Aller au contenu principal
SG/SM/21173

Le conflit en Ukraine nous invite à nous hisser à la hauteur de la responsabilité « historique » de renforcer les fondations du système multilatéral, déclare le Secrétaire général

On trouvera, ci-après, les observations que le Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, a faites à l’occasion de la cinquième consultation de l’Assemblée générale sur Notre Programme commun, à New York, aujourd’hui:

Je remercie le Président et les vice-présidents de l’Assemblée générale d’avoir organisé ces consultations.  Monsieur le Président, je vous remercie infiniment.  Et merci à vous, les États Membres, pour votre participation active et constructive.  Merci, enfin, aux parties prenantes externes, dont les points de vue divers ont enrichi ces discussions.

Nous vivons dans un monde complexe et sous tension.  De nombreux foyers d’incendie font rage et les pressions géopolitiques, technologiques, environnementales et autres nous éloignent les uns des autres – alors même que le besoin de faire front commun n’a jamais été aussi pressant.

J’en suis parfaitement conscient: nous discutons aujourd’hui de ces défis majeurs avec pour toile de fond la guerre en Ukraine.

La paix est le bien public mondial le plus important pour lequel les Nations Unies ont été créées.

La guerre entraîne la mort, des souffrances humaines et des destructions inimaginables, à un moment où nous ne pouvons pas nous permettre d’ajouter de la difficulté aux immenses défis mondiaux qui se dressent devant nous.

Ce conflit nous invite également à nous rassembler, dans un esprit de coopération et de solidarité, pour venir en aide à toutes les personnes touchées et mettre fin à cette violation du droit international.

Si nous voulons transmettre aux générations futures un monde libéré de la misère et de la peur, un monde qui offre à toutes et à tous la possibilité d’exprimer pleinement leur potentiel, nous devons de toute urgence nous attacher à construire et à renforcer les fondations du système multilatéral.

Nous devons nous montrer à la hauteur de cette énorme responsabilité historique.

Votre Déclaration à l’occasion du soixante-quinzième anniversaire de l’ONU comprend une série d’engagements à travailler ensemble pour relever certains de ces défis.

Mon rapport sur Notre programme commun constitue –en réponse à votre demande– une contribution à la recherche de solutions.

Les propositions qu’il contient représentent un premier pas.  Les États Membres ont maintenant un rôle crucial à jouer pour les faire avancer à travers de nouvelles consultations, des compromis et des décisions.

Mais ne vous y trompez pas: trouver des solutions est essentiel et urgent.

Nous devons prendre les décisions difficiles qui nous permettront d’aller de l’avant.

Ces consultations nous ont permis de parvenir à une compréhension commune des défis auxquels nous faisons face, de réfléchir aux propositions qui ont été faites et de suggérer de nouvelles idées.  Je vous remercie du fond du cœur de vos contributions précieuses tout au long des quatre derniers cycles de consultations.

Je pense que ces discussions nous ont permis de renouveler notre détermination à accélérer la mise en œuvre des Objectifs de développement durable et d’autres cadres qui accusent un retard dangereux. 

Nous avons progressé dans l’identification des outils et des instruments qui nous permettront d’agir.

J’espère que ces discussions nous ont rapprochés de la percée que j’appelle de mes vœux dans le rapport – et qu’elles contribuent à nous éloigner du risque d’effondrement.

J’espère surtout qu’elles auront permis à chacun de mieux se saisir de ces questions, afin que ce rapport devienne effectivement notre programme commun.

Ces consultations nous ont permis de cerner les propositions de mon rapport qui bénéficient d’un large soutien, celles pour lesquelles ce n’est pas nécessairement le cas, et celles qui nécessitent de poursuivre le dialogue.

Permettez-moi de récapituler.

Notre première consultation a porté sur l’accélération et l’intensification des Objectifs de développement durable, sans laisser personne de côté.  Mon rapport sur Notre programme commun a été décrit comme une « piqûre de rappel » pour les ODD, qui pourrait nous aider à les remettre sur la bonne voie.

Nous avons convenu que l’éducation était une priorité urgente, en particulier après le COVID‑19.  Je me réjouis de votre soutien résolu en faveur du Sommet sur la transformation de l’éducation que je convoquerai en septembre.

Nous avons entendu s’exprimer des soutiens pour un Sommet social mondial intergouvernemental, et cette piste doit être approfondie.

L’ensemble du système des Nations Unies est à la disposition des États Membres pour faire avancer mes propositions sur le contrat social, la protection sociale et les mesures transformatrices pour faire progresser l’égalité des genres, si vous choisissez de faire cela au niveau national.  Ce sont là des domaines d’action à l’échelle de chaque pays, en accord avec les caractéristiques propres de chaque pays.

Nous avons également vu un fort soutien en faveur d’une participation plus importante des jeunes, notamment à travers la création d’un Bureau des Nations Unies pour la jeunesse.

D’autres propositions, comme la création d’un indicateur sur « les jeunes en politique », doivent faire l’objet de discussions plus approfondies.

La deuxième consultation a essentiellement porté sur les questions liées au financement durable et inclusif, et au rétablissement de la confiance.

Elle a donné lieu à un riche débat d’idées sur la recherche d’indicateurs destinés à compléter le Produit intérieur brut.  Les petits États insulaires en développement nous ont rappelé que la façon dont nous choisissons de mesurer le progrès pouvait avoir des conséquences de vie ou de mort.

Il est grand temps d’utiliser des indicateurs complémentaires, de façon systématique et dans tous les domaines.

Je tiens à rassurer celles et ceux qui craignent que le sommet biennal que je propose d’organiser entre les pays du G20, les institutions financières internationales et le Conseil économique et social ne soit un sommet excluant.

Ce sommet vise au contraire à renforcer l’inclusion, en combinant l’autorité économique des institutions financières et le caractère universel et la légitimité de l’Organisation des Nations Unies.

L’un des objectifs de ces sommets biennaux serait de réformer un système financier mondial en faillite morale et de réduire les inégalités systémiques entre le Nord et le Sud.

Pendant la pandémie, de nombreux pays en développement ont subi des pertes économiques catastrophiques.

Mais selon les règles actuelles, les gouvernements qui ont le plus besoin de financement ne peuvent y accéder.

Nous avons besoin d’une Nouvelle donne mondiale pour rééquilibrer le pouvoir et les ressources financières, afin de permettre aux pays en développement d’investir dans le Programme 2030 et les Objectifs de développement durable.

Cela demande notamment de changer le système d’évaluation du crédit et la manière dont les droits de tirage spéciaux sont émis, et d’établir un cadre opérationnel d’allégement et de restructuration de la dette.

Des sommets biennaux entre les pays du G20, les institutions financières internationales et le Conseil économique et social permettraient de lever les obstacles qui empêchent ces institutions de coopérer pour financer la mise en œuvre des Objectifs de développement durable.

De tels sommets permettraient également d’étudier les améliorations à apporter à la coopération fiscale internationale et de combattre les flux financiers illicites et la corruption.  Nous avons entendu vos appels pressants au cours de cette consultation pour éviter que cette initiative ne fasse double emploi avec le Programme d’action d’Addis-Abeba et d’autres mécanismes.

Nous avons également entendu des suggestions qui vont au-delà de mon rapport sur Notre programme commun, notamment en ce qui concerne les besoins des personnes âgées et les risques liés au terrorisme.

La troisième consultation a porté sur les cadres nécessaires pour un monde plus pacifique.  Il s’agissait notamment de l’architecture de paix et de sécurité, de la coopération numérique, de l’espace extra-atmosphérique, des droits humains et du droit international.

Le projet de pacte numérique mondial a reçu un large soutien.  Celui-ci met l’accent sur l’élargissement de l’accès à Internet aux 2,9 milliards de personnes qui en sont toujours privées et la reconnaissance de l’accès à Internet comme un droit humain.

De nombreux États Membres ont convenu de la nécessité d’élaborer un nouvel Agenda pour la paix, qui tienne compte des nombreuses évolutions qu’a connues le concept de sécurité depuis la création de l’Organisation des Nations Unies.

Depuis cette consultation, la guerre en Ukraine a renforcé la nécessité de se consacrer à la paix sous toutes ses formes, avec bien plus de détermination.  J’y reviendrai plus longuement dans un instant.

Lors de cette consultation, l’accent a été mis sur l’importance capitale du droit international, notamment la Charte des Nations Unies, le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme, et sur la nécessité d’œuvrer à leur application systématique.

La quatrième consultation était tournée vers l’avenir, tout en cherchant des moyens d’accélérer les efforts visant à résoudre les problèmes existentiels d’aujourd’hui.

Nous sommes revenus sur la menace du changement climatique et avons discuté des moyens de mieux protéger la planète.

L’urgence climatique et la dégradation effrénée de l’environnement constituent une menace existentielle pour le monde tel que nous le connaissons.

La semaine dernière, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a publié un rapport alarmant montrant que les effets du climat sont déjà dévastateurs dans toutes les régions du monde, mais plus particulièrement dans les pays en développement et les petits États insulaires.

Les participants à la session ont examiné les effets irréversibles de la crise climatique, qui pourrait rendre inhabitables certaines parties du monde.  Nous ne pouvons pas permettre que les territoires de certains États Membres de l’Organisation des Nations Unies se réduisent, voire disparaissent, à cause de l’élévation du niveau des mers.

Nous devons de toute urgence mener des actions porteuses de changement afin de réduire et d’éliminer les émissions de gaz à effet de serre, de limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré Celsius et de renforcer la résilience face aux effets qui se font déjà sentir grâce à des mesures d’adaptation efficaces.

Les pays du G20, qui sont responsables de 80% des émissions mondiales, ont une responsabilité particulière à assumer.

Nous devons renforcer massivement l’appui technique et financier pour accélérer l’élimination progressive du charbon et créer une transition juste vers des énergies renouvelables et des emplois verts.

Les pays les plus riches doivent tenir leur engagement de financement climat à hauteur de 100 milliards de dollars.  Les sommes allouées au financement de l’adaptation doivent être doublées et nous devons réformer les conditions d’accès à ces financements afin que les communautés les plus vulnérables puissent y avoir accès.

Nous avons aussi examiné les enseignements de la pandémie de COVID-19 en ce qui concerne l’architecture sanitaire mondiale et la réponse aux futures crises de grande ampleur.  Il est grand temps de penser nos systèmes à long terme, d’améliorer l’anticipation et la prévision des risques au niveau mondial, et de tenir compte des intérêts des générations futures.

Les propositions contenues dans mon rapport sur Notre Programme commun qui visent à penser et à agir davantage dans l’intérêt des générations futures ont recueilli un large soutien, et il nous tarde de travailler avec vous pour faire avancer ces idées ainsi que le concept de Plateforme d’urgence qui doit encore être clarifié entre nous.

Cela m’amène au débat d’aujourd’hui, qui est consacré à la coopération internationale.

Au cours des deux dernières semaines, la coopération multilatérale a pris encore plus d’importance.

Nous voici ramenés à la promesse fondatrice de la Charte des Nations Unies: préserver les générations futures du fléau de la guerre.

Partout dans le monde, on se demande comment une telle chose a pu se produire au XXIe siècle.

Comment se peut-il que nous soyons encore à regarder l’abîme nucléaire, pendant que des millions de personnes quittent leur pays et que les principes les plus élémentaires du droit international sont foulés aux pieds?

À la lumière de ces événements, nous devons à nouveau nous demander si les systèmes de gouvernance mondiale sont adaptés à l’objectif qui est le leur, et songer à des moyens de les améliorer.

Et tandis que nous reconsidérons les menaces traditionnelles pour la paix et la sécurité, il nous faut actualiser ces concepts pour les adapter à la complexité de notre monde, dans lequel des menaces locales peuvent rapidement devenir mondiales, existentielles et intergénérationnelles.

Le conflit en Ukraine pourrait avoir de graves répercussions mondiales sur plusieurs fronts.

Premièrement, le financement de l’aide humanitaire s’en trouvera encore plus limité, ce qui contribuera à aggraver les souffrances d’un grand nombre de personnes parmi les plus vulnérables.

Deuxièmement, le conflit pourrait indirectement accroître la faim dans le monde.  L’Ukraine est l’un des premiers producteurs de céréales au monde -la Fédération Russe est le deuxième- , et le conflit pourrait provoquer une flambée des prix.

Troisièmement, ce conflit est intrinsèquement lié à la crise climatique et montre à quel point notre dépendance aux combustibles fossiles met l’économie mondiale et la sécurité énergétique à la merci des chocs géopolitiques.

C’est dans les pays en développement que les conséquences économiques de la guerre, en particulier l’augmentation des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, se feront le plus durement sentir.  Nombre de ces pays ont déjà du mal à se remettre de la pandémie et à combattre l’inflation croissante ainsi que la hausse des taux d’intérêts.

Partout dans le monde, la faiblesse des institutions et l’absence de responsabilité vont de pair avec les risques climatiques et les risques en matière de sécurité.

Et les dépenses militaires record ne protégeront personne de la catastrophe climatique.

L’amélioration de la coopération internationale doit porter sur toutes les menaces non traditionnelles, y compris la cyberguerre, les campagnes de désinformation, les menaces liées aux armes de destruction massive, et d’autres encore.

Mon rapport sur Notre Programme commun est un signal d’alarme sur les risques auxquels nous faisons face et sur l’illusion dangereuse selon laquelle le statu quo serait une solution viable.

Mais vous n’avez pas besoin de lire mon rapport pour savoir ces choses-là.  Il suffit de regarder autour de vous.

La crise climatique a franchi le point de non-retour, alors que nous étions prévenus et que nous aurions pu agir plus tôt.

Une grande partie des effets de la pandémie de COVID-19 aurait pu être évitée ou atténuée.  Au lieu de cela, des millions de personnes sont mortes, la faim et la pauvreté augmentent, et les conséquences économiques de la pandémie se font toujours sentir.

Une guerre protéiforme fait rage au cœur de l’Europe, en violation de la Charte des Nations Unies.

Nous avons un important travail à faire pour améliorer la gouvernance mondiale, gérer les risques et préserver les communs mondiaux et les biens publics mondiaux.

Ce travail n’est pas seulement celui de l’Organisation des Nations Unies ou d’une quelconque autre institution.

Il s’agit de travailler ensemble pour résoudre nos principaux problèmes, par l’intermédiaire des structures existantes, si elles s’y prêtent, et de cadres nouveaux ou revigorés, si nécessaire.

Si nous n’agissons pas, ce sont peut-être nos enfants, ou leurs enfants, qui seront obligés de reconstruire l’ordre international au lendemain d’une catastrophe.

J’ai donc demandé à mon conseil consultatif de haut niveau sur les biens publics mondiaux de nous fournir des recommandations concrètes pour améliorer la gouvernance mondiale.

Je suis ravi que l’ancienne Présidente libérienne, Ellen Johnson-Sirleaf, et l’ancien Premier Ministre suédois, Stefan Löfven, aient accepté mon invitation à coprésider ce conseil consultatif.

J’ai demandé au Conseil de s’appuyer sur les idées contenues dans mon rapport sur Notre Programme commun, sur les consultations menées à l’occasion du soixante-quinzième anniversaire de l’ONU et de la préparation de mon rapport, et sur ces récentes discussions menées sous la houlette du Président de l’Assemblée générale.

J’ai également demandé au Conseil de formuler ses recommandations à la lumière des dispositions institutionnelles et juridiques existantes, en gardant à l’esprit les appels à ne pas dupliquer ou remplacer celles qui fonctionnent.

Le Conseil se penchera sur les lacunes en matière de gouvernance, les nouvelles priorités et les niveaux d’urgence, ainsi que sur les délibérations pertinentes des forums qui se tiendront en préparation du projet intergouvernemental de Sommet de l’avenir, qui doit avoir lieu en septembre 2023.

Je leur ai tout particulièrement demandé de rechercher l’équité et la justice dans la prise de décisions au niveau mondial, ainsi que des approches plus en réseau, plus inclusives et, surtout, plus efficaces.

Les membres du Conseil seront indépendants et nourriront de leur expérience considérable les réflexions sur ces questions essentielles.

Le cas échéant, j’espère que leurs recommandations enrichiront les débats du Sommet de l’avenir.

Le Sommet de l’avenir serait l’occasion pour les dirigeants de s’engager à quitter la voie dangereuse sur laquelle nous nous trouvons actuellement, grâce à une coopération multilatérale fondée sur les valeurs énoncées dans la Charte des Nations Unies.

Il pourrait déboucher sur un pacte pour l’avenir, qui permettrait d’accélérer l’application du Programme 2030, de l’Accord de Paris et du Programme d’action d’Addis-Abeba.

Il appartiendra aux États Membres de décider du contenu d’un tel pacte, mais j’ai proposé plusieurs éléments dans mon rapport sur Notre programme commun.

Premièrement, un nouvel agenda pour la paix, qui nous réunirait autour d’une vision commune de la paix et de la sécurité face aux nouvelles menaces et sources de vulnérabilité.

Deuxièmement, un pacte numérique mondial visant à mettre la technologie numérique au service du bien-être, de la solidarité et du progrès humains.

Troisièmement, l’établissement de grands principes visant à régir l’utilisation pacifique et durable de l’espace extra-atmosphérique.

Quatrièmement, l’élaboration de protocoles relatifs à une Plateforme d’urgence, qui nous permettrait de gérer plus efficacement les risques mondiaux.

Et cinquièmement, une déclaration énonçant la promesse que nous avons faite de tenir compte des intérêts et des besoins des générations futures dans les décisions que nous prenons aujourd’hui, et la mise en place des mécanismes nécessaires pour tenir cette promesse.

Un tel pacte pourrait également inclure le projet de code de conduite visant à promouvoir l’intégrité de l’information, un plan mondial destiné à éliminer la violence contre les femmes et les filles, et un accord sur l’adoption d’indicateurs allant au-delà du produit intérieur brut pour mesurer les progrès accomplis.

Ce sera à vous, les États Membres, d’en décider, dans le cadre de la suite que vous donnerez à ces consultations.

Pour que le Sommet de l’avenir soit couronné de succès, il faudra que tous les États Membres se l’approprient et y participent activement, et que la société civile, le secteur privé et d’autres acteurs y soient associés, sans remettre en question le caractère inter-gouvernemental du Sommet de l’avenir.

Il faudra également changer collectivement d’état d’esprit et témoigner d’une volonté d’œuvrer de concert à la recherche de solutions novatrices aux problèmes les plus graves que nous rencontrons.

Aujourd’hui, nous examinerons également comment le Secrétariat peut tenir plus systématiquement compte des points de vue des autres parties prenantes, afin de créer un multilatéralisme qui fonctionne davantage en réseau et soit plus inclusif.

Dans mon rapport sur Notre programme commun, j’ai proposé de tenir chaque année une réunion avec les chefs des organisations régionales, de dialoguer activement avec les institutions financières internationales, de rétablir le Conseil scientifique consultatif et de rendre l’ONU mieux à même d’offrir des solutions dans le cadre de l’initiative ONU 2.0, notamment en soutenant le multilinguisme.

En nous appuyant sur ces réformes, et sur les réformes du passé, nous continuerons à rendre l’Organisation plus efficace, plus responsable et plus axée sur les résultats.  J’ai demandé au système de faire un meilleur usage des ressources disponibles, d’harmoniser notre budgétisation et nos demandes de financement et d’améliorer la transparence de nos rapports sur les résultats. 

Et je suis prêt à vous accompagner dans vos discussions concernant les organes ou organismes intergouvernementaux de l’ONU, notamment le Conseil de sécurité, le Conseil économique et social, la Commission de consolidation de la paix et le Conseil de tutelle.

Les propositions que j’ai faites dans mon rapport sur Notre programme commun ne visent pas à créer de nouvelles bureaucraties.  Il s’agit plutôt de permettre aux États Membres de déterminer ensemble quelles questions préoccupantes nécessitent que leur gouvernance soit améliorée.

Le point de départ doit être le respect et l’application du droit international, son développement progressif, le renforcement des institutions et des mécanismes existants, et la participation de toutes les parties concernées.

En fin de compte, nos efforts visent non seulement à éviter une catastrophe, mais également à améliorer la vie et les perspectives de milliards de personnes laissées de côté.  Il s’agit notamment des enfants qui ont manqué des années de scolarité, des femmes dont les moyens de subsistance, qui étaient déjà précaires, ont disparu, ainsi que des réfugiés et des migrants contraints d’entreprendre des voyages périlleux.

Les prochaines étapes dépendront des décisions que vous prendrez, en tant qu’États Membres.

Nous sommes prêts à apporter notre contribution, en détaillant mes propositions et en poursuivant la discussion.

Les auteurs de la Charte des Nations Unies ont reconnu que la coopération multilatérale était l’antidote au nationalisme populiste, aux intérêts égoïstes et aux mesures unilatérales qui ont causé d’immenses souffrances au cours des trois décennies qui ont précédé la création de l’Organisation des Nations Unies.

Aujourd’hui, nous devons nous inspirer de leur vision, fondée sur les valeurs universelles et intemporelles qu’ils ont énoncées dans la Charte.

Je me réjouis de poursuivre ce voyage avec vous tous pour réaliser Notre programme commun.

Je vous remercie.

À l’intention des organes d’information. Document non officiel.