AG/SHC/256

LA TROISIEME COMMISSION POURSUIT SON DEBAT SUR LA PROMOTION DE LA FEMME

25 octobre 1996


Communiqué de Presse
AG/SHC/256


LA TROISIEME COMMISSION POURSUIT SON DEBAT SUR LA PROMOTION DE LA FEMME

19961025 APRES-MIDI AG/SHC/256 La Commission des questions sociales, humanitaires et culturelles (Troisième Commission) a poursuivi, ce vendredi après-midi, son débat sur la promotion de la femme et la suite donnée à la quatrième Conférence mondiale sur les femmes qui s'était tenue à Beijing en septembre 1995.

Les délégations ont présenté leurs stratégies nationales dans ce domaine et expliqué leurs priorités.

Les représentants de la République de Corée, du Viet Nam, du Brésil, du Burkina Faso, de Cuba, de la Chine, de la Nouvelle-Zélande, de l'Indonésie, du Burundi, de Singapour, du Népal, du Sri Lanka, de la Turquie, du Venezuela, du Sénégal, de la Colombie, et du Panama ont pris la parole.

La Commission poursuivra ses discussions sur ces questions lundi prochain, 28 octobre, à 10 heures. Des projets de résolution relatifs respectivement à la prévention du crime et la justice pénale; à la question de l'élaboration d'une Convention internationale sur la criminalité transnationale organisée; et au contrôle international des drogues, devraient être présentés au cours de la deuxième séance que la Commission tiendra lundi après-midi.

Suite du débat général

Mme ENNA PARK (République de Corée), évoquant les engagements pris lors de la Conférence de Beijing, a exprimé diverses préoccupations. Malgré les efforts déployés, l'accroissement prévu des effectifs de la Division de la promotion de la femme n'a pas été complètement obtenu. Beaucoup reste à faire pour réaliser l'égalité des sexes d'autant que le Secrétariat devrait servir de modèle, a indiqué la représentante. D'autre part, les gouvernements devraient déployer eux-mêmes des efforts pour établir l'égalité des sexes au sein des délégations, a-t-elle ajouté.

Evoquant les mesures prises par son gouvernement pour la promotion de la femme, la représentante a indiqué que 300 000 dollars des Etats-Unis seront alloués au Fonds de coopération Corée-Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique (CESAP) pour l'élimination de l'analphabétisme chez les femmes d'Asie. Elle a annoncé d'autre part que son pays augmentera ses contributions financières dans les années à venir à l'Institut international de recherche et de formation pour la promotion de la femme (INSTRAW), au Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), ainsi qu'au Fonds d'affectation spéciale pour l'élimination de la violence contre la femme. En outre, la représentante a exprimé l'espoir que des progrès notoires seront réalisés dans les domaines sensibles, notamment pour améliorer la situation des femmes qui vivent dans la pauvreté dans les pays en développement, en particulier dans les pays les moins développés, et dans la protection des droits élémentaires des femmes réfugiées ou de celles se trouvant dans des situations de conflit armé.

Mme PHAM THI THANH VAN (Viet Nam) a souligné que les différentes conférences mondiales tenues sous l'égide des Nations Unies au cours des dix dernières années avaient créé des conditions plus favorables aux efforts en faveur de la promotion de la femme. Mais c'est surtout la Conférence de Beijing qui a suscité les espoirs les plus grands, a-t-elle affirmé, estimant que la problématique de la femme était maintenant considérée comme une problématique mondiale. Des résultats encourageants ont été enregistrés après Beijing, mais il y a de nombreux écueils dans plusieurs pays, tant développés qu'en développement, dus notamment à des réductions budgétaires et au manque de ressources.

Assurant que le Viet Nam accorde la plus haute priorité à la promotion de la femme, elle a indiqué que des efforts avaient été lancés pour renforcer son rôle dans la société. Le Comité national pour la promotion de la femme met actuellement au point un programme national pour les femmes jusqu'à l'an 2000, qui intègrera notamment les 12 priorités définies à Beijing, tout en tenant compte des priorités spécifiques du pays dans ce domaine. Le Gouvernement vietnamien accorde une attention particulière à la participation accrue des femmes dans le développement économique et social, a-t-elle

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indiqué, soulignant notamment l'action dynamique et novatrice de l'Union des femmes vietnamiennes pour renforcer le rôle économique et le statut des femmes, via notamment le développement de programmes de crédit, d'épargne et de formation, ainsi que des initiatives dans le domaine de la santé. Elle a indiqué, par ailleurs, que le Viet Nam comptait actuellement une femme vice- présidente, six femmes ministres ou de rang ministériel et 26 femmes vice- ministres et que 18,5% des membres de l'Assemblée nationale étaient des femmes.

M. EDGARD TELLES RIBEIRO (Brésil) a fait part de l'importance que son pays accorde à la mise en oeuvre des instruments internationaux relatifs aux droits de la femme. Sans l'immense travail accompli par les Nations Unies en faveur de la promotion de la femme, nous serions encore loin en arrière aujourd'hui. Le représentant a salué l'importante contribution du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) à ce processus, et a fait part du ferme appui de son pays aux activités du Fonds, lequel se traduit d'ailleurs par l'augmentation des contributions financières du Brésil. Il a également insisté sur l'important travail accompli par l'Institut international de recherche et de formation pour la promotion de la femme (INSTRAW).

Le représentant a ensuite évoqué la politique nationale brésilienne de promotion de la femme. A cet égard, il a mis l'accent sur la grande attention que le Président Cardoso accordait à cette question, en expliquant, notamment l'appui que ce dernier avait apporté à la promulgation de nouvelles lois visant à renforcer la protection et la promotion des droits de la femme. Dans ce cadre, il a cité certains amendements apportés au Code pénal, afin que les assauts sexuels ne soient plus considérés comme des crimes contre la moralité mais comme des crimes contre la personne humaine. La politique nationale attache la plus haute importance à la question de la violence à l'encontre des femmes, et notamment aux violations dont elles sont victimes au sein de la famille; à l'éducation des femmes et des fillettes et à la réalisation des objectifs de parité entre les sexes dans les milieux scolaires et dans les programmes de formation; à l'assistance aux femmes les plus pauvres et les plus vulnérables; à l'amélioration des soins de santé pour les femmes; à la réduction du taux de mortalité maternelle et au renforcement des services de planification familiale; ainsi qu'à la promotion de la participation des femmes à la prise de décision.

Mme AWA OUEDRAOGO (Burkina Faso) a estimé que l'on ne devrait pas s'appesantir sur le côté théorique de la problématique de l'intégration homme- femme dans les travaux du système des Nations Unies mais envisager très vite une approche pragmatique de la question, après un examen analytique approfondi. La question des ressources financières est primordiale et fondamentale pour la mise en oeuvre du Plan d'action, à tous les niveaux.

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Au Burkina Faso, l'objectif que s'est fixé le Gouvernement est d'assurer la participation effective des femmes au processus du développement en favorisant leur accès aux moyens de production et en améliorant leur statut social. Après Beijing, deux séminaires et un atelier ont été organisés en vue de procéder à une large diffusion des résultats de la Conférence; un comité national de suivi de la Conférence a été mis sur pied, sous la présidence du Ministère de l'action sociale et de la famille. Ce comité a élaboré le plan national d'action et travaille à l'élaboration du programme national d'action pour la promotion de la femme.

Les plus graves des violations que subissent les femmes et les petites filles dans le monde d'aujourd'hui, sont la traite et l'exploitation sexuelle, a poursuivi la représentante qui a nourri l'espoir que les résultats du récent Congrès de Stockholm éveilleront davantage la conscience sur cette plaie qui ronge moralement et culturellement nos sociétés. Le Programme d'action pour la prévention de la traite des êtres humains et l'exploitation de la prostitution d'autrui, mérite d'être largement pris en considération tant aux niveaux national, régional qu'international. La Convention pertinente de 1949 mérite d'être examinée et révisée si cela est nécessaire, afin de le rendre plus efficace. En ce qui concerne la violence à l'égard des travailleuses migrantes, le Burkina Faso appuie les recommandations du groupe d'experts. Il convient d'entreprendre des études en vue d'obtenir des données de références fiables sur l'ampleur et les caractéristiques du phénomène.

La représentante a par ailleurs estimé qu'il est essentiel que le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes puisse suivre et évaluer les différents progrès réalisés, notamment, les mesures législatives et les décisions politiques prises en vue de la promotion de la femme. Elle s'est félicitée de l'affichage des postes vacants au Secrétariat sur Internet mais a remarqué que cependant très peu de femmes des pays en développement ont accès à cette "machine moderne".

Mme MARIA DE LOS ANGELES FLOREZ PRIDA (Cuba) a souligné que la situation de la femme dans le monde restait très difficile, étant donné la persistance de phénomènes comme la pauvreté, la malnutrition, le manque de soins médicaux et l'analphabétisme. Les recommandations de Beijing constituent un fil directeur important pour l'adoption de stratégies et d'action aux niveaux national et international, a-t-elle affirmé. Mais les défis sont redoutables sur la voie vers l'élimination de la pauvreté ou la pleine jouissance par les femmes de tous leurs droits, y compris les droits génésiques. Rappelant que 25% de la population mondiale vit encore dans une pauvreté absolue, la représentante a souligné que ce phénomène touche principalement les femmes, tant dans les pays développés qu'en développement. Dans ces derniers, l'instabilité, les conséquences négatives de la dette extérieure et des programmes d'ajustement ainsi que de l'application de mesures unilatérales coercitives frappent en premier lieu les femmes. L'accès à des ressources

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nationales et internationales reste la clef du succès pour parvenir aux objectifs d'égalité, de développement et de paix, réaffirmés lors de la Conférence de Beijing. Les efforts nationaux doivent être complétés par une action internationale et appuyés par des ressources supplémentaires. Cuba soutient les initiatives en vue d'intégrer une perspective sexospécifique dans les activités des Nations Unies, a indiqué la représentante.

Un séminaire national sur le thème : "Les Cubaines, de Beijing à l'an 2000", qui s'est tenu en juillet dernier, a permis d'identifier les principales difficultés et les objectifs à atteindre d'ici à l'an 2000. Dans ce cadre, un plan d'action national chargé de définir et de consolider le rôle des femmes dans la société cubaine a été élaboré. La représentante a insisté sur les effets négatifs du blocus économique, financier et commercial, imposé unilatéralement contre Cuba par les Etats-Unis. Ces mesures ont entraîné un ralentissement, voire la suspension, de certains programmes visant à améliorer l'égalité des chances.

Mme ZHANG FENGKUN (Chine) a rappelé que tous les gouvernements qui avaient participé, en septembre 1995, à Beijing, à la quatrième Conférence mondiale sur les femmes, avaient pris l'engagement solennel de mettre en oeuvre la Déclaration et le Programme d'action qu'ils avaient adoptés à cette occasion. Il est temps de traduire ces engagements en actions. Il est temps aussi que les plans et programmes devant être lancés par le système des Nations Unies soient appliqués. Il faut que l'on s'attaque véritablement à l'élimination de la pauvreté, identifiée comme un objectif prioritaire et que chacun assume la responsabilité qui lui incombe.

Il convient que les pays industrialisés aident les pays en développement à réaliser les objectifs fixés à Beijing, notamment en consacrant 0,7% de leur produit intérieur brut à l'aide au développement. En outre, au niveau international, il est impératif - si l'on veut garantir le succès de l'action entreprise en faveur des femmes, qu'une part plus importante du budget des Nations Unies soit allouée aux activités les concernant.

Mme FELICITY WONG (Nouvelle-Zélande) a estimé qu'il y avait encore beaucoup à faire au niveau national et des Nations Unies pour arriver à une véritable égalité entre les hommes et les femmes. Il est temps de passer à des actions concrètes, a-t-elle affirmé, estimant que les organisations non gouvernementales avaient un rôle essentiel à jouer dans la mise en oeuvre des programmes d'action en faveur des femmes. Le Gouvernement néo-zélandais va, pour sa part, tenir pleinement compte des rapports établis par les ONG à la suite de réunions régionales, pour formuler sa stratégie en faveur des femmes. Il accorde la priorité à l'égalité des salaires, aux droits des femmes indigènes, à la participation dans la prise des décisions et à la collecte d'informations. Elle a assuré, par ailleurs, que son pays entendait intégrer une perspective sexospécifique dans toutes les politiques et programmes, tant dans le secteur public que privé.

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La représentante a souhaité que des ressources adéquates soient allouées à la Division de la promotion de la femme et a déploré que certains postes au sein de cette Division demeurent vacants. Elle a estimé que le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes devait être autorisé à tenir deux sessions de trois semaines par an. La représentante a rejeté la proposition du Secrétaire-général de revoir les objectifs fixés pour l'amélioration de la situation des femmes au Secrétariat et souligné qu'il faudrait, au contraire, redoubler les efforts, notamment en ce qui concerne l'augmentation du nombre de femmes nommées aux grades D1 et supérieurs, où elles restent inacceptablement peu nombreuses.

M. SUTJIPTOHARDJO DONOKUSUMO (Indonésie)) s'est inquiété des effets désastreux que pourrait avoir la prise de certaines mesures dans le contexte de la restructuration en cours de l'Organisation sur l'exécution des programmes mis en oeuvre pour donner suite aux recommandations de Beijing. Il a par ailleurs insisté sur la nécessité d'adapter les programmes identifiés à Beijing aux caractéristiques propres des différents pays.

En Indonésie, a-t-il dit, la pauvreté est la principale cause de la lenteur de la promotion de la majorité des femmes. Aussi l'élimination de ce fléau social est-il au centre des préoccupations du Gouvernement. Le représentant a par ailleurs fait part de son extrême préoccupation devant les manifestations de plus en plus nombreuses de violence à l'égard des travailleuses migrantes.

M. BALTHAZAR HABONIMANA (Burundi) a rappelé, au nom du Groupe africain, que le Conseil de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) avait adopté, en juillet dernier, une résolution importante sur le renforcement du rôle de la femme africaine, notamment dans le développement. L'intégration de la promotion des femmes dans les politiques visant à éradiquer la pauvreté est indispensable, a-t-il indiqué, soulignant qu'il fallait favoriser leur accès au crédit, aux ressources naturelles et promouvoir leur participation à la prise de décision à tous les niveaux, dans la planification des programmes de développement et dans la résolution des conflits. La promotion de la condition de la femme doit se faire par des actions concrètes, et par l'intégration du principe d'égalité dans tous les programmes de l'OUA, a-t-il souligné.

Malgré la persistance d'une certaine mentalité qui croit à l'infériorité de la femme, a-t-il affirmé, la femme burundaise évolue actuellement dans un cadre juridique qui lui permet de s'épanouir dans la société. Sur le plan politique notamment, aucun obstacle ne lui barre la route. Plusieurs femmes font partie du Gouvernement ou siègent à l'Assemblée nationale. Le représentant a encore souligné l'accès égal des filles et des garçons à l'éducation. Toutefois, a-t-il souligné, la crise que traverse le pays a porté un coup dur à la quasi totalité des programmes de développement.

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Les femmes et les enfants ont payé le plus lourd tribu, ayant eu leur famille décimée, leurs ressources pillées, leur maison détruite. Beaucoup ont pris en charge des enfants sans famille. De nombreuses d'entre elles souffrent de troubles physiques et psychiques à la suite de viols ou simplement d'un manque des éléments essentiels à l'épanouissement.

Remerciant la communauté internationale pour l'aide humanitaire accordée à son pays, le représentant a souligné la nécessité de poursuivre et de renforcer l'action en faveur des femmes et des enfants victimes des conflits. Il a assuré que le Gouvernement était à pied d'oeuvre pour s'attaquer à la racine du mal burundais, les divisions ethniques, mais que, pour gagner ce pari, il avait besoin du soutien et de l'appui de tous.

Mme FOO CHI HSIA (Singapour), abordant la question de la violence contre les travailleuses migrantes, a exprimé des réserves quant au rapport A\51\325 préparé par la Division de la promotion de la femme. Ce document est devenu extrêmement controversé et fait obstacle à l'élaboration d'un projet de résolution qui ferait le consensus. Il avait été demandé au groupe d'experts dont le rapport figure en annexe au rapport, de mettre au point des indicateurs qui permettent de déterminer la situation des femmes migrantes. Ce mandat a été interprété de manière étroite et sélective. Les indicateurs proposés ne concernent que la violence. La question de la situation des travailleuses migrantes doit tenir compte des avantages économiques et autres dont celles-ci jouissent du fait de travailler à l'étranger. La représentante a également contesté le paragraphe du rapport qui affirme que l'inscription de la question de la violence des travailleuses migrantes à l'ordre du jour international fait l'unanimité. Si l'unanimité existe vraiment, comment se fait-il que seulement sept Etats Membres sur les 185 que comptent les Nations Unies ont ratifié la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et les membres de leur famille? On ne peut trouver une solution à ce problème que dans le cadre administratif et juridique national des pays d'accueil. D'autre part, Mme Foo a estimé que certaines des recommandations de la réunion du Groupe d'experts étaient proches de l'ingérence. Ces recommandations insistent sur les obligations qui incombent aux pays d'accueil, passant sous silence les devoirs et responsabilités des pays d'origine.

M. BHARATI SILWAL (Népal) a estimé que la promotion de la femme est essentielle pour le développement économique et la paix. En effet, les femmes les plus défavorisées sont celles qui vivent dans les zones rurales des pays en développement, et particulièrement dans les pays les moins avancés. Alors que l'on s'approche du XXIe siècle, la discrimination à l'égard des femmes est presque universelle. Or, la situation précaire des femmes dans la société ne peut être améliorée que si celles-ci ont la possibilité de participer au processus de prise de décision au niveau national ainsi qu'aux négociations économiques internationales. Le représentant a souligné que la Déclaration

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et le Programme d'action de Beijing donne des directives afin d'intégrer le principe d'égalité entre les sexes dans la programmation et la formulation des politiques, afin de renforcer le rôle des femmes dans chaque secteur de la société.

La délégation du Népal est d'avis que le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) et l'Institut international de recherche et de formation pour la promotion de la femme (INSTRAW) devraient jouer un rôle plus actif en matière de promotion de la femme dans le monde et les encourage à s'impliquer davantage en faveur du développement humain durable. La délégation népalaise apprécie les initiatives prises par le Secrétaire général en faveur de l'intégration du principe d'égalité entre les sexes. De son côté, la société népalaise prend de plus en plus conscience, grâce à l'instauration du pluralisme démocratique et à la création d'un Ministère des femmes et des affaires sociales, de l'importance des questions relatives à l'égalité entre les sexes.

M. W. HETTIARACHCHI (Sri Lanka) a indiqué que son gouvernement a pris les mesures qui s'imposaient afin d'assurer un suivi efficace de Beijing. Un plan d'action national a été élaboré. Le représentant a par ailleurs fait savoir que son pays soutient l'initiative visant à élaborer un protocole facultatif à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, afin de permettre à des groupes d'individus ou des individus de déposer des plaintes concernant des violations des droits énoncés dans la Convention devant le Comité qui en contrôle la mise en oeuvre. Il a par ailleurs souligné l'importance des travaux entrepris sur la violence à l'égard des travailleuses migrantes, ainsi que sur la traite et l'exploitation des femmes et des fillettes, des problèmes auxquels son pays attache la plus grande attention, dans la mesure où près de 500 000 femmes du Sri Lanka travaillent en dehors du pays, et sont dispersées aux quatre coins du monde. Dans certains pays d'accueil, nombre d'entre elles, sont victimes de violations de leurs droits les plus fondamentaux.

Mme SELMA ACUNER (Turquie) a estimé qu'il fallait analyser d'une manière plus holistique et interdisciplinaire la mise en oeuvre des différents plans et programmes d'action des Nations Unies. Elle a estimé qu'il serait utile de disposer d'un document analysant les différents plans et programmes d'action en relation avec les actions en faveur de l'intégration de la perspective sexospécifique entreprises au sein des Nations Unies. Un tel document permettrait une meilleure évaluation et un meilleur suivi, a-t-elle souligné.

La représentante s'est déclarée, par ailleurs, en faveur de la tenue de deux sessions par an du Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes. Elle a affirmé que son pays s'efforçait de promouvoir la participation active des femmes à tous les aspects du processus de développement de la Turquie, et avait fait du retrait de toutes les réserves

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émises lors de la ratification de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes l'une de ses priorités. Elle a, par ailleurs, remercié Mme Martha Dueñas Loza, Directrice par intérim de l'Institut international de recherche et de formation pour la promotion de la femme (INSTRAW) pour le travail qu'elle accomplit dans des conditions financières difficiles. En conclusion, elle a réitéré la nécessité d'augmenter les ressources financières des trois organes chargés de la promotion de la femme : la Division de la promotion de la femme, l'INSTRAW et le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM).

Mme LYDA APONTE DE ZACKLIN (Venezuela) a rappelé que son pays a ratifié en 1983 la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. Le Venezuela a par ailleurs joué un rôle important dans les efforts déployés au sein de l'Organisation des Etats américains pour éliminer la violence à l'égard des femmes. Ces efforts ont conduit à l'adoption de la Convention interaméricaine pour prévenir, sanctionner et éliminer la violence contre les femmes. Cet instrument a été signé par 23 pays, a déclaré la représentante, ajoutant que le Venezuela dispose de divers types de sanctions sévères pour punir les violences exercées contre les femmes.

Le Parlement du Venezuela a adopté une nouvelle loi sur le travail qui consacre les principes de l'égalité des chances et de l'égalité des salaires. Le Conseil national des droits des femmes a mis en place un certain nombre de programmes afin de renforcer la participation des femmes dans les domaines économique et politique. Des séminaires et des cours sont organisés au niveau national sur ces questions et des cours sont également dispensés afin de former les candidates aux élections municipales. Au niveau universitaire, a dit la représentante, une Chaire de la femme a été créée à l'Université centrale. Les objectifs et mesures décidés par le Conseil national des droits des femmes ont été inscrits dans le plan de 1996 ainsi que dans le projet de plan pour 1997 afin que les femmes jouissent des mêmes opportunités que les hommes dans toutes les sphères de la vie nationale. Le Venezuela estime que la pleine participation des femmes à la société est une garantie de démocratisation et de l'équité sociale.

M. IBRA DEGUENE KA (Sénégal) a indiqué que depuis l'adoption de la plate-forme d'action africaine consécutive à la Conférence de Beijing, la Commission économique pour l'Afrique (CEA) a publié et distribué un guide qui, en soulignant la perspective sexospécifique comme étant la stratégie la plus efficace, démontre l'engagement de l'Afrique à faire de l'amélioration du sort des femmes, un élément central des politiques de développement.

En ce qui concerne plus particulièrement le Sénégal, le représentant a déclaré que son pays a décidé d'articuler son deuxième plan d'action pour la femme autour de domaines tels que le développement économique et la lutte

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contre la pauvreté, l'éducation, la santé, et les droits et mécanismes institutionnels de promotion et de financement des projets pour les femmes. Ce plan se situe dans le moyen terme et couvre la période 1997-2001. L'objectif de ce plan est de disposer d'un cadre stratégique permettant d'orienter la planification et la mise en oeuvre des futures actions de promotion de la femme. Le Ministère de la femme, de l'enfant et de la famille en assure la coordination et le suivi.

M. ALEJANDRO BORDA (Colombie) a indiqué que son pays dispose d'une Direction nationale pour le traitement équitable des femmes qui est rattachée directement à la Présidence de la République, afin de promouvoir et d'assurer l'égalité entre les sexes dans les programmes et politiques mis en place par l'exécutif. Les activités de la Direction visent à éliminer les barrières structurelles à la progression des femmes, à améliorer leur participation à la vie politique tant sur le plan qualitatif que quantitatif, et à éliminer la violence dont elles font l'objet.

Afin de parvenir à ces objectifs, le Gouvernement a élaboré des stratégies nationales et locales auxquelles sont associées à la fois des fonctionnaires mais aussi des organisations de défense des droits de femmes. Au niveau local, a-t-il dit, de nombreuses structures administratives ont été créées dans les départements et les municipalités. M. Borda a en outre rappelé que deux mois après la tenue de la Conférence de Beijing, les déléguées colombiennes ont organisé un débat, en Colombie, auquel les ministres étaient conviés afin de faire l'inventaire des politiques globales et sectorielles à mener conformément aux dispositions internationales reconnues en matière de promotion de la femme. Il faut toutefois que la communauté internationale appuie financièrement les efforts déployés au plan national par les pays en développement, a conclu le représentant.

Mme MARY MORGAN-MOSS (Panama) a mis l'accent sur le rôle essentiel imparti à l'Assemblée générale et à la Troisième Commission dans le suivi de Beijing : ce rôle est politique, a-t-elle dit, et nous devons l'entendre dans un sens positif, et ne pas céder au découragement. La représentante a soutenu les travaux en cours en vue de l'élaboration d'un protocole facultatif à la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. Elle a mis l'accent sur la priorité que son gouvernement accordait à la promotion de la femme dans sa politique nationale. Le Programme d'action de Beijing laisse espérer que de nouveaux gestes d'assistance mutuelle et de solidarité pourraient voir le jour, a-t-elle rappelé. Elle a insisté aussi sur l'importance que revêt l'implication des organisations régionales au processus de suivi de la Conférence. Le Panama est par ailleurs convaincu que les Nations Unies devraient considérer avec plus d'attention les avantages comparatifs de la coopération Sud-Sud.

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