Soixante-neuvième session
23e séance – matin
AG/AB/4140

Cinquième Commission: les délégations s’agacent une nouvelle fois de l’actualisation du budget de l’ONU et de l’augmentation du coût des missions politiques spéciales

Aujourd’hui à la Cinquième Commission, chargée des questions administratives, l’actualisation budgétaire a été, une nouvelle fois, taxée de « pratique anachronique et impraticable » alors que le financement en hausse des missions politiques spéciales a été dénoncé comme une « distorsion » du budget ordinaire de l’ONU.

La Commission a examiné un budget actualisé de 5,5 milliards de dollars pour 2014-2015, soit une augmentation de 34,7 millions de dollars ou 0,6%, par rapport au budget initial.  La représentante de l’Union européenne a demandé, une nouvelle fois, à l’Assemblée générale de se pencher sur cette pratique « anachronique et impraticable » qu’est l’actualisation budgétaire et qui conduit à une augmentation « automatique » du budget sans que ne soient vraiment évaluées les ressources nécessaires à l’exécution des mandats.

Pourquoi retomber, s’est impatienté le représentant du Japon, dans les travers du passé et augmenter un budget qui a déjà doublé depuis le début de l’année 2000 et qui avec les plus de 6 milliards de dollars qu’on ne saurait manquer d’atteindre, serait « le budget le plus élevé de l’histoire des Nations Unies ».  L’ONU doit hiérarchiser ses activités et mieux gérer son personnel « pléthorique », a tranché le représentant qui a, de nouveau, demandé que cesse la pratique consistant à dépasser systématiquement les allocations budgétaires.  Le Secrétariat doit agir conformément aux impératifs de la discipline budgétaire, a renchéri son homologue de la Fédération de Russie.

À propos de discipline budgétaire, les délégations ont aussi appris que jusqu’en décembre 2015, c’est une somme de 485,9 millions de dollars qui ira au financement des 35 missions politiques spéciales.  Le délégué du Japon a dit s’attendre malheureusement à un budget total de 612 millions de dollars alors que son pays avait bien souligné que les budgets 2014 et 2015 ne devaient pas dépasser le montant de 1,8 milliard dollars. 

Au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), la représentante de Singapour s’est également inquiétée d’une tendance qui montre que sans ces missions, le budget ordinaire 2016-2017 n’augmenterait que de 0,1% alors que les missions politiques spéciales connaîtront une hausse de 15% soit 160 millions de dollars par rapport à la période 2014-2015.  Le budget ordinaire continue d’être plafonné mais l’augmentation exponentielle de la part de ces missions politiques spéciales dans le budget ordinaire signifie que d’autres piliers du travail de l’ONU dont le développement en souffriront, a insisté la représentante. 

Les arrangements financiers actuels sont « inadéquats », a jugé la représentante du Costa Rica, au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC).  Avec ses homologues, elle a demandé la création d’un compte distinct et spécial conforme au cycle annuel allant du 1er août au 31 juillet, donc calqué sur le compte spécial des opérations de maintien de la paix.  Sur 35 missions politiques spéciales 33 ont été créées par le Conseil de sécurité, ont dit les délégations pour pointer la responsabilité financière « particulière » des membres permanents du Conseil.  Le représentant du Japon a tout de même dit craindre que la création d’un compte spécial n’affecte négativement la discipline fiscale à l’ONU.

Présentant le rapport du Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB), son Président, M. Carlos Ruiz Massieu a rappelé qu’en 2014 c’est une somme de 645,9 millions de dollars qui a été approuvée pour 38 missions alors que pour 2015, il s’agit d’un montant de 485,9 millions pour 35 missions.  Les crédits ouverts en 2014 couvraient quatre missions qui ne seront pas reconduites en 2015.  Mais, a-t-il reconnu, les prévisions de 2015 ne concernent que les dépenses pour six mois des Missions d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) et pour l’Iraq (MANUI).

La Commission a aussi examiné aujourd’hui les incidences financières de 251 900 dollars du projet de résolution intitulé « Établissement d’un cadre juridique multilatéral applicable aux opérations de restructuration de la dette ».

La prochaine réunion de la Cinquième Commission sera annoncée dans le Journal des Nations Unies.

BUDGET-PROGRAMME DE L’EXERCICE BIENNAL 2014-2015

Rapport du Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires sur les incidences sur le budget-programme du projet de résolution A/C.2/69/L.4/Rev.1 (A/69/658)

Le Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires a établi ce rapport à partir de la version préliminaire de l’état présenté par le Secrétaire général concernant les incidences sur le budget-programme du projet de résolution A/C.2/69/L.4/Rev.1 relatif aux modalités d’application de la résolution 68/304, intitulée « Établissement d’un cadre juridique multilatéral applicable aux opérations de restructuration de la dette souveraine » (A/C.5/69/13).  Par ce texte, la Deuxième Commission chargée des questions économiques et financières recommande à l’Assemblée générale de créer un comité spécial en vue d’élaborer le cadre juridique multilatéral qui tiendrait, au Siège de l’ONU à New York, au moins trois réunions d’une durée de trois jours ouvrés chacune, à la fin de janvier, en mai et en juin-juillet 2015.

Le Secrétaire général chiffre les dépenses additionnelles à un montant de 251 900 dollars dont 201 000 dollars au titre des services d’interprétation et 50 900 dollars au titre de la documentation d’avant session.  Ce montant serait à imputer sur le fonds de réserve, ce qui exigerait l’ouverture de nouveaux crédits pour l’exercice biennal, indique le CCQAB.

Rapport du Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires sur le premier rapport sur l’exécution du budget-programme de l’exercice biennal 2014-2015 (A/69/612)

Pour établir ce rapport, le Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB) a examiné le premier rapport du Secrétaire général sur l’exécution du budget-programme de l’exercice biennal 2014-2015 (A/69/612) qui indique les ajustements à apporter aux crédits ouverts pour tenir compte des variations des taux d’inflation et de change et des paramètres du calcul initial.  Lesdits ajustements tiennent compte également des nouveaux mandats approuvés par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité depuis l’approbation du budget-programme, ainsi que des dépenses imprévues et extraordinaires n’ayant pas pu être remises à la deuxième année de l’exercice.

Aux chapitres des dépenses, le montant révisé des ressources nécessaires s’élève à 5 573,3 millions de dollars, soit 34,7 millions de dollars (ou 0,6%) de plus que les 5 538,6 millions de dollars de crédits approuvés par l’Assemblée générale.  En ce qui concerne les recettes, le montant estimatif révisé s’élèverait à 533 millions de dollars, ce qui représente une augmentation de 9,1 millions de dollars.  Mais le CCQAB constate avec préoccupation que les prévisions afférentes aux recettes provenant des services destinés au public ont dû être révisées à la baisse au cours des trois exercices biennaux les plus récents, remettant en question la validité des hypothèses budgétaires initialement retenues pour chiffrer les activités productrices de recettes.  Le Comité compte garder cette question à l’examen lorsqu’il étudiera le projet de budget-programme pour l’exercice biennal 2016-2017.

En conclusion, le Comité consultatif recommande à l’Assemblée générale de porter le montant des crédits ouverts à la somme indiquée, soit à 5 573 266 700 dollars pour les dépenses et d’approuver les prévisions de recettes révisées d’un montant de 533 millions de dollars.

Déclarations

Au nom du Groupe des 77 et de la Chine, Mme DAYANA RIOS (Bolivie) a insisté sur le fait que l’actualisation des coûts fait partie intégrante du processus budgétaire et a regretté les tentatives de certains États de remettre en question le compromis atteint, il y a plus de 20 ans, par l’Assemblée générale.  S’agissant des incidences du projet de résolution relatif au cadre juridique multilatéral applicable aux opérations de restructuration de la dette souveraine, la représentante a rappelé que son Groupe exige que tous les mandats approuvés par les organes intergouvernementaux soient dotés de ressources suffisantes imputées sur le budget ordinaire.  

Mme CARMEL POWER, Union européenne, a tenu à rappeler l’importance de se conformer aux règles et procédures relatives aux états d’incidences sur le budget-programme et a invité le Secrétariat à aider les négociateurs à prendre des décisions informées.  Nous n’avons pas une vision globale du montant des dépenses révisées, s’est-elle plainte, et une fois de plus, ce qui nous est présenté est une liste d’ajouts au budget plutôt qu’une véritable évaluation des besoins.  Mme Power a réitéré ses préoccupations face à une approche budgétaire qui conduit à une augmentation « automatique » du budget sans que soient évaluées les ressources nécessaires pour conduire les activités mandatées.

Il est plus que jamais nécessaire, s’est-elle impatientée, de rendre le processus budgétaire plus efficace, ce qui demande une réforme de la pratique actuelle d’actualisation des coûts.  Nous appelons de nouveau l’Assemblée générale à se pencher sur cette pratique budgétaire « anachronique et impraticable », a-t-elle dit, avant de confier son espoir que le rapport examiné soit le dernier à être présenté sous cette forme.  La déléguée a demandé plus d’informations sur les dépenses extraordinaires et imprévues.

M. SHO ONO (Japon) a souligné qu’il n’est pas opportun de retomber dans les travers du passé et d’augmenter un budget ordinaire qui a déjà doublé depuis le début de l’année 2000.  Il a relevé que le budget des deux prochaines années, tel que présenté par le CCQAB, devrait être de 5 milliards 886 millions de dollars, ce qui augure d’une augmentation de 321 millions de dollars, soit « le budget le plus élevé de l’histoire des Nations Unies », en dépit des contraintes financières que connaissent de nombreux États Membres.  Si l’on compte les dépenses supplémentaires liées aux missions politiques spéciales, le budget en préparation pourrait excéder les 6 milliards de dollars, soit une augmentation de près de 10% par rapport au précédent budget.

Les États Membres, s’est impatienté le représentant, doivent hiérarchiser les activités de l’ONU et bien gérer son personnel « pléthorique », de sorte que les sujets de grand intérêt et de première urgence tels que l’établissement de la Mission des Nations Unies pour l’action d’urgence contre l’Ebola (MINUAUCE) soient traités en priorité et que les activités obsolètes soient supprimées.  Le représentant a demandé que cesse la pratique managériale selon laquelle les administrateurs de l’ONU dépassent systématiquement les allocations budgétaires.  Il a souscrit à l’avis du CCQAB selon lequel les ajustements liés au coût du personnel, ayant conduit à une augmentation budgétaire de 32,1 millions de dollars, manquent de précision.  Le représentant a rappelé qu’il y a deux ans, l’Assemblée générale avait demandé au Secrétariat général de s’assurer que les déclarations orales sur les besoins financiers soient présentées à l’Assemblée générale dans les temps requis avant l’adoption d’une résolution de fond.

M. VLADIMIR PODLESNYKH (Fédération de Russie) a noté que les raisons essentielles de l’augmentation budgétaire s’explique par le dépassement des taux prévus de vacances de poste ainsi que des coûts standards de personnel et par l’incidence des taux de change.  Il s’est inquiété de ce que les incidences sur le budget-programme des projets de résolution adoptés par les Grandes Commissions de l’Assemblée générale s’élèvent à 312,5 millions de dollars environ.  À l’instar du CCQAB, le représentant a demandé des informations plus complètes sur les engagements contractés par le Secrétaire général en 2014.  Il a estimé que ce dernier a outrepassé ses prérogatives s’agissant des dépenses liées au maintien de la paix et de la sécurité internationales.  Il a exhorté le Secrétaire général à agir conformément aux impératifs de la discipline budgétaire.  

Rapport du Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires sur les prévisions de dépenses relatives aux missions politiques spéciales, aux missions de bons offices et aux autres initiatives politiques autorisées par l’Assemblée générale ou le Conseil de sécurité (A/69/628)

Pour établir ce rapport, le Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires a examiné les rapports préliminaires du Secrétaire général sur les prévisions de dépenses relatives aux missions politiques spéciales, aux missions de bons offices et aux autres initiatives politiques autorisées par l’Assemblée générale ou le Conseil de sécurité (A/69/363, Corr.1 à 3 et Add.1 à 5).  Pour 2015, le Secrétaire général présente des prévisions d’un montant net de 485 909 600 dollars pour 35 missions politiques spéciales.  Les prévisions de dépenses relatives au Bureau du Conseiller spécial du Secrétaire général pour le Myanmar, dont le mandat a été approuvé par l’Assemblée générale, seront présentées prochainement sous réserve de la décision que prendra sa Troisième Commission chargée des questions sociales, humanitaires et culturelles.

Le Comité consultatif note que les projets de budget présentés par le Secrétaire général pour les missions politiques spéciales pour 2015 sont, comme par le passé, répartis entre trois groupes thématiques (A/69/363/Add.1 à 3), tandis que les ressources demandées pour les deux missions les plus importantes, comme la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) et la Mission d’assistance des Nations Unies pour l’Iraq (MANUI) font l’objet de rapports distincts (A/69/363/Add.4 et 5).  

Le Comité revient sur les dépenses prévues pour les 35 missions politiques spéciales lesquelles sont présentées dans les documents A/69/363 et Add.1 à 5 (sect. II).  Il formule des observations et des recommandations à caractère général sur l’administration et la gestion des ressources et les domaines dans lesquels des progrès s’imposent, et émet des recommandations ayant trait aux ressources demandées pour certaines missions en particulier.

À la lecture des rapports, le Comité consultatif estime que la présentation de l’information doit être améliorée et normalisée davantage.  Il faut fournir des informations plus exhaustives sur les taux de vacance de postes; mentionner les pourcentages s’agissant des véhicules et du matériel informatique de toutes les missions; faire figurer des informations mieux comparables au titre des opérations aériennes pour toutes les missions concernées, y compris les heures de vol et les dépenses en vertu des contrats antérieurs ou en cours; et faire figurer dans les organigrammes des informations sur les effectifs et les changements y afférents, y compris ceux financés par les ressources extrabudgétaires, avec des indications sur les lieux d’affectation et les changements, les rapports hiérarchiques et l’appui administratif fourni par les autres missions et bureaux.

Le Comité consultatif recommande que l’Assemblée approuve les demandes du Secrétaire général pour la période allant jusqu’au 31 décembre 2015 et ouvre donc un crédit d’un montant net de 435 094 000 dollars, correspondant au solde des ressources prévues au titre de ces missions pour l’exercice biennal 2014-2015.  L’Assemblée devrait ouvrir un crédit supplémentaire qui sera compensé par l’inscription d’un montant égal au titre des recettes provenant des contributions du personnel du budget-programme de l’exercice biennal 2014-2015.

Déclarations

Au nom du Groupe des États d’Afrique, M. KODJOVI DOSSEH (Togo) a d’emblée dénoncé la publication tardive des documents, au mépris de la résolution 67/246 par laquelle l’Assemblée générale a demandé que les rapports soient présentés au plus tard la dernière semaine d’octobre.  « Nous regrettons cette situation qui affecte la qualité de notre travail et appelons le Secrétaire général à prendre les mesures nécessaires pour y remédier. »  Le représentant a souligné la nécessité de doter les missions politiques spéciales de ressources suffisantes.  Il s’est dit vivement préoccupé par l’approche budgétaire parcellaire.  Le fait que les estimations des ressources pour la MANUA et la MANUL ne soient présentées que pour une période de six mois est « inacceptable », a-t-il dit, indiquant que toute proposition budgétaire devait couvrir les 12 mois de la période financière.  Toute entorse à cette règle doit s’expliquer sur des considérations techniques « solides » et sur les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  À ce stade, s’est-il agacé, aucune analyse comparative des dépenses pour 2014 et 2015 ne peut être effectuée.

Le délégué a prévenu que son Groupe demanderait un certain nombre de clarifications sur l’endroit où travaillent les envoyés spéciaux et leurs équipes.  Il s’est en effet dit préoccupé par les dépenses significatives découlant des changements constants des lieux, même s’il a dit en comprendre les raisons.  Soulignant que le Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine était une entité séparée, assumant des responsabilités éminentes, le délégué s’est étonné que le chef de ce Bureau n’ait pas encore été nommé alors que les ressources nécessaires ont été allouées par l’Assemblée générale.  L’arrangement existant qui veut que l’Envoyé spécial pour le Soudan et le Soudan du Sud assume cette tâche est préjudiciable à la bonne exécution des mandats des deux Bureaux, a-t-il dit.  En conclusion, M. Dosseh a souligné l’importance d’établir un compte spécial et distinct pour lesdites Missions afin de renforcer la transparence et la bonne gouvernance, la pratique actuelle relative aux missions politiques spéciales constituant, selon lui, « une distorsion » du budget ordinaire. 

Au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), Mme KAREN TAN (Singapour) a rappelé que les missions politiques spéciales sont créées pour régler des problèmes que d’autres ne sont ni désireux ni capables de régler.  Pour la quatrième année consécutive, nous examinons la question de ces missions qui n’ont toujours pas de compte distinct, a-t-elle dénoncé, en notant que si le budget biennal n’a presque pas augmenté, au cours de ces derniers exercices biennaux, la part des missions politiques spéciales n’a cessé de croître de manière exponentielle.  Elle s’est inquiétée de cette tendance qui montre que sans ces missions, le budget biennal 2016-2017 n’augmentera que de 0,1% alors que les missions politiques spéciales connaitront une hausse de 15% soit 160 millions de dollars par rapport à la période 2014-2015. 

Le budget ordinaire continue d’être plafonné mais l’augmentation exponentielle de la part des missions politiques spéciales signifie que d’autres piliers du travail de l’ONU dont le développement en souffriront, a insisté la représentante.  Notant que 33 des 35 missions politiques spéciales autorisées pour 2015 ont été créées par le Conseil de sécurité, elle a exhorté les membres permanents de cet organe à assumer une responsabilité financière particulière à l’instar de ce qui se fait pour le financement des opérations de maintien de la paix. 

Au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) Mme PAULA COTO-RAMIREZ (Costa-Rica), s’est tout d’abord dit déçue par les réticences de certaines délégations à œuvrer de manière consensuelle à l’amélioration des arrangements existants sur les missions politiques spéciales.  Elle a réitéré la préoccupation de la CELAC face à la « distorsion » que constitue le fait de financer ces missions à partir du budget ordinaire, sans compter la prévision selon laquelle leur part augmentera de 15,6% dans le budget 2016-2017.  Les arrangements financiers actuels sont « inadéquats », a-t-elle estimé, précisant qu’ils ne constituaient pas un socle satisfaisant pour des missions dotées d’un mandat qui est par nature « volatile ».  Les ressources de ces missions requièrent bien souvent une révision, s’est expliquée la représentante.

Elle a, en conséquence, appuyé la création d’un compte distinct pour une période annuelle courant du 1er juillet au 30 juin, et dont le financement serait comparable au financement des opérations de maintien de la paix.  La transparence et l’efficacité du processus budgétaire de l’Organisation en sortiraient renforcées, a-t-elle assuré.  Elle a tenu à souligner le lien qui existe entre la responsabilité spéciale des membres permanents du Conseil de sécurité s’agissant du maintien de la paix et de la sécurité internationale et leurs contributions au financement des activités de maintien de la paix, y compris les missions politiques spéciales. 

Mme YANERIT MORGAN (Mexique) a appuyé le travail exceptionnel des missions politiques spéciales et a estimé que le meilleur service qu’on puisse rendre est d’examiner sérieusement leurs besoins liés à des mandats « de plus en plus complexes ».  Elle a jugé urgent d’établir un nouveau cadre de financement pour éliminer l’impact néfaste de ces missions sur le budget ordinaire.  La situation actuelle est « inacceptable » car elle entraine de graves distorsions dans le budget ordinaire et des effets néfastes sur les activités de développement.  La représentante a souligné que le processus budgétaire de ces missions ne suivait ni la logique ni le cycle du budget ordinaire biennal.  Elle a donc demandé, à son tour, la création d’un compte distinct et spécial pour les missions politiques spéciales conforme au cycle annuel allant du 1er août au 31 juillet, soit celui que l’on utilise pour les opérations de maintien de la paix.    

M. ALI MOHAMEED FAEQ ABDALAZIZ AL-DABAG (Iraq) a vivement regretté la publication tardive des documents relatifs aux missions politiques spéciales, même s’il a reconnu la charge de travail du Secrétariat.  Il s’est félicité du maintien de la MANUI et a promis le soutien total de son pays pour que cette dernière s’acquitte au mieux de son mandat.

M. HIROSHI ONUMA (Japon) a dit s’attendre en 2015 à un budget total de 612 millions de dollars pour les missions politiques spéciales.  Le Japon estime, a prévenu le représentant, que les budgets 2014 et 2015 ne doivent pas dépasser le montant de 1,8 milliard dollars.  Or, nous voyons déjà un dépassement de 164 millions de dollars par rapport aux fonds agréés pour ces deux années, s’est agacé le représentant. 

Les demandes sont variées en matière de paix et de sécurité et l’ONU devrait utiliser la meilleure configuration des outils dont elle dispose y compris les opérations de maintien de la paix, les missions politiques spéciales, les équipes pays des Nations Unies et les soutiens régionaux et bilatéraux.  Prenant en compte les forces et les faiblesses de chacun de ces outils, elle doit prendre les mesures qui conviennent le mieux à une situation donnée et pouvoir les adapter aux changements de manière opportune et sans heurt. 

Une telle approche, a expliqué le représentant, pourrait nous aider à définir avec précision la bonne taille d’une opération ou d’une mission et parvenir à une meilleure allocation des ressources humaines et financières déjà limitées.  Pour ce faire, le représentant a prôné une meilleure collaboration entre le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale.  Il s’est donc félicité de la création du Groupe indépendant de haut niveau du Secrétaire général chargé d’étudier les opérations de maintien de la paix.  Il a dit attendre du Groupe qu’il examine les méthodes en cours pour renforcer cette collaboration nécessaire à une utilisation plus efficace et plus transparence des outils de la paix et de la sécurité. 

Le représentant a dit craindre que la création d’un compte distinct pour les missions politiques spéciales n’affecte négativement la discipline fiscale à l’ONU et conduise à l’augmentation du budget ordinaire.

M. FERNANDO CARRERA CASTRO (Guatemala) s’est dit très préoccupé de voir que les ressources demandées pour le financement des missions politiques spéciales soient présentées aussi tardivement alors que nous constatons une augmentation « considérable ».  Cette hausse constante se traduit par une distorsion « grave » des priorités fixées par les États Membres.  L’heure est venue, s’est impatienté le représentant, de créer un compte distinct pour plus de transparence et de redevabilité dans le financement des missions politiques spéciales.  

M. JORGE ANTONIO GONZÁLEZ SÁNCHEZ (Cuba) a regretté, à son tour, la présentation tardive des documents relatifs aux missions politiques spéciales et prévenu qu’il demanderait une analyse détaillée de ces rapports.  « Il n’est plus possible de financer ces missions par le biais du budget ordinaire », a-t-il renchéri, ajoutant que ces dernières, qui sont créées par le Conseil de sécurité, devraient être financées comme les opérations de maintien de la paix.  « Ces missions représentent plus de 20% du budget ordinaire », a-t-il rappelé.  Il s’est également dit préoccupé par la manière dont ces missions sont créées: un simple échange de lettres entre le Secrétariat et le Conseil sans que l’Assemblée générale n’ait son mot à dire. 

Le représentant a déploré le manque de clarté s’agissant du financement des activités du Conseiller spécial pour la prévention du génocide.  Il ne s’agit pas de rejeter le travail du Conseiller, a-t-il assuré, en formulant néanmoins les mêmes observations pour le Conseiller spécial pour la responsabilité de protéger.  Il semble que les ressources de ces deux Conseillers sont « combinées », s’est-il étonné.  Il a d’ailleurs appelé le Conseiller spécial pour la responsabilité de protéger à ne pas outrepasser son mandat en se fixant des objectifs qui n’ont pas été approuvés par les États Membres.  L’Assemblée générale est la seule habilité à définir les contours de cette notion de responsabilité de protéger, a-t-il tranché.

M. BASHAR JA’AFARI (Syrie) a dit que son pays a toujours appuyé la mission de M. Staffan de Mistura pour lui assurer le succès dans la recherche d’une solution politique sans ingérence étrangère.  Le processus de réconciliation nationale avance dans de nombreuses régions en Syrie, a-t-il affirmé, en soulignant l’importance qu’il y a à accorder la priorité à la lutte contre le terrorisme et à la promotion du dialogue national.  Les élections de juin et juillet 2014 ont été l’occasion d’écouter les attentes de la population, s’est-il réjoui.  Le représentant a demandé que l’on supprime dans les rapports relatifs au Bureau de l’Envoyé spécial du Secrétaire général en Syrie, toute mention de la Ligue des États arabes ou autres organisations régionales.  L’Envoyé spécial ne représente que le Secrétaire général et l’ONU, a insisté le représentant.  La Ligue des États arabes ne saurait être partie prenante à la promotion du dialogue puisque deux de ses membres appuient « ouvertement » les terroristes dans la seule optique de provoquer un changement de régime en Syrie, s’est expliqué le représentant.   

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