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Soixante et onzième session
24e séance - matin
AG/11835

L’Assemblée générale adopte sa première Déclaration politique contre la résistance aux agents antimicrobiens

L’Assemblée générale a adopté aujourd’hui une Déclaration politique sur la résistance aux agents antimicrobiens, dans une résolution sans précédent qui avait été approuvée le 21 septembre dernier à sa Réunion de haut niveau sur cette question sanitaire.  L’Assemblée a d’autre part pris note, parfois d’une manière critique, du rapport du Secrétaire général sur l’activité de l’Organisation, que M. Ban Ki-moon avait présenté aux délégations le 20 septembre, à l’ouverture de cette soixante et onzième session.

L’adoption de la Déclaration politique* a permis à l’Assemblée générale de débattre pour la quatrième fois seulement de son histoire d’un sujet de santé publique, après s’être penchée par le passé sur le VIH/sida, les maladies non transmissibles et le virus Ebola.  Dans ce texte, les chefs d’État et de gouvernement s’engagent à définir des plans d’action nationaux, invitent l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), à apporter son concours à l’élaboration de nouveau médicaments antimicrobiens et demandent au Secrétaire général de créer un groupe spécial de coordination interinstitutions pour guider les approches à suivre.   

Observant que la résistance aux agents antimicrobiens, en particulier aux agents antibiotiques, constitue « le risque le plus important et le plus pressant sur le plan mondial », la Déclaration politique précise également que le Programme de développement durable à l’horizon 2030 constitue un cadre de référence visant à permettre aux êtres humains de vivre en bonne santé.   

Le représentant du Mexique s’est réjoui que la santé occupe une place de choix dans les travaux de l’Assemblée générale, rappelant que la résistance aux agents antimicrobiens fait plusieurs centaines de milliers de victimes par an, avec des conséquences économiques plus importantes que la crise financière de 2008.  La solution doit, selon lui, être collective et multipartite.  Il ne s’agit pas d’une simple « question Nord-Sud » mais d’une « menace mondiale qui requiert la coopération de tous », a-t-il prévenu.

Le Secrétariat a fait savoir que l’adoption de cette résolution nécessitait des ressources supplémentaires de 37 600 dollars, qui seront incluses dans le budget biannuel 2018-2019.

Autre point à l’ordre du jour de cette séance plénière, l’examen du rapport du Secrétaire général** sur l’activité de l’Organisation a débouché sur l’adoption de ce document.  Si la plupart des délégations ont donné quitus au Secrétaire général sortant, alors que s’accélère le processus pour sa succession, certaines se sont montrées critiques sur le fonctionnement de l’ONU et de ses principaux organes.

Le représentant de l’Inde a ainsi jugé « inadéquats » les mécanismes de réponse de l’ONU aux différentes crises, relevant notamment que le Conseil de sécurité était resté « inactif » sur des dossiers aussi essentiels que celui de la Syrie.  Le principal organe en charge du maintien de la paix et de la sécurité est « devenu sourd aux problèmes de notre époque », a-t-il déploré, non sans plaider pour une réforme totale de l’architecture de gouvernance de l’Organisation, en proie selon lui à la « paralysie politique ».

Le délégué du Bélarus a lui dénoncé une « logistique » qui ne s’aligne pas toujours avec la position des États Membres.  Évoquant la « sur-bureaucratisation » de l’ONU, il a dit en voir les prémices dans la multiplication des résolutions et des rapports qu’engendre déjà la mise en œuvre du Programme 2030.  Nous risquons de détruire l’image de l’Organisation, a-t-il mis en garde, appelant plutôt à se concentrer sur les besoins des populations.

Son homologue de l’Iran a salué l’« évaluation réaliste » faite par M. Ban Ki-moon de la valeur du Plan d’action global commun (JCPOA), ou accord nucléaire iranien, tout en invitant le Secrétaire général à adopter une approche « plus constructive » en matière d’information et de suivi.  Il a ainsi fait valoir que le respect par l’Iran des termes du JCPOA, contrairement à certaines autres parties prenantes, devrait apparaître dans les rapports du Secrétariat sur la mise en œuvre de l’accord.

Ce débat a par ailleurs donné lieu à des échanges nourris entre l’Inde et le Pakistan sur la question brûlante du Cachemire.  Pour la déléguée pakistanaise, l’égalité souveraine des États, le règlement pacifique des différends et le non-recours à la force sont des principes « fondamentaux » inscrits dans la Charte de l’ONU qui obligent l’Organisation à honorer ses obligations envers le peuple du Cachemire par le biais d’un référendum d’autodétermination juste et libre.  Or, a-t-elle noté, le fait que l’Inde persiste à nier ce droit à ce peuple, comme promis par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité, a déclenché un autre soulèvement populaire dans la province himalayenne.  Le représentant indien lui a opposé une fin de non-recevoir.  « Notre réponse est claire: le Cachemire fait partie intégrante de l’Inde et le restera », a-t-il affirmé, estimant « anachronique » la démarche du Pakistan.

*A/71/L.2

**A/71/1

RAPPORT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR L’ACTIVITÉ DE L’ORGANISATION (A/71/1)

Le Secrétaire général indique qu’au moment où il soumet son dixième et dernier rapport sur l’activité de l’Organisation, il lui revient en mémoire des propos qu’il avait tenus dans la partie introductive de son tout premier rapport – à savoir que, dans un environnement devenu particulièrement difficile, les États Membres et les peuples du monde attendaient plus que jamais de l’Organisation qu’elle intensifie son action et en élargisse les domaines et le théâtre.  Cette tendance, dit le Secrétaire général, a caractérisé les 10 années qu’il a passées à la tête du Secrétariat de l’ONU.

Maintenant qu’il s’apprête à quitter ses fonctions, c’est en effet dans des proportions accrues et sur des théâtres plus nombreux et plus périlleux que l’ONU a déployé des missions politiques et des soldats de la paix.  La situation humanitaire qu’elle gère est d’une ampleur jamais atteinte, le nombre de déplacés, par exemple, restant inégalé depuis la création de l’Organisation.  Grâce à l’adoption de nouveaux accords audacieux sur le développement durable et les changements climatiques, le programme de développement de l’ONU se révèle plus ambitieux que jamais.  Si, à d’autres périodes, l’Organisation a dû également faire face à une multiplicité de requêtes, la portée et la complexité des opérations et des programmes qu’elle administre actuellement dans le monde sont sans précédent, alors que ses ressources sont limitées.

Le Secrétaire général tient à rappeler le rôle que joue et continuera d’assumer l’Organisation en tant qu’instance de règlement des problèmes et instrument de solidarité dans un monde où à l’instar des personnes et des biens, les maladies, les armes et la propagande extrémiste traversent aisément les frontières.  Les 10 dernières années ont en effet été marquées par une série de crises aux répercussions mondiales, allant des crises financière, alimentaire et énergétique à la vague de troubles qui a affecté le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.  Ces reculs ont détourné au profit du règlement des crises les ressources destinées au développement et multiplié les craintes dans de nombreux secteurs.

Le Secrétaire général parle ensuite de la série de réformes structurelles qu’il a lancée en vue d’améliorer le fonctionnement et l’efficacité de l’Organisation, tout en plaidant activement auprès des États Membres pour qu’ils honorent les obligations qui les lient au titre des trois axes de l’action de l’Organisation, à savoir la paix et la sécurité, le développement et les droits de l’homme. 

Dans le domaine du développement, après les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), le Secrétaire général dit avoir su mobiliser une coalition mondiale remarquable pour définir le Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Mes initiatives, poursuit-il, ont aussi contribué à l’élaboration de l’Accord de Paris de 2015.  J’ai présidé à la mise en place d’ONU-Femmes, rappelle-t-il encore, et aujourd’hui, près du quart des missions des Nations Unies sont dirigées par des femmes, sans oublier la première femme Conseillère juridique, la première femme Conseillère pour les questions de police, la première femme commandant de force et une bonne centaine de femmes à des postes de sous-secrétaire général ou de secrétaire général adjoint.  Le Secrétaire général n’oublie pas non plus la nomination de son Envoyé pour la jeunesse

En ce qui concerne la paix et la sécurité, il a dit avoir fait de la prévention des conflits une priorité tout au long de son mandat, en commençant par le renforcement des capacités de l’Organisation dans les domaines de la médiation et de la diplomatie préventive.  Il se félicite de ce que les États Membres aient répondu à la récente série d’études indépendantes sur les opérations de paix, la consolidation de la paix et la question des femmes et de la paix et de la sécurité, en soulignant l’impérieuse nécessité de prévenir les conflits.  Il rappelle l’initiative « Les droits avant tout » pour associer davantage les trois axes d’intervention de l’ONU, à savoir la paix et la sécurité, le développement, et les droits de l’homme, et pour faire de la prévention des violations un principe qui sous-tend la prise de décisions au sein de l’Organisation.

Durant mon mandat, dit encore le Secrétaire général, l’ONU en est venue à occuper la deuxième place en matière de déploiement de troupes dans le monde.  Le dispositif de paix et de sécurité de l’Organisation a ainsi fait l’objet de réformes majeures.  Ces dernières ont commencé avec la création du Département de l’appui aux missions, pour s’achever avec la mise en place du Groupe indépendant de haut niveau chargé d’étudier les opérations de paix, qui a formulé des recommandations majeures dont une partie sera nécessairement du ressort du prochain secrétaire général.

Le Secrétaire général ne cache pas sa déception face à la réaction « en demi-teinte » du Conseil de sécurité après l’expulsion du personnel civil des Nations Unies du Sahara occidental.  J’ai également été déçu, avoue-t-il, par le peu de soutien qu’ont recueilli les nouvelles propositions visant à renforcer nos capacités en matière de prévention des conflits.  Le Secrétaire général passe ensuite à son Plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent.

Mon mandat, dit-il, a coïncidé avec la manifestation de besoins humanitaires sans précédent un peu partout dans le monde et avec la vague de déplacements forcés la plus importante depuis la création de l’Organisation.  À l’heure où je quitte mes fonctions, confie-t-il, je suis heureux de constater que la question des droits de l’homme est prise en compte dans les objectifs de développement durable, dans nos stratégies relatives à la paix et à la sécurité et dans la lutte que nous engageons contre l’extrémisme violent.

À mon arrivée à l’ONU, conclu le Secrétaire général, j’ai été frappé par le décalage qui existait entre le dévouement des membres de son personnel et les insuffisances des systèmes mis à la disposition de ces derniers.  De leur côté, les États Membres ont clairement dit qu’ils attendaient une gestion plus transparente, plus responsable et plus efficace de l’Organisation et de ses ressources.  Le Secrétaire général dit avoir privilégié les réformes institutionnelles et administratives, en mettant l’accent sur les mécanismes de contrôle interne et les outils destinés à promouvoir la transparence et l’intégrité dont le Comité consultatif indépendant pour les questions d’audit, le nouveau système de justice interne et l’élargissement du contrat de mission aux chefs des missions de maintien de la paix et des missions politiques spéciales.  J’ai également, dit le Secrétaire général, institué de nouvelles politiques en matière de ressources humaines, dont celle de la mobilité.

L’Organisation des Nations Unies est plus nécessaire que jamais, et ce besoin ira probablement croissant.  La décennie à venir sera essentielle si nous voulons tenir nos promesses, garantir à tous le droit de vivre dans la dignité et préserver les générations futures du fléau de la guerre et de la menace que font peser des changements climatiques irréversibles.  Nous devons poursuivre une série de réformes sur chacun des trois grands axes de l’action de l’Organisation, sans pour autant nous limiter aux réformes en cours.  L’innovation, l’ouverture et la créativité sont indispensables si l’Organisation veut conserver son utilité dans un monde en mutation constante et continuer à susciter une action collective fondée sur des principes, dit enfin le Secrétaire général dans un rapport détaillant l’activité de l’ONU dans les domaines suivants: promotion d’une croissance économique soutenue et d’un développement durable; maintien de la paix et de la sécurité internationales; développement de l’Afrique; promotion et protection des droits de l’homme; efficacité de la coopération des opérations d’assistance humanitaire, promotion de la justice et du droit international; désarmement et contrôle des drogues.  Le rapport se termine par le chapitre sur le renforcement de l’Organisation.

Débat

M. VADIM PISAREVICH (Bélarus) a constaté d’emblée qu’il reste beaucoup à accomplir pour faire en sorte que les objectifs de développement durable aient plus de succès que les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), en particulier dans les efforts visant à mettre fin aux conflits et à lutter contre les changements climatiques.  Ce sont les politiques sans vision et l’échec à prévenir les problèmes, y compris la crise des migrants, qui ont aggravé les défis du développement, a estimé le représentant.  Il semble, s’est-il désolé, que L’ONU a renoncé à son unité d’esprit car de plus en plus d’États font valoir des actions unilatérales et leur propre interprétation du droit international. 

Le représentant a aussi voulu parler « de la vie dans les murs » de l’ONU et de sa « logistique » qui ne s’aligne pas toujours avec la position des États Membres.  Le Secrétariat, s’est-il expliqué, a multiplié les règles bureaucratiques qui bien souvent empêchent le progrès et à ce propos, les fonds supplémentaires qu’il ne cesse de réclamer devraient être versés sur une base volontaire.  Dans ce contexte, le représentant a souligné l’importance de publier le Journal des Nations Unies dans les six langues officielles et insisté, ce faisant, sur le rôle de la traduction et de l’interprétation comme mesures de renforcement de la confiance.  Il a d’ailleurs suggéré la proclamation d’une journée internationale pour honorer le travail des traducteurs et des interprètes.

Dénonçant une nouvelle fois la « sur-bureaucratisation » de l’ONU, il a dit en voir les prémices dans la multiplication des résolutions et des rapports qu’engendre déjà la mise en œuvre du Programme 2030.  Nous risquons de détruite l’image de l’ONU, a-t-il alerté, appelant plutôt à se concentrer sur les besoins des populations.  L’ONU doit être le centre de la coordination de l’aide dont les pays ont besoin pour réaliser le développement durable, en particulier dans le domaine des technologies, et elle doit savoir que plus que tout autre acteur, les gouvernements sont au fait des préoccupations de leur peuple.  Le système international de développement doit donc être là pour aider les pays à atteindre des résultats et à cet égard, l’ONU doit accorder davantage d’attention aux pays à revenu intermédiaire dans lesquels vivent deux tiers des pauvres dans le monde.  Le renforcement de l’ONU, a conclu le représentant en commentant le dernier chapitre du rapport du Secrétaire général, veut dire « poursuivre des politiques qui rétablissent l’autorité de l’Organisation ». 

Dans un monde fait de tensions et d’interdépendance, a déclaré Mme MALEEHA LODHI (Pakistan), l’ONU demeure « indispensable » pour restaurer l’ordre et assurer la paix, la stabilité et la prospérité.  Mais pour qu’elle recouvre sa crédibilité dans ce rôle, elle doit être plus représentative, plus transparente et plus comptable de ses actes, a prévenu la représentante.  Elle a donc réitéré l’appui de son pays à une réforme globale et démocratique du Conseil de sécurité pour renforcer sa pertinence et sa représentativité sans créer de « nouveaux centres de pouvoir et de privilèges ».  Le message qui a émergé de l’examen de l’architecture de paix de l’Organisation, a-t-elle poursuivi, est qu’il faut davantage se concentrer sur la prévention des conflits.  Or, a-t-elle constaté, l’Inde continue de rejeter la mission de bons offices du Secrétaire général pour résoudre les conflits prolongés dans la région.  

L’égalité souveraine des États, le règlement pacifique des différends et le non-recours à la force ou aux menaces d’y recourir sont des principes « fondamentaux » inscrits dans la Charte, a insisté la représentante.  Ces principes font que l’on attend de l’ONU qu’elle joue son rôle dans la promotion d’une paix durable en Asie du Sud et honore ses obligations envers le peuple du Cachemire.  Or, le fait que l’Inde continue à nier à ce peuple son droit à l’autodétermination, comme promis par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité, a déclenché un autre soulèvement populaire dans le Cachemire occupé, faisant monter les tensions dans la région.  La lutte de ce peuple est légitime et il est en droit d’attendre le soutien moral et politique de la communauté internationale.   L’ONU est dans l’obligation de contribuer à mettre fin aux violations des droits de l’homme et de faciliter un règlement pacifique du différend au Cachemire, par le biais d’un référendum juste et libre.

La représentante a demandé une nouvelle fois une enquête indépendante sur les violations des droits de l’homme au Cachemire occupé et s’est félicitée de l’appel du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme à un accès inconditionnel et sans entrave permettant un suivi impartial de la situation des droits de l’homme.  L’Inde, a-t-elle accusé, n’autorise même pas le Groupe d’observateurs militaires des Nations Unies à s’acquitter de ses fonctions et à faire rapport au Conseil de sécurité.

Il est regrettable que dans ses récentes déclarations et actions, l’Inde ait créé un environnement qui représente une menace à la paix et à la sécurité dans la région.  Ces dernières semaines, l’Inde a en effet effectué des bombardements sans provocation à travers la Ligne de contrôle et elle continue aujourd’hui.

Le Pakistan, a affirmé la représentante, a fait preuve de retenue face à une telle belligérance parce qu’il ne sait que trop comment une situation aussi tendue peut s’aggraver de manière incontrôlable.  Le Pakistan veut un règlement pacifique de tous les différends, en particulier au Cachemire et il est prêt à participer à un dialogue de fond dans l’intérêt de tous les peuples de la région.

M. WU HAITAO (Chine) a dit qu’en 2015, l’ONU a su répondre aux attentes de notre temps, comme en attestent le Programme 2030 et l’Accord de Paris sur le climat.  Pour aller de l’avant, le représentant a appelé à la création d’un environnement sûr et pacifique qui passe par le respect des principes de la Charte, la promotion du développement et la coopération internationale.  La priorité doit être l’élimination de la faim et de l’extrême pauvreté, grâce à une bonne mise en œuvre du Programme 2030.  Le représentant a dénoncé toutes les formes de protectionnisme et a rappelé les pays développés à leur engagement en matière d’aide publique au développement (APD).  De leur côté, a-t-il dit, les pays en développement doivent se consacrer à leur autosuffisance et à leur autonomie.  Le représentant a aussi souligné l’importance de la coopération internationale pour régler la crise des réfugiés et des migrants et concluant sur la lutte contre les changements climatique, il a exprimé l’attachement de son pays au principe de « responsabilité commune mais différenciée ».

Au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), M. KHIANE PHANSOURIVONG (République démocratique populaire lao) a annoncé que cette année encore l’ASEAN présentera sa résolution bisannuelle sur sa coopération avec l’ONU.  Le représentant a souligné la complémentarité entre le Programme 2030 et la Vision 2025 de l’ASEAN et s’agissant de l’Accord de Paris sur le climat, il a rappelé l’engagement de l’Association à améliorer la gestion de ses divers écosystèmes et paysages et de renforcer la résilience climatique.  Il a aussi attiré l’attention sur l’adoption cette année de la Déclaration sur la réponse de l’ASEAN aux catastrophes naturelles, « Une ASEAN, Une Réponse » et sur le front de la paix et de la sécurité, il a salué l’accession, le 6 septembre dernier du Chili, de l’Égypte et du Maroc au Traité d’amitié et de coopération en Asie du Sud-Est (TAC) auquel l’Iran devrait également adhérer dans les prochains jours. 

M. GHOLAMALI KHOSHROO (République islamique d’Iran) a remercié le Secrétaire général pour son « évaluation réaliste » de la valeur du Plan d’action global commun (JCPOA), ou accord nucléaire iranien, qu’il a qualifié d’« accord historique ».  Invitant néanmoins le Secrétaire général à adopter une approche « plus constructive » en matière d’information et de suivi, le délégué a jugé que le respect par l’Iran des termes du JCPOA, contrairement à certaines autres parties prenantes, devrait apparaître dans les rapports du Secrétariat sur la mise en œuvre de l’accord.

S’agissant du désarmement, le représentant a réaffirmé que, pour sa délégation, les priorités de l’Organisation n’avaient pas changé.  L’objectif du désarmement nucléaire demeure la première priorité, d’autant plus que, comme le relève le rapport du Secrétaire général, la situation se révèle décevante en raison du non-respect persistant d’États dotés de l’arme atomique de leurs obligations.  L’Iran, a-t-il ajouté, est profondément préoccupé par cette « situation dangereuse » et considère que la seule garantie absolue contre l’utilisation des armes nucléaires est leur élimination totale.  Il a appelle par conséquent les États concernés à assumer leurs responsabilités et leurs obligations juridiques en la matière.

Il a par ailleurs déclaré que l’Iran, en tant que principal auteur des résolutions de l’Assemblée générale, se réjouissait de l’initiative du Secrétaire général de lancer un Plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent.  Ce document pourrait servir de base aux futures négociations pour la finalisation d’un plan d’action à l’intention des États Membres, a-t-il dit.  Quant aux opérations de maintien de la paix, l’Iran considère que l’ONU devrait être en mesure d’exploiter toutes les capacités potentielles des États Membres, tant militaires que civiles.  La base des contributeurs devrait, de fait, être élargie à cette fin, a poursuivi le représentant.

Il a enfin évoqué le Programme de développement durable à l’horizon 2030, rappelant qu’il s’appuyait essentiellement sur les enseignements tirés des Objectifs du Millénaire pour le développement.  L’un d’eux souligne que s’écarter des engagements pris en matière de partenariat pourrait conduire à des échecs, a-t-il mis en garde, jugeant primordial de maintenir la coopération internationale sur la bonne voie, tout particulièrement la première année de mise en œuvre du Programme 2030.  Du point de vue de l’Iran, un système de développement des Nations Unies plus fort et plus dynamique est d’une extrême importance pour la réalisation des objectifs.

M. HUMBERTO RIVERO ROSARIO (Cuba) a reconnu qu’il y a des obstacles à la réalisation du développement durable et dénoncé les entraves au multilatéralisme dressées par certains États.  Il a donc exigé le strict respect des principes de la Charte qui demeurent les piliers de la paix et de la sécurité.

Le représentant a ajouté que les efforts mondiaux pour la paix, la sécurité et le développement sont insuffisants.  Pour que personne ne soit laissé sur le côté, il faut changer l’ordre international actuel.  L’ONU a un rôle à jouer à cet effet, a insisté le représentant, en appelant à la fin de l’unilatéralisme, des ingérences dans les affaires intérieures des autres États, des tentatives pour renverser des gouvernements et de la manipulation politique des droits de l’homme.  L’ONU doit être impartiale et cesser les politiques de deux poids, deux mesures. 

Pour parvenir à un climat de paix et de sécurité au niveau international, la seule et unique condition est le développement durable, le respect de la souveraineté des États et des différentes formes de gouvernements et le non-recours aux menaces dans les relations internationales.  Il faut aussi avoir de nouvelles ressources financières pour réaliser le Programme 2030 et faciliter le transfert des technologies vers les pays en développement. 

Le représentant a tranché: l’Accord de Paris sur le climat ne suffira pas à sauver les générations à venir.  Pour lui, les pays développés doivent payer leurs « dettes écologiques » aux pays en développement.  Le représentant s’est également appesanti sur la question de l’élimination totale des armes nucléaires et a parlé de l’organisation, en 2017, d’une conférence qui devrait accoucher d’une résolution en ce sens.

Concernant le terrorisme, il a demandé une définition de ce fléau dans le cadre d’une ONU réformée qui travaille avec plus de démocratie et de transparence.  Le Conseil de sécurité ne doit pas s’ingérer dans la revitalisation des travaux de l’Assemblé générale, a plaidé le représentant.

M. SYED AKBARUDDIN (Inde) a estimé qu’en marge du processus de sélection du prochain secrétaire général, le rapport de M. Ban Ki-moon permettait aux États Membres de se livrer à une réflexion utile sur les principaux défis auxquels fait face l’Organisation.  Parmi ceux-ci, il a mis en exergue les mécanismes de réponse de l’ONU qu’il a qualifiés d’« inadéquats ».  Il s’est ainsi livré à une critique en règle du fonctionnement du Conseil de sécurité, resté selon lui « inactif » sur des dossiers aussi essentiels que la Syrie.  Le principal organe en charge du maintien de la paix et de la sécurité est « devenu sourd aux problèmes de notre époque », a-t-il accusé, rappelant par exemple qu’il lui fallait six mois pour décider de sanctions contre des responsables d’organisations désignées comme des entités terroristes, cette période de réflexion étant suivie de trois mois de débats supplémentaires.  Il a plaidé pour une réforme totale de l’architecture de gouvernance de l’Organisation, en proie à la « paralysie politique ».

Évoquant le dossier du terrorisme, le représentant a également déploré que l’ONU n’ait pas encore adopté de politique cohérente face à l’une des plus grandes menaces à la paix et à la sécurité internationales.  Pas moins de 31 entités de l’Organisation traitent de la lutte contre le terrorisme, ce qui tend à en amoindrir l’efficacité, faute de cohérence et de coordination.  Cela pose la question de la pertinence des Nations Unies, au regard des peuples liés par sa Charte, et nécessite de passer de la parole aux actes, a-t-il martelé.

Le délégué a par ailleurs observé que le maintien de la paix, mission centrale de l’ONU, était soumis à rude épreuve en raison notamment de la pléthore de tâches, du grand nombre de mandats dénués de financement, des cas d’exploitation sexuelle imputés à des soldats de la paix et des écarts constatés avec le principe bien établi d’impartialité.  Il a saisi l’occasion pour regretter le manque de soutien considérable des États Membres face aux « allégations non fondées » du Pakistan sur la question du Cachemire.  « Notre réponse est claire: le Cachemire fait partie intégrante de l’Inde et le restera », a-t-il affirmé, estimant « anachronique » la démarche du Pakistan.

M. JUAN CARLOS MENDOZA-GARCÍA (Costa Rica) a dit que la bonne volonté et l’esprit de compromis affichés pendant l’élaboration et l’adoption du Programme 2030 et de l’Accord de Paris sur le climat devraient présider aux débats sur le règlement d’autres questions comme les déplacements massifs de populations, la crise des réfugiés et la lutte contre le terrorisme. 

M. WOUTER ZAAYMAN (Afrique du Sud) a tenu à souligner « trois questions: le Programme 2030, le maintien de la paix et de la sécurité internationales et la lutte contre le terrorisme international sous toutes ses formes ».  S’agissant du Programme 2030, le représentant a indiqué que le triple défi de la pauvreté, du chômage et des inégalités du Programme 2030 se trouve dans le Plan national de développement de l’Afrique du Sud et l’Agenda 2063 de l’Union africaine. 

S’agissant du maintien de la paix et de la sécurité internationales, nous avons, a-t-il dit, besoin d’une ONU adaptée au but de « préserver les générations futures du fléau de la guerre ».  En dehors du fait qu’il faut renforcer les outils qui sont à notre disposition pour faire face aux conflits, nous devons également souligner l’approche préventive et traiter les causes profondes des conflits.  La paix et la stabilité resteront insaisissables si nous ne traitons pas le lien entre la sécurité et le développement.

Comme l’ONU l’a reconnu, a poursuivi le représentant, les organisations régionales sont bien placées pour comprendre les causes des conflits armés grâce à leur connaissance de la région laquelle peut les aider à influer sur la prévention ou le règlement des conflits.  Les organisations régionales ont un avantage comparatif dû à leur volonté politique croissante de résoudre une situation.  L’ONU a donc tout intérêt à travailler étroitement avec les organisations régionales et sous-régionales dans ses efforts de médiation et de rétablissement de la paix.

Le continent africain, qui est l’un des plus grands contributeurs de troupes aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies, a fait des progrès significatifs en rendant opérationnelle son architecture de paix et de sécurité.  Mais il faut faire plus, a reconnu le représentant, pour que le continent soit vraiment capable de relever les défis de la paix et de la sécurité.  À cet égard, le représentant a appelé l’ONU à aider et financer le Cadre commun ONU-Union africaine pour un partenariat renforcé en matière de paix et de sécurité. 

Concernant la menace du terrorisme, la coopération internationale doit traiter les conditions et les contextes qui alimentent cette menace.  Les approches militaires seules ne suffiront pas.  L’ONU est la mieux placée pour coordonner les efforts internationaux et l’Afrique du Sud continuera de soutenir le rôle central des Nations Unies contre le terrorisme et le renforcement du système multilatéral pour prendre des mesures efficaces dans le cadre de la Charte et du droit international.  Les initiatives visant une meilleure coordination entre les entités de l’ONU et avec les structures régionales devraient être encouragées, a conclu le représentant.

M. ADEH SHALTUT (Libye) s’est félicité de ce que le rapport du Secrétaire général aborde des questions aussi importantes pour sa délégation que le développement durable, les droits de l’homme et les migrations liées aux conflits.  À cet égard, il a fait valoir que son pays, actuellement dans une phase de transition politique, se trouvait aux premières loges du phénomène migratoire.  Avec ses 200 kilomètres de côtes le long de la Méditerranée et ses différentes frontières, il souffre des répercussions de ce problème international sans pouvoir y faire face seul.

Présentant ses condoléances aux familles des victimes qui ont péri en mer, il a estimé que la gravité de la situation imposait aux Nations Unies d’apporter leur aide aux pays concernés par cette catastrophe humaine.  La Libye exhorte l’ONU à promouvoir des projets de développement dans les pays d’origine des migrants afin de créer des conditions d’emploi pour ceux qui sont tentés de fuir à l’étranger, a-t-il souligné.  Le délégué a ajouté qu’en matière de lutte contre le terrorisme, le Gouvernement libyen d’entente nationale était disposé à coopérer avec la communauté internationale et que ses forces étaient sur le point de chasser des éléments terroristes de Daech de la ville de Syrte.     

Il a par ailleurs rappelé que son pays coopérait avec les différents organes de l’ONU, à commencer par le Conseil de sécurité, le Conseil des droits de l’homme et la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL).  Concernant cette dernière, il s’est réjoui de son travail « fructueux et utile », assurant que son pays faisait « tous les efforts possibles » pour appuyer cette coopération et sortir de l’impasse politique qu’il traverse.

Droit de réponse

Répondant à son homologue de l’Inde, la représentante du Pakistan s’est demandé comment l’on peut justifier des atrocités contre les Cachemiris.  Cette question doit être réglée par une résolution du Conseil de sécurité, a-t-elle ajouté, réitérant l’offre de dialogue formulée par son Premier Ministre pendant le débat général de l’Assemblée générale, en septembre dernier.  Il faut entamer le dialogue, y compris avec les représentants des peuples du Jammu-et-Cachemire, a insisté la représentante.

SANTÉ MONDIALE ET POLITIQUE ÉTRANGÈRE

M. JUAN JOSÉ GÓMEZ CAMACHO (Mexique) a estimé que la santé doit occuper une place de choix dans les travaux de l’Assemblée générale.  La résistance aux agents antimicrobiens constituant une menace pour l’humanité, le représentant a rappelé qu’il s’agit d’une crise qui fait plusieurs centaines de milliers victimes par an et dont les conséquences économiques sont plus importantes que la crise financière de 2008.  La solution doit être collective et multipartite car ce n’est pas une « question Nord-Sud », a prévenu le représentant qui y a vu plutôt « une menace mondiale qui requiert la coopération de tous ».  Le rôle des industries pharmaceutique et agroalimentaire est tout aussi important pour réduire l’utilisation des produits favorisant la propagation des agents antimicrobiens. 

Le Secrétariat a fait savoir que la Déclaration politique a une incidence financière de 37 600 dollars qui seront inclus dans le budget biennal 2018-2019.  

À l’intention des organes d’information. Document non officiel.