POP/993

La Commission de la population et du développement souligne le lien entre le Programme d’action du Caire et celui de Rio sur le développement durable

13/04/2011
Conseil économique et socialPOP/993
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Commission de la population et du développement

Quarante-quatrième session

6e et 7e séances – matin et après-midi


LA COMMISSION DE LA POPULATION ET DU DÉVELOPPEMENT SOULIGNE LE LIEN ENTRE LE

PROGRAMME D’ACTION DU CAIRE ET CELUI DE RIO SUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE


La Commission de la population et du développement a confirmé aujourd’hui le lien entre le Programme d’action du Caire de 1994 et celui de Rio de 1992 sur le développement durable.  La Commission, qui tient sa quarante-quatrième session sur le thème « Fécondité, santé reproductive et développement », a aussi entendu l’exposé de la Vice-Présidente d’IPAS sur les défis liés à la santé reproductive.


Le lien entre les Programmes d’action du Caire et de Rio a été illustré par le fait que la croissance démographique devient un « défi émergent critique » pour la préservation des ressources alimentaires, énergétiques et hydrauliques de la planète.  Le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales a expliqué que si la fécondité stagne à 2,35 enfants par femme au lieu de chuter en dessous de 2, la population mondiale pourrait bien dépasser les 10 milliards d’habitants d’ici à 2050.


Comme la nourriture et l’énergie pour les 9 milliards de personnes que l’on attend d’ici à 2050 s’annoncent déjà comme un défi majeur, imaginez quels seront les défis si la population dépasse les 10 milliards, a-t-il prévenu.


Conscient de cette situation le Directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) a rappelé que « pour influencer les tendances démographiques, il faut autonomiser les individus pour leur permettre de prendre leurs propres décisions ».


Il faut encourager la créativité du milliard de personnes les plus pauvres qui se trouvent souvent à l’avant-garde du changement.  Après tout, ces personnes n’ont d’autre choix que l’ingéniosité pour survivre, a conseillé l’ancienne Directrice exécutive du FNUAP et actuelle Envoyée spéciale du Secrétaire général pour le VIH/sida dans la région Asie-Pacifique.


Adopté le 13 septembre 1994, pour une période de 20 ans, par 179 États, le Programme d’action du Caire a eu ceci de novateur que, plutôt que de se concentrer sur des objectifs chiffrés, il défend une stratégie mettant l’accent sur l’interdépendance entre population et développement, l’émancipation de la femme et la nécessité de satisfaire les besoins de chaque homme et de chaque femme.  Le Programme d’action, qui s’appuie sur 15 principes, fêtera son vingtième anniversaire en 2014 au cours d’une session extraordinaire de l’Assemblée générale.

En début de séance, la Commission a entendu le troisième exposé qu’il a prévu pour cette session, celui de Mme Eunice Brookman-Amissah, ancienne Ministre de la santé du Ghana et Vice-Présidente d’IPAS pour l’Afrique, une organisation qui défend la santé des femmes et ses droits reproductifs. 


Mme Brookman-Amissah a parlé des conséquences terribles des avortements hors milieu hospitalier.  Elle a prévenu que la pénalisation de l’avortement n’empêche pas les femmes d’avorter mais encourage, au contraire, des pratiques dangereuses. 


« Quant les leaders et décideurs politiques n’apportent pas une solution avérée et rentable à un problème tout à fait évitable, on en déduit, à juste titre, qu’ils n’accordent pas assez de valeur aux femmes et aux filles dont la vie est en jeu », a-t-elle dénoncé.  « Sans une action décisive contre l’avortement, nous verrons 250 000 morts, des millions d’accidents et nous ferons peser un poids énorme sur les systèmes de santé ».


La Commission de la population et du développement poursuivra ses travaux demain, jeudi 14 avril, à partir de 10 heures.


Suite du débat général consacré à l’expérience des pays dans le domaine de la population: fécondité, santé procréative et développement (E/CN.9/2011/NGO/1, E/CN.9/2011/NGO/2, E/CN.9/2011/NGO/4, E/CN.9/2011/NGO/5, E/CN.9/2011/NGO/7, E/CN.9/2011/NGO/8, E/CN.9/2011/NGO/9 et E/CN.9/2011/NGO/10)


Mme SONIA DIAZ, Vice-Ministre de la condition de la femme de la République dominicaine, a indiqué que les initiatives du Gouvernement avaient permis à 70% de Dominicaines d’avoir accès à des contraceptifs.  Elle a également évoqué des avancées en matière de mortalité maternelle, de santé sexuelle et reproductive et de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles.  Parmi les défis qui demeurent, elle a cité les grossesses non désirées chez les adolescentes, les féminicides et la violence à l’encontre des femmes et des fillettes.  Elle a également fait savoir que l’élimination de la pauvreté était le défi le plus important auquel doit faire face le Gouvernement, compte tenu, en particulier, de sa grande influence sur les indicateurs sociodémographiques.  Il faut poursuivre les efforts en matière d’autonomisation des femmes, a-t-elle reconnu.


M. DAVID ČERVENKA (République tchèque) a évoqué les transformations démographiques qu’a connues son pays ces vingt dernières années.  Il a indiqué que l’espérance de vie avait augmenté de deux ans, mais que le taux de fécondité avait en revanche atteint son niveau le plus bas dans l’histoire du pays.  Des politiques ont été mises en œuvre pour contrer cette tendance, a-t-il affirmé, en réitérant l’engagement de son pays en faveur du Programme d’action du Caire.


Mme MARIANNE KPAKPAH (Ghana) a précisé que le taux de fécondité a décliné de 5,5 enfants par femme en 1993 à 4 en 2008 et devrait atteindre le chiffre de 3 en 2020.  Elle a dit que l’étude sur la santé maternelle de 2007 a permis d’identifier que l’avortement était la deuxième cause de mortalité maternelle, soit 15%.  Quelque 16% des grossesses chez les adolescentes se concluent par un avortement et pour faire face à cette réalité, la politique de la « santé reproductive et normes » du Ghana a été amendée pour y inclure des services d’assistance à l’avortement dans le cadre des pratiques autorisées par la loi, mais aussi des activités de prévention et de conseil. 


En 2010, le Ghana a développé un cadre d’accélération de la réalisation des OMD avec l’assistance du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et a entrepris une évaluation des services obstétriques d’urgence et d’assistance néonatale (EmONC), a-t-elle encore ajouté. 


Mme NYE NYE (Myanmar) a indiqué que le taux de fécondité a baissé dans le pays principalement grâce à un niveau plus élevé d’éducation et à un recours plus systématique aux contraceptifs.  L’âge du mariage chez les femmes a été élevé à 21 ans mais le représentant a reconnu que d’autres mécanismes seront nécessaires pour sensibiliser les célibataires à la santé sexuelle et reproductive ainsi qu’à la planification familiale.  Le pays, a-t-il aussi reconnu, n’est pas près de réaliser l’OMD nº5 relatif à la santé maternelle; le taux relativement élevé de mortalité maternelle demeurant un défi.  Mais le pays compte bien poursuivre ses efforts à tous les niveaux, a-t-il assuré.


M. HARRY S.JOOSEERY, Directeur exécutif de Partenaires pour la population et le développement, a insisté sur l’importance d’améliorer la planification familiale dans les pays en développement et a estimé que la question de la santé reproductive des adolescents ne bénéficiait pas de l’attention qu’elle mérite.  Il s’est aussi inquiété de la baisse du financement des programmes de planification familiale, évoquant les conséquences que cela aura pour les pays en développement. 


M. Jooseery a rappelé que son organisation vient d’organiser une conférence sur la promotion de la planification familiale et la santé maternelle pour la réduction de la pauvreté qui a débouché sur la Déclaration de Yogyakarta.  Si toutes les femmes du monde pouvaient faire valoir leurs choix, il serait possible d’éviter plus d’un milliard de tonnes de dioxyde de carbone.  M. Jooseery a ensuite annoncé l’organisation, à l’automne 2011, d’une conférence pour inciter les pays en développement à prendre en compte la question des changements climatiques dans la dynamique démographique.


Mme DOMINIQUE BICHARA, Banque mondiale, a rappelé que la stratégie que la Banque a mise au point en 2007 témoigne de son engagement en faveur du Programme d’action du Caire.  Les dernières analyses sur la croissance démographique et la croissance économique se sont d’ailleurs concentrées sur l’impact des changements dans la pyramide des âges.  Approuvé en 2010, le Plan d’action de la Banque sur la santé reproductive porte sur 57 pays prioritaires, majoritairement en Afrique et en Asie du Sud.  En l’occurrence, la Banque s’est engagée à améliorer son travail sur l’intégration d’une démarche soucieuse d’égalité entre les sexes dans les programmes nationaux.  En 2012, son rapport sur le développement mondial donnera des informations détaillées sur les questions liées à la santé des femmes et pourra ainsi contribuer au débat international sur ces questions.


M. KEVIN CASSIDY, Organisation internationale du Travail (OIT), a rappelé que les femmes continuent de faire face à de réelles menaces s’agissant de leur maternité, de leur santé ou de leur sécurité économique.  Les dangers qui guettent les femmes pendant leur grossesse et l’allaitement pourraient être prévenus par des mesures sociales et juridiques, a-t-il assuré.  L’agenda de l’OIT sur l’emploi décent porte en effet sur la protection de la maternité et de la santé des femmes qui allaitent et de leurs nourrissons sur le lieu de travail et vise à ce que le rôle reproductif de la femme ne compromette pas sa sécurité économique.  En 2001, le rapport pertinent de l’OIT a montré un certain progrès au cours des 15 dernières années; 30% des pays ayant pleinement mis en œuvre la Convention de 2000 sur la durée, le niveau et le financement des congés-maternité.  Toutefois, des progrès sont nécessaires pour couvrir toutes les catégories de femmes, y compris dans les secteurs informel, domestique et agricole.  S’agissant des programmes nationaux, le représentant a cité quelques actions de l’OIT au Cambodge ou en Jordanie.


M. ZWELETHU MNISI (Swaziland) a déclaré que le programme de planification familiale du Swaziland intègre désormais des services de santé maternelle et infantile dans le souci d’améliorer la santé de la femme par l’espacement des naissances.  Nous sommes confrontés à un manque de ressources, a-t-il avoué.  Dans ce cadre, a-t-il précisé, l’avortement ne peut être considéré comme un droit de l’homme.  Le représentant s’est également opposé à toute forme d’éducation sexuelle à l’école pour « préserver le droit des parents à ne pas exposer trop tôt leurs enfants à la sexualité ». 


M. MUYAMBO SIPANGULE (Zambie) a mis l’accent sur les difficultés liées à la rapide croissance démographique de son pays dont la population est passée de 5,6 à 13 millions d’habitants entre 1980 et 2010, en raison d’un taux de fécondité de 6,2 enfants par femme en 2007.  La jeunesse de la population et la croissance de la démographie se traduisent par une pression très forte sur la capacité de la Zambie à fournir des services comme l’éducation, la santé et les emplois pour les jeunes. 


Il a dit que le Gouvernement de la Zambie travaillait avec acharnement pour rectifier cette situation en collaboration avec les Nations Unies, en promouvant l’accès à la planification familiale.  Le Gouvernement de la Zambie s’est engagé à renforcer ses infrastructures de santé, en particulier dans le milieu rural.  Une croissance démographique plus faible nous permettra de mieux faire face à nos défis en matière de santé et de réaliser des objectifs de développement économique et social, en générant plus de revenus par famille. 


Mme NADIA RIBADENEIRA, Action Canada pour la population et le développement (ACPD), a demandé le respect des droits sexuels et reproductif des jeunes.  La propagation du VIH/sida, les mariages précoces, les grossesses non désirées, entre autres, sont des défis auxquels les jeunes sont amenés à faire face, a-t-elle indiqué.  Elle a voulu plus de données ventilées par âge et par sexe, et l’élimination des politiques discriminatoires et des pratiques néfastes aux jeunes femmes et aux filles.  Elle a estimé, dans ce contexte, que les jeunes devaient être intégrés au processus de prise de décisions les concernant.


La représentante de la Fondation allemande pour la population mondiale (DSW), a estimé que compte tenu de son efficacité, la planification familiale était un « investissement sage ».  Elle a cependant observé que le nombre de femmes qui n’y ont pas accès ne fera qu’augmenter, étant donné la génération très importante de jeunes qui s’apprête à commencer sa vie sexuelle.  La représentante a passé en revue les grandes lignes de l’Appel à l’action de Berlin qui engage les gouvernements à prendre des meurs rapides pour assurer la pleine reconnaissance des droits sexuels et reproductifs et à investir dans la santé sexuelle et reproductive des jeunes.  Elle a également évoqué la création de mécanismes pour assurer une plus grande participation de la société civile aux processus de prise de décisions.  Les gouvernements et les donateurs doivent également donner suffisamment de ressources pour répondre aux besoins de la population.


M. YU CHEN SHIH, Alliance mondiale de la Jeunesse, a estimé que toutes les politiques démographiques et de développement devaient avoir en leur centre la dignité humaine et encourager l’élévation mentale, spirituelle et émotionnelle de l’individu.  Une approche centrée sur la personne reconnaît le fait, a-t-il plaidé, que la vie a une valeur intrinsèque et qu’elle ne dépend pas de facteurs extérieurs.  Dans de nombreux pays, s’est-il expliqué, la difficulté de concilier famille et travail a compromis la faculté des gens à avoir la famille qu’ils désirent. 


Les gouvernements devraient appuyer les familles, en sachant que c’est en investissant dans l’être humain que le développement est possible.  Les programmes de santé reproductive doivent répondre aux besoins de toutes les femmes et aider les couples à déterminer, eux-mêmes, la taille de leur famille.  Le développement humain vient de l’unité sociale de base qu’est la famille, a insisté le représentant.


M. BELCHIOR, Global Helping to Advance Women and Children, s’est exprimé au nom des orphelins du VIH/sida, pour appeler les gens à maîtriser leur sexualité.  Il a estimé que la fidélité était la meilleure façon de lutter contre le VIH/sida.  Il s’est dit préoccupé par les politiques négociées aux Nations Unies en matière de sexualité, de jeunesse et de VIH/sida, et a regretté que les pays développés essayent d’imposer aux pays en développement un agenda du droit à la santé reproductive, dont la pratique « contestée » de l’avortement. 


Mme DENIZE MONTENAY, Endeavor Forum Inc, a affirmé que même s’il est légal, aucun avortement n’est sûr.  Elle a affirmé que la majorité des femmes ne souhaitent pas recourir à un avortement mais qu’elles y sont encouragées par leur partenaire et les agents de santé.  « Ce n’est qu’un tas de chair ».  Voilà, a-t-elle aussi affirmé, ce que m’a dit le médecin qui a pratiqué un avortement sur moi lorsque j’avais 16 ans.  « Je ne savais pas alors que l’enfant que je portais en moi avait déjà un cœur qui battait » a-t-elle confié. 


Elle a évoqué les nombreuses séquelles physiques et psychologiques dont souffrent les femmes qui ont subi un avortement.  Ces femmes, a-t-elle prévenu, représenteraient un fardeau financier trop lourd pour les systèmes de santé des pays en développement si l’avortement y était généralisé.  La représentante s’est élevée contre le postulat selon lequel « le meurtre d’un bébé est le meilleur moyen de sauver la vie d’une femme ».


Mme S.FRYER, Ligue des femmes catholiques d’Australie (CWLA), a cité les mérites de la méthode d’ovulation Billings, un moyen contraceptif qui, a-t-elle affirmé, permet d’améliorer la santé de la femme.  Elle s’est demandée pourquoi la méthode Billings ne figurait pas parmi les méthodes contraceptives énoncées dans les rapports du Secrétaire général alors qu’elle est sûre et peu coûteuse.


Mme PATRICIA GONNELLE, Centro de Investigación Social, Formation y Estudio de la Mujer (CISFEM), a déclaré que le recours aux contraceptifs et à la planification familiale n’avait pas, contrairement aux idées reçues, fait baisser le nombre des avortements.  Elle a dit que les conséquences et troubles psychologiques et physiques de l’avortement coûtaient très cher aux gouvernements des pays développés.  C’est pourquoi, elle a appelé à réfléchir au concept de la « maternité sûre » pour l’enfant et la mère, en s’opposant à ce que « l’avortement sûr » soit considéré comme un élément de la « maternité sûre ». 


Mme EUNICE BROOKMAN-AMISSAH, Vice-Présidente de Protecting women’s health Advancing women’s reproductive rights (Ipas) pour l’Afrique et ancienne Ministre de la santé du Ghana, a fait une déclaration liminaire sur le thème « Relever les défis liés à la santé procréative ».  Elle a d’abord souligné que l’accès à la santé reproductive est un besoin fondamental pour toute personne, en particulier la femme qui doit pouvoir faire ses propres choix et planifier sa vie et celle de sa famille.  Je vous demande, a-t-elle dit, d’aller au-delà des considérations politiques et idéologiques et de fonder vos décisions sur le respect des droits de l’homme.  Concentrez-vous, a-t-elle ajouté, sur la manière de travailler ensemble pour renforcer les approches avérées et les stratégies de santé qui, nous le savons tous, peuvent relever les défis les plus urgents en matière de santé reproductive.


L’ancienne Ministre a fait part de progrès dans plusieurs domaines depuis la Conférence du Caire et a salué les signes encourageants qui montrent que les investissements dans la santé reproductive ont un impact.  Le recours à des moyens de contraception modernes et efficaces s’intensifie dans toutes les régions du monde, s’est-elle félicitée.  Ces moyens sont désormais utilisés par plus de la moitié des femmes mariées ou concubines.  L’épidémie du VIH/sida semble ralentir, comme en attestent la chute substantielle des taux de transmission dans plusieurs pays, au cours de la dernière décennie et le fait que davantage de gens ont accès aux antirétroviraux.  En général, les taux de mortalité maternelle ont baissé d’un tiers depuis 1990, passant de 545 000 à 358 000 en 2008.  La mortalité due à des avortements hors milieu hospitalier a diminué de 16% depuis 2003, a ajouté l’oratrice en citant les chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).


Elle a expliqué que la chute du nombre de morts dus à un avortement hors milieu hospitalier n’est pas imputable à un moindre recours à l’interruption volontaire de grossesse mais bien à des procédures et à des services plus sûrs.  Et pourtant, a-t-elle regretté, les taux de mortalité en Afrique et en Asie du Sud restent extrêmement élevés par rapport au taux « proche de zéro » dans les pays développés. 


À quelques exceptions près, a expliqué l’ancienne Ministre, l’Afrique subsaharienne a enregistré peu de progrès dans l’accès à la santé reproductive, avec les risques que cela suppose pour les jeunes face aux relations sexuelles non protégées, au manque d’information et à l’avortement hors milieu hospitalier.  Nous sommes devant une « injustice patente et inacceptable », s’est emportée l’oratrice, en soulignant que beaucoup peut être fait avec très peu d’investissements.  Nous devons être plus créatifs pour engager les jeunes à faire partie de la solution et cesser de les voir comme un problème ou des victimes sans défense. 


Malgré les progrès dans la lutte contre la mortalité maternelle, la baisse moyenne annuelle n’a été que de 2,3% depuis 2008, et de 1,7% en Afrique.  Un taux de 5,5% par an est pourtant nécessaire pour réaliser l’OMD nº5, a-t-elle prévenu.   L’accent que place la communauté internationale sur la mortalité maternelle a détourné son attention des accidents tels que la fistule obstétrique qui touche quelque 262 000 de femmes en Afrique subsaharienne.  Les complications liées à un avortement hors milieu hospitalier tuent près de 50 000 femmes par an dont 90% en Afrique, en Asie australe et centrale.


La priorité des priorités, a estimé l’ancienne Ministre, doit être de mettre en place dans les pays pauvres une série d’interventions avérées en matière de planification familiale, d’avortements et de santé infantile, comme vient de le souligner l’OMS qui complète avec pertinence la Stratégie mondiale du Secrétaire général sur la santé de la femme et de l’enfant. 


L’ancienne Ministre a appelé à l’amélioration des infrastructures de santé et au renforcement des capacités dans ce domaine, en particulier les sages-femmes.  Elle a aussi appelé à une intégration des services de santé reproductive, en s’opposant à une séparation entre la planification familiale et les autres services.  


Elle a jugé essentiel de traiter du contexte socioculturel dans lequel les soins de santé sont dispensés.  La réprobation sociale nourrit la discrimination et créé des obstacles à l’accès à la santé et à l’information.  Il faut mieux comprendre, a-t-elle insisté, l’impact des préjugés sur la santé reproductive et la manière de les surmonter.  L’éducation, la collaboration avec les hommes et l’engagement de la communauté sont des facteurs de succès, a-t-elle jugé. 


Une autre priorité, a-t-elle poursuivi, doit être l’amélioration des politiques de santé reproductive qui doivent être fondées sur des preuves irréfutables et les droits de l’homme et écarter toute considération politique, religieuse ou culturelle.  Les décideurs politiques doivent s’engager à fournir les ressources humaines et financières nécessaires et ils le feraient plus volontiers, a-t-elle insisté, si des priorités basées sur des preuves étaient complètement intégrées dans les plans nationaux de développement.


L’avortement est une pratique très ancienne, a rappelé l’ancienne Ministre.  Selon l’OMS, plus de 21 millions de femmes s’exposent à une interruption de grossesse non médicalisée, par an, en avalant du poison ou en s’insérant des objets perçants.  Des milliers de femmes en âge de procurer aujourd’hui auront recours à ces pratiques, compte tenu des lois restrictives, en particulier en Afrique et en Amérique latine.  La pénalisation de l’avortement n’empêche pas les femmes d’avorter.  Elle encourage au contraire des pratiques dangereuses.  Des preuves ont été collectées dans des pays aussi différents que les États-Unis, la Roumanie ou encore l’Afrique du Sud, qui établissent un lien clair entre droit à l’avortement et réduction substantielle de la mortalité et des infections.


Quand les leaders et décideurs politiques n’apportent pas une solution avérée et rentable à un problème tout à fait évitable, on déduit à juste titre qu’ils n’accordent pas assez de valeur aux femmes et aux filles dont la vie est en jeu.  Sans une action décisive contre l’avortement, a prévenu l’ancienne Ministre, nous verrons 250 000 morts, des millions d’accidents et un fardeau extrêmement lourd sur les systèmes de santé.


Voulant terminer sur une note positive, l’ancienne Ministre a rappelé que depuis la Conférence du Caire de 1994, les gouvernements accordent une attention accrue à la question des avortements assistés médicalement.  En 2003, l’OMS a publié des directives pour les aider dans ce domaine.  En Afrique, la plupart des gouvernements ont ratifié le Protocole sur les droits de l’homme de l’Union africaine qui autorise l’accès à l’avortement assisté pour des raisons de santé ou autres.  Plusieurs ministres africains de la santé mettent en œuvre le Plan d’action de Maputo qui comprend des objectifs en matière d’avortement.   De même, plusieurs pays ont édicté des lois moins restrictives et/ou dans le cadre des lois actuelles, pris des mesures pour élargir l’accès à l’avortement assisté.


Le représentant de l’Afrique du Sud a reconnu que la réduction des avortements dangereux devait être une priorité pour le monde en développement, notamment en Afrique subsaharienne.  Il a voulu des précisions sur les conditions de travail du personnel de santé qui travaille dans un contexte juridiquement restrictif.


Que faire pour contrer la situation des jeunes qui ne peuvent accéder aux soins de santé sexuels et reproductifs à moins d’être accompagnés d’un adulte a demandé la représentante du Centre de recherche pour la femme.  En matière d’avortement, a-t-elle commenté, la difficulté n’est pas de promulguer des lois mais de les faire respecter.  Comment promouvoir l’avortement dans un pays non laïc, s’est inquiétée la représentante de la Norvège.


L’ancienne Ministre du Ghana a indiqué qu’en Afrique, les lois sur l’avortement étaient souvent punitives.  Le personnel médical n’est pas suffisamment conseillé et, par conséquent, ne sait pas ce que la loi autorise ou punit.  Les lois doivent devenir des normes et des directives donnant lieu à la création de services, a préconisé l’experte.


Comment prévenir 250 000 morts et promouvoir dans le même temps la naissance, a demandé une représentante de la Catholic Women’s League.  Parlons un peu des séquelles émotionnelles des femmes qui ont subi un avortement, a ajouté la représentante de Sainte-Lucie.  Revenant au Plan d’action de Maputo, la représentante du Niger a observé qu’elle considère l’avortement comme une nécessité et non comme un droit.


Selon l’entendement de l’ONU, le droit à la vie commence à la naissance, a précisé l’ancienne Ministre du Ghana.  Elle a confirmé que de nombreuses femmes meurent des suites d’un avortement.  Je peux vous dire comment remédier à cette situation, a-t-elle dit, en revêtant sa blouse de médecin.


Beaucoup de femmes, a-t-elle ajouté, sont soulagées après avoir subi un avortement mûrement réfléchi.  Elles le font rarement pour leur bien-être personnel mais plus souvent pour leur famille, leurs enfants en bas âge, par exemple.  S’il a été mûrement réfléchi, un avortement n’entraîne pas de séquelles émotionnelles, a-t-elle assurée, en arguant que ce sont plutôt la stigmatisation et les tabous qui culpabilisent bon nombre des femmes.


Débat général sur la poursuite de la mise en œuvre du Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement dans la perspective de son vingtième anniversaire


Mme NAFIS SADIK, Envoyée spéciale du Secrétaire général pour le VIH/sida dans la région Asie-Pacifique, a mis l’accent sur les bénéfices que peuvent tirer les pays à faibles revenus de la réduction du nombre de grossesses non désirées.  En 1994 alors qu’elle était Directrice exécutive du FNUAP, elle a dit avoir quitté la Conférence de Caire avec un optimisme qui s’est accru en 1995 aux termes de la Conférence de Beijing sur les femmes.  Elle a insisté sur le lien entre autonomisation des femmes et égalité entre les sexes. 


Elle a regretté que les ressources destinées à la santé génésique n’aient pas augmenté autant qu’on l’aurait souhaité.  Elle a fustigé tous les arguments contre l’accès universel à la planification familiale; « le plus étrange étant » celui selon lequel cette planification menacerait les valeurs culturelles de la femme. 


Si elle a regretté les préjugés et les derniers obstacles mentaux à la santé de la femme et de la fille, elle a jugé nécessaire de ne pas perdre de temps avec ces débats et de passer à l’action.  Elle a prévenu que l’inaction allait bien au-delà de la santé des familles et des femmes, car elle aurait des conséquences sur la réalisation des OMD dans leur ensemble.  Alors que nous allons atteindre 9 milliards d’habitants en 2045, compte tenu des tendances que nous observons en matière de fécondité, Mme Sadik a mis l’accent sur les conséquences et le coût de la croissance démographique sur nos sociétés et sur l’environnement. 


Elle a souligné la nécessité d’être à l’écoute de la créativité du milliard de personnes les plus pauvres qui se trouvent souvent à l’avant-garde des changements, parce qu’elles n’ont d’autre choix que l’ingéniosité pour survivre.  Elle a précisé que plus de 200 millions de femmes de pays à très fort taux de fécondité utiliseraient des méthodes de contraception modernes, si elles y avaient accès.  Or, 358 000 femmes meurent tous les ans de causes imputables à la grossesse, a-t-elle rappelé.  


M. SHA ZUKANG, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales (DESA), a axé son intervention sur les convergences entre la Conférence sur l’environnement et le développement, qui s’est tenue à Rio en 1992, et la Conférence internationale sur la population et le développement du Caire de 1994.  Il a mis en exergue sur le « rôle critique » que joue la population dans le cadre du développement durable.  Il a passé en revue les défis qui persistent en matière d’emploi, de sécurité alimentaire, d’agriculture, d’accès à l’eau et à l’énergie.


Le Secrétaire général adjoint a affirmé qu’au cours de ce siècle, la stabilisation de la population ne pourrait être réalisée que si toutes les populations du monde voyaient leur fécondité baisser en dessous du seuil de remplacement.  Si la fécondité stagne à 2,35 enfants par femme au lieu de chuter en dessous de 2, la population mondiale pourrait bien être de plus de 10 milliards d’ici à 2050, a-t-il prévenu.  Comme la nourriture et l’énergie pour les 9 milliards de personnes que l’on attend d’ici à 2050 s’annoncent déjà comme un défi majeur, imaginez quels seront les défis si la population dépasse les 10 milliards, a-t-il lancé. 


Il a insisté sur le lien entre fécondité et progrès socioéconomiques, observant que d’une manière générale, les taux de fécondité étaient plus élevés dans les pays pauvres et parmi les populations démunies d’un pays donné.  La fécondité et la croissance de la population, a-t-il ajouté, est une des questions clefs du développement durable.  Il faut accélérer la mise en œuvre du Programme d’action du Caire et l’assortir d’un ferme engagement à réaliser les objectifs de développement durable.


M. Sha a fait savoir que pendant le processus préparatoire à Rio 2012, les États Membres soulignent que la croissance démographique est un « défi émergent critique », en matière de développement durable.


M. BABATUNDE OSOTIMEHIN, Directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), a estimé que le défi le plus important aujourd’hui consistait à répondre aux besoins de la génération actuelle sans compromettre la faculté des prochaines générations à subvenir à leurs besoins.  Il a évoqué les 215 millions de femmes des pays en développement qui aimeraient espacer leurs naissances, mais qui n’ont pas accès à des contraceptifs modernes, ainsi que les 358 000 femmes qui meurent en donnant la vie, « l’acte le plus naturel qui soit ». 


Il a insisté sur l’importance de renforcer les systèmes de santé, de respecter les droits sexuels et reproductifs et de changer les mentalités tout en adoptant des approches soucieuses de ne heurter aucune culture.  Au final, ce sont les investissements qui autonomisent les individus en leur permettant de prendre leurs propres décisions qui auront un impact sur les tendances démographiques, a constaté le Directeur exécutif du FNUAP.  Il a rappelé que les plans d’action du Caire et de Rio soulignaient tous deux que la réduction de la pauvreté était un objectif essentiel du développement.


M. Osotimehin a affirmé que les dynamiques démographiques avaient une incidence majeure sur l’interaction entre les populations et l’environnement.  Il a évoqué le rythme « sans précédent » de l’urbanisation actuelle et a affirmé qu’il fallait commencer dès maintenant à tirer profit des nombreux avantages des villes, en matière de durabilité.   L’impact des pays à haute fécondité sur le développement n’est pas viable, a-t-il ajouté, pas plus que la consommation excessive, les marchés financiers à risque et la surexploitation des ressources énergétiques.


Intervenant au nom de l’Union européenne, M. CSABA KÖRÖSI (Hongrie) s’est félicité de l’adoption de la résolution 65/234 aux termes de laquelle les États Membres ont décidé d’étendre au-delà de 2014 l’application du Programme d’action du Caire.  La Conférence de 1994, a-t-il estimé, a été historique en ce qu’elle a orienté le débat sur le droit des femmes à décider librement et de façon responsable du nombre d’enfants ainsi que de l’espacement des naissances, sans discrimination, coercition et violence.  Il a salué les progrès considérables faits depuis la Conférence, dont une baisse considérable des taux de fécondité et un ralentissement de la croissance démographique. 


Il s’est dit heureux de ce que le lien entre baisse du taux de fécondité, croissance économique et développement soit devenu plus évident, alors que nous constatons partout que la baisse de la fécondité entraîne la diminution de la pauvreté.  Malgré les progrès, a-t-il dit, nous devons faire mieux alors que 60 millions de femmes accouchent, chaque année, sans suivi néonatal et que 215 millions de femmes dans les pays en développement n’ont accès à aucune méthode moderne de contraception. 


Mme SUSAN OLSON (États-Unis) a rappelé les propos de la Secrétaire d’État Hillary Clinton qui a déclaré à l’occasion du quinzième anniversaire du Programme d’action du Caire qu’il ne faisait aucun doute que ce qui a été agréé en 1994 restait au cœur de nos objectifs en faveur des femmes et des filles.  Elle s’est félicitée de ce que l’Assemblée générale ait reconnu, en décembre dernier, l’importance de poursuivre la mise en œuvre du Programme d’action. 


La résolution demande aux gouvernements de prendre un nouvel engagement pour réaliser les objectifs du Caire et rappelle leur corrélation avec la réalisation des OMD, a-t-elle noté.  Nous savons que les objectifs de la Conférence du Caire sont étroitement liés aux objectifs de lutte contre la pauvreté, a encore insisté la représentante des États-Unis. 


Mme HERNAWATI INA (Indonésie) a estimé qu’il fallait renforcer la collaboration entre les États, les défis posés par la croissance de la population dépassant les capacités de gestion qu’ont chacun d’eux.  Elle a notamment estimé que les pays en développement pouvaient profiter des politiques, des programmes et de l’expérience des pays développés.  La croissance de la population mondiale va exercer une pression importante sur les réserves alimentaires, énergétiques et hydrauliques, a-t-elle prévenu.  Si elle n’est pas gérée correctement, cette croissance démographique ne pourra que générer des conflits économiques, a-t-elle averti.


La représentante a ensuite tourné son attention sur les problèmes liés au vieillissement de la population et à la migration, notant que de nombreux pays en développement, dont le sien, faisaient face à un vieillissement de leur population.  Il est urgent d’établir des programmes complets dans les domaines de la santé, de la sécurité sociale et de l’éducation.  Elle a estimé que des disparités en matière de développement social risquaient de provoquer des nouveaux flux migratoires. 


Mme ELLY LEEMHUIS-DE REGT (Pays-Bas) a relevé que le rapport 2009 du FNUAP sur l’état de la population mondiale indiquait que les femmes pauvres ainsi que les jeunes étaient particulièrement touchés par les changements climatiques, tout en estimant qu’ils étaient capables de concevoir des solutions particulièrement originales.  Le débat sur le climat doit prendre en compte le droit des femmes de limiter et d’espacer les naissances.  Cela permettrait, a-t-elle plaidé, d’avoir des dynamiques démographiques viables d’un point de vue écologique.  Le débat doit réunir climatologues et démographes mais aussi les femmes, les jeunes et les enfants, a-t-elle souligné.


Mme ZHANG YANG (Chine) s’est félicitée de l’adoption de la résolution 65/234 de l’Assemblée générale aux termes de laquelle le Programme d’action est étendu au-delà de 2014.  Au cours des 17 dernières années, les gouvernements ont connu des succès notables, dont une baisse des taux de fécondité et des taux de mortalité maternelle et infantile.  Elle a dit que la Chine avait connu des améliorations considérables en matière de qualité de vie de sa population grâce à la baisse du taux de fécondité.  Malgré les progrès observés à travers le monde, les taux de mortalité maternelle restent encore inacceptables, a ajouté la représentante, avant d’insister sur la nécessité de poursuivre la mise en œuvre du Programme d’action du Caire. 


M. MORTEN WETLAND (Norvège) a souhaité des initiatives pour dépénaliser l’avortement.  Alors que la plus grande génération de jeunes de l’histoire va entrer dans l’âge de la sexualité, il est indispensable qu’ils reçoivent une éducation sexuelle appropriée à l’école, a-t-il insisté.  Il s’est inquiété des barrières culturelles et morales qui s’opposent à la planification familiale, en exhortant les pratiquants à s’intéresser d’abord au bien-être des gens.  Une femme sur quatre qui veut éviter la grossesse n’utilise pas de moyen de contraception moderne, a noté le représentant avant d’attirer l’attention sur les conséquences des grossesses non désirées. 


Mme ANKE STRAUSS, Organisation internationale pour les migrations (OIM), a indiqué qu’un septième de l’humanité, soit un milliard de personnes, étaient migrantes, dont une forte majorité de femmes.  Même si la migration en tant que telle ne pose pas de risque à la santé reproductive, on constate de plus en plus que la migration a un impact sur la santé sexuelle et reproductive des migrantes, a indiqué la représentante, évoquant notamment le fléau des violences sexuelles.  Elle a appelé les décideurs à orienter leurs ressources vers les groupes pauvres et marginalisés, sans oublier les migrants.  Elle a également réclamé l’établissement de systèmes de santé pour les migrants dans les pays d’origine, de transit et de destination.


M. EL KARAKSY (Égypte) s’est félicité, à son tour, de ce que l’Assemblée générale ait décidé de proroger le Programme d’action du Caire au-delà de 2014.  Bien qu’essentiel, cette volonté politique renouvelée ne suffira pas, au regard du déficit persistant en matière de financement.  Il a engagé les partenaires au développement à agir « en conséquence de cause » et a estimé que les questions liées à la population devaient être pleinement intégrées dans tous les processus internationaux de développement, en particulier les problèmes liés aux jeunes.


Mme MARIANNE HASLEGRAVE, The International Federation of University Women (IFUW) a exhorté les gouvernements à assurer une participation aussi large que possible de la société civile au processus préparatoire de la session extraordinaire de l’Assemblée générale.  Elle a souligné l’importance des examens au niveau national pour évaluer les progrès et de données précises, fiables et actualisées, pertinentes culturellement, et comparables, au niveau international.  La société civile, y compris les populations marginalisées et les jeunes doivent continuer à être des partenaires à part entière dans la mise en œuvre du Programme d’action du Caire, a-t-elle insisté. 


Mme BIANCO, Caucus international des femmes sur le sida, a souligné l’importance de la mise en œuvre de la stratégie du Programme d’action du Caire au-delà de 2014, y compris l’intégration des services de santé reproductive et de lutte contre le VIH/sida.  Elle a rappelé que les 20 millions d’avortements dangereux qui ont eu lieu dans le monde en 2003 ont constitué 13% de la mortalité maternelle. 


Mme CHRISTELLE CRONJE, Mosaic Training Service and Healing Centre for Women a fermement appuyé le Plan-cadre de la santé et des droits reproductifs ainsi que le Plan d’action de Maputo qui forment la base de l’action en Afrique.  Elle a appelé les agents de santé à comprendre que le seul consentement requis par la loi pour procéder à un avortement est celui de la femme enceinte.  Elle a aussi recommandé d’intégrer l’avortement assisté médicalement dans tous les services obstétriques et d’investir dans la formation médicale pour promouvoir l’avortement comme une option dans les hôpitaux.  Elle a réclamé le droit d’avorter jusqu’au quatrième mois de grossesse et la sensibilisation des femmes et des filles aux services disponibles.  Le fait qu’une femme soit séropositive ne devrait pas être mentionné, a-t-elle souligné, lorsqu’elle a choisi d’avorter.


Mme OKIKA, World Mission Fundation, a exhorté la Commission à s’attaquer aux freins culturels qui s’opposent à la réalisation des droits sexuels et des droits reproductifs. 


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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