PI/2023

La révolution des médias sociaux, le renforcement des centres d’information et la disparité en matière de multilinguisme au cœur du débat général du Comité de l’information

23/04/2012
Assemblée généralePI/2023
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Comité de l’information

Trente-quatrième session

1re séance – matin


LA RÉVOLUTION DES MÉDIAS SOCIAUX, LE RENFORCEMENT DES CENTRES D’INFORMATION ET LA DISPARITÉ EN MATIÈRE DE MULTILINGUISME AU CŒUR DU DÉBAT GÉNÉRAL DU COMITÉ DE L’INFORMATION


Le Comité de l’information qui a ouvert, ce matin, sa session annuelle, sous la présidence de M. Eduardo Ulibarri (Costa Rica), évaluera, pendant la semaine, les progrès accomplis par les Nations Unies dans le domaine de l’information du public à la lumière des rapports* du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, sur les activités du Département de l’information (DPI).


Le Secrétaire général adjoint par intérim à la communication et à l’information, M. Maher Nasser, a assuré les membres du Comité que le DPI avait continué, depuis un an, à renforcer l’utilisation efficace des médias traditionnels en recourant aux réseaux des médias sociaux avec pour objectif de « maximiser » la portée du message de l’Organisation des Nations Unies.


Ainsi, en témoigne, a indiqué M. Nasser, la discussion engagée au niveau mondial sur le thème de « L’avenir que nous voulons » en matière de développement durable, qui a mobilisé jusqu’à présent plus de six millions d’utilisateurs de médias sociaux.  Elle a permis d’ouvrir la voie à la Conférence Rio+20 de juin prochain, considérée par les six délégations qui se sont exprimées à l’ouverture de la présente session, comme un enjeu majeur de communication pour le Département.


Le Secrétaire général adjoint par intérim a évoqué de nombreuses autres initiatives par lesquelles le DPI a réussi à tirer le meilleur parti possible des potentialités offertes par les nouvelles technologies et réseaux sociaux.  À l’approche de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, le Département a ainsi réussi à toucher trois millions de personnes en moins d’une semaine dans toutes les langues officielles des Nations Unies.


En outre, par le biais de « Google + Hangout », la jeunesse du monde entier a pu, il y a quelques jours, dialoguer directement avec le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon.  Une conversation avec le Secrétaire général a également été rendue possible, grâce au lancement d’une plateforme des Nations Unies sur le site chinois, très populaire, de microblogging Sina Weibo.  Au cours de cette conversation, plus de 5 000 questions ont été posées, a-t-il précisé.


« Notre décision d’adhérer à la révolution numérique, qui devient une nécessité, n’empêche nullement le DPI de maintenir son engagement en faveur de la presse écrite, de la radio et de la télévision », a assuré M. Nasser devant les membres du Comité.


Multipliant les partenariats avec le secteur privé, le monde universitaire ou la société civile, le Département n’a pas cessé de cultiver des approches créatrices et de lancer des initiatives pionnières afin d’élargir l’audience des Nations Unies, tout en restant déterminé à faire l’usage le plus stratégique possible de ses ressources disponibles, et ce, dans un contexte budgétaire délicat.


« Les membres de ce Comité seront les premiers à réaliser que de nouveaux mandats, lorsqu’ils ne s’accompagnent pas de ressources additionnelles, ne peuvent pas être accomplis sans ralentir la mise en œuvre des mandats existants », a expliqué le Secrétaire général adjoint par intérim, qui a particulièrement souligné les difficultés ressenties par le réseau des 63 centres et services d’information des Nations Unies, dont le rôle est de relayer le message de l’Organisation sur le terrain.


Alors que le Secrétaire général adjoint par intérim a encouragé les pays hôtes à fournir des locaux gratuits ou des ressources complémentaires en vue d’assurer le maintien de ces centres, le représentant de l’Algérie, qui s’exprimait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a exhorté l’ONU « à prendre toutes les mesures nécessaires afin de renforcer ces structures ».


Appuyant la déclaration faite par le représentant du Sénégal, qui a lancé un appel en faveur d’une assistance accrue aux centres d’information, le représentant du Burkina Faso a tout particulièrement évoqué celui de Ouagadougou, qui couvre non seulement son propre pays, mais aussi le Mali, le Niger et le Tchad, au nom desquels il s’exprimait.


Le représentant de l’Algérie, au nom du Groupe des 77 et la Chine, a attiré l’attention sur la disparité qui continue de « s’accentuer » dans le multilinguisme et a demandé que tous les bureaux du Secrétariat des Nations Unies traduisent l’ensemble des documents disponibles en anglais dans les six langues officielles et les publient sur les différents sites Internet de l’ONU.


De son côté, son homologue du Chili, qui a pris la parole au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), a jugé qu’il était temps de disposer de communiqués de presse dans toutes les langues officielles, en insistant bien sur la distinction entre langues de travail –anglais et français– et langues officielles –anglais, français, espagnol, arabe, russe et chinois-.


Partisane d’un « mécanisme de diffusion », la CELAC considère que, dans un premier temps, des approches créatives pourraient être privilégiées afin de surmonter les difficultés financières.  Son représentant a ainsi suggéré de procéder à une « rotation des langues » utilisées pour la rédaction et la publication des communiqués, en s’appuyant sur les données fournies par le DPI et dans les rapports du Secrétaire général.


Pour le délégué de l’Union européenne, le Département de l’information, dans la mesure où chaque langue équivaut à un « canal de diffusion unique », doit œuvrer à travers tous ces canaux de communication pour diffuser plus largement le message de l’Organisation.


Le Comité de l’information tiendra, cet après-midi, un débat interactif à huis clos et reprendra son débat général, demain, mardi 24 avril, à partir de 15 heures.


* A/AC.198/2012/2, A/AC.198/2012/3 et A/AC.198/2012/4


EXAMEN DES RAPPORTS PRÉSENTÉS PAR LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL


Déclarations liminaires


M. EDUARDO ULIBARRI (Costa Rica), Président du Comité de l’information, a déclaré que les transformations politiques de grande ampleur, les bouleversements sociaux et populaires légitimes, les réalignements économiques et les avancées sur le plan technologique observés récemment avaient permis de combler le fossé entre pauvreté et développement, exclusion et participation, dictature et démocratie.  Mais la dynamique de ces phénomènes pourrait s’inverser sous l’effet de l’exacerbation des conflits, des changements climatiques, des pandémies et des crispations autocratiques, a-t-il prévenu.  « Alors que nous nous trouvons à la croisée des chemins, le multilatéralisme apparaît plus que jamais nécessaire », a-t-il dit.  C’est pourquoi, il est impératif de faire de l’ONU une Organisation responsable et efficace, a estimé M. Ulibarri, en rappelant que cette responsabilité incombait à chaque État Membre et à chaque composante de notre Organisation. 


« Dans ce contexte, nous examinons à partir d’aujourd’hui les liens existant entre les deux entités que sont le Comité de l’information et le Département de l’information publique (DPI).  Comme chaque année pendant la session annuelle de la session du Comité, les États Membres devront adopter une résolution qui fixera les lignes directrices de la politique de communication des Nations Unies et définira les mandats dévolus au Département de l’information.  C’est la raison pour laquelle nous allons examiner les trois rapports du Secrétaire général à l’ordre du jour et discuter du Cadre stratégique du Département pour la période 2014-2015.  Ces rapports, qui portent sur les services de communication stratégique, les services d’information et la sensibilisation du public, constitueront les points de référence à partir desquels conduire notre débat général au cours des trois prochains jours, a précisé le Président du Comité.


M. MAHER NASSER, Secrétaire général adjoint par intérim à la communication et à l’information, a rappelé que lors de la session précédente du Comité de l’information, le Secrétaire général adjoint, M. Kiyo Akasaka, avait assuré ses membres de l’engagement du Département de l’information (DPI) à compléter l’utilisation efficace des médias traditionnels par le recours aux nouvelles technologies de la communication et de l’information, et ce, afin de maximiser la portée du message de l’Organisation.  Il s’est félicité de pouvoir annoncer que pour l’essentiel, cette promesse a été tenue, même s’il reste encore beaucoup à faire.


Ainsi, en 2012, le DPI a continué de promouvoir le partage des connaissances à travers les réseaux de médias sociaux à l’échelle de l’Organisation tout entière.  L’exemple le plus flagrant est la discussion engagée au niveau mondial sur le thème de « L’avenir que nous voulons » en matière de développement durable, qui a jusqu’à présent rassemblé plus de six millions d’utilisateurs de médias sociaux, ouvrant la voie à la Conférence Rio+20 de juin.  Mais ce n’est pas tout, a poursuivi M. Nasser: à l’approche de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, le Département a réussi à toucher trois millions de personnes en moins d’une semaine dans toutes les langues officielles des Nations Unies.  De même, a également noté le Secrétaire général adjoint par intérim, l’initiative « Google + Hangout » a permis, ce mois-ci, à la jeunesse du monde entier de pouvoir dialoguer directement avec le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon.


M. Nasser a également salué la réussite que constitue le lancement d’une plateforme des Nations Unies sur le site chinois très populaire de microblogging Sina Weibo, qui compte désormais plus de 1,9 million d’adhérents.  Un pic a été enregistré lors d’une conversation en direct avec le Secrétaire général ayant suscité plus de 5 000 questions.  Par ailleurs, rien qu’au cours des mois de février et mars 2012, le Centre d’actualités des Nations Unies a enregistré plus de 3,2 millions de clics dans les six langues officielles.  Les articles figurant sur ce site sont également diffusés de manière quotidienne dans l’ensemble des sites Internet et comptes de réseaux sociaux administrés par les Nations Unies, ainsi que par l’entremise de plateformes d’« agrégateurs d’actualités », de fondations indépendantes et d’organisations de la société civile, a-t-il précisé.


Au cours de la période à l’examen, le DPI s’est également efforcé de trouver des approches créatives pour « raconter l’histoire » des Nations Unies, qu’il s’agisse des questions d’ordre prioritaire pour l’Assemblée générale ou de l’action du personnel onusien déployé sur le terrain, a indiqué M. Nasser.  Ainsi, en témoigne l’exemple de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, à l’occasion de laquelle des membres du personnel de l’Organisation dont les familles sont directement touchées par le drame de l’autisme ont lu le message du Secrétaire général à ce sujet.  Le Département a également conclu des partenariats afin d’élargir le public des Nations Unies.  La compagnie aérienne japonaise All Nippon Airways (ANA) diffuse désormais des programmes de la télévision des Nations Unies à bord de tous ses vols, tandis que la chaîne francophone TV5 monde a acquis les droits de « 21st Century », un des programmes emblématiques de UNTV, a expliqué M. Nasser.


Parallèlement, le Département poursuit sa couverture quotidienne de l’actualité des Nations Unies dans les six langues officielles de l’Organisation, ainsi qu’en portugais et en kiswahili.  Mais l’accent mis sur le multilinguisme va bien au-delà du Siège des Nations Unies, puisque grâce au réseau mondial de 63 centres et services d’information, l’Organisation est aujourd’hui en mesure de toucher les communautés locales dans leur langue natale, s’est félicité le Secrétaire général adjoint.  Le DPI a par ailleurs pris des dispositions pour veiller à compresser ses coûts opérationnels en dotant par exemple les centres d’information d’ordinateurs recyclés en provenance du Siège.  En outre, un domaine où la révolution numérique a fait un bond en avant est la manière dont le Département fournit ses services à la Bibliothèque Dag Hammarskjöld.  Ainsi, la numérisation de documents anciens des Nations Unies s’est étendue aux suppléments des enregistrements officiels de l’Assemblée générale, qui seront tous finalisés d’ici à cet été.


Après avoir évoqué le succès de la Conférence annuelle du Département de l’information pour les organisations non gouvernementales (DPI/ONG), le Secrétaire général adjoint par intérim a passé en revue le renforcement du partenariat avec le monde universitaire et avec la jeunesse.  Plus de 800 institutions de premier plan basées dans 110 pays différents ont rejoint l’initiative Impact universitaire.  Une des clefs du succès de cette initiative a été le soutien vigoureux que lui ont apporté les États Membres, en particulier ceux qui siègent au sein de ce Comité, a expliqué M. Nasser.  Les États Membres ont également été déterminants en ce qui concerne les cérémonies destinées, cette année, à célébrer la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves.  « Nous avons par ailleurs continué à travailler avec les États Membres pour continuer de tirer les leçons de l’Holocauste à l’échelle mondiale », a ajouté le Secrétaire général adjoint par intérim.  Il a cité les activités de commémoration de la Journée internationale consacrée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, qui se sont tenues, cette année le 27 janvier.  M. Nasser a annoncé que ce soir-même, une table ronde serait organisée, en partenariat avec le Gouvernement israélien, pour marquer le cinquantenaire du procès d’Adolf Eichmann dans la chambre de du Conseil économique et social (ECOSOC) à 18 h 30, en marge de l’exposition qui est actuellement présentée à l’entrée des visiteurs.


Le Département de l’information n’a pas non plus cessé de braquer les projecteurs sur les dangers auxquels sont exposés les journalistes partout dans le monde, a indiqué M. Nasser, qui a rappelé que la Journée mondiale de la liberté de la presse sera célébrée le 3 mai prochain.  Nous avons redoublé d’efforts pour engager la communauté créative et artistique par diverses initiatives, notamment en organisant la quatrième édition d’un festival de films documentaires, le débat interactif et le film documentaire « Envision », a-t-il fait observer.


Par ailleurs, le Secrétaire général adjoint par intérim a réaffirmé au Comité que le DPI était déterminé à faire l’usage le plus stratégique possible de ses ressources disponibles.  « Les membres de ce Comité seront les premiers à réaliser que des mandats additionnels, lorsqu’ils ne s’accompagnent pas de ressources additionnelles, ne peuvent pas être réalisés sans ralentir la mise en œuvre des mandats existants.  Des difficultés ont été particulièrement ressenties en ce qui concerne le réseau des centres d’information des Nations Unies, a-t-il noté.  « Afin de répondre à la demande des États Membres, ces centres ont besoin de votre soutien.  La gratuité des loyers ou la subvention des locaux ou des ressources pour le personnel, les déplacements ou les campagnes de communication sont essentiels », a plaidé M. Nasser.  Opérant dans un environnement particulièrement difficile sur le plan économique, le DPI tente de renforcer ses partenariats avec les organisations du système des Nations Unies, en particulier le Groupe de la communication des Nations Unies, a-t-il souligné.  S’il est le fruit d’une nécessité, notre décision d’embrasser la révolution numérique n’empêche nullement le DPI de maintenir son engagement en faveur de la presse écrite, de la radio et de la télévision, afin de communiquer au reste du monde les activités des Nations Unies, a assuré en conclusion M. Nasser.


Débat général


M. MOURAD BENMEHIDI (Algérie), qui s’exprimait au nom des États membres du Groupe des 77 et de la Chine, a indiqué que le partenariat et l’étroite coopération qui ont toujours lié le Département de l’information (DPI) et le Comité constituent la pierre angulaire des politiques et décisions du DPI en matière d’information publique.  C’est pourquoi, a-t-il insisté, il importe de renforcer ce partenariat et de veiller à son amélioration continue, compte tenu du fait que le DPI continue de jouer son rôle vital pour assurer la promotion des objectifs et de l’image des Nations Unies.


L’ONU, a-t-il estimé, a accompli d’importants progrès dans le domaine de l’information publique.  A contrario, a-t-il indiqué, des pays en développement font face à des défis dans ce domaine de l’information, en raison notamment de la faiblesse des ressources et des moyens techniques qui sont de première importance pour promouvoir l’accès à l’information concernant les travaux des Nations Unies.  À cet égard, a-t-il poursuivi, le Groupe des 77 et la Chine estiment que le DPI se doit d’adapter ses produits et activités, en tenant compte de ces faiblesses et en ciblant les besoins véritables des différentes audiences.  Le représentant a ensuite apporté le soutien du Groupe des 77 et de la Chine aux différentes campagnes de promotion menées par le DPI, notamment en matière d’éradication de la pauvreté et de mise en œuvre des programmes liés à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), ainsi qu’en matière de prévention des conflits et de maintien de la paix.  Le Groupe, a-t-il ajouté, attache une grande importante à la continuité de la sensibilisation par DPI de la communauté internationale sur la question de Palestine.


Le Groupe, qui reconnaît également le rôle et le travail crucial des centres d’information de l’ONU, est d’avis avec le Secrétaire général que ces structures d’information continuent à faire face à divers problèmes liés notamment à l’obsolescence de leur d’équipement.  Plus de la moitié des ordinateurs utilisés dans ces centres ont plus de 5 ans d’âge, ce qui va bien au-delà de la période limite de 4 ans recommandée pour les remplacer, a fait observer M. Benmehidi.  « Nous en exhortons l’ONU à prendre toutes les mesures nécessaires afin de renforcer ces structures », a-t-il déclaré.  Toute réorganisation d’un centre d’information, a-t-il ajouté, doit se faire en coopération avec le pays hôte.  Le délégué a par ailleurs déploré, au nom du Groupe des 77 et de la Chine, la disparité qui s’accentue entre les langues officielles au sein du Secrétariat.  « Notre Groupe, a-t-il fait savoir, souhaite que tous les bureaux du Secrétariat des Nations Unies traduisent tous les documents en anglais dans toutes les langues officielles et les publient sur les différents sites Internet.  Tout en se félicitant de l’usage des outils de communication moderne, il a souligné l’importance pour le DPI de continuer à utiliser les médias traditionnels qui, a-t-il souligné, demeurent les moyens d’information principaux dans bon nombre de pays en développement.


S’exprimant au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), M. OCTAVIO ERRÁZURIZ (Chili) a vanté les mérites de la communication numérique et a jugé nécessaire de renforcer les plateformes offertes par les nouveaux médias et les technologies mobiles.  S’il considère que le développement de sites Internet est indiscutablement un outil de premier plan dans la promotion du message de l’Organisation à travers le monde, le représentant s’est toutefois déclaré inquiet, à cet égard, du fossé numérique grandissant entre pays développés et pays en développement.  La CELAC estime aussi que les médias traditionnels que sont la presse écrite, la radio et la télévision devraient continuer de bénéficier du soutien du DPI dans la mesure où ils constituent une source d’information majeure dans les pays en développement.  Dans ce contexte, le groupe, a indiqué M. Errázuriz, salue le travail accompli par la radio des Nations Unies dans les six langues officielles, notamment en ce qui concerne la tenue de la prochaine Conférence des Nations Unies, Rio+20.  Plus généralement, la CELAC se félicite des activités menées par le DPI à la tête du Groupe de la communication sur Rio+20.


Par ailleurs, le représentant a rappelé que pour la CELAC, les médias devraient être utilisés dans le strict respect du cadre juridique international pertinent.  Sur ce point, le représentant a exprimé les préoccupations du Groupe à propos des « violations des fréquences radio-électroniques » et réitéré la nécessité pour de telles fréquences de s’aligner, dans l’intérêt du public, sur les principes du droit international.  Après avoir salué les activités menées à l’initiative des centres d’information des Nations Unies, M. Errázuriz s’est félicité de la décision d’ouvrir un nouveau centre à Luanda, en Angola, qui devrait être pleinement opérationnel dans le courant de l’année.  Il a cependant regretté que l’un des objectifs auxquels tient le plus la CELAC, à savoir la parité entre les six langues des Nations Unies, soit loin d’être atteint, en particulier en ce qui concerne le site Internet des Nations Unies. 


Tout en reconnaissant la valeur de certaines initiatives, comme celle qui consiste à conclure des accords de coopération avec des universités, le groupe, a indiqué le représentant, estime qu’il reste encore beaucoup à faire.  La CELAC considère par exemple qu’il est temps de disposer de communiqués de presse dans toutes les langues officielles, en insistant sur la distinction entre langues de travail et langues officielles.  Il a donc demandé au Secrétariat de fournir des précisions sur la question et de mettre au point un « mécanisme de diffusion des communiqués de presse dans toutes les langues officielles ».  Dans un premier temps et, afin de surmonter les difficultés financières rencontrées actuellement, des approches créatives pourraient être privilégiées, a suggéré M. Errázuriz.  Il a notamment proposé de procéder à une « rotation des langues » utilisées pour la rédaction et la publication des communiqués, en s’appuyant sur les données fournies par le DPI et dans les rapports du Secrétaire général.


M. ANDRAS KOS, membre de la délégation de l’Union européenne auprès des Nations Unies, a rappelé qu’au printemps de l’année dernière, le monde avait assisté à la naissance d’un nouvel ordre de l’information par des citoyens ordinaires qui ont recouru aux médias sociaux pour rétablir la connexion avec le monde extérieur et établir des échanges avec lui.  Ce mouvement a aidé les peuples du Moyen-Orient à rompre les barrières de la censure et a exigé des changements démocratiques.  Les médias sociaux sont sans aucun doute devenus des outils importants pour la communication mondiale.  Ils ne peuvent remplacer complètement le journalisme traditionnel, a insisté M. Kos.  Les moyens de communication traditionnels sont essentiels pour présenter l’immensité des données de façon significative et de manière véridique, a-t-il estimé, avant de se féliciter de la traduction dans toutes les langues officielles des Nations Unies du site Internet des opérations de maintien de la paix.


Les nouvelles technologies de l’information et de la communication et les médias sociaux, a-t-il d’autre part relevé, ne permettent pas seulement à l’ONU de mener différentes activités à des coûts financiers moindres, tout en protégeant l’environnement, mais ils lui permettent aussi de toucher de nouveaux publics, notamment les jeunes.  Concernant les centres d’information de l’ONU, le représentant a salué les efforts déployés par le Secrétaire général en vue de la rationalisation de ces structures, avec la contribution des États Membres concernés, et dans le but de les aligner sur le modèle du Centre régional d’information de Bruxelles, en Belgique, qui couvre l’Europe de l’Ouest.  M. Kos a également salué les efforts de coordination du Groupe de la communication de l’ONU, particulièrement en ce qui concerne la campagne sur la promotion des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Il a ensuite réitéré l’importance de la question du multilinguisme pour l’Union européenne.  Chaque langue équivaut à un canal de diffusion unique et c’est pourquoi, le DPI doit travailler à travers tous ces canaux de communication pour rendre public le message de l’Organisation, a insisté le délégué.  Les questions de multilinguisme doivent être au centre de la question du développement des services de retransmission vidéo des Nations Unies et des autres outils multimédias, a-t-il conclu.


S’exprimant également au nom du Mali, du Niger et du Tchad, M. DER KOGDA (Burkina Faso) a commencé par rappeler que la révolution des technologies de l’information et de la communication avait transformé le monde en un village planétaire et contribué à une meilleure visibilité des Nations Unies.  Il n’en reste pas moins, a-t-il noté, que dans les pays en développement, les outils traditionnels que sont la radio, la télévision et la presse écrite sont souvent inaccessibles à un grand nombre de populations locales.  C’est pourquoi, il est nécessaire d’élargir la portée de ces médias par le biais des nouveaux moyens de communication.  Dans un contexte où de nombreux pays en développement continuent d’accuser un retard numérique, le rôle des centres d’information des Nations Unies s’avère donc primordial dans la diffusion de l’information et le rapprochement entre les Nations Unies et les peuples, a jugé le représentant. 


M. Kogda a souligné la nécessité de maintenir et de renforcer ces centres en Afrique, où les nouvelles technologies de l’information ne sont pas encore suffisamment développées en vue de permettre l’accès de l’information à distance.  Il a tout particulièrement évoqué le Centre d’information de Ouagadougou, qui couvre le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad, et dont il a vanté la position stratégique dans la diffusion de l’information publique et la promotion des initiatives menées par les Nations Unies dans la gestion des crises sociopolitiques et humanitaires dans la région.  Afin de lui permettre d’accomplir pleinement sa mission, les Gouvernements des quatre pays couverts ont mis à disposition du Centre de Ouagadougou des facilités qui se sont traduites par la mise à disposition de locaux gratuits, de temps d’antenne gratuit consenti par les radios et télévisions nationales pour produire et diffuser des programmes sur l’action de l’ONU.  Avant de conclure, le représentant a lancé un appel pour le renforcement des capacités du Centre d’information de Ouagadougou en personnel, en matériels et en ressources budgétaires conséquentes afin de lui permettre de consolider ses acquis. 


M. ABDOU SALAM DIALLO (Sénégal) a indiqué que, de nos jours, l’information et la communication concouraient à rapprocher les nations et les peuples et contribuaient à la promotion et la réalisation des nobles idéaux que promeut l’ONU pour l’instauration et le maintien de la paix et de la sécurité internationales.  Le Sénégal, a-t-il souligné, apprécie l’amélioration continue et l’efficacité des services d’information des Nations Unies ainsi que l’extension de leur portée pour donner corps aux besoins pressants des populations à travers le monde, en particulier dans les pays en développement.  À cet égard, a-t-il estimé, il est plus que jamais indispensable que la radio, la télévision et la presse écrite occupent une part privilégiée dans ces services pour une répartition plus juste et équitable des mouvements d’information.  Celle-ci aura le mérite de corriger les déséquilibres de plus en plus inquiétants et les différences structurelles créées dans ce secteur particulièrement vital. 


Dans le même esprit, le Sénégal, a-t-il dit, reconnaît l’engagement résolu du DPI d’utiliser également les possibilités offertes par l’Internet et les nouveaux supports médiatiques.  Ces nouveaux supports assurent plus rapidement la diffusion de l’information, mais paradoxalement, celle-ci devient massive, envahissante, volontairement orientée et, en définitive, difficile à mettre en cohérence parce qu’elle est régulièrement renouvelée.  Il convient d’ailleurs, a-t-il souligné, de combler le fossé numérique qui existe entre le Nord et le Sud dans ce domaine des nouvelles technologies. 


Le représentant a ensuite souligné la nécessité de veiller à la sécurité des centres d’information de l’ONU et, au besoin, de leur apporter l’assistance nécessaire au bon déroulement de leur mission.  Conscient de sa responsabilité à ce sujet, le Sénégal a gracieusement mis des locaux fonctionnels à la disposition du Centre de Dakar.  Les centres d’information des Nations Unies sont indubitablement des relais incontournables du DPI dans leur lieu d’emplacement.  Ils le sont d’abord par les nombreuses campagnes qu’ils mettent en œuvre dans bien des domaines de l’activité onusienne, mais aussi par la qualité de leurs communications et les résultats probants obtenus dans l’utilisation des langues locales.


Sa délégation, a-t-il souligné, accorde une grande importance au multilinguisme qui doit demeurer un objectif primordial des actions de l’ONU, conformément aux résolutions pertinentes de son Assemblée générale.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information. Document non officiel.