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Soixante-seizième session,
4e séance plénière – matin
AG/AB/4373

Cinquième Commission: l’ONU s’écarte peu à peu de la tendance aux déficits chroniques, indique la Secrétaire générale adjointe à la gestion 

La Secrétaire générale adjointe aux stratégies et politiques de gestion et à la conformité a décrit, aujourd’hui, à la Cinquième Commission chargée des questions administratives et budgétaires, la situation financière de l’ONU, laquelle fera l’objet d’un débat le 28 octobre 2021, à partir de 10 heures.   Mme Catherine Pollard s’est félicitée d’un contexte qui se démarque progressivement de la tendance aux déficits chroniques que vit l’ONU depuis 2018.  Aux côtés du Contrôleur de l’ONU, M. Chandru Ramanathan, elle s’est tout de même inquiétée de l’impact, sur la faculté de l’Organisation d’exécuter ses mandats, de grandes fluctuations observées dans les contributions mensuelles, chaque année.   

À ce jour, a expliqué Mme Pollard, 47 États sur 193 ont payé l’intégralité de leurs contributions au budget ordinaire et à ceux des opérations de maintien de la paix et des Tribunaux pénaux internationaux, contre 38, au 8 octobre 2020.  Parlant du budget ordinaire, la Secrétaire générale adjointe a expliqué que les recouvrements mensuels continuent de fluctuer considérablement chaque année, compliquant une bonne exécution du budget.  Les grandes sommes collectées à la fin de l’année, voire au mois de décembre, ne peuvent pas être dépensées comme prévu.  Cette année, après un déficit de 199 millions de dollars, l’on a constaté un pic au mois d’avril, après l’appel du Secrétaire général.  Le troisième trimestre s’est en effet terminé avec 139 millions de dollars de plus que prévu.  Ce sont, a prévenu Mme Pollard, les recouvrements du dernier trimestre qui diront si l’on a ou pas fait mieux que les arriérés-record de l’année dernière, soit 808 millions de dollars. 

Cette année, aucun emprunt n’a été fait au Fonds de roulement mais le strict contrôle des dépenses compromet et continuera de compromettre l’exécution du budget et des mandats.  L’incertitude financière pousse toujours l’ONU à une gestion budgétaire fondée sur la disponibilité des liquidités plutôt que sur l’exécution des programmes.  Les restrictions aux transferts des fonds d’une section ou d’une catégorie à l’autre du budget limitent la faculté d’atténuer l’impact des liquidités disponibles sur l’exécution des mandats.  Cette année, a poursuivi Mme Pollard, malgré l’assouplissement du gel des recrutements et du contrôle des dépenses, au mois de mai, donc après les recouvrements-record du mois d’avril, nous verrons probablement le taux d’exécution budgétaire le plus bas depuis 2010, avec de grandes sommes non dépensées, impactant négativement les liquidités pour le budget 2023.

Sans liquidités, nous ne pouvons pleinement exécuter le budget et ce que nous ne dépensons pas nous devons le restituer aux États Membres, ce qui crée un déficit l’année où les fonds sont restitués, a précisé la Secrétaire générale adjointe, en pointant le doigt sur « ce cercle vicieux des déficits et des sous-performances systémiques dans l’exécution des mandats ».

En 2021, les sommes mises en recouvrement étaient de 2,96 milliards de dollars, soit 88 millions de plus qu’en 2020.  Au 8 octobre, l’ONU avait reçu 2,51 milliards, soit 427 millions de plus qu’à la même époque l’année dernière, grâce aux versements de 130 États Membres qui ont payé la totalité de leurs contributions au budget ordinaire, contre 124 États Membres au 30 septembre l’année dernière.  En conséquence, 62 États doivent encore mettre la main à la poche, soit 5 de moins que l’année dernière, d’autant que le Bélarus vient de s’acquitter de son dû.

Quant au budget des opérations de maintien de la paix, les sommes mises en recouvrement pour 2021 sont de 3,8 milliards de dollars.  Au 8 octobre, 2,2 milliards étaient versés, contre 2,8 billions, à la même période l’année dernière, étant entendu que le Botswana et la Lituanie viennent de s’acquitter de leurs contributions.  Les paiements dus aux pays fournisseurs de troupes, d’effectifs de police et d’équipements étaient de 174 millions de dollars au 30 septembre 2021, contre 353 millions au 30 septembre 2020.  Enfin s’agissant des Tribunaux pénaux internationaux pour le Rwanda et l’ex-Yougoslavie, les sommes attendues sont de moins de 59 millions puisque le Bélarus vient de payer. 

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