SG/SM/6255

TRANSCRIPTION DE LA CONFERENCE DE PRESSE DU SECRETAIRE GENERAL M. KOFI ANNAN, TENUE AU SIEGE LE 12 JUIN 1997

12 juin 1997


Communiqué de Presse
SG/SM/6255


TRANSCRIPTION DE LA CONFERENCE DE PRESSE DU SECRETAIRE GENERAL M. KOFI ANNAN, TENUE AU SIEGE LE 12 JUIN 1997

19970612

Le Secrétaire général (interprétation de l'anglais) : Bonjour, mesdames et messieurs. Un certain temps s'est écoulé depuis notre dernière rencontre et j'ai pensé qu'il ne serait pas inutile que nous nous rencontrions pour que je puisse vous faire part de certains entretiens que j'ai eus à l'OUA sur les événements dans la région des Grands lacs et en Sierra Leone. Les discussions à l'OUA étaient particulièrement intéressantes. Nous avons non seulement traité des crises en Afrique, mais aussi - et de façon intensive - des droits de l'homme, de la démocratisation et des questions économiques. Il y a eu un bref sommet au cours duquel le Secrétaire exécutif de la CEA a informé les Chefs d'Etat sur les questions économiques et leur a indiqué ce que, d'après lui, les Gouvernements africains devraient faire pour engager leurs pays sur la voie du développement économique et social. Il y a eu beaucoup de bienveillance à l'endroit du travail à accomplir en République démocratique du Congo pour aider le Président Kabila et son équipe à reconstruire le pays, à mettre en place l'infrastructure et en fin de compte, organiser des élections en temps voulu. Mais le fait le plus remarquable a été la réaction des Chefs d'Etat face au coup d'Etat en Sierra Leone.

Ils ont d'une seule voix condamné le coup d'état et ont encouragé les gouvernements de la région à tout faire pour rétablir le Gouvernement légitime. Ceci est remarquable car, il y a une année à peine, un coup d'état s'est produit en Gambie et aucune réaction n'a été observée. Alors que cette fois-ci les dirigeants semblent déterminés à décourager les coups d'état en Afrique. En fait, j'avais fait une déclaration à Harare portant sur les questions des droits de l'homme, de la démocratisation, et de la primauté du droit. J'espère que Fred pourra mettre des exemplaires à votre disposition.

Mais, je pense que je suis ici pour répondre à vos questions, pas pour faire une déclaration. Donc je vais m'arrêter et répondre à vos questions.

Question : Au nom de l'UNCA, c'est comme toujours un plaisir de vous voir, et nous vous souhaitons la bienvenue. Sans vouloir éclipser ce que vous avez accompli en Afrique, mais de toute évidence l'une des crises survenant régulièrement concerne la contribution des Etats-Unis au budget de l'Organisation des Nations Unies. Et il semble au moins que le sénateur Lugar a énoncé d'une voix forte et raisonnable la position juridique internationale. Et je me demandais si vous allez, en tant que Secrétaire général et donc d'une certaine façon gardien de la Charte, appuyer publiquement et vigoureusement sa position par rapport à la transaction que la Maison-Blanche et le Congrès semblent avoir concocté sans se préoccuper des sentiments de l'Organisation des Nations Unies.

Le Secrétaire général (interprétation de l'anglais) : Non. La déclaration du sénateur Lugar m'a beaucoup réjoui et, comme je vous l'ai annoncé précédemment, le Président lui-même est convaincu que l'Organisation des Nations Unies est essentielle pour les Etats-Unis, tout autant que nous

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avons besoin d'une participation active des Etats-Unis dans cette Organisation. Il pense également que si les Etats-Unis doivent tenir un rôle effectif dans cette Organisation, ils doivent payer leur contribution. Donc je suis certain que le Président se réjouit également de la position adoptée par le sénateur Lugar.

Vendredi dernier j'étais à Washington et j'en ai discuté de cela avec le Département d'Etat, notamment avec Mme Albright. Nous avons été informés des négociations très difficiles et délicates se déroulant entre l'administration et le Congrès. De fait, ils ont estimé qu'il s'agissait du meilleur accord possible compte tenu des circonstances et ils l'ont considéré comme une percée importante et s'en sont réjouis.

De toute évidence, en tant que Secrétaire général des Nations Unies, tout comme les autres Etats Membres, nous aurions été plus heureux si la totalité de ce que nous estimons être dû à l'Organisation était payée et si l'ardoise avait été complètement effacée et si nous n'étions pas aux prises avec des critères. Mais l'administration qui négocie actuellement l'accord déclare que, compte tenu des circonstances, cet accord paraît être le meilleur. Mais évidemment, le processus continue; il n'est pas terminé; c'est un processus long. Je ne sais pas ce qu'il en sortira. Mais s'agissant des positions et des principes, je suis absolument du même avis que le sénateur Lugar.

Question (interprétation de l'anglais) : Au cours des deux dernières années, on a noté une méfiance ouverte et croissante des délégations de la Cinquième Commission à l'encontre de M. Halliday et de M. Connor. De même, sur le plan interne, le système d'évaluation des performances que l'administration a mis en place ne fonctionne pas et il existe presque une rébellion ouverte parmi les cadres supérieurs. Etant donné cette situation, êtes-vous certain de disposer du pouvoir de gestion nécessaire pour appliquer les réformes dont vous décideriez?

Le Secrétaire général (interprétation de l'anglais) : Permettez-moi de dire que M. Halliday et M. Connor accomplissent un travail très difficile dans des circonstances très difficiles. Je souhaite parfois que nos collègues de la Cinquième Commission manifestent un peu plus de compréhension et de sympathie pour le travail difficile qu'accomplissent les administrateurs dans cette Organisation. Je sais qu'il existe des problèmes, et j'ai reçu des plaintes au sujet du système d'évaluation. Mais l'une des points à l'étude est de revoir l'ensemble de la question du personnel, ainsi que notre approche personnelle. En fait, la question est en cours de discussion. J'en ai discuté avec M. Connor et avec M. Corell et nous espérons également réviser nos propres règles ainsi que d'autres choses. Au final, nous disposerons d'un système un peu plus simple et un peu plus ouvert et qui fonctionnera correctement.

Manifestement, nous ne pouvons pas le faire en un jour et cela prendra du temps.

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Votre question me permet de souligner le fait que nous considérons la réforme comme un processus permanent. Le changement et la réforme doivent être gérés et nous devons nous garder de ne pas surcharger le système en imposant trop sujets au personnel, trop de changements en matière de gestion et tout à la fois. Cela peut mener à une trop lourde charge. Donc nous devons gérer le processus, mais s'agissant de cette question relatif au personnel nous l'examinons dans sa totalité.

Question (interprétation de l'anglais) : A la réunion du G-7 ou du G-8 la semaine prochaine, l'Afrique est l'un des points inscrits à l'ordre du jour, avec un accent sur la manière d'y faciliter le commerce et le développement. Quel conseil pourriez-vous donner aux pays en ce qui concerne soit une approche générale soit des mesures spécifiques qu'ils pourraient prendre pour faciliter le commerce?.

Le Secrétaire général (interprétation de l'anglais) : En fait, j'allais dire quelque chose mais je ne suis pas certain que nous l'avons déjà fait. Nous avons envisagé une contribution, une lettre que nous allons envoyer au G- 8, comme on l'appelle maintenant, en indiquant les domaines dont je pensais qu'ils souhaiteraient examiner; de même, avec le développement économique de l'Afrique, la question de la lourde dette et toute assistance qu'ils pourraient apporter pour son allégement en contribuant ainsi à son développement économique et social. Je veillerai à ce que, lorsque la lettre sera envoyée, on vous en fasse parvenir un exemplaire. Mais nous avons publié tout un ensemble d'indications et nous avons également un peu évoqué la réforme de l'ONU.

Question (interprétation de l'anglais) : Vous êtes l'un des premiers Secrétaires généraux à reconnaître, effectivement, et à accepter ce que Washington est en train de faire : changer, il nous semble, les relations entre l'ONU et les Etats-Unis; les auditeurs du General Accounting Office examinant les comptes de l'Organisation. Il y a de nombreux changements profonds dans la manière dont le travail se déroule : la question d'une armée permanente, le personnel, des choses comme ça. Vous dites que c'est un travail en cours, mais il y a un vote aujourd'hui à Washington. Est-ce que tout cela?

Le Secrétaire général (interprétation de l'anglais) : Rien n'a été accepté. Tout d'abord, ce sont des questions qui font l'objet de discussions entre l'Administration et le Congrès. Rien nous a été communiqué officiellement. Nous savons que les discussions se poursuivent. Est-ce que cela deviendra une loi? Et si cela devient une loi quelle sera l'attitude des Etats Membres? Je crois que nous sommes tous dans ce bâtiment et nous avons une bonne idée des réactions des Etats Membres. Je crois que certains commentaires ont été faits hier et aujourd'hui dans le New York Times.

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L'on peut discuter de ces questions au Congrès; ce qui ne veut pas dire que cela sera la loi au sein de l'ONU et que les Etats Membres vont l'accepter. J'ai le sentiment que sur beaucoup de points les Etats-Unis devront négocier avec les Etats Membres. Ce sera un grand défi pour la diplomatie des Etats-Unis et je crois que l'Administration s'en rend compte. Je ne crois pas que quelqu'un s'attend à ce que le Congrès puisse prendre des décisions pour les imposer unilatéralement aux autres 184 Etats Membres.

Question (interprétation de l'anglais) : Cette année, l'ONU est intervenue activement dans deux crises. L'une est l'Afghanistan où seulement des déclarations ont été faites concernant la formation, mais rien de concret n'a été fait pour le désengagement des parties et pour reconnaître la bonne partie ou, comme vous le savez, la partie qui contrôle la capitale, alors qu'à l'ONU siègent les ambassadeurs représentant un Gouvernement qui ne se trouve même pas en Afghanistan. Est-ce que vous pensez donc que M. Holl réussira dans sa mission en Afghanistan?

Le deuxième centre d'intérêt est le Cachemire, où des observateurs de l'ONU sont postés le long de la ligne de contrôle, mais peu a été fait par l'ONU.

Le Secrétaire général (interprétation de l'anglais) : Je commencerai par l'Afghanistan et je dirai que M. Holl travaille très dur et il a oeuvré inlassablement depuis très longtemps pour rapprocher les parties. Je pense que vous savez aussi bien que moi, ou vous pourrez reconnaître, que là où les parties ne souhaitent pas coopérer et sont résolues à rechercher des solutions sur le champ de batailles, il est difficile pour M. Holl ou quiconque de faire quoi que se soit.

Nous avons essayé de travailler avec les Gouvernements de la région et nous avons été en contact avec d'autres parties afghanes. Nous pensons qu'il n'y a pas de solution militaire à la situation en Afghanistan. Même si une partie devait occuper la totalité du pays, cela ne veut pas dire que la querelle est terminée. Il y a d'autres éléments minoritaires au sein de la société qui continueront de résister à l'intérieur et de l'extérieur, et c'est pourquoi nous cherchons à persuader les parties à accepter un Gouvernement à large base et le partage du pouvoir, pour rétablir la paix en Afghanistan.

Malheureusement, les parties n'ont pas coopéré avec nous et j'espère que nous trouverons le moyen de les amener à coopérer. Ce m'est pas un problème seulement pour Holl, c'est un problème pour les parties, et je crois qu'il faut qu'elles soient disposées à rechercher une paix acceptable et viable.

En ce qui concerne le Cachemire, je pense qu'effectivement, il y a des résolutions des Nations Unies et nous avons des observateurs sur place; mais je crois que ce qui est important, ce sont les pourparlers entre le Pakistan

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et l'Inde. Il y a beaucoup d'événements dans la région. J'ai été en Inde, au mois de mars, pour la conférence des pays non alignés et j'ai parlé aux ministres des affaires étrangères : le ministre d'alors Gujral et le nouveau ministre des affaires étrangères du Pakistan. Gujral est devenu Premier ministre et poursuit ces efforts et une politique de bon voisinage. Je crois que cela a donné lieu à des résultats : le partage des eaux du Gange, l'accord avec le Népal, le règlement du problème militaire frontalier avec la Chine, et ses efforts déterminés à avoir de meilleures relations avec le Pakistan.

Il y a les résolutions et les positions des Nations Unies, mais elles ne se concrétisent pas automatiquement. Il importe que les deux parties poursuivent leurs discussions, et si cela continue, j'espère vivement que des progrès seront faits, que les relations s'amélioreront et qu'en fin de compte, le problème du Cachemire sera réglé. Au moins, le calme règnerait dans le sous-continent et ceci permettra aux peuples, je l'espère, d'employer les ressources utilisées à des fins militaires pour le développement économique et social.

Question (interprétation de l'anglais) : Etant donné que les négociations entre les dirigeants d'Afrique de l'Ouest et les auteurs du coup d'Etat en Sierra Leone ne semblent conduire nulle part, allez-vous appuyer l'idée du recours à la force, peut-être comme ultime option, pour faire partir les auteurs du coup d'Etat? Etes-vous aussi préoccupé quant à l'effet sur le processus de paix au Libéria?

Le Secrétaire général (interprétation de l'anglais) : Je pense que ma position à cet égard est très claire et j'ai lancé très tôt un appel aux auteurs du coup d'Etat pour revoir leur position, notamment vu que la population ne les accepte pas, les pays voisins n'en veulent pas, la région ne les accueille pas favorablement, ni la communauté internationale. Donc pour eux, persister dans cette entreprise sera très difficile aussi bien pour eux que pour la population. Je pense donc que grâce aux négociations et à la présence militaire sur le terrain, ils renonceront au pouvoir et le restitueront au gouvernement légitime. Naturellement, si tous les efforts échouent et vu la situation de la région et les forces sur place, il sera peut-être nécessaire en dernier ressort d'avoir recours à la force, vu ce qui se passe sur le terrain.

Question (interprétation de l'anglais) : Lors d'observations récentes, vous aviez dit que vous pourriez envisager le recours à des organisations de mercenaires tout à fait respectables pour apporter une aide à diverses opérations de maintien de la paix. Par exemple, un groupe de mercenaires a récemment apporté une aide en matière de sécurité autour de Kinshasa. Pourriez-vous préciser votre pensée : quand, comment et si des mercenaires pourraient être utilisés par l'ONU?

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Le Secrétaire général (interprétation de l'anglais) : Tout d'abord, je ne sais pas comment on peut faire une distinction entre des mercenaires respectables et d'autres qui le ne seraient pas.

Deuxièmement pour autant que je sache, je n'ai pas laissé entendre récemment que j'accepterais le recours à des mercenaires dans de telles situations. Ce qui s'est produit, il y a deux ans, lorsque nous essayions de voir ce qui pourrait être fait afin d'éloigner les éléments armés des réfugiés le long de la frontière entre le Rwanda et le Zaïre et qu'aucun gouvernement ne souhaitait proposer des contingents, une option envisagée a été la possibilité d'avoir recours à d'autres éléments, pas forcément des contingents des gouvernements, pouvant assurer la sécurité et aider et protéger le personnel du HCR. Cette position a été abandonnée, il y a deux ans. Je n'ai pas eu récemment d'autre discussion de ce genre.

Question (interprétation de l'anglais) : La situation en Haïti se dégrade, avec des crimes politiques et des pressions contre Préval. Le bruit court que M. Aristide tente de miner l'autorité du Gouvernement. Quel est la position de l'Organisation des Nations Unies?

Le Secrétaire général (interprétation de l'anglais) : Nous ne pensons pas que quiconque doive saper l'autorité d'un gouvernement légalement élu. De toute évidence, nous vivons dans une atmosphère politique et vous ne pouvez pas empêchez les gens de s'engager activement dans des activités politiques. C'est une chose d'avoir une action politique et une autre de saper l'autorité d'un gouvernement. Donc, si vous impliquez que quelqu'un sape l'autorité du Gouvernement, cela ne peut être soutenu.

Comme vous le savez, l'Organisation des Nations Unies a été très active en Haïti. Nous sommes encore sur le terrain et avons travaillé dur avec le Gouvernement pour tenter de renforcer la police et pour contribuer à ramener la paix et la stabilité dans ce pays. Et nous demandons instamment à toutes les parties concernées de coopérer avec le Président Préval et son Cabinet pour garantir le succès de notre entreprise commune.

Question (interprétation de l'anglais) : S'agissant du Sommet Plus 5, la question la plus importante, à savoir la question du financement, demeure toujours sans solution cinq ans après le (INAUDIBLE). Les niveaux d'aide au développement ont diminué au cours des cinq dernières années. Ceci ne voue-t- il pas le Sommet à l'échec dès le départ?

Le Secrétaire général (interprétation de l'anglais) : Pas nécessairement. Je pense qu'il est important que tant de Chefs d'Etat aient décidé de venir à New York pour réévaluer, cinq années après Rio, ce que nous avons fait et ce que nous n'avons pas fait. Ce Sommet atteste également de la légitimité de l'Organisation des Nations Unies en tant que seul forum pouvant

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offrir ce type de tribune où 80 Chefs d'Etat viennent et discutent d'une question d'une importance cruciale pour nous tous. J'espère que dans ce bilan, nous reconnaîtrons ce qui a été fait et ce qui n'a pas été fait, et ce qu'il est nécessaire de faire pour répondre aux engagements que nous avons souscrits à Rio.

Et je pense que vous entendrez beaucoup parler de cette question financière et de ce que nous avons fait et n'avons pas fait, ainsi que d'autres aspects de l'environnement. Je pense que vous entendrez beaucoup parler de l'eau, des forêts, des changements climatiques. Et il est intéressant de noter que lorsque j'étais au Japon récemment, on m'a soudainement parlé de Rio Plus 10, ce qui était une proposition encourageante, soulignant le fait que l'environnement est si important que nous devrions nous réunir périodiquement, tous les cinq ans, pour faire un bilan, et voir ce que nous avons fait et ce que nous n'avons pas fait, et redoubler d'efforts. Donc, alors que nous sommes en train d'organiser Rio Plus 5, ils veulent que nous nous projetions cinq ans plus tard et que nous préparions Rio Plus 10, ce qui est une suggestion intéressante.

Question (interprétation de l'anglais) : Les pensions alimentaires pour les femmes et les enfants sont deux questions critiques pour des centaines d'ex-épouses de responsables de l'Organisation des Nations Unies. Et un Sénateur américain, ainsi que des membres de l'Organisation des Nations Unies (INAUDIBLE) demandent à l'Organisation de s'engager plus vigoureusement. Avez- vous une réponse?

Le Secrétaire général (interprétation de l'anglais) : Avez-vous entendu la question? Je pense qu'il s'agit des pensions alimentaires, et il s'agirait d'une centaine d'épouses qui - ex-épouses (RIRES) - une centaine d'ex-épouses qui attendent des pensions alimentaires de leurs maris et de ce Sénateur qui s'est intéressé à la question. Je pense que certains d'entre vous savent peut- être que nous disposons d'une ST/AI sur cette question. Il s'agit de la ST/AI 399, qui autorise l'Organisation des Nations Unies, dans les situations où un jugement de droit a été rendu, à retenir des sommes sur les salaires des membres de l'Organisation, et nous l'avons fait dans certaines situations. Et de fait, je pense que la ST/AI et le règlement du personnel de l'Organisation des Nations Unies sont tout à fait rigoureux, et lorsque ces situations discréditent l'Organisation et provoquent de graves difficultés aux femmes et aux enfants, nous pouvons même envisager des renvois. Nous avons donc des dispositions pour traiter cette question.

Question (interprétation de l'anglais) : S'agissant de (INAUDIBLE) la Mission des Nations Unies au Guatemala, le Gouvernement affirme que l'Organisation des Nations a fait silence sur la disparition d'un ex-rebelle, et parallèlement l'Organisation des Nations Unies maintient sa position et affirme qu'il est prouvé que le Gouvernement est impliqué dans la disparition. Etes-vous prêt à fournir cette preuve, ou envisagez-vous de (INAUDIBLE) ?

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Le Secrétaire général (interprétation de l'anglais) : Tout d'abord, je ne suis pas au courant du fait que l'ONU ait dit avoir la preuve de la participation du Gouvernement. Mais ce que nous avons fait a consisté à envoyer une équipe pour mener une enquête - une équipe dirigée par M. Bonio. Elle a présenté son rapport, que je suis en train d'étudier. Il se peut que des erreurs aient été commises, mais pour l'instant, je n'ai pas d'indication claire que mon représentant a caché certains faits. Mais je ne voudrais pas aller plus loin, puisque je viens tout juste de recevoir le rapport et je suis en train de l'étudier. Je ne puis faire de commentaire sur la deuxième question quant à la participation du Gouvernement avant d'avoir pris connaissance de ce rapport et de réunir d'autres faits.

Question (inaudible)

Le Secrétaire général (interprétation de l'anglais) : Permettez-moi d'étudier ce rapport, et soit je ferai une déclaration ou vous nous entendrez. Comme je l'ai dit, le rapport vient juste de sortir, et je dois en prendre connaissance.

Question (interprétation de l'anglais) : Pour en revenir à la Sierra Leone, quelle est exactement la participation de l'ONU maintenant? Je pense qu'au début de la crise votre représentant, l'Ambassadeur Dinka, a participé aux négociations avec les instigateurs du coup d'Etat. Quelle est la situation sur le terrain, étant donné que l'ONU a été évacuée? Est-ce que le système des Nations Unies participe toujours officiellement aux négociations, et y a-t-il des plans de règlement ultérieur de cette crise?

Le Secrétaire général (interprétation de l'anglais) : Nous ne participons pas directement aux négociations. Je crois que ce sont les pays de la CEDEAO qui mènent les négociations, et ce sont eux également qui ont des troupes sur le terrain. L'ONU tend en pratique à permettre aux organisations régionales d'être au premier plan là où elles gèrent une situation. Généralement, nous ne participons pas et nous ne leur faisons pas concurrence. Nous l'avons fait ensemble dans certaines situations. Par exemple, ce matin j'ai demandé à l'Ambassadeur Sahnoun de se rendre à Kinshasa et ensuite dans la République centrafricaine pour se joindre au Président Bongo aux négociations entre les protagonistes au Congo Brazzaville. Mais dans le cas de la Sierra Leone ce sont les pays d'Afrique de l'Ouest qui en sont entièrement responsables. Je sais par l'Ambassadeur Gbeho, qui a été Représentant permanent ici, que le Ghana a envoyé une équipe pour rencontrer un groupe de généraux afin de discuter de la situation. Nous sommes en contact étroit, mais nous ne participons pas directement aux négociations.

Vous vous souviendrez également qu'avant le conflit, nous avions mis sur pied une force de maintien de la paix afin de contribuer à la mise en oeuvre de l'accord signé avec le RUF. Evidemment, quand tout cela sera réglé, il

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faudra réévaluer la situation et décider quelles mesures devraient être prises par l'ONU - si l'accord tient toujours, si l'accord peut être mis en oeuvre, si le RUF, qui s'est maintenant joint aux putschistes, honorera toujours cet accord. Donc il faudra réévaluer la situation pour décider ce qu'il faudra ensuite faire.

Question (interprétation de l'anglais) : J'ai une question relative aux massacres de réfugiés au Congo Kinshasa. Etes-vous sûr que les enquêteurs sur le respect des droits de l'homme seront capables d'accomplir leur mission?

Le Secrétaire général (interprétation de l'anglais) : J'ai parlé personnellement au Président Kabila à Harare et, comme je l'ai dit à certains d'entre vous, j'y étais avec le Sous-Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés. Il m'a assuré de sa collaboration, et je lui ai demandé de nommer un haut fonctionnaire, qui est contact avec lui, et qui puisse décider de travailler avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Il a dit qu'il nommerait un Ministre de la Construction et il l'a déjà fait. Le HCR a également nommé une personne-clé, le Sous-Secrétaire général Sergio de Mello, il se trouve déjà dans la région et pense qu'il pourra rencontrer les représentants du Président Kabila afin de discuter d'un plan et le mettre en oeuvre. Je pense que le Président Kabila a commencé à se rendre compte de l'importance, de l'urgence et du besoin de régler ces questions - non seulement du point de vue humanitaire mais aussi la question des droits de l'homme et des enquêtes sur les éventuels massacres. A la fin de mes discussions avec lui, il a dit "M. Annan, je comprends. Je voudrais aussi me débarrasser de cet albatros". Il a, en effet, également pris le même engagement auprès de l'Ambassadeur Richardson quand ils se sont rencontrés ultérieurement au Congo. Ralph Zacklin, le Haut Commissaire par intérim, arrive dans la ville aujourd'hui, et nous allons discuter activement de la question, et nous allons envoyer une équipe le 20 juin, et les enquêteurs le 7 juillet.

Le Secrétaire général (interprétation de l'anglais) : Je pense que c'était la dernière question. La dernière observation que je voudrais faire est une information. Je vous avais dit que je nommerai le Haut Commissaire pour les droits de l'homme à la fin du mois de juillet. Je pense que c'est l'une des nominations les plus importantes que je ferai au cours de mon mandat et il s'agit d'un point très important pour toute la communauté internationale.

J'ai identifié une personne qui est un dirigeant remarquable, qui a beaucoup oeuvré dans le domaine des droits de l'homme et qui apportera dynamisme, crédibilité et leadership au centre des droits de l'homme. J'ai donc décidé de nommer Mme Mary Robinson en qualité de prochain Haut Commissaire pour les droits de l'homme.

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Je sais qu'elle est actuellement Présidente de l'Irlande et qu'elle assume ses fonctions de façon active. Mais je lui ai dit que je serai heureux - et il serait souhaitable - qu'elle puisse assumer ses fonctions avant le début de la cinquante deuxième session de l'Assemblée générale. Je pense que Mme Robinson comprend l'urgence de la situation et la nécessité de commencer ses tâches dans les meilleurs délais. Elle sera à New York au mois de juillet et je pourrai discuter avec elle de cet aspect de sa nomination.

Question (interprétation de l'anglais) : Travaillera-t-elle ici à New York?

Le Secrétaire général (interprétation de l'anglais) : Elle sera à Genève et je nommerai le Haut Commissaire adjoint très bientôt; il sera originaire du Tiers-Monde.

Question (interprétation de l'anglais) : (inaudible)

Le Secrétaire général (interprétation de l'anglais) : Je vais en discuter avec elle en juillet. Ce sera peut-être nécessaire.

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