Deuxième Sommet mondial pour le développement social
Séances matin & après-midi
SOC/4926

De Séville à Doha, 2025 marque un nouvel élan en faveur du multilatéralisme social

DOHA, QATAR, le 5 novembre - Un développement social durable exige un engagement renouvelé et une action collective qui place les personnes au cœur du développement.  Tel est le constat qui a été dressé au deuxième jour du deuxième Sommet mondial pour le développement social qui se tient à Doha, au Qatar, dans une ambiance marquée par un élan renouvelé en ce sens avec l’adoption hier de la Déclaration politique de Doha après celle, en juillet, de l’Engagement de Séville sur le financement du développement. 

À Séville, c’est une déclaration collective en faveur de la justice sociale comme fondement de la paix, de la prospérité et du développement durable qui a été adoptée, a rappelé la Ministre de l’inclusion, de la sécurité sociale et des migrations de l’Espagne.  Et à Doha, c’est la personne qui a été placée au cœur du nouveau contrat social et du développement en misant sur le potentiel d’un multilatéralisme social renforcé. 

Le véritable enjeu reste toutefois de remplir les promesses faites en 2025, ont concédé plusieurs intervenants qui n’ont pas oublié que 30 ans après Copenhague, le monde reste confronté à de profondes inégalités en matière de revenus, d’opportunités et d’accès aux services essentiels.  La fracture numérique et les obstacles systémiques continuent de marginaliser les groupes vulnérables, tandis que les changements climatiques et les conflits menacent de réduire à néant les acquis sociaux.  C’est ce qui a poussé le Ministre des affaires étrangères du Bhoutan à dire que « le moment n’est pas à la célébration, mais à un regain de détermination et à une action collective ». 

Un consensus « majeur » autour d’un texte « perfectible »

Sur ce point, le Ministre uruguayen du budget a pointé que la Déclaration de Doha, quoique perfectible, reflète un consensus majeur sur la justice sociale comme fondement de la paix et du développement durable.  L’objectif principal commun reste l’éradication de la pauvreté sous toutes ses formes -y compris la pauvreté extrême, multidimensionnelle, infantile et celle des femmes.  « Seul un système multilatéral solide, avec les Nations Unies en son centre, permettra de l’atteindre. » 

À cette fin, la Ministre du développement social du Chili, intervenant également au nom du Brésil, de la Colombie, du Mexique et du Qatar, a encouragé les États Membres et le système des Nations Unies pour le développement à définir, en 2026, des modalités pratiques et des étapes pour la mise en œuvre de la Déclaration de Doha, en coordination avec la Commission du développement social et avec le soutien des coordinateurs résidents et des équipes pays des Nations Unies.  De plus, les commissions régionales devraient identifier des priorités régionales initiales et faciliter le dialogue entre les régions pour formuler des objectifs communs. 

La justice sociale est essentielle à la mission de l’ONU et aux objectifs de développement durable, a fait valoir la Ministre de la protection sociale de la Finlande en soulignant ses liens avec la paix durable et la résilience des sociétés. 

Résilience

Rebondissant sur cette notion de résilience, les petits États insulaires en développement, par la voix du Ministre des affaires étrangères d’Antigua-et-Barbuda, entre autres, ont souligné que les défis environnementaux sont aussi sociaux et qu’il en va de leur survie.  Ces îles réclament « justice » face aux catastrophes climatiques qui anéantissent des économies entières du jour au lendemain; au fardeau écrasant de leur dette, qui étouffe les investissements sociaux et asphyxie leur avenir; et à une architecture financière mondiale qui reste aveugle à leur vulnérabilité aiguë.  Ces pays attendent qu’ici, à Doha, on leur fasse la promesse qu’aucune nation insulaire ne sera sacrifiée à la montée des eaux due à l’inaction mondiale, a insisté le Ministre. 

Parmi les priorités stratégiques citées tour à tour par la soixantaine de ministres qui sont intervenus aujourd’hui, il faut citer le renforcement des bases nationales de protection sociale, notamment en les liant à l’autonomisation économique et au développement des compétences; l’extension des programmes d’autonomisation de la famille, des femmes, des jeunes et des personnes handicapées par la formation, l’emploi, l’entrepreneuriat et le financement; ou encore la réduction de la fracture numérique afin de permettre au monde en développement de tirer parti du potentiel de l’intelligence artificielle. 

Si des pays comme Singapour, la Fédération de Russie et la Türkiye misent sur le bien-être et le soutien à la famille dans leurs contrats sociaux, d’autres, comme le Brésil s’attaquent à la faim « qui n’est pas un phénomène naturel, mais un choix politique ». Les politiques en faveur des jeunes sont également incontournables parce que « lorsque nous ne parvenons pas à trouver des solutions durables aux enjeux sociaux aujourd’hui, ce sont les jeunes -en particulier ceux en situation de précarité- qui en paieront le prix demain », comme l’a rappelé la Finlande. 

Résumant l’enjeu du développement social, la Ministre du bien-être du Mexique a conclu que ce dont le monde a besoin est une « économie morale ».  « L’économie doit de nouveau être au service la population », a-t-elle insisté, tandis que le Ministre des affaires étrangères de la Zambie a appelé à édifier des sociétés « où la dignité n’est pas un privilège mais un droit ». 

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