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SC/14525

Le Conseil de sécurité examine les progrès du Soudan vers la démocratie et la paix, malgré les difficultés rencontrées par le Gouvernement de transition

Le Conseil de sécurité a examiné, ce matin, la situation au Soudan et les activités de la Mission intégrée des Nations Unies pour l’assistance à la transition au Soudan (MINUATS), près de huit mois après la signature, le 3 octobre 2020, de l’Accord de paix de Djouba, qui a pour ambition, notamment, de mettre fin à 17 ans de conflit armé au Darfour.  

Présentant le rapport du Secrétaire général* sur le sujet et les faits nouveaux survenus au Soudan entre le 16 février et le 1er mai 2021, le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la MINUATS, M. Volker Perthes, a noté que le Gouvernement de transition du Soudan a progressé sur la voie de la gouvernance démocratique et de la paix, en dépit de difficultés persistantes dans la mise en œuvre de l’Accord de Djouba et ses cinq priorités.  Arrêtées le 28 février, ces priorités sont les suivantes: a) les questions socioéconomiques, dont l’avancement des femmes et l’amélioration des services de base; b) la paix, dont la mise en œuvre de l’Accord de Djouba; c) l’élaboration d’une stratégie nationale de sécurité, la protection des civils, le désarmement, la démobilisation et la réintégration; d) les relations internationales; e) la transition démocratique, dont la justice de transition, la lutte contre la corruption, la préparation des élections, le recensement national et la rédaction d’une constitution.

À l’instar de la plupart des membres du Conseil de sécurité intervenus par visioconférence, le Chef de la MINUATS a souligné les efforts de dialogue avec les non-signataires de l’Accord de Djouba.  Illustrant son propos, il a indiqué que le général de corps d’armée Abdel Fattah Al-Burhan et le commandant du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord-faction Abdelaziz Hélou (MPLS-N-faction Abdelaziz Hélou) ont signé le 28 mars une déclaration de principes dans laquelle les parties se sont engagées à entamer des négociations, prévues fin mai sous les auspices du Gouvernement du Soudan du Sud.  

« À Djouba, a-t-il ajouté, j’ai également discuté avec le chef de l’ALS, M. Abdul Wahid Al-Nur, de la nécessité de s’engager politiquement pour une paix globale au Soudan ».  À cet égard, les États-Unis et la Fédération de Russie ont particulièrement regretté que Abdul Wahid Al-Nur, chef de l’Armée de libération du Soudan-faction Abdul Wahid Al-Nur, ait proposé un plan d’action indépendant de l’Accord de Djouba en s’abstenant de s’engager aux côtés de Khartoum.  De son côté, la Chine a jugé urgent d’examiner la pertinence de l’embargo sur les armes, afin que le Gouvernement légitime puisse acquérir les armes nécessaires à sa stratégie nationale de sécurité, dont la protection des civils.  

Après la recrudescence des affrontements intercommunautaires au Darfour qui ont fait en mars 144 morts, 232 blessés et environ 65 000 nouveaux déplacés, Volker Perthes a dit craindre que, « sans la mise en place rapide des forces conjointes et du Plan national de protection des civils, nous pourrions voir des incidents similaires se répéter ». 

Quatre jours après la conférence internationale d’appui à la transition soudanaise, organisée à Paris le 17 mai, qui a démontré la résolution de Khartoum à poursuivre l’élan amorcé par la révolution de décembre 2018, la France a indiqué avoir pris en charge le prêt relais de 1,5 milliard de dollars permettant de rembourser les arriérés soudanais au Fonds monétaire international (FMI).  « Les conditions sont ainsi réunies pour le réengagement des institutions financières internationales et le lancement du processus d’allègement de la dette du Soudan à partir de cet été », s’est félicitée la France avant de réitérer son engagement à annuler sa dette bilatérale de près de cinq milliards de dollars à l’égard du Soudan dans le cadre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). 

Le groupe A3+1 (Kenya, Niger, Tunisie et Saint-Vincent-et-les-Grenadines) a salué la Conférence de Paris comme une « étape importante » pour la relance de l’économie du Soudan. Il a d’ailleurs félicité le Gouvernement de transition pour son engagement à mettre en œuvre des réformes économiques et structurelles « difficiles mais nécessaires ».  D’après ces délégations, le premier impératif est de soutenir le processus de paix pour l'enraciner dans toutes les régions du pays.  Le deuxième impératif est de faire progresser la gouvernance démocratique et les réformes institutionnelles.

Alors que la consolidation de la paix est une responsabilité partagée, l’ensemble des intervenants ont appuyé l’opérationnalisation rapide de la MINUATS créée le 3 juin 2020, pour poursuivre l’appui des Nations Unies à la transition soudanaise.  Dans ce contexte, les délégations ont invité le Soudan à finaliser rapidement l’accord sur le statut de la Mission, dont le mandat, décliné en quatre piliers et neuf objectifs stratégiques, est d’appuyer les efforts de l’ensemble des autorités soudanaises face aux défis posés par la transition, y compris par le renforcement des capacités.

Le Représentant spécial a annoncé que la MINUATS s’emploiera avec l’équipe de pays des Nations Unies et le Gouvernement de transition à établir au deuxième semestre de 2021 des données de base et des cibles à atteindre, par rapport aux critères énoncés, pour commencer à mesurer ses progrès. 

Réagissant à ce débat, le Soudan a assuré qu’il déployait des efforts « inlassables » pour atteindre les objectifs conformes aux documents constitutionnels et à l’Accord de paix de Djouba.  « Le Gouvernement a fait des progrès considérables dans les exigences de la construction nationale en s’engageant comme promis à faire taire les armes, à établir les règles de la transition démocratique, à éliminer les distorsions structurelles et à assurer le retour du Soudan dans le concert des nations », a insisté la délégation.  Elle a dit sa détermination à s’attaquer aux causes du conflit non seulement au Darfour, mais aussi dans les États du Kordofan méridional, du Nil-Bleu ainsi que dans d’autres régions du pays. 

Enfin, alors que les efforts se poursuivent pour consolider la paix au Soudan, il faut y intégrer les femmes et veiller à ce qu’elles participent pleinement à la vie politique, ont unanimement encouragé les délégations. 

*S/2021/470

M. VOLKER PERTHES, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan et Chef de la Mission intégrée des Nations Unies pour l’assistance à la transition au Soudan (MINUATS), a indiqué qu’il revenait de la conférence internationale d’appui à la transition soudanaise, qui s’est tenue à Paris le 17 mai dernier, et au cours de laquelle les États ont annoncé l’annulation de la dette bilatérale, pour aider le Soudan à apurer ses arriérés auprès des institutions financières internationales, notamment dans le cadre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE).  Le Premier Ministre soudanais, M. Abdallah Hamdok, a réitéré son attachement à la paix et à la création d’un environnement propice aux investissements des entreprises, tandis que le lieutenant général Abdelfatah al-Burhan a affirmé son engagement en faveur d’une transition démocratique et des relations de bon voisinage du Soudan.  Il a exhorté tous les partenaires internationaux et nationaux à continuer de soutenir les réformes économiques et politiques du Gouvernement du Soudan.  

Mettant l’accent sur les développements récents au Soudan, M. Perthes a salué la signature d’une déclaration de principes le 28 mars, entre le général de corps d’armée Abdel Fattah Al-Burhan et le commandant du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (MPLS-N)-faction Abdelaziz Hélou, dans laquelle les parties se sont engagées à entamer des négociations à Djouba.  Après avoir salué le courage des deux parties de faire des compromis importants pour atteindre ce stade, le Chef de la MINUATS a indiqué avoir rencontré M. Abdelaziz Hélou avec le Gouvernement et l’équipe de médiation pour le Soudan du Sud pour discuter de la préparation des pourparlers.  À Djouba, a-t-il ajouté, j’ai également discuté avec le chef de l’ALS, M. Abdul Wahid Al-Nur, de la nécessité de s’engager politiquement pour une paix globale au Soudan, qui s’attaque aux causes profondes du conflit.

Le Chef de la MINUATS a salué les efforts continus du Gouvernement soudanais pour faire avancer la transition politique, avant de citer l’adoption d’une législation portant création de la Commission de la paix, de la Commission de lutte contre la corruption et de la Commission de justice transitionnelle est une étape importante.  Il a exhorté les autorités à procéder rapidement à l’opérationnalisation de ces entités tout en veillant à ce qu’elles reflètent la diversité du Soudan.  Il a regretté les retards dans la mise en place du Conseil législatif de transition inclusif et représentatif qui doit comprendre 40% de femmes.  

« Bien que les progrès limités dans la mise en œuvre de l’Accord de paix de Djouba suscitent de plus en plus de préoccupations, des progrès ont été accomplis dans certains domaines tels que le lancement des préparatifs techniques de la Conférence sur la gouvernance et les préparatifs de la mise en place du mécanisme de suivi et d’évaluation », a constaté M. Perthes.  Selon lui, les retards dans la mise en place d’une force conjointe de protection et l’absence de forces de sécurité intégrées et unies ont une incidence directe sur la stabilité et la protection des civils.

Après la dernière recrudescence des affrontements intercommunautaires au Darfour qui ont fait 144 morts, 232 blessés et environ 65 000 nouveaux déplacés, le Gouvernement de transition a décidé de prendre huit mesures essentielles de renforcement de la sécurité, dont certaines découlent de l’Accord de Djouba.  Il s’agit notamment d’ordonner la création et le déploiement de forces mixtes de sécurité, d’appliquer les dispositions transitoires de sécurité et de rendre opérationnels les comités chargés du cessez-le-feu correspondants, la gestion des armes et des munitions, et de faire face à la situation humanitaire urgente au Darfour occidental.  « Je crains que sans la mise en place rapide de ces forces conjointes et la mise en œuvre du Plan national soudanais pour la protection des civils, nous pourrions voir des incidents similaires, comme à Geneina, se répéter », s’est inquiété M. Volker Perthes.  

Le haut responsable a insisté sur les efforts du Gouvernement de transition en matière de réformes du secteur de la sécurité, dont certaines découlent de l’Accord de Djouba.  Il s’agit notamment d’ordonner la création et le déploiement de forces mixtes de sécurité, d’appliquer les dispositions transitoires de sécurité et de rendre opérationnels les comités chargés du cessez-le-feu correspondants, de prévenir toutes les formes de présence armée dans les villes, notamment par la gestion des armes et des munitions, et de faire face à la situation humanitaire urgente au Darfour occidental.  Le Gouvernement de transition et les mouvements armés signataires sont responsables de la mise en œuvre de ces mesures.

La MINUATS et l’équipe de pays des Nations Unies appuient le Plan national du Gouvernement aux fins de la protection des civils, en se concentrant sur ses trois objectifs principaux: l’appui à la prévention, l’appui à la protection physique et la création d’un environnement propice à la protection.  Cela comprend le renforcement du système judiciaire, une priorité des Nations Unies.  La Mission a déployé trois équipes multifonctionnelles au Darfour pour aider la police soudanaise à assurer la police de proximité, à enquêter et à lutter contre la violence sexiste et la protection des civils.  Les efforts de l’ONU pour la protection des civils continueront de s’intensifier à mesure qu’elle accroîtra sa capacité.

Mettant l’accent sur les attentes des femmes soudanaises qui exigent le plein exercice de leurs droits, conformément aux aspirations de la révolution et de la Déclaration constitutionnelle, M. Perthes a expliqué qu’une marche des femmes du 8 avril a attiré l’attention sur les disparités en matière de sécurité des femmes, de besoins fondamentaux, de droits juridiques et de participation politique.  Il s’est dit profondément troublé par les rapports continus de violations des droits humains contre les femmes et les filles, y compris les campagnes sur les réseaux sociaux incitant à la violence.  « Les militantes des droits des femmes soulignent le fait que ces crimes sexistes étaient inacceptables pendant la révolution et devraient l’être encore maintenant », a-t-il appuyé.  

Dans ce contexte, le Chef de la MINUATS a estimé que la décision du Gouvernement de ratifier la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) et le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits de la femme en Afrique a constitué un pas en avant important - malgré les réserves formulées sur les dispositions fondamentales par les groupes de défense des droits des femmes soudanaises.  

S’agissant des questions régionales, M. Perthes a continué d’exhorter le dialogue pour régler les différends et les tensions entre le Soudan et l’Éthiopie pour préserver la stabilité du Soudan.  En matière de coopération internationale, il a salué l’accord sur la création d’un Forum national du développement du Soudan en tant que mécanisme de coordination de l’aide des donateurs.

Le Soudan a assuré qu’il déployait des efforts « inlassables » pour atteindre les objectifs de la période de transition conformément aux documents constitutionnels et à l’Accord de paix de Djouba.  Le Gouvernement a fait des progrès « considérables » dans les exigences de la construction nationale en s’engageant comme promis à faire taire les armes; établir les règles de la transition démocratique; éliminer les distorsions structurelles; assurer le retour du Soudan dans le concert des nations.

De ce point de vue, l’Accord de Djouba, conclu entre le Gouvernement de transition, d’une part, et le Front révolutionnaire et le Mouvement de libération du Soudan faction « Minni Minawi » (MLS-MM), d’autre part, est un accord global qui s’attaque aux causes du conflit non seulement au Darfour, mais aussi dans les États du Kordofan méridional et du Nil-Bleu ainsi que dans d’autres régions du pays, a expliqué la délégation.  Le Gouvernement de transition n’aura de cesse d’œuvrer jusqu’à ce que les mouvements qui sont encore en dehors du processus de paix y soient impliqués. 

Le Soudan est revenu sur la déclaration de principe signée entre le Président du Conseil de souveraineté et M. Abdelaziz Hélou, qui a jeté les bases des négociations qui débuteront à la fin de ce mois sous le parrainage de l’État du Soudan du Sud.  À cet égard, la délégation a appelé Abdul Wahid Al-Nur à réagir de manière constructive aux appels positifs et répétés du Gouvernement s’agissant des questions relatives à la sécurité, la stabilité et la paix au Darfour, en particulier, et au Soudan en général.  La signature de l’Accord de Djouba et la participation des mouvements de lutte armée dans les structures de gouvernance au Soudan, ainsi que les dispositions prises pour former des forces conjointes pour protéger les civils et l’entrée des forces de ces mouvements dans les programmes de désarmement, de démobilisation et de réintégration, auront un impact réel sur la sécurité au Darfour, a poursuivi la délégation.  Bien que certains problèmes de sécurité persistent avec les conflits tribaux au Darfour, le Gouvernement est déterminé à désamorcer les tensions tribales, à procéder à des réconciliations entre les composantes sociales, renforcer l’état de droit et instaurer une justice pénale donnant lieu à des réparations.

Pour ce qui est de l’achèvement des structures de gouvernance de transition, les partenaires du processus de transition travaillent à la formation du Conseil législatif de transition pour superviser et contrôler la performance des principaux organes directeurs.  Des travaux sont en cours pour créer les commissions stipulées dans le Document constitutionnel et l’Accord de Djouba, des projets de loi portant création de ces commissions ont déjà été élaborés en vue de leur approbation, a annoncé le Soudan.  En ce qui concerne la protection des civils, la promotion des conditions des droits de l’homme et l’état de droit, le Gouvernement de transition poursuit ses efforts visant à mettre en œuvre des réformes institutionnelles et juridiques.  En particulier, a dit la délégation, en rappelant le rôle joué par les femmes dans la « glorieuse révolution de décembre », de nombreuses mesures sont prises pour renforcer leur statut au Soudan.  À cet égard, il a annoncé la prochaine ratification de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW). 

Afin de rendre justice aux victimes de la guerre au Darfour, une délégation de la Cour pénale internationale (CPI) s’est rendue une fois de plus au Soudan en avril dernier, pour discuter de la mise en œuvre des termes du mémorandum d’accord signé en février dernier pour renforcer la coopération entre le Soudan et la CPI, a rappelé la délégation.  Il a été également envisagé d’organiser une visite du Procureur de la CPI au Darfour.

Au cours de la dernière période, diverses lois et politiques ont été réformées qui stimulent et renforcent la croissance économique et encouragent l’investissement aux fins de réduire la dette extérieure du Soudan, a rapporté la délégation.  Elle a ainsi remercié le Président français, M. Emmanuel Macron, pour l’organisation en début de semaine de la conférence de Paris sur le Soudan en soutien à la transition démocratique.  Elle a également salué les pays amis et institutions financières internationales et régionales qui s’engagent à travailler sur l’annulation des dettes du pays et la promotion de l’économie soudanaise.

Pour finir, il a réaffirmé la pleine coopération du Soudan avec la Mission intégrée des Nations Unies pour l’assistance à la transition au Soudan (MINUATS) pour mettre en œuvre les objectifs stratégiques énoncés dans la résolution 2524 (2020) du Conseil. 

Le Royaume-Uni a salué les progrès continus accomplis par le Premier Ministre Hamdok et son gouvernement pour assurer tous les aspects de la transition au Soudan, dont les difficiles réformes économiques.  Le Royaume-Uni a salué la signature d’une déclaration de principes le 28 mars, entre le général de corps d’armée Abdel Fattah Al-Burhan et le commandant du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (MPLS-N)-faction Abdelaziz Hélou.  La délégation a aussi souligné les progrès accomplis par l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD) pour achever la fermeture et la remise de sites dans un contexte difficile, ainsi que les efforts du Gouvernement soudanais pour sécuriser les sites qui leur ont été remis par la MINUAD.  « Étant donné qu’il s’agit de la dernière session du Conseil avant la clôture de la MINUAD le 30 juin », la délégation a félicité son personnel pour ses efforts en faveur de la paix au Darfour.

Malgré des progrès significatifs, le Royaume-Uni s’est dit profondément préoccupé par le recours à la violence contre les manifestants à Khartoum le 11 mai.  Il a jugé essentiel que des progrès soient accomplis en matière de bonne gouvernance et de réforme constitutionnelle, car ce n’est qu’avec de tels progrès que tous les citoyens du Soudan bénéficieront de la transition.  Faisant également écho aux préoccupations du Secrétaire général concernant l’augmentation de la violence intercommunautaire, la délégation a mis l’accent sur la priorité de la protection des civils.  C’est pourquoi il a demandé au Gouvernement d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord de paix de Djouba et du Plan national pour la protection des civils, en appelant la MINUATS à accompagner ces efforts.  Alors que le Conseil discute du renouvellement du mandat de la MINUATS, la délégation a encouragé le Gouvernement soudanais à finaliser rapidement l’accord sur le statut de la Mission.  Il a espéré que le Conseil de sécurité renouvellera le mandat de la MINUATS, afin de lui permettre de soutenir les priorités du Gouvernement soudanais.   

Avant d’entamer son propos, la Fédération de Russie a souhaité un retour à la normale dans les travaux du Conseil, soulignant que toutes les conditions sont réunies à cet égard.  Abordant ensuite la question à l’ordre du jour, la Russie a dressé un sombre tableau de la situation politique interne au Soudan.  La délégation a évoqué, à cet égard, l’incidence négative des événements en Libye, l’augmentation du nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays et de réfugiés des États africains voisins, ainsi que la propagation d’une nouvelle vague de la pandémie de COVID-19.

De plus, la crise économique et la montée des tensions sociales sont également un motif d’inquiétude pour la délégation.  Elle a souligné que 9,3 millions de Soudanais ont besoin d’une aide humanitaire et plus de sept millions d’habitants souffrent de pénuries alimentaires. 

La Russie a estimé que le travail de la Mission des Nations Unies pour l’assistance à la transition au Soudan (MINUATS) contribuera à renforcer la consolidation de la paix, le cadre socioéconomique et la sécurité dans le pays.  La signature en octobre dernier de l’Accord de paix de Djouba entre le Gouvernement de transition du Soudan et le « Front révolutionnaire soudanais » a constitué, selon elle, un pas important sur la voie de la stabilisation de la situation dans le pays, et devrait régler de nombreux problèmes urgents.  À cet égard, la Russie a exhorté tous les groupes armés qui restent en dehors du processus de paix à adhérer à cet accord.  Dans ce contexte, le délégué a déploré qu’Abdul Wahid Al-Nur refuse toujours d’entamer un dialogue avec Khartoum, appelant les acteurs ayant de l’influence sur cet opposant d’œuvrer pour un retour au dialogue.  « Nous attendons avec intérêt le lancement rapide du processus de négociation entre les autorités nationales et le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (MPLS-N)-faction Abdelaziz Hélou, sur la base de la déclaration de principes signée par les parties ».  Il a espéré que la MINUATS fournira l’assistance nécessaire à ce processus.

La délégation s’est félicitée de la volonté de Khartoum de régler les causes sous-jacentes des tensions intercommunautaires dans diverses régions du pays.  La mise en œuvre concrète du Plan national de protection des civils constituera, à ses yeux, une contribution importante sur ce plan.

Il convient de noter, par ailleurs, que la situation au Darfour s’améliore peu à peu en dépit de flambées intercommunautaires sporadiques.  Pour finir, la Russie a salué l’excellent travail de la MINUATS et la coopération étroite entre l’ONU, l’Union africaine et les Soudanais.  La Mission, a-t-elle conclu, ne pourra s’acquitter de son mandat qu’avec la coopération du pays hôte.  Les autorités de Khartoum doivent donc formuler des observations sur les domaines prioritaires.

Le Mexique a exhorté les autorités soudanaises à mettre en œuvre le Plan national de la protection des civils.  La délégation a salué les huit mesures supplémentaires du Plan et appelé à faire en sorte que des forces conjointes de protection soient déployées sans délai.  Elle s’est inquiétée des tensions dans la zone frontalière d’Al-Fashaqa et de la dynamique régionale tendue.  La délégation a aussi cité les conséquences de l’instabilité régionale sur la situation humanitaire.  « Environ 2,5 millions de Soudanais sont déplacés et le pays continue de recevoir un afflux important de réfugiés en provenance des pays voisins », a relevé le Mexique avant de préciser que les graves conditions de déplacement exacerbent les risques concernant la protection des civils et aggravent leur vulnérabilité.  Il a salué la pertinence des quatre piliers stratégiques du mandat de la MINUATS avant de souligner l’importance de l’établissement de cibles qui permettront d’évaluer son travail.

Le Viet Nam a espéré que les parties soudanaises continueront de résoudre leurs différends pour mettre en œuvre les dispositions restantes de l’Accord de Djouba.  Jugeant encourageant que le Soudan du Sud continue d’accepter d’accueillir les pourparlers de paix au Darfour le 25 mai, il a estimé qu’il faudrait promouvoir davantage de mesures de confiance et d’opportunités de dialogue à cet égard.  La délégation a ensuite appelé le Gouvernement soudanais à continuer de renforcer sa responsabilité première en matière de protection des civils.  Pour elle, il est essentiel de s’attaquer aux causes profondes de la violence intercommunautaire au Darfour de manière durable, y compris par la réconciliation entre les différentes tribus et communautés.  Enfin, le Viet Nam a évoqué les défis économiques et humanitaires au Soudan en raison de l’impact de la COVID-19 et des catastrophes naturelles.  À cette fin, il a souhaité que l’accès du pays aux institutions financières internationales soit facilité.

Les États-Unis ont exprimé leur préoccupation concernant le meurtre de deux manifestants le 11 mai, à Khartoum.  À cet égard, ils ont noté l’engagement du Gouvernement soudanais à poursuivre les personnes responsables des attaques contre des manifestants en juin 2019.  Par ailleurs, la délégation a remercié le Royaume-Uni pour ses efforts visant à rapprocher le Conseil de sécurité d’un consensus sur le prochain mandat de la MINUATS: « nous soutenons fermement le projet de mandat ».  En effet, a expliqué la délégation, la hiérarchisation des tâches est essentielle pour que la Mission ait un impact maximal et soutienne les priorités gouvernementales.  

Les États-Unis ont encore fait part de leur préoccupation en ce qui concerne la capacité du Gouvernement de transition à assumer sa responsabilité la plus fondamentale, à savoir la protection de son propre peuple.  « Nous avons constaté des récurrences de la violence au Darfour, en particulier la violence intercommunautaire, qui a provoqué des milliers de nouveaux déplacements - les plus importants que le Darfour ait connus depuis 2015.  Le respect de l’accord est nécessaire pour une transition réussie vers la démocratie et la stabilité au Soudan », a martelé la délégation américaine.  Elle a encouragé le Gouvernement de transition à faire en sorte que tous les Soudanais se sentent en sécurité dans leurs communautés et leurs modes de vie. 

Les États-Unis ont salué les progrès réalisés dans les efforts de médiation sous les auspices du Gouvernement du Soudan du Sud, et apprécié l’engagement du Représentant spécial auprès de celui-ci et des groupes armés qui n’ont pas encore signé l’accord de paix de Djouba.  Poursuivant, ils ont exhorté le Gouvernement et le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (MPLS-N)-faction Abdelaziz Hélou à conclure leurs négociations et à parvenir à un accord qui s’attaque aux causes profondes de leur conflit et permette la pleine participation du Mouvement au processus de transition du Soudan.  Les États-Unis ont toutefois regretté qu’en dépit de l’engagement récent de M. Perthes, M. Abdul Wahid Al-Nur du Mouvement de libération du Soudan continue de refuser de se joindre aux efforts de médiation ou de s’engager de manière constructive dans les négociations de paix.  « Une telle intransigeance défie les appels des millions de Soudanais courageux qui ont réclamé la paix pendant la révolution.  Elle sape également les efforts du Gouvernement de transition pour parvenir à un accord de paix global négocié conformément à la constitution de transition. »  Pour finir, la délégation a estimé que l’engagement pour le bien-être du peuple soudanais s’étend au transfert des bases d’opérations des mains de l’ONU à celles du Gouvernement, de manière responsable. 

L’Estonie s’est félicitée des progrès que le Soudan continue de réaliser dans sa transition « historique », malgré les multiples défis auxquels le pays est confronté.  Pour que la transition reste sur la bonne voie, comme l’envisagent la révolution et la Déclaration constitutionnelle, l’importance du renforcement des institutions ne saurait être surestimée.  Par conséquent, la délégation a exhorté les autorités de transition à accélérer la formation du Conseil législatif de transition, avec une représentation de 40% de femmes.  De même, elle a demandé la création des commissions des droits de l’homme, de la justice transitionnelle et anticorruption. Pour le succès de la transition au Soudan, a insisté l’Estonie, il faut que les femmes participent pleinement, sur un pied d’égalité et de manière significative, aux organes de décision.  S’inquiétant du niveau de violence à l’égard des femmes et des filles, elle a demandé au Gouvernement de prendre davantage de mesures pour créer un environnement protecteur. 

La MINUATS, a rappelé l’Estonie, s’est vu délibérément confier un mandat large, pour pouvoir fournir une assistance dans de nombreux domaines dans lesquels le Soudan pourrait avoir besoin d’aide.  Pour progresser sur les questions les plus urgentes, il pourrait être utile de donner la priorité à certains objectifs pour l’année prochaine. C’est pourquoi la délégation salue l'élaboration de repères et d’indicateurs qui aideront à suivre les progrès de la Mission par rapport à ses objectifs stratégiques. 

Le Kenya, au nom du groupe A3+1 (Kenya, Niger, Tunisie et Saint-Vincent-et-les Grenadines), a souligné quatre impératifs pour la paix, la stabilité, la gouvernance démocratique et la croissance économique au Soudan.  Le premier impératif, a-t-il souligné, est de soutenir le processus de paix pour l’enraciner dans TOUTES les régions du Soudan.  Depuis la signature de l’Accord de paix « historique » de Djouba, le cessez-le-feu continue d’être respecté au Darfour, ainsi que dans le Kordofan méridional et les États du Nil-Bleu.  La délégation a exhorté les parties à rester attachées au processus de paix, à accélérer la mise en œuvre de tous les aspects de l’Accord afin d’offrir des avantages tangibles aux citoyens et d’éviter toute rechute.  Le groupe A3+1 a appelé les groupes armés restants à se joindre rapidement et sans condition au processus de paix.  Préoccupé par les violents affrontements intercommunautaires récurrents au Darfour, il a également appelé à la mise en œuvre rapide du Plan national de protection des civils, ainsi qu’à la promotion du dialogue et de la réconciliation entre les différentes communautés ethniques.

Le deuxième impératif, a poursuivi le Kenya, est de faire progresser la gouvernance démocratique et les réformes institutionnelles.  S’il a félicité le Gouvernement de transition pour l’adoption et la mise en œuvre de politiques visant à élargir la gouvernance démocratique, telle que définie par le document de la Constitution et l’Accord de paix, le groupe A3+1 l’a néanmoins exhorté à accélérer la formation des institutions de transition restantes, y compris le Conseil législatif de transition.  Une attention particulière devrait être accordée à la création d’opportunités pour les femmes et les jeunes qui étaient « les piliers de la révolution de 2019 ». 

Ensuite, a expliqué le Kenya, la relance de l’économie est un élément essentiel des efforts visant à réduire la pauvreté, à minimiser les inégalités, à améliorer la protection sociale, à renforcer la cohésion et à instaurer une paix durable.  « Le groupe A3+1 félicite le Gouvernement de transition pour son engagement à mettre en œuvre des réformes économiques et structurelles difficiles mais nécessaires et encourage de nouveaux efforts pour atteindre les conditions requises dans le cadre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés. »  La délégation a salué la conférence internationale d’appui à la transition soudanaise récemment accueillie par la France comme « une étape importante » à cet égard.

Enfin, le Kenya a prié la communauté internationale d’apporter le soutien diplomatique, technique, financier et logistique indispensable à la mise en œuvre du document constitutionnel et de l’Accord de paix.  Un appui supplémentaire est nécessaire pour renforcer les interventions humanitaires d’urgence, enrayer la COVID-19 et faire face aux défis climatiques.  À ce sujet, il a engagé la communauté internationale à honorer ses promesses en matière de financement climatique afin que le Soudan puisse renforcer ses efforts d’adaptation et d’atténuation.  En conclusion, le groupe A3+1 a salué les progrès accomplis dans la mise en place de la MINUATS, à laquelle il a demandé de continuer à travailler en étroite collaboration avec les autorités de transition pour faciliter la mise en œuvre rapide du programme de réformes.  « Tous les programmes et initiatives doivent être détenus et dirigés par des Soudanais. »

L’Irlande a souligné l’opportunité sans précédent pour le Soudan de construire une paix et une prospérité durables pour son peuple, saluant les progrès réalisés par le pays et les importants efforts de réforme entrepris par le Gouvernement.  Cependant, « soyons francs », beaucoup de travail reste à faire, a reconnu la délégation.  Il est donc vital que les aspects clefs de la transition politique, tels que la mise en place du Conseil législatif de transition et des autres institutions en souffrance, soient finalisés de toute urgence.  « La société soudanaise est riche de sa diversité.  Mais nous ne pouvons espérer une véritable adhésion de tout le pays si cette diversité ne se reflète pas dans la composition et les actions de son gouvernement », a averti l’Irlande.  Elle a donc encouragé le Gouvernement soudanais à être aussi inclusif que possible pendant cette transition, en écoutant attentivement le point de vue des femmes, des jeunes, de la société civile et des personnes déplacées, et en s’efforçant de faire en sorte que leurs priorités soient comprises et intégrées comme il convient.  La délégation a rappelé qu’il fallait une représentation féminine de 40% au sein du Conseil législatif de transition, et estimé que ce pourcentage doit être considéré comme une « base de référence, et non comme un plafond ».

La mise en place du Haut Comité national pour soutenir la mise en œuvre de l’Accord de paix de Djouba est bienvenue, mais il est regrettable que les progrès restent globalement lents, a poursuivi l’Irlande.  La transition du Soudan se déroule bien sûr dans un contexte de crise économique aiguë.  Celle-ci est encore exacerbée par l’impact de la COVID-19 et, comme dans tant de situations à l’ordre du jour de ce Conseil, la menace de la crise climatique plane également.  Compte tenu de l’ampleur de ces défis, la délégation a salué l’engagement du Gouvernement soudanais à mettre en œuvre des réformes économiques difficiles, mais nécessaires.  Pour finir, l’Irlande, en tant que partisane du processus d’allègement de la dette du Soudan, a espéré que d’autres pays la rejoindront dans le cadre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) le mois prochain. 

La Norvège a déclaré que la réussite du processus de transition au Soudan doit être mesurée à l’aune de la capacité du Gouvernement de transition à gérer la diversité sur la base du principe d’égalité des droits et de la manière dont le peuple bénéficiera du développement économique.  Son succès dépendra également de la mise en œuvre de la Déclaration constitutionnelle et de l’Accord de Djouba.  Le Conseil législatif de transition doit être établi sans tarder, a-t-elle estimé. 

La délégation a salué l’annonce, par le Gouvernement de transition, des huit mesures visant à contrer la violence au Darfour occidental et a appelé à leur mise en œuvre rapide.  Elle s’est également félicitée de la signature de la déclaration de principe entre le Gouvernement et le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (MPLS-N)-faction Abdelaziz Hélou. Les pourparlers en cours et à venir doivent être inclusifs, et la participation entière, équitable et significative des femmes doit être une priorité pour tous, a-t-elle souligné.  La Norvège a ensuite annoncé qu’elle prévoit de contribuer du personnel à l’équipe spécialisée de police de la MINUATS et de présenter un candidat au poste de conseiller militaire du Représentant spécial.

La France a indiqué que la conférence de Paris sur le Soudan, qui s’est tenue le 17 mai, a démontré la résolution de l’ensemble des autorités soudanaises à poursuivre l’élan amorcé par la révolution de décembre 2018.  Pour soutenir la transition démocratique du Soudan, la France a pris en charge le prêt relais de 1,5 milliard de dollars permettant de rembourser les arriérés soudanais au FMI, a fait savoir la délégation.  Elle a appelé tous les créanciers bilatéraux du Soudan, qu’ils soient ou non membres du club de Paris, à participer de manière coordonnée et équitable au processus d’allègement de la dette du Soudan. 

En matière de réforme, la délégation a appelé à faire aboutir la formation du conseil législatif de transition, avec une représentation des femmes d’au moins 40%.  Elle a aussi appelé les autorités soudanaises à ne pas formuler de réserves pouvant réduire la portée de la ratification de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, entre autres, et à mettre en place sans délai la Commission nationale pour la justice transitionnelle et lutter contre la corruption.  Elle a espéré, en outre, que l’ouverture des autorités soudanaises au dialogue avec la Cour pénale internationale (CPI)aboutira à des résultats concrets pour la lutte contre l’impunité des crimes commis au Darfour.

Préoccupée par la fragilité de la situation sécuritaire au Darfour, la délégation française a appelé le Gouvernement à accélérer la mise en œuvre des accords de Djouba et à déployer le plus rapidement possible la force de protection conjointe prévue par ces accords.  La protection des civils, y compris des personnels humanitaires, ainsi que la garantie d’un accès humanitaire doivent rester des priorités, a-t-elle souligné.  Elle a ensuite appelé l’ensemble des groupes armés signataires à regagner le Soudan et à cesser de recruter de nouveaux combattants, en particulier parmi les enfants.  Nous encourageons en outre les acteurs qui restent en dehors du processus de paix à le rejoindre sans tarder et nous saluons à ce titre la signature d’une déclaration de principe entre le Président du Conseil de souveraineté et le parti d’Abdelaziz Hélou, a-t-elle ajouté.  La France a ensuite a fait part de son soutien à l’opérationnalisation rapide de la MINUATS.  Cela nécessite en premier lieu que le Soudan finalise rapidement l’accord sur le statut de la mission, a-t-elle souligné.

L’Inde a salué les développements positifs des trois derniers mois au Soudan dans sa transition démocratique.  « Les autorités ont défini les grands paramètres du système fédéral conformément au Document constitutionnel et à l’Accord de paix de Djouba », s’est-elle félicitée avant d’appuyer la vision stratégique du Gouvernement axée sur cinq domaines prioritaires.  La délégation a salué la signature de la Déclaration de principes entre le Président du Conseil souverain, le général de corps d’armée, M. Abdel Fattah Al-Burhan, et le Commandant du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (MPLS-N)-faction Abdelaziz Hélou, ainsi que leur détermination à engager des négociations.  

L’Inde a toutefois regretté l’absence de progrès dans la mise en œuvre de l’Accord de Djouba six mois après sa signature, les retards dans la mise en place des structures de gouvernance transitoires dont le Conseil législatif de transition qui doit comprendre 40% de femmes.  Enfin, elle a souligné sa longue tradition de relations bilatérales avec le Soudan qui a débuté dès les années 50 et qui se poursuit aujourd’hui avec une assistance humanitaire, notamment via une aide alimentaire et sanitaire.  

La communauté internationale doit continuer à apporter son appui aux autorités soudanaise, a conseillé la Chine, tout en reconnaissant une amélioration dans le pays.  Au titre du processus politique, la délégation a rappelé que les autorités soudanaises ont récemment achevé la restructuration du Gouvernement de transition et créé un Haut Comité national pour la mise en œuvre de l’Accord de paix de Djouba, en plus de la Déclaration de principes entre le Président du Conseil souverain et le commandant du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (MPLS-N)-faction Abdelaziz Hélou.  À cet égard, la Chine a encouragé toutes les parties à poursuivre la transition, en se préparant à des élections législatives.  Elle a incité ceux qui n’ont pas encore rallié le processus de paix à le faire le plus rapidement possible.  Le maintien de la paix et de la stabilité et le renforcement des capacités demeurent, à ses yeux, essentiels. 

Évoquant les conflits intercommunautaires survenus au Darfour, qui provoquent le déplacement de nombreux civils, la Chine s’est félicitée que le Gouvernement soudanais ait pris des mesures « actives ».  Elle a appelé la communauté internationale à renforcer son aide, notamment en matière de protection des civils.  Le Conseil devrait étudier les incidences de l’embargo sur les armes et prendre des actions effectives pour lever les mesures liées à cet embargo, a ensuite recommandé la Chine, saluant l’importance des mesures visant à l’allègement de la dette par les autorités françaises.  Une transition sans heurt devrait être possible grâce à toutes ces mesures, a conclu la délégation.  Le Gouvernement soudanais et les Nations Unies devraient travailler ensemble après la fermeture de la MINUAD pour poursuivre la mise en œuvre des mandats confiés à l’Organisation dans le cadre de la MINUATS.  Pour finir, la Chine a espéré que dans ce processus, la MINUATS tiendra compte des priorités du pays hôte. 

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