10089e séance – matin
CS/16274

Yémen: le Conseil de sécurité prolonge de six mois l’obligation pour le Secrétaire général de rendre compte des attaques houthistes en mer Rouge

Le Conseil de sécurité a adopté ce matin, la résolution 2812 (2026) par laquelle il prolonge jusqu’au 15 juillet 2026 la demande qu’il a faite au Secrétaire général de lui présenter des rapports écrits mensuels sur toute nouvelle attaque perpétrée par les houthistes contre des navires marchands et commerciaux en mer Rouge, afin d’éclairer ses futures consultations. 

Le texte, rédigé par les États-Unis et la Grèce, a été adopté par 13 voix pour et 2 abstentions (Chine et Fédération de Russie).  L’obligation de rapport avait été établie par la résolution 2722 (2024) et renouvelée en dernier lieu par la résolution 2787 (2025).

Après le vote, les États-Unis ont indiqué que les effets des attaques menées par les houthistes dépassent largement la région en raison de leur impact sur les chaînes d’approvisionnement mondiales. 

Ces attaques, ont-ils souligné, pourraient également entraîner des catastrophes écologiques dans la région et mettre en danger la vie des marins à bord des navires commerciaux.

Face à ces risques, la délégation américaine a rappelé l’obligation pour tous les États Membres de respecter strictement les sanctions imposées par l’ONU à l’encontre des houthistes, notamment en s’abstenant de tout transfert d’armes et de matériels connexes, y compris les articles à double usage.

La confiance n’a pas encore été rétablie sur cette route maritime stratégique. Et les houthistes continuent de représenter une menace sérieuse pour le transport maritime international, a renchérit la Grèce selon qui des garanties durables ne pourront être obtenues que dans le cadre d’une solution politique inclusive au Yémen, fondée sur la désescalade et le respect du droit international.

Liens avec la situation à Gaza

La Fédération de Russie a regretté en revanche l’adoption d’un texte dépourvu de valeur ajoutée et a appelé les membres du Conseil de sécurité à ne pas consacrer davantage de temps et de ressources à un dossier qu’elle a qualifié de politisé. 

« Au regard des réalités actuelles, le Conseil de sécurité devrait plutôt se pencher sur les attaques visant le transport commercial en mer des Caraïbes, plutôt qu’en mer Rouge », a-t-elle estimé.

La délégation russe a, du reste, fait valoir que la situation dans les zones maritimes adjacentes au Yémen montre, ces derniers mois, des signes évidents de stabilisation, relevant qu’aucun incident n’a été signalé en mer Rouge depuis le 29 septembre 2025, ce qui confirmerait, selon elle, le lien entre les attaques dans cette zone et la situation à Gaza.

La situation qui prévaut au Yémen et en mer Rouge est étroitement liée au conflit à Gaza, a soutenu la Chine, appelant à la fois au respect de la souveraineté du Yémen et à la pleine mise en œuvre de la première étape du cessez-le-feu à Gaza.

De son côté, la Somalie, qui a voté en faveur de la résolution en se disant consciente de « notre responsabilité envers la sécurité de ces eaux » et des défis en mer Rouge, a condamné la reconnaissance récente par Israël d’une entité sécessionniste dans le nord de la Somalie, ainsi que ses projets visant à envoyer des Palestiniens en Somalie tout en y établissant une présence militaire. 

MAINTIEN DE LA PAIX ET DE LA SÉCURITÉ INTERNATIONALES

Texte du projet de résolution (S/2026/23)

Le Conseil de sécurité,

Rappelant toutes ses résolutions sur la situation au Yémen et en mer Rouge, notamment les résolutions 2216 (2015), 2722 (2024), 2739 (2024), 2768 (2025) et 2787 (2025),

1.    Prolonge jusqu’au 15 juillet 2026 la demande qu’il a faite au paragraphe 10 de la résolution 2722 (2024) au sujet des informations dont il doit lui être rendu compte.

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