FEM/1898

La Commission de la condition de la femme réfléchit au rôle et à l’éducation des jeunes en matière de promotion de la parité entre les sexes

6/03/2012
Conseil économique et socialFEM/1898
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Commission de la condition de la femme                     

Cinquante-sixième session                                  

14e séance – matin


LA COMMISSION DE LA CONDITION DE LA FEMME RÉFLÉCHIT AU RÔLE ET À L’ÉDUCATION DES JEUNES

EN MATIÈRE DE PROMOTION DE LA PARITÉ ENTRE LES SEXES


La Commission de la condition de la femme a réfléchi, ce matin, à la participation des jeunes à la recherche de l’égalité des sexes, ce qui a donné l’occasion aux délégations de mettre l’accent sur l’importance d’éduquer les jeunes à la parité dès le plus jeune âge.  Au cours de cet échange interactif, certains intervenants, représentant notamment des groupes de jeunes, ont déploré que très peu d’opportunités leur soient offertes de participer aux travaux de l’Organisation des Nations Unies.


L’utilisation des médias sociaux a été vivement encouragée pour inclure les jeunes dans le débat et leur ouvrir la porte aux prises de décisions concernant la promotion de l’égalité homme-femme.  À cet égard, l’idée d’imposer un quota pour la représentation des jeunes au sein des organes de délibération, comme les parlements, a été évoquée à plusieurs reprises au cours de cette table ronde consacrée à la « participation des jeunes femmes et des jeunes hommes, des filles et des garçons à la recherche de l’égalité des sexes ».


La Commission de la condition de la femme poursuivra ses travaux demain, mercredi 7 mars, à partir de 10 heures.  Elle tiendra une séance spéciale consacrée à la célébration de la Journée internationale de la femme.


SUIVI DE LA QUATRIÈME CONFÉRENCE MONDIALE SUR LES FEMMES ET DE LA VINGT-TROISIÈME SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE, INTITULÉE « LES FEMMES EN L’AN 2000: ÉGALITÉ ENTRE LES SEXES, DÉVELOPPEMENT ET PAIX POUR LE XXIE SIÈCLE »


Table ronde 5: « Participation des jeunes femmes et des jeunes hommes, des filles et des garçons à la recherche de l’égalité des sexes »


Suite du débat


Mme Edna Akullq, fondatrice de la Fondation Self Help en Ouganda, a fait observer que les jeunes gens avaient aujourd’hui plus de possibilités d’être formés et éduqués, notamment avec un accès facilité aux nouvelles technologies et grâce à l’importante circulation de l’information.  Mais, malgré ces techniques, ils ne comprennent pas encore l’urgence de l’égalité hommes/femmes, a-t-elle déploré.  « Si nous ne faisons pas participer les jeunes à tous les niveaux de promotion de la parité, nous raterons une occasion », a-t-elle poursuivi.  Elle a ensuite expliqué le travail de sa fondation, qui a déployé de nombreux efforts pour organiser des campagnes de sensibilisation avec la contribution de 25 jeunes en Ouganda.  « J’ai vu une opportunité et je l’ai saisie », a-t-elle expliqué.  Elle a noté qu’une attitude positive était aussi indispensable dans ce travail de sensibilisation.  « Le problème avec les entreprises sociales, c’est que les jeunes gens pensent qu’ils ne peuvent pas faire la différence, et que les vieux pensent quant à eux que rien ne peut changer », a-t-elle souligné, notant qu’il existe de nombreux jeunes qui ont des idées novatrices pour améliorer les choses et qui peuvent donc être des entrepreneurs sociaux.  Elle a ensuite appelé ONU-Femmes, les différentes délégations et le secteur privé à inclure davantage de jeunes gens et de jeunes filles dans leurs rangs, ainsi qu’à investir dans les jeunes entrepreneurs qui veulent œuvrer en faveur de l’égalité des sexes.


M. ROBERTO CÁRCAMO TAPIA, Collectif des jeunes pour l’égalité entre les sexes du Chili, a indiqué que la violence sexiste pouvait se manifester dans les relations de couple de manière très nuancée.  Il a précisé qu’au Chili, 20% des femmes entre 15 et 30 ans ont indiqué avoir été victimes d’un acte de violence au sein de leur couple; 20% des meurtres de femmes sont perpétrés par des fiancés ou anciens conjoints des victimes, et qu’un quart des victimes avaient moins de 30 ans.  Le Chili, a-t-il affirmé, dispose d’une politique de protection des femmes victimes de violences au sein de foyers, mais ne cherche pas à s’acquitter de ses responsabilités.  M. Tapia a ensuite évoqué les stéréotypes véhiculés dans les médias chiliens et la faible participation des femmes aux élections.  Il a notamment précisé que 87% des parlementaires et 73% des conseillers politiques chiliens sont des hommes.  Il a expliqué que dans le passé, les jeunes participaient peu à la politique, mais que cette situation devrait changer à l’avenir.  Il a notamment parlé du nombre croissant de jeunes femmes qui adhérent à un parti politique, y voyant là l’occasion de faire avancer les choses sur le plan politique.


Le panéliste a ensuite déploré l’absence d’un programme de sensibilisation à l’importance de l’égalité entre les sexes dans les établissements scolaires du Chili.  Il a expliqué que le Collectif avait mis sur pied diverses initiatives pour remédier à cette situation, ainsi qu’un atelier de prévention de la violence domestique dans le centre pénitencier de Santiago. 


M. Shishir Chandra, Membre du Groupe d’action des hommes qui luttent contre la violence à l’égard des femmes en Inde (MASVAW), a expliqué que l’objectif de son organisation était de réduire le nombre d’incidents à l’égard des femmes, à travers des campagnes de sensibilisation, une présence dans plus de 500 villages et une collaboration avec 11 universités.  Il a souligné les problèmes principaux auxquels l’ONG doit faire face pour faire changer les mentalités.  La plupart, a-t-il expliqué, sont liés à la religion.  Elle présente en effet des rôles pour les hommes et pour les femmes et, très souvent, la société pense que si on remet en question ces rôles, on se détourne de Dieu.  Il a aussi cité la hiérarchie stricte qui existe au sein des familles indiennes qui fait que, lorsque quelqu’un se détourne de la famille, il fait objet de réactions réprobatrices.  Par ailleurs, lorsque les hommes parlent de leurs angoisses, cela est considéré comme une menace à leur masculinité, a-t-il souligné.  « Dans notre société, les hommes doivent être forts et parfois violents », a-t-il regretté.  Dans ce contexte, il a expliqué que MASVAW est une tribune où les jeunes hommes peuvent trouver des réponses à leurs angoisses ou à leurs questions et qui organise également des forums et des rencontres au sein des universités, ainsi que des expositions ou la publication de brochures sur l’égalité entre les sexes.  Sur la base de son expérience, M. Chandra a expliqué aux délégations et participants à quel point l’accent devait être mis sur l’éducation et la sensibilisation des jeunes hommes dans la lutte contre les violences et pour l’égalité.


Mme ROZAINA ADAM, Parlementaire des Maldives et Directrice du Comité d’évaluation de la loi sur l’interdiction de la violence domestique, a indiqué que 51% de la population des Maldives avaient moins de 25 ans et 69,9% moins de 35 ans.  Elle a déploré le fait que seules cinq femmes siègent actuellement au Parlement des Maldives, pour préciser ensuite que 16 parlementaires avaient moins de 35 ans lors de leur élection.  Mme Adam a insisté sur l’importance de faire participer les jeunes, ajoutant que le manque de ressources était un obstacle notable à la participation politique des femmes et des jeunes.  Elle a précisé qu’avant l’introduction d’un système multipartite, le chef d’État choisissait lui-même les fonctionnaires du Gouvernement.  De nombreuses personnes sont encore convaincues que seuls certains individus issus de certaines familles peuvent occuper des positions de prise de décisions, a-t-elle déploré.


La panéliste a ensuite indiqué qu’un projet de loi entend garantir l’implication des jeunes dans l’élaboration de législations qui auront un impact sur eux.  Ce texte promouvra également l’égalité entre les sexes en veillant à ce que les femmes représentent 30% des membres des comités de jeunes.  Cependant, a-t-elle ajouté, des obstacles demeurent quant à la participation des jeunes femmes, à commencer par le fait que l’âge moyen du mariage chez les femmes est de 19 ans, tandis que l’âge moyen de la première grossesse est de 20 ans.  La panéliste a insisté sur l’importance de sensibiliser les parlementaires à l’importance de la parité et a par ailleurs appelé les partis politiques à impliquer les jeunes et les femmes à leurs activités.  La création d’un programme de sensibilisation à la parité dans les écoles est également de rigueur, a-t-elle ajouté.


Débat interactif


Le débat interactif qui a suivi les présentations des panélistes sur la question de la « participation des jeunes femmes et des jeunes hommes, des filles et des garçons à la recherche de l’égalité des sexes », a notamment été l’occasion pour les délégations participant aux échanges de mettre l’accent sur l’importance d’éduquer les jeunes à la parité dès le plus jeune âge, mais également de déplorer le manque d’occasions qui leur sont données de participer aux travaux de l’ONU en la matière.  L’utilisation des médias sociaux a également été évoquée à plusieurs reprises.


La représentante du Pakistan a été une des nombreuses intervenantes à insister sur l’importance primordiale de l’éducation.  Elle a également évoqué la nécessité de « transversaliser » la problématique homme-femme dans les programmes et politiques conçus et appliqués par la communauté internationale et les États.  La sensibilisation à l’importance de la parité doit commencer dès le plus jeune âge dans les foyers, a-t-elle souligné. 


La déléguée pour les jeunes de la Suisse a estimé essentiel de sensibiliser à la fois les garçons et les filles à l’importance de l’égalité entre les sexes, tandis que le représentant de World Youth Alliance réclamait, quant à lui, plus d’opportunités pour les hommes de participer à la création d’une société respectant réellement la parité entre les sexes et où la famille serait la source du respect de l’égalité entre les hommes et les femmes.  La famille, a-t-il souligné, c’est l’école du respect.  C’est là où tout commence, a souligné la représentante du Cameroun.


La représentante d’Israël a estimé pour sa part que la construction de crèche était importante non seulement pour permettre aux mères d’occuper un emploi, mais également pour commencer l’éducation des jeunes dès le plus jeune âge.  Elle a également cité les mérites des projets conjoints entre garçons et filles qui leur permettent d’apprendre, ensemble, à devenir des leaders.


Il faut constamment dialoguer avec les jeunes et disposer à cet égard de tribunes permanentes, et non pas se limiter à organiser des journées de sensibilisation isolées, a souligné la représentante de l’ONG Virginia Gildersleeve International Fund.


La représentante de la Malaisie a estimé que les politiques, hommes et femmes, devaient apprendre à parler le langage des jeunes en entrant notamment en contact avec eux par l’intermédiaire des réseaux sociaux, tandis que son homologue de la Gambie a estimé qu’afin de changer les comportements, il ne fallait pas pour autant négliger les aspects et points de vue des traditions et de la religion.


La représentante de la Thaïlande a observé pour sa part que les comités de jeunes reproduisent souvent les structures sociales déjà existantes et sont donc souvent dominés par des jeunes hommes.  Son homologue de l’Union européenne a constaté de son côté que les systèmes éducatifs sont gérés par les hommes, même si les femmes y enseignent en majorité. 


Après avoir réclamé une définition universelle de la jeunesse, la représentante de l’Association mondiale des Filles guides et Filles Scoutes a déploré, quant à elle, le manque d’opportunité dont souffrent les jeunes au sein même de l’ONU, estimant qu’ils avaient peu de possibilités de participer aux processus de prise de décisions de l’ONU.


Sur cette lancée, la représentante des Filles scoutes des États-Unis qui parlait aussi au nom du Groupe de travail sur les filles, a constaté une diminution de la participation des jeunes aux travaux de l’ONU depuis 2007 et a observé que la plupart du temps, les jeunes étaient appelés à intervenir lors des travaux de la Commission de la condition de la femme, mais rarement dans d’autres enceintes.  Elle a également déploré le fait que les jeunes âgés de moins de 16 ans ne pouvaient pas obtenir de documents d’entrée au Siège de l’ONU et ne pouvaient donc pas participer aux délibérations.


Réagissant à ces commentaires, Mme Adam, la panéliste originaire des Maldives a estimé que la définition de la jeunesse pouvait changer selon les différentes situations socioéconomique et culturelle des pays.  Elle a également suggéré que les lois qui concernent directement les jeunes soient débattues au sein des parlements des jeunes, avant d’affirmer que le moment était venu d’examiner l’idée d’instaurer un quota de représentation pour les jeunes.


M. Chandra, le panéliste de l’Inde, a estimé qu’en faisant usage des réseaux sociaux, il serait possible de faire participer les jeunes au processus de changement.  De plus, les clubs et les organisations sportives doivent également travailler à la promotion de l’égalité entre les sexes et la question de la parité doit figurer au sein de tous les programmes scolaires, même au niveau le plus précoce.  M. Cárcamo Tapia, le panéliste du Chili, a avancé que le projet de création d’un cursus d’éducation civique dans son pays avait échoué à cause de la méfiance des partis politiques.  Il a également parlé de l’importance d’avoir des mesures de prévention et de traitement des violences domestiques adaptées aux jeunes.  Enfin, tout en convenant de l’importance de l’éducation précoce, Mme Akullq, la panéliste de l’Ouganda a affirmé qu’on ne pouvait pas minimiser l’importance du rôle que jouent les familles, d’où l’importance d’investir en elles.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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