DSG/SM/297-DEV/2589-AG/10498

LE VICE-SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ONU RÉAFFIRME LA NÉCESSITÉ D’ALLÉGER LA DETTE DES PAYS LES MOINS AVANCÉS ET DE LEUR FOURNIR UNE AIDE ACCRUE POUR LE DÉVELOPPEMENT

18/09/2006
Vice-Secrétaire généralDSG/SM/297
DEV/2589
AG/10498
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

LE VICE-SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ONU RÉAFFIRME LA NÉCESSITÉ D’ALLÉGER LA DETTE DES PAYS LES MOINS AVANCÉS ET DE LEUR FOURNIR UNE AIDE ACCRUE POUR LE DÉVELOPPEMENT


Pour que la mondialisation ait un sens pour les citoyens des nations les moins avancées, celles-ci doivent avoir un accès sûr et prévisible aux marchés, préconise Mark Malloch Brown


On trouvera ci-après les observations faites ce matin par le Vice-Secrétaire général de l’ONU, M. Mark Malloch Brown, à la Réunion de haut niveau des pays les moins avancés:


Au nom du Secrétaire général, j’ai le grand plaisir de vous souhaiter la bienvenue alors que l’Assemblée commence une session nouvelle.


Cet examen à mi-parcours du Programme d’action de Bruxelles de 2001 nous donne l’occasion d’évaluer la situation et suscite de sombres réflexions.  Au cours des cinq dernières années, les pays les moins avancés ont connu une croissance plus forte et enregistré une augmentation de leurs exportations et des courants d’investissement plus importants.  Ils ont également fait certains progrès vers la réalisation des objectifs de développement humain, en ce qui concerne notamment la réduction de la mortalité maternelle et infantile et l’augmentation des taux de scolarisation primaire universelle.


Toutefois, malgré les progrès sensibles réalisés par certains d’entre eux, ces acquis en tant que groupe ont été insuffisants pour leur permettre d’atteindre les objectifs convenus à Bruxelles; de plus, ils ont eu un très faible impact dans le secteur où ils étaient le plus nécessaires, à savoir la lutte contre l’extrême pauvreté.


Les données limitées disponibles concernant les tendances récentes de la pauvreté ne sont pas encourageantes.  Elles indiquent un déclin négligeable, voire certaines augmentations dans la pauvreté monétaire.  En fait, on estime à l’heure actuelle que ce sont les pays les moins avancés qui ont le moins de chances d’atteindre tous les Objectifs du Millénaire pour le développement, y compris celui consistant à réduire la pauvreté de moitié d’ici à 2015.


Et dans un renversement sans précédent de tendances historiques, l’espérance de vie diminue dans plusieurs des pays les moins avancés qui sont le plus affectés par le VIH/sida et les troubles civils.


Cela n’est certainement pas nouveau pour vous.  Après tout, l’été dernier, à Cotonou, vos représentants ont reconnu la faible application du Programme d’action de Bruxelles et réaffirmé avec vigueur la nécessité de sa mise en œuvre intégrale.


À cette fin, nous devons accélérer et intensifier nos efforts.  Tout d’abord, en appuyant le développement sur les fondements stables de la démocratie, des droits de l’homme et de la bonne gouvernance.  Ensuite, en faisant en sorte que la mondialisation soit au moins aussi avantageuse pour les pauvres que pour les riches.


Pour prospérer dans l’économie compétitive d’aujourd’hui, tous les pays doivent, dans un premier temps, mobiliser leurs propres ressources et attirer des investissements de l’étranger.  Leur capacité de le faire dépend en grande partie de la qualité de leur gouvernance.


Les pays les moins avancés doivent, par exemple, continuer d’améliorer leurs institutions et de renforcer l’état de droit.  Et s’ils veulent éradiquer la pauvreté et promouvoir le développement humain, nous devons faire dans ce cas ce que nous faisons ailleurs, c’est-à-dire mettre l’accent sur la gouvernance démocratique comme l’un des principaux fondements du progrès.


Cette gouvernance exige de faire en sorte que les pauvres aient une voix politique réelle.  Et cela implique de mettre en place des institutions fortes et transparentes capables de fournir les services et les protections dont la population a le plus besoin – non seulement les soins de santé et l’éducation mais également la sécurité personnelle et l’accès à la justice.


Mais soyons clairs: si l’action nationale doit montrer le chemin, l’appui de la communauté internationale doit l’éclairer.


Car pour que la mondialisation ait un sens pour les citoyens des nations les moins avancées, celles-ci doivent avoir un accès sûr et prévisible aux marchés.  Elles doivent obtenir un nouvel allégement de leur dette, et recevoir une aide accrue et meilleure pour le développement.


Les progrès réalisés récemment en ce qui concerne l’allégement de la dette extérieure doivent être poursuivis, de sorte que les dettes de tous les pays les moins avancés soient ramenées à des niveaux qui les empêchent d’être un obstacle au développement.


En même temps, le volume croissant de l’aide au développement doit augmenter davantage.  Il y a encore un long chemin à faire avant que tous les pays donateurs atteignent l’objectif de 0,2% de leur revenu national brut, fixé par le Programme d’action de Bruxelles.  Toutefois, il demeure impératif d’augmenter l’APD pour permettre aux pays les moins avancés de lutter contre la pauvreté et de mettre au point les outils sociaux, institutionnels et autres dont ils ont besoin pour faire face à la concurrence dans l’économie mondiale.


Enfin, c’est dans l’arène du commerce mondial qu’un grand nombre des gains les plus durables seront renforcés ou réduits.


L’économie mondiale actuelle n’offre pas des chances égales à tous.  Les subventions et les mesures agricoles non tarifaires appliquées dans les pays développés, par exemple, sont un obstacle à la production et aux exportations agricoles des pays les moins avancés et vont à l’encontre des objectifs de l’APD.


Afin de remédier à ce déséquilibre, les pays les moins avancés doivent avoir un accès sûr et prévisible aux marchés.  Ils doivent pouvoir accéder, en franchise et hors quota, aux marchés de tous les pays développés sans exception, d’ici à 2008.  Ils doivent obtenir la réduction et l’élimination de toutes les barrières non tarifaires à leurs exportations.  Il leur faut des règles d’origine et des procédures commerciales simplifiées et harmonisées pour leurs exportations.  Il faut aussi que leur voix soit entendue par les institutions financières internationales et les organes multilatéraux d’élaboration des normes. 


Jusqu’à présent, ces pays ont généralement bénéficié des résultats limités des négociations commerciales de Doha.  Toutefois, la poursuite des négociations érodera probablement les préférences qui leur sont accordées actuellement.  C’est pourquoi, à mesure que de nouvelles possibilités d’exportation apparaissent, de nombreux pays pauvres ont besoin d’une assistance extérieure pour les exploiter.


En fait, l’ONU, notre Haut Représentant, Anwarul Chowdhury, et tous les fonds, programmes et départements du Secrétariat continueront d’aider les pays les moins avancés à tirer avantage de marchés plus ouverts et plus généralement à renforcer leur faculté de participer à l’économie mondiale.  En tant qu’alliés, nous ferons tout notre possible pour y contribuer.  En coopérant avec les pays développés et les pays donateurs, je suis convaincu que nous pourrons rattraper le temps perdu et accomplir les progrès envisagés à Bruxelles.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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