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SC/14410

Conseil de sécurité: la décision américaine de désigner les houthistes du Yémen comme « organisation terroriste étrangère » suscite de graves préoccupations humanitaires

L’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen a fait le point aujourd’hui, devant le Conseil de sécurité et le Ministre yéménite des affaires étrangères, sur ses efforts visant la reprise des pourparlers de paix entre le Gouvernement yéménite et les rebelles houthistes.  À l’instar du Coordonnateur des secours d’urgence et du Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), M. Martin Griffiths a dit craindre que la décision prise le 10 janvier dernier, par les États-Unis, de désigner les houthistes comme « organisation terroriste étrangère » ait des conséquences humanitaires catastrophiques mais qu’elle soit aussi « un obstacle » à sa mission de rapprocher les parties.

L’année 2020, a estimé l’Envoyé spécial, s’est achevée sur une note « bien triste » pour le Yémen, avec l’attaque contre le Gouvernement nouvellement formé, à l’aéroport d’Aden.  M. Griffiths s’est tout de même félicité de ce que le Président Abdrabbuh Mansur Hadi et les parties à l’Accord de Riyad du 5 novembre 2019 aient continué d’appuyer le processus « à ce stade ».  Il a espéré que les parties se rallieront à la déclaration conjointe qui prévoit la reprise du processus politique et un cessez-le-feu national.  Des divergences subsistent sur les volets économique et humanitaire et notamment sur le fonctionnement du port de Hodeïda et de l’aéroport de Sanaa. 

Malgré ces divergences, mais grâce aux efforts de médiation de l’Arabie saoudite que plusieurs délégations ont salué, les deux parties semblent déterminées à réaliser la paix, s’est réjoui l’Envoyé spécial qui a tout de même prévenu que la décision des États-Unis de qualifier Ansar Allah ou houthistes d’organisation terroriste étrangère, au regard du droit américain, est « un obstacle » à sa mission de rapprocher les parties.  « Je suis attaché au dialogue avec toutes les parties, y compris Ansar Allah », a-t-il professé, s’inquiétant aussi des conséquences humanitaires de la décision américaine. 

Les agences humanitaires se sont « unanimement » opposées à cette décision, a confirmé le Coordonnateur des secours d’urgence.  Ces agences, a expliqué M. Mark Lowcock, sont convaincues qu’une telle initiative ne peut qu’aggraver la situation humanitaire et précipiter, cette année, 16 millions de Yéménites dans la famine.  Nous nous évertuons déjà à nourrir les populations, mais avec cette désignation, c’est une véritable « catastrophe » qui s’annonce, s’est alarmé le Directeur exécutif du PAM, M. David Beasley. 

Déjà aujourd’hui, a précisé le Coordonnateur des secours d’urgence, 50 000 personnes « meurent de faim » et cinq millions d’autres ne sont plus qu’à « un pas du gouffre ».  Chaque décision que le monde prend en ce moment doit tenir compte de cette situation, a assené M. Lowcock, qui a annoncé que le Plan de réponse humanitaire 2021 qui sera publié le mois prochain est estimé à environ 3,4 milliards de dollars et ce, dans un contexte où le Plan de 2020 n’a été financé qu’à moitié, principalement en raison des contributions « bien moindres » des donateurs du Golfe. 

Le Directeur exécutif du PAM a encouragé le Conseil de sécurité et la communauté internationale à faire pression sur ces pays, l’Arabie saoudite en tête.  Sans cela, a-t-il averti, d’autres bailleurs de fonds se verront obligés de détourner le soutien qu’ils apportent dans d’autres régions du monde pour le réorienter vers le Yémen.  « Si nous ne pouvons gérer cette situation créée par les hommes, alors honte à nous », s’est impatienté le Directeur exécutif du PAM.

Nous tiendrons compte, ont assuré les États-Unis, de vos points de vue et de vos préoccupations.  Ils ont annoncé que leur décision, qui ne vise « qu’à faire avancer le processus de paix », prendra effet le 19 janvier prochain, le Département du Trésor étant déjà prêt à fournir des dérogations.  Les États-Unis ont en effet promis des mesures pour atténuer l’impact de leur décision sur les activités humanitaires et commerciales.  La classification des houthistes comme organisation terroriste est une bonne mesure, s’est réjoui le Ministre des affaires étrangères et des expatriés du Yémen, car il faut exercer une pression maximale pour obtenir d’eux qu’ils empruntent le chemin de la paix. 

M. Ahmed Awad Ahmed Binmubarak a fustigé des houthistes qui viennent de se livrer à une autre attaque, le 30 décembre et qui continuent de faire preuve « d’intransigeance », de violer les accords qu’ils ont eux-mêmes signés, qu’il s’agisse de l’Accord de Stockholm de 2018 ou de celui de Riyad de 2019, et d’entraver l’acheminement de l’aide humanitaire.  Leur classification, en tant qu’organisation terroriste, ne peut que tarir leurs sources de financement, s’est félicité le Ministre.  La France lui a tout de même rappelé la responsabilité de son gouvernement: mettre fin « à la captation » des deniers publics et au détournement de l’aide humanitaire.  Ce gouvernement doit aussi travailler à l’élaboration d’une solution politique « inclusive » à la crise, a insisté la France. 

En attendant, la Chine, la Fédération Russie, Saint-Vincent-et-les Grenadines et le Mexique ont exhorté l’Administration américaine à revenir sur sa décision.  Avec cette mesure, c’est 80% de la population, soit 24 millions de Yéménites qui pourraient passer aux niveaux 3, 4 ou même 5 de famine, a pronostiqué le Directeur exécutif du PAM, lui-même « citoyen américain ». 

M. MARTIN GRIFFITHS, Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, a rappelé que l’année 2020 s’est achevée sur une note « bien triste » pour le Yémen, avec l’attaque contre le Gouvernement nouvellement formé, à l’aéroport d’Aden.  Les attaques délibérées contre les personnes et les infrastructures civiles sont interdites au regard du droit international, a martelé l’Envoyé spécial qui a fait part de toute sa solidarité avec le nouveau Gouvernement, lequel a décidé de rester à Aden, malgré les risques sécuritaires.

M. Griffiths, qui a pu se rendre sur place, s’est dit ébranlé par l’ampleur des dégâts.  Depuis lors, le Gouvernement a lancé une enquête qui a établi la responsabilité d’Ansar Allah.  L’Envoyé spécial a félicité le Président Abdrabbuh Mansur Hadi et les parties à l’Accord de Riyad pour avoir appuyé le processus à ce stade.  L’Envoyé spécial a tout de même estimé que la décision des États-Unis de qualifier Ansar Allah d’organisation terroriste étrangère, au regard du droit américain, est « un obstacle » à sa mission de rapprocher les parties.  M. Griffiths s’est dit attaché au dialogue avec toutes les parties, y compris Ansar Allah.  Il a également souscrit à l’opinion du Coordonnateur des secours d’urgence des Nations Unies, selon lequel la décision américaine ne peut que contribuer à la famine au Yémen et qu’à ce titre, elle devrait être annulée le plus vite possible. 

La voie de la paix est plus compliquée aujourd’hui qu’il y a un mois, a prévenu l’Envoyé spécial.  Mais, a-t-il affirmé, elle reste possible tant que la volonté est là.  M. Griffiths a espéré que les parties se rallieront à la déclaration conjointe qui prévoit la reprise du processus politique et un cessez-le-feu national.  Des divergences subsistent sur les volets économique et humanitaire entre les deux parties, a-t-il expliqué, notamment sur le fonctionnement du port d’Hodeïda et de l’aéroport de Sanaa.  M. Griffiths a rappelé qu’il a toujours demandé l’ouverture de cet aéroport et un accord sur la libération des prisonniers.

Les parties peuvent diviser et modifier les propositions contenues dans la déclaration conjointe, mais l’essentiel, a dit M. Griffiths, est qu’elles les retiennent et les appliquent.  L’heure est venue de poursuivre et de conclure les négociations, et de reprendre le processus politique pour mettre fin au conflit.  Ce processus politique doit être vu comme « un devoir » par les parties, a assené M. Griffiths.  Même si l’heure est grave, il a tenu à conclure sur une note positive, à savoir qu’il y a eu des progrès importants dans la réalisation de l’Accord de Riyad.  Malgré les divergences mais grâce aux efforts de médiation de l’Arabie saoudite, les deux parties semblent déterminées à réaliser la paix, a affirmé l’Envoyé spécial.

M. MARK LOWCOCK, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, a déclaré que l’urgence la plus pressante est d’empêcher « une famine massive » qui concernera 16 millions de personnes, cette année au Yémen.  Aujourd’hui, 50 000 personnes « meurent de faim » et cinq millions d’autres ne sont plus qu’à « un pas du gouffre ».  Chaque décision que le monde prend en ce moment doit tenir compte de cette situation, a insisté M. Lowcock.  Il a rappelé que les agences humanitaires se sont « unanimement » opposées à la décision des États-Unis de désigner Ansar Allah comme une organisation terroriste étrangère, en vertu du droit interne américain.  Les agences humanitaires, s’est-il expliqué, sont convaincues qu’une telle décision ne peut qu’aggraver la situation humanitaire et précipiter le Yémen dans une famine de grande ampleur. 

Le Chef du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a indiqué que la somme de 1,7 milliard de dollars a été obtenue pour le Plan de réponse humanitaire 2020, ce qui n’est que la moitié du montant nécessaire et moins de la moitié de ce qui avait été obtenu en 2019.  M. Lowcock a attribué cette diminution aux contributions bien moindres des donateurs du Golfe.  Par conséquent, OCHA n’aide plus que neuf millions de personnes chaque mois, contre 13,5 millions l’année dernière.  « Moins d’argent, c’est l’arrêt des programmes essentiels, dont l’aide alimentaire », a souligné le Chef de l’OCHA.  Le Plan de réponse humanitaire 2021 qui sera publié, le mois prochain, est estimé à environ 3,4 milliards de dollars, a-t-il prévenu, en exhortant les donateurs à se montrer généreux et à verser rapidement leurs contributions.  Il a aussi rappelé que le Yémen a besoin d’injections régulières de devises pour stabiliser sa monnaie, financer les importations essentielles et baisser les prix à la consommation. 

M. Lowcock a posé trois questions sur les conséquences de la décision de Washington de désigner les rebelles houthistes comme un groupe terroriste: est-on bien conscient de l’impact humanitaire potentiel de cette décision?  Les dérogations pourront-elles vraiment empêcher la plus grande famine de ces dernières 40 années?  Comment prévenir cette famine?

Le Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), M. DAVID BEASLEY, a déclaré que remporter le prix Nobel de la paix confère au PAM des responsabilités importantes.  Il a rappelé que la famine menace la population du Yémen depuis fort longtemps.  Dans ce contexte, il a prévenu que la désignation des houthistes comme groupe terroriste par le Département d’État des États-Unis pourrait faire sombrer cinq millions de Yéménites dans la famine totale.  Nous nous évertuons déjà à nourrir ces populations, mais avec cette désignation, c’est une véritable catastrophe qui s’annonce, a—t-il craint.  En tant que citoyen américain, M. Beasley a dit avoir fait des efforts pour obtenir des financements pour son agence.  Ainsi, en 2020, les États-Unis ont fourni au PAM 3,7 milliards de dollars.  Selon le Directeur exécutif, il faut revenir sur cette décision américaine, puisqu’en ce moment, le PAM a de la peine à nourrir 13 millions de Yéménites sur une population totale de 30 millions.  Cela démontre que les 17 autres millions de Yéménites sont nourris par les opérateurs économiques nationaux.  Avec cette mesure américaine, c’est 80% de la population, soit 24 millions de Yéménites qui pourraient passer au niveau 3, 4 ou même 5 de famine, a-t-il prédit.

« En tant que lauréat du prix Nobel, le PAM n’entend pas baisser les bras. »  C’est un problème créé par les hommes et nous avons la possibilité d’y remédier, a déclaré le Directeur exécutif.  Il a rappelé que la pandémie de COVID-19 risque de faire passer le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde de 135 millions à plus de 270 millions.  Nous avons besoin de doubler nos financements, a-t-il clamé.  Selon lui, le Conseil de sécurité et la communauté internationale doivent faire pression sur les pays du Golfe, l’Arabie saoudite en tête, afin qu’ils financent les besoins humanitaires au Yémen.  Sans cela, a-t-il expliqué, d’autres bailleurs se verront obligés de détourner le soutien qu’ils apportent dans d’autres régions du monde pour le réorienter vers le Yémen.  Et cela pourrait conduire à exacerber la famine dans d’autres pays du monde, a—t-il mis en garde.  « Si nous ne pouvons gérer cette situation créée par les hommes, alors honte à nous », s’est-il exclamé, demandant de nouveau que les États-Unis reviennent sur leur décision, et soulignant que la famine pourrait avoir un impact négatif sur la sécurité du personnel du PAM si leurs camions sont vides.

Le Royaume-Uni a condamné l’attaque du 30 décembre dernier à Aden qu’il a attribuée aux houthistes.  Il a conseillé aux parties de participer aux négociations plutôt que de recourir à la violence.  Il a jugé « extrêmement positifs » la formation du nouveau Gouvernement et son retour à Aden.  Le Royaume-Uni a vu dans les attaques des houthistes à la frontière saoudienne une raison de douter de leur engagement en faveur de la paix.  Prenant note de la décision américaine de désigner Ansar Allah comme groupe terroriste, il a jugé important de prévoir des dérogations pour faciliter les activités humanitaires, les importations et le processus de paix. 

Attirant l’attention sur la pire famine qu’a connue le Yémen en 10 ans et le déclin rapide l’économie, le Royaume-Uni a dénoncé les obstacles à l’accès humanitaire dans la région du Nord, contrôlée par les houthistes.  Le nouveau Gouvernement, a-t-il estimé, a aujourd’hui l’occasion de faire preuve du leadership nécessaire pour stabiliser l’économie et mobiliser l’aide financière.  Il doit rétablir rapidement les relations avec l’ONU et la communauté humanitaire, élaborer des plans de paiement des salaires et de stabilisation de la monnaie, et travailler avec les bailleurs de fonds, en mettant en place un programme pour la Banque centrale et d’autres réformes essentielles. 

L’Inde a condamné l’attaque de l’aéroport d’Aden qu’elle considère comme une tentative délibérée de saper les efforts de paix en cours au Yémen.  Les auteurs de cet acte odieux doivent être tenus pour responsables et la communauté internationale doit soutenir le Gouvernement yéménite dans ses efforts pour y parvenir, a demandé la délégation.  Des attaques de missiles similaires au Yémen et à travers la frontière avec l’Arabie saoudite se sont poursuivies sans relâche en 2020, a-t-elle rappelé en exigeant une application stricte de l’embargo sur les armes prévu par la résolution 2216 et sa surveillance efficace.  Cependant, cet acte aveugle ne doit pas éclipser les récentes réalisations importantes dans la recherche de la paix au Yémen -la formation du nouveau Cabinet et les redéploiements en matière de sécurité dans le sud du pays- comme prévu dans l’Accord de Riyad.  L’Inde s’est félicitée de ces mesures positives, qui ont déclenché une vague d’espoir.  Elle a salué le rôle joué par l’Arabie saoudite et d’autres pour faciliter cette évolution ainsi que la détermination du nouveau Gouvernement de poursuivre ses efforts pour instaurer la paix et la stabilité au Yémen, malgré les récentes attaques.

Rappelant que 2020 a vu augmenter les menaces provenant du Yémen sur les navires commerciaux naviguant dans la mer Rouge et le golfe d’Aden, l’Inde s’est dite profondément préoccupée par cette tendance, qui menace non seulement la sécurité des navires de commerce mais également la sécurité maritime dans la région.  Cette question mérite, selon elle, l’attention immédiate du Conseil et appelle un débat plus approfondi.  Il est extrêmement important en outre que le port de Hodeïda et les autres ports de la mer Rouge restent opérationnels pour faciliter les expéditions humanitaires vers le Yémen, a aussi exigé la délégation.  Revenant à l’exposé de M. Lowcock, qui a évoqué le sort des millions de Yéménites confrontés à une grave insécurité alimentaire et des enfants yéménites, qui souffrent de malnutrition aiguë, l’Inde a insisté sur la nécessité d’accorder la priorité à l’aide humanitaire.  Ayant fourni dans le passé une aide alimentaire et médicale s’élevant à 5 millions de dollars, l’Inde poursuivra son assistance au peuple yéménite, a assuré la délégation. 

Après avoir rappelé les liens historiques entre l’Inde et le Yémen, elle a appelé à trouver une solution à long terme aux défis du Yémen et a demandé au Conseil d’insister d’urgence sur un règlement politique durable et global du conflit.  Elle a réaffirmé son attachement inébranlable à un processus politique dirigé et contrôlé par les Yéménites afin de parvenir à un règlement inclusif et pacifiquement négocié du conflit.  Elle a exhorté toutes les parties yéménites à s’efforcer de parvenir à un tel règlement.  À cet égard, l’Inde a pris note des efforts de l’Envoyé spécial pour engager des pourparlers directs entre le Gouvernement du Yémen et Ansar Allah pour finaliser la déclaration conjointe, ajoutant qu’il est vital de créer un environnement propice à ces pourparlers.  Avant de conclure, elle a salué la réconciliation et le rapprochement entre les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et la signature de la Déclaration d’Al-Ula lors du sommet du CCG qui s’est tenu récemment en Arabie saoudite.

La Fédération de Russie a condamné la récente attaque contre l’aéroport d’Aden, en appelant à une enquête objective pour trouver les auteurs de cet « acte criminel ».  Elle a particulièrement condamné la décision des États-Unis de désigner les houthistes comme un groupe terroriste et s’est inquiétée de ses conséquences « négatives ».  Cette décision, s’est-elle expliquée, ne peut que compliquer une situation humanitaire « déjà catastrophique », mais aussi menacer tous les efforts de l’ONU visant à lancer des pourparlers entre les parties.  Elle a donc exhorté les États-Unis à revenir sur leur décision. 

La Fédération de Russie a jugé nécessaire de parvenir à un règlement politique intégré, et notamment dans l’intérêt de la lutte contre la menace terroriste.  Le règlement des nombreux problèmes au Yémen ne peut se faire que par le biais d’un dialogue inclusif qui tienne compte des intérêts de toutes les parties impliquées, a insisté la Fédération de Russie, précisant qu’elle entretient des contacts réguliers avec toutes ces parties.

L’objectif du Conseil de sécurité n’est pas de prendre parti pour l’un ou l’autre protagoniste.  Il est, a martelé la Fédération de Russie, d’appuyer les efforts de l’Envoyé spécial du Secrétaire général « de manière constructive », en gardant à l’esprit que la solution appartient aux Yéménites eux-mêmes.  La Fédération de Russie a salué les efforts de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis pour la mise en œuvre de l’Accord de Riyad dont les dispositions s’articulent autour de la stabilisation et de la normalisation de la situation dans le sud du pays.  Elle a pronostiqué que le processus politique « tant attendu » au Yémen aura une incidence positive sur la désescalade des tensions dans l’ensemble de la sous-région.

Les États-Unis ont assuré qu’ils restaient déterminés à travailler avec leurs partenaires internationaux et le Gouvernement yéménite pour apporter la paix et la sécurité au Yémen.  Nous ne devons pas permettre à cette guerre de se poursuivre indéfiniment, ni de se normaliser, a indiqué la délégation qui a précisé qu’il n’existe pas de solution militaire, et qu’elle appuie tous les efforts visant à amener les parties à un consensus politique.  Pour les États-Unis, il est clair que le processus politique en cours depuis de nombreuses années a produit des résultats limités, et ce, malgré les efforts héroïques de l’Envoyé spécial et de son équipe.  Cette situation a obligé les États-Unis à croire qu’ils devaient envisager des mesures supplémentaires pour faire avancer le processus politique, sans quoi le conflit ne pourra pas être réglé.  C’est ainsi que le Secrétaire d’État, M. Mike Pompeo, a annoncé, le 10 janvier, son intention de désigner Ansar Allah comme une organisation terroriste étrangère, en vertu du droit américain.  Il a pris cette mesure parce que le groupe se livre à des activités terroristes, menant notamment des attaques qui menacent les populations civiles, les infrastructures et les activités commerciales.  Les membres de ce Conseil sont bien conscients de ces actes répréhensibles, a relevé la délégation. 

Les États-Unis ont rappelé qu’ils sont les plus grands donateurs humanitaires au monde.  Ils ont dit comprendre les inquiétudes que cette désignation entraîne pour la situation humanitaire au Yémen.  De ce fait, le Secrétaire d’État Pompeo a indiqué l’intention des États-Unis de prendre des mesures pour réduire l’impact de cette décision sur certaines activités humanitaires et sur les importations commerciales au Yémen.  La délégation a réaffirmé sa volonté de travailler avec l’ONU, avec les organisations internationales et non gouvernementales et avec d’autres donateurs internationaux pour faire face à ces conséquences.  Les discussions avec ces divers acteurs ont commencé et se poursuivent, a rassuré la délégation.  Elle a expliqué qu’en même temps que la décision prendra effet, le 19 janvier prochain, le Département du Trésor des États-Unis sera prêt à fournir des licences, conformément à ses prérogatives légales liées aux activités officielles du Gouvernement des États-Unis au Yémen.  Ces activités incluent les programmes d’assistance financés par les États-Unis, ainsi que ses contributions.  La délégation a rappelé qu’en tant que plus grand donateur, elle a tout intérêt à faire en sorte que tout se passe bien, et à assurer que les activités officielles d’autres organisations internationales, telles que l’ONU, se poursuivent. 

La délégation a ensuite assuré avoir écouté, avec beaucoup de respect, les commentaires du Directeur exécutif du PAM, ainsi que ceux du Secrétaire général adjoint Lowcock et de l’Envoyé spécial.  Elle a assuré tous les membres du Conseil et ces intervenants que leurs points de vue et leurs préoccupations seraient pris en compte dans la mise en œuvre de la décision.  Elle a encore assuré qu’elle écoutait les avis, mais a estimé que « cette étape est la bonne marche à suivre pour envoyer le bon signal si nous voulons que le processus politique avance ». 

Les États-Unis ont également condamné les attentats d’Aden du 30 décembre.  Les Gouvernements yéménite et saoudien, ainsi que de nombreux experts, ont directement lié cette attaque à Ansar Allah, a noté la délégation.  Les États-Unis ont en outre salué le fait que les houthistes aient enfin accepté les travaux de la mission d’évaluation onusienne sur le pétrolier Safer, et ils les ont exhortés à veiller à ce que l’évaluation ait lieu en temps opportun.  Ils ont enfin invité toutes les parties au conflit à respecter le droit international humanitaire, et à soutenir les efforts de secours, tout en isolant et en dénonçant Ansar Allah pour l’organisation terroriste qu’elle est. 

Le Mexique a réitéré l’appel du Secrétaire général en faveur d’un cessez-le-feu et condamné les attentats du 30 décembre sur l’aéroport d’Aden et du 1er janvier dans la ville de Hodeïda.  Les violences au cours du mois écoulé sont vraiment préoccupantes, selon le Mexique qui a appelé les houthistes et tous les groupes militaires au Yémen à déposer les armes et à s’abstenir de tout acte incitant à la violence contre les civils.  Il a en outre exhorté les parties à engager le dialogue et à participer activement au processus politique facilité par les Nations Unies.  Par ailleurs, la délégation a regretté que le nouveau Gouvernement ne compte aucune femme.  Elle s’est aussi dite préoccupée par la situation humanitaire, avec la famine qui menace.  À cela s’ajoutent le choléra, le paludisme et la rougeole, entre autres maladies. 

Inquiet également des conséquences du conflit sur l’éducation, le Mexique a rappelé que les attaques contre les infrastructures éducatives sont une violation du droit international humanitaire, leurs effets étant dévastateurs sur l’éducation de milliers d’enfants.  En outre, cela augmente le risque que des mineurs soient victimes de violences sexuelles ou de recrutement par des groupes armés.  Le Mexique a exhorté le Gouvernement à coopérer avec l’UNICEF et la Représentante spéciale du Secrétaire général pour le sort des enfants en temps de conflit armé, afin de rétablir le système éducatif aussi rapidement que possible. 

Après avoir demandé que l’aide humanitaire soit accompagnée d’une cessation des hostilités ainsi que de mesures pour redémarrer l’économie, le Mexique s’est inquiété de la désignation d’Ansar Allah comme organisation terroriste par les États-Unis: ce genre d’action peut avoir des conséquences sur le financement des organisations humanitaires et la distribution de l’aide médicale.  La délégation a insisté sur l’importance de protéger le travail humanitaire comme c’est le cas aujourd’hui.  Le Mexique a clos sa déclaration en réitérant sa préoccupation quant au retard de l’inspection du pétrolier Safer.  « Le déploiement de l’inspection est urgent. »

Le Kenya s’est joint aux autres membres du Conseil pour condamner dans les termes les plus forts « l’odieuse attaque » de l’aéroport international d’Aden en décembre qui visait le nouveau Cabinet du Gouvernement d’union national du peuple du Yémen.  Saluant non seulement les efforts soutenus des partenaires régionaux pour apaiser les tensions et soutenir la formation d’un nouveau cabinet avec l’inclusion de membres du Conseil de transition du Sud, mais aussi le désengagement des troupes dans la province d’Abyan et la ville d’Aden, la délégation y a vu des preuves de l’engagement des deux parties à appliquer l’Accord de Riyad et « un pas dans la bonne direction ».  Saluant ces étapes importantes vers la réalisation de la paix, le Kenya a exhorté les parties à rester concentrées sur la signature de la déclaration conjointe pour un cessez-le-feu à l’échelle nationale.  La délégation a assuré à l’Envoyé spécial de son plein soutien dans ses efforts de médiation en vue de parvenir à un processus de paix dirigé et contrôlé par les Yéménites.  Exhortant les acteurs extérieurs, en particulier ceux qui ont des intérêts sécuritaires majeurs dans la région, à permettre au Yémen de parvenir à la paix en étant des agents positifs dans ce processus, le Kenya a aussi appelé à ne pas perde de vue les intérêts des États voisins en veillant à ce que les terroristes ne puissent pas opérer au-delà des frontières du Yémen.

La Chine a dit l’urgence de parvenir à un cessez-le-feu avant de s’inquiéter particulièrement du niveau de violence dans le nord du pays.  Elle a appelé toutes les parties à répondre à l’appel du Secrétaire général pour créer les conditions propices à la promotion d’un accord de paix.  Elle a condamné l’attaque perpétrée contre l’aéroport d’Aden le 30 décembre et exhorté les parties à placer au cœur de leur action l’intérêt supérieur de la nation.  Alors qu’un gouvernement de coalition a été mis en place le mois dernier, la Chine a salué l’attitude « constructive » des parties, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.  Elle a encouragé toutes les parties à relancer le processus politique le plus rapidement possible. 

À son tour, la Chine s’est dite préoccupée par les conséquences politiques, économiques et humanitaires de la décision des États-Unis de désigner les rebelles houthistes comme une organisation terroriste internationale.  Dans ce cadre, elle a pressé les entités du système des Nations Unies de tout mettre en œuvre pour prévenir une famine de grande ampleur.  Tous les pays et toutes les parties au conflit, a-t-elle martelé, doivent garantir un accès sûr et sans entrave aux travailleurs humanitaires.  Elle a aussi appelé les pays de la région du Golfe à devenir « les promoteurs actifs » de la paix au Yémen. 

Pour la Norvège, il est plus que jamais crucial que les parties au conflit acceptent de se réunir en consultations directes, sous les auspices de l’Envoyé spécial, pour rapprocher les points de vue sur la déclaration conjointe et se mettre d’accord sur un cessez-le-feu à l’échelle nationale, les mesures humanitaires et économiques et la reprise du processus politique.  La mise en place d’un gouvernement et les mesures prises pour mettre en œuvre l’Accord de Riyad sont les bienvenues, a dit la Norvège, mais il faut maintenant assurer une mise en œuvre « plus poussée et plus constante » et s’engager en faveur de la stabilité dans le Sud.

Quant à la décision américaine de désigner les houthistes comme groupe terroriste, la Norvège a dit craindre pour l’action humanitaire et l’économie.  La seule façon de résoudre la crise et apporter la paix et la stabilité réside dans un processus politique large et inclusif, a martelé la Norvège, et un tel processus ne peut réussir sans « la pleine » participation des femmes.  Il est impératif, a-t-elle poursuivi, que toutes les parties au conflit respectent le droit international humanitaire et assurent la pleine protection des civils, et que tous les donateurs, y compris ceux de la région, se montrent généreux. 

L’Irlande a regretté que la première réunion du Conseil de sécurité sur le Yémen en 2021 se déroule à l’ombre de l’attaque odieuse et aveugle de l’aéroport d’Aden le 30 décembre.  La délégation a soutenu les appels en faveur d’une enquête indépendante sur l’attaque.  C’est un rappel brutal et terrible de la nécessité urgente d’une solution politique au conflit au Yémen, a estimé l’Irlande appelant tous les acteurs yéménites à revenir à la table des négociations et à démontrer un véritable engagement en faveur du compromis et du dialogue.  Saluant la formation du nouveau Gouvernement, la délégation a appelé toutes les parties à s’appuyer sur cette avancée pour continuer vers un règlement global du conflit, en plaidant pour l’inclusivité.  Il faut impérativement inclure les femmes et les jeunes, à chaque étape du processus, a précisé l’Irlande, insistant sur leur autonomisation et leur participation pleine, égale et significative à la prise de décisions pour la résolution des conflits et la création d’une paix durable.  À cet égard, la délégation s’est dite « déçue » de l’absence de femmes dans le nouveau Gouvernement et appelé à combler rapidement ce manque. 

L’Irlande s’est dite également préoccupée par la menace de la famine au Yémen, appelant à résoudre cette crise sans ménager aucun effort afin de garantir protection et aide humanitaire aux plus vulnérables.  L’Irlande est profondément préoccupée par les conséquences de la décision des États-Unis de désigner les houthistes comme une organisation terroriste, a dit la délégation qui a partagé les préoccupations des acteurs humanitaires au sujet des conséquences humanitaires potentielles d’une telle désignation, ainsi que de l’impact sur les perspectives de progrès sur la voie politique.  « Il incombe aux États-Unis de veiller à ce que toutes les mesures possibles soient prises pour minimiser les conséquences de cette désignation sur le peuple yéménite. »  Enfin, l’Irlande s’est alarmée de la situation concernant le pétrolier Safer, « une bombe à retardement ».  L’ONU doit pouvoir accéder au pétrolier très rapidement, a-t-elle recommandé. 

Le Viet Nam a commencé par saluer l’évolution positive de la mise en œuvre de l’Accord de Riyad, y compris la formation du nouveau Gouvernement.  C’est une étape importante, a-t-il estimé, pour la stabilité et le renforcement des institutions publiques ainsi que pour le règlement du conflit.  Le Viet Nam s’est toutefois dit préoccupé par les multiples problèmes liés à un conflit qui a coûté la vie à plus de 230 000 personnes.  Après avoir condamné les récentes attaques à Aden et la mort de plus de 25 personnes, le Viet Nam a exhorté toutes les parties au conflit à cesser immédiatement de prendre les civils pour cible et à respecter strictement le droit humanitaire international.  Il est impératif de mettre immédiatement fin aux hostilités et d’accepter la déclaration conjointe en faveur d’un cessez-le-feu à l’échelle nationale, a-t-il martelé.

La pandémie de COVID-19, la crise économique, l’insécurité alimentaire et les risques imminents de famine ont inquiété le Viet Nam qui a noté que le manque de financement reste le plus grand obstacle à l’action humanitaire.  Il a réitéré son appel à l’organisation d’une conférence internationale des donateurs pour le Yémen.  Il a conclu en insistant sur la pleine mise en œuvre des Accords de Stockholm et de Riyad, et sur l’implication des parties dans les efforts de médiation de l’ONU.  Il n’a pas oublié de souligner l’importance d’une participation « significative » des femmes au processus politique.

Le Niger a invité les acteurs régionaux et les membres du Conseil ayant une influence sur les parties en conflit à œuvrer davantage au rapprochement des parties ainsi qu’à les accompagner vers le processus de négociation.  Le Niger a salué les efforts de médiation de l’Arabie saoudite qui ont contribué à la formation du Gouvernement d’union au Yémen.  « Tout doit être fait pour aboutir à une désescalade de la situation et pour donner une chance réelle aux négociations articulées autour des propositions de l’Envoyé spécial, M. Griffiths », a insisté la délégation.

Par ailleurs, le Niger a attiré l’attention du Conseil sur les conséquences que pourrait avoir la récente désignation des houthistes comme une organisation terroriste.  Il a estimé que cette décision pourrait avoir des conséquences négatives sur la délivrance de l’aide humanitaire dans certaines régions du pays et freiner le processus politique.  « Il est urgent de faire face à la situation humanitaire déjà difficile, que viennent complexifier la pandémie de la COVID-19, le déficit de financement des programmes d’assistance, la poursuite des campagnes militaires meurtrières, ainsi que l’insécurité alimentaire », a alerté le Niger.  Face aux risques de famines, le pays a exhorté les donateurs à faire preuve de plus de générosité à l’endroit de la population yéménite tant éprouvée.  Le Niger a exhorté en particulier les pays de la région à honorer leurs engagements afin d’assurer le financement des programmes d’assistance, dont dépendent, aujourd’hui, des millions de yéménites.

L’Estonie a fermement condamné les attaques du 30 décembre à Aden, les attribuant aux houthistes.  Elle a appelé les parties à adhérer au droit international humanitaire et à protéger les civils, en particulier les femmes et les enfants.  Sur une note plus positive, l’Estonie a salué la formation récente du nouveau Gouvernement du Yémen, « car il s’agit d’un étape essentielle de la mise en œuvre de l’Accord de Riyad ».  Elle a souhaité que cette étape contribue à une solution politique globale, avec la participation pleine, égale et significative des femmes.  L’Estonie a marqué sa préoccupation au sujet de l’impact possible de la désignation d’Ansar Allah comme groupe terroriste, craignant les conséquences sur les situations humanitaire et économique qui pourraient également compliquer les efforts de l’ONU pour négocier une solution politique. 

La France s’est dite très préoccupée par l’aggravation de la situation au Yémen.  Le processus politique et la réponse humanitaire, indispensables, sont menacés, a relevé la délégation qui a condamné l’attaque du 30 décembre à Aden contre le nouveau Gouvernement yéménite.  Pour la France, la protection des civils, y compris du personnel humanitaire, est une priorité absolue.  La délégation a soutenu le travail indépendant du panel d’experts pour identifier les responsables, souhaitant que ces derniers soient sanctionnés et jugés.  Saluant la formation du nouveau Gouvernement, la France a estimé que ce dernier a désormais la lourde responsabilité d’œuvrer pour le peuple yéménite, en mettant fin à la captation et aux détournements des fonds publics et de l’aide humanitaire.  Il doit aussi travailler à l’élaboration d’une solution politique inclusive à la crise, a rappelé le pays en appelant toutes les parties, en particulier les houthistes, à renoncer à l’escalade, à sortir de la logique militaire et à s’engager de bonne foi dans des discussions directes sous l’égide de l’Envoyé spécial, M. Martin Griffiths. 

Au sein du Conseil et au-delà, pour tous les acteurs internationaux impliqués, tout doit être fait pour parvenir à un accord de cessez-le-feu et à une issue négociée, a exhorté la France qui s’est dite « mobilisée » pour soutenir ces efforts.  S’agissant de la situation humanitaire qui ne cesse de se détériorer, les parties doivent garantir l’acheminement de l’aide humanitaire à l’ensemble des personnes dans le besoin et respecter leurs obligations au titre du droit international humanitaire, a dit la France qui est préoccupée par les conséquences humanitaires que pourraient entraîner les récentes annonces américaines.  Elles seront suivies avec attention, a prévenu la délégation.  Enfin, il est indispensable de permettre à la mission d’inspection mandatée par les Nations Unies d’accéder immédiatement au pétrolier Safer.  Il est urgent d’agir si nous voulons éviter une catastrophe. 

La situation désastreuse au Yémen persiste et à la pandémie de COVID-19, s’ajoutent l’insécurité alimentaire et le risque de famine, s’est alarmée Saint-Vincent-et-les Grenadines.  Soulignant l’urgence, elle a estimé qu’il ne faut pas attendre « une déclaration officielle » et rater de manière injustifiée « notre fenêtre d’opportunité ».  Saint-Vincent-et-les Grenadines a donc appelé la communauté internationale à contribuer « sans attendre » au Plan de réponse humanitaire et à apporter une aide financière pour soutenir l’économie.  Elle a exhorté tous les acteurs yéménites et ceux qui ont une influence sur eux à faciliter l’accès humanitaire, conformément au droit international.

La solution politique est « la seule option » pour une sortie de crise au Yémen, car jusqu’ici, la solution militaire n’a pu empêcher l’intensification des combats et ses conséquences.  Après avoir condamné la récente attaque à l’aéroport d’Aden, Saint-Vincent-et-les Grenadines a estimé que la priorité aujourd’hui est de prouver l’attachement au processus de paix et de s’abstenir de toute action contraire à la bonne marche du processus politique et à un cessez-le-feu à l’échelle nationale.  La délégation a souligné que sans appropriation nationale du processus, il n’y aura pas de paix durable.  Elle a appelé la communauté internationale à jouer « un rôle constructif » et à éviter tout action susceptible de saper le processus de paix, de menacer l’économie du Yémen et d’exacerber les souffrances du peuple yéménite.  Elle a demandé aux États-Unis de revenir sur leur décision de désigner Ansar Allah comme groupe terroriste étranger.

La Tunisie a, à son tour, condamné l’attaque perpétrée contre l’aéroport d’Aden le 30 décembre, avant de saluer la mise en œuvre de l’Accord de Riyad par le Gouvernement « légitime » et le Conseil de transition du Sud.  Elle a salué le rôle « crucial » de l’Arabie saoudite et exhorté toutes les parties à conclure une trêve humanitaire, conformément à la résolution du Conseil de sécurité 2532 (2020).  La Tunisie a pressé les parties de favoriser la paix à travers des négociations politiques sous la houlette des Nations Unies et dans le respect des résolutions pertinentes des Nations Unies, en particulier la résolution 2216 (2015) du Conseil de sécurité.  Elle a aussi plaidé pour la levée de tous les obstacles à l’acheminement de l’aide humanitaire et pour des progrès dans l’inspection du pétrolier Safer lequel représente une menace écologique et économique, en raison de son état de délabrement « total ». 

Le Ministre des affaires étrangères et des expatriés du Yémen, M. AHMED AWAD AHMED BINMUBARAK, a évoqué l’attaque du 30 décembre à l’aéroport d’Aden, qu’il a attribuée « aux terroristes ».  C’est, a-t-il dit, l’œuvre des houthistes, « appuyés par l’Iran ».  Cet attentat aurait tué et blessé des centaines de personnes si ses auteurs avaient réussi leur coup.  Le Ministre a invité le Conseil de sécurité à condamner cet attentat, en insistant sur le fait que les milices houthistes continuent de prendre pour cible les personnes et infrastructures civiles. 

Nous avons fait, a affirmé le Ministre, une série de concessions pour parvenir à la paix, comme en atteste l’Accord de Stockholm.  Il a donc dénoncé « l’intransigeance » des houthistes qui continuent de violer les accords qu’ils ont eux-mêmes signés et d’entraver l’acheminement de l’aide humanitaire.  Au nom de son gouvernement, le Ministre a donc souscrit à la décision des États-Unis de désigner les houthistes comme organisation terroriste.  Face aux préoccupations humanitaires, il a assuré que son gouvernement assumera ses responsabilités et ne ménagera aucun effort pour coordonner ses actions avec les États-Unis et d’autres gouvernements.  Il s’est d’ailleurs étonné que si peu ait été dit sur les conséquences humanitaires des attaques houthistes. 

La classification des houthistes comme organisation terroriste, s’est réjoui le Ministre, ne peut que tarir leurs sources de financement.  Il faut en effet exercer une pression maximale pour obtenir d’eux qu’ils empruntent le chemin de la paix.  Le Ministre a d’ailleurs rappelé que la situation humanitaire dans son pays est déplorable depuis 2014.  Il a encore accusé les houthistes d’exploiter le dossier du pétrolier Safer pour faire pression sur la communauté internationale.  Les équipes des Nations Unies doivent avoir accès au pétrolier pour effectuer les réparations nécessaires et éviter une catastrophe, a martelé le Ministre.

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