Soixante-dix-huitième session,
65e séance plénière – matin
AG/12590

Diamants de guerre: l’Assemblée générale encourage le renforcement du Processus de Kimberley

Constatant que le commerce des diamants de la guerre demeure un sujet de grave préoccupation à l’échelle internationale, l’Assemblée générale a encouragé, ce matin, la poursuite du renforcement du Processus de Kimberley afin de le rendre mieux à même de résoudre les problèmes auxquels font face l’industrie diamantaire et les populations qui en dépendent, y compris les problèmes découlant de l’instabilité et des conflits. 

En adoptant par consensus sa résolution annuelle sur les diamants, facteurs de conflits, l’Assemblée générale entend également faire en sorte que le Processus de Kimberley garde toute son utilité à l’avenir et continue de contribuer à la paix et à la sécurité internationales et à la mise en œuvre du Programme 2030. 

Le Processus de Kimberley est une initiative tripartite unique qui rassemble des parties prenantes issues des gouvernements, des milieux industriels et de la société civile dans le but de prévenir l’entrée des diamants de la guerre sur le marché. Entré en vigueur le 1er janvier 2003, le Système de certification du Processus de Kimberley a pour ultime objectif d’exclure les diamants de la guerre de la chaîne de production, d’exportation et d’importation de diamants bruts. 

Le texte adopté a été présenté par le Zimbabwe, Président sortant du Processus de Kimberley. Faisant le point sur son mandat, il a relevé que la production totale de diamants en 2022 était d’un peu plus de 121 millions de carats et d’une valeur de plus de 16 milliards de dollars. Cette année-là, un total de 45 648 certificats d’importation ont été délivrés, ainsi que 46 089 certificats d’exportation, ce qui montre que le mécanisme fonctionne, s’est félicitée la délégation.  L’industrie du diamant continue de soutenir les moyens de subsistance de plus de 10 millions de personnes dans le monde et a le potentiel de résoudre certains des défis de développement, a-t-elle ajouté. 

Le Président sortant s’est également félicité de la décision prise en 2023 de créer un Secrétariat permanent du Processus à Gaborone, au Botswana.  Il a également évoqué la tenue, durant son mandat, des réunions intersessions et plénières du Processus qui se sont déroulées à Victoria Falls, respectivement du 5 au 10 mai 2023 et du 6 au 11 novembre 2023.  Lors de la 19e séance plénière du Processus, les participants se sont mis d’accord sur 98 des 99 recommandations, et par conséquent, aucun document final n’a été adopté, a-t-il rapporté. 

Pour la première fois dans son histoire, la plénière n’a pas réussi à produire un communiqué de consensus, a déploré l’Union européenne qui a appelé le Processus à s’engager dans un dialogue ouvert afin d’intégrer son mandat principal de prévention des conflits à la réforme en cours de son ordre du jour. 

Le Royaume-Uni a regretté que la dernière session n’ait pas permis de discuter du rôle des diamants exploités par la Fédération de Russie pour financer le conflit en Ukraine, tandis que les États-Unis ont exhorté à la réforme du Processus afin de rompre tout lien entre l’exploitation des diamants et les conflits armés. 

Regrettant elle aussi que le communiqué final de la session de novembre dernier n’ait pas été adopté, la Fédération de Russie a accusé les pays occidentaux de chercher à transformer le Processus en un instrument de pression sur les États souverains, en vue de le remplacer par un mécanisme discriminatoire et unilatéral émaillant du G7.  Tout cela ne fera que compliquer la lutte contre les diamants de la guerre, a prévenu la délégation qui a récusé toute politisation du Processus de Kimberley. 

Le Botswana a souligné pour sa part que le Processus a connu des progrès significatifs depuis sa création il y a plus de deux décennies.  Aujourd’hui, environ 99,8% de la production mondiale de diamants bruts est exempte de conflits, a relevé la délégation qui s’est félicitée des préparatifs en cours pour assurer le fonctionnement du Secrétariat permanent à Gaborone.  La République-Unie de Tanzanie a rappelé son engagement en faveur du Processus de Kimberley, notant que le continent africain est le plus touché par les conflits du fait de l’appât que suscitent ses innombrables ressources naturelles, y compris les diamants. 

Les Émirats arabes unis, qui prennent le relais du Zimbabwe à la présidence du Processus en 2024, ont présenté leurs trois objectifs principaux: rendre opérationnel le Secrétariat permanent à Gaborone; assurer l’examen et la réforme du Processus d’ici à la fin de l’année; et identifier des opportunités pour renforcer le Processus par le biais des technologies numériques. 

Au cours de cette séance, l’Assemblée générale a par ailleurs nommé la Barbade comme membre du Conseil du Cadre décennal de programmation concernant les modes de consommation et de production durables.  Son mandat qui prend effet ce jour arrivera à terme au 20 mars 2026.  La nomination de deux autres membres du Groupe Asie-Pacifique et un membre du Groupe des États d’Europe orientale se fera lorsque le Secrétariat recevra les candidatures desdits groupes. 

La prochaine réunion de l’Assemblée générale sera annoncée dans le Journal

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