En cours au Siège de l'ONU

SOC/4640

L’APPROCHE PARTICIPATIVE MISE EN AVANT POUR ASSURER L’EFFICACITE DES POLITIQUES EN FAVEUR DES PERSONNES AGEES

09/02/2004
Communiqué de presse
SOC/4640


Commission du développement social

8e et 9e séances – matin & après-midi


L’APPROCHE PARTICIPATIVE MISE EN AVANT POUR ASSURER L’EFFICACITE DES POLITIQUES EN FAVEUR DES PERSONNES AGEES


Une transformation démographique sans précédent est en cours qui verra d’ici 2050 le nombre de personnes âgées de 60 ans et plus passer de 600 millions à 2 milliards.  Sur cette toile de fond, la Commission du développement social a organisé un débat général ainsi qu’une table ronde qui ont permis de débattre d’un phénomène qui aura des conséquences profondes sur tous les aspects de la vie.  Dans certains pays développés et pays à économie en transition, le taux de natalité est inférieur au taux de renouvellement de la population et le nombre de personnes âgées est supérieur au nombre d’enfants.  


Lors de la table ronde organisée cet après-midi, l’approche participative a été présentée comme pouvant contribuer à la mise en œuvre des politiques publiques en faveur des personnes âgées.  Une telle méthode, a expliqué la Directrice de recherche de l’organisation HelpAge International de Londres, Amanda Heslop, peut permettre de ramener les personnes âgées jusqu’ici marginalisées dans des débats politiques et de faire entendre des voix qui seraient autrement absentes.  Le Programme d’action de Madrid adopté en 2000 lors de la Deuxième Assemblée internationale sur le vieillissement peut également être un outil adéquat pour engager les personnes âgées dans un dialogue avec les décideurs, a –t-elle ajouté.


Autre point important des débats, la nécessité de s’attaquer à la pauvreté des personnes âgées même si le représentant du Sénégal a regretté que l’accent soit mis trop souvent sur l’appauvrissement des personnes âgées aux dépens de leurs potentialités, ce qui contribue à leur marginalisation.  Il faudrait, a–t-il précisé, explorer les moyens de réintégrer les personnes âgées dans les fonctions sociales valorisantes qu’elles avaient l’habitude de jouer comme l’éducation sexuelle ou les mécanismes de régulation sociale.


HeatherRicketts, Maîtresse de conférence au Département de sociologie et d’études sociales de l’University of the West Indies et M. Dia Aboubakar, Inspecteur général au Ministère du Plan de Guinée ont également fait des exposés.  Les représentants des pays suivants ont pris la parole: Jamaïque, Irlande au nom de l’Union européenne et Sénégal. 


Ce matin, au cours du débat général consacré à la situation des groupes sociaux, à savoir la famille, les personnes handicapées et les personnes âgées, divers pays ont présenté leurs stratégies nationales et défis à relever.  Au Ghana, a expliqué son représentant, 5,3% de la population ont plus de 65 ans, et 7,3% plus de 60 ans.  Traditionnellement, la cellule familiale a toujours été en charge des personnes du troisième âge mais aujourd’hui les migrations rurales vers les villes font perdre aux personnes âgées le soutien dont elles bénéficiaient. 


Une situation sur laquelle est revenue la représentante de l’organisation HelpAge International qui a précisé que la situation des personnes du troisième âge en Afrique est particulièrement dramatique.  Elle a regretté que les besoins des personnes âgées, qui sont parmi les plus vulnérables, n’aient pas été inscrits dans les plans d’action relatifs à la mise en œuvre des Objectifs de développement du Millénaire (ODM) et elle a demandé que les indicateurs de pauvreté qui entrent en compte dans la mise en œuvre des ODM soient sensibles à la situation des groupes les plus pauvres.


Les représentants des pays suivants et les organisations non gouvernementales suivantes ont pris la parole: République de Corée, Equateur, Maroc, Viet Nam, Bélarus, Tunisie, Cameroun, Ghana, Argentine, Thaïlande, Pakistan, HelpAge international, New Humanity, World Family Organization, Fédération internationale du Vieillissement.


La Commission abordera le point de son ordre du jour consacré aux migrations internationales et les migrants envisagés dans une perspective sociale demain mardi 10 février, à partir de 10 heures.


EXAMEN DES PLANS ET PROGRAMMES D’ACTION PERTINENTS DES ORGANISMES DES NATIONS UNIES CONCERNANT LA SITUATION DES GROUPES SOCIAUX


Déclarations


      M. KIM HE ONJOO (République de Corée) a expliqué que dans son pays, l’accent a été mis sur la famille à une date très récente dans le cadre des stratégies de développement social.  Pendant des décennies, la fourniture de services sociaux se faisait principalement en direction des groupes vulnérables que sont les enfants, les personnes âgées, les handicapés et les femmes.  Toutefois, avec l’augmentation du nombre de divorces, il est apparu clairement que la famille devait bénéficier d’une protection sociale et que pour cela, il fallait mettre en place des politiques centrées autour de l’unité familiale.  En début d’année, l’adoption d’une loi sur les familles et les soins de santé a dicté au Gouvernement l’obligation d’élaborer, de mettre en place et d’évaluer tous les cinq ans un plan d’action national pour la famille.  Des centres d’aide à la famille doivent être créées dans chaque district.  Sur la question des personnes handicapées, le représentant a dit soutenir les recommandations du Secrétaire général contenues dans son rapport.  Il a appuyé l’adoption d’une convention contraignante sur les droits des handicapés.  Indiquant que son pays ressent déjà le vieillissement de sa population, le représentant a également indiqué que son Gouvernement avait établi un bureau spécial chargé de coordonner les politiques en faveur des personnes âgées.  Une stratégie nationale a été élaborée qui identifie 20 objectifs dans quatre domaines d’action, à savoir démographie et population; emploi et ressources humaines; santé et protection sociale, budget et finances.


M. LUIS GALLEGOS (Equateur) a déclaré que les années qui ont suivi l’adoption des politiques économiques du « Consensus de Washington » ont démontré l’importance de la présence de l’Etat dans le secteur social.  Les règles de marché et l’efficacité économique ne résolvent pas les problèmes sociaux.  Cela a été vérifié en Asie lors de la crise financière que cette région a connue.  Il n’y a pas de version d’économie de marché permettant aux pays pauvres d’assurer un filet économique à leurs populations.  Dans les pays du Nord, où les gouvernements appliquent des politiques sans être soumis à des conditionnalités, on a pu créer un pont entre les marchés et les mesures de protection sociale.  La transparence et la lutte contre la corruption, notamment par l’établissement de mécanismes de reddition, sont devenues des priorités dans notre pays, en vue de permettre un maximum de mobilisation des ressources pour le développement.  Les politiques économiques doivent nous permettre d’atteindre les Objectifs de développement du Millénaire.  L’Equateur se félicite de l’entrée en vigueur de la Convention pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille mais est préoccupé par le faible nombre des ratifications.  Sur une question importante, en ma qualité de Président du Comité spécial sur la question des handicapés, j’appelle tous les Etats Membres à se pencher sérieusement sur les problèmes auxquels font face les personnes handicapées.


M. MOHAMED BENNOUNA (Maroc) a rappelé que son gouvernement avait le 23 janvier dernier adopté le nouveau Code de la famille.  Le Roi Mohammed VI a pris l’engagement de tout mettre en œuvre pour garantir l’application effective de cette nouvelle loi en créant notamment les tribunaux de la Famille.  Le représentant, indiquant que les politiques d’ajustement structurel menées dans les années 80 avaient creusé les déficits sociaux, a expliqué que son Gouvernement consacrait 20% de son budget et 20% de l’aide extérieure au financement des services sociaux de base.  Il a précisé également, dans le cadre des réformes menées actuellement, que le Gouvernement actuel compte un Ministre chargé de la modernisation du service public.  Le Gouvernement marocain poursuit depuis plusieurs années une politique de privatisation dont les principaux objectifs sont de rendre l’économie marocaine plus dynamique; de lutter contre le chômage; d’améliorer le niveau de vie des citoyens; de réduire les charges du budget de l’Etat en matière de soutien aux entreprises publiques; d’ouvrir le pays sur l’économie mondiale; de luter contre la concentration du capital et de permettre le retrait de l’Etat des activités économiques commerçantes.  Le Maroc a également adopté une politique de décentralisation.  Le représentant a par ailleurs fait part de son soutien à l’élaboration d’une convention  internationale sur les droits des personnes handicapées.  Il a dit son soutien à un projet de résolution qui sera présenté au cours de cette session par le Groupe des 77 et de la Chine relatif au développement social et au Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD).


M. VU ANH QUANG (Viet Nam) a estimé que la communauté internationale devrait consacrer plus de ressources  aux programmes de protection et d’appui à l’insertion sociale des groupes et des personnes les plus vulnérables et défavorisées.  Dans cet esprit le Viet Nam apprécie hautement les actions menées par les Nations Unies pour la promotion de la famille et en faveur des handicapés et des personnes âgées en vue de la protection de leurs droits fondamentaux ainsi que de l’amélioration de la qualité de leur vie.  Au plan national, notre pays accorde la priorité à l’atténuation de la pauvreté, l’emploi, les services sociaux de base et l’insertion sociale des groupes défavorisés.  La famille étant la cellule de base de la société et le premier lieu de l’intégration sociale des individus, le Viet Nam ne ménage aucun effort pour le bien-être des familles.  Notre délégation se félicite donc des propositions du Secrétaire général sur les préparatifs de la célébration du dixième anniversaire de l’Année internationale de la famille.  Le Viet Nam compte environ cinq millions de personnes handicapées, soit 6% de sa population totale.  Trois millions de ces personnes sont des victimes de guerre et des victimes de l’emploi de la substance défoliante « Agent orange » pendant le conflit.  Ces handicapés ont besoin d’une assistance sociale spéciale.  Notre Constitution énonce donc que « les personnes âgées, les handicapés et les orphelins bénéficient d’une assistance particulière de l’Etat et de la société ».  L’Ordonnance sur les handicapés, promulguée par l’Assemblée nationale du Viet Nam en 1998, a réaffirmé le principe de l’égalité et de la non-discrimination à l’intention de cette catégorie de la population.  Nous nous associons au projet de supplément proposé sur les Règles pour l’égalisation des chances des handicapés et soutenons l’élaboration d’une convention internationale globale sur les droits des handicapés.  11% des Vietnamiens vivent sous le seuil de pauvreté, 35,8% des handicapés sont illettrés, et 97,6% n’ont pas bénéficié de formation professionnelle.  Nous souhaitons bénéficier de la coopération et de l’assistance technique de tous les pays et organisations internationales.


M. ALEG IVANOU (Bélarus) a apporté son appui au processus de préparation du Dixième anniversaire de l’Année internationale de la famille.  Au Bélarus, notre politique s’appuie sur la notion de l’égalité entre les sexes et nous allons continuer à consacrer nos efforts à la création de conditions socioéconomiques favorables à cet objectif en ciblant les familles vulnérables et en élargissant les prestations qui leur sont offertes.  Le représentant a par ailleurs fait part de son soutien au projet de supplément aux Règles pour l’égalisation des chances des personnes handicapées et au projet de convention sur les droits des personnes handicapées tout en spécifiant qu’il fallait tenir compte dans le cadre de ce processus des contextes nationaux.  Il y a 480 00 personnes handicapées au Belarus et leur réhabilitation est au cœur de notre politique nationale.  Nous disposons d’un programme d’Etat qui vise à éliminer les obstacles à leur intégration à la société.  L’un des objectifs est de relever  leur statut social par le travail grâce à des centres sociaux de travail. 


M. ZRIBI (Tunisie) a déclaré qu’il fallait définir des critères efficaces d’aide aux groupes les plus vulnérables, notamment les personnes handicapées.  La Tunisie a adopté des mesures visant à assurer une juste répartition du bien-être social, conformément aux recommandations prises au niveau international à Madrid, à Beijing et dans d’autres instances et textes multilatéraux.  Nous prônons le dialogue social au niveau national, rejoignant ainsi l’expérience de nombreux autres pays.  Dans le secteur public, nous veillons à améliorer l’accès aux services publics ainsi que leur qualité.  La famille étant au centre des actions à mener, nous avons des lois sur l’emploi, le divorce, l’assurance maladie et les personnes âgées.  Toutes nos activités s’inspirent des conventions et autres instruments internationaux, et nous tenons compte des résultats des grandes conférences qui se sont tenues ces dix dernières années.  La Tunisie tient à assurer à chacun de ses citoyens une égalité des chances, afin de construire une société exempte de toutes formes de discrimination.  Nous travaillons à promouvoir l’intégration des handicapés dans tous les secteurs de la société et dans toutes les activités au plan national.  Notre patrimoine culturel est en accord avec le Programme d’action de Madrid.  Nous voulons partager l’expérience que nous avons en matière sociale avec les autres Etats Membres, a dit le représentant.


M. IYA TIDJANI (Cameroun) a expliqué aux membres de la Commission comment s’articulaient les politiques nationales en faveur de la famille, des personnes âgées et des personnes handicapées.  Il a ainsi mentionné la mise en œuvre de mesures de réinsertion socioéconomiques des personnes handicapées notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’emploi.  Un plan directeur pour la mise en place d’une politique nationale de promotion de ces personnes est en cours d’élaboration.  Il permettra d’ici à 2006 d’améliorer la qualité des prestations offertes aux personnes âgées et de réorganiser le système de partenariats aussi bien au plan national qu’international.  S’agissant de la mise en œuvre du Programme d’action de Madrid, il a expliqué que son pays mettait un accent particulier sur les volets suivants: indépendance, participation et les soins.  Notre approche tend à maintenir les personnes âgées au sein de leur famille et communautés d’origine.  A l’occasion du Dixième anniversaire de l’Année internationale de la famille, le Cameroun célèbrera la semaine de la famille.


Mme MARY IMELDA AMADU, (Ghana), a déclaré que sa délégation entérinait les recommandations faites par le Secrétaire général dans son rapport concernant la préparation de la célébration du 10ème anniversaire de l’Année internationale de la famille.  Nous sommes convaincus que c’est à travers une meilleure consultation et un meilleur plaidoyer aux niveaux national et local que l’on pourra promouvoir l’un plus grand consensus sur le contenu des politiques et sur les perspectives d’actions intégrées en ce qui concerne la famille.  Nous pensons qu’il faudrait promouvoir une plus grande coopération internationale dans les domaines de la recherche, de la formulation des politiques et de l’évaluation.  Les préparatifs de la célébration de l’Année internationale de la famille sont très avancés au Ghana, a dit Mme Adamu.  Un Comité national de coordination a été crée en mars 2003.  Le thème choisi pour la célébration est celui du « soutien des communautés aux orphelins et aux autres enfants en difficulté: le rôle de la famille ».  Les activités du Comité de coordination se sont focalisées, depuis sa création, sur le besoin de renforcer le plaidoyer et la sensibilisation sur les valeurs de la notion de famille étendue.


Au cours de la dernière décennie, le Ghana a déployé beaucoup d’efforts pour donner un contenu concret aux dispositions contenues dans le Programme d’action des Nations Unies sur l’égalisation des chances pour les personnes handicapées.  En 1992, le gouvernement a, avec l’appui de l’Organisation internationale du travail, de l’OMS, de l’UNESCO, du PNUD, et de deux ONG, l’une norvégienne et l’autre suédoise, lancé le développement d’un programme de réhabilitation basé sur les communautés (CBRP).  Ce programme vise la promotion des droits des personnes handicapées.  Concernant les personnes âgées, 5,3% de la population du Ghana ont plus de 65 ans, et 7,3% plus de 60 ans.  Traditionnellement, la cellule familiale a toujours été en charge des personnes du troisième âge.  Mais aujourd’hui les migrations rurales vers les villes font perdre aux personnes âgées le soutien dont elles bénéficiaient traditionnellement.


M. DOMINGO CULLEN (Argentine) a expliqué que la famille en Argentine joue un rôle central.  Elle constitue l’espace dans le cadre duquel s’enracinent les valeurs.  Le but des politiques gouvernementales est de protéger et de renforcer le rôle que joue la famille dans la société en tenant compte des besoins des groupes vulnérables.  La montée de la pauvreté, le chômage, la consommation de drogues, la violence sociale et domestique affectent nos familles dans leur structure et fonctionnement.  Le renforcement de la famille passe par une démarche préventive sur la base d’une approche participative de la société civile.  Aux Nations Unies, nous appuyons toutes politiques qui intègrent les questions familiales aux politiques de développement social.  Dans notre pays, a ajouté le représentant, les questions relatives aux personnes handicapées sont du ressort des droits de l’homme.  Nous avons créé une Commission chargée de l’application de la Convention interaméricaine sur les personnes handicapées et sommes en faveur d’une convention internationale intégrée sur les droits de l’homme des personnes handicapées.  Le projet de supplément aux Normes sur l’égalisation des chances des handicapés est une initiative positive.  Sur la question des personnes âgées, il a précisé que les politiques sociales en leur faveur doivent viser en premier lieu la fourniture de services sociaux de base et le maintien de leur niveau de vie.


Mme LAXANACHANTORN LAOHAPHAN (Thaïlande) a déclaré que la crise financière qui a frappé l’Asie en 1997 a clairement démontré combien des familles fortes et unies sont un moyen essentiel de lutte contre les difficultés économiques en temps difficile.  Les familles thaïlandaises sont aujourd’hui le premier front de la lutte contre la pauvreté et permettent de promouvoir l’harmonie sociale, et de lutter contre les effets des drogues, contre la propagation du VIH/sida, et contre la violence domestique.  Le Gouvernement thaïlandais a adopté une politique de renforcement de la famille et a, à cet égard, promu des programmes de sensibilisation et de soutien au rôle des familles.  Des centres communautaires et des unités chargées du développement des familles ont été créés.  D’autre part, les efforts que notre pays a menés pour promouvoir l’égalité des sexes et la lutte contre la pauvreté ont aussi contribué au renforcement de la cellule familiale.  La Thaïlande a déclaré le 14 avril « Journée nationale de la famille » pour marquer son attachement à la famille.  Nous espérons que la célébration, au niveau international, du 10ème anniversaire de l’Année internationale de la famille, sera l’occasion de lancer de nouvelles politiques, programmes et actions.


Notre pays s’est engagé à promouvoir les droits et le bien-être des personnes âgées et des personnes atteintes de handicaps à travers la mise en œuvre de mesures législatives, administratives et d’autre ordre.  L’an dernier, le Parlement thaïlandais a promulgué la Loi sur les personnes âgées de 2003, qui garantit la protection des droits des personnes du troisième âge.  Notre Gouvernement pense d’autre part que les Règles d’égalisation des chances pour les personnes handicapées sont un instrument important d’amélioration de la situation de celles-ci.  Nous sommes donc en faveur du renforcement de ces Règles, y compris à travers le supplément proposé à cet effet.  Nous soutenons d’autre part pleinement l’élaboration d’une convention internationale sur les droits des handicapés.  


Mme AISHA FAROOQUI (Pakistan) a estimé que pour que les pays en développement soient en mesure de développer leur assise économique, il fallait au préalable mettre en place un environnement économique international propice ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle.  Le poids de la dette, un régime commercial injuste, la baisse de l’Aide publique au développement notamment sont autant d’obstacles à la fourniture de services sociaux.  En matière de bonne gouvernance, a expliqué le représentant, un programme de redistribution des pouvoirs a été mis en place qui permet désormais à des représentants élus; y compris les femmes, de gérer les districts.  Le représentant a également insisté sur l’importance de la société civile dans la fourniture de services sociaux.  Dans ce contexte, la Commission nationale pour le développement social a créé un corps de volontaires.  Il s’est également prononcé en faveur de l’intégration de la problématique familiale dans les politiques nationales et cadres législatifs.  Le Dixième anniversaire de l’Année internationale de la famille devrait donner un nouvel élan à l’examen de cette question.  De même, au sujet des personnes handicapées, le représentant a plaidé pour la complémentarité des efforts nationaux et internationaux.


La représentante de HelpAge International a indiqué que les personnes âgées, qui sont parmi les plus vulnérables, n’ont pas été inscrites dans les plans d’action relatifs à la réalisation des Objectifs de développement du Millénaire (ODM).  La situation des personnes du troisième âge en Afrique est particulièrement dramatique.  Nous remercions cependant l’Union africaine, qui fait tout ce qui est en sa capacité, d’avoir inscrit la question du vieillissement dans ses débats et ses programmes de développement.  En 0ctobre 2003, 12 pays africains se sont réunis à Dar es Salaam en Tanzanie, sous les auspices de l’ONU, pour trouver des solutions au vieillissement et à la paupérisation qu l’accompagne sur le continent.  L’Union africaine a déclaré, lors de cette rencontre, que le « premier but des Objectifs de développement du Millénaire devrait être d’inclure les personnes âgées dans les stratégies visant à les atteindre.  Des actions devraient être prises pour collecter, analyser et disséminer les informations sur les facteurs qui contribuent à la pauvreté des personnes âgées ».  HelpAge International demande que plus de ressources soient allouées aux groupes les plus pauvres pour leur permettre de participer à toutes les consultations relatives aux ODM.  Nous demandons aussi que les rapports relatifs aux ODM et les données qui y sont inclues mentionnent les personnes âgées et autres groupes vulnérables.  Enfin, nous demandons que les indicateurs de pauvreté qui entrent en compte dans la mise en œuvre des ODM soient sensibles à la situation des groupes les plus pauvres.


Le représentant de New Humanity a rappelé que le fonctionnement du secteur public  a un impact direct sur la vie des familles et que de même, la vie de famille exerce une influence sur l’efficacité de ceux qui travaillent dans le secteur public.  La vaste majorité d’entre nous commencent leur processus de socialisation en tant que membre d’une famille et c’est alors que nous apprenons à faire face aux nombreux défis qui se posent à notre famille.  Nous devenons ensuite membres d’une plus grande famille, la famille humaine.  Le lien de fraternité est important pour créer une société harmonieuse et juste.  Insistant sur la nécessité de mettre en place une société pour tous les âges, le  représentant de l’ONG a souligné l’importance de la compétence et de l’engagement sincère des fonctionnaires.  Ecouter les autres, prendre des initiatives pour un règlement pacifique des conflits, surmonter les barrières à la communication, promouvoir la fraternité, tels sont nos objectifs.


La représentante de World Family Organization a déclaré que WFO avait bénéficié de l’appui de l’ONU pour débattre de la célébration du dixième anniversaire de l’année internationale de la famille.  Un sommet a eu lieu au Brésil au mois de décembre 2003, ce qui a permis aux participants, de la société civile, de constater que les familles sont les premiers acteurs et protagonistes du développement.  L’intégration de la famille dans les programmes d’actions internationaux est donc essentielle à la réalisation des Objectifs de développement du Millénaire.  Nous sommes en faveur du renforcement de partenariats, dans tous les aspects du développement, en y incluant le rôle des familles.  Nous voulons forger des consensus sur des questions clés impliquant la famille.  D’ici à novembre 2005, cinq conférences préparatoires d’ONG se tiendront avec le soutien de l’Autriche, de l’Union africaine, d’un fonds arabe, de la Chine, et du Brésil.  On y parlera des ODM et de l’usage des technologies de l’information.  Nous invitons la société civile, les gouvernements et les chefs d’entreprises à se joindre à nous pour trouver la meilleure façon d’associer les familles à la réalisation des ODM, a dit la représentante.


La représentante de la Fédération internationale du vieillissement, a estimé que le thème prioritaire de la session sur l’amélioration de l’efficacité du secteur public est de la plus haute importante dans la mesure où ce n’est qu’avec un secteur public que l’on peut garantir la mise en œuvre efficace des instruments internationaux.  Elle a regretté que l’on ait omis au cours de cette discussion de mentionner la place centrale que doit occuper l’être humain dans les processus de réforme du secteur public.  L’effet des politiques doit également être pleinement examiné et compris avant leur institutionnalisation.  Répondre aux défis que présente le vieillissement implique un secteur public efficace.  Les ressources doivent être mobilisées pour garantir que tous les groupes d’âge vivent dans la sécurité.


Table ronde sur les modalités d’examen et d’évaluation du Plan d’action international sur le vieillissement adopté à Madrid en 2002


Déclarations


Mme Heather Ricketts, Maîtresse de conférence, Département de sociologie et d’études sociales de l’University of the West Indies, a présenté les résultats d’ateliers de formation tenus depuis août 2001 pour mettre en place des méthodes d’évaluation de programmes d’assistance sociale concernant notamment l’évaluation des besoins pour la scolarisation d’enfants, l’intégration d’anciens toxicomanes, l’intégration de personnes handicapées, la prise en compte des besoins spécifiques de jeunes parents.  Elle a présenté l’évaluation sociale comme un excellent outil pour comprendre un problème qui ne peut être illustré par le biais d’un sondage.  Il est important, a-t-elle insisté, de recueillir des informations émanant du terrain et de personnes concernées par les problèmes si nous voulons mesurer toutes les conséquences de ceux qui sont récents ou qui se profilent.  A titre d’illustration, elle a présenté les détails d’une étude sociologique réalisée sur un groupe de jeunes parents dans le souci de déceler leurs problèmes et besoins spécifiques, notamment dans des situations où l’un des parents seulement est présent, parce que l’autre est décédé ou parti pour une raison ou une autre.  Elle a souligné la difficulté de trouver des jeunes pères volontaires pour participer à cette étude.  Elle a insisté sur une approche participative qui est indispensable à l’élaboration future d’une stratégie sociale ou d’une enquête plus large comme un sondage.  Présentant certaines observations de cette étude, elle a fait part de l’inquiétude devant la portée de l’effondrement de la famille élargie et de bouleversements qui font que des femmes deviennent grand-mère à l’âge de 29 ans.  Le rapport d’évaluation a été remis en décembre 2004 au Gouvernement et aux institutions de planification de la Jamaïque qui y trouveront des propositions d’outils pour mieux répondre aux besoins de cette catégorie de parents.  En ce qui concerne la validation des parties prenantes qui participent à un débat en fin d’enquête, tout est fait pour qu’ils soient représentatifs de leur communauté.  Les participants ont notamment souligné l’impact du secteur éducatif et des réalités économiques qui poussent les jeunes filles à avoir des relations avec des hommes beaucoup plus âgés.  Autre conclusion de cette étude, la nécessité d’adopter des approches différentes entre zones urbaines et zones rurales.


Mme AMANDA HESLOP, Directrice de recherche de Help Age International, Londres, a expliqué comment l’approche participative pouvait contribuer à la mise en œuvre des politiques publiques.  Les résultats dans un processus participatif ne sont pas toujours faciles à prévoir mais cela est aussi un avantage dans la mesure où cela permet de mieux comprendre la complexité d’une problématique donnée.  L’approche participative exige un investissement humain important.  Cette méthodologie peut nous permettre de ramener les personnes âgées jusque-là marginalisées, dans des débats politiques et de faire entendre des voix qui seraient autrement absentes.  Cette approche part de l’idée que les personnes âgées ont une contribution importante à apporter.  Elle tient compte des différences qui se retrouvent dans le groupe des personnes âgées et suppose que les personnes âgées elles-mêmes sont impliquées dans l’analyse des résultats.


Le Plan d’action de Madrid peut être un outil adéquat pour engager les personnes âgées dans un dialogue avec les décideurs.  Cette approche n’est pas limitée à la collecte de données mais vise également à trouver des solutions.  Nous disposons d’un projet pilote qui est né de la deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement de Madrid pour faire en sorte que les engagements pris soient mis en œuvre.  Ce projet vise dans un premier temps de se mettre à l’écoute des besoins des personnes âgées en les encourageant à développer leurs propres indicateurs de résultat et à tisser des liens avec les membres de la société civile.  L’accès aux soins de santé est un problème de taille et en Tanzanie, il existe un programme simple.  Nous avons simplement demandé aux personnes âgées de tenir une comptabilité des soins reçus, y compris les hospitalisations ce qui permet de dresser un diagnostic à l’attention des autorités publiques.  Ce processus a montré qu’il est important de renforcer les actions à la lumière du lien entre personnes âgées et réduction de la pauvreté, comme le stipule le Programme d’action de Madrid.


M. DIA ABOUBACAR, Inspecteur général du Ministère du plan de la Guinée, a présenté les efforts de son pays en matière d’enquêtes sociales sur la base d’une approche participative dans le souci de donner une nouvelle dynamique au développement.  Il s’agit par là de se doter d’outils permettant de mieux adapter à la réalité le Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP).  Il a présenté l’approche participative comme le meilleur moyen de mesurer comment les gens vivent la pauvreté sur le terrain au quotidien.  A partir des informations collectées, on peut mieux affiner les priorités et objectifs d’un système efficace de suivi et d’évaluation de la pauvreté dans le cadre du DRSP.  Au niveau du processus de suivi des indicateurs, on s’est rendu compte que la disponibilité de ressources financières n’était pas une condition suffisante mais qu’il fallait s’assurer de l’efficacité des institutions du secteur social et de la bonne utilisation de leurs ressources.  Il a également estimé indispensable la mise en place d’un système d’incitations pour s’assurer que les objectifs du DRSP soient atteints. 


Entamant un dialogue avec les conférenciers, la représentante de la Jamaïque a souligné l’importance d’une large participation de la population pour évaluer les besoins en matière de politique sociale.  Nous attendons avec intérêt, a-t-elle ajouté, des mises à jour de projets menés avec l’aide du Département de affaires économiques et sociales (DESA).


Répondant à une question du représentant de l’Irlande, au nom de l’Union européenne, sur les éléments à utiliser au niveau international pour sensibiliser les institutions aux objectifs du Plan d’action de Madrid sur les personnes âgées, Mme Heslop, a déclaré que toutes les campagnes de sensibilisation devaient être organisées au niveau local en tenant compte des éléments spécifiques à la situation des personnes âgées au niveau local en associant les ONG, la société civile dans son ensemble.  Elle s’est félicitée de la tenue récente en Tanzanie, sous les auspices du Département des affaires économiques et sociales (DESA), d’un atelier pour l’intégration des questions de vieillissement dans les objectifs de lutte contre la pauvreté.  De son côté, Mme Ricketts a salué les efforts de la Jamaïque pour associer les personnes âgées à la définition de priorités en ce domaine. 


Une représentante d’ONG a demandé si le projet de réduction de la pauvreté a changé les choses en Guinée.  Une représentante de la Fédération internationale du Vieillissement a demandé combien de gouvernements avaient traduit le Programme d’action de Madrid en plusieurs langues locales ce qui est impératif si l’on veut promouvoir l’approche participative.


M. DIA ABOUBAJKAR a expliqué qu’en Guinée, 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté extrême et les autorités ne disposent d’aucune méthode pour évaluer l’impact de la pauvreté.  Les informations dont nous disposons sont marginales.  Le Ministère des affaires sociales a été obligé dans le cadre de l’évaluation de sa stratégie nationale, d’étudier les groupes marginalisés par type; à savoir les handicapés, les jeunes et les jeunes de rue.


Le représentant du Sénégal a relevé que les travaux de recherche présentés mettent l’accent sur le processus d’appauvrissement des personnes âgées ce qui contribue à leur marginalisation.  Il faudrait explorer les moyens de réintégrer les personnes âgées dans les fonctions sociales valorisantes qu’elles avaient l’habitude de jouer comme l’éducation sexuelle ou les mécanismes de régulation sociale.


Répondant à cette dernière idée, la représentante de Help Age a reconnu que ces personnes jouent un rôle énorme qu’il faut soutenir par des mesures politiques.  Par exemple, ce sont elles qui s’occupent des orphelins du sida.  De son côté, Mme RICKETTS, a expliqué qu’il avait été proposé d’institutionnaliser des activités de soutien que les personnes âgées sont en mesure d’apporter.  Il ne faut pas seulement associer les personnes âgées à la pauvreté.


Résumant les traits saillants de cette table ronde, le Président de la Commission du développement social, M. JEAN-JACQUES ELMIGER (suisse), a mis l’accent sur l’importance de mener des travaux de recherches dans une approche participative prenant en compte la diversité de la réalité du terrain.  Il faut que cette étude et les gens interviewés soient les plus représentatifs possibles de la communauté étudiée dans le souci d’apporter les meilleures réponses et outils pour renforcer les capacités nationales et les politiques publiques afférentes.  Il s’est également félicité du souci des différents projets présentés de répondre aux besoins spécifiques des groupes les plus vulnérables, dans l’optique de mieux intégrer les problèmes de ces groupes aux objectifs et programmes de lutte contre la pauvreté.  Ces présentations, a-t-il ajouté, nous ont montré la nécessité d’intégrer dans les stratégies de développement social, les groupes sociaux les plus vulnérables et tout particulièrement les personnes âgées.  Pour ce qui touche de l’aspect du suivi ou de la mise en œuvre des projets, il a présenté la publication et la publicité des résultats comme un moyen de prendre les décisions les plus idoines en intégrant tous les partenaires et acteurs concernés.   


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