SG/SM/6036

MESSAGE DU SECRETAIRE GENERAL DE L'ONU A L'OCCASION DE LA CLOTURE DU CONGRES DE LA FEDERATION MONDIALE DES ASSOCIATIONS POUR LES NATIONS UNIES

23 août 1996


Communiqué de Presse
SG/SM/6036


MESSAGE DU SECRETAIRE GENERAL DE L'ONU A L'OCCASION DE LA CLOTURE DU CONGRES DE LA FEDERATION MONDIALE DES ASSOCIATIONS POUR LES NATIONS UNIES

19960823 Le Secrétaire général plaide en faveur de la mondialisation de la démocratie

On trouvera ci-après le texte du message adressé par le Secrétaire général, M. Boutros Boutros-Ghali, lors de la cérémonie de clôture du Congrès de la Fédération mondiale des associations pour les Nations Unies à Luxembourg, le 26 août 1996 :

Au moment où se terminent les travaux de votre Fédération mondiale, je veux vous féliciter, au nom de l'Organisation des Nations Unies et en mon nom personnel, pour avoir su, durant ces journées, consacrer tant de temps et tant d'efforts au service des idéaux de la Charte.

Je voudrais remercier les organisateurs de ce Congrès et les instances responsables de votre Fédération pour leur mobilisation au service de nos objectifs communs.

Je voudrais également dire à chacune et chacun de vous l'importance que j'attache à l'action que vous menez au sein de vos associations nationales pour mieux diffuser, dans l'opinion publique, le message de l'Organisation mondiale.

Je veux enfin exprimer toute ma reconnaissance aux autorités du Grand- Duché de Luxembourg pour avoir accueilli cet important Congrès.

Il était, en effet, juste et important que votre Fédération se réunisse ici, à Luxembourg, comme elle s'y était réunie, pour la première fois, il y a cinquante ans.

Cette célébration de votre cinquantième anniversaire sur le lieu même qui a vu naître la Fédération me semble tout à la fois le symbole de votre fidélité à vos origines et une preuve supplémentaire de l'attachement profond du Grand-Duché aux impératifs de la Charte des Nations Unies.

Je veux donc m'associer à la célébration de cet anniversaire et présenter à la Fédération mondiale mes voeux les plus sincères et les plus cordiaux.

Mais je voudrais aussi saisir l'occasion de cette manifestation pour rappeler l'importance que j'attache à votre action.

A mes yeux, vous êtes un élément fondamental par lequel doit en permanence s'opérer la mobilisation des Etats membres de l'Organisation des Nations Unies au service de la paix et du développement.

En tant que Secrétaire général des Nations Unies, je ressens parfois la difficulté de convaincre les Etats à s'engager dans des actions que la situation rend pourtant indispensables.

Vous le savez, la fin de la Guerre froide a eu, dans certains cas, des effets pervers. Certaines régions du monde ont brutalement perdu aux yeux des grandes puissances, tout intérêt stratégique. Et, dès lors, pour eux la tentation est grande de laisser ces régions livrées à elles-mêmes, s'enfoncer dans le sous-développement économique ou s'abimer dans les désordres politiques.

Pour que les Etats s'engagent, dans une solidarité plus grande, au service de la paix et du développement, il est souvent indispensable que les opinions publiques nationales leur montrent le chemin. C'est dire quel est votre rôle et quelle est votre responsabilité.

Mais, avec vous, aujourd'hui, je voudrais tenter un instant d'aller plus loin.

Nous sommes bien convaincus d'être entrés désormais dans une période de l'histoire où le système international cherche encore non seulement des concepts explicatifs mais aussi des valeurs qui le fondent.

Pour ma part, j'ai eu l'occasion, à de nombreuses reprises, de souligner l'importance que j'attache à l'impératif de démocratisation, non seulement à l'intérieur des Etats, mais aussi entre les Etats. Et au sein même de l'Organisation des Nations Unies.

En disant cela, il ne s'agit pas de chercher à proposer un modèle unique de démocratie à l'ensemble de la planète. Mais, bien au contraire, de suggérer que la démocratisation est adaptable à toutes les formes de société et à toutes les formes de culture.

Nous sommes entrés aujourd'hui dans l'ère d'une société à la fois globale et transnationale. Et la mondialisation de l'économie doit aller de pair avec la mondialisation de la démocratie.

( suivre)

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Cela signifie que nous devons tenir compte non seulement de de la volonté des sujets politiques, mais aussi des aspirations des acteurs économiques, culturels et sociaux.

Là encore, les Associations pour les Nations Unies ont une tâche immense à accomplir. Elles sont l'une des premières incarnations de l'opinion publique au service des idéaux de la Charte.

Je vous demande donc de m'aider au service de la démocratisation ! Car vous êtes les peuples des Nations Unies dont parle le préambule de la Charte ! Et sans vous, rien n'est possible !

J'ai voulu, en quelques mots, suggérer quels sont les grands travaux qui nous attendent encore pour le bien-être de la Communauté internationale. J'ai surtout voulu vous dire la place qui est la vôtre dans cette action.

Nous avons bien conscience de vivre un moment difficile. Un moment où l'Organisation des Nations Unies traverse une profonde crise. Une crise financière, chacun le sait. Mais aussi une crise politique dans la mesure où certains veulent saper l'autorité de l'Organisation mondiale, remettre en cause sa légitimité et, par là-même, ébranler les fondements de l'action multilatérale dans son ensemble.

C'est donc le moment de réaffirmer, avec force et courage, notre foi dans l'Organisation des Nations Unies, notre désir de la servir, et notre volonté de voir triompher les grands principes que nous ont légués, il y a cinquante ans, les Pères fondateurs de la Charte !

Redisons donc ensemble :

Vive l'Organisation des Nations Unies !

Vive la Fédération mondiale !

Et que triomphent toutes celles et tous ceux qui croient en une Communauté internationale toujours plus juste, plus pacifique et plus solidaire !

Je vous remercie pour l'action que vous conduisez, toutes et tous, avec tant de dévouement !

* *** *

( suivre)

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