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Soixante-dix-septieme session
3e séance - après-midi
AG/12445

L’Assemblée générale adopte l’ordre du jour de sa soixante-dix-septième session et accorde au Président ukrainien la possibilité d’intervenir par vidéo au débat général

L’Assemblée générale a adopté, ce matin, l’ordre du jour de sa soixante-dix-septième session, et a entériné par la même occasion les programmes de travail de chacune de ses six grandes commissions sur la base des recommandations contenues dans le rapport de son Bureau.   

Elle a également adopté un projet de décision autorisant le Président ukrainien à prendre part à son débat général par message vidéo et non pas en présentiel, tout en sachant que cette année, l’Assemblée générale exige le retour « à la normale » de la période pré-COVID-19, où seules les interventions en personne sont permises.   Le Bélarus a opposé un amendement à ce projet de texte qui n’a pas été retenu, également à la suite d’un vote.  

Présentant le projet de décision, le représentant ukrainien a fait valoir que selon la Constitution du pays, le Président qui est le commandant en chef des forces armées, a l’obligation de faire face à ses devoirs cruciaux et de rester proche de son armée depuis le début de l’invasion de la Fédération de Russie le 24 février 2022.  

Ainsi, en adoptant le projet de décision par 101 voix pour, 7 contre (Bélarus, Cuba, Érythrée, Fédération de Russie, Nicaragua, République populaire démocratique de Corée et Syrie) et 19 abstentions, l’Assemblée générale, « notant avec préoccupation les situations dans lesquelles des dirigeants d’États souverains épris de paix, Membres de l’Organisation des Nations Unies, ne peuvent participer en personne à ses réunions pour des raisons indépendantes de leur volonté en raison d’une invasion étrangère, d’une agression ou d’hostilités militaires en cours qui les empêchent de quitter leur pays et d’y retourner en toute sécurité, ou de la nécessité d’assurer leur défense nationale et de s’acquitter des fonctions de sécurité », a décidé que l’Ukraine peut présenter une déclaration préenregistrée de son chef d’État, qui sera diffusée dans la salle de l’Assemblée générale lors du débat général de sa soixante-dix-septième session. 

Le texte précise que cette décision ne crée pas de précédent pour les futurs débats généraux et réunions de haut niveau convoqués par l’Assemblée générale. 

Auparavant, l’Assemblée a rejeté par 67 voix contre, 23 pour, et 27 abstentions, un projet d’amendement présenté par le Bélarus.  Cette délégation a mis en avant l’impératif du strict respect par tous du règlement intérieur de l’ONU en défendant l’idée qu’au lieu de permettre à titre exceptionnel à certains États de participer virtuellement au débat de l’Assemblée générale, ce droit devrait être accordé à tous les États Membres pour éviter « l’exceptionnalisme ».  Il aurait été plus correct, selon elle, d’adopter ce projet d’amendement « qui est dans l’intérêt de tous les États Membres ».   

Ces deux textes ont suscité des vifs échanges entre les partisans du projet de l’Ukraine et ceux qui s’y sont opposés, y voyant une tentative de politiser le travail de l’Assemblée générale, comme l’ont avancé, entre autres, la Fédération de Russie et l’Afrique du Sud.  

D’autres, dont le Nicaragua et Cuba, ont opposé le principe de l’égalité souveraine de tous les États de l’ONU à cette tendance à l’exceptionnalisme, voire même à « lunilatéralisme » comme la décrit le Venezuela.  Le Chili a estimé que les chefs d’État et de gouvernement dans des situations similaires à celle de l’Ukraine devraient pouvoir bénéficier des mêmes avantages, un point de vue partagé par Cuba.  

Pour sa part, le représentant de la Fédération de Russie a reproché à ses « collègues occidentaux » d’avoir politisé le travail du Conseil de sécurité, où ils ont permis à trois reprises au Président Zelenskyy d’intervenir par visioconférence.  C’est une entorse au règlement intérieurqui a de plus toujours été refusée à des pays africains, a-t-il indiqué, déplorant qu’aujourd’hui, l’Assemblée générale suit la même voie.  L’Iran a, pour sa part, rappelé que la participation d’un État au débat général peut se faire au niveau ministériel.  

Exhortant à rejeter l’amendement « hostile » du Bélarus, le Canada a argué de son côté que la situation spécifique de l’Ukraine mérite qu’on lui accorde cette exception.  La délégation canadienne a également reproché au Bélarus d’avoir présenté un texte visant à éliminer toute référence, dans le projet de décision, à l’invasion russe de l’Ukraine.  Pourtant, s’est indignée la représentante du Royaume-Uni, toute cette discussion n’aurait pas lieu si la Fédération de Russie n’avait pas envahi l’Ukraine. 

Tout en reconnaissant que certaines circonstances extraordinaires peuvent empêcher des chefs d’État de se rendre à New York, et que l’Ukraine connaît une telle situation, le Mexique a déploré le manque de consultation entre les parties et la célérité avec laquelle l’Assemblée générale a dû se prononcer sur la question.  La délégation a donc suggéré de discuter de la question de la participation à distance des chefs d’État et de gouvernement au sein du Groupe de travail spécial sur la revitalisation des travaux de l’Assemblée générale.  

Sur recommandation de son Bureau, l’Assemblée générale a par ailleurs approuvé la participation du Saint-Siège et de l’État de Palestine en qualité d’États observateurs et celle de l’Union européenne en qualité d’observateur aux travaux de sa soixante-dix-septième session. 

La prochaine réunion de l’Assemblée générale, dont le débat général commence le mardi 20 septembre à 9 heures, sera annoncée dans le Journal des Nations Unies

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