DSG/SM/104

TRANSCRIPTION DE LA CONFERENCE DE PRESSE TENUE PAR LA VICE-SECRETAIRE GENERALE DE L'ONU, MME LOUISE FRECHETTE, AU SIEGE DES NATIONS UNIES, LE 24 AOUT 2000

24 août 2000


Communiqué de Presse
DSG/SM/104


TRANSCRIPTION DE LA CONFERENCE DE PRESSE TENUE PAR LA VICE-SECRETAIRE GENERALE DE L'ONU, MME LOUISE FRECHETTE, AU SIEGE DES NATIONS UNIES, LE 24 AOUT 2000

20000824

Le porte-parole (interprétation de l'anglais) : Bonjour, Mesdames et Messieurs. Je vois que nous sommes au complet ici pour ce point sur le Sommet du millénaire. La Vice-Secrétaire générale, Mme Louise Fréchette va faire un bref exposé sur le sujet. Lorsqu'elle aura terminé son exposé, nous montrerons un petit film de 90 secondes préparé pour l'ONU par Young & Rubicam afin de faire comprendre aux New-Yorkais que les difficultés qu'ils pourront rencontrer pendant la tenue de ce Sommet du millénaire ont une bonne raison, si l'on considère les objectifs mondiaux de l'Organisation. Mais tout d'abord, place à Louise Fréchette, Vice-Secrétaire générale.

La Vice-Secrétaire générale (interprétation de l'anglais) : Comme vous le savez déjà, les quelques semaines qui viennent seront exceptionnellement chargées à l'ONU, et il nous a semblé utile de vous présenter un aperçu complet de ce qui va se passer dans ce bâtiment pendant les deux prochaines semaines. J'ai avec moi ce matin Miles Stoby et John Ruggie, deux Sous-Secrétaires généraux que vous connaissez et qui ont joué un rôle très actif dans la préparation du Sommet ; ils sont à votre disposition pour répondre à vos questions le cas échéant.

Je commencerai par parler du Sommet lui-même : il se tiendra du 6 au 8 septembre. L'idée de base de la tenue de ce Sommet est donnée dans le rapport du Secrétaire général sur la réforme de l'Organisation, publié en 1997 ; c'est sur cette base que les États Membres ont pris une décision, je crois, dans le courant de l'automne 1998. La raison pour laquelle le Secrétaire général a proposé aux États Membres d'organiser un tel Sommet en l'an 2000 n'est pas une raison de célébration ou de commémoration. De fait, le Sommet est réellement un Sommet de travail, et il ne faut pas considérer qu'il sera semblable au cinquantenaire de l'ONU. Il n'y aura ni gala ni cérémonie de commémoration. Le seul clin d'oeil, je pense, à la tradition, sera la photo de famille, si je puis dire. Sinon, ce sera donc vraiment un Sommet de travail. Si le Secrétaire général a proposé l'idée de ce Sommet et si, je crois, les États Membres se sont prononcés en faveur de sa tenue, c'est parce que nous traversons une période de changements particulièrement radicaux au niveau des relations internationales et qu'il semble réellement très important de donner une orientation au niveau le plus élevé à cette Organisation, de façon à lui permettre de se transformer en s'adaptant aux besoins de l'ère nouvelle.

Tout d'abord, je pense que vous voulez tous savoir combien de chefs d'État sont attendus... Pour le moment, nous attendons plus de 150 chefs d'État ou de gouvernement. Toutefois, nous ne pouvons pas donner de chiffres définitifs car il y aura probablement des changements jusqu'à la dernière minute. Quoi qu'il en soit, il s'agira probablement du plus grand rassemblement de chefs d'État et de gouvernement de tous les temps.

Le Sommet se composera d'une session plénière, où les chefs d'État ou de gouvernement ainsi que les autres chefs de délégation pourront faire des déclarations limitées, je crois, à cinq minutes ; et parallèlement se tiendront des débats en tables rondes. A partir du mercredi après-midi, nous aurons quatre sessions de tables rondes, et les dirigeants pourront choisir à laquelle des tables rondes ils souhaitent participer. C'est une première ; cela n'a jamais été fait auparavant. Le but est de permettre aux dirigeants de discuter entre eux de

façon plus informelle et ouverte. Je pense que c'est important, car il ressortira de ces débats informels, ainsi que des déclarations en séances plénières, une image assez nette de ce que pensent les dirigeants, de ce qu'ils trouvent importants.

A l'issue du Sommet, nous aurons probablement une déclaration, sur laquelle travaillent les États Membres en ce moment. Je laisserai au Président de l'Assemblée générale le soin de vous tenir au courant de l'évolution de ces questions. Quoi qu'il en soit, nous prévoyons une déclaration qui reposera largement, je pense, sur les propositions faites par le Secrétaire général dans le rapport qu'il a publié en avril dernier, en particulier dans le chapitre final, où il présente des suggestions en ce qui concerne l'issue de ce Sommet. Il y aura également des résumés des débats des tables rondes par les Présidents de ces tables rondes, et je pense que ceux-ci ont également l'intention de faire des déclarations à la presse à la fin de chaque table ronde.

Pendant le Sommet, se tiendra également un sommet du Conseil de sécurité, qui se réunira pendant deux heures, je crois, le jeudi. Le Conseil a décidé de se réunir pour discuter du maintien de la paix et de la sécurité, particulièrement en Afrique, et il est prévu de se pencher, notamment, sur le rapport publié hier sur les opérations de maintien de la paix. Nous pouvons nous attendre, d'ailleurs, à entendre également les dirigeants citer ce rapport lorsqu'ils prendront la parole à l'Assemblée générale.

Le sommet du Conseil de sécurité doit aboutir à l'adoption d'un document final mais là encore, je vous renvoie à la présidence du Conseil si vous voulez obtenir plus d'informations sur la préparation de cette séance.

En outre, le Bureau du Conseil économique et social a décidé d'organiser un petit-déjeuner auquel le Secrétaire général est invité, et je crois comprendre que le but est de parler de l'utilisation des techniques de l'information au service du développement, dans la même veine que ce que vous avez vu pendant la session du Conseil économique et social du début juillet.

Et je crois comprendre qu'il y aura peut-être également un sommet des cinq membres permanents du Conseil de sécurité.

Il va sans dire que parallèlement à toutes ces réunions, il y aura d'autres activités en marge du Sommet. Je voudrais attirer l'attention sur l'invitation adressée par le Secrétaire général à tous les États Membres pour qu'ils profitent de leur présence à New York pour signer et ratifier des conventions ou traités. Nous avons lieu de croire qu'entre 65 et 70 pays signeront d'ailleurs un ou plusieurs instrument(s) juridique(s) pendant leur séjour à New York pour le Sommet. Il y aura un espace réservé à ces manifestations.

Il y aura, bien sûr, de nombreuses réunions bilatérales. Pour ceux qui aiment les statistiques, vous devez savoir que pendant les manifestations du cinquantenaire, il s'est tenu 703 réunions bilatérales. Nous sommes quasiment certains que ce nombre sera atteint, voire dépassé. Il a d'ailleurs fallu mettre en place quelques petites espaces pour les rencontres bilatérales de ces dirigeants.

Il y aura également un forum sur l'éducation des filles, organisé sur l'initiative de Mme Annan par le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), et auquel seront conviées les épouses des dirigeants.

Voilà pour ce qui est du Sommet, et des manifestations qui s'y dérouleront. La semaine précédant le Sommet sera marquée par un certain nombre d'activités, dont je vais énumérer les principales. Tout d'abord, il y aura une réunion sur le Dialogue entre les civilisations, convoquée par l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) sur l'initiative du Président Khatami de l'Iran, en application d'une résolution adoptée l'an dernier par l'Assemblée générale sur ce thème du dialogue entre les civilisations. Y participeront un certain nombre de chefs d'État ou de gouvernement.

Il y aura également la conférence annuelle des organisations non gouvernementales, du Département de l'information, avec un certain nombre d'orateurs. Je suis sûre que le Service de presse vous donnera plus de détails sur les participants et les orateurs. Je citerai, par exemple, le Président algérien Bouteflika, qui prendra la parole à cette manifestation.

Il y a encore d'autres manifestations qui ne sont pas organisées par l'ONU mais qui se tiendront partiellement ou entièrement à l'ONU, comme la réunion des présidents des parlements nationaux. Encore une fois, je crois que c'est une première historique ; je ne crois pas qu'il y ait jamais eu de réunion de ce genre. Elle est organisée par l'Union interparlementaire (UIP). En marge de cette réunion se tiendra une réunion des femmes présidents d'assemblée, qui sont au nombre de 24. Je suis sûre qu'il y a quelques années, nous n'aurions pas pu donner un chiffre aussi important - tout est relatif : il pourrait aussi être plus important maintenant.

Et il y aura également le sommet des dignitaires religieux et spirituels organisé par un groupe indépendant de personnes actives au sein de la communauté interconfessionnelle des organisations non gouvernementales, à laquelle participeront plus de 1000 dignitaires spirituels du monde entier, représentant 75 religions différentes.

Le Secrétaire général prendra la parole à toutes ces réunions, comme il a été prié de le faire.

Vous pouvez vous imaginer que l'organisation d'un sommet réunissant un si grand nombre de dirigeants représente un enjeu important, non seulement pour ceux qui vont les organiser, mais également pour ceux qui vont en assurer la sécurité. Et ceux d'entre vous qui ont participé aux réunions réunissant un grand nombre de

chefs d'État par le passé savent que cela perturbe la circulation autour du bâtiment de l'ONU. D'avance, je voudrais remercier nos voisins, les New-Yorkais, de leur patience qui sera mise à rude épreuve, j'en suis sûre, durant cette semaine du Sommet. Mais nous tenons néanmoins à les inviter à faire preuve de patience et à les assurer qu'il s'agit d'une bonne cause.

Et c'est dans ce contexte qu'avec l'appui aimable et généreux de Young & Rubicon, nous avons mis en place une campagne visant à expliquer aux New-Yorkais le but du Sommet, les thèmes qui y seront examinés et le rôle que nous comptons y jouer. Je voudrais remercier sincèrement le Président-Directeur général de Young & Rubicon - New York, M. Jim Ferguson, qui est parmi nous ce matin. Nous le remercions chaleureusement. Il pourra répondre à vos questions et vous voyez là les affiches le long du mur. Ces affiches pourront être admirées dans le métro et dans différents arrêts de bus pour expliquer le but du Sommet.

Enfin, je voudrais vous dire que nous avons bénéficié d'une aide de la part de sociétés privées pour pouvoir bénéficier des techniques de pointe. Je remercie NHK qui, avec l'encouragement du Gouvernement japonais, va mettre à notre disposition des télévisions à haute résolution et des grands écrans. Je remercie également la Société Kodak qui va mettre à notre disposition des photographes.

Voilà pour ce qui est de la liste des activités. Je suis prête à répondre à vos questions. Mais avant cela, nous allons projeter le film.

(Projection d'un film)

La Vice-Secrétaire générale (interprétation de l'anglais) : C'était la voix de M. Harry Belafonte.

Le porte-parole (interprétation de l'anglais) : Nous pouvons maintenant passer aux questions.

Question (interprétation de l'anglais) : Je viens de regarder le film et je viens de voir les affiches. Cela semble être un message de misère, vous n'avez pas un message d'espoir à adresser aux New-Yorkais ? Vous parlez de la pauvreté, du réchauffement de la planète...

La Vice-Secrétaire générale (interprétation de l'anglais) : Je pense que les New-Yorkais reconnaîtront avec moi que d'une certaine manière, nous vivons dans une ville d'Amérique du Nord - je suis d'Amérique du Nord, moi aussi - nous vivons dans une prospérité relative. Mais je crois que les New-Yorkais se soucient des personnes moins avantagées et je crois que le but de cette campagne est de montrer que cette rencontre des dirigeants est destinée à faire face à ces problèmes et à susciter un très fort engagement politique pour parvenir à ces objectifs selon les dates indiquées qui sont réalistes mais ambitieuses. Aucun de ces problèmes ne peut être résolu par un coup de baguette magique le 6 septembre de l'an 2000. Mais il sera cependant important que les dirigeants du monde entier se réunissent et disent : «Voilà les priorités et nous sommes décidés à faire tout le nécessaire pour parvenir à ces objectifs». Je crois que ceci vaut autant pour 2000 que pour les dates prévues qui sont indiquées sur ces affiches.

Question (interprétation de l'anglais) : Les États Membres sont-ils prêts à collaborer pleinement à ce programme ?

La Vice-Secrétaire générale (interprétation de l'anglais) : Beaucoup de ces objectifs ont été élaborés par les États Membres eux-mêmes au cours de diverses conférences. Mais, dans bien des cas, ils ont reçu l'approbation de ministres de la santé et de l'éducation. Ce que fera le Sommet, c'est qu'il va rehausser le niveau de l'engagement pour en faire un engagement pris par les dirigeants eux- mêmes. Ce qui changera beaucoup les choses, je crois. Si l'on retourne en arrière de quelques années, j'ai l'impression que nous voyons un niveau de plus en plus élevé de soucis et de préoccupations dans le monde entier face à ces problèmes. Cela s'est produit en raison de la révolution de l'information et du fait que la mondialisation nous a fait comprendre à tous les avantages et les risques qu'elle comporte. Nous parlons beaucoup plus maintenant, je crois, d'efforts réels pour réduire la pauvreté, d'efforts destinés à s'attaquer au désarmement; tout ceci est à l'ordre du jour politique de tous les pays et le Sommet pourra être un apport précieux.

Question : J'aimerais savoir si la table ronde sera ouverte aux médias ? La deuxième patrie de la question : En tant que re-présentant des médias, que pouvons-nous faire pour faire ressor-tir ce qui n'a pas été vraiment dit par les peuples du monde en passant par les chefs d'État et de gouvernement ?

La Vice-Secrétaire générale : tout d'abord, pour ce qui est des débats aux tables rondes, les d'États membres ont décidé que les débats à la table ronde ne seraient pas ouverts au public pour favoriser un entretien très officieux. Il s'agit de permettre aux chefs d'entretenir des discussions officieuses, mais ils ont fait savoir qu'ils feraient rapport à la presse à la fin de chaque table ronde pour donner une idée générale du débat. La plénière sera évidemment traitée entièrement et de façon détaillée.

Deuxièmement, pour ce qui est de faire entendre la voix des populations, le Sommet aura lieu dans deux semaines, c'est le moment pour les médias de commencer à susciter un intérêt à l'égard de l'événement et des questions inscrites à l'ordre du jour, et ils pourront demander au public d'utiliser l'outil mé-diatique pour se faire entendre. Par définition le Sommet est une réunion de chef d'État et de gouvernement, même la limite matérielle de ce bâtiment signifie que vous verrez les chefs de gouvernement en action. Mais il serait très utile, et très sou- haitable je crois, que tous les médias profitent du temps qui nous sépare du sommet, justement pour faire entendre la voix des populations. J'ajouterai que pendant les préparatifs du Sommet, nous, membres du Secrétariat et agissant avec les d'États, avons essayé d'atteindre les populations, par des réunions des Organi-sations non gouvernementales (ONG), des audiences régionales dans les cinq régions du monde et un Forum des ONG, pour que les préoccupations des populations soient exprimées pendant ces pré-paratifs.

Question : Vous avez parlé, au début de cette conférence de presse, d'un changement très spectaculaire des relations dans le monde. Pouvez-vous nous dire, par exemple, en quoi consiste cette différence par rapport au cinquantième anniversaire ? En quoi consiste la différence par rapport à aujourd'hui et je voudrais en savoir plus sur la campagne de publicité. Est-ce que c'est la première fois que vous avez organisé une campagne publicitaire pour les Nations Unies, à combien estimez-vous son coût ?

La Vice-Secrétaire générale : Tout d'abord, je crois que le cinquantième anniversaire était une commémoration. C'était un anniversaire, une célébration, qui n'a pas eu d'autres raisons. C'était ainsi pour le cinquantième anniversaire. Ce Sommet est donc différent en soi parce que ses origines sont différentes. Deuxièmement, nous savons tous combien les choses ont changé depuis le rapport du Secrétaire général en 1997, lorsqu'il a proposé de tenir ce Sommet d'aujourd'hui. Le rythme des changements technologiques est stupéfiant. Du côté des technologies d'informations, l'avènement de l'Internet représente un instrument capital dont l'influence ne se limite pas uniquement a monde des affaires, mais qui pourrait avoir une influence sur la santé, sur l'éducation, une influence sur tous les aspects de notre activité. C'est une transformation rapide du monde. L'un des risques, très franchement, est de constater que cette partie du monde sera bien placée pour tirer tous les avantages, et que les autres pays moins avantagés qui seront à la traîne et le fossé se creusera davantage. Il y a là une préoccupation beaucoup plus vive, alors que nous voyons comment le monde évolue. C'est là qu'il y a une réelle différence, et je pense que la mondialisation constitue le contexte au sein duquel se réuniront tous les dirigeants.

Quant au coût de la campagne publicitaire, je me tournerai vers le Département de l'information, mais Young Rubicam travaille à titre gracieux, donc je ne sais pas s'il y a eu un coût marginal, mais c'est un travail gracieux que nous saluons ce matin.

Question : Ce sont des questions tout à fait concrètes, mais parmi les questions qui ne sont pas soulevées, se sont des questions indispensables, du moins pour l'Amérique du Nord pour comprendre où se tient le Sommet, pour permettre de comprendre ce que le public pense des Nations Unies. Par exemple, la non prolifération, le maintien de la paix. Je peux citer une douzaine d'autres questions. Comment allez-vous, pendant et autour du Sommet traiter des questions aussi controversées, quant à la pertinence des Nations Unies, la sécurité du monde et le changement stratégique ?

La Vice-Secrétaire générale : Je pense que la campagne a dû faire quelques choix. Il y a eu certains messages qui peuvent être transmis en termes simples à travers ce genre de publicité et par conséquent, il y a d'autres questions qui ne seront pas traitées pendant la campagne, mais qui seront au centre même des débats du Sommet. Si vous étiez présent au moment de la publication du rapport sur les opérations de maintien de la paix hier, vous aurez remarqué que le Secrétaire général a approuvé les recommandations du groupe. Ils sont à une vaste portée.

Nous pensons qu'il y aura beaucoup de débats à ce propos parmi les dirigeants et nous verrons ce qu'il en ressortira dans leur décision officielle. Vous devez donc vous adresser au Président du Conseil et au Président de l'Assemblée générale pour réunir de plus amples renseignements quant à la façon dont ils conçoivent les conclusions auxquelles ils souhaiteraient parvenir.

Question : serait-il très difficile de faire passer cela comme au moment du cinquantième anniversaire ? Tant de choses se sont passées depuis, Rwanda, les questions relatives au règlement des conflits.

La Vice-Secrétaire générale : Pour ce qui est du maintien de la paix, nous avons certainement connu une période où le nombre de casques bleu avait diminué, et il y avait moins de missions. Mais depuis dix-huit mois, nous avons constaté l'augmentation frappante du nombre de missions. Kosovo, Timor Oriental, Sierra Leone, nous débattons de la République démocratique du Congo, il se peut qu'il y ait une mission en Éthiopie et en Érythrée. Pour imparfaite que soit l'Organisation des Nations Unies en tant qu'instrument, elles sont quand même le meilleur le plus approprié. Ce que disait le rapport d'hier, il est indispensable de mettre plus de force dans cet instrument, de mieux nous équiper. J'ai le sentiment que l'ambiance permettra de bien faire passer ce message. Il y a un consensus total pour penser que c'est aux Nations Unies qu'il faut s'adresser pour le Timor Oriental et le Sierra Leone. La conclusion logique qui s'est suit, c'est qu'il faut renforcer les Nations Unies pour qu'elles s'acquittent mieux de ces missions, tout au moins en théorie.

Question : certaines points concernant le nombre d'États et de gouvernements: quel était le plus grand nombre par le passé ? Est-ce que le Président Putin et le Président Jiang Zemin ont fait savoir leur intention de participer à ce Sommet ?

La Vice-Secrétaire générale : Je pense que le nombre le plus élevé historiquement a été marqué pendant le cinquantième anniversaire, 128. Est-il exact. En fait, 91 chefs d'État, 8 Vice-présidents, un prince héréditaire, cela fait penser à Noël, n'est-ce pas ? 37 Premier Ministres, cela vous donne une idée. Je pense que ceux qui se trouvent dans cette catégorie. On m'a affirmé le chiffre 128, ce matin. Quel que soit le chiffre exact, nous dépasserons le chiffre du cinquantième anniversaire. Mais, il pourrait y avoir des changements de dernière minute. Il pourrait se produire dans un pays qui obligerait qui empêcherait le chef de l'État de participer au Sommet.

Quant à la participation individuelle des dirigeants, je préfère ne pas me prononcer, puisque je n'ai pas la liste sous les yeux. Quant à la participation du Président de la Fédération de Russie et du Président de la Chine, je vous suggère de demander aux deux missions pour avoir des confirmations.

Question (parle en anglais) : Vous avez évoqué le sommet des chefs religieux. Ont-ils demandé à participer au Sommet et y a-t-il eu refus ? Où en sommes-nous ?

La Vice-Secrétaire générale (parle en anglais) : L'Assemblée générale a décidé de prévoir des créneaux pour le Président du forum des organisations non gouvernementales et les présidents des parlements nationaux. Je n'étais pas là quand on a parlé des autres intéressés possibles. Il faudrait que vous demandiez au Président de l'Assemblée générale mais la décision a été prise quant aux personnes qui pourront prendre la parole au Sommet. Je crois qu'il s'agit uniquement du Président du forum des organisations non gouvernementales et des présidents des parlements nationaux.

Le porte-parole (parle en anglais) : Nous avons 10 personnes qui veulent poser des questions et il nous reste huit minutes. Il va nous falloir aller un peu plus vite.

La Vice-Secrétaire générale (parle en anglais) : Très bien.

Question (parle en anglais) : Pourriez-vous nous donner un aperçu des questions qui seront examinées aux tables rondes ?

La Vice-Secrétaire générale (parle en anglais) : Les tables rondes ne seront pas organisées autour de thèmes précis. Le document de base est le rapport du Secrétaire général. Il a proposé certaines priorités et on s'attend à ce que les tables rondes utilisent ce rapport comme un point de départ.

Ceci dit, les tables rondes ont nommé leurs présidents, et ceux-ci les ont vraiment prises en charge. Les quatre pays concernés - le Venezuela, la Pologne, Singapour et l'Algérie - étudient la façon dont ils organiseront leur table ronde et travaillent aux questions qu'ils poseront aux participants. Je ne pense pas que les différentes tables rondes aborderont exactement les mêmes questions. Elles seront influencées jusqu'à un certain point par le choix de leurs présidents respectifs quant aux sujets et aux questions. Donc, pour le moment, nous ne pouvons pas dire exactement de quoi il sera débat-tu à ces tables rondes. Mais d'une manière générale, je pense qu'elles traiteront des défis de la mondialisation, de la capacité des Nations Unies de maintenir la paix et la sécurité. Mais dans ce cadre très large, les présidents sont très actifs et qu'ils orienteront les discussions. Si vous voulez en savoir plus, adressez-vous aux missions de ces quatre pays et demandez-leur comment elles pensent que leur Président souhaiterait orienter les débats de leur table ronde.

Question (parle en anglais) : Une question se pose constamment : comment une réunion de trois jours, avec des chefs d'État et de gouvernement qui prononceront chacun un discours préparé de cinq minutes et qui se réuniront pendant très peu de temps pour s'entretenir en petits groupes, pourrait-elle aboutir aux résul-tats importants que souhaitent les Nations Unies, à savoir un nouvel ordre du jour pour le XXIe siècle ? Pourriez-vous répondre à cela ?

Je voudrais également savoir combien cela coûtera.

La Vice-Secrétaire générale (parle en anglais) : S'ils arrivaient à froid et si rien n'avait été fait au préalable, vous seriez en droit de vous interroger sur ce qui pourra être réalisé en trois jours. Mais ils n'arrivent pas à froid. Les préparatifs du Sommet remontent à deux ans. Comme je l'ai dit, ces préparatifs ont inclus des débats à l'Assemblée générale avant la préparation du rapport du Secrétaire général mais aussi de nombreuses réunions officieuses au cours desquelles les États Membres ont commencé à nous dire à quoi pensaient leurs dirigeants. Nous avons eu également des auditions officieuses dans différentes régions, auxquelles la société civile a participé. Tout cela a permis de dégager les priorités. Le Secrétaire général les a formulées dans son rapport. Depuis lors, les États Membres ont travaillé, comme je l'ai dit, à l'élaboration d'un document final. Il y a donc eu énormément de préparatifs qui seront, en quelque sorte, consacrés par les chefs d'État.

Je profite du fait que vous avez évoqué les discours préparés à l'avance qui seront prononcés en plénière pour vous dire que j'ai eu l'occasion de siéger à la tribune à plusieurs reprises et d'écouter ces discours, et j'en ai conclu que l'on peut bien appréhender les préoccupations des pays si l'on prête attention aux questions que choisissent d'évoquer les dirigeants. Dans leur discours de cinq minutes, je crois que vous aurez une perception plus vive encore de leurs préoccupations parce qu'ils devront choisir ce dont ils veulent parler pendant ces cinq minutes. Si vous cherchez des priorités, un ordre du jour pour l'avenir, je crois que ceci, combiné aux débats en table ronde, qui sont une nouveauté, permettra de dégager de ces trois jours des orientations. C'est ce que devrait faire le Sommet : donner une orientation à l'Organisation, dont celle-ci s'inspirera pour la conduite de ses travaux. Il faudrait mettre en place un mécanisme de suivi pour que cette orientation donnée par les dirigeants des pays se traduise par des mesures concrètes, des initiatives, des ajustements dans les travaux de l'Organisation.

Le Porte-parole (parle en anglais) : Sept questions et moins de deux minutes.

Question (parle en anglais) : Et le coût ?

La Vice-Secrétaire générale (parle en anglais) : En ce qui concerne le coût, Fred vous répondra.

Question (parle en anglais) : Vous avez tenu à nous parler de l'importance du rôle joué par les entreprises partenaires dans les activités du Sommet du millénaire. Le Secrétaire général a évoqué cette question dans son rapport. Pourriez-vous nous en dire plus sur l'importance de ces partenariats pour l'avenir des Nations Unies ? Comment ces arrangements permettront-ils aux médias de circuler et d'agir ?

La Vice-Secrétaire générale (parle en anglais) : Vous obtiendrez des informations détaillées quant à ce qui a été prévu pour les médias. Je ne ferai donc que répondre à votre première question.

Je répondrai d'une manière générale parce que l'on pourrait passer beaucoup de temps à parler des changements que connaissent actuellement les Nations Unies. Ce nouveau partenariat qui se dégage actuellement avec le secteur privé prend des formes très variées, comme le Pacte mondial, par le biais duquel des entreprises se sont engagées à respecter les principes et les valeurs énoncés dans un certain nombre d'instruments juridiques des Nations Unies en ce qui concerne le travail des enfants ou l'environnement. Mais cela se manifeste aussi en termes très pratiques comme le travail offert gracieusement par Young & Rubicam dans le cadre du Sommet. Nous recevons de plus en plus d'offres d'entreprises du secteur privé qui souhaitent travailler avec nous et avec les diverses institutions des Nations Unies de manière très concrète pour parvenir à certains de ces objectifs.

Pourquoi ? Parce que je pense que le monde des affaires re-connaît maintenant qu'en cette ère de mondialisation, on ne peut plus ne songer qu'à soi. Il faut se préoccuper de l'environnement dans lequel vous évoluez, et si cet environnement est en plein chaos et génère pauvreté et instabilité, alors vos affaires iront mal. Il est de plus en plus reconnu qu'il y a une responsabilité à partager. Le Pacte mondial, qui est l'initiative du Secrétaire général, a trouvé un écho extraordinaire.

Le Porte-parole (interprétation de l'anglais) : La conférence de presse dure depuis 45 minutes. Voulez-vous entendre encore quelques questions?

La Vice-Secrétaire générale (interprétation de l'anglais) : Bien sûr.

Question : Pourrait-on avoir une liste des participants à chacune des tables rondes? D'autre part, le rapport du Secrétaire général évoque un bon nombre de questions, y en a-t-il par exemple cinq ou six qui seront vraiment mises en relief? Troisièmement, le contexte dont on nous parle n'affecte pas vraiment les médias, est-ce que les interventions des chefs d'État seront télévisées? Est-ce qu'elles seront aussi sur Internet en temps réel? Sinon, est-ce qu'il y aura des exemplaires sur papier? Je ne veux pas entrer dans ces détails ici, mais j'ai acquis une certaine expérience à l'occasion de la cinquante-cinquième session, et à moins de couvrir un seul pays, c'est très difficile. CNN, Reuters, AP et AFP ont beaucoup de difficultés.

La Vice-Secrétaire générale (interprétation de l'anglais) : Je ne crois pas qu'Internet pouvait être utilisé il y a cinq ans, n'est-ce pas?

Question (interprétation de l'anglais) : Non, mais...

La Vice-Secrétaire générale (interprétation de l'anglais) : C'est un exemple des changements survenus.

Question (interprétation de l'anglais) : Lors de la conférence sur les femmes, les textes ont été placés sur Internet avec deux ou cinq heures de retard, parfois deux jours plus tard. Lorsque l'on parle de placer des choses sur Internet, cela ne sera pas utile si ce n'est pas fait en temps réel.

La Vice-Secrétaire générale (interprétation de l'anglais) : Si vous le permettez, je laisserai les représentants de l'information répondre, et vous serez renseignés très amplement.

Comme je le disais, la mondialisation représente le contexte général. Je crois que tout le monde y pense, avec les défis que la mondialisation entraîne. Il y également une préoccupation grandissante quant à la lutte contre la pauvreté, et la question du VIH/sida sera également très importante pour beaucoup de personnes. C'est un tel défi pour un très grand nombre de pays pauvres. La capacité des Nations Unies d'arriver à des résultats en matière de maintien de la paix et de missions de paix occupera également une place importante.

Question (interprétation de l'anglais) : Je crois que tout cela concerne l'audience de New York; pouvez-vous nous dire exactement ce que les New-yorkais devront subir pendant ce Sommet? Pouvez-vous nous parler aussi des dispositions prises en matière de sécurité pour protéger 150 chefs d'État?

La Vice-Secrétaire générale (interprétation de l'anglais) : Pour ce qui est de la sécurité à l'intérieur des bâtiments, ce sera notre responsabilité, mais à l'extérieur ce sera la responsabilité de la ville de New York, et celle du pays hôte. J'espère que vous recevrez les renseignements nécessaires pour pouvoir parler de tout cela, mais ce sera à la Mission des États-Unis et à la police de New York de vous fournir les détails voulus. Mais vous avez déjà connu cela; vous avez vu la Première Avenue être fermée pendant des périodes assez longues, et tout ce genre de chose. Adressez-vous aux autorités des États-Unis pour avoir des détails à ce sujet.

Question (interprétation de l'anglais) : En ce qui concerne l'incapacité des Nations Unies de livrer la marchandise, nous avons eu beaucoup de réunions de ce genre, et l'attitude à l'égard des pays du tiers monde ne change pas.

La Vice-Secrétaire générale (interprétation de l'anglais) : Il suffit de savoir si vous croyez qu'il peut y avoir des changements ou pas. Je suis de ceux qui estiment que quand on fait un tour d'horizon, les questions de pauvreté, d'analphabétisme, de santé ont connu des améliorations vraiment importantes. Ce n'est pas par hasard; ces changements sont survenus parce des efforts ont été faits systématiquement par les autorités nationales et locales pour s'attaquer à ces problèmes, et qu'il y a eu des efforts systématiques organisés de la part de la communauté internationale. Le taux d'alphabétisation est très supérieur à ce qu'il était il y a 30 ans par exemple. Si nous en sommes arrivés là, nous pouvons certainement continuer à avancer avec un engagement semblable.

Il est facile d'être cynique au sujet de ces rencontres et de dire qu'elles n'aboutissent à rien. Mais si vous vous reportez dans le passé, vous vous rendrez compte que ces réunions qui ne sont pas toujours réussies, mais qu'elles suscitent quand même souvent des changements réels en concentrant l'énergie politique et en faisant naître une volonté politique. Vous aurez beaucoup plus de chance d'avancer si vous vous fixez des objectifs. Voilà pourquoi les objectifs nous paraissent importants. En fin de compte, même si vous ne les atteignez pas, il vaut mieux avoir des objectifs, savoir vers quoi vous tendez.

Question (interprétation de l'anglais) : En ce qui concerne le document final, quelle sera son importance? Sera-t-il mis en oeuvre?

La Vice-Secrétaire générale (interprétation de l'anglais) : Comme je l'ai dit, le document final relève de la responsabilité des États Membres. C'est une question à adresser au Président de l'Assemblée générale. Mais le document adopté par les dirigeants deviendra un plan pour l'ONU dans les années à venir. Voilà le but de cette réunion; voilà pourquoi on travaille à élaborer un document qui ensuite deviendra un document de référence durant des années. Ce document aura une incidence sur le travail de l'ONU dans les années à venir.

Question (interprétation de l'anglais) : Quelle sera la charge additionnelle imposée au Secrétariat? Le Secrétariat prépare depuis longtemps la séance plénière et les tables rondes. Mais voilà qu'il y a un sommet du Conseil de sécurité, un sommet des 5 P, un déjeuner du Conseil économique et social, etc. Y a-t-il suffisamment d'interprètes et de personnel de soutien pour tout cela sans épuiser le budget encore davantage?

La Vice-Secrétaire générale (interprétation de l'anglais) : Votre question me permet de rendre hommage à mes collègues. Je me suis toujours demandé comment nous allions organiser tout cela. Comme vous l'avez dit, il n'y a pas seulement le Sommet, mais beaucoup d'autres manifestations parallèles. Je me suis rendu compte que nous sommes entourés de professionnels. Ils savent ce qu'ils font. Miles Stoby est en fait le chef d'orchestre qui rencontre les fonctionnaires du Secrétariat depuis des mois, qui tous savent ce qu'ils doivent faire. Pendant quelques jours nous allons emprunter du personnel à gauche et à droite pour venir à bout de ces tâches.

Question (interprétation de l'anglais) : En quoi consisteront ces emprunts? Pouvez-vous les chiffrer?

La Vice-Secrétaire générale (interprétation de l'anglais) : C'est un peu difficile. Pour le Sommet, je ne sais pas. Miles, combien de personnes allons-nous emprunter? C'est très difficile à dire. Il ne s'agit que de quelques jours; ce sera en fait un événement marquant. C'est là une priorité. Durant ces préparatifs, nous continuons également de faire notre travail habituel. Nous préparons le Sommet mais nous préparons également l'ouverture de l'Assemblée générale. En fait, j'ai eu une réunion de coordination hier et j'ai avoué à tout le monde que je n'avais pas connu de nuits blanches.

Question (interprétation de l'anglais) : En mai dernier, il y a eu un Sommet à La Havane réunissant quelque 130 chefs d'État du Groupe des 77. Le Secrétaire général, M. Kofi Annan, a participé à la cérémonie d'ouverture de ce Sommet. Ils ont adopté une résolution et un plan d'action. Cette résolution et ce plan d'action évoquent semble-t-il la mondialisation néo-libérale. On ne s'oppose pas à la mondialisation, mais plutôt à la politique néo-libérale imposée par le Fonds monétaire et par la Banque mondiale. L'ONU est - comme tout le monde le sait - en faillite, et des pays très puissants ont refusé de payer leurs contributions.

La Vice-Secrétaire générale (interprétation de l'anglais) : Je crois qu'il y a beaucoup, beaucoup de questions en une seule, ici, et je ne sais pas si je peux vraiment y répondre. Pour commencer, ce qui orientera le travail futur de l'ONU dépendra des accords auxquels auront pu parvenir les dirigeants. Je suis sûre que la réunion de La Havane aura eu une incidence sur les réflexions des pays en développement qui ont participé à ce sommet. Mais en dernière analyse, ce qui importera pour l'ONU et ce qui nous guidera, nous, ce seront les déclarations que les dirigeants auront faites ici. L'une des questions fondamentales est de savoir non seulement si la communauté internationale est d'accord sur les objectifs à poursuivre, mais également si elle veut une ONU suffisamment forte et suffisamment armée pour jouer le rôle souhaité. Cela implique bien sûr, qu'on lui garantisse les ressources humaines et financières nécessaires. Le rapport publié hier sur les opérations de maintien de la paix l'indique clairement. Et cela vaut également pour les autres activités de l'ONU. Nous espérons que les dirigeants réaffirmeront leur foi dans l'ONU et leur soutien, leur volonté de l'appuyer pour qu'elle puisse exécuter le mandat qui lui est confié.

Le porte-parole (interprétation de l'anglais) : Je vous remercie.

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