ENV/DEV/1181

Forum de l’ONU sur les forêts: dialogue entre États Membres, grands groupes et membres du Partenariat de collaboration sur les forêts

26/01/2011
Conseil économique et socialENV/DEV/1181
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Forum des Nations Unies sur les forêts

Neuvième session

6e séance – matin                                          


FORUM DE L’ONU SUR LES FORÊTS: DIALOGUE ENTRE ÉTATS MEMBRES, GRANDS GROUPES ET MEMBRES DU PARTENARIAT DE COLLABORATION SUR LES FORÊTS


Les intervenants soulignent l’importance de la participation et du respect

des droits des communautés forestières locales dans la gestion durable des forêts


Le dialogue multipartite interactif qui était organisé aujourd’hui au troisième jour des travaux de la neuvième session du Forum des Nations Unies sur les forêts (FNUF9) a été l’occasion pour les délégations de réaffirmer que la pleine participation aux débats des neuf grands groupes identifiés et retenus dans le Programme Action 21 pour le développement durable, est essentielle pour enrichir l’indispensable dialogue multilatéral sur la question cruciale de la promotion de la gestion durable des forêts et de leurs écosystèmes.


« Il est essentiel que ceux en charge de la gestion durable de l’exploitation des forêts et de leurs précieuses ressources sachent écouter les populations qui vivent dans les zones forestières pour pouvoir profiter, de première main, de leurs connaissances et savoirs », a expliqué le modérateur des échanges qui ont eu lieu aujourd’hui, M. Alexander Buck, qui dirige l’Union internationale des instituts de recherches forestières(IUFRO).  C’est ainsi que les représentants de l’Instrument juridiquement non contraignant concernant tous les types de forêts (l’instrument relatif aux forêts) et du Programme de travail pluriannuel du Forum pour la période 2007-2015, ont expressément demandé aux Grands groupes de participer activement et efficacement aux travaux du Forum.


La Directrice du Secrétariat du Forum, Mme Jan McAlpine, qui présentait une note du Secrétariat*, s’est félicitée de la coordination exemplaire existant entre les grands groupes, malgré les points de vue extrêmement divers que peuvent avoir des grands groupes représentant des vues aussi diverses que celles des peuples autochtones, des femmes, des jeunes, du monde industriel, ou des ONG.


Trois représentants de ces groupes ont présenté les documents** de travail qui ont servi de base à la discussion.  Le représentant du grand groupe des femmes et celui des organisations non gouvernementales ont tous deux dénoncé le fait que les aspects et les impacts sociaux provenant de l’exploitation des ressources de ces écosystèmes soient négligés dans la gestion des forêts.  Ils ont estimé qu’il fallait accorder davantage de droits d’occupation fonciers aux membres des communautés locales vivant des forêts et faire participer ces communautés à la gestion durable de ces écosystèmes.  À cet égard, le représentant de la Colombie a expliqué que l’État colombien offrait depuis 10 ans des titres de propriété sur les forêts aux populations autochtones et aux communautés afro-colombiennes qui les habitent ou en vivent.


La représentante du groupe des femmes, membre de l’ONG « Women Organizing for Change in Agriculture and Natural Resources Management » (WOCAN), a souhaité notamment une plus grande participation de celles-ci dans les programmes de gestion des écosystèmes de forêts.  Le développement durable provenant des bénéfices tirés des ressources de la forêt passe aussi par le renforcement des capacités des acteurs de la gestion des forêts, le respect des droits des jeunes et le renforcement du rôle des associations, ont ajouté d’autres délégations.


Alors que 1,6 milliard de personnes à travers le monde sont tributaires des forêts pour vivre, le représentant du grand groupe des ONG a insisté sur l’importance d’une bonne gestion des connaissances traditionnelles sur les forêts.  Les méthodes de collecte saisonnière, la culture sauvage, l’utilisation de plantes pour le fourrage ou pour la pharmacopée présentent des avantages socioéconomiques à long terme, a souligné M. Joseph Cobbinnah, de l’ONG « Forestry Network of Sub-Saharan Africa ».  Il a invité les instituts de recherche et de développement qui utilisent ces connaissances à partager les bénéfices qui en sont tirés avec les communautés locales et les populations autochtones, détentrices du savoir millénaire qui permet l’utilisation de la flore et de ses pouvoirs cachés.


La délégation de l’Argentine a, elle aussi, estimé nécessaire la mise en place d’un régime de partage équitable des avantages tirés de l’exploitation de la biodiversité et des ressources génétiques des forêts, rappelant en outre le principe du consentement préalable des populations autochtones.  Le Suriname, qui est recouvert à 90% de forêts et qui a adhéré à la Déclaration des Nations Unies sur les peuples autochtones (2007), reconnaît l’importance des connaissances traditionnelles et autochtones en matière de gestion des forêts et d’exploitation de leurs ressources, a assuré son représentant.


Le programme de foresterie communautaire mis en place au Népal représente un excellent exemple des acquis obtenus et des difficultés rencontrées dans la gestion communautaire des forêts.  La mobilisation à grande échelle de la population rurale a produit un certain nombre d’avantages substantiels, notamment en permettant l’amélioration des conditions de vie des populations; en favorisant l’extension des surfaces boisées; ainsi que la conservation de la biodiversité et l’association des femmes aux actions menées, est-il indiqué dans le document de réflexion présenté par M. Ghan Shyam Pandey, de l’organisation « Global Alliance of Community Forestry », qui représentait le grand groupe des fermiers et des petits propriétaires terriens.


Après le débat multipartite, le Coordonnateur de l’« Initiative des grands groupes », M. Lambert Okrah, a fait part des résultats d’une réunion qui a eu lieu à Accra, au Ghana, en juillet 2010, sur le thème du renforcement de l’implication des grands groupes dans la mise en œuvre des décisions du FNUF.


La prochaine séance officielle du Forum aura lieu vendredi, le 28 janvier à 17 heures.


*E/CN.18/2011/9

  **E/CN.18/2011/Add.1 « Développement social et communautés autochtones et autres communautés locales tributaires de la forêt, y compris régime foncier des forêts »; E/CN.18/2011/Add.2 « Les forêts et la culture »; E/CN.18/2011/Add.3 « Programme de foresterie communautaire au Népal: un exemple d’excellence en matière de gestion communautaire des forêts »


DÉBAT MULTIPARTITE (E/CN.18/2011/9, E/CN.18/2011/9/ADD.1, E/CN.18/2011/9/ADD.2 ET E/CN.18/2011/9/Add.3)


Présentation de rapports


Introduisant le rapport du Secrétaire général sur le Dialogue multipartite (E/CN.18/2011/9) et ses trois additifs (Add.1 à 3), Mme JAN McALPINE, Directrice du Secrétariat du Forum des Nations Unies sur les forêts, a rappelé que les participants au Dialogue multipartite avaient considérablement progressé sur les questions de fond.


Elle s’est félicitée de cette coordination exemplaire en notant les points de vue extrêmement divers que peuvent avoir des grands groupes représentant les peuples autochtones, les femmes, les jeunes, le monde industriel, ou les organisations non gouvernementales (ONG).  Les trois documents additifs au rapport portent respectivement sur le développement social et les communautés autochtones et autres communautés locales tributaires de la forêt, y compris le régime foncier des forêts (E/CN.18/2011/9/Add.1); les forêts et la culture (E/CN.18/2011/9/Add.2); et le « Programme de foresterie communautaire au Népal: un exemple d’excellence en matière de gestion communautaire des forêts » (E/CN.18/2011/9/Add.3), a indiqué Mme McAlpine. 


Dialogue interactif entre les États Membres, les grands groupes et les membres du Partenariat de collaboration sur les forêts


Présentant le Dialogue interactif, son modérateur, M. ALEXANDER BUCK, Directeur exécutif de l’Union internationale des organismes de recherche sur les forêts (IUFRO), a jugé essentiel que ceux en charge de la gestion durable des forêts sachent écouter les populations vivant dans les zones forestières pour pouvoir profiter de leurs connaissances de première main.  Ces populations peuvent faciliter notre compréhension du fonctionnement de l’écosystème des forêts, a estimé M. Buck.  Pour la première fois, les grands groupes ont décidé de coordonner la contribution qu’ils font aux travaux de la session, s’est-il félicité. 


Exposés


Mme ABIDAH BILLAH SETYOWATI, de l’ONG « Women Organizing for Change in Agriculture and Natural Resource Management » (WOCAN), a dénoncé le fait que les aspects sociaux soient négligés dans la gestion des forêts.  Elle s’est dite préoccupée notamment par l’absence d’une base de droits d’occupation fonciers en faveur des membres des communautés locales vivant des forêts et de leurs ressources.  Elle a souhaité également que ces communautés participent à la gestion durable des forêts et a relevé que beaucoup de groupes marginalisés ne sont pas encore intégrés dans cette gestion.  Il faut donc pousser davantage le dialogue international sur cette question afin d’assurer le respect des droits de ces peuples, a préconisé Mme Setyowati.  Un autre objectif à atteindre serait de renforcer les capacités en matière de gestion durable des forêts, a-t-elle ajouté.  Il faut également assurer la participation des femmes dans les programmes de gestion des écosystèmes de forêts, a-t-elle dit, notant que l’accomplissement des tâches ménagères auxquelles les femmes consacrent toute leur énergie ne facilite pas cette participation.  Néanmoins, les femmes doivent aussi avoir accès aux ressources de la forêt, a relevé la représentante.  En ce qui concerne les jeunes, il faut utiliser leur dynamisme pour faciliter l’insertion des groupes les plus vulnérables dans la gestion des forêts, a recommandé Mme Setyowati, qui a aussi expliqué l’importance du rôle des associations dans cette gestion.  Elle a par ailleurs salué le projet mené par de WOCAN au Népal, qui y a permis une meilleure participation des femmes, ainsi qu’au Cameroun, où l’ONG travaille dans le domaine de l’agriculture durable et de l’amélioration de la qualité des sols.


M. JOSEPH COBBINNAH, de l’ONG « Forestry Network of Sub-Saharan Africa », a lui aussi estimé que l’aspect socioculturel de la gestion des forêts a trop longtemps été minimisé.  Après avoir rappelé qu’il y a 1,6 milliard de personnes dans le monde qui dépendent de la forêt pour leurs ressources et leur mode de vie, il a insisté sur l’importance d’une bonne gestion des connaissances traditionnelles sur les forêts.  Les pratiques de conservation traditionnelles de la nature sont importantes pour la conservation de la diversité biologique et des ressources hydriques des sols, a-t-il expliqué.  Les méthodes de collecte saisonnière, la culture sauvage, l’utilisation de plantes pour le fourrage ou pour la pharmacopée sont des avantages socioéconomiques à long terme, a souligné M. Cobbinnah.  Les connaissances traditionnelles sont également utiles pour faire face aux changements climatiques, a-t-il ajouté, car les personnes vivant dans les forêts ont mis au point différents outils et méthodologies pour savoir lire les changements météorologiques.  En Afrique, en Asie et en Amérique latine, environ 80% de la population dépendent en matière de santé des plantes médicinales locales.  Au Ghana, un centre de formation médicale enseigne les techniques de base permettant de fabriquer des médicaments à base de plantes, a indiqué le représentant.  M. Cobbinnah a cependant regretté que les instituts de recherche et de développement qui utilisent ces connaissances ne partagent pas les bénéfices qui en sont tirés avec les communautés locales et les populations autochtones qui sont détentrices du savoir millénaire permettant l’utilisation de cette flore.  Il a aussi fait remarquer que toutes ces connaissances traditionnelles sont gardées de manière très secrète et qu’il est souvent difficile de les obtenir.


Au titre des recommandations, il a suggéré aux gouvernements nationaux de documenter les connaissances et les meilleures pratiques traditionnelles et de les utiliser dans l’enseignement.  Il a aussi suggéré d’apporter une assistance aux populations autochtones pour leur permettre d’intégrer leurs connaissances dans le cadre offert par des technologies modernes.  Il faut aussi que la communauté scientifique ne néglige pas les stratégies d’adaptation traditionnelles dans la lutte contre les effets des changements climatiques.  Pour ce qui est de la communauté internationale, il a souhaité que le partage des bénéfices tirés de la biodiversité des écosystèmes forestiers soit équitable.  Il faut aussi protéger les connaissances des peuples autochtones en matière du risque posé par la « biopiraterie », a-t-il dit.


M. GHAN SHYAM PANDEY, de l’organisation « Global Alliance of Community Forestry », a présenté le programme de foresterie communautaire mis en place au Népal.  Il a indiqué qu’il y avait eu, dans les années 60, une dégradation des territoires forestiers népalais due aux activités agricoles.  En 1978, il a été décidé d’inclure les communautés dans l’élaboration de règlementations forestières, ce qui a entraîné par la suite un ralentissement de la déforestation, s’est-il félicité.  En 1989, le Plan-cadre pour le secteur forestier a été adopté, suivi de la mise en place d’ateliers forestiers.  Lorsque le Népal est devenu une démocratie, les communautés et populations locales se sont vues reconnaître une plus grande place dans la prise de décisions, a ajouté M. Pandey.  Il a indiqué que le Népal avait alors créé son Fonds communautaire pour les forêts.  La prochaine étape à accomplir est maintenant de passer à la mise en place d’une économie verte, a-t-il dit.


M. Pandey a ensuite indiqué que les communautés locales et les populations autochtones sont détentrices de 25% de la superficie des forêts du monde.  Le reste, propriété des États, est soumis à des actes de dégradation jour après jour.  Les États sont en outre possesseurs de la majorité des quantités de carbone retenues par les écosystèmes de forêts.  Les communautés ne jouent aucun rôle dans ce domaine alors qu’en réalité elles sont reconnues comme étant propriétaires de 25% de la superficie de toutes les forêts de la planète.  M. Pandey a donc invité le Programme des Nations Unies sur la « réduction des émissions causées par le déboisement et la dégradation des forêts dans les pays en développement » (REDD) à reconnaître quatre principes qui devraient s’appliquer au bénéfice des communautés forestières: leurs droits fonciers; l’équité dans le partage des bénéfices tirés des forêts; la démocratie dans la prise de décisions concernant la gestion de ces écosystèmes; et le droit au développement des communautés locales.  Le représentant a ensuite dénoncé ce qu’il estime être « une véritable colonisation climatique ».  À cet égard, il a dénoncé le fait que les pays qui apportent une aide financière aux pays en développement pour lutter contre les changements climatiques assortissent leurs dons d’exigences.  Il a donc appelé à mettre les populations au premier rang en renforçant leurs capacités, en leur donnant accès aux marchés et en leur transférant les technologies les mieux adaptées.  Les forêts doivent être gérées localement, a-t-il insisté, en demandant que soit changé à cet effet le « paysage institutionnel » actuel.


Dialogue multipartite


Commentant le document de réflexion sur le Programme de foresterie communautaire au Népal, le représentant du Népal a rappelé que le concept communautaire népalais a été élaboré en tenant compte des droits coutumiers des populations locales.  Il a précisé que les plans de gestion durable de la forêt sont conclus en collaboration avec les utilisateurs des forêts et les populations locales dans le souci de parvenir à une distribution équitable des produits de la forêt au regard des objectifs de lutte contre la pauvreté.  Il a dit que les forêts communautaires et les zones protégées étaient des exemples de conservation de la biodiversité au Népal et constituaient une réponse aux questions du « droit carbone » et de la réduction des émissions causées par la dégradation des forêts dans les pays en développement.


Le représentant du Suriname a précisé que son pays a mis en place, dès les années 50 des législations sur la protection de l’environnement.  Il a précisé que 90% du territoire national bénéficiaient d’une couverture forestière.  Il a précisé que le Suriname, qui a adhéré à la Déclaration des Nations Unies sur les peuples autochtones (2007), reconnaissait l’importance des connaissances traditionnelles, des innovations et des connaissances autochtones en matière de gestion des forêts.  Le représentant a précisé que le Suriname, qui est membre du Traité du bassin amazonien, attendait beaucoup de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire pour progresser dans la gestion des forêts.   


Le représentant de l’Autriche a regretté les opportunités qui ont été ratées depuis 1978, date à laquelle un congrès mondial des forêts mettait déjà l’accent sur l’importance des connaissances autochtones en matière de gestion de forêts. 


La représentante de la Turquie s’est félicité de la contribution croissante des ONG en matière de formulation de stratégies et de politiques dans le domaine du renforcement des capacités, de la participation de la société civile, de l’amélioration de la gestion durable des forêts et des relations entre les parties prenantes et les gouvernements.  Plus de 99% des forêts du monde appartiennent aux gouvernements, a-t-elle noté, en rappelant que sept millions de personnes habitaient dans les forêts ou à l’orée des forêts en Turquie.  Si les gouvernements ne se sentent pas à l’aise face aux critiques que font les ONG, ils sont néanmoins conscients qu’elles sont nécessaires pour avancer dans la gestion durable des forêts, a-t-elle estimé.  


Le représentant de l’Albanie a indiqué que son pays avait transféré en moins de deux ans la propriété de 45% de ses forêts, soit 700 000 hectares, aux collectivités locales qui ont eu comme mission de légaliser les associations de pâturages organisées aux niveaux national ou local.  Il a salué le soutien apporté par la Banque mondiale et l’Agence de développement suédoise aux initiatives albanaises en matière de gestion des forêts.  Il a dit que l’Albanie devait progresser dans l’harmonisation des réformes nationales et de la gouvernance ainsi que dans l’implication de l’opinion publique à ces mesures, ceci dans le souci d’améliorer les débouchés économiques et les modes de vie de populations. 


Le représentant de l’Argentine a mis l’accent dans son intervention sur l’importance des savoirs traditionnels ayant trait aux forêts et sur leurs incidences sur la gestion des forêts, dans la préservation de la diversité biologique et dans l’identification de nouvelles ressources génétiques forestières.  Il a estimé nécessaire la mise en place d’un régime de partage équitable des avantages résultant de l’utilisation des savoirs traditionnels ayant trait aux forêts.  Il a rappelé l’importance du principe du consentement préalable et donné en connaissance de cause, des peuples autochtones, notamment en ce qui concerne l’exploitation des ressources génétiques de la forêt et le partage juste et équitable des bénéfices tirés de l’exploitation de ces ressources.


Pour répondre au représentant de la Chine, qui voulait connaître les mécanismes existants pour établir un partage équitable des bénéfices des forêts, le représentant du « Forestry Network of Sub-Saharan Africa » a souligné la diversité des pratiques nationales dans ce domaine.  Au Ghana, a-t-il dit, les exploitants agricoles sont pris en compte dans le partage des bénéfices mais cette question fait encore l’objet d’un débat.  La représentante de « Women Organizing for Change in Agriculture and Natural Resource Management » (WOCAN) a expliqué que son pays venait juste de commencer ce processus de partage des bénéfices.  Elle a reconnu que les communautés n’étaient pas homogènes et qu’il fallait assurer la représentation de tous les membres de ces différentes communautés.


Sur le thème des droits, le représentant de la Colombie a expliqué que, depuis 10 ans, l’État colombien offre des titres de propriété aux populations autochtones et aux communautés afro-colombiennes sur les forêts, ce qui contribue ainsi à la reforestation.  La Colombie s’estime prête à signer, mercredi prochain, le Protocole de Nagoya sur l’accès et le partage des avantages tirés des ressources génétiques et des savoirs traditionnels associés, a-t-il annoncé.  La Colombie a aussi établi des critères de suivi en matière de gestion des forêts, a-t-il indiqué.


Certaines questions soulevées au cours du débat ne sont pas nouvelles, a estimé la représentante de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.  Certains pays ont déjà pris des mesures pour régler ces problèmes, a-t-elle ajouté.  Elle a demandé que le Secrétariat du Forum des Nations Unies sur les forêts ainsi que les grands groupes étudient la situation des pays qui ont déjà fait beaucoup en faveur de la prise en compte des connaissances traditionnelles, des femmes et des jeunes.  « Dans mon pays, la majeure partie des forêts est la propriété des populations locales et autochtones », a-t-elle indiqué.


Le représentant du Guatemala a expliqué qu’un processus visant à aider les populations les plus vulnérables avait été lancé dans son pays.  Cela a pu se faire grâce au Congrès national, qui a mis en place un programme d’aide aux petits propriétaires.  Nous avons aussi travaillé avec les populations autochtones afin de tenir compte de leurs connaissances, a ajouté le représentant.  Ces populations ont vu leurs capacités renforcées par le biais de concessions forestières, a-t-il ajouté.


Le représentant du Brésil a estimé qu’il n’y avait pas de corrélation automatique entre le transfert de pouvoirs aux communautés locales et la réduction de la pauvreté.  Au Brésil, la situation est particulière car la pauvreté est essentiellement urbaine et il y a peu de personnes vivant dans les forêts, a-t-il expliqué.  Répondant à cette observation, le représentant de « Global Alliance of Community Forestry » a estimé qu’il fallait veiller au transfert des technologies et à mettre en place un meilleur accès aux marchés pour les populations des zones forestières.  Le représentant du Point focal pour les organisations non gouvernementales a expliqué qu’il fallait mettre en place un mécanisme qui donnerait accès aux marchés mondiaux et assurerait la participation des communautés locales.


Les forêts sont un gisement de plantes médicinales, a ensuite souligné le représentant du Maroc, rappelant que leur exploitation se base sur des pratiques et un savoir ancestraux.  Il a invité à procéder à une véritable évaluation du potentiel de ces ressources et à renforcer les capacités dans ce domaine en vue d’une gestion durable.  « Nous devons promouvoir des aménagements concertés avec les populations autochtones, élaborés sur la base de connaissances scientifiques », a-t-il préconisé.  Il s’est aussi exprimé en faveur d’un partage équitable des bénéfices.


Pour sa part, le représentant de la Commission des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC) a évoqué les efforts des pays de cette région où se situe le bassin du Congo.  Dès 1996, ces pays ont mis en place la Conférence sur les écosystèmes des forêts denses et humides d’Afrique centrale, a-t-il indiqué.  Au-delà de l’engagement politique, il a mentionné des réalisations concrètes sur le terrain, avec la participation des femmes, des jeunes et des populations locales dans la gestion durable des forêts.  Il a cependant estimé qu’il fallait aller plus loin et reconnaître le droit foncier coutumier.


Le représentant de Samoa a souhaité que soient mentionnés les animaux au titre des richesses de la forêt, ainsi que la spiritualité liée aux forêts.  Les changements climatiques sont une des causes de la déforestation, a-t-il rappelé.  Il a émis l’espoir que l’Année internationale des forêts, célébrée au cours de cette année 2011, permettrait de lier les forêts à plusieurs autres secteurs importants, comme le climat, le tourisme et l’énergie, par exemple.  Il a indiqué que son pays a adopté en 2007 une politique générale en faveur de la gestion durable des forêts, avec notamment un programme de plantation d’arbres.  Mais nous avons besoin d’assistance technique et financière pour parvenir à cet objectif, a-t-il prévenu.


Concluant et résumant ce dialogue multipartite, le modérateur a rappelé que les forêts sont toujours en danger et continuent à se dégrader.  Il a noté que la dimension sociale de la gestion des forêts reste encore trop négligée.  Au cours de la discussion, les intervenants ont donné de nombreux exemples de bonnes pratiques qui montrent comment on pourrait aller de l’avant.  Il a souligné l’utilité des plantes médicinales de grande valeur provenant des forêts et la nécessité de renforcer les capacités pour mieux utiliser ces ressources et mieux en partager les bénéfices.  Beaucoup de groupes ont adopté le programme REDD, qui est un mécanisme prometteur, a-t-il aussi noté.  « Nous nous sommes aussi interrogés sur la façon dont les grands groupes peuvent continuer à s’impliquer dans la gestion durable des forêts », a-t-il ajouté.


Présentant les résultats de l’Initiative des grands groupes à l’appui du FNUF (juillet 2010 à Accra), M. LAMBERT OKRAH, Coordonnateur de l’Initiative des grands groupes, a rappelé que cette l’Initiative avait pour but d’élaborer des contributions et recommandations pratiques en vue de la FNUF9.  Il a indiqué que près de 70 représentants des grands groupes et d’organisations gouvernementales et intergouvernementales ont assisté à la réunion tenue du 26 au 30 juillet 2010 à Accra, sous les auspices du Gouvernement ghanéen, avec le soutien financier des Gouvernements de la Norvège, de la Finlande, du Royaume-Uni, de l’Autriche et du Canada, ainsi que de l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT).  Il a estimé que la réunion d’Accra était un événement historique qui a permis de préparer trois documents communs au lieu de 21. 


Il a précisé que « l’Initiative des grands groupes » a établi des réseaux précieux.  Parmi les recommandations des grands groupes, a-t-il précisé, figurent: l’augmentation du nombre des grands groupes participants; l’amélioration des politiques pour parvenir à la gestion durable des forêts; l’amélioration du renforcement des capacités en formant au moins 150 personnes participantes; que les décisions du FNUF incorporent les décisions des grands groupes; la promotion d’une conscientisation sur la gestion durable des forêts auprès de 150 millions de personnes dans le cadre de l’Année internationale des forêts 2011; et l’organisation de cinq ateliers régionaux sur la gestion durable des forêts.  


Le représentant du Ghana a déclaré que ces recommandations méritaient d’être considérées dûment.  Il faut faire participer les groupes à égalité, a-t-il estimé en soulignant l’importance de contributions ciblées.  Il a jugé nécessaire de réexaminer le processus de financement de ces initiatives afin de pouvoir garantir la participation du plus grand nombre.  Il a remercié les Gouvernements de la Norvège, de la Finlande, du Royaume-Uni, de l’Autriche et du Canada pour leur soutien financier à cette Initiative.


La représentante de la Turquie a mis l’accent sur les initiatives de son pays pour promouvoir l’accès aux marchés des produits alimentaires et non alimentaires, en mettant l’accent sur l’écoagriculture.  


Le représentant des ONG a demandé comment on pouvait promouvoir une participation des grands groupes aux travaux du Partenariat de collaboration sur les forêts.


Le représentant de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a annoncé que le Partenariat de collaboration sur les forêts tiendrait une réunion dimanche.  Ce sera une occasion de réfléchir sur les moyens de mieux intégrer les grands groupes dans les discussions qui ont lieu sur la question des forêts.  Il faut notamment examiner les mécanismes de collaboration au sein des grands groupes, a-t-il dit.


Le représentant du Groupe des enfants et des jeunes a rappelé que la participation des grands groupes aux discussions dépendait des ressources disponibles et du rôle dévolu aux associations.  Il a souhaité être informé à cet égard des approches techniques nouvelles adoptées par certaines délégations.  Une des façons de favoriser la participation des grands groupes est de leur donner un appui financier, a-t-il insisté.


Récapitulant le débat, le modérateur a souligné que les grands groupes pouvaient apporter beaucoup à la discussion.  Il a noté qu’il fallait renforcer la collecte d’informations sur les meilleures pratiques de gestion des forêts et assurer la pleine participation de toutes les parties prenantes dans les débats.


Enfin, le Président de la neuvième session du Forum des Nations Unies sur les forêts, M. Arvids Ozols, a exprimé sa reconnaissance aux points focaux des grands groupes, ainsi qu’au modérateur du Dialogue.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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