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Soixante-seizième session,
94e séance plénière – matin
AG/12435

L’Assemblée générale décide de poursuivre les négociations intergouvernementales sur la réforme du Conseil de sécurité

L’Assemblée générale a adopté ce matin, par consensus, une décision orale par laquelle elle décide de poursuivre « immédiatement » les négociations intergouvernementales sur la réforme du Conseil de sécurité.  Des divergences sont apparues entre ceux qui souhaitent des négociations sur la base d’un texte -le Président de l’Assemblée et certaines délégations, telles que le Japon et l’Allemagne-, et d’autres -tels que les délégations de la Chine, du Pakistan ou encore de la République de Corée- qui jugent une telle étape « prématurée » et de nature à briser le consensus.

Cette décision réaffirme le rôle central de l’Assemblée générale concernant la question de la représentation équitable et de l’augmentation du nombre des membres du Conseil de sécurité et d’autres questions relatives au Conseil et souligne l’engagement des chefs d’État et de gouvernement à insuffler « un nouveau souffle » aux discussions sur la réforme dudit Conseil. 

Par cette décision, l’Assemblée décide donc de poursuivre « immédiatement » les négociations intergouvernementales sur la réforme du Conseil de sécurité en séance plénière informelle de l’Assemblée générale à sa soixante-dix-septième session, qui s’ouvrira le 13 septembre.  Le texte prévoit la possibilité de réunir le groupe de travail à composition non limitée, « si les États Membres le décident ».  Il salue l’engagement actif du Président de l’Assemblée générale et des efforts concrets des coprésidents en vue d’une réforme globale rapide du Conseil de sécurité. 

Le Président de l’Assemblée, M. Abdulla Shahid, a estimé que la réforme « nécessaire » du Conseil doit avoir lieu, en rappelant que les négociations durent depuis 14 ans.  « Le monde a besoin d’un Conseil plus représentatif. »  Il s’est félicité de convergences accrues et a souligné la nécessité d’un texte de base afin que les négociations puissent avancer.  Cette décision orale est une base solide pour la poursuite du processus, a-t-il dit.  « Montrons que nous écoutons et que nous agissons. »

Une position partagée par la délégation de Saint-Vincent-et-les Grenadines, qui, au nom du Groupe L69, a estimé que le processus est « englué », marqué par les mêmes sempiternelles déclarations.  Nous avons besoin de négociations de fond sur la base d’un texte pour avancer, a déclaré la déléguée, tandis que le Guyana a demandé une réforme « rapide » du Conseil.  Le représentant du Japon, parlant au nom du G4 (Brésil, Allemagne, Inde, Japon), s’est dit très déçu par cette simple prorogation technique.

Il a regretté que les efforts du Président de l’Assemblée générale aient été « bloqués par ceux qui ne veulent pas faire avancer les négociations », précisant que le G4 est tout à fait d’accord pour débuter les négociations sur un texte.  « Il est inacceptable de reporter le débat et de vouloir revenir à la case départ », s’est-il impatienté.  Une impatience partagée par l’Allemagne et l’Inde, tandis que la déléguée du Royaume-Uni a estimé possible d’aller au-delà d’une simple prorogation technique.  « Sans texte, les négociations intergouvernementales pourraient continuer 75 ans », a tranché le délégué indien.

Le délégué de la Chine a, de son côté, indiqué que son pays n’est pas en faveur de négociations sur la base d’un texte et y a vu l’expression de la seule « volonté personnelle » du Président de l’Assemblée.  Ce sont les États qui dirigent le processus de négociation, a-t-il dit, en appelant à ne « pas surinterpréter » cette décision de poursuivre des négociations.  À l’instar de la Fédération de Russie, le délégué chinois a insisté sur la nécessité de préserver le consensus sur la réforme du Conseil. 

Une position partagée par le Pakistan, qui a rejeté toute négociation sur la base d’un texte.  Il nous faut d’abord parvenir à des accords sur les cinq groupes de questions, a dit le délégué, en estimant, comme la Türkiye, que le souhait d’un texte relève de la volonté personnelle du Président.  Toute tentative de formaliser ce processus serait précipité, a dit le délégué pakistanais, tandis que la République islamique d’Iran et la République de Corée ont jugé « prématurée » toute négociation sur la base d’un texte. 

Le Bélarus ou encore le Venezuela ont partagé ce point de vue, tandis que la République arabe syrienne a estimé que les éléments des coprésidents sont personnels et ne peuvent donc constituer une base de négociation.  L’Italie a reconnu que la volonté du Président de l’Assemblée n’est pas partagée par toutes les délégations, avant de noter les obstacles de fond qui entravent les négociations.  Il faut faire preuve de volonté politique pour avancer, a déclaré le délégué italien, tandis que son homologue du Danemark, l’un des deux coprésidents, a appelé à faire fond sur les progrès engrangés cette année.

« Il est crucial pour l’Afrique que la position africaine commune soit pleinement reflétée dans le processus de négociation », a déclaré le délégué de la Sierra Leone, au nom de l’Union africaine.  Il s’est félicité du soutien large dont bénéficie cette position et a souligné la nécessité de corriger « l’injustice historique » s’agissant de la représentation de l’Afrique au sein du Conseil.  Le délégué a enfin tenu à saluer les efforts du Président de l’Assemblée sur ce dossier.

En début de séance, l’Assemblée a honoré la mémoire de Shinzo Abe, ancien Premier Ministre du Japon, et de José Eduardo dos Santos, ancien Président de l’Angola, tous deux décédés le 8 juillet. 

La prochaine séance publique de l’Assemblée générale sera annoncée dans le Journal des Nations Unies.

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