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Soixante-dix-septième session,
8e & 9e séances plénières – matin, après-midi & soir
AG/12449

Assemblée générale: confrontés à des crises multidimensionnelles et interdépendantes, les dirigeants mondiaux alertent aussi sur le fléau du terrorisme

Au troisième jour de son débat général, l’Assemblée générale a entendu de nombreux dirigeants présenter les progrès accomplis par leurs pays dans un contexte international reconfiguré par trois crises majeures: l’accélération des changements climatiques; la guerre en Ukraine et ses ramifications sur les plans sécuritaire, alimentaire et énergétique; et la pandémie de COVID-19, qui continue de peser lourdement sur le relèvement des économies des pays en développement.  Mais un autre spectre s’est frayé, aujourd’hui, un chemin jusqu’à la tribune; celui du terrorisme.

Dans un contexte de polarisation extrême et de tensions internationales ravivées, les voix n’ont pas manqué pour réclamer une assistance du monde développé afin de pouvoir réaliser le Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Ainsi le Président du Botswana, M. Mokgweetsi Eric Keabetswe Masisi, et celui du Zimbabwe, M. Emmerson Dambudzo Mnangagwa, ont rappelé à quel point leurs pays étaient encore grevés par la pandémie, appelant l’Assemblée générale à tirer les leçons de celle-ci pour mieux être préparée à affronter les suivantes.

Le débat général d’aujourd’hui a d’ailleurs été l’occasion d’entendre les allocutions de nombreux chefs d’État et de gouvernement africains, notamment ceux du Soudan et du Soudan du Sud.  M. Abdel-Fattah Al-Burhan Abdelrahman Al-Burhan, le Président du Conseil souverain de transition du Soudan, a donné l’assurance que seraient établis un régime civil et une véritable démocratie dans le pays, après le retour au pouvoir de l’armée soudanaise le 25 octobre 2021.  Le Vice-Président du Soudan du Sud, M. Hussein Abdelbagi Akolthe, a déclaré de son côté que son pays est prêt, « à nouveau », à servir de médiateur dans le conflit actuel qui oppose l’armée soudanaise et les Forces de la liberté et du changement (FFC).

Le Président du Burundi, M. Évariste Ndayishimiye, a fait état des progrès accomplis par son pays, où règnerait une « justice équitable pour tous » et où les « droits humains, dont les droits d’expression et de la presse » seraient respectés.  Des développements positifs qui seraient ternis par la « politisation » qu’il attribue à certains organismes de l’ONU, en particulier le Haut-Commissariat aux droits de l’homme.  Le dirigeant burundais s’est en outre alarmé de l’avancée d’organisations terroristes dans la sous-région, une préoccupation qui a trouvé écho chez son homologue de Guinée-Bissau, qui a expliqué que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ne pourrait, à elle seule, neutraliser des groupes terroristes de plus en plus actifs en Afrique de l’Ouest et dans le Sahel.

Même son de cloche du côté du Président de la Somalie, M. Hassan Sheikh Mohamud, qui a dénoncé les agissements des Chabab, « affiliés à Al-Qaida et Daech », autant d’organisations qui instrumentalisent l’Islam pour persécuter les populations de son pays, de la Corne de l’Afrique et au-delà.  « Ces groupes ne sont pas des musulmans, ce sont des terroristes », a renchéri son homologue des Comores, M. Azali Assoumani.  Après avoir réaffirmé la détermination du Gouvernement fédéral de transition à « éradiquer » cette menace, le dirigeant somalien a cependant prévu qu’il ne serait pas possible d’y parvenir sans un financement prévisible de la part de la communauté internationale pour équiper et moderniser ses forces armées. 

Élargissant la focale, le Président du Niger, M. Mohamed Bazoum, s’est attardé quant à lui sur l’« écosystème de la violence », dans lequel de jeunes bergers des communautés les plus affectées par le dérèglement climatique succombent à un « effet d’aubaine » et développent des vocations terroristes, que seul le renforcement de la démocratie peut contrecarrer, selon lui.  Lui aussi a insisté sur la nécessité de renforcer les moyens de son armée nationale, déplorant les « lacunes considérables » de la communauté internationale en matière de lutte contre les trafics transsahariens de drogue et d’armes, via la Libye, qui bénéficient aux groupes terroristes.

Pour sa toute première intervention à la tribune de l’Assemblée, le nouveau Premier Ministre d’Israël, M. Yair Lapid, a alerté que deux menaces pèsent sur son pays, la désinformation dont il ferait l’objet, motivée par l’antisémitisme, et la menace nucléaire.

« Le chef d’orchestre de cette symphonie de la haine, c’est l’Iran », a accusé M. Lapid qui a rappelé que cet État a indiqué à maintes reprises vouloir la destruction totale d’Israël.  Fustigeant le « silence » de l’Assemblée générale à ce sujet, il a souligné que l’Iran est l’État fondateur du Hezbollah, le « plus grand groupe terroriste au monde », et finance le djihad islamique partout ailleurs.  Pour le Chef de Gouvernement israélien, la belligérance et les velléités nucléaires de Téhéran rendent nécessaire d’exercer une pression militaire pour contraindre les autorités iraniennes à négocier un accord.  Une chose est sûre, a mis en garde M. Lapid, Israël ne restera pas « les bras ballants » face à « ceux qui veulent nous détruire ».

Cette journée de débat a également été marquée par l’intervention de plusieurs dirigeants de petits États insulaires en développement, à commencer par le Président de Kiribati, M. Taneti Maamau, qui a fustigé le manque de solidarité de la communauté internationale face aux changements climatiques, regrettant que les objectifs fixés dans le cadre de l’Accord de Paris, y compris les engagements financiers, restent hors de portée.  Il s’est aussi inquiété de l’escalade de la concurrence géostratégique dans sa région, craignant que la coopération régionale soit de plus en plus dévoyée au service d’intérêts nationaux.

Le Président des États fédérés de Micronésie a exhorté, de son côté, les États-Unis et la Chine de mettre de côté leurs différends politiques et économiques pour travailler ensemble à la résolution de la crise climatique.  « Votre capacité à coopérer sur les changements climatiques sera nécessaire pour garantir à notre monde qu’il demeure habitable pour les générations futures et pour éviter un irréversible effondrement civilisationnel », a affirmé M. David Panuelo.

L’Assemblée générale poursuivra son débat général demain, vendredi 23 septembre, à partir de 9 heures.

SUITE DU DÉBAT GÉNÉRAL

M. MOKGWEETSI ERIC KEABETSWE MASISI, Président du Botswana, a présenté les progrès réalisés par son pays pour se relever de la pandémie de COVID-19.  Il a souligné que le Botswana est « une histoire de la sagesse de ses pères » qui ont saisi l’opportunité de la présence du diamant pour développer leur nation.  Pour faire avancer le pays, ils ont parié sur la démocratie et les droits humains et ont misé sur le développement, a-t-il expliqué en ajoutant que le Botswana fait maintenant face à une dépendance au diamant qui reste la principale ressource du pays.  Le Président a dit défendre le processus de Kimberley, arguant que lorsque la ressource est bien gérée, cela peut aider au développement.  Pour sortir de la pandémie, il a plaidé pour un accès universel aux vaccins, rappelant que la plupart des pays en développement n’ont pas pu vacciner 70% de leur population contre la COVID-19, comme le Botswana qui en est à 64%.  Il a recommandé d’élaborer un instrument international juridiquement contraignant pour réagir face aux futures pandémies.  Pour sa part, le Botswana a mis en place une usine de fabrication de vaccins et de traitements par l’immunothérapie, a-t-il fait savoir.

Afin d’atteindre le développement durable, un financement durable est nécessaire, a poursuivi M. Masisi en appelant les partenaires au développement à respecter leur engagement en matière d’aide et en insistant sur l’implication des populations.  Il a d’ailleurs salué leur adaptation à la numérisation des services publics au Botswana.  En tant que Président du Groupe des pays en développement sans littoral, le Chef de l’État du Botswana a attiré l’attention sur la question de tous les pays en situation particulière.  Il a appelé à lever les sanctions contre le voisin zimbabwéen, arguant que cela va contre la volonté internationale de réaliser les ODD.  Dans le contexte des changements climatiques, le Botswana a parié sur les énergies renouvelables, a-t-il dit, misant aussi sur le respect des engagements pris à Glasgow lors de la COP26.  Il a aussi indiqué que le Botswana a organisé une semaine d’adaptation aux changements climatiques du 22 au 26 août derniers et qu’il cherche à renforcer les processus d’adaptation.

S’agissant du conflit en Ukraine, le Président du Botswana a appelé les parties à chercher des solutions par la voie du dialogue.  Mentionnant la lutte contre l’extrémisme violent, il a rappelé que la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) reste mobilisée, comme elle l’a démontré avec le déploiement de forces armées au Mozambique.  Enfin, M. Masisi a souligné que par sa présidence du Conseil économique et social (ECOSOC) pendant la précédente session, le Botswana a soutenu le travail du Secrétariat de l’ONU.  Il a dit espérer que cet engagement permettra l’intégration des jeunes du Botswana dans le système onusien.

M. MOHAMED BAZOUM, Président du Niger, s’est inquiété des « preuves alarmantes » apportées par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui montrent que des points de bascule majeurs avaient peut-être déjà été atteints, voire dépassés.  Il a constaté que le dérèglement climatique exposait le continent africain à l’aggravation de l’insécurité alimentaire, au déplacement de populations et à des sécheresses récurrentes.  En vue de la COP27 qui aura lieu en Égypte en novembre, M. Bazoum s’est dit attaché à la proposition des négociateurs africains d’un nouvel objectif de 1 300 milliards de dollars de flux financiers d’ici à 2025 pour mieux faire face aux défis climatiques.  Il a souligné que la situation était particulièrement alarmante au Sahel et que le Niger accordait une attention particulière à l’initiative africaine de Grande muraille verte, qui s’inscrit dans le cadre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Constatant que la situation sécuritaire du Niger s’était considérablement dégradée ces dernières années, le Président a détaillé la progression du terrorisme dans la région.  Depuis la chute du régime libyen en 2011, l’absence de pouvoir stable a entraîné la création d’une plateforme du crime organisé transnational dans le sud du pays, déstabilisant l’ensemble du Sahel et de son voisinage.  Le Mali a succombé à cette violence générée à partir de la Libye et, selon lui, ne s’en est jamais véritablement remis, devenant à son tour un foyer d’incubation d’un terrorisme caractéristique d’un Sahel profondément affecté par les effets des changements climatiques sur l’élevage pastoral.  Un « écosystème de la violence », où les jeunes bergers des communautés les plus affectées par le dérèglement climatique succombent à un « effet d’aubaine » et développent des vocations terroristes, s’est mis en place, s’est-il inquiété.  Et le fléau s’est propagé vers le Niger et le Burkina Faso et tente désormais de s’étendre vers les pays du golfe de Guinée, faisant chuter au passage les gouvernements démocratiquement élus du Mali en 2020 et du Burkina Faso en 2022.  Dans ce contexte, M. Bazoum a estimé que la résilience de son pays prouvait que la voie la plus sûre pour conjurer les effets de la violence terroriste était de renforcer la démocratie.  Il a aussi insisté sur le besoin de renforcer les moyens de l’armée nigérienne et salué le soutien de la France, à travers l’opération Barkhane, ainsi que des États-Unis, de l’Allemagne et des autres pays engagés aux côtés du Niger.  Il a cependant dénoncé les « grandes lacunes » de la communauté internationales en matière de lutte contre les trafics transsahariens de drogue et d’armes, via la Libye, qui bénéficient aux groupes terroristes.

Le Président a ensuite noté que les défis de développement du Niger se résumaient en quelques statistiques démographiques, notamment un indice de fécondité de sept enfants par femme et un âge de première maternité inférieur à 15 ans pour la moitié des Nigériennes.  Estimant que ces données traduisaient la « faillite du système éducatif », notamment la difficulté d’accès des filles à ce dernier, il a souligné la volonté du pays de développer les infrastructures scolaires et d’améliorer la formation des enseignants.  M. Bazoum a souligné que le dérèglement climatique et la poussée démographique étaient les deux phénomènes structurels qui avaient, à la faveur de la crise libyenne, entraîné « la situation de chaos » qui affectait actuellement le Sahel et contre lesquels il convenait de lutter.

M. ADAMA BARROW, Président de la Gambie, a estimé que la crise du coût de la vie dans le monde est un rappel opportun du besoin d’une réponse immédiate pour alléger les souffrances et la pauvreté de nombreuses nations.  Il s’est félicité à cet égard de la création par le Secrétaire général du Groupe d’intervention mondiale face aux crises alimentaire, énergétique et financière.  En tant que pays en développement figurant parmi les plus durement touchés par les crises, nous sommes prêts à coopérer avec lui pour trouver de vraies solutions de secours, a-t-il dit, avant de remercier l’ONU pour son soutien aux efforts de consolidation et de réconciliation de la Gambie, passée d’un régime dictatorial à une véritable démocratie multipartite.  Après l’élection présidentielle de 2021 et les élections législatives de cette année, le pays prépare les scrutins locaux de 2023, a souligné le Chef d’État.  Malgré les défis liés à la chute du tourisme, à l’inflation, à l’insécurité alimentaire et énergétique et à une faible croissance, la Gambie a également lancé un nouveau plan national de développement 2022-2026, s’est-il enorgueilli.  Ce plan vise à progresser dans la réalisation du Programme 2030 de l’ONU et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, si possible avec l’aide de nos partenaires au développement, a indiqué le dirigeant, qui s’est fixé pour objectifs prioritaires la croissance économique, la consolidation de la démocratie, la lutte contre la pauvreté et la responsabilisation des femmes.

Pour M. Barrow, l’accélération du développement en Afrique exige de s’attaquer aux causes sous-jacentes de l’insécurité et du sous-développement.  Faisant observer à ce propos que les gouvernements africains se sont engagés à faire taire les armes à feu sur le continent, il a demandé à la communauté internationale d’appuyer les efforts de l’Union africaine, en l’aidant à se doter d’équipements adéquats et à jouer pleinement son rôle pacificateur.  Il a également rappelé que son pays contribue de longue date aux opérations de maintien de la paix de l’ONU.  À ce titre, il a salué le renforcement de l’Action pour le maintien de la paix et a assuré que la Gambie continuera à améliorer les capacités de ses soldats et policiers de la paix grâce à une formation avant déploiement.  Il a cependant souhaité que des mandats réalistes leur soient confiés, compte tenu des attaques fréquentes que subissent les Casques bleus dans leurs zones de mission.  Pour finir, il estimé que les conflits en cours sur son continent, en particulier au Sahel, en Libye, au Sahara occidental et dans la Corne de l’Afrique, nécessitent une attention internationale urgente.

M. RASHAD MOHAMMED AL-ALIMI, Président du Conseil présidentiel du Yémen, a rappelé que son pays est entré dans la neuvième année de son conflit, dénonçant les agissements des milices et des groupes terroristes.  Il s’est cependant félicité du soutien et de l’unité de la communauté internationale sur la question yéménite, comme en ont témoigné le plan de transfert de pouvoir basé sur l’initiative du Conseil de coopération du Golfe et son mécanisme exécutif en 2011, et le début de la Conférence du dialogue national qui s’est achevée en janvier 2014 avec la participation de toutes les puissances et composantes du Yémen, y compris les houthistes.  Elle avait abouti à un document de référence garantissant une large participation populaire, la réalisation des aspirations yéménites à la démocratie, à la justice et à l’égalité citoyenneté, ainsi que la préservation des droits des groupes vulnérables et la liberté de culte, a-t-il détaillé.

« Mais ce rêve n’a pas duré longtemps », car les milices terroristes houthistes se sont retournées contre le consensus national ayant émergé de ce dialogue global, a-t-il déploré.  Ce fut le début de cette guerre de longue durée, qui a coûté la vie à des centaines de milliers d’âmes et provoqué le départ de centaines de milliers de réfugiés ainsi que le déplacement de plus de quatre millions de personnes.  Le Président a également fait état d’inondations et de sécheresses dues aux changements climatiques, qui ont entraîné morts et destructions chaque année.

Depuis le 7 avril dernier cependant, a poursuivi M. Al-Alimi, « une nouvelle ère a commencé » au Yémen avec la formation du Conseil de direction présidentiel en tant que seul organe représentant légitime du peuple yéménite.  Au cours des six derniers mois, il a étroitement coopéré avec la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et les partenaires régionaux et internationaux, pour mettre en œuvre le programme de réformes institutionnelles et améliorer la fourniture des services de base, ainsi que pour juguler les effets de l’inflation aiguë et de la crise alimentaire mondiale.  Le Conseil présidentiel, s’est-il félicité, a reçu un généreux soutien du Royaume d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis d’un montant de 1 milliard de dollars chacun.  Il a aussi cité le soutien de Ryad au plan de réponse humanitaire d’un montant de 300 millions de dollars, et la mise en œuvre de projets de services urgents pour la ville d’Aden et d’autres localités, d’une valeur supérieure à un demi-milliard de dollars.

Il sera également important d’investir dans des projets générateurs de revenus durables, de soutenir la monnaie nationale et de contrôler les prix de articles de première nécessité, dont la réduction contribuera à mieux répondre à l’augmentation de la faim, a encore fait observer le Président du Conseil présidentiel.  M. Al-Alimi a ensuite appelé les milices houthistes à assumer leurs responsabilités pour empêcher qu’une marée noire ne se produise en mer Rouge en raison de l’état de détérioration du pétrolier SAFER, qu’elles contrôlent.  M. Al-Alimi a enfin appelé les États Membres à adhérer à l’embargo sur les armes et à contrer l’influence iranienne qui déstabilise la région en empêchant ce pays de fournir à ses milices des missiles balistiques et des drones, qui sont utilisés pour commettre des « actes de terrorisme » contre des civils au Yémen et dans le reste de la région.

M. TANETI MAAMAU, Président, Chef du Gouvernement et Ministre des affaires étrangères et de l’immigration de Kiribati, s’est félicité de l’inclusion sans précédent des États Membres sous-représentés, notamment les petits États insulaires en développement (PEID), au sein des institutions des Nations Unies, saluant les efforts en ce sens de M. Abdulla Shahid, Président de soixante-seizième session de l’Assemblée générale.  Il a aussi salué l’établissement du bureau multipays de l’ONU pour la région du Pacifique Nord comme un symbole du rapprochement entre l’Organisation et les populations concernées. 

Rappelant que la zone océanique de Kiribati est suffisamment grande pour contenir l’ensemble de l’Europe, M. Maamau a insisté sur le besoin de protéger la santé des océans et de se préoccuper du sort des populations ayant été exposées aux effets des essais nucléaires sur l’île Christmas.  Il s’est félicité du rôle de chef de file joué par Kiribati et le Kazakhstan dans la rédaction des articles 6 et 7 du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, relatifs à l’assistance aux personnes et aux environnements endommagés par les essais nucléaires.  Il a exposé deux initiatives proposées par son pays et reflétées dans le Programme d’action de Vienne en faveur des pays en développement sans littoral: la création d’un fonds d’affectation spéciale volontaire pour aider les pays, les communautés, les personnes et les environnements lésés par les essais nucléaires, et la création d’un conseil scientifique consultatif pour effectuer les recherches nécessaires au traitement des problèmes de santé et d’environnement causés par les essais nucléaires.  « L’humanité devrait être libérée maintenant et pour toujours des essais et de l’utilisation des armes nucléaires! » s’est-il exclamé, précisant que Kiribati avait décidé d’inviter les Nations Unies à utiliser l’île de Kiritimati comme centre mondial ou régional pour les recherches antinucléaires et les programmes et activités connexes.

Évoquant les changements climatiques, le Président a fustigé « un manque de solidarité » de la communauté internationale, regrettant que les objectifs fixés dans le cadre de l’Accord de Paris, y compris les engagements financiers, restent hors de portée.  Il s’est aussi inquiété de l’escalade de la concurrence géostratégique dans sa région, craignant que la coopération régionale soit de plus en plus dévoyée au service d’intérêts nationaux.  M. Maamau a regretté que la culture et les valeurs traditionnelles de Kiribati soient « opprimées par une pensée néocoloniale ».  Il a dénoncé « un système de pensée globale qui reste imprégné d’un héritage de destruction environnementale dont nos peuples ont maintenant hérité », citant en exemple l’exploitation minière de l’île de Banaba.

M. EMMERSON DAMBUDZO MNANGAGWA, Président du Zimbabwe, a déclaré que face à la « triple crise des C », COVID-19, conflits et changements climatiques, la communauté internationale doit renforcer le multilatéralisme et la solidarité.  Il a souhaité que les leçons de la pandémie inspirent l’Assemblée générale afin qu’elle déploie des capacités multidimensionnelles qui permettraient de soutenir la réponse collective aux futures pandémies et à d’autres défis.  Il a indiqué qu’en dépit des sanctions économiques illégales qui frappent le Zimbabwe, le pays a pu lutter efficacement contre la pandémie de COVID-19 en s’appuyant sur ses ressources internes et ses capacités.

Le Président du Zimbabwe a assuré que le pays entend mettre fin à la pauvreté et la faim.  À cet effet, a-t-il précisé, le Gouvernement a fourni des intrants agricoles, des équipements et un soutien technique en faveur des agriculteurs.  Ces mesures ont permis de réaliser la sécurité alimentaire nationale, même si à la moitié de l’année 2022, la sécheresse et les cyclones tropicaux ont réduit la performance du secteur agricole national.  Dans ce contexte, le Président a déploré le fait que le financement climatique reste inadéquat, ce qui ne donne pas des coudées franches aux pays en développement pour assurer leur transition vers des sources d’énergies renouvelables.  Il a expliqué également que, pour réduire la dépendance du secteur agricole aux pluies, le Gouvernement a établi un programme visant à augmenter le nombre de barrages dédiés à l’irrigation.  Des projets dans le domaine des infrastructures sont d’ailleurs menés pour les barrages, les routes et les usines de production d’énergie, qui ont élargi les capacités économiques du pays, tout comme sa productivité.

Par ailleurs, M. Mnangagwa a dénoncé un système financier international injuste.  De même, le commerce international, sous l’égide de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), demeure largement injuste à l’égard des pays en développement, a-t-il ajouté, en voyant dès lors la zone de libre-échange africaine comme une panacée pour le continent.  Pour ce qui est du Zimbabwe, les citoyens bâtissent le pays « pierre par pierre », avec le soutien des amis et partenaires, et ce, malgré les effets néfastes des sanctions illégales qui freinent le progrès du pays.  Le Président a affirmé que le Zimbabwe est un pays pacifique qui entend être « ami de tous et ennemi de personne ».

M. ÚMARO SISSOCO EMBALÓ, Président de la Guinée-Bissau, a constaté que le contexte international ne favorise pas une pleine mise en œuvre des objectifs de développement durable par son pays, en raison des répercussions de la guerre en Ukraine, notamment dans les secteurs énergétique et agricole.  En outre, les États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dont la Guinée-Bissau assure actuellement la présidence, sont confrontés à des défis sécuritaires considérables, provoqués par le terrorisme, l’extrémisme violent et la criminalité transnationale, a relevé le Chef d’État.  Malgré le cadre politique et juridique dont elle dispose, ainsi que ses mécanismes structurels pour prévenir et résoudre les crises politiques et institutionnelles, la CEDEAO a besoin de l’aide internationale pour stopper l’avancée du terrorisme en Afrique de l’Ouest et dans toute la région du Sahel, a-t-il souligné.

Rappelant qu’il venait d’être choisi pour présider l’Alliance des leaders africains contre le paludisme (ALMA), M. Embaló a rappelé que 96% des cas de paludisme dans le monde et 98% des décès dus au paludisme surviennent en Afrique.  Il s’est désolée que le continent n’ait pas atteint l’objectif fixé, à savoir réduire de 40% l’incidence et la mortalité dues au paludisme d’ici à 2020.  « Par conséquent, plus que jamais, nous devons adopter des mesures pour protéger tout le monde, partout, contre les maladies infectieuses », a-t-il conclu, appelant tous les pays, gouvernements, donateurs et partenaires de développement à contribuer à la reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le paludisme.  Après avoir demandé la levée du blocus américain imposé à Cuba, le dirigeant a réaffirmé la disposition de la Guinée-Bissau à participer activement à la consolidation du multilatéralisme et à la promotion du dialogue et de la coopération entre les nations et les peuples.

M. AZALI ASSOUMANI, Président de l’Union des Comores, a évoqué un moment « particulièrement délicat » de la vie de la communauté internationale, confrontée la pandémie de COVID-19 et l’invasion de l’Ukraine, qu’il a fermement condamnée, ainsi qu’à ses conséquences sur la sécurité alimentaire mondiale.  Balayant une série de questions internationales, il a appelé à la création d’un État palestinien et réaffirmé son soutien à la « marocanité du Sahara », appelant au dialogue entre Rabat et Alger.  Il a estimé que la Chine devait recouvrer sa souveraineté sur la « province chinoise de Taïwan ».  M. Assoumani a aussi noté que des perspectives nouvelles de dialogue s’ouvraient avec la France sur le dossier douloureux de la souveraineté sur « l’île comorienne de Mayotte ».

Abordant la situation au Sahel, le Président a averti du risque de laisser s’installer un foyer tension offrant un terreau fertile au terrorisme international, s’inquiétant de l’évolution déjà constatée dans la Corne de l’Afrique, et réaffirmant le soutien de son pays au Mozambique.  « Ces groupes ne sont pas des musulmans, ce sont des terroristes! » a-t-il affirmé, estimant qu’ils étaient alimentés par les frustrations d’une jeunesse en mal d’avenir.  Il a rappelé aux grandes puissances que si leur appui était capital pour contribuer au développement économique et social des États menacés, cet appui devait aussi répondre aux aspirations des peuples bénéficiaires.

M. Assoumani s’est inquiété des changements climatiques qui affectent particulièrement les petits États insulaires en développement qui doivent aussi affronter une série de phénomènes dangereux.  Il a notamment cité la piraterie, la pollution, la pêche illicite, le pillage des ressources maritimes, le trafic humain et le trafic de drogues, appelant à accorder la plus haute attention à ces questions.

Le Président a affirmé que son pays avait renoué avec la paix et la stabilité depuis une vingtaine d’années, estimant que son salut résidait dans une société apaisée et de plus en plus inclusive.  Il s’est félicité de l’organisation d’un dialogue politique national en février dernier et déclaré que son pays collaborait étroitement avec les autorités régionales et internationales sur la question des droits humains qui constituait « une priorité nationale ».  Il a ensuite annoncé l’organisation, en décembre prochain, d’un séminaire de suivi à la Conférence des partenaires pour le développement des Comores, qui s’est tenue en France en 2019.

M. GEORGE MANNEH WEAH, Président du Libéria, a estimé que les défis auxquels le monde est confronté aujourd’hui nécessiteront des actions mondiales collectives, avec les Nations Unies au centre de la recherche de solutions.  Dans ce contexte, il faut tenir compte des besoins des pays en développement, en particulier, les pays les moins avancés, a-t-il plaidé, conformément au Programme d’action de Doha en faveur de ces pays pour la décennie 2022-2031.  Compte tenu de la part des jeunes dans la population du Libéria (plus de 60%), le Gouvernement a lancé un programme de réhabilitation et d’autonomisation socioéconomique, favorisant la mise en œuvre de projets portés par les jeunes défavorisés entre 2019 et 2021, a indiqué le Président pour qui, quand les jeunes sont responsabilisés, ils constituent « une force positive pour le bien ».  De même, en tant que féministe, le Chef d’État du Libéria a dit parier sur l’autonomisation des femmes et la promotion de l’égalité des sexes.  Il a également parlé de la collaboration du Libéria avec l’ONU et l’Union européenne (UE) qui vise à mettre fin aux pratiques traditionnelles néfastes contre les femmes et filles et à promouvoir leur santé et leurs droits sexuels et reproductifs.  En outre, le Gouvernement libérien met actuellement en œuvre un projet de 50 millions de dollars financé par la CEDEAO pour renforcer les capacités des femmes entrepreneures.

M. Weah a affirmé que le développement durable ne peut avoir lieu que dans un climat pacifique et un environnement sécurisé.  C’est pourquoi le Libéria est fier d’être un pays contributeur de troupes aux missions de maintien de la paix de l’ONU, a-t-il dit.  Il a fait remarquer qu’après de nombreuses années de troubles civils, le Libéria devient un bastion de la paix et un refuge de la démocratie.  Selon lui, c’est parce que le pays a pris des mesures au cours des dernières années pour construire et renforcer les institutions démocratiques, telles que la presse et le pouvoir judiciaire.  « Je suis fier de dire que, depuis le début de mon administration jusqu’à date, il n’y a pas de prisonnier politique au Libéria. »  Le Président a indiqué que les élections présidentielle et législatives d’octobre 2023 seront cruciales pour consolider la démocratie dans le pays.  Par ailleurs, M. Weah a appelé à protéger la planète ainsi qu’à garantir et maintenir la paix, la sécurité et la stabilité mondiales.

M. HASSAN SHEIKH MOHAMUD, Président de la Somalie, a déclaré que le monde est en train de se remettre des conséquences sanitaires et économiques de la pandémie de COVID-19, qui a mis en lumière de manière tragique les disparités entre pays développés et pays en développement dans leurs capacités à se relever de la crise.  Pour lui, la communauté internationale est arrivée à un tournant, le système multilatéral devant trouver des solutions transformatrices.  En Somalie, le Gouvernement fédéral de transition œuvre d’arrache-pied à une transition après 20 années de crises multiples, exacerbées par une sécheresse régionale qui menace les moyens de subsistance de l’une des communautés les plus vulnérables du monde.  Le dirigeant a appelé tous les partenaires à fournir une assistance sur le long terme.  Et, devant l’accélération de la crise climatique, les autorités somaliennes prennent la protection de l’environnement très au sérieux, a-t-il ajouté.

Dénonçant ensuite les groupes terroristes, qui « méprisent la valeur humaine », M. Mohamud a affirmé qu’ils doivent être absolument « vaincus ».  Il s’en est pris aux Chabab, « affiliés à Al-Qaida et Daech », des organisations qui se servent de l’Islam pour persécuter les populations de la sous-région.  Les Chabab ont fait récemment exploser des bassins hydrographiques et des puits dans des régions où les populations sont déjà confrontées à la sécheresse, a-t-il déploré.  Il a assuré que le Gouvernement fédéral de transition s’efforce de lutter contre eux dans les villes où cette organisation sévit toujours.  Rien que le mois dernier, davantage de villes et villages ont pu être libérés, s’est-il réjoui.  Le Président s’est d’ailleurs engagé à moderniser ses forces armées pour y parvenir, car la sécurité nationale et régionale est la première condition d’un progrès et d’un développement réussis, a-t-il fait observer.  Mais, sans un financement prévisible de la part de la communauté internationale, il ne sera pas possible de mettre en œuvre des solutions transformatrices, a prévenu M. Mohamud, qui a aussi souligné la nécessité de promouvoir les investissements du secteur privé et la responsabilité sociale des entreprises, sous peine de ne pas pouvoir réaliser les ODD.

M. EVARISTE NDAYISHIMIYE, Président du Burundi, a déclaré que son pays marche bien dans la voie vers son développement socioéconomique.  Il a sollicité l’implication des Nations Unies pour traquer les groupes terroristes qui commencent à s’infiltrer dans sa sous-région, avant d’aborder la question du développement socioéconomique, expliquant que le Burundi, la République démocratique du Congo (RDC) et la République-Unie de Tanzanie travaillent étroitement pour réaliser le projet ambitieux de chemin de fer Uvinza-Musongati-Gitega-Bujumbura-Uvira-Kindu devant relier les trois pays.

Le Chef d’État a ensuite affirmé qu’une justice équitable pour tous est aujourd’hui une réalité, et que les droits de l’homme, dont le droit d’expression et de presse, sont respectés sur toute l’étendue du territoire burundais.  Mais malheureusement, certains fonctionnaires, portant le flambeau de certaines institutions de notre organisation découragent ce développement positif par la politisation de la démocratie et de la lutte contre l’impunité, a-t-il dénoncé, déplorant que, quand la démocratie telle qu’elle est définie s’enracine, certains fonctionnaires des Nations Unies la dénaturent en la qualifiant d’incrédible et de non inclusive.  Le Président a ainsi jugé grand temps que le Haut-Commissariat aux droits de l’homme s’asseye ensemble avec « nos pays » pour avoir une lecture commune de la direction des politiques, au lieu de vouloir téléguider ses actions à travers des Commissions et Bureaux des Rapporteurs spéciaux.  Le moment est venu pour que les Nations Unies comprennent que le statut de pays fragile ne s’applique plus au Burundi, a-t-il tranché.

Passant à l’éducation, M. Ndayishimiye a indiqué que les abandons scolaires au niveau de l’enseignement de base souvent liés à l’insuffisance alimentaire, à l’éloignement des écoles et au manque de frais scolaires ont sensiblement diminué.  Il a parlé de la mise en place d’un programme ambitieux d’autonomisation économique et d’emplois des jeunes (PAEEJ), ainsi que de la création de la Banque d’investissement pour les femmes.  L’urgence se trouve en même temps dans la lutte contre les effets dévastateurs de la pandémie de COVID-19, a-t-il enchaîné, avant d’appeler les partenaires au développement à accompagner les économies des États africains durement affectées par les effets des différentes crises actuelles.

Le Chef d’État a ensuite fait savoir que le développement économique du Burundi passe par le développement du secteur agricole en incitant la population à ne pas se contenter de produire pour consommer localement mais « aussi et surtout » pour l’exportation.  Outre des travaux de protection, de conservation et de gestion de l’environnement, le Burundi mise sur la résilience contre les changements climatiques, a-t-il dit, citant le projet de reboisement Ewe Burundi Urambaye.  Le Gouvernement burundais a aussi entrepris un vaste chantier de développement du secteur énergétique et veut également développer un partenariat technique et financier dans le domaine de la prospection, de l’exploitation et de la transformation des produits miniers et géologiques.  Enfin, après avoir évoqué le renforcement des Mécanismes nationaux de lutte contre la corruption, le Chef d’État a informé les investisseurs que le littoral du Lac Tanganyika est en train d’être aménagé pour développer le tourisme.

M. ABDEL-FATTAH AL-BURHAN ABDELRAHMAN AL-BURHAN, Président du Conseil souverain de transition du Soudan, a passé en revue les derniers développements politiques au Soudan, rappelant l’objectif d’établir un régime civil et une véritable démocratie.  Il a rappelé que les forces armées avaient annoncé, le 4 juillet 2022, leur retrait du dialogue national, laissant la place aux civils.  M. Al-Burhan a aussi réitéré la volonté du Soudan de coopérer avec la Mission intégrée des Nations Unies pour l’assistance à la transition au Soudan (MINUATS) et avec la Force intérimaires de sécurité des Nations Unies pour Abyei (FISNUA).  Il a affirmé que le Conseil souverain de transition avait fourni tout le soutien nécessaire au mécanisme tripartite, qui réunit la MINUATS, l’Union africaine (UA) et l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) de l’Afrique de l’Est, en vue de faire avancer le dialogue national, regrettant que les discussions n’aient pas abouti.  Il a appelé toutes les parties impliquées à préserver la paix au Darfour, conformément à l’Accord de Djouba.

Le Président a souligné les efforts de son pays pour promouvoir la paix au Soudan du Sud, en Somalie et en République centrafricaine et salué sa bonne collaboration avec ses voisins tchadien et libyen.  Il en a appelé à l’aide de tous ses partenaires pour mettre en œuvre le Programme d’action d’Addis-Abeba issu de la troisième Conférence internationale sur le financement du développement, estimant que le Soudan devrait pouvoir bénéficier des avantages accordés aux pays pauvres très endettés, ayant mis en place toutes les législations nécessaires à la remise de sa dette.  Il a également demandé un soutien international pour la création d’un centre pour les recherches agricoles afin de faire face aux défis des changements climatiques.  Rappelant que le Soudan avait ouvert ses portes à quatre millions de réfugiés venus des quatre coins du continent malgré des ressources très limitées, M. Al-Burhan a sollicité l’aide de la communauté internationale pour faire face aux difficultés causées par les crises mondiales qui s’accumulent ces dernières années.  Il en a appelé de ses vœux une réforme du Conseil de sécurité, sur la base de la proposition de l’UA, s’élevant notamment contre les libellés unilatéraux et l’hégémonie des pays porte-plumes.

M. YAIR LAPID, Premier Ministre, et Ministre des affaires étrangères d’Israël, a rappelé que lorsque l’Assemblée général se prononçait, en novembre 1947, sur la création d’un État juif, seuls quelques milliers de Juifs résidaient en Israël dans un environnement hostile, dévastés au lendemain de l’Holocauste.  Soixante-quinze ans plus tard, Israël est une démocratie robuste, fière et prospère.  Une nation qui a réalisé bien des avancées dans le domaine scientifique, figure parmi les premiers en matière d’énergies renouvelables et compte 13 lauréats du prix Nobel, en économie mais aussi de la paix.

Affirmant que son pays a fait choix de la paix face à la guerre, il a parlé du récent Sommet de Néguev, qui a réuni six pays (Israël, États-Unis, Égypte, Émirats arabes unis, Bahreïn et Maroc), une idée inimaginable, il y a deux ans seulement.  Il a relaté que, pendant le déroulement de ce Sommet, un attentat terroriste a été perpétré à Tel Aviv dans l’objectif de saper cette rencontre.  Cinq heures plus tard, les participants au Sommet ont publié une déclaration conjointe condamnant cette attaque, consacrant la conviction qu’il existe une autre solution.  Le Sommet s’est poursuivi et des accords ont été conclus dans plusieurs domaines, de même que des groupes de travail, qui, a-t-il affirmé, changent la face du Moyen Orient.  Le Premier Ministre a ensuite invité les peuples à regarder à l’horizon et se demander qui réussit.  Ceux qui font le choix de la paix ou ceux qui optent pour la guerre?  Ceux qui investissent dans leur peuple ou ceux qui choisissent d’investir dans la destruction d’autrui?

M. Lapid a affirmé qu’en Israël, juifs, musulmans et chrétiens vivent côte à côte sur un pied d’égalité.  Il a indiqué que le Gouvernement qu’il dirige comprend des Ministres arabes, que des juges arabes sont représentés à la Cour suprême et qu’un parti arabe est membre de sa coalition.  Les Arabes israéliens ne sont pas nos ennemis, ils sont nos partenaires au quotidien, a-t-il dit, s’enorgueillissant de la mosaïque de culture qui caractérise son pays.

Pour autant, il existe deux menaces majeures qui pèsent sur notre pays, a-t-il regretté, citant la menace nucléaire et le rejet de la vérité.  Il s’est érigé contre le poison du mensonge et de la désinformation qui sapent « notre perception de la réalité ».  Il a accusé le mouvement anti-israélien d’investir des milliards de dollars pour détourner et modifier la réalité, évoquant notamment la circulation de fausses photos.  Pourquoi défendez-vous des islamistes qui pendent des homosexuels depuis des grues? s’est-il insurgé.  Décriant les mensonges proférés à l’encontre d’Israël, il a souligné que l’antisémitisme c’est la volonté de croire le pire au sujet des Juifs et de juger Israël de façon différente par rapport aux autres pays.

Le chef d’orchestre de cette symphonie de la haine, c’est l’Iran qui hait sa propre population et maintient en joug sa jeunesse, a accusé M. Lapid qui a noté que cet État a indiqué à maintes reprises qu’il souhaite la destruction totale d’Israël.  Et, l’Assemblée générale se tait.  « Mais de quoi avez-vous peur? », s’est-il écrié, notant que l’Iran est l’État fondateur du Hezbollah, le plus grand groupe terroriste au monde, et finance le djihad islamique à travers le monde.  Prédisant que le régime iranien fera usage de l’arme nucléaire s’il parvient à mettre la main dessus, le Premier Ministre a estimé que le seul moyen de l’en empêcher est de faire peser une véritable menace militaire.  Ce n’est que de cette façon qu’un véritable accord pourra être négocié avec l’Iran, a-t-il soutenu.  Si l’Iran ne renonce pas, le monde ne réagira pas par des paroles mais par la force militaire, a-t-il affirmé.  Mais aujourd’hui, le monde choisit la facilité et de ne pas croire au pire. Pour sa part, a-t-il ajouté, Israël ne restera pas les bras ballants face à ceux qui veulent nous détruire.

Affirmant aspirer à la paix avec les Palestiniens, M. Lapid a ensuite estimé qu’un accord avec les Palestiniens fondé sur la solution des deux États est la bonne solution pour la sécurité d’Israël, son économie, et « l’avenir de nos enfants ».  La paix n’est pas une solution de compromis, ni un aveu de faiblesse et malgré tous les obstacles qui s’élèvent à nous aujourd’hui, une vaste majorité d’Israéliens appuient l’idée des deux États et « j’en fait partie! ».  Le Premier Ministre a toutefois posé une seule condition: que le futur État palestinien soit un état pacifique et ne devienne pas un havre pour les terroristes.  Israël a fait tout ce que le monde a exigé de nous en démantelant les colonies et les bases militaires.  Il s’est dit prêt à lever les restrictions contre Gaza « dès demain » et à appuyer la reconstruction de la bande, à conditions que les tirs de roquettes et de missiles cessent.  Déposez les armes, il n’y aura plus de restrictions et nous pourrons construire cet avenir ensemble, a-t-il exhorté, soulignant qu’Israël est un pays qui tient ses promesses.

M. JAMES MARAPE, MP, Premier Ministre de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, a mis l’accent sur le potentiel agricole de son pays pour lutter contre l’insécurité alimentaire à travers le monde.  Illustrant son propos, il a indiqué que son pays ne comptait que huit millions d’habitants pour un territoire de 464 000 km2, soit l’équivalent des 377 975 km2 du Japon ou 300  000 km2 des Philippines beaucoup plus peuplés.  Il a expliqué que son gouvernement, en réponse aux préoccupations du Secrétaire général sur la sécurité alimentaire mondiale, s’est efforcé pour la première fois de contribuer à la résolution de ce problème imminent en mettant davantage l’accent sur le développement du secteur agricole.  Il s’est dit conscient que cette démarche offrira non seulement une source de revenus pour l’économie, mais aussi un canal pour autonomiser la majorité des communautés rurales grâce à l’introduction de méthodes agricoles innovantes dans la production de cultures, de bétail et de la volaille, tout en favorisant la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire.

Le Premier Ministre a aussi dit l’importance des océans en expliquant que la Papouasie-Nouvelle-Guinée, en tant que nation maritime, est fortement engagée à assurer que les zones maritimes restent sûres, sécurisées et pacifiques, dans l'esprit de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.  Notant que cet océan fournit des opportunités économiques inestimables, il a appelé les pays développés à aider la Papouasie-Nouvelle-Guinée à accéder aux ressources, à la recherche, à la science et à la technologie, et au financement pour renforcer la protection des océans et exploiter l’économie basée sur eux.  Il s’est ensuite félicité du succès de la deuxième Conférence sur les océans.

En ce qui concerne le processus de paix de Bougainville, le Premier Ministre a indiqué que son pays allait examiner toutes les questions selon les paramètres existants de sa Constitution, dans le souci de parvenir à une solution politique durable et pacifique acceptable par la population.  Il a remercié les Nations Unies pour leur rôle, se disant persuadé que le modèle mélanésien de résolution des conflits peut être reproduit dans d’autres pays en conflit.  En outre, M. Marape a souhaité rendre hommage à la mémoire de la Reine Elizabeth II qui était pendant 47 ans la Chef de l’État de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

M. IRAKLI GARIBASHVILI, Premier Ministre de la Géorgie, a rappelé qu’en 2008, son pays a été attaqué par la Fédération de Russie, entraînant l’occupation continue de 20% du territoire.  Il a estimé que les discussions internationales de Genève sont particulièrement cruciales pour amener la Fédération de Russie autour de la table et traiter de la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu de 2008 négocié par l’UE.  Il s’est félicité des avancées que connaît la Géorgie, classée au premier rang mondial en termes de transparence budgétaire par l’Open Budget Index, tandis que le rapport Economic Freedom of the World 2021 du Fraser Institute classe la Géorgie parmi les cinq premières économies, avec Singapour et la Suisse.  Nous poursuivons notre chemin sans équivoque vers l’Union européenne et l’intégration euro-atlantique, a-t-il ajouté, notant que la perspective d’adhérer à l’UE est une motivation forte pour son pays et ses citoyens.

En outre, les politiques judicieuses du Gouvernement ont entraîné une forte reprise après la pandémie de COVID-19, avec une croissance économique atteignant 10,4% en 2021 et dépassant de loin les attentes.  Selon le FMI, nos projections de croissance vont jusqu’à 9% pour 2022, a dit le Premier Ministre, principalement en raison des mesures proactives du Gouvernement pour minimiser les impacts de la reprise post-COVID et de la guerre en Ukraine.  M. Garibashvili a ensuite indiqué que depuis le début de la guerre, la Géorgie a fourni une aide humanitaire substantielle à l’Ukraine, ainsi qu’une aide financière et l’hébergement à plus de 32 000 Ukrainiens.  Malgré la situation complexe de notre région, nous ne ménageons aucun effort pour favoriser le rapprochement entre nos voisins, a ajouté le Premier Ministre qui a salué le retour sain et sauf de 15 détenus arméniens dans leur patrie en échange de cartes des territoires minés transmises à l’Azerbaïdjan.  En Géorgie, notre Gouvernement a par ailleurs réalisé d'importants investissements dans l’éducation, la santé publique, et l’environnement pour faire en sorte que les générations futures puissent prospérer, a conclu le Premier Ministre.

M. JONAS GAHR STØRE Premier Ministre de la Norvège, a souligné que la guerre menée par la Russie en Ukraine amplifie d’autres crises, tandis que 300 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire et de protection.  La Norvège, a-t-il indiqué, a alloué davantage de fonds à l’aide humanitaire et la coopération au développement en 2022 que jamais auparavant.  Nous prouvons que les démocraties ne sont pas « faibles » et en tant que premier fournisseur européen d’énergie, nous renforçons la résilience de l’Europe.

La Norvège poursuit aussi ses efforts de consolidation de la paix, ailleurs sur la planète, notamment au Moyen-Orient et en Colombie, a ajouté le Premier Ministre qui a souligné que son pays place, en tête de son programme de coopération au développement, la lutte contre les changements climatiques et la sécurité alimentaire.  Cette année, la Norvège alloue plus de 300 millions de dollars pour les seules initiatives de sécurité alimentaire.

Nous allons, a encore dit le Premier Ministre, honorer non seulement notre engagement à réduire nos émissions de gaz à effet de serre, mais aussi doubler notre financement climatique en faveur des pays en développement d’ici à 2026.  En tant que coprésidente de l’Alliance mondiale de l’énergie pour les hommes et la planète, la Norvège travaillera avec des partenaires du Sud pour soutenir la transition énergétique.

Une gestion « adéquate » des océans peut être un élément essentiel de la solution aux changements climatiques et à l’insécurité alimentaire, a estimé le Premier Ministre.  Dans cet esprit, les membres du Groupe de haut niveau pour une économie océanique durable, coprésidé par la Norvège, se sont engagés à gérer 100% des zones océaniques sous leur juridiction nationale de manière durable.  La Norvège s’efforcera en outre de garantir un accord efficace sur la lutte contre la pollution plastique par une approche fondée sur le cycle de vie.

La pandémie n’est pas terminée, a mis en garde le Premier Ministre : « nous ne pouvons pas passer de la panique à la négligence ».  Les leçons tirées de l’accélérateur ACT seront essentielles pour prévenir et répondre aux nouvelles épidémies.  Concluant, le Premier Ministre s’est réjoui que le Conseil de sécurité, dont la Norvège est actuellement membre, ait conservé sa capacité d’adopter des résolutions importantes.  Il s’est également félicité du rôle de son pays dans la sécurisation du golfe de Guinée ou encore au Niger et dans l’élaboration de la résolution relative à la protection de l’éducation dans les conflits armés.  Le Sommet de l’avenir prévu en 2024 constituera une étape importante et il faut espérer qu’il accouchera d’une déclaration « ambitieuse » sur les générations futures, a dit le Premier Ministre.

Mme MIA AMOR MOTLEY, Première Ministre et Ministre de la sécurité nationale, de la fonction publique, des finances, de l’économie et des investissements de la Barbade, s’est élevée contre ceux qui se plaignent du haut de cette tribune, au lieu de faire preuve de la volonté requise pour changer la donne.  Vouloir la paix, défendre et garantir la prospérité est certes un choix à opérer dans les circonstances les plus difficiles.  Mais, a estimé la Première Ministre, c’est possible.  Par exemple, nous parlons depuis longtemps de la réforme des Nations Unies, créées lorsqu’il n’y avait qu’un quart des États que nous connaissons aujourd’hui.  Le Président Joseph Biden l’a dit lui-même, a rappelé la Première Ministre: il faut réformer le Conseil de sécurité qui, a-t-elle fait observer, réserve toujours le droit de véto à une poignée de privilégiés.  Militant pour la suppression pure et simple de ce droit, la Première Ministre s’est ensuite tournée vers le G7 et le G20, « organes subsidiaires directeur de notre monde ».

Ces groupes, a-t-elle estimé, doivent comprendre qu’il ne suffit pas d’appeler année après année à l’intégration des petits pays et de ceux du Sud.  Il faut changer les choses et redonner son sens à l’équité et à la justice, au risque de voir une grande partie de la population mondiale perdre sa foi dans les institutions.  Parler de démocratie, c’est bien mais la transposer dans la communauté internationale, c’est mieux, a martelé la Première Ministre.

Ce n’est pas du romantisme mais une chose difficile à réaliser qui nécessite des décisions tout aussi difficiles.  Le monde doit être uni dans l’action, a-t-elle dit, pressant à la matérialisation des décisions sur la réforme, la paix et le règlement des conflits pour que les populations sortent enfin de la pauvreté, de la crise climatique, de la pandémie et de cette inflation qui contraint certains à prendre les choses en main comme c’est le cas en Haïti.

Il est inconcevable, s’est emportée la Première Ministre, de voir les prix du carburant augmenter de 150% et de ne pas s’attendre à une explosion de colère.  Qu’a-t-on fait pour Haïti?  Quid de la levée du blocus contre Cuba, en vigueur depuis 60 ans?  Renoncez, a-t-elle conseillé aux Américains, à votre « court-termisme », car rien ne saurait justifier les problèmes que vivent les Cubains pour une simple différence d’idéologie.  La Première Ministre a poursuivi en se demandant s’il n’est pas temps d’analyser les institutions de Bretton Woods qui ne servent plus les intérêts du XXIe siècle.  Venant aux changements climatiques, elle a prévenu que réfuter la nature humaine de la crise du climat, c’est être complice des morts et de la dégradation de l’environnement.  « Nos populations méritent mieux », a-t-elle tranché.

M. LAZARUS MCCARTHY CHAKWERA, Président du Malawi, a dit que son pays a rejoint la Feed the Future Initiative pour bénéficier de financements destinés à mettre en valeur les vastes terres arables du Malawi et les volumes d’eau douce qui permettront de développer des mégafermes.  Il a expliqué que cet effort du Malawi vise à participer à la lutte contre la crise alimentaire mondiale actuelle, en sortant en même temps des millions d’agriculteurs de la pauvreté.  Il s’est félicité que de nombreux investisseurs privés souhaitent se joindre à cette « révolution agricole qui s’annonce au Malawi », avant d’ajouter que la découverte du plus grand gisement de rutile au monde au Malawi annonce un essor imminent de son pays.  Après avoir indiqué l’ambition de son pays de réduire de moitié les émissions d’ici à 2040, le Président a demandé un soutien pour accompagner ses efforts de transition vers l’énergie verte et propre.  Il a aussi parlé des efforts déployés par le Malawi pour lutter contre la COVID-19, l’occasion de souligner l’importance cruciale du renforcement des systèmes de santé pour affronter les prochaines pandémies.  Cela implique des investissements dans les infrastructures de santé et dans la recherche, a-t-il dit, en se félicitant que six pays africains aient été choisis pour produire des vaccins à ARN messagers en Afrique.

S’agissant de la mise en œuvre des objectifs de développement durable (ODD), le Président du Malawi a indiqué que son pays a présenté deux examens nationaux volontaires, depuis 2020, pour renforcer ses dispositifs nationaux et rattraper les retards perdus durant la pandémie.  Notre approche collaborative nous permet d’être sur la voie de la réalisation de 60% des ODD, a-t-il fait valoir en indiquant aussi examiner le Plan-cadre de coopération des Nations Unies pour le développement durable pour la période 2024 à 2028 afin qu'il soit en phase avec les plans nationaux liés à la réalisation des ODD.  Après avoir souligné la valeur ajoutée du Programme d’action de Doha pour les pays les moins avancés (PMA) pour aider ces pays à mettre en œuvre les ODD en rattrapant le retard pris, il a invité les délégations, en tant que Président de la Cinquième Conférence des Nations Unies sur ces pays, à y participer à Doha, au Qatar, en mars 2023.  Il s’est dit persuadé que cet événement sera l’occasion de forger des partenariats en vue de trouver des solutions pour les pays vulnérables.  Par ailleurs, il s’est dit fier du rôle joué par le Malawi en tant que copionnier de l’Accord pour un monde en meilleure santé annoncé par Pfizer à Davos, il y a quatre mois, visant à apporter des médicaments de qualité à 1,2 milliard de personnes dans les pays à faible revenu. 

Associant le poids de la dette des pays les plus vulnérables à une forme d’esclavage, le Président du Malawi a rappelé que le Fonds monétaire international (FMI) a invité les « principaux prêteurs mondiaux » à soulager les pays vulnérables de la dette qui les enchaîne dans le contexte de chocs externes incessants et imprévus.  Dans ce contexte, il a félicité la Chine pour avoir respecté l’engagement pris, l’an dernier, lors du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) d’annuler les dettes de 17 pays africains.

 M. DAVID PANUELO, Président et Chef du Gouvernement des États fédérés de Micronésie, a attiré l’attention sur le fait que la menace la plus persistante pour la sécurité du Pacifique et du monde est le changement climatique anthropique.  À cet égard, il a exhorté les pays développés à renouveler leurs engagements au titre de l’Accord de Paris, et ce, en fournissant des financements adéquats et accessibles pour concrétiser les objectifs d’atténuation et d’adaptation et réparer les dommages déjà causés par les changements climatiques.  Sur ce dernier point, il a proposé que figure à l’ordre du jour de la COP27 la création d’un fonds d’intervention qui deviendrait opérationnel à la date de la COP28.  S’il a rappelé l’urgence de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degrés par le biais d’une réduction durable des émissions de gaz à effet de serre, il a souligné que les communautés les plus vulnérables doivent dès maintenant pouvoir compter sur l’aide internationale pour se reconstruire.

Il a ensuite indiqué que la recherche montre que les seuls efforts pour réduire le CO2 ne suffiront pas pour refroidir la planète à court terme, l’effort devant porter à long terme sur la réduction des émissions de méthane –le deuxième gaz à effet de serre le plus puissant- et de l’utilisation des polluants climatiques, sans quoi le monde ne sera pas en mesure d’atteindre l’objectif de ne pas dépasser la limite supérieure de 2 degrés au cours des deux prochaines décennies.  La Micronésie exhorte tous les pays à mettre en œuvre l’Engagement mondial sur le méthane pour réduire de 30% les émissions de ce gaz d’ici à 2030, a ainsi déclaré M. Panuelo.  Il a rappelé qu’à chacune de ses interventions à la tribune de l’Assemblée générale, il avait demandé aux États-Unis et à la Chine de mettre de côté leurs différends politiques et économiques pour travailler ensemble à la résolution de la crise climatique.  « Votre capacité à coopérer sur les changements climatiques sera nécessaire pour garantir à notre monde qu’il demeure habitable pour les générations futures et pour éviter un irréversible effondrement civilisationnel », a-t-il dit, en s’adressant aux Présidents Biden et Xi.  Enfin, il a jugé impératif que le Comité préparatoire chargé d’élaborer un instrument international juridiquement contraignant sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale achèvent rapidement ses travaux.

M. HUSSEIN ABDELBAGI AKOLTHE, Vice-Président du Soudan du Sud, a assuré que l’accord de paix revitalisé signé le 12 septembre 2018 entre le Gouvernement et les groupes d’opposition a mis fin au conflit interne au Soudan du Sud et que les parties restent attachées à sa mise en œuvre.  Grâce à une paix relative, les déplacés internes et les réfugiés sont retournés chez eux volontairement, bien qu’une réintégration plus formelle reste un défi en raison des ressources limitées.  Le Vice-Président a également annoncé que la structure de commandement des forces nationales unifiées a été arrêtée et qu’il s’agit d’une avancée majeure vers la transformation et la régularisation des forces.  De plus, les parties ont convenu d’une feuille de route pour finaliser les tâches restantes de l’Accord de paix, ce qui ouvrira la voie à des élections paisibles, libres, justes et crédibles à la fin de la période de transition en 2025.  Grâce à des actions réfléchies et ciblées, le Soudan du Sud a pu contenir la propagation de la COVID-19 et n’a compté que 17 513 cas confirmés et 138 morts, alors que 45% de la population a été vaccinée à ce jour, a poursuivi M.  Akolthe.  Il a toutefois concédé que la pandémie a eu des effets négatifs sur l’économie, à commencer par une baisse spectaculaire de la production domestique et de la collecte des revenus, suivie d’une augmentation du coût de la vie.

En termes d’action climatique, il a indiqué que le Soudan du Sud, qui est signataire de l’Accord de Paris, a élaboré une stratégie qui s’appuie sur des solutions basées sur la nature, des infrastructures vertes et des voies de redressement socioéconomique centrées sur les changements climatiques et les catastrophes naturelles.  Le pays a connu des inondations importantes les trois dernières années, a-t-il ajouté, avant d’évoquer la grave insécurité alimentaire qui touche plus de 55% de sa population et qui s’est aggravée à cause des inondations, des sécheresses prolongées, de l’insécurité physique et des effets de la COVID-19.

Entouré de pays en proie à des conflits, le Soudan du Sud s’emploie à promouvoir la paix et la stabilité dans la région et au-delà, a poursuivi le Vice-Président.  Ainsi le Soudan du Sud a assuré la médiation du conflit armé au Soudan qui a abouti à la signature de l’Accord de paix de Djouba en 2020 et est prêt à servir de médiateur à nouveau dans le conflit actuel qui oppose l’armée et les Forces pour la liberté et le changement au Soudan.  Le Soudan du Sud a également proposé ses services de médiation pour apaiser les tensions entre l’Égypte et l’Éthiopie au sujet de la construction du Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne.  M. Akolthe a aussi parlé de la guerre en Ukraine, soulignant qu’elle a des effets négatifs bien au-delà des frontières de ces deux pays avant d’exhorter la Russie et l’Ukraine à cesser toutes formes d’hostilités et à régler ce différend par un dialogue diplomatique et constructif afin d’éviter des conséquences supplémentaires.

Avant de conclure, le Vice-Président a expliqué que pour atténuer les effets des inondations sur la population et les moyens de subsistance, le Soudan du Sud va faire don de 10 millions de dollars au PAM au profit des populations déplacées.  Il compte toutefois sur le soutien de la communauté internationale pour parvenir à toutes les zones et communautés touchées par les inondations et les sécheresses.  Il a également annoncé que le Président sud-soudanais compte convoquer une conférence de toutes les organisations humanitaires du Soudan du Sud pour coordonner les activités humanitaires, ajoutant que son gouvernement s’engage à assurer la sécurité et la protection des travailleurs humanitaires.

M. PHILIP ISDOR MPANGO, Vice-Président de la République-Unie de Tanzanie, a fait valoir que les causes profondes des tensions géopolitiques croissantes, de l’insécurité alimentaire, du « carnage » environnemental et des changements climatiques sont « la cupidité humaine » et l’unilatéralisme.  À l’approche de l’échéance de 2030, le monde est encore loin des objectifs de développement durable, a-t-il regretté.  L’impact de la pandémie de COVID-19 nous a montré l’importance de disposer d’infrastructures sanitaires robustes, assorties de capacités nationales et régionales renforcées permettant de produire et de distribuer les vaccins et médicaments nécessaires.

Malgré les efforts d’adaptation et d’atténuation déployés par la Tanzanie, nous observons des changements climatiques sans précédent dans toutes les régions du monde, s’est inquiété M. Mpango.  Les pays les plus vulnérables, dont la Tanzanie, sont touchés de manière disproportionnée et n’ont pas la capacité de répondre efficacement aux problèmes qui en découlent.  Le Gouvernement tanzanien consacre déjà 500 millions de dollars par année aux mesures d’adaptation, et jusqu’à 3% de son PIB aux mesures d’atténuation et de renforcement de la résilience.  Le Vice-Président a appelé à cet égard à lever l’opposition au financement et à la mise en œuvre de projets visant à exploiter les gisements d’hydrocarbures de la Tanzanie afin de répondre à ses besoins en matière de développement.  Il a également demandé que les marchés du carbone opèrent de façon transparente afin que l’Afrique bénéficie équitablement de ses efforts.

S’agissant de la paix et de la sécurité, M. Mpango a jugé que l’impact des conflits récents sur les chaînes d’approvisionnement mondiales ainsi que sur les prix des denrées alimentaires et des carburants démontre que nous avons tous un intérêt dans leur résolution pacifique.  En tant que membre du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), la Tanzanie entend poursuivre sa contribution aux opérations de maintien de la paix et appelle l’ONU à renforcer son soutien aux initiatives régionales en ce sens.  Estimant par ailleurs que la crédibilité des Nations Unies repose sur un Conseil de sécurité « représentatif et réactif », le Vice-Président a réitéré la position africaine commune concernant les réformes tant attendues.

Mme JESSICA ALUPO, Vice-Présidente de l’Ouganda, a déclaré que les changements climatiques restent l’un des plus grands défis de notre temps.  Le continent africain, en dépit d’une contribution insignifiante aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, en subit les effets de manière disproportionnée, a-t-elle déploré.  L’Ouganda, frappé par des sécheresses, des inondations et des glissements de terrain, a continué d’investir dans des mesures d’adaptation et d’atténuation, sachant que ces mesures doivent respecter le principe de responsabilités communes mais différenciées.  La Vice-Présidente a donc demandé aux pays développés de respecter pleinement les engagements pris dans le cadre de l’objectif de 100 milliards de dollars par an, afin d’aider les pays en développement à lutter contre le réchauffement climatique.  Mme Alupo a promis que l’Ouganda continuera à renforcer sa coopération Nord-Sud, Sud-Sud et triangulaire au sein de l’ONU, et, à ce titre, elle s’est réjouie de voir son pays accueillir les dirigeants du Groupe des 77 et la Chine à Kampala, du 10 au 12 décembre 2023.

Préoccupée par la guerre en Ukraine, la Vice-Présidente a soutenu le dialogue, ainsi qu’une « paix équilibrée ».  Elle a dénoncé la mort semée en Afrique par des groupes terroristes tels que les Chabab et les Forces démocratiques alliées (ADF), et assuré que son pays continuera à soutenir l’effort mondial de lutte contre le terrorisme.  L’Ouganda reste activement impliqué dans plusieurs initiatives régionales dont celles de l’Union africaine, de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), de la Communauté de l’Afrique de l’Est et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.  Des conflits ont conduit à un afflux de réfugiés en Ouganda, a encore regretté Mme Alupo: le pays compte aujourd’hui plus de 1,5 million de réfugiés, soit « la plus grande population de réfugiés d’Afrique », et « la troisième du monde ».  L’Ouganda travaillant à traiter les causes de la crise des réfugiés, la dirigeante a demandé à la communauté internationale de continuer à soutenir ses efforts dans la région.  Enfin, elle a jugé la réforme du Conseil de sécurité plus impérative que jamais.  L’Afrique, avec plus de 1 milliard de citoyens et plus de 70% des questions inscrites à l’ordre du jour du Conseil, continue de subir « l’injustice historique » de n’avoir aucune représentation dans la catégorie des membres permanents du Conseil, et d’être également sous-représentée dans la catégorie des membres non permanents.

M. JOSE GABRIEL CARRIZO JAEN, Vice-Président du Panama, a déclaré que le Panama est un pays de transit pour la migration irrégulière qui voit des milliers de migrants traverser quotidiennement la jungle de Darién, à la frontière avec la Colombie, au cours d’un périple dangereux où ils risquent leur vie.  « Cette situation est aussi exploitée par des organisations criminelles qui se consacrent au commerce de la traite de personnes », a-t-il prévenu.  Face à cette situation, le Vice-Président a expliqué que son gouvernement a adopté une politique d’assistance aux migrants, avec un sens élevé de l’humanité et de solidarité.

Mettant l’accent sur l’importance de préserver la biodiversité et des écosystèmes sains et durables, le Vice-Président du Panama a indiqué que son pays fait partie des trois pays au monde avec un bilan carbone négatif.  Il a précisé que 35% du territoire national et 30,5% de l’espace maritime sont protégés et que plus de 80% de la production d’électricité provient de sources renouvelables.  Panama se place ainsi en huitième position en matière de production d’énergie propre.  « Le programme de transition énergétique du Président Cortizo Cohen a consolidé la place de leader mondial du Panama dans la lutte contre les changements climatiques », a encore dit M. Jaen.  Il a expliqué que les Panaméens étaient conscients de la valeur de leur situation géographique, déterminée par la présence du canal de Panama et le rôle que celui-ci joue dans l’économie mondiale.  Appelant à « arrêter l’écocide » et à faire face aux actions des gros émetteurs de gaz à effet de serre, de ceux qui promeuvent la déforestation, polluent et tuent, le Vice-Président a demandé la création d’un organisme international qui demandera des comptes à ceux qui causent des dommages à la planète et menacent la survie de la terre et des espèces qui l’habitent.

M. ANTÓNIO COSTA, Premier Ministre du Portugal, a dénoncé l’invasion injustifiée et non provoquée de l’Ukraine, opérée en violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations Unies.  La gravité des actes commis rend impérative une enquête indépendante, impartiale et transparente afin que ces crimes ne restent pas impunis.  Plutôt que d’intensifier le conflit ou de proférer des menaces de recours aux armes nucléaires, la Russie doit, selon lui, cesser les hostilités et ouvrir un dialogue axé sur la paix.  Le Chef du Gouvernement portugais a ensuite réitéré la solidarité de son pays avec tous ceux qui souffrent des retombées de l’invasion russe.  Il a tenu à préciser que les sanctions imposées à la Russie ne peuvent affecter, directement ou indirectement, la production, le transport et le paiement des céréales et des engrais.  Dans ce contexte, a-t-il poursuivi, nous avons besoin d’un Conseil de sécurité représentatif et fonctionnel, qui soit en mesure de répondre aux défis du XXIe siècle, sans risque de paralysie.  À ses yeux, le Conseil doit intégrer une vision globale de la sécurité, reconnaître le rôle des changements climatiques en tant qu’accélérateur de conflit et prévoir des sièges permanents pour le continent africain ainsi que pour des pays tels que le Brésil et l’Inde, tout en permettant aux petits pays d’être plus équitablement représentés.  En tant que communauté internationale, il est de notre devoir de soutenir les efforts déployés par les nations africaines pour la stabilité de leur continent, a fait valoir M. Costa.  À ce propos, il a plaidé pour une action concertée qui garantirait une assistance aux populations du Sahel affectées des crises sécuritaires et humanitaires.  Il a également jugé que l’évolution de la menace terroriste dans le monde, notamment au Mozambique, au Sahel et dans le golfe de Guinée, nécessite une réponse ciblée des États.  Soulignant la contribution des militaires portugais à la gestion des crises et des conflits, sous l’égide de l’ONU, de l’OTAN et de l’Union européenne, il a rappelé que des soldats de la paix de son pays sont aujourd’hui impliqués dans quatre opérations de maintien de la paix, notamment au sein de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA).

Le Premier Ministre a par ailleurs souhaité que la COP27 à Charm el-Cheikh, en Égypte, ouvre la voie à une répartition plus équilibrée des financements entre l’atténuation et l’adaptation aux changements climatiques.  Le Portugal a été le premier pays à s’engager à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, dès la COP22 à Marrakech, et il entend faire passer de 60% à 80% le poids des énergies renouvelables dans l’électricité consommée d’ici à 2026.  Il s’est félicité de la participation active de tous les États à la deuxième Conférence sur les océans, coorganisée par son pays et le Kenya.  Dans ce même esprit, il a appelé à la conclusion d’ici la fin de l’année des négociations sur un cadre mondial de la biodiversité post-2020 et sur le futur traité relatif à la diversité biologique marine dans les zones situées au-delà de la juridiction nationale.  Enfin, a-t-il indiqué, le Portugal est candidat à un siège non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2027-2028.

M. NIKOL PASHINYAN, Premier Ministre de l’Arménie, s’est focalisé sur la dernière agression non provoquée de l’Azerbaïdjan contre son pays et son impact sur la stabilité dans le Caucase du Sud.  Le 13 septembre, les Forces armées azerbaïdjanaises ont bombardé 36 zones résidentielles à l’intérieur de l’Arménie, a indiqué le Chef de Gouvernement faisant ensuite un bilan détaillé des attaques.  Il existe des preuves de cas de torture, de mutilation de militaires capturés ou déjà morts, de nombreux cas d’exécutions extrajudiciaires et de mauvais traitements de prisonniers de guerre arméniens, ainsi que de traitements humiliants des corps, a-t-il ajouté.  Ces atrocités sont le résultat direct d’une politique de haine et de l’animosité anti-arméniennes fomentée par les dirigeants politiques dans la société azerbaïdjanaise.  Il faut empêcher l’Azerbaïdjan d’occuper davantage de territoires de l’Arménie, a exhorté M. Pashynian, soulignant que le risque d’une nouvelle agression par l’Azerbaïdjan reste très élevé.  Ce pays viole chaque jour le cessez-le-feu, a-t-il accusé, alertant en outre qu’une réaction inappropriée par les organisations de sécurité régionales présente un risque d’escalade supplémentaire.

Le Premier Ministre a ensuite imputé l’échec des efforts de paix à l’Azerbaïdjan qui continue d’occuper des territoires de l’Arménie et de déclarer publiquement que tout le sud et l’est de l’Arménie et même la capitale Erevan sont une terre azerbaïdjanaise.  Selon le point de vue officiel de l’Azerbaïdjan, seulement la moitié de l’Arménie constitue la République d’Arménie, s’est-il insurgé. Or, si l’Azerbaïdjan reconnaissait l’intégrité territoriale de l’Arménie de 29 800 km², nous pourrions signer un traité de paix en reconnaissant mutuellement l’intégrité territoriale de l’autre, a proposé le Premier Ministre.  Malheureusement, avant la formation, l’an dernier, de la commission de la délimitation et de sécurité des frontières, l’Azerbaïdjan occupait plus de 40 km² de territoires arméniens, et depuis qu’elle fonctionne, Bakou a lancé une nouvelle phase d’agression, a dénoncé M. Pashynian, regrettant le silence des partenaires internationaux.  Il a également récusé l’interprétation que fait l’Azerbaïdjan de l’article 9 de la déclaration trilatérale du 9 novembre 2020, concernant la construction de routes terrestres.

Le Premier Ministre arménien a décrié le peu d’attention accordée aux répercussions humanitaires du conflit de 2020 dans le Haut-Karabakh et a appelé à un accès humanitaire sûr et sans entraves pour les agences humanitaires afin d’évaluer la situation humanitaire et d’assurer la protection du patrimoine culturel sur le terrain.  Il a déploré que l’Azerbaïdjan ait empêché le HCR et l’UNESCO d’effectuer une mission de collecte de données et entrave le retour des prisonniers de guerre arméniens.

M. MICHEÁL MARTIN, T.D., Premier Ministre de l’Irlande, a estimé que les maux frappant la communauté internationale n’étaient pas une fatalité, puisque nous « disposons des outils nécessaires » pour y faire face.  Le Premier Ministre s’est félicité des multiples initiatives prises par l’Irlande lors de son mandat au Conseil de sécurité, comme dans le nord-ouest de la Syrie où la volonté politique a porté ses fruits et où une aide humanitaire a pu être acheminée vers 4 millions de personnes.  L’Irlande a soutenu l’adoption d’une déclaration politique sur l’utilisation des armes explosives dans les zones peuplées, a également noté M. Martin.  Adoptée à Dublin le 18 novembre, celle-ci constituera une étape importante dans la protection des populations civiles.  Alarmé par la situation humanitaire et la violence dans la région du Tigré, en Éthiopie, il a répété la détermination de son pays à soutenir une solution politique et à demander des comptes pour les violations flagrantes des droits de l’homme.  Le Premier Ministre a en outre réitéré son engagement en faveur d’une solution des deux États au Proche-Orient.  Un horizon obstrué, selon lui, par la construction de colonies israéliennes.  Il a regretté qu’en dépit du mandat de la Mission de l’ONU en Afghanistan, la population voyait ses droits reculer, notamment les femmes et les filles non scolarisées.

Préoccupé par les risques découlant des combats à proximité d’installations nucléaires en Ukraine, le dirigeant a fustigé l’invasion « illégale de l’Ukraine par la Russie », et dénoncé l’opposition russe à la conclusion d’un accord sur la non-prolifération nucléaire, le mois dernier.  La guerre en Ukraine, selon M. Martin, ne saurait être réduite à une préoccupation « occidentale », car tous les États devraient craindre un monde où « le fort peut intimider le faible ».  La planification de référendums dans l’est de l’Ukraine pour en modifier les frontières « montre que la Russie se comporte comme un État voyou », a-t-il poursuivi.  Face à l’insécurité alimentaire, l’Irlande a réagi en augmentant son aide humanitaire, offrant notamment 78 millions d’euros pour la Corne de l’Afrique, a noté M. Martin.  L’Irlande s’est en outre engagée à verser 50 millions d’euros supplémentaires pour lutter contre la malnutrition aiguë des enfants, a-t-il rappelé.  « Nous avons fait de la question de la faim et des conflits une priorité de notre mandat au sein du Conseil de sécurité », a résumé le Premier Ministre.  Enfin, en matière de santé mondiale, Dublin a annoncé une nouvelle contribution de 65 millions d’euros au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

M. ROBERT ABELA, Premier Ministre de Malte, a fait part du plein engagement de Malte à contribuer au rétablissement et au maintien de la paix, de l’ordre et de la sécurité dans le monde.  En tant qu’État insulaire en Méditerranée, son pays a subi les effets des conflits dans la région méridionale, a-t-il rappelé, évoquant les guerres et la violence qui ont causé des dommages irréparables en Libye, en Syrie et au Yémen, et entraîné une migration massive.  Après des décennies de paix en Europe continentale, la guerre en Ukraine nous rappelle que la paix ne peut jamais être considérée comme acquise, a-t-il ajouté, craignant, si rien n’est fait, que l’instabilité ne s’étende aux régions voisines.

M. Abela a appelé à ne pas oublier d’autres régions et pays qui requièrent « notre attention et notre action », notamment la Libye, pays voisin de Malte.  Sous les auspices de l’ONU et sans l’interférence d’acteurs étrangers, ce pays et son peuple devraient connaître une transition vers des temps plus stables et prospères, a-t-il espéré.  À cette fin, des décisions doivent être prises pour mettre immédiatement de côté les intérêts particuliers en Libye, une fois pour toutes.  Le Premier Ministre s’est encore inquiété des pénuries consécutives à la guerre en Ukraine, eu égard à leur impact sur les petits pays insulaires comme le sien.  Nous continuerons à fournir une aide humanitaire aux civils innocents, a-t-il assuré, en condamnant les récentes déclarations de la Russie qui ne sont pas de bon augure.  Alors que Malte est sur le point d’entamer son mandat de deux ans au Conseil de sécurité, son gouvernement a l’intention de faire tout ce qui est en son pouvoir pour que les changements climatiques restent à l’ordre du jour de la paix et de la sécurité internationales.  « Nous nous attacherons tout particulièrement à combler le fossé entre la science, la politique et l’élaboration des lois afin de répondre aux préoccupations en matière de sécurité mondiale, notamment en ce qui concerne l’océan, qui constitue le plus grand habitat de notre planète », a assuré le dirigeant.

Face à la multiplicité et à la diversité des défis et dangers auxquels l’humanité est confrontée, M. AHMAD NAWAF AL-AHMAD AL-SABAH, Premier Ministre du Koweït, s’est félicité que le Secrétaire général ait pris l’initiative de « Notre Programme commun » pour permettre la réalisation des objectifs de développement durable sur la base la plus large.  Il a également rappelé l’adhésion de son pays aux principes du droit international et de la Charte des Nations Unies, avant d’exprimer sa préoccupation quant à la situation en Ukraine et ses répercussions sur la sécurité et la stabilité.  Rejetant l’utilisation de la force ou la menace d’un tel recours pour résoudre les conflits entre pays, il a assuré que le Koweït soutient tous les efforts de l’ONU et des acteurs internationaux pour trouver une issue pacifique à cette crise.  L’histoire contemporaine a prouvé que les mécanismes de médiation et de dialogue étaient toujours le meilleur choix pour résoudre les conflits, quelle que soit leur durée, a-t-il souligné.  À cet égard, il a averti que les tensions resteront vives au Moyen-Orient tant que le peuple palestinien ne jouira pas de ses droits légitimes et qu’Israël, Puissance occupante, ne cessera pas ses violations du droit international humanitaire.  Il a donc plaidé pour une relance des négociations dans un délai déterminé, afin de parvenir à une paix juste et globale, conformément aux résolutions de la communauté internationale et à l’Initiative de paix arabe.

Évoquant ensuite la crise syrienne, entrée dans sa douzième année, le Premier Ministre a dénoncé l’absence d’unanimité et de volonté internationale sur cette situation ainsi que la fréquence des interventions extérieures.  Après avoir répété qu’il n’y a pas de solution militaire à cette crise, il a souligné l’urgence de parvenir à un règlement politique, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, en particulier la résolution 2254 (2015), afin de réaliser les espoirs et aspirations du peuple syrien.  Saluant par ailleurs la trêve conclue au Yémen sous les auspices de l’ONU, il a plaidé pour une solution politique globale basée sur les trois références convenues, à savoir l’Initiative du Conseil de coopération du Golfe et son mécanisme de mise en œuvre, les résultats du Dialogue national et les résolutions du Conseil de sécurité, notamment la résolution 2216 (2015).  Il a également invité la République islamique d’Iran à se conformer aux règles de bon voisinage contenues dans la Charte des Nations Unies et, dans ce cadre, à entamer un dialogue fondé sur le respect de la souveraineté des États et la non-ingérence dans leurs affaires intérieures.  Pour finir, il a souhaité un plein succès à la Coupe du monde de football qu’organisera en novembre le Qatar, non sans rappeler qu’il sera le premier pays arabe et musulman à accueillir une telle compétition internationale.

M. PEDRO SÁNCHEZ PÉREZ-CASTEJÓN, Président du Gouvernement du Royaume d’Espagne, a d’abord dénoncé l’agression non provoquée de la Fédération de Russie contre l’Ukraine et refusé toute légitimité aux référendums que Moscou s’apprêterait à organiser dans les territoires occupés ukrainiens.  Appelant ensuite à un engagement en faveur de la santé mondiale, il a relevé que les vaccins ont permis d’inverser le pessimisme d’un monde qui se demandait si les choses reviendraient un jour à la normale.  Grâce au Mécanisme COVAX, plus de deux milliards de doses ont été allouées aux pays en développement, permettant de contrôler la propagation du virus dans de nombreux pays.  Il a annoncé que l’Espagne contribuera à hauteur de 15 millions d’euros au Fonds pour la prévention, la préparation et la réponse aux pandémies, et consacrera, au cours des trois prochaines années, plus de 237 millions d’euros de son aide publique au développement aux questions liées à la santé, dont 130 millions d’euros pour le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

M. Pérez-Castejón s’est ensuite inquiété des risques d’aggravation de la crise alimentaire et a fait savoir que son gouvernement mobilisera 151 millions d’euros en dons et 85 millions d’euros en prêts, au cours des trois prochaines années, pour y faire face.  En outre, l’Espagne consacrera 0,7% de son revenu national brut à l’aide publique au développement d’ici à 2030.  S’agissant du défi de l’urgence climatique et la nécessité de favoriser une transition écologique, il a jugé essentiel d’empêcher les pays d’utiliser leurs ressources énergétiques comme une arme de guerre comme le fait le régime de Putin.  Il a proposé la création d’une alliance internationale pour la résilience à la sécheresse afin de promouvoir l’innovation, le transfert de technologies et la mobilisation des ressources pour lutter contre la sécheresse dans les pays exposés à cette menace.  Cette initiative sera présentée à la COP27 en Égypte, a-t-il indiqué.

Le Président du Gouvernement espagnol a aussi abordé la question de la transformation numérique et son impact sur l’avenir de l’éducation et de l’emploi, indiquant que le Centre technologique des Nations Unies pour la numérisation de l’éducation sera prochainement établi à Barcelone.  Il a ensuite annoncé l’adoption prochaine d’une nouvelle loi pour la garantie intégrale de la liberté sexuelle et d’une loi sur la santé sexuelle et reproductive.  À cet égard, l’Espagne versera 100 millions d’euros au cours des trois prochaines années à des organisations telles qu’ONU-Femmes.

Au plan international, le Président du Gouvernement espagnol a souligné l’importance de soutenir les pays d’Amérique latine et des Caraïbes en matière de démocratie et la lutte contre le trafic de drogue.  Concernant le Sahara occidental, il a appuyé une solution politique mutuellement acceptable dans le cadre de la Charte des Nations Unies et des résolutions du Conseil de sécurité.  En ce qui concerne Gibraltar, le 31 décembre 2020, l’Espagne et le Royaume-Uni sont parvenus à un accord bilatéral pour jeter les bases des relations futures de ce territoire avec l’Union européenne, a rappelé M. Pérez-Castejón.

M. ANDREW HOLNESS, Premier Ministre de la Jamaïque, a rappelé que les petits États insulaires en développement (PEID) et certains pays à revenu moyen étaient particulièrement vulnérables aux chocs climatiques et aux chocs économiques externes, qui affectent de manière disproportionnée leur budget et ont des conséquences désastreuses pour les infrastructures.  Il a plaidé pour une approche exhaustive et ciblée afin de permettre l’accès aux financements et indiqué son soutien au Groupe de haut niveau chargé d’élaborer un indice de vulnérabilité multidimensionnel.  M. Holness a noté que la Jamaïque appliquait « une grande discipline fiscale » afin d’abaisser son ratio dette-PIB.  Il a insisté sur le fait que les changements climatiques étaient une menace existentielle pour les États insulaires et que ceux-ci ne pouvaient pas inverser seuls la trajectoire, avant de souligner l’importance de la protection et de l’utilisation durable de l’océan.

Le Premier Ministre a estimé que la lutte contre la fracture numérique devrait être une priorité et appuyé les travaux de l’ONU en vue d’élaborer un traité sur la cybersécurité.  Par ailleurs, il a attiré l’attention de l’Assemblée sur le fait qu’un certain nombre de pays en Amérique latine et dans les Caraïbes étaient exposés à une épidémie de crimes et de violence nécessitant une réponse de santé publique.  La disponibilité d’armes à feu exacerbant ce fléau, il a exhorté à mener « une guerre contre les armes ».

Préoccupé par la situation en Haïti, M. Holness a appelé à travailler en étroite collaboration avec cet État pour lui apporter un soutien significatif et cohérent.  Il a également appelé à la fin des sanctions commerciales et financières contre Cuba.  Il a par ailleurs réaffirmé sa détermination à la reconnaissance d’une justice réparatrice pour restaurer la dignité des personnes d’ascendance africaine, notant qu’il s’agissait là d’une « obligation morale pour les États ayant bénéficié des injustices du passé ».  Cette question complexe requiert, selon lui, des solutions créatrices.  Enfin, la Jamaïque a proposé que le 17 février soit reconnu comme la « Journée internationale de la résilience du tourisme ».

M. ALEXANDER SCHALLENBERG, Ministre des affaires européennes et internationales de l’Autriche, a commencé par déplorer le retour de la guerre en Europe.  En s’en prenant brutalement à l’Ukraine, pays indépendant et souverain, la Russie essaie de redessiner les frontières à l’aide de chars et de roquettes, ce que le monde n’avait plus vu depuis l’invasion du Koweït par Saddam Hussein, a-t-il tonné, dénonçant le « chantage nucléaire » de Moscou ainsi que son recours à de faux « référendums », en violation flagrante du droit international.  Alors que nous pensions avoir tiré les leçons de deux guerres mondiales, nous devons admettre que nous avons peut-être été naïfs, voire idiots, a concédé le Ministre, avant d’affirmer que ce conflit en Europe n’est pas une guerre européenne, mais une attaque contre l’ordre international fondé sur des règles.  Cette violation flagrante et délibérée de la Charte des Nations Unies a, en outre, été commise par un membre permanent du Conseil de sécurité, ce qui, selon lui, remet en question les fondements mêmes de notre sécurité et de notre stabilité.  Un tel monde, où l’état de droit risque d’être remplacé par la loi de la jungle, représente une menace fondamentale pour nous tous, en particulier pour les petits pays comme l’Autriche, a-t-il averti, ajoutant que l’agression russe atteint aussi les pays les plus vulnérables de la planète en les plongeant dans des pénuries alimentaires, énergétiques et financières.  À cet égard, M. Schallenberg a fustigé les mensonges selon lesquels cette triple crise serait liée aux sanctions imposées à la Russie par l’Union européenne.  Il n’y a pas de sanctions européennes sur les exportations de céréales, d’oléagineux, d’engrais ou de gaz vers des pays tiers, a-t-il rectifié, non sans accuser Moscou d’utiliser cyniquement la nourriture et l’énergie comme une arme, poussant des millions de personnes à travers le monde dans la pauvreté, la faim et l’endettement.  « Même l’Union soviétique n’est pas allée aussi loin », a-t-il asséné.

Face aux crises sanitaires, alimentaires et énergétiques, à la flambée du coût de la vie, aux changements climatiques et à la perspective d’une récession économique, le Ministre a appelé à prendre rapidement des « contre-mesures », non seulement au niveau national mais aussi dans le cadre d’une solidarité mondiale.  Cette année, l’Autriche dépensera plus que jamais pour l’aide au développement et l’aide humanitaire, a-t-il dit, reconnaissant toutefois qu’aucun gouvernement ne peut relever seul les défis actuels.  Ce dont nous avons besoin, c’est d’un système multilatéral qui fonctionne, d’un ordre international fondé sur des règles avec l’ONU en son centre, a souligné le chef de la diplomatie autrichienne, pour qui la guerre en Ukraine n’est pas un conflit Est-Ouest ou Nord-Sud.  De même, il n’y a pas de droit international « de première ou de seconde classe », a-t-il renchéri, avant d’exiger que des comptes soient rendus pour les crimes commis à Boutcha ou à Alep.  Se disant fier que Vienne accueille la Commission d’enquête des Nations Unies sur l’Ukraine, il a assuré que son pays continuera à soutenir activement les efforts de la Cour pénale internationale (CPI) pour faire la lumière sur les actes sauvages perpétrés en Ukraine.  Avant de conclure, il a indiqué que l’Autriche briguera un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité lors des élections de 2026.

M. MARCELO EBRARD CASAUBÓN, Ministre des affaires étrangères du Mexique, a rappelé que le contexte actuel était marqué par une sécurité sanitaire affaiblie par la pandémie, une menace alimentaire généralisée et une hausse des tensions géopolitiques entre les principales puissances.  Il a affirmé que la guerre en Ukraine présente un risque de catastrophe nucléaire et a une incidence sur la disponibilité des aliments et de l’énergie.  Il a noté que le Conseil de sécurité n’avait pas pu s’acquitter de son mandat, puisqu’il n’avait pas réussi à prévenir la guerre et faciliter les négociations.  Il a rappelé que, face à cette paralysie, une session extraordinaire d’urgence de l’Assemblée générale a été organisée, donnant lieu à l’adoption de la résolution ES-11/2.  Insistant néanmoins sur le fait que ces mesures étaient insuffisantes, il a proposé qu’un caucus de chefs d’États et de gouvernements appuie l’effort du Secrétaire général afin de créer un canal diplomatique complémentaire pour réduire les tensions et permettre une médiation.

Le Ministre a indiqué que le Mexique avait, depuis deux ans, soumis au Conseil des questions souvent délaissées, telles que la pauvreté, la corruption et l’inégalité comme facteurs sous-jacents des conflits, la santé mentale comme objectif incontournable de l’aide humanitaire et l’importance de la notion de masculinité pour prévenir la radicalisation et le terrorisme.  Il s’est aussi inquiété de la disponibilité des armes de petit calibre qui constituent une menace à la paix et à la sécurité internationales et a appuyé la résolution 2616 (2021) visant à respecter les embargos sur les armes à feux et à renforcer les capacités des autorités nationales à lutter contre le trafic et le détournement d’armes.

Poursuivant, M. Casaubón a exhorté à une réforme du Conseil de sécurité, notant que sa paralysie était liée à l’abus du droit de véto. Il a indiqué que le Mexique et la France continuaient de plaider pour que les membres permanents s’abstiennent de recourir au véto dans les situations d’atrocités de masse et invité les États qui ne l’ont pas encore fait à rejoindre cette initiative, qui est déjà soutenue par 106 États. Il a ensuite rappelé que l’Assemblée générale s’est réunie à deux reprises dans le cadre de l’application de la résolution 76/262 qui stipule que chaque fois qu’un véto est enregistré au Conseil de sécurité, l’Assemblée générale se réunisse rapidement pour discuter de la question.

M. Casaubón a ensuite regretté le manque de volonté politique, en particulier de la part des États dotés de l’arme nucléaire, pour parvenir à des accords permettant d’atteindre l’objectif du désarmement, déplorant que la Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires n’eût pas abouti à un texte alors que les menaces nucléaires sont particulièrement importantes.

 M. ABDULLATIF BIN RASHID AL ZAYANI, Ministre des affaires étrangères du Bahreïn, a estimé que l’instauration d’une paix juste et globale dans la région du Moyen-Orient dépend essentiellement du règlement du conflit israélo-palestinien conformément à la solution des deux États, aux résolutions internationales pertinentes et à l’Initiative de paix arabe.  Sur la base de ces principes, a expliqué le Ministre, Bahreïn a pris des initiatives sérieuses en organisant l’atelier sur la « Paix et la prospérité », en signant les Accords d’Abraham et la Déclaration de soutien à la paix, qui est entrée dans sa troisième année, confirmant l’importance de la coopération plutôt que de la confrontation.  Il s’est également agi, a-t-il poursuivi, d’établir des partenariats solides afin de répondre aux aspirations des peuples à la sécurité, à la coexistence pacifique, à la prospérité et au développement durable.  À cet égard, Bahreïn salue la trêve au Yémen, avec le soutien et le parrainage de l’ONU, en ligne avec l’initiative de l’Arabie saoudite pour trouver une solution politique globale et durable à la crise, conformément à l’Initiative du Conseil de coopération du Golfe, aux résultats du dialogue national approfondi et à la résolution 2216 (2015) du Conseil de sécurité.

M. Al Zayani a confirmé l’intérêt de son pays pour l’établissement de relations amicales et équilibrées avec tous les pays de la région du Moyen-Orient, y compris la République islamique d’Iran, en demandant à l’Iran de coopérer pleinement avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et d’œuvrer pour que la région, y compris le golfe Arabo-Persique, soit exempte d’armes de destruction massive.  Le Ministre a également fait part de son engagement pour réaliser les objectifs de développement durable.  Conscient de l’interdépendance entre l’environnement, les ressources naturelles et la sécurité humaine, alimentaire et hydrique, il a réaffirmé, pour finir, son soutien aux grandes initiatives internationales dans le domaine des changements climatiques, notamment la réduction des émissions de 30% d’ici à 2035, le doublement des espaces verts et l’amélioration de l’utilisation efficace des sources d’énergie renouvelables.

M. JEPPE KOFOD, Ministre des affaires étrangères du Danemark, a souligné le pouvoir de mobilisation unique de l’ONU pour ensuite dénoncer l’agression non provoquée de la Russie contre l’Ukraine et le désespoir qu’elle a suscité.  Il s’est inquiété des dangers que cette guerre a provoqué pour la sécurité du monde, précisant que les pénuries alimentaires constatées autour du monde ainsi que les menaces de famine sont causées par l’agression russe et non les sanctions.  Cette guerre exprime une ambition territoriale et impériale, a encore dénoncé le Ministre qui a dit être préoccupé par la menace proférée hier par Vladimir Putin de recourir à l’arme nucléaire.  Il a exhorté la communauté internationale à défendre l’Ukraine et la Charte des Nations Unies contre la loi du plus fort.  Cette tentative d’agrandir le territoire russe par la force est inacceptable, a martelé le Ministre, qui a ajouté que cette guerre qui se déroule à proximité du Danemark est à l’origine d’un flux de millions de réfugiés en Europe.  Cette agression a également exacerbé d’autres crises mondiales comme les migrations et la flambée du prix des denrées alimentaires.

Nul doute que ce sont les vulnérables et les pays en développement qui en sont les principales victimes comme ce fut le cas durant la pandémie de COVID-19, a observé le Ministre pour qui l’avenir commun repose sur la solidarité.  Il a d’ailleurs fait savoir que le Danemark alloue régulièrement 0,7% de son PIB à l’aide publique au développement depuis 40 ans.  S’agissant de solidarité climatique, il a fait état d’un financement climatique de 500 millions de dollars du Danemark, et a demandé aux pays du G20 de respecter leur engagement sur cette question.  Le Ministre a ensuite annoncé la candidature du Danemark à un siège non permanent au Conseil de sécurité pour la période 2025 et 2026, une candidature fondée sur la croyance à l’efficacité du multilatéralisme.  Le Danemark est un champion de la réforme du Conseil de sécurité après avoir été champion du système de développement de l’ONU, a rappelé le Ministre qui a dit qu’il présentera cette semaine un système de paiement prévisible des quotes-parts afin d’aider l’ONU de mener son action avec prévisibilité.

Droits de réponse

Exerçant son droit de réponse, le représentant de la République islamique d’Iran a dénoncé les accusations formulées à l’encontre de son pays par Israël, y voyant un moyen pour cet État de justifier ses activités malicieuses dans la région.  Balayant les accusations selon lesquelles l’Iran serait à l’origine de l’instabilité régionale, il a fustigé les agissements d’Israël, qui, selon lui, se rend coupable de violations répétées de la Charte des Nations Unies, notamment par sa politique d’apartheid à l’égard du peuple palestinien.  Le « régime israélien », qui continue de commettre des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes d’agression, a en outre reconnu mener des opérations de sabotage sur le territoire iranien, tout en agissant avec des groupes terroristes désignés comme tels par le Conseil de sécurité, a poursuivi le représentant.  C’est donc pour couvrir ses actions illégitimes que le « régime israélien » rejette la faute sur l’Iran, a-t-il renchéri, avant de démentir les accusations selon lesquelles le programme nucléaire pacifique iranien constituerait une menace pour la paix et la sécurité internationales.  La seule menace à cet égard vient de la production et du stockage d’armes de destruction massive par Israël, qui est le seul pays à n’avoir pas adhéré au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et qui refuse de soumettre ses installations au régime de garanties de l’AIEA.  Pour le délégué, la communauté internationale doit condamner les déclarations menaçantes d’Israël et exiger qu’il respecte les règles internationales, détruise ses arsenaux dans le cadre d’un régime de vérification et mette fin à ses activités malveillantes dans la région.  Pour sa part, a-t-il ajouté, l’Iran se réserve le droit à l’autodéfense pour répondre à toute menace ou acte illicite commis par le « régime israélien ».  Le représentant a par ailleurs demandé à son homologue du Bahreïn d’utiliser désormais l’appellation Golfe persique pour désigner le golfe séparant l’Iran de la péninsule arabique.

À son tour, la représentante du Maroc, réagissant au droit de réponse algérien concernant le différend régional sur le Sahara marocain, a souligné que l’Algérie était bien partie concernée, ce qui était démontré par le fait qu’elle était mentionnée dans toutes les résolutions du Conseil de sécurité. Elle a affirmé que l’Algérie avait créé le Front POLISARIO, l’accueillait, le finançait et l’hébergeait.  Elle a rappelé que le processus de table ronde avait été acté et confirmé par le Conseil de sécurité et a appelé l’Algérie à y participer de bonne foi, soulignant en outre que la proposition du Sahara marocain était soutenue par plus de 90 États.

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