À 100 jours de la fin de son second et dernier mandat quinquennal, le Secrétaire général de l’ONU a reçu une ovation debout de la part de 113 chefs d’État et de gouvernement qui, avec d’autres, ont devisé sur le thème « Rétablir la confiance, gérer la transformation: des Nations Unies au service de tous ».
Nous sommes bien en 2026. Pourtant, les expressions entendues dans l’enceinte de l’ONU au cinquième jour du débat général -« rideau de fer », « confrontation entre blocs », « guerre froide » ou « course à l’armement »- semblaient tout droit sortis du répertoire diplomatique du XXe siècle.
Prolongeant la « question du pouvoir » posée par le Secrétaire général à l’ouverture des travaux, les petits États, insulaires pour beaucoup, qui ont pris la parole au quatrième jour du débat général de l’Assemblée générale, ont invoqué le droit international comme la meilleure protection possible face au retour de la loi du plus fort. Leur souveraineté, ont-ils plaidé, est menacée par la montée des eaux, par des crises nées à l’autre bout du monde, par les réseaux de criminalité transnationale organisée, ou encore par l’exploitation de leurs données numériques.
Au troisième jour du rendez-vous annuel des États Membres de l’ONU, le Président de l’État de Palestine, privé cette année encore de visa d’entrée aux États-Unis, s’est adressé depuis Ramallah à la même assemblée qui, il y a un an, adoptait la Déclaration de New York pour relancer la solution des deux États. Il a imputé la « destruction » de cette dernière aux politiques israéliennes qui, à Gaza et en Cisjordanie occupées, pourraient désormais conduire à celle du peuple palestinien « sur sa propre terre ».
La critique a été directe, tranchante: « l’ONU est devenue inutile. » Tel est le pavé lancé dans le temple de la diplomatie mondiale par le Président argentin, au deuxième jour du débat général de l’Assemblée générale.
Pagination
- 1
- 2