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SOC/4589

L’ALLONGEMENT DE LA VIE ACTIVE DEVRA ETRE ENVISAGE COMME REMEDE A LA QUESTION DU FINANCEMENT DES RETRAITES, AVANCENT PLUSIEURS DELEGATIONS EUROPEENNES

08/04/2002
Communiqué de presse
SOC/4589


Deuxième Assemblée mondiale

sur le vieillissement


L’ALLONGEMENT DE LA VIE ACTIVE DEVRA ETRE ENVISAGE COMME REMEDE A LA QUESTION DU FINANCEMENT DES RETRAITES, AVANCENT PLUSIEURS DELEGATIONS EUROPEENNES


Madrid, 8 avril 2002 -- Le vieillissement de la population a beau être un phénomène qui n’épargne aucun pays, comme se sont accordés à le reconnaître cet après-midi les intervenants devant l’Assemblée mondiale sur le vieillissement, les problématiques se posent de façon spécifique selon le niveau de développement de ces pays.  En effet, ainsi que l’a exprimé la Sous-Secrétaire d’Etat à la santé publique de la République dominicaine, «alors que les pays en développement vieillissent avant de s’enrichir, les pays développés étaient au contraire riches avant de vieillir».  Répondre au vieillissement de la population dans les pays riches qui ont déjà une couverture universelle de retraite se pose donc surtout en termes de viabilité de ces systèmes.


Alors qu’au cours des dernières décennies, la plupart des pays industrialisés ont abaissé l’âge de la retraite et encouragé les départs anticipés à la retraite, essentiellement comme remède au chômage, tous se posent maintenant la question du financement des systèmes de sécurité sociale et des retraites, qui, comme l’a exprimé le Ministre de la sécurité sociale de l’Italie, fragilisent «l’équilibre des finances publiques».  Les trois pays membres de l’Union européenne à s’exprimer cet après-midi, la Grèce, les Pays-Bas et l’Italie, ont prôné l’allongement de la vie active.  Dans la perspective d’un « vieillissement positif », la Grèce se donne pour mission d’assurer les conditions d’une vie active plus longue.  La Secrétaire d’Etat des Pays-Bas a indiqué qu’il n’était pas inconcevable que dans beaucoup de pays les personnes âgées soient amenées à travailler au-delà de l’âge actuel de la retraite et qu’elles continuent à jouer un rôle pleinement actif dans la société.


L’allongement de la vie active susciterait une véritable réforme institutionnelle.  Ce sont en effet les entreprises, le marché du travail et les politiques publiques qui devraient aussi évoluer, afin d’améliorer l’employabilité des personnes âgées, de leur proposer éducation et formation sans limite d’âge et afin de leur offrir des postes de travail.  Le Ministre de l’Italie a ainsi plaidé en faveur de « changements radicaux dans les pratiques de gestion, l’emploi et les politiques de formation » afin d’encourager les personnes âgées à se maintenir sur le marché du travail. 


De son côté, le Président du Conseil économique et social, M. Ivan Simonovic (Croatie), a souligné que l’augmentation continue du nombre de personnes âgées aura une incidence directe sur les relations au sein de la famille, fondement de notre société.  Il a insisté sur le rôle important joué par les récentes conférences et sommets de l’ONU, notamment celui du Millénaire, dans l’avancement des politiques sur le vieillissement.  Et le suivi de l’Assemblée confèrera à l’ECOSOC un rôle clef au niveau intergouvernemental dans le renforcement de la cohérence de ces politiques.


A l’opposé des actifs aptes à se maintenir sur le marché du travail, on trouve également, parmi les plus de 60 ans, un grand nombre de personnes vulnérables, voire victimes d’abus de droit.  Alors que la Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) a indiqué que les deux tiers des femmes de plus de 60 ans des pays en développement ne savent ni lire ni écrire, c’est surtout les sévices corporels auxquelles sont soumises les personnes âgées qui ont été évoquées par les délégations.  Il s’agit, selon le Président de la Fédération internationale du vieillissement, d’«un problème trop fréquemment ignoré et méconnu» qui affecterait entre 2 et 10% de personnes âgées.  Le Ministre du développement de l’Afrique du Sud a, quant à lui, déploré l’ampleur des maltraitances des personnes âgées.  Il a indiqué que son Gouvernement a établi un Comité d’enquête sur les sévices dont les personnes âgées sont victimes et considère la nécessité de développer une nouvelle législation sur le statut des personnes âgées. 


C’est enfin dans le cadre de circonstances tragiques que le rôle des personnes âgées peut être amené à être redéfini : dans les pays où le taux de mortalité a augmenté suite à la pandémie du VIH/sida, comme au Mozambique, les personnes âgées jouent un rôle essentiel en s’occupant d’une part de leurs enfants atteints du sida, et d’autre part de leurs petits-enfants orphelins du sida.  La Directrice exécutive du FNUAP a également évoqué les femmes âgées qui prennent soin de leurs enfants adultes atteints du sida, ainsi que de leurs petits-enfants orphelins, et a demandé que cette aide soit reconnue et appuyée.  M. Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies, avait ce matin estimé à 13 millions le nombre d’orphelins du sida de par le monde.


Les Ministres et hauts responsables des pays suivants sont intervenus : El Salvador, Italie, Ukraine, République islamique d’Iran, Afrique du Sud, Maroc, Mozambique, Pays-bas, Fédération de Russie, Grèce, Bahamas, République dominicaine et Afghanistan.  Sont également intervenus le représentant du Saint-Siège, le Président du Conseil économique et social (ECOSOC), la Directrice du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), la responsable de l’emploi et des affaires sociales de la Communauté européenne, le Président de la Fédération internationale du vieillissement.


Le débat général reprendra demain matin à 10 heures.


Échange de vues général


M. JOSÉ FRANSISCO LOPEZ BERTRAN, Ministre de la santé publique et de la sécurité sociale d’El Salvador : Le vieillissement de la population provoque une modification des relations u plan de coexistence entre les générations et a une incidence sur l’économie, la santé, l’organisation politique et l’existence sociale des citoyens d’El Salvador.  Mon Gouvernement encourage par conséquent les organisations spécialisées qui agissent en faveur des personnes âgées dans la mesure où le résultat de leurs travaux permettent de mettre en place de nouveaux plans d’action et des politiques adaptées. 


La couverture sociale des personnes âgées est importante au El Salvador.  Le Gouvernement a en outre mis en place un Conseil national qui regroupe plusieurs institutions spécialisées jouant un rôle spécifique en faveur des personnes âgées dans le domaine qui leur incombe.  Il existe en outre vingt systèmes sociaux différents en matière de santé qui accordent des soins complets aux personnes âgées.  Les programmes de ces institutions ont défini comme priorité la nutrition, la santé sexuelle et mentale, l’accès aux services de base et la détection précoce des maladies chroniques.  De nombreux progrès ont été réalisés et El Salvador s’efforce d’encourager la coopération technique entre pays et de donner à sa politique une perspective régionale.


M. ROBERTO MARONI, Ministre de la sécurité sociale de l’Italie : En dépit des chiffres alarmistes et des défis, les changements de la structure démographique présentent aussi de nouvelles opportunités pour l’Italie comme pour tous les pays.  L’augmentation du nombre de personnes âgées suscite un accroissement des sommes versées pour les retraites et des dépenses de santé, qui peut affecter négativement l’équilibre des finances publiques.  Nous pensons que ni l’augmentation de la pression fiscale ni des réductions indiscriminées des retraites ne sont des solutions appropriées.  Le vieillissement de la population nous amène en fait à considérer la possibilité de repousser l’âge de la retraite pour ceux qui le désirent.  La durabilité de nos systèmes de sécurité sociale est directement liée à la capacité de nos sociétés à mobiliser pleinement leurs potentialités et à augmenter le niveau d’emploi.  Alors que maintenant, on encourage les départs prématurés à la retraite, nous devons au contraire utiliser pleinement les capacités et l’expérience des personnes âgées si l’on souhaite éviter que les systèmes de protection sociale ne soient confrontés à des difficultés financières insurmontables. 


Il ne suffit pas d’inciter les travailleurs à prendre leur retraite plus tard, il faut aussi inciter le marché à donner la possibilité aux personnes âgées de travailler.  Des changements radicaux dans les pratiques de gestion, l’emploi et les politiques de formation sont nécessaires pour encourager les personnes âgées qui le peuvent à se maintenir sur le marché du travail.  La famille joue un rôle crucial dans la vie des personnes âgées en Italie, que ce soit en contribuant à les socialiser, ou en offrant une assistance à celles qui ne sont pas autonomes.  C’est pourquoi les politiques sociales italiennes se concentrent sur le maintien des personnes âgées dans la famille par l’amélioration de tous les services et projets de soutien.


M. IVAN SAKHAN, Ministre du travail et de la politique sociale de l’Ukraine : L’Ukraine a davantage de personnes âgées qu’aucun autre pays de l’ex-URSS.  Les familles ukrainiennes n’assurent plus aujourd’hui leur simple remplacement, pour 10 femmes il y a 11 enfants.  Les personnes âgées constituent le cinquième de la population et dans les villages le tiers.  Il y a 11 millions de personnes âgées.  Le nombre de personnes qui vivent seules augmente et nous cherchons à encourager un mode de vie actif des personnes âgées et leur offrir une aide médicale.  Il y a un institut de gérontologie qui tend à unir les recherches et les solutions sociales, avec plusieurs programmes publics en matière de santé.  Presque 50 000 personnes dont les aptitudes physiques sont limitées dépendent entièrement de l’Etat.  La situation risque de s’aggraver.  La tendance à la dépopulation de l’Ukraine risque d’avoir des incidences négatives notamment de peser trop lourdement sur les services sociaux.  L’âge de la retraite est assez bas. 


Nous considérons une réforme de notre système de pension pour qu’il profite aux générations futures.  Des projets de réforme sont à l’examen par le Parlement ukrainien, prévoyant un système à trois niveaux: une solidarité, une accumulation obligatoire et une accumulation facultative, afin de diminuer la pauvreté des personnes âgées.  La poursuite de la dépopulation ne peut pas continuer, il faut que la natalité augmente tandis que diminue la mortalité.  L’Ukraine a mis en œuvre un programme s’efforçant de répondre à cette nécessité. 


M. MASOUD PEZESHKIAN, Ministre de la santé et de l’éducation médicale de la République islamique d’Iran : Le vieillissement de la population est un phénomène qui n’épargne pas notre pays.  On compte actuellement 4 millions de personnes âgées de plus de 60 ans en Iran, dont 57% habitent en zone urbaine.  Les femmes, dont le taux d’alphabétisation est plus bas et la dépendance financière est plus élevée que celles des hommes, représentent près de la moitié de ces 4 millions.  La vitalité de nos sociétés dépend directement de la participation des personnes âgées.  Il est donc impératif que les conditions économiques et sociales permettent aux personnes âgées de rester intégrés à la société.  Le troisième Plan de développement quinquennal de l’Iran a établi un Conseil de haut niveau, composé de ministres et des responsables des agences pertinentes, dont certaines non gouvernementales, pour réfléchir au bien-être physique et mental des personnes de plus de 60 ans.


Nous sommes convaincus que l’objectif des systèmes de protection sociale doit être de fournir un accès aux services de santé et une sécurité de revenu pour les personnes âgées.  Il va de soi que la stabilité et la sécurité mentale et émotionnelle sont également des éléments importants, surtout pour les femmes.  En Iran, des programmes de prévention et de contrôle des maladies ont été lancés, en particulier pour ce qui concerne les maladies cardiovasculaires, le diabète et l’ostéoporose.  En bien que nous cherchions à développer les services gériatriques en hôpital, tout indique, l’évidence clinique comme notre tradition culturelle, que le lieu le plus indiqué pour dispenser des soins aux personnes âgées reste la famille.


M. ZOLA SKWEYIYA, Ministre du développement social de l’Afrique du Sud : La lutte contre la pauvreté, en particulier celle qui affecte les personnes âgées, représente une priorité de notre Gouvernement.  Dans ce contexte, un programme d’aide sociale qui bénéficie à près de 2 millions de personnes âgées a été mis en place.  Des projets générateurs de revenus, d’élargissement de l’accès à l’eau potable et aux services médicaux de base ainsi que d’amélioration de l’habitat ont également été définis.  En 1999, à l’occasion de la célébration de l’Année des personnes âgées, le Gouvernement a en outre

institué une «opération dignité» visant à sensibiliser le public aux droits des personnes âgées. Cependant, le Gouvernement ne peut pas relever seul le défi du vieillissement.  En effet, les partenariats avec les différents secteurs de la société civile sont indispensables dans la mesure où ils permettent d’étendre l’action en faveur des personnes âgées, lesquelles jouent d’ailleurs un rôle important pour le développement de leurs communautés. 


La maltraitance des personnes âgées est un sujet d’inquiétude et, à cet égard, le Gouvernement a établi un Comité d’enquête sur les abus perpétrés et s’efforce de donner suite aux recommandations de ce Comité au premier rang lesquelles se trouve la nécessité de développer une nouvelle législation sur le statut des personnes âgées.  De même, le Gouvernement estime qu’il est essentiel d’aider les personnes âgées qui subissent les conséquences de la propagation du sida.  La réduction de l’analphabétisme est également une priorité du Gouvernement qui a lancé une campagne nationale d’alphabétisation et a reconnu la nécessité de développer la communication non écrite afin d’informer les personnes âgées sur leurs droits.  Il faut également favoriser la coopération avec la communauté internationale, en particulier avec les institutions africaines telles que l’Organisation de l’Unité africaine (OUA).


M. ABAS EL FASSI, Ministre de l’emploi, de la formation professionnelle, du développement social et de la solidarité du Royaume du Maroc : Le Royaume du Maroc attache beaucoup d’importance au développement social et a mis en œuvre un programme de développement intégré qui a consolidé l’infrastructure sociale, notamment l’approvisionnement en eau et électricité dans les régions rurales, et aussi dans l’éducation.  Nous avons aussi des projets sociaux pour les personnes âgées dans le cadre du Plan quinquennal de développement économique et social 2000-2004.  Des clubs de loisirs octroient des services sociaux, de santé.  L’élaboration du code de la couverture sanitaire, la mise en place d’une assurance obligatoire contre la maladie concernant le personnel des secteurs public et privé et le régime d’aide médicale, pour les catégories démunies, concourent à l’élargissement des services sociaux.  Ces réalisations sont renforcées par des initiatives novatrices prises par le roi Mohammed VI, notamment concernant des campagnes nationales de solidarité dont les ressources sont mobilisées pour le financement des programmes et des services sociaux en faveur des plus démunis, y compris les personnes âgées.  Notre pays a élaboré un rapport national sur le vieillissement qui met notamment en lumière le rôle fonctionnel de la famille traditionnelle marocaine dans la protection des personnes âgées.  Il expose les actions entreprises par les ONG en complémentarité avec les pouvoirs publics et la famille.  Il analyse les difficultés d’ordre institutionnel, juridique, humain et financier, entravant la réalisation des objectifs escomptés.


On constate une évolution progressive de la population marocaine âgée qui tendra à augmenter de 7,3% en 2000 à 8,2% en 2010 jusqu’à 21% en 2060.  Cela indique l’ampleur des défis du Maroc.  Nous avons élaboré un projet de protection des personnes âgées.  Les axes principaux de ce projet relèvent de plusieurs mesures notamment la révision des lois garantissant les droits des personnes âgées, la protection sanitaire, la couverture sociale.  Le Royaume du Maroc intègrera les mesures prévues par cette Conférence selon une approche respectant nos valeurs religieuses et nos spécificités civilisationnelles.  Il faut aussi les efforts des acteurs de la communauté internationale.  Le drainage des investissements en faveur des programmes sociaux pour relancer la croissance est le levier du développement durable.  D’autres actions sont orientées vers la lutte contre les facteurs générateurs de tensions et de guerres en vue de permettre aux peuples de vivre dans un environnement de paix particulièrement le peuple palestinien qui continue à être la cible d’un massacre collectif et d’une volonté destructive de ses fondements sociaux et économiques. 

Mgr JAVIER LOZANO BARRAGAN, Président du Conseil pontifical pour la santé du Saint-Siège : Bien qu’il soit préférable de vieillir en famille, on trouve de plus en plus de personnes âgées abandonnées que l’Eglise catholique, aujourd’hui comme hier, tente d’aider.  De fait, l’Eglise catholique dispose de 532 hospices en Afrique, de 3 466 en Amérique, de 1456 en Asie et de 7435 en Europe.  Face à la marginalisation des personnes âgées, il est nécessaire de créer une société qui intègre tous les âges, qui soit fondée sur l’égalité intergénérationnelle, et où les personnes âgées aient leur place, surtout les femmes et les moins privilégiés.  Afin de se diriger dans ce sens, le Saint-Siège prône: la solidarité intergénérationnelle; la participation des personnes âgées à la prise de décisions dans la famille et dans la société; l’accès des personnes âgées à tous les services sociaux de base, et notamment la santé en zone rurale; des négociations avec les compagnies pharmaceutiques afin d’inclure les personnes âgées dans les programmes de recherche et de fournir des médicaments à bas prix; des programmes de santé destinés aux personnes âgées atteintes du VIH/sida; une assistance renforcée pour ceux qui s’occupent des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.


Par ailleurs, la pauvreté peut s’aggraver dans le vieil âge, et plus encore dans les situations d’urgence et dans les conflits armés.  Des systèmes de sécurité sociale et des filets de sécurité doivent être là pour protéger les vies et le bien-être de ces personnes.  Le fardeau de la dette des pays en développement doit être allégé afin que les services sociaux soient disponibles pour les populations vulnérables, et plus particulièrement les personnes âgées.


Mme VIRGILIA MATABELA, Ministre des affaires féminines et de l’action sociale du Mozambique : Le Mozambique, déjà en proie à un certain nombre de difficultés économiques, va enregistrer un vieillissement notable de sa population.  Ce vieillissement exigera un redoublement des efforts et la définition de nouvelles politiques sociales visant le bien-être et l’intégration des personnes âgées.  Nous devons considérer les personnes âgées comme une passerelle entre le passé et l’avenir.  Notre avenir ne peut être radieux que si nos objectifs sont conciliables et compatibles avec ceux de nos parents et de nos grands-parents; nos anciens sont des bibliothèques vivantes qui enregistrent avec patience l’expérience des peuples; ce sont de plus des sources d’histoire orale pour les peuples africains auxquels le régime colonial n’a pas permis d’acquérir une éducation.


Au Mozambique, les difficultés de survie sont déjà considérables; cependant, il ne faut pas que les personnes âgées tombent dans l’oubli.  Nous devons prôner des politiques telles que les transports à prix réduits, des subventions alimentaires.  Notre action doit viser à ce que notre avenir soit plus solidaire, à ce que chaque famille, chaque citoyen du monde donne un rôle aux personnes âgées.  Malheureusement, la pandémie du VIH/sida peut, dans une certaine mesure et en raison du grand nombre d’orphelins dont les parents sont décédés du sida, investir les personnes âgées d’un nouveau rôle auprès de leurs petits-enfants.


Mme MARGO VLIEGENTHART, Secrétaire d’Etat à la santé, à la sécurité sociale et aux sports du Royaume des Pays-Bas : Les circonstances imposées par le vieillissement de la population ont des conséquences qui touchent aussi bien les jeunes que les vieilles générations.  Les jeunes générations devront en effet supporter le coût provoqué par leur déclin et prendre soin des personnes âgées.  Dans ce contexte, il faut repenser le système de pensions et il n’est pas inconcevable que dans beaucoup de pays les personnes âgées soient amenées à travailler au-delà de l’âge actuel de la retraite.  Elles pourront ainsi continuer à jouer un rôle pleinement actif dans la société.  Les employeurs doivent donc s’adapter à cette nouvelle perspective.  Dans le même temps, les jeunes générations doivent disposer de suffisamment de temps libre pour aider leurs parents et les citoyens les plus âgés. 


La capacité d’un pays à prendre soin des personnes âgées dépend également de son niveau de développement économique.  C’est pourquoi, la solidarité entre les générations doit se traduire par une solidarité entre riches et pauvres en faveur des personnes âgées.  Il faut en outre encourager les organisations sociales qui agissent en faveur de ces personnes, élaborer des lois et faire en sorte que les personnes âgées soient présentes à tous les niveaux de la communauté.  Elles doivent en outre rester physiquement, mentalement et socialement actives.  A cet égard, les Pays-Bas ont notamment développé des programmes de pratiques sportives et de danse qui leur sont destinés.


Mme KARELOVA G N, Première Vice-Ministre du travail et du développement social de la Fédération de Russie : Les personnes âgées sont le maillon qui lie le présent et l’avenir au nom duquel sont mis en œuvre de profondes transformations économiques et sociales, les 25 dernières années ayant marqué un changement radical avec le passage à l’économie de marché.  Les efforts actifs du Président et du Gouvernement de la Fédération de Russie ont contribué à la diminution de la proportion de la population à faibles revenus et à la fourniture d’une aide sociale.  Il y a actuellement plus de trente millions de personnes âgées en Fédération de Russie.  Durant cette période de transition, un grand nombre de personnes âgées ont eu besoin d’une aide et le Gouvernement a contribué au renforcement, en leur faveur, de garanties juridiques.  L’infrastructure des systèmes des services sociaux pour les personnes âgées a été étendue à toutes les régions de la Russie et ne cesse d’être améliorée. 


Plus de 14 millions de personnes âgées résidant dans leur famille utilisent tous les ans les services de trois mille centres sociaux ainsi que 16 000 bureaux d’aide d’urgence.  La réforme vise à créer des conditions plus confortables, fournir une aide sociale et médicale de haute qualité notamment pour les personnes de plus de 85 ans.  Nous avons aussi intensifié la création de maisons de retraite.  L’intensification de l‘activité caritative pour améliorer la situation des personnes âgées est facilitée par des programmes pilotes menés par l’Etat.  Les conditions de vie des personnes âgées doivent encore s’améliorer.  La clef du succès est que la stratégie à cet effet coïncide avec objectifs mondiaux du développement social.  Nous devons continuer à célébrer une Journée des personnes âgées.  Les fonds et programmes de l’Organisation des Nations Unies pourraient s’intéresser plus aux personnes âgées dans les pays en transition. 


Mme MARIA MENOUDAKOU-BELDEKOU, Secrétaire général à la sécurité sociale de la Grèce : Le défi posé par le vieillissement de la population nécessite le développement d’une approche globale, planifiée et coordonnée.  Il faut donc mettre en place des politiques et des services qui tiennent compte des différents besoins des personnes âgées ainsi que des stratégies de renforcement de la solidarité entre les générations.  La Grèce encourage le développement d’une société pour tous les âges au sein de laquelle les personnes âgées mènent une vie saine et indépendante.  Dans la perspective d’un «vieillissement positif», la Grèce s’est donné pour mission, entre autres, d’assurer les conditions d’une vie active plus longue, d’éliminer la dépendance et l’isolement, de renforcer la solidarité inter-générationnelle et de promouvoir la participation et l’implication des personnes âgées à tous les niveaux de la communauté.  Dans cette perspective, le Gouvernement grec a tenu compte de la volonté des personnes âgées de rester chez elles aussi longtemps que possible et tente de renforcer sa politique de soutien à la famille afin de permettre à cette dernière de prendre soin de ses membres les plus âgés.


Pour les personnes âgées sans famille, le Gouvernement a mis en place un programme d’aide à domicile qui s’avère efficace.  Enfin, la question du vieillissement requiert une coopération internationale visant à renforcer la cohésion sociale, définir des politiques de prévention des problèmes sociaux et favoriser l’intégration de la question du vieillissement à l’ordre du jour des programmes nationaux et internationaux.


Mme GENEVA RUTHERFORD, Vice-présidente du Sénat du Commonwealth des Bahamas : Les Bahamas sont une petite et jeune nation en développement.  Actuellement, 29,4% de notre population est âgée de moins de 15 ans alors que la population âgée de plus de 60 ans est tout juste inférieure à 8%.  Les soins médicaux sont accessibles à tous à des prix raisonnables.  En 1999, le Commonwealth des Bahamas a célébré avec les autres nations du monde l’Année internationale des personnes âgées.  L’un des résultats significatifs a été la préparation d’une politique nationale pour les personnes âgées en 2000 qui prend en compte le Plan international sur le vieillissement défini en 1982.  Plusieurs succès en découlent comme par exemple le fait que toutes les cliniques gouvernementales fournissent des médicaments gratuits pour les personnes de plus de 65 ans. 


En 2000, le Ministère de la santé a mis en œuvre un plan national de cinq ans qui aborde la santé de la nation et notamment celle de la population âgée.  La sécurité des revenus et l’emploi sont deux préoccupations majeures concernant les personnes âgées.  Une allocation retraite est versée à toutes les personnes de 65 ans retraitées d’un emploi rétribué.  En janvier 2002, le Gouvernement a amendé la législation sur les retraites et ceux qui le veulent peuvent désormais travailler jusqu'à 65 ans.  Jusqu’à un passé assez récent, les personnes âgées incapables de subvenir indépendamment à leurs besoins pouvaient être accueillies avec bienveillance au sein de leur famille, toutefois ce n’est plus le cas, et le manque de centres pour les personnes âgées est préoccupant.  De nombreux partenariats en faveur des personnes âgées ont été établis avec les organisations non gouvernementales notamment les institutions religieuses.  Je suis heureuse d’annoncer qu’une décision a été prise visant à maintenir le Conseil national qui est devenu un ardent défenseur des personnes âgées. 


Mme ADALGISA ABREU, Sous-Secrétaire d’Etat de la santé publique et l’assistance sociale de la République dominicaine : Les pays en développement vieillissent avant de s’enrichir, au contraire des pays développés qui étaient riches avant de vieillir.  En 1998, à l’occasion de l’Année internationale des personnes âgées, nous avons promulgué dans notre pays le Code des droits des personnes âgées qui pose les bases juridiques d’un système plus juste d’attention à la population.  De plus, l’année dernière la Loi générale de santé a été approuvée; elle établit une couverture générale pour toute la population particulièrement à l’attention des plus vulnérables.  Ceci, ajouté à la création d’un système de Sécurité sociale, sont des pas décisifs vers un futur, plus très éloigné, où nous pourrons utiliser ces instruments pour répondre aux différents besoins de nos populations.  La République dominicaine propose que l’Assemblée mondiale considère les deux points suivants: les cas de mauvais traitements, sévices et abandons de personnes âgées, en violation flagrante des droits inaliénables consignés dans la Déclaration universelles des droits de l’homme et l’élaboration d’une convention qui renforcerait et soumettrait à la ratification des Etats Membres les accords qui figureront dans le Plan d’action de cette Assemblée.


M. ZALMAI HAGANI, Afghanistan : L’Afghanistan aborde une nouvelle phase de son histoire et retrouve progressivement la démocratie et le développement économique et social après 23 ans de conflit.  Le phénomène du vieillissement est global.  La proportion des personnes âgées est maintenant plus importante en Asie qu’en Europe.  Les femmes âgées sont proportionnellement en nombre plus important que les hommes.  Il y a deux raisons essentielles à cela: les progrès de la médecine et la baisse de la natalité.  Cela a un impact sur la croissance, l’investissement et sur l’économie en général.


Nous sommes conscients en Afghanistan que ce phénomène existe dans notre pays et que la guerre a aussi eu un impact sur la situation des personnes âgées, entraînant notamment leur isolement et la destruction des structures familiales traditionnelles.  Tout dépend aujourd’hui pour nous du soutien économique et financier de la communauté internationale.


M. IVAN SOMONOVIC, Président du Conseil économique et social : En tant que groupe, les personnes âgées font partie des plus pauvres, y compris dans les sociétés les plus riches dans la mesure où elles se trouvent marginalisées au rythme de l’affaiblissement de leur capacité de travail.  La dimension sexospécifique du phénomène du vieillissement est également d’importance puisque les femmes âgées représentent plus de 10% de la population totale.  L’augmentation soutenue du nombre des personnes âgées aura une incidence directe sur les relations au sein de la famille, fondement de notre société.  Dans ce contexte, on peut relever que la formulation d’engagements et la définition de principes directeurs lors des conférences et des sommets des Nations Unies tels que la Conférence internationale sur le développement et la population de 1994, le Sommet mondial pour le développement social de 1995 et la Déclaration du Millénaire, ont joué un rôle important dans l’avancement des politiques sur le vieillissement. 


La Commission sur le développement social et la Commission sur la population et le développement jouent dans le contexte de cette Assemblée, un rôle important en terme d’examen des tendances, d’analyse des conséquences du vieillissement sur la société et de suivi du Programme d’action international de la Conférence sur la population aux niveaux national, régional et international.  Le suivi de cette Assemblée mondiale sur le vieillissement confèrera en outre au Conseil économique au social un rôle clef au niveau intergouvernemental en termes de renforcement de la cohérence des politiques directement et indirectement liées au vieillissement. 


Mme THORAYA AHMED OBAID, Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population et M. MARK MALLOCH-BROWN, Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement : Une recherche réalisée l’année dernière pour le compte du FNUAP en Inde et en Afrique du Sud a révélé que les préoccupations principales des personnes âgées étaient des conditions de vie inadéquates, les restrictions à l’accès aux services sociaux, la violence intergénérationnelle et les sévices perpétrés contre les personnes âgées.  La pauvreté parmi les personnes âgées est également liée aux niveaux faibles d’alphabétisation, spécialement pour les femmes: seulement un tiers des femmes des pays en développement âgées de 60 ans et plus savent lire et écrire.  Elle est aussi liée à la mauvaise santé, au manque d’accès à l’information, au manque de participation, ce qui conduit à l’exclusion et à l’isolation.  Mais aussi, du fait de la pandémie VIH/sida, les personnes âgées et plus particulièrement les femmes âgées, prennent soin de leurs enfants adultes atteints du sida, ainsi que de leurs petits-enfants orphelins.  Et ceci bien que ces personnes vivent elles-mêmes dans des conditions de grande pauvreté et seraient en position de recevoir assistance et aide. 


Si l’on veut répondre aux besoins des personnes âgées, les défis suivants doivent être relevés: promouvoir la formation continue et l’éducation tout au long de la vie; reconnaître et soutenir les services fournis par les personnes âgées, notamment les femmes, à leurs petits-enfants orphelins du sida; éliminer la violence et les autres crimes perpétrés à l’endroit des femmes; fournir une assistance pour répondre aux besoins des personnes âgées, particulièrement dans le contexte des conflits et crises humanitaires; soutenir les recherches relatives à la sexospécificité et le vieillissement de la population; renforcer les systèmes de protection sociale pour les personnes âgées.


M. YITHAK BRICK, Président de la Fédération internationale du vieillissement  (FIV) : Les conditions de vie des personnes âgées se dégradent, en particulier dans les pays en développement.  Un grand nombre d’entre elles vivent dans une profonde pauvreté, sans sécurité financière ni de possibilité de travailler.  Il leur est par conséquent impossible de parvenir à l’épanouissement personnel et à la sécurité économique.  Elles n’ont en outre pas assez de pouvoir politique et trop peu d’occasion de présenter leurs points de vues.  On estime également qu’entre 2 et 10% de personnes âgées font l’objet de sévices.  Ce problème est trop fréquemment ignoré et méconnu.  De même, il est regrettable que la famille, qui dans de nombreux pays est encore la principale source de soins pour les personnes âgées, joue de moins en moins son rôle de soutien. 


La FIV recommande par conséquent de reconnaître que les personnes âgées sont une ressource et non pas un fardeau.  Les gouvernements doivent mettre en œuvre des politiques souples de départ à la retraite et développer des procédures permettant de faire participer les personnes âgées aux prises de décisions.  Ils doivent également prendre des mesures pour prévenir et éliminer les sévices dont elles sont victimes.  Ils doivent aussi appliquer les principes des Nations Unies en faveur des personnes âgées et développer des partenariats avec les ONG et le secteur privé afin de mettre en commun les connaissances sur le vieillissement. 


Mme ANNA DIAMANTOPOULOU, Commissaire responsable de l’emploi et des affaires sociales, Communauté européenne : Deux grands problèmes, face auxquels nous réagissons trop lentement, sont à examiner.  D’abord nous ne pouvons pas renouveler nos populations avec de faibles taux de natalité engendrant ainsi une grande déformation dans nos structures démographiques.  Le second problème est que nous permettons et même encourageons les gens à avoir une vie active plus courte, juste au moment où ils sont capables de travailler plus longtemps.  Les implications politiques sont claires.  Nous devons parvenir travailler à un équilibre de nos populations et devons avoir un regard beaucoup plus positif sur l’immigration. 


L’Union européenne a pris des mesures importantes pour répondre au problème du vieillissement.  La dimension d’égalité entre les sexes est fondamentale.  Nous reconnaissons que les femmes sont au cœur du défi du vieillissement, elles sont aussi au cœur de la solution pour répondre à nos sociétés vieillissantes.  Le problème ne concerne pas seulement la plus grande longévité des femmes mais aussi les causes, les conséquences de la baisse du taux de fécondité.  Les multiples obstacles rendent le travail moins accessible aux femmes en général, particulièrement à celles qui ont des enfants.  Nous devons créer des sociétés dans lesquelles les femmes et les hommes pourront avoir des enfants sans faire d’énormes sacrifices personnels et financiers.  Cela ne peut se faire sans action positive et concrète.  Nous cherchons à accroître le taux d’emploi des femmes européennes. 


L’Union européenne a établi une série d’objectifs concernant le vieillissement notamment des soins de santé de haute qualité pour les personnes européennes âgées, la hausse des niveaux d’emploi, notamment pour les femmes et les travailleurs âgés.  Un nouveau document sur le vieillissement en Europe inclut un engagement visant à créer des opportunités pour les personnes âgées pour travailler en moyenne 5 ans de plus qu’actuellement.  Nous insistons aussi sur la formation des travailleurs âgés.  Les dirigeants se sont aussi engagés à examiner et réformer les systèmes de retraite nationaux à l’intérieur d’un cadre commun de l’Union européenne.  Enfin, concernant le rôle des Nations unies, nous approuvons et nous félicitons de l’appel des Nations Unies à une coopération mondiale sur le problème du vieillissement. 


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