Conférence de presse

Conférence de presse de Ban Ki-moon, Gordon Brown et Meles Zenawi sur le Groupe consultatif chargé de mobiliser les fonds pour faire face aux changements climatiques

12/02/2010
Communiqué de presseConférence de presse
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DE BAN KI-MOON, GORDON BROWN ET MELES ZENAWI SUR LE GROUPE CONSULTATIF CHARGÉ DE MOBILISER LES FONDS POUR FAIRE FACE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES


Le Secrétaire général a annoncé aujourd’hui la création d’un nouveau Groupe consultatif de haut niveau sur le financement de la lutte contre les changements climatiques* chargé de trouver des moyens novateurs de mobiliser les 100 milliards de dollars par an promis, en décembre dernier à Copenhague, lors de la dernière Conférence des Nations Unies sur le climat.  Le Groupe consultatif sera coprésidé par le Premier Ministre britannique, M. Gordon Brown, et par le Premier Ministre éthiopien, M. Meles Zenawi.


Au cours de la rencontre avec la presse qu’il a eue très tôt ce matin, aux côtés des deux chefs de gouvernement qui intervenaient par vidéoconférence, M. Ban Ki-moon a annoncé que le Groupe comprendra des chefs d’État et de gouvernement, des hauts responsables des ministères et des banques centrales ainsi que des experts du financement public, du développement et des questions connexes. 


La liste complète des membres du Groupe qui seront équitablement répartis entre pays du Nord et pays du Sud, sera publiée prochainement mais M. Ban a indiqué, ce matin, qu’il envisage d’ores et déjà de contacter le Président du Guyana, M. Bharrat Jagdeo, et le Premier Ministre de la Norvège, M. Jens Stolteberg. 


Le Secrétaire général a rappelé que lors de la Conférence de Copenhague,  les États s’étaient entendus pour transférer vers les pays en développement 10 milliards de dollars par an jusqu’en 2012, puis 100 milliards par an d’ici à 2020, à partir de sources « nouvelles et novatrices » publiques et privées. 


Il est crucial, a insisté le Secrétaire général, de débourser les sommes promises pour financer les stratégies d’adaptation et d’atténuation, le développement et le transfert des technologies et le renforcement des capacités dans les pays en développement.  « Ces États doivent pouvoir s’orienter rapidement vers une croissance à faible émission de carbone car des millions de personnes en Afrique et dans le monde souffrent déjà des effets des changements climatiques », a-t-il prévenu.


« Le financement et le transfert de technologies sont des éléments cruciaux pour les pays du Sud », a insisté le Premier Ministre éthiopien et négociateur de l’Union africaine à Copenhague, qui a lancé au Groupe consultatif le défi de « déjouer le scepticisme ambiant devant tant de promesses non tenues ».


M. Zenawi s’est dit confiant devant l’attitude de l’Union européenne qui démontre que « tous les pays ne sont pas réticents à financer ces efforts ».  « Nous devons trouver, a-t-il dit, des moyens de mobiliser les ressources « sans exercer des pressions inutiles sur les budgets des pays développés.» 


L’économie à faible émission de carbone est un véritable investissement dans l’avenir, a renchéri le Premier Ministre britannique, en prédisant aux pays développés un rôle de « fer de lance » dans les nouvelles technologies avec toutes les conséquences bénéfiques que cela suppose sur la création d’emplois.


« Je ne m’attends pas à ce que la Chine reçoive une part des sommes promises », a précisé Gordon Brown en réponse à des commentaires sur les réticences du Congrès américain à voir la Chine bénéficier de ces fonds alors que les États-Unis lui doivent déjà 800 milliards de dollars. 


 « La Chine a assuré que l’argent promis ira directement aux pays en développement », a renchéri le Secrétaire général, avant que le Premier Ministre éthiopien ne rapporte les propos de son homologue chinois qui avait assuré: « La Chine ne veut pas un centime des sommes promises ».  Meles Zenawi a indiqué, pour sa part, que l’Inde avait reconnu que la priorité doit être accordée aux pays les plus pauvres et les plus vulnérables.   


Il faudra, a-t-il dit, trouver des directives générales sur l’utilisation des fonds et suffisamment générales pour permettre une certaine souplesse.  Le but est de faire en sorte « qu’un dollar promis soit un dollar donné et qu’un dollar donné soit un dollar utilisé ».  Les modalités pratiques de financement que le Groupe consultatif aura à trouver doivent aboutir à la création de mécanismes « efficaces et transparents », a-t-il insisté.


Les premières analyses du Groupe consultatif de haut niveau seront soumises au mois de mai ou de juin aux réunions de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques alors que les recommandations finales seront présentées à la Conférence des États parties à la Convention-cadre qui se tiendra à Cancun, au Mexique, au mois de décembre de cette année. 


À Cancun, a insisté le Premier Ministre britannique, « nous devons parvenir à un accord sur un instrument juridiquement contraignant ».  En attendant, M. Brown s’est félicité de ce que 99 États, malgré la « déception » de Copenhague, aient adhéré à l’accord conclu dans la capitale danoise et que 66 pays aient présenté des plans et objectifs traitant de 80% des émissions mondiales de gaz carbonique.


Avec le Secrétaire général, le Premier Ministre a fustigé les « sceptiques du réchauffement de la planète ».  Répondant à un commentaire sur la rudesse de l’hiver alors que les responsables des Nations Unies avaient prédit un temps plus clément, M. Ban a dû rappeler que les experts ne cessent de dire que le temps et les changements climatiques ne sont pas toujours étroitement liés.  Les prévisions et les preuves scientifiques montrent que le réchauffement de la planète se produit beaucoup plus vite qu’on ne le réalise, a-t-il ajouté.


*Voir communiqué de presse SG/SM/12740-ENV/DEV/1109


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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