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Soixante-seizième session,
3e séance plénière, après-midi
AG/AB/4372

Cinquième Commission: Le Secrétaire général présente un budget de 3,1 milliards pour 2022

Le Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, a présenté, ce matin, à la Cinquième Commission chargée des questions administratives et budgétaires, son projet de budget-programme pour 2022 d’un montant de 3,1 milliards de dollars.  Élaboré « dans le contexte d’un monde bouleversé par la pandémie de COVID-19 », ce projet est le troisième et dernier de la période d’essai des budgets annuels.  

Avant de décliner plus avant son projet, M. Guterres s’est longuement attardé sur l’exercice 2021 « qui avait mal commencé » avec un déficit de 199 millions de dollars et des arriérés de 808 millions de dollars.  Le Secrétaire général s’est ainsi enorgueilli de ce que, malgré la crise de liquidités, l’Organisation ait pu aider le monde à répondre aux effets immédiats de la pandémie.  Tout en poursuivant ses réformes aux avantages « visibles », l’ONU a tenu ses promesses: ses équipes de pays ont déployé 121 plans d’intervention socioéconomique couvrant 139 pays et territoires.  Plus de 3 milliards de dollars ont été réaffectés et 2 milliards supplémentaires, mobilisés pour un soutien immédiat aux pays. 

Le Secrétaire général a attribué cette réactivité à l’annualisation du budget.  La COVID-19 a frappé en 2020 et, grâce au budget de 2021, nous avons pu nous adapter, alors qu’auparavant il aurait fallu attendre le prochain exercice biennal.  Revenant au dernier budget annuel de la période d’essai, M. Guterres a demandé une enveloppe de 3, 119 millions de dollars, soit une réduction de 2,8% par rapport à 2021, pour couvrir 10 005 postes, dont 46 nouveaux pour renforcer le pilier « Développement ». 

Le Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB) recommande une baisse de 5 millions de dollars, au motif que, comme l’ont fait remarquer les États-Unis et le Japon, après actualisation des coûts, le projet de budget-programme devrait « bondir » de plus de 100 millions de dollars.  Le Groupe des 77 s’est surtout dit troublé par un budget-programme préparé, analysé et présenté sans un plan-programme agréé par le Comité des programmes et de la coordination (CPC), « pierre angulaire » du processus budgétaire.  

De nombreuses délégations ont effet regretté l’absence d’un consensus, au sein du CPC, autour de 10 programmes, laissant à la Plénière ou aux grandes commissions de l’Assemblée générale le soin de surmonter l’impasse.  L’Union européenne a tenu à mettre en avant les prérogatives de la Cinquième Commission: nous devons recevoir les conclusions dans les meilleurs délais pour ne pas compromettre l’adoption dans les temps du projet de budget-programme.  La Fédération de Russie a dit douter de la nécessité d’impliquer la Plénière ou les grandes commissions, alors que le CPC s’acquitte « merveilleusement » de son mandat.  L’apparente contradiction entre l’élaboration du budget annuel et le travail du CPC, a été reconnue par le Secrétaire général.  Elle exige une analyse sérieuse, a-t-il concédé, en estimant tout de même qu’un retour au budget biennal n’aurait aucun sens « sans vouloir diminuer le rôle du CPC dont les recommandations sont extrêmement importantes ».  

La Cinquième Commission, qui tient la majeure partie de sa session à huis clos, a prévu une autre séance publique mardi 19 octobre, à partir de 10 heures, pour examiner la situation financière de l’ONU. 

BUDGET-PROGRAMME POUR 2022

Premier rapport du Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires sur le projet de budgetprogramme pour 2022 (A/76/7)

Dans ce rapport de 427 pages, le Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB) indique que le montant des ressources demandées par le Secrétaire général pour 2022 s’élève à 3 119,7 millions de dollars avant actualisation des coûts, dont un montant de 730,7 millions de dollars pour les missions politiques spéciales, ce qui représente une réduction de 88,4 millions de dollars (2,8%) par rapport au montant approuvé pour 2021 par l’Assemblée générale.  L’actualisation préliminaire des coûts représente un montant de 56 305 500 millions de dollars.

La variation proposée découle essentiellement d’ajustements techniques entraînant une diminution nette de 122,3 millions de dollars, essentiellement imputable au non-renouvellement de crédits ouverts au titre de projets de construction pluriannuels et de mandats émanant du Conseil des droits de l’homme, ainsi qu’à la fermeture et à la liquidation du Bureau de l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Burundi et du Bureau des Nations Unies au Burundi (BINUGBIS).  La variation est aussi imputable aux mandats nouveaux ou élargis entraînant une augmentation de 13,8 millions de dollars, soit 6,1 millions de dollars pour 43 postes de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), actuellement financés au moyen de ressources extrabudgétaires; 4,4 millions de dollars pour les résolutions et décisions du Conseil des droits de l’homme; et 3,3 millions de dollars pour les résolutions et décisions de l’Assemblée générale.

La variation découle également d’autres changements entraînant une augmentation de 20,1 millions de dollars, soit 7,4 millions de dollars pour l’intensification des activités de la Mission intégrée des Nations Unies pour l’assistance à la transition au Soudan (MINUATS) et pour l’augmentation de la part des coûts opérationnels du Centre de services régional d’Entebbe; 6,3 millions de dollars pour le système normalisé de contrôle des accès visant à renforcer la sécurité des locaux de l’ONU et la hausse des dépenses afférentes aux travaux d’entretien et de transformation; 4,5 millions de dollars pour des dépenses engagées au titre du progiciel de gestion intégré; et 2,8 millions de dollars pour le renforcement du pilier Développement.

Le montant des recettes prévues pour 2022 est estimé à 305,8 millions de dollars, ce qui représente une augmentation de 3,3 millions de dollars (1,1%) par rapport au montant approuvé pour 2021 par l’Assemblée générale.  L’augmentation prévue est principalement imputable à l’effet net des changements relatifs aux postes et aux autres dépenses de personnel sur les contributions du personnel et de l’actualisation préliminaire du montant estimé de ces contributions. 

Le Comité consultatif recommande de réduire de 5 millions de dollars les ressources demandées au chapitre des contributions du personnel, une réduction qui vient s’ajouter aux autres changements qu’il recommande.  Le Comité consultatif dit ne pas être entièrement convaincu par l’hypothèse budgétaire selon laquelle la pandémie ne limitera pas les activités du Secrétariat en 2022.  Il estime que celle-ci continuera probablement à avoir une incidence sur certaines activités et que des gains d’efficacité supplémentaires pourraient être réalisés.  En revanche, le Comité consultatif prend note de l’hypothèse positive selon laquelle les difficultés liées à la crise de liquidités ne se reproduiront pas en 2022, constate que les restrictions sont en train d’être levées et compte que des informations actualisées seront communiquées à l’Assemblée générale lorsqu’elle examinera le présent rapport.

Il note tout de même avec préoccupation que les transferts de ressources entre chapitres tendent à se multiplier ces trois dernières années, et souligne qu’il importe de veiller à ce que les dépenses engagées correspondent aux crédits approuvés par l’Assemblée générale.  Compte tenu de l’augmentation des montants transférés et étant donné que le Secrétaire général peut présenter des prévisions révisées lorsque les dépenses supplémentaires dépassent nettement les crédits ouverts, le Comité consultatif recommande que l’Assemblée générale envisage de plafonner les transferts entre chapitres, en les limitant à un certain pourcentage des montants alloués.

Le Comité note par ailleurs que le montant total des quotes-parts hors budget ordinaire est estimé à 420,1 millions de dollars, soit une augmentation de 6 millions de dollars (1,5%) par rapport aux prévisions pour 2021.  L’augmentation concerne principalement le Département des stratégies et politiques de gestion et de la conformité, avec 4 millions de dollars; les opérations de paix, avec 1,5 million; le contrôle interne, 0,7 million; et les affaires juridiques, 0,6 million, en partie contrebalancée par des diminutions de montants semblables au titre de divers chapitres.

Le montant total des ressources extrabudgétaires est estimé à 12,8 milliards de dollars, soit une diminution nette de 17,9 millions de dollars (0,1%) par rapport aux prévisions pour 2021, mais contrebalancée en partie par une augmentation de 67,3 millions de dollars des crédits nécessaires au titre de plusieurs chapitres.  Le Secrétaire général donnant des informations sur les éventuelles demandes de crédits qui pourraient avoir une incidence sur le projet de budget-programme pour 2022, le Comité consultatif compte qu’il fera le point sur l’ensemble des ressources demandées pour 2022 au moment où l’Assemblée générale examinera le projet de budget.

Pour avoir une idée plus précise et plus claire des ressources demandées, le Comité consultatif recommande que l’Assemblée générale prie le Secrétaire général de faire figurer, dans les futurs projets de budget ordinaire, des tableaux comparatifs indiquant, par catégorie de dépenses, par chapitre et par source de financement, le montant des crédits ouverts et celui des dépenses de l’exercice budgétaire précédent, le montant des crédits ouverts et les dernières données disponibles concernant les dépenses de l’exercice en cours, et le montant des crédits demandés pour le nouvel exercice, ainsi qu’une analyse détaillée des variations.  Il recommande que l’Assemblée envisage de fixer le montant du fonds de réserve pour 2023 à 0,75% du montant du budget-programme qui sera approuvé pour 2022.

Par ailleurs, le Comité consultatif recommande que l’Assemblée générale prie le Secrétaire général de prendre des mesures pour augmenter le nombre de postes de début de carrière et réduire le nombre de postes de haut niveau dans tous les chapitres du budget.  Il recommande également que le Secrétaire général se serve de la gestion prévisionnelle des effectifs et de la planification des départs à la retraite dans les futurs projets de budget pour agir en faveur du rajeunissement du Secrétariat.  Le Comité consultatif ajoute que le Secrétaire général devrait redoubler d’efforts pour améliorer la répartition géographique des effectifs dans tous les départements, notamment pour augmenter la proportion de ressortissants d’États Membres non représentés ou sous-représentés.  Il salue les progrès accomplis en matière de parité des sexes dans tout le Secrétariat mais note que les femmes sont plus nombreuses aux classes P-1, P-2, G-6 et G-7.  Il estime donc que des efforts supplémentaires doivent être faits pour recruter des femmes à des postes d’administratrice de plus haut niveau.

RAPPORT SUR LES ACTIVITÉS DU BUREAU DES SERVICES DE CONTRÔLE INTERNE (BSCI)

Rapport du BSCI sur l’audit des activités, de la performance et des résultats concernant le personnel fourni au système des organes conventionnels par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (A/76/197) 

L’audit a montré qu’il faut que le Haut-Commissariat renforce la planification et la gestion de la performance afin d’améliorer l’efficacité de l’appui en personnel fourni aux organes conventionnels, notamment en incorporant les données pertinentes relatives à la charge de travail et à la performance dans ses évaluations des effectifs afin d’expliquer et de justifier de manière exhaustive ses besoins en personnel et en délimitant le périmètre des activités à couvrir durant les deux semaines de temps de réunion supplémentaire accordées à chaque organe conventionnel pour les autres activités prescrites. 

Le Haut-Commissariat devrait aussi renforcer la coordination interne grâce à l’élaboration de protocoles et de séquences de tâches appropriés et mettre au point des plans de travail par section avec des objectifs de résultats clairs et des mécanismes formels pour solliciter un retour d’information de la part des experts.  Il devrait également renforcer la gestion des communications émanant d’un particulier en donnant la priorité à la mise au point ou à l’acquisition d’un logiciel de gestion des dossiers, en recensant et en mettant en commun les meilleures pratiques entre les organes conventionnels et en améliorant le signalement et le suivi des arriérés.

Le Haut-Commissariat devrait enfin actualiser la stratégie du programme de renforcement des capacités afin d’y inclure les aspects concernant la coordination entre les entités impliquées dans sa mise en œuvre et suivre l’état d’avancement de la mise en œuvre des décisions et recommandations des président(e)s des organes conventionnels.  Le Haut-Commissariat, indique le BSCI, a souscrit aux 10 recommandations formulées.

CORPS COMMUN D’INSPECTION

La Commission était également saisie du Rapport du Corps commun d’inspection (CCI) sur les pratiques actuelles et les perspectives concernant le partage des locaux dans le système des Nations Unies (JIU/REP/2020/2)  

Déclaration liminaire

M. ANTÓNIO GUTERRES, Secrétaire général de l’ONU, a placé le projet de budget-programme « dans le contexte d’un monde bouleversé par la pandémie de COVID-19. »  Mais, a-t-il constaté, les temps de crise peuvent aussi faire ressortir le meilleur de nous lorsque nous travaillons ensemble.  L’ONU, s’est-il réjoui, a tenu ses promesses.  Il s’est en effet enorgueilli de ce que l’Organisation a pu offrir au monde face aux effets immédiats de la pandémie et ce, pendant une grave crise de liquidités.  Les réformes sont restées sur la bonne voie et leurs avantages sont visibles, a ajouté le Secrétaire général.   

Le Secrétariat, a-t-il rappelé, n’a pas eu besoin de créer de nouvelles structures pour gérer ses interventions.  Les nouvelles structures du développement, de la paix, de la sécurité et de la gestion ont facilité une réponse unifiée et souple à la pandémie, économisant du temps et de l’argent.  Les équipes de pays des Nations Unies ont déployé 121 plans d’intervention socioéconomique couvrant 139 pays et territoires.  Plus de 3 milliards de dollars ont été réaffectés et 2 milliards de dollars supplémentaires ont été mobilisés pour donner la priorité à un soutien immédiat.   

Selon des enquêtes indépendantes, s’est félicité le Secrétaire général, plus de 90% des pays en développement conviennent que les coordonnateurs résidents ont contribué à assurer une réponse cohérente des Nations Unies à la pandémie, 91%  ont indiqué que les Nations Unies d’aujourd’hui sont plus pertinentes pour le développement qu’il y a trois ans et 91% estiment que les nouveaux cadres de coopération leur ont permis d’aborder efficacement les priorités nationales et d’y répondre.  Plus de 80% des gouvernements confirment que nous avions réussi à cibler les groupes les plus touchés par cette crise. 

Pour M. Guterres, les réformes ont permis d’ajuster rapidement les politiques et les procédures pour tenir compte des nouvelles réalités sur le terrain.  Nous avons des capacités consacrées à des domaines clefs tels que la santé et la gestion de la chaîne d’approvisionnement.  La nouvelle division du travail entre les fonctions stratégiques et politiques, d’une part, et les fonctions opérationnelles, d’autre part, s’est avérée particulièrement utile.  Les ressources consacrées aux politiques ont rapidement été ajustées aux nouveaux arrangements de travail à distance et d’autres politiques, tandis que le Département de l’appui opérationnel (DOS) a fourni des services à toutes les entités du Secrétariat de l’ONU.  

Dans le domaine des ressources humaines, les politiques et orientations ont été révisées et publiées rapidement, en consultation avec les principales parties prenantes afin de s’adapter à la situation sur le terrain.  De plus, DOS a répondu aux requêtes urgentes relatives à la pandémie de COVID-19 en moins d’un jour ouvrable.  Un système d’évacuation sanitaire à l’échelle du système a été mis en place et géré par le Secrétariat, et un programme de vaccination du personnel dans les pays a été déployé.  

Les structures de la chaîne d’approvisionnement ont permis au Secrétariat d’agir avec plus d’agilité, a dit le Secrétaire général qui a salué les mesures de délégation de pouvoir qui ont facilité une réactivité et une souplesse opérationnelles « indispensables » sur le terrain.  La structure unifiée des technologies de l’information a permis d’utiliser conjointement des outils d’entreprise pour les communications et les modalités de travail à distance, ce qui a fluidifié la coordination de la réponse avec les fonds, programmes et institutions spécialisées. 

Nous avons également continué de renforcer notre cadre de contrôle interne, a assuré le Secrétaire général, rappelant la signature de la première Déclaration de contrôle interne du Secrétariat au début de cette année.  Cette Déclaration, a-t-il expliqué, donne aux États Membres l’assurance que les activités à l’échelle du Secrétariat sont mises en œuvre de manière efficace et efficiente; que l’information financière est fiable et conforme aux Normes comptables internationales pour le secteur public (IPSAS); et que les règlements, les règles et les procédures respectent le cadre réglementaire. 

Il reste encore du travail à faire sur les réformes, a reconnu M. Guterres.  Il a rappelé que le budget-programme présenté aujourd’hui est le troisième depuis que les États Membres ont approuvé, à titre expérimental, le passage d’un budget-programme biennal à un exercice annuel.  Nous pouvons maintenant ajuster la planification de nos programmes et intégrer les leçons tirées de la réponse à la pandémie dans le budget pour 2022, a ajouté le Chef de l’ONU.  Le projet reflète cette orientation et l’une de ces améliorations est l’inclusion de plus de 1 000 exemples des avantages que l’ONU apporte grâce à ses opérations dans le monde.  

Dans le cadre de cette nouvelle culture, plus d’un millier de directeurs de programme continuent d’élaborer des propositions de planification budgétaire, en évaluant leur travail et leur performance.  Le budget-programme annuel comprend un compte rendu pluriannuel des résultats quantifiables « results.un.org » alors qu’Umoja fournit des informations détaillées sur les ressources, y compris des mises à jour mensuelles des dépenses et des ratios de liquidité.  

S’agissant du projet de budget-programme pour 2022, M. Guterres a indiqué qu’il couvre un total de 10 005 postes, soit une augmentation nette de 46 postes, laquelle s’explique par la nécessité de renforcer le pilier « Développement », avec une enveloppe supplémentaire de 2,8 millions de dollars, y compris pour les programmes d’appui au développement de l’Afrique, aux pays sans littoral et aux petits États insulaires en développement.  Il s’agira de la troisième augmentation au cours de mon mandat, a soutenu M. Guterres.  

M. Guterres a fait remarquer que le projet de budget-programme a été élaboré dans l’hypothèse que la réponse à la pandémie, le développement et le déploiement de vaccins permettraient un retour à la normale en 2022.  Il s’est montré confiant dans la capacité de l’ONU à s’adapter aux récentes flambées de cas de COVID-19 dans le monde.  

Rappelant que l’année 2021 avait mal commencé, avec un déficit de 199 millions de dollars de quotes-parts, ajoutées aux 808 millions de dollars d’arriérés, M. Guterres a dit que le Secrétariat a réagi à cette crise de liquidités, plus calme que l’année précédente, principalement grâce aux assurances données par de nombreux États Membres quant au versement de leurs contributions.  En avril dernier, la somme de 1 milliard de dollars a été versée, soit 76% des contributions. 

Ne dormons pas pour autant sur nos lauriers, a averti le Chef de l’ONU, faisant remarquer les nombreuses fluctuations dans les versements mensuels.  Il a demandé aux États Membres de s’acquitter de leurs quotes-parts en totalité et de manière prévisible pour que l’ONU puisse se focaliser sur ses mandats en fonction du budget et non en fonction de l’argent disponible. 

Comme « les feux sont repassés au vert », permettant la levée de la plupart des mesures temporaires de gestion de la trésorerie, j’ai demandé, a conclu le Secrétaire général, aux hauts responsables de parvenir à la parité entre les sexes et d’assurer une représentation géographique plus équitable lorsqu’ils pourvoient les postes vacants.  La parité entre les sexes est déjà atteinte parmi l’équipe dirigeante deux ans avant terme et il faut fournir des efforts supplémentaires dans le reste du Secrétariat. Le Secrétaire général aussi reconnu la nécessité de recruter davantage dans les pays non représentés et sous-représentés.  

Déclarations

Au nom du Groupe des 77 et de la Chine, M. BOUBACAR DIALLO (Guinée) a dénoncé la violation des règles régissant la planification des programmes, les aspects du budget, le suivi de la mise en œuvre et les méthodes d’évaluation.  Il s’est dit profondément troublé par le fait que le budget-programme ait été préparé, analysé et présenté sans un plan-programme agréé par la Commission.  Il est de la plus haute importance, a-t-il estimé, de préserver la planification des programmes comme « pierre angulaire » du processus budgétaire et de laisser le temps à tout le personnel de préparer comme il se doit le cadre stratégique pour que la Commission puisse l’examiner en profondeur.  Ce n’est qu’avec suffisamment de temps que nous pourrons véritablement veiller à ce que les mandats agréés par les processus intergouvernementaux se traduisent par des programmes réalistes, a martelé M. Diallo. 

Le représentant a tout de même salué les améliorations apportées au format des programmes et sous-programmes, tout en notant un manque de cohérence avec la terminologie agréée.  Déçu que le Comité des programmes et de la coordination (CPC) n’ait pu proposer des recommandations transversales sur le format des programmes, le délégué en a conclu qu’il faudra d’autres directives en ce sens.  Il a en effet constaté que 10 programmes n’ont pas fait l’objet de recommandations, compte tenu de l’absence de consensus.  Nous avions proposé, a-t-il rappelé, que les grandes commissions concernées aient leur mot à dire sur ces programmes, mais une nouvelle fois en vain.  Pourtant les règles sont claires: si le CPC n’est pas en mesure de faire des recommandations, la Plénière de l’Assemblée générale ou toute Grande Commission concernée doit le faire à sa place et soumettre ses conclusions à la Cinquième Commission, dans les meilleurs délais.  Les 10 programmes doivent être examinés aussi tôt que possible, a insisté le représentant.  

Il a ensuite tenu à souligner qu’un document budgétaire n’est pas seulement un outil financier et comptable.  C’est une « déclaration » qui reflète la vision stratégique du Secrétaire général.  Il a donc appelé le Secrétariat à respecter la décision de l’Assemblée générale selon laquelle aucune modification des procédures et pratiques budgétaires ne doit être apportée sans son approbation préalable. 

Réaffirmant la nécessité de renforcer le pilier « Développement », M. Diallo s’est inquiété des coupes envisagées au Département des affaires économiques et sociales et à la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP).  Il s’est aussi inquiété d’une trop grande dépendance aux contributions volontaires laquelle pourrait fausser les priorités, en donnant l’avantage à des domaines spécifiques. L’ONU doit être dotée de ressources suffisantes pour exécuter la totalité de ses mandats, a martelé le représentant. 

M. AXEL VON SCHWERIN, délégué de l’Union européenne, a apporté son soutien au programme de réformes du Secrétaire général qui sous-tendent la « vision » du Secrétaire général.  Nous souscrivons, a-t-il dit, a « Notre Programme commun » et à l’appel du Secrétaire général pour un financement durable de l’ONU.  Fervents partisans du multilatéralisme, nous nous engageons à fournir les ressources nécessaires à l’Organisation, afin qu’elle puisse s’acquitter de ses mandats.  Le représentant s’est en effet dit préoccupé par la situation financière de l’ONU qui entrave l’exécution desdits mandats, en ajoutant que les solutions temporaires prises jusqu’à présent n’ont pas permis d’y remédier totalement.  « Nous continuerons de défendre des solutions innovantes et durables à la crise de liquidités. »

Soulignant le caractère distinct de chacune des grandes commissions de l’ONU, il a souligné les prérogatives de la Cinquième Commission qui ne sauraient être amoindries par les autres Commissions.  Si elles se saisissent de nos questions, ces Commissions doivent nous transmettre leurs conclusions dans les meilleurs délais pour ne pas compromettre l’adoption dans les temps du projet de budget-programme.  Nous serons très vigilants, a prévenu le représentant, sur le financement des programmes liés aux droits de l’homme, en particulier ceux des femmes et des filles, et à l’assistance humanitaire, car nous sommes préoccupés par le fait que l’ONU ne s’acquitte pas entièrement de ses mandats dans ces domaines.

Au nom de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN), Mme FELICIA CHUA (Singapour) a d’emblée critiqué les coupes « arbitraires » et la rétention « délibérée » des contributions qui sapent les Nations Unies à l’heure où la solidarité doit être de mise pour faire face aux défis mondiaux.  Malheureusement, c’est une réalité à laquelle nous sommes confrontés depuis des années.  La représentante a averti que ces contraintes « artificielles », si rien n’est fait pour y remédier, risquent de provoquer l’échec des Nations Unies et a tout de même insisté sur l’importance d’une utilisation efficace et responsable des ressources. 

Elle a ensuite encouragé le Secrétaire général à améliorer encore la présentation du budget-programme et réclamé plus de transparence en ce qui concerne la parité entre les sexes et la répartition géographique au sein du personnel.  Notant que le budget proposé pour les missions politiques spéciales est de 730 millions de dollars, elle a jugé qu’il est temps que la Commission discute « sérieusement » de leurs modalités de financement par rapport aux autres priorités du développement.  C’est encore plus pertinent aujourd’hui, compte tenu de la réforme en cours de l’architecture de paix et de sécurité de l’ONU. 

Au nom du groupe CANZ -Canada, Nouvelle-Zélande et Australie-, M. MITCHELL FIFIED (Australie) a salué un projet de budget qui accorde une place importante aux questions des droits de l’homme et à la situation des petits États insulaires en développement, notamment ceux du Pacifique, et qui place l’accent sur les fonctions de contrôle pour plus de transparence.  Le groupe CANZ, a-t-il dit, accordera une attention particulière aux programmes et organisations financés par les contributions volontaires.  Comme le budget ordinaire ne doit pas non plus tout financer, il faut que l’ONU puisse s’appuyer sur des sources de financement novatrices.  Le représentant s’est félicité des économies identifiées après les enseignements tirés de la pandémie de COVID-19, dont les réunions par vidéo qui ont permis de réduire les dépenses de voyage.  À son tour, il s’est inquiété du manque de consensus à la CPC et souhaité des éclaircissements, tout en demandant que l’adoption du budget ne soit pas retardée par des considérations autres que budgétaires. 

Au nom du Groupe des États d’Afrique, M. HAROLD ADLAI AGYEMAN (Ghana) a demandé au Secrétaire général de renforcer l’appui de l’Organisation aux pays vulnérables, rendus encore plus vulnérables par les conséquences de la pandémie de COVID-19.  Il a plaidé pour que le Bureau du Conseiller spécial pour l’Afrique reçoive des ressources humaines et financières suffisantes, avant d’exprimer sa préoccupation face à la baisse des fonds consacrés au pilier « Développement ».  Il a en profité pour rappeler au Secrétaire général la résolution 52/12 B de l’Assemblée générale qui demande le transfert dans le Compte pour le développement des économies réalisées grâce aux mesures de réforme.  Si l’on veut éviter de créer d’autres opérations de paix, a poursuivi le représentant, il faut doter les missions politiques spéciales de ressources suffisantes.  S’inquiétant par ailleurs du manque de consensus au CPC, il a dénoncé « la politisation » de son travail et a pressé la Plénière de l’Assemblée générale ou les grandes commissions concernées d’examiner sans tarder les programmes contestés pour que la Cinquième Commission puisse approuver le budget dans les temps.

M. JAMES KARIUKI (Royaume-Uni) a insisté sur la responsabilité des États Membres de doter l’Organisation du niveau adéquat de ressources pour assurer une bonne exécution des mandats.  Il a aussi rappelé à l’ONU son obligation d’expliquer avec clarté et transparence comment elle utilise l’argent du contribuable.  Nous soutenons, a affirmé le représentant, l’objectif d’un financement plus prévisible et plus durable mais nous estimons que l’inscription de plus au budget ordinaire de toutes les activités n’est pas la solution idéale, en particulier à un moment où presque tous les budgets nationaux subissent les pressions des conséquences multidimensionnelles de la pandémie de COVID-19.

M. ISHIKANE KIMIHIRO (Japon) a estimé que la proposition budgétaire ne reflète pas suffisamment l’impact de la pandémie, jugeant aussi que les nombreux « ajouts » sapent la transparence et la prévisibilité.  Le budget-programme ne cesse d’augmenter, s’est agacé le représentant, qui a constaté que la somme proposée pour 2022, y compris pour les « ajouts », devrait dépasser celle de 2021 d’environ 100 millions de dollars.  Compte tenu de la situation économique actuelle, qui a été gravement affectée par la pandémie de COVID-19, la responsabilité budgétaire de l’ONU vis-à-vis des autorités fiscales nationales et de leurs contribuables, est plus « essentielle » que jamais.  Nous allons, a prévenu le représentant, évaluer le niveau général du budget-programme, à la lumière des preuves techniques et de la discipline budgétaire, pour déterminer le niveau suffisant des ressources nécessaires à l’exécution des mandats. 

Nous allons, a-t-il encore prévenu, garder l’œil sur le financement des postes, d’autant que nous en voyons 48 de plus qu’en 2021.  Nous remarquons par ailleurs, a relevé le représentant, que certains de ces postes ne semblent pas tenir compte de la stratégie de rajeunissement du personnel.  Nous évaluerons ces postes en profondeur, en particulier ceux qui sont vacants depuis longtemps.  S’agissant de la planification des programmes, quelle que soit la décision des autres grandes commissions, nous allons poursuivre les discussions rapidement, ici à la Cinquième Commission, compte tenu de notre responsabilité d’approuver le budget-programme dans les temps, a conclu le représentant.

M. PATRICK KENNEDY (États-Unis) a promis d’examiner le budget-programme, en s’assurant qu’il permet à l’ONU de s’acquitter de ses mandats, d’utiliser ses ressources de manière plus efficiente, d’évaluer davantage les performances et d’améliorer la transparence.  Il a estimé que la présentation actuelle du budget ordinaire ne recense pas l’entièreté des coûts.  Par exemple, ce projet est de 3,1 milliards de dollars avant actualisation des coûts, et il semble en diminution par rapport au budget de 2021.  Mais, a relevé le représentant, les projets de construction en cours et les coûts supplémentaires « facilement » calculables porteront le projet à 3,3 milliards de dollars, avant actualisation des coûts.  Il faut donc, s’est agacé, à son tour, le représentant, améliorer la présentation du budget-programme pour que les États Membres puissent prendre des décisions « informées ». 

Quant au renforcement proposé du Secrétariat du CCQAB, le représentant a estimé que les compétences et les mérites de l’éventuel personnel supplémentaire devraient « au moins » être examinés par la Commission, avant de figurer dans un projet de budget-programme.  Il a aussi rappelé, que l’année dernière, son pays a versé 360 millions de dollars aux programmes de soutien au peuple palestinien et qu’il a été, en 2021, le donateur le plus important de l’UNRWA.  Il a donc tenu à lier les progrès dans la réforme de l’UNRWA à l’augmentation des fonds.  La planification des programmes est un élément « essentiel » du processus budgétaire, a-t-il souligné, à son tour, en appelant à une approche consensuelle.

M. DENNIS FRANCIS (Trinité-et-Tobago) s’est félicité de l’allocation de ressources supplémentaires pour mieux soutenir les mandats élargis des « Orientations de Samoa » et les conclusions de l’examen à mi-parcours du Bureau du Haut-Représentant des Nations Unies pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement.  Il a appelé à des ressources « prévisibles et fiables », arguant que la dépendance excessive à l’égard des contributions volontaires constitue un véritable défi pour l’exécution efficace de ces mandats.  Le représentant a aussi jugé important que les commissions régionales, y compris leurs bureaux sous-régionaux, disposent de ressources suffisantes tirées du budget ordinaire.  Il a également tenu à indiquer que le Centre d’information des Nations Unies pour la région des Caraïbes continue de travailler en étroite collaboration avec les gouvernements et autres parties prenantes clefs.  Il a dit avoir noté avec intérêt la proposition du Secrétaire général d’élargir la portée numérique du Centre mais a dit craindre qu’elle ne vienne exercer une pression excessive sur des ressources déjà limitées.  Le représentant a conclu, en appuyant particulièrement la proposition de financer à partir du budget ordinaire certains postes de l’UNRWA afin de garantir une certaine prévisibilité. 

M. OSAMA MAHMOUD ABDELKHALEK MAHMOUD (Égypte) a rappelé que de projet de budget-programme est le dernier de la période d’essai de l’annualisation budgétaire.  Il a demandé au Secrétaire général de faire connaître ses conclusions sur cette innovation et, s’agissant du CPC, il s’est dit prêt à des discussions car « nous ne pouvons pas résoudre les problèmes en restant muets et en espérant qu’ils disparaissent comme par enchantement ».  L’Égypte, a-t-il prévenu, n’acceptera aucune solution qui affaiblirait le CPC. 

Mme ALYA AHMED SAIF AL-THANI (Qatar) a salué les efforts ambitieux du Secrétaire général pour rendre les Nations Unies plus souples face aux défis contemporains.  Elle a approuvé les nouvelles recommandations du budget-programme qui visent à améliorer la transparence et le principe de responsabilité.  La représentante a particulièrement souligné la pertinence du programme relatif aux affaires juridiques, dont les fonds proposés pour le Mécanisme international, impartial et indépendant chargé de faciliter les enquêtes sur les violations les plus graves du droit international commises en République arabe syrienne depuis mars 2011 et d’aider à juger les personnes qui en sont responsables.  Nous apprécions aussi les propositions visant à renforcer les capacités de l’UNRWA, a ajouté la représentante avant de saluer la proposition de financer à partir du budget ordinaire certaines parties du mandat de l’UNRWA.

M. JESÚS VELÁZQUEZ CASTILLO (Mexique) a estimé que le projet de budget-programme doit être réaliste et guidé par les principes d’austérité, d’économie, de transparence et de responsabilité.  Il a, à son tour, regretté l’absence de consensus au CPC, disant attendre une décision rapide des grandes commissions, afin de permettre à la Cinquième Commission de décider en temps utile de l’ensemble du budget ordinaire.

Mme CAROLYN RODRIGUES-BIRKETT (Guyana) a rappelé que le projet de budget est la « colonne vertébrale » qui permet à l’ONU de s’acquitter de ses missions et mandats.  Elle s’est inquiétée des coupes « arbitraires » qui ne conduisent qu’à une seule chose: « des mandats compromis ».  Elle s’est tout de même félicitée de l’enveloppe supplémentaire de 2,8 millions de dollars pour le pilier « Développement ».  Elle a conclu en encourageant le Secrétaire général à améliorer encore la présentation du projet de budget-programme pour en faire un document plus orienté vers les résultats et reflétant plus précisément les mandats existants et les mesures qu’il faut pour les mettre en œuvre.

M. MOHAMMED NORE ALAM (Bangladesh) a salué le projet d’augmenter de 420 500 dollars les ressources du Mécanisme d’enquête indépendant pour le Myanmar (IIMM) qui, à cause des restrictions imposées aux voyages dues à la pandémie de COVID-19, a eu du mal à identifier les sources d’information potentielles et à mener à distance l’audition des témoins.  Le représentant a aussi salué l’augmentation des ressources prévues pour l’Envoyé spécial pour le Myanmar.  Il a conclu en soulignant l’importance pour l’ONU d’avoir des ressources propres à lui permettre de répondre aux questions urgentes, comme la riposte à la pandémie de COVID-19, le rajeunissement du personnel, la représentation géographique équitable et la planification programmatique.  Il a conclu en estimant que l’annualisation budgétaire a été une étape importante de la discipline budgétaire.

M. RONALDO COSTA FILHO (Brésil) a souligné que la stricte responsabilité fiscale, la transparence et la bonne gouvernance, en particulier dans le contexte des difficultés économiques dues à la pandémie de COVID-19, sont les principes qui sous-tendent la légitimité du budget de l’ONU.  Qualifiant l’approbation du plan-programme d’« étape essentielle » du processus budgétaire, il a constaté, à son tour, que cette année encore, le CPC n’a pas été en mesure de dégager un consensus sur tous les programmes, laissant à l’Assemblée générale la tâche de les examiner.  Il revient donc à cette dernière, a pressé le représentant, d’éviter tout retard dans l’approbation du budget-programme pour 2022.  Enfin, le représentant a souligné l’importance particulière de ce projet de budget-programme car 2022 est la dernière année de la période d’essai du cycle budgétaire annuel.  L’expérience de ces trois années permettra aux États Membres d’évaluer les résultats de cette réforme, a-t-il affirmé. 

M. ABDALLAH Y. AL-MOUALLIMI (Arabie saoudite) a estimé que le budget-programme n’est pas simplement un document chiffré mais bien un « document moral » qui offre une vision stratégique pour l’Organisation.  Le représentant s’est particulièrement félicité de ce que certaines parties des activités de l’UNRWA soient désormais financées par le budget ordinaire.  Après avoir rappelé que son pays est un des principaux contributeurs de l’Office, le représentant s’est aussi félicité de l’augmentation des fonds au pilier « Développement ».  Il s’est inquiété des coupes dans les commissions régionales, dont la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO).  Il s’est par ailleurs dit encouragé par l’amélioration de la trésorerie des Nations Unies et s’est réjoui de la levée du gel des recrutements.  Le représentant n’a pas manqué de saluer le Secrétaire général pour les progrès de sa stratégie pour la parité des sexes et l’intégration des personnes handicapées.  Il n’a pas pour autant caché sa déception face au manque de progrès dans la représentation géographique équitable, bien que ce mandat soit antérieur aux deux autres.  Nous demanderons des éclaircissements supplémentaires, a prévenu le représentant.

M. MARIA ROSENY BALTAZAR FANGCO (Philippines) a noté que le budget proposé par le Secrétaire général représente une réduction de 2,8% par rapport à 2021.  Elle s’est dite confiante que le niveau des ressources permettra une mise en œuvre pleine et efficace des mandats, pendant cette pandémie de COVID-19.  La représentante a tenu à souligner l’importance d’une planification des programmes et d’un processus budgétaire « séquencé », conduit par le CPC et le CCQAB.  Elle a dit attendre avec intérêt l’examen de cette séquence que l’Assemblée générale a prévu de mener l’année prochaine.  Quant à la présentation du budget-programme, elle a insisté sur le caractère « comparable » des informations.  Les États Membres devraient aussi avoir suffisamment de temps pour examiner les propositions et recevoir « des réponses écrites à leurs questions écrites », a aussi estimé la représentante.

M. ESSAM ALSHAHIN (Syrie) a critiqué le fait que le budget de l’ONU soit gaspillé dans des programmes ciblant certains pays.  Il a rejeté la proposition sur le financement du Mécanisme de surveillance de l’acheminement de l’aide transfrontalière « qui ne sert que les objectifs d’une poignée d’États Membres », sans compter que l’aide est détournée par des groupes terroristes dans le nord-ouest.  Le représentant s’est également opposé au financement envisagé du Mécanisme international chargé de faciliter les enquêtes sur les violations les plus graves du droit international commises dans son pays.  Il a conclu en dénonçant les sanctions imposées par les États-Unis et l’Union européenne, lesquelles limitent la faculté de son gouvernement de s’attaquer à la pandémie de COVID-19.  

M. OMAR HILALE (Maroc) a salué les efforts inlassables du Secrétaire général pour garantir la continuité du travail, en dépit des défis posés par la pandémie de COVID-19.  Il a appelé les États Membres à appuyer les propositions budgétaires du Secrétaire général et estimé que le passage d’un budget biennal à un budget annuel a été un pas « énorme » vers une budgétisation plus réaliste.  Le représentant s’est dit convaincu que le budget-programme pour 2022 est de nature à insuffler une nouvelle dynamique à l’Organisation et à lui permettre de réagir de manière plus optimale.  Il s’est particulièrement félicité de l’augmentation des ressources allouées à la coopération internationale et régionale au développement.  Il a aussi souhaité que des moyens suffisants soient accordés aux programmes de développement de l’Afrique, avant de saluer la « sage décision » du Secrétaire général de financer un certain nombre de postes par le budget ordinaire plutôt que par des contributions volontaires. 

M. CHENG LIE (Chine) a demandé le renforcement du rôle du CPC, en vue d’améliorer son efficacité.  S’agissant du projet de budget 2022, il a estimé que la priorité doit être de permettre aux pays de « reconstruire en mieux ».  Il faut donc insister sur la mise en œuvre du Programme 2030 et éviter de se livrer à des coupes budgétaires « pour le seul plaisir de couper ».  Ce qu’il nous faut, a dit le représentant, c’est une gestion transparente des ressources et une ONU capable d’exécuter ses mandats.  Le représentant a dit attendre de l’Assemblée générale une solution après le manque de consensus au CPC.  Il n’a pas oublié de demander aux principaux argentiers des missions politiques spéciales et des opérations de paix de s’acquitter à temps et en totalité de leurs quotes-parts.

M. ALBERT RANGANAI CHIMBINDI (Zimbabwe) a appuyé les réformes engagées par le Secrétaire général, avant de saluer le rôle renforcé des coordonnateurs résidents qui a permis d’améliorer les relations entre l’ONU et les pays hôtes et la mise en œuvre des mandats.  Face à l’impact conjugué de la pandémie de COVID-19, des changements climatiques et de sanctions unilatérales coercitives, le représentant a appuyé l’appel du Secrétaire général en faveur de l’annulation de la dette.  Se croyant d’abord à la Deuxième Commission puis à la Sixième, le représentant s’est par ailleurs particulièrement inquiété de la propagation du terrorisme international dans la région d’Afrique australe.   

Mme PASCALE CHRISTINE BAERISWYL (Suisse) a estimé que la budgétisation annuelle a raccourci les procédures budgétaires de l’Organisation, ce qui lui a permis d’améliorer sa réactivité aux défis actuels.  La déléguée a ensuite salué les initiatives visant à moderniser et à réformer la structure budgétaire de l’Organisation.  Nous nous sommes fixés des objectifs ambitieux, comme dans le Programme 2030 et « Notre programme commun ».  En payant nos contributions intégralement et à temps, nous assumons nos responsabilités et jouons notre rôle qui est de permettre à l'ONU de remplir ses différents mandats, a martelé la représentante.

Jugeant fondamental l’établissement des responsabilités, elle a appuyé l’intégration au budget ordinaire du Mécanisme international chargé de faciliter les enquêtes sur les violations les plus graves du droit international commises en Syrie.  Elle s’est aussi engagée à faire en sorte que le budget ordinaire prévoit les ressources qu’il faut pour le pilier « Droits de l’homme ».  Un pilier « Droits de l’homme » solide, s’est-elle expliquée, renforcera également les liens avec les autres piliers de l’ONU.  Enfin, la déléguée suisse a souligné l’importance du Plan stratégique patrimonial qui est, « au bout du compte », une contribution au multilatéralisme et à une ONU moderne, efficace, efficiente et respectueuse de son environnement et ses ressources financières. 

M. PETER MOHAN MAITHRI PIERIS (Sri Lanka) a jugé, à son tour, important de préserver la planification des programmes en tant que « pierre angulaire » du budget-programme.  Notant également que 10 programmes n’ont pu faire l’objet de recommandations du CPC, faute de consensus, le représentant a appelé l’Assemblée et les grandes commissions concernées à assumer leur rôle, conformément au paragraphe 9 de la résolution 75/243, approuvée par consensus.  Cela est crucial, a-t-il insisté, pour parvenir à un résultat à temps sur le budget-programme.  Les Nations Unies doivent en effet disposer des ressources adéquates pour s’acquitter des mandats conférés par les États Membres eux-mêmes.  Le représentant a demandé au Secrétariat de veiller au respect de la méthodologie, des procédures et des pratiques budgétaires établies conformément au règlement financier. 

Les ressources « limitées » des États Membres et de l’Organisation doivent être utilisées avec efficacité et affectées là où les besoins sont réels.  Le représentant a aussi jugé important que le pilier « Développement » soit renforcé et doté de ressources suffisantes pour la réalisation du Programme 2030, ce qui inextricablement est lié au maintien de la paix et de la sécurité dans notre monde.

M. DMITRY S. CHUMAKOV (Fédération de Russie) a regretté l’inscription des  « mécanismes illégaux » sur la Syrie et le Myanmar, dans le projet de budget-programme.  S’agissant du budget de l’UNRWA, il a salué la proposition du Secrétaire général et s’est étonné des réserves de certaines délégations sur cette question.  Prêt à une analyse en profondeur des avantages et des inconvénients de l’annualisation budgétaire, le représentant a martelé: ce qu’il nous faut, c’est de la prévisibilité dans l’exécution des mandats.  Venant à la gestion des ressources humaines, il a insisté sur l’importance de son rajeunissement.  Il a prié le Secrétariat de faciliter la participation des candidats russes au Programme des jeunes administrateurs, dénonçant la politique des visas du pays hôte.  Concernant le CPC, le représentant a estimé qu’il s’acquitte « merveilleusement » de son mandat.  Il a douté de l’interprétation selon laquelle lorsque le CPC n’arrive pas à dégager un consensus, il doit renvoyer les questions concernées aux grandes commissions concernées.  Nous voulons qu’une séance soit consacrée aux programmes non consensuels, a dit le représentant.

M. KATLEGO BOASE MMALANE (Botswana) s’est inquiété, au regard des défis liés à la mise en œuvre des objectifs de développement durable (ODD), de ce que la proposition budgétaire soit non seulement inférieure à celle de 2021, mais prévoie en plus la réduction des fonds alloués aux organismes chargés du développement, dont les commissions régionales et le Département des affaires économiques et sociales.  Un bon budget est indispensable pour soutenir les États Membres, en ce moment critique marqué par les effets conjugués de la pandémie de COVID-19, la crise climatique ou encore les problèmes humanitaires et de développement, sans oublier les conflits.  Il faut donc une budget « solide et équitable » et pas « un budget du statu quo ».

Le représentant a demandé au Secrétaire général ce qu’il compte faire pour soutenir l’Afrique aux niveaux régional et sous-régional.  Comment la mise en œuvre des réformes par les entités des Nations Unies contribue à accroître la collaboration et la coordination entre les Nations Unies, l’Union africaine et ses cinq organisations sous-régionales dans la mise en œuvre du Programme 2030 et de l’Agenda 2063?  Nous voudrions aussi savoir comment l’ONU compte s’y prendre pour soutenir la transformation numérique de l’Afrique et le développement d’une économie fondée sur la connaissance?  Comment est utilisé le Compte pour le développement? a encore demandé le représentant.

Mme YUN JIYOUNG (République de Corée) a insisté sur la discipline budgétaire, la transparence et le principe de responsabilité dans l’exécution du budget.  Elle a pressé la Commission d’adopter le budget-programme dans les délais impartis « pour éviter de déborder ».

Reprenant la parole, le Secrétaire général a réitéré sa priorité: le renforcement des mécanismes de développement et le soutien aux pays en développement, en particulier en Afrique.  Notre coopération avec l’Afrique a fait un « bond qualitatif énorme » dans tous les domaines comme la sécurité, le développement, la santé, l’éducation, a affirmé M. Guterres.  Mais, a-t-il ajouté, nous sommes d’accord avec vous et nous ferons de notre mieux sur les questions de la parité, de rajeunissement du personnel et de la répartition géographique.  Le Secrétaire général a aussi concédé que l’apparente contradiction entre l’élaboration du budget annuel et le travail du CPC « exige une analyse sérieuse ».  Il a tout de même rappelé que le budget biannuel a été introduit en 1974, « dans un contexte propre à cette époque ».  Aujourd’hui, a-t-il tranché, ça n’aurait aucun sens d’y revenir, parce que ce qui est important, c’est de pouvoir réagir rapidement à l’évolution des situations.  La COVID-19, a-t-il dit pour illustrer ses propos, a frappé en 2020 et, grâce au budget de 2021, nous avons pu nous adapter, alors qu’auparavant il aurait fallu le prochain exercice biennal.  Ceci étant dit, a assuré le Secrétaire général, « je ne veux pas diminuer le rôle du CPC dont les recommandations sont extrêmement importantes ».  

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