque nucléaire, ce qui passe par une intervention de l’AIEA et la restitution du contrôle de la centrale à l’Ukraine.  

Mme EDWIGE KOUMBY MISSAMBO (Gabon) a fait part de sa préoccupation face à l’intensification des combats et à la pérennisation de la guerre en Ukraine où depuis samedi dernier, à la suite d’attaques visant la centrale nucléaire de Zaporijia, les risques de catastrophe nucléaire sont visiblement devenus considérables considérant la non-conformité́ à cinq des sept principes garantissant la sécurité des sites nucléaires.  La concentration d’une activité militaire autour du site nucléaire doit absolument cesser, a-t-elle sommé en soulignant que les parties ont la responsabilité de mettre fin à toute activité susceptible de faire courir au monde le risque d’une catastrophe nucléaire.  Elle a jugé inacceptable toute militarisation de sites nucléaires, estimant que l’ampleur des risques encourus doit interpeller tous les belligérants et l’ensemble de la communauté internationale. 

Les parties doivent coopérer avec l’AIEA pour sécuriser les sites potentiellement dangereux en vue de prévenir les risques de catastrophe, a souhaité la représentante selon laquelle il est urgent que les 174 conteneurs de combustibles nucléaires usés soient mis à l’abri des activités militaires de toute sorte.  Elle s’est prononcée en faveur de l’envoi d’une mission technique de l’AIEA.  Elle a aussi vu comme un signe d’espoir la signature d’un accord, il y a quelques semaines, en vue de l’exportation des céréales retenues dans les ports ukrainiens.  Cet élan devrait être mis à profit pour envisager des négociations pour un cessez-le-feu en vue de la fin des hostilités, a-t-elle espéré. 

M. MOHAMED ISSA ABUSHAHAB (Émirats arabes unis) a déclaré que, lorsqu’il s’agit de questions nucléaires, tous les aspects de la sécurité collective sont véritablement imbriqués.  Une erreur de calcul, une faute, un acte irréfléchi pourraient entraîner une catastrophe humanitaire et environnementale qui affecterait des millions de vies, a-t-il relevé.  Dans le contexte décrit par le Directeur général de l’AIEA, il a jugé crucial que l’Agence ait un accès complet et sans entrave au site de Zaporijia.  Non seulement il s’agit d’infrastructures civiles essentielles, mais il existe également des risques immenses pour les vies humaines lorsque les installations nucléaires deviennent vulnérables en raison d’un conflit, a-t-il observé.  Le représentant été d’avis qu’il est de la plus haute importance de garantir la sécurité des installations nucléaires.  Pour sa délégation, les développements alarmants à Zaporijia soulignent l’urgence de trouver une fin diplomatique à ce conflit, qui continue de provoquer une crise humanitaire stupéfiante en Ukraine. 

M. ODD INGE KVALHEIM (Norvège) a souligné que la Fédération de Russie a violé plusieurs des sept éléments indispensables des piliers de la sûreté et de la sécurité nucléaires.  Il a appelé la Fédération de Russie à rendre le contrôle total de toutes les installations nucléaires ukrainiennes à leurs opérateurs ukrainiens.  Il a relevé que le personnel qui exploite les installations nucléaires est soumis à un stress psychologique et physique.  Cela n’est pas propice à l’exploitation sûre des centrales nucléaires, a-t-il fait remarquer.  Il a indiqué que la Norvège entretient une coopération de longue date avec l’Ukraine sur la sûreté et la sécurité nucléaires, avant d’appeler de nouveau la Fédération de Russie à retirer immédiatement ses forces de l’Ukraine.  Cela rétablirait la capacité de l’Ukraine à assurer la sécurité des opérations dans les installations nucléaires, a-t-il conclu.

M. JOÃO GENÉSIO DE ALMEIDA FILHO (Brésil) a insisté sur le fait que toutes les parties concernées ont la responsabilité d’assurer le respect des instruments applicables en matière de sûreté et de sécurité nucléaires, y compris la Convention sur la sûreté nucléaire, la Convention commune sur la sûreté de la gestion du combustible usé et sur la sûreté de la gestion des déchets radioactifs et la Convention sur la protection physique des matières nucléaires et son amendement.  Même si l’évaluation de l’AIEA selon laquelle « il n’y a pas de menace immédiate pour la sûreté nucléaire à la suite de l’incident de samedi dernier » nous soulage, a dit le représentant, nous ne pouvons pas perdre de vue le fait que les événements récents ont violé les sept piliers définis par le Directeur général de l’AIEA plus tôt cette année.  Il a souligné que l’absence de menace immédiate ne signifie pas l’absence de menace.  « Cela veut simplement dire que les parties ont encore une chance d’éviter une catastrophe. »  Ce qui rend la situation aussi alarmante, c’est précisément le fait que nous sommes pleinement conscients des conséquences catastrophiques et durables pour la santé humaine et l’environnement que tout dommage à la centrale électrique de Zaporijia entraînerait, a-t-il martelé en exhortant les parties à s’abstenir de toute mesure pouvant compromettre la sûreté et la sécurité de la centrale nucléaire.

M. FERIT HOXHA (Albanie) a observé que cette réunion n’aurait pas lieu d’être sans l’invasion de l’Ukraine par la Russie.  Cette « guerre de choix » a des conséquences catastrophiques sur tous les aspects de l’activité humaine, en particulier sur le fonctionnement de la centrale nucléaire de Zaporijia, a-t-il constaté, qualifiant cette situation de « paradoxale » alors que se tient actuellement la Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.  Il a fait remarquer que les agissements des forces russes dans et autour de cette installation menacent non seulement l’Ukraine mais aussi les pays voisins et l’ensemble du continent européen.  Jusqu’à ce conflit, aucune centrale nucléaire n’avait été attaquée, prise d’assaut et militarisée par une armée d’invasion, a fait valoir le représentant, accusant les forces russes de mener leur « guerre sale » de manière imprudente et brutale, quitte à provoquer un grave accident nucléaire et à exposer la population civile à des radiations ionisantes.  Dans ce contexte, une mission de l’AIEA sur place est indispensable, a-t-il plaidé, avant de réitérer son plein appui à l’Agence et de réclamer un accès sans entrave de son personnel à la centrale.  À cet égard, le délégué a condamné tout acte de violence commis à l’intérieur de l’installation, jugeant que le personnel ukrainien doit pouvoir travailler sans menace ni restriction.  Avant de conclure, il a noté que les sept piliers de sûreté et de sécurité nucléaires définis par l’AIEA ont tous été mis à mal à Zaporijia.  Il a donc appelé à des mesures concrètes pour appliquer les protocoles de sûreté de l’AIEA, arguant que l’inaction serait inadmissible. 

Mme RUCHIRA KAMBOJ (Inde) a demandé de faire en sorte que l’AIEA puisse s’acquitter de son mandat de garanties et de surveillance, conformément à son statut, d’une manière efficace, non discriminatoire et efficiente.  Elle a pris note des dernières informations concernant les centrales nucléaires en Ukraine, y compris les mises à jour publiées les 9 et 10 août par l’AIEA, s’inquiétant de celles faisant état de bombardements près de l’installation de stockage de combustible usé de la centrale nucléaire de Zaporijia.  La représentante a appelé à la retenue afin de ne pas mettre en danger la sûreté et la sécurité des installations nucléaires.

Depuis le début du conflit en Ukraine, l’Inde n’a cessé de demander une cessation immédiate des hostilités et la fin de la violence, a rappelé la représentante avant d’appeler les deux parties à revenir sur la voie de la diplomatie et du dialogue.  Elle a appuyé les efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit.  S’agissant de l’impact du conflit sur les pays en développement, en particulier sur l’approvisionnement en céréales, en engrais et en carburant, elle a mis l’accent sur l’équité et l’accessibilité.  Elle a salué à cet égard les efforts du Secrétaire général pour permettre les exportations de céréales d’Ukraine par l’intermédiaire de lInitiative céréalière de la mer Noire et la facilitation des exportations de engrais russes.

Mme JAYNE JEPKORIR TOROITICH (Kenya) a souligné que cette séance a lieu au moment où se déroule la dixième Conférence d’examen des parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires au Siège de l’ONU.  À cet égard, elle s’est déclarée profondément préoccupée par les informations faisant état de tirs d’obus sur la centrale nucléaire de Zaporijia en Ukraine.  Notant « avec soulagement » qu’aucun dommage n’a été causé aux réacteurs eux-mêmes, la représentante a demandé instamment aux parties de s’abstenir de toute action militaire pouvant mettre en péril la sûreté et la sécurité nucléaires en Ukraine.  Elle a également jugé essentiel que l’AIEA soit autorisée à déployer une mission d’experts sur le site dès que possible afin d’y mener des activités de vérification des garanties.  

Au-delà des dangers posés par une centrale nucléaire non sécurisée, Mme Toroitich s’est déclarée gravement préoccupée par les frappes et les bombardements incessants dans diverses parties du pays.  « Sans cessez-le-feu significatif en vue, cette guerre continue de causer d’indicibles souffrances au peuple ukrainien et menace d’ouvrir une nouvelle ère de guerres mondiales majeures », s’est-elle alarmée, en réitérant la nécessité de se concentrer sur un arrêt immédiat des hostilités et la négociation d’un règlement de paix durable qui garantisse la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine tout en tenant compte des préoccupations sécuritaires de la Fédération de Russie.

Mme NATHALIE BROADHURST ESTIVAL (France) a exprimé sa préoccupation devant la menace grave qui pèse sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires ukrainiennes.  Elle a rappelé que la centrale de Zaporijia, la plus grande d’Europe, a été saisie de force par la Fédération de Russie en mars dans le cadre de son « agression injustifiée et injustifiable contre l’Ukraine ».  Selon elle, la présence et les actions des forces armées russes à proximité de la centrale augmentent significativement le risque d’un accident aux conséquences potentiellement dévastatrices.  Pour la déléguée, la Fédération de Russie porte la responsabilité de cette situation et elle doit rendre à l’Ukraine le plein contrôle de la centrale nucléaire de Zaporijia, ainsi que de toutes les installations nucléaires d’Ukraine.  De même, elle a demandé que soit rétablie la capacité de l’AIEA à contrôler les activités nucléaires pacifiques de l’Ukraine pour assurer le respect des garanties, également compromise par les actions de la Fédération de Russie.  C’est pourquoi la représentante a souligné l’importance de faciliter une mission d’experts de l’AIEA à la centrale de Zaporijia, ainsi qu’à l’ensemble des installations nucléaires de l’Ukraine.

M. JUAN RAMÓN DE LA FUENTE RAMÍREZ (Mexique) a réaffirmé sans ambiguïté que toute attaque contre des installations nucléaires est inacceptable, conformément à ce qui a été établi par la Conférence générale de l’AIEA de 2009: toute attaque ou menace contre des installations nucléaires à vocation pacifique constitue une violation des principes de la Charte des Nations Unies, du droit international et du Statut de l’Agence.  Ces attaques violent aussi le droit international humanitaire, a renchéri le représentant.  Notant que la situation de la centrale de Zaporijia ces derniers jours s’inscrit dans une série d’attaques «déplorables» contre des infrastructures civiles, il a instamment demandé que l’obligation de ne pas attaquer des cibles civiles soit respectée.  Il a insisté en rappelant que le droit international, le droit international humanitaire et les conventions sur la sécurité physique nucléaire doivent être respectés, sans exception.  Faisant écho à la demande du Secrétaire général pour qu’une inspection de la centrale de Zaporijia par l’AIEA soit autorisée dès que possible, le représentant a demandé qu’on n’y mette pas d’obstacles ou de conditions.  Cette mission pourra nous fournir des informations objectives, véridiques et indépendantes sur les conditions actuelles de la centrale, a-t-il fait valoir.

Mme CAÍT MORAN (Irlande) s’est déclarée profondément préoccupée par le fort risque d’incident radiologique découlant de l’activité militaire sur le site de la centrale nucléaire de Zaporijia.  Elle a fait valoir que cette situation alarmante découle de la guerre injuste et non provoquée menée par la Russie contre l’Ukraine, avant de fustiger le mépris total des forces russes pour la sûreté et la sécurité nucléaires, comme l’atteste leur saisie et leur occupation violentes et illégales de cette installation civile ukrainienne.  Enjoignant à la Russie de respecter les sept piliers de la sûreté et de la sécurité nucléaires, tels que définis par le Directeur général de l’AIEA, y compris dans les situations de conflit armé, la représentante a rappelé qu’en parallèle de cette réunion se tient la Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, qui constitue la pierre angulaire du désarmement nucléaire international et de l’architecture de non-prolifération.  « Nous exhortons la Fédération de Russie à ne pas violer ou saper les trois piliers de cet important traité, dont dépend notre sécurité collective », a-t-elle déclaré.  À ses yeux, la Russie a réclamé la tenue de cette réunion pour se défausser de ses responsabilités et détourner l’attention de ses agissements.  La déléguée a donc invité la partie russe à cesser d’utiliser le Conseil de sécurité à des fins de désinformation et à prendre au sérieux la sécurité de la centrale de Zaporijia en mettant fin à son occupation illégale du site et en retirant ses troupes et ses munitions, afin que les autorités ukrainiennes puissent y assumer leurs responsabilités, ainsi que l’a préconisé le Conseil des gouverneurs de l’AIEA dans une résolution adoptée en mars dernier.

M. JAMES KARIUKI (Royaume-Uni) s’est avoué préoccupé par l’impact de l’invasion illégale russe sur la sûreté nucléaire.  Il a rappelé que le 3 mars dernier, le Conseil des gouverneurs de l’AIEA a adopté une résolution appelant la Fédération de Russie à cesser toutes les opérations contre les installations nucléaires de l’Ukraine afin que cette dernière puisse en reprendre le contrôle total.  La résolution demande aussi la reprise des missions de vérification de l’AIEA.  Or, plus de cinq mois plus tard, la Fédération de Russie contrôle toujours la centrale nucléaire de Zaporijia et l’AIEA ne peut toujours pas s’acquitter de ses tâches essentielles.  Les actions russes, a poursuivi le représentant, ont violé la quasi-totalité des sept piliers de la sûreté et de la sécurité nucléaires, mettant en danger la vie de millions de personnes.  L’invasion russe, a-t-il martelé, menace la centrale nucléaire, la population locale, la région et toute la communauté internationale.  Il est temps que les inspecteurs de l’AIEA puissent faire leur travail, que la Fédération de Russie retire immédiatement ses forces de toute l’Ukraine et que cette dernière reprenne le contrôle total de toutes ses installations nucléaires, s’est impatienté le représentant.

M. ZHANG JUN (Chine) s’est déclaré soulagé d’apprendre que l’attaque perpétrée contre la centrale nucléaire de Zaporijia n’avait pas provoqué de catastrophe, avant de souligner que son intégrité ne peut être compromise, sous peine de « conséquences pires que celles de Fukushima ».  Aussi a-t-il demandé aux deux parties de tout mettre en œuvre pour minimiser la possibilité d’un incident.  Le Directeur général de l’AIEA et ses équipes sont prêts à se rendre sur place, a-t-il rappelé.  Le représentant a espéré que les obstacles actuels seront levés dans les plus brefs délais, de sorte que la mission que le Directeur général de l’Agence se propose de mener puisse avoir lieu sans plus tarder.  Les risques sécuritaires gagnent en importance, a ajouté le délégué, et ce n’est qu’en rétablissant la paix que nous réduirons les risques nucléaires.  Aussi a-t-il demandé à toutes les parties de reprendre le dialogue pour parvenir à un dispositif sécuritaire durable qui tienne compte des préoccupations de chacun.  

Reprenant la parole, M. NEBENZIA (Fédération de Russie) a constaté qu’une fois encore, aucun représentant occidental n’a appelé un chat un chat.  C’est l’armée ukrainienne, a-t-il martelé, qui a bombardé la centrale de Zaporijia.  Nous n’avons pas créé le moindre risque, a-t-il dit.  Jugeant absurde d’affirmer que les tirs de l’armée ukrainienne seraient une réponse à un risque somme toute inexistant, le représentant a dénoncé la « guerre des mensonges » menée par les pays occidentaux, lesquels se coordonnent pour rejeter sur la Fédération de Russie la responsabilité de tout ce qu’il se passe dans les zones de combat.  Pourquoi, s’est-il interrogé, ne parle-t-on plus des événements de Kramatorsk, où plus de 50 personnes ont été tuées par des tirs de missiles ukrainiens?  Le représentant a aussi évoqué le dernier rapport d’Amnesty International, uneorganisation qui ne peut être considérée comme pro-russe, selon lequel l’armée ukrainienne et les bataillons nationalistes utilisent la population civile comme bouclier humain et placent du matériel militaire dans les écoles et les hôpitaux.  

De fait, a renchéri le représentant, Kiev a « carte blanche » pour commettre n’importe quel crime, dans ce qui constitue « un deux poids, deux mesures criant ».  Ce faisant, a-t-il interpellé, vous montrez que vous êtes incapables de répondre aux problèmes mondiaux quand ils ne vont pas dans le sens de vos intérêts.  Il a fustigé l’irresponsabilité des responsables politiques européens qui soutiennent l’Ukraine sans protéger leur propre population.  Il est indispensable, a-t-il prévenu, de faire pression sur le régime de Kiev afin qu’il cesse ses bombardements sur Zaporijia.  La Fédération de Russie, a affirmé le représentant, n’utilise pas les infrastructures civiles à des fins militaires.  Ça, c’est la tactique de l’armée ukrainienne.  Il a averti ceux qui réclament le retrait des troupes russes de Zaporijia que ce site peut être utilisé par Kiev, avec des conséquences imprévisibles.  

Mme JENKINS (États-Unis) a repris la parole pour demander à la Fédération de Russie de mettre un terme à son contrôle de la centrale nucléaire de Zaporijia.  Elle lui a aussi demandé de la restituer au Gouvernement ukrainien.

Dans sa reprise de parole, M. KARIUKI (Royaume-Uni) a rappelé qu’il n’y aurait pas de risque pour la sûreté nucléaire s’il n’y avait pas une invasion illégale de l’Ukraine par la Fédération de Russie.  Une invasion qui a provoqué la mort d’innombrables civils et causé un incident dans une centrale nucléaire, a-t-il ajouté.

M. SERGIY KYSLYTSYA (Ukraine) a estimé que « les Russes sont bien connus pour couvrir leurs plans », y compris en demandant la tenue de la présente séance du Conseil de sécurité alors que ce même pays a mis en danger les installations de Zaporijia.  Il a rappelé que la centrale de Zaporijia est occupée depuis le 4 mars et que son personnel travaille avec un « pistolet sur la tempe ».  Le représentant a assuré que les autorités ukrainiennes collaborent avec l’AIEA et qu’elles ont insisté sur l’envoi d’une mission de l’Agence sur le site.  Le délégué a regretté qu’une telle mission n’ait pas eu lieu du fait de la partie russe qui, l’a-t-il accusée, a pilonné la centrale et la ville attenante afin d’empêcher cette visite.  L’Ukraine est prête à apporter tout le soutien nécessaire à la mission, a assuré le délégué en ajoutant qu’elle doit aussi bénéficier de l’expertise de l’ONU. 

Le représentant a invité la Fédération de Russie à respecter les lois de la guerre, y compris en ce qui concerne la protection des sites nucléaires.  Il a expliqué que les 500 militaires russes présents à Zaporijia se sont mis à l’abri avant l’attaque russe du 6 août contre la centrale nucléaire, délaissant le personnel ukrainien.  Le 7 août, la Fédération de Russie a de nouveau pilonné la centrale et endommagé une ligne à haute tension, a-t-il poursuivi en accusant aussi l’armée russe d’utiliser la couverture de la centrale pour bombarder l’armée ukrainienne.  Le représentant ukrainien a ensuite fait remarquer que les actions russes à Zaporijia violent les sept piliers de la sécurité nucléaire tels qu’exposés par le Directeur de l’AIEA à la réunion des gouverneurs du 3 mars dernier.  Il a appelé la communauté internationale à maintenir sa pression sur l’agresseur et exigé la fin de l’occupation de Zaporijia.  S’adressant au Représentant permanent de la Fédération de Russie, il lui a demandé de déclarer solennellement que son pays permet l’envoi d’une mission à Zaporijia.  Il lui a aussi enjoint de démilitariser la centrale nucléaire et de la déminer.

Dans une nouvelle prise de parole, M. NEBENZIA (Fédération de Russie) a dit qu’il refusait de répondre à son homologue ukrainien, « le seul aujourd’hui, à l’exception même des parrains de Kiev, à affirmer que l’armée russe a pilonné la centrale nucléaire de Zaporijia, alors que c’est l’Ukraine elle-même qui la contrôle », a-t-il précisé. 

Dans ses remarques de conclusion, le Directeur général de l’AIEA, M. GROSSI, a constaté, malgré les différences d’ordre politique au sein du Conseil de sécurité, un dénominateur commun qui a marqué cette séance: tous les membres du Conseil sont d’accord sur le fait que la sûreté et la sécurité nucléaires doivent être protégées.  De plus, il a relevé que chacun d’entre eux a défendu l’idée que la mission de l’AIEA en Ukraine doit avoir lieu.  Maintenant la question est de savoir quand, a dit M.   Grossi qui s’est engagé à consulter sans tarder la Fédération de Russie, l’Ukraine et les Nations Unies pour faire en sorte que cette mission d’inspection ait lieu le plus rapidement possible.

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