Renforcer les trois piliers du développement social: élimination de la pauvreté, plein emploi productif et travail décent pour tous, et inclusion sociale
DOHA, QATAR, le 4 novembre - Plus d’une centaine de participants -États Membres, représentants de la société civile et d’organismes intergouvernementaux- ont participé à cette première table ronde du deuxième Sommet sur le développement social, enorgueillis par l’adoption, ce matin, de la Déclaration politique de Doha. Cette dernière a été décrite comme une « note d’espoir » à plusieurs reprises.
De nombreux intervenants ont appelé à miser sur le Pacte pour l’avenir pour accélérer les objectifs de Copenhague et de Doha, sans pour autant les remplacer. Ainsi, la Ministre des affaires sociales et du logement du Suriname a souligné que la clef du succès est d’utiliser le Pacte comme un moyen de mettre en œuvre et d’accélérer ces engagements de longue date avec des outils renouvelés, une énergie politique et une orientation contemporaine. Le Pacte peut tirer parti des outils modernes pour parvenir à l’intégration sociale préconisée par Copenhague, a-t-elle fait valoir, en donnant l’exemple de l’utilisation d’outils numériques et de registres nationaux pour identifier et atteindre les groupes marginalisés et exclus.
Plein emploi et fiscalité
De même, cet échange a permis de confirmer que la protection sociale est l’un des moyens les plus efficaces pour prévenir ou combattre la pauvreté. Sur ce point, la Ministre des affaires sociales et de l’emploi des Pays-Bas, a déclaré que « le travail décent est le meilleur moyen de sortir de la pauvreté et de permettre l’épanouissement personnel ».
Pourtant, le bilan est sombre, a constaté le Directeur exécutif d’Oxfam International qui a indiqué que depuis 2015, les 1% les plus riches ont accumulé 33 900 milliards de dollars, soit assez pour éliminer la pauvreté dans le monde à 22 reprises, tandis que 3,7 milliards de personnes vivent toujours dans la pauvreté.
Pour Oxfam la priorité doit donc être de réduire les inégalités dans le monde afin d’accélérer la lutte contre la pauvreté. « Une croissance de 2% combinée à une réduction de 2% des inégalités pourrait tripler l’impact sur la pauvreté », a-t-il indiqué.
Faisant le lien entre fiscalité et développement social, le Secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (CSI) a appelé à établir des systèmes fiscaux plus équitables et progressifs pour financer les services publics et réduire les inégalités, l’objectif étant de renforcer les capacités fiscales nationales pour financer le développement social, un point de vue repris par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), il a appelé les gouvernements à donner la priorité à la lutte contre l’évasion fiscale, la corruption et les flux financiers illicites. En outre, les gouvernements devraient s’attaquer aux causes structurelles de l’emploi précaire et non déclaré en renforçant l’inspection du travail et en favorisant la formalisation de l’économie informelle. Ces mesures sont essentielles pour garantir des conditions de travail décentes tout en élargissant et en renforçant l’assiette fiscale, a argué l’intervenant.
Haro contre la discrimination
L’idée qu’aucune discrimination ne saurait être tolérée sur la voie du développement social a également été défendue haut et fort, notamment par l’International Disability Alliance (Alliance International du Handicap, IDA) qui a rappelé que les personnes handicapées représentent 16% de la population mondiale (1.3 milliards de personnes) et demeurent toujours parmi les plus marginalisées. La représentante a revendiqué leur inclusion dans l’élaboration des politiques en tant que partenaires et leaders, et non comme « figures symboliques ».
De son côté, la Directrice exécutive d’ONU-Femmes a rappelé que l’autre groupe qui attend toujours que la promesse de la justice sociale soit remplie est celui des femmes et des filles. Saluant le fait que la dimension du genre « est partout dans la Déclaration politique de Doha », elle a pointé que les défis dont il est question ici ont trop souvent un « visage féminin »: trop de femmes sont privées d’un emploi décent et vivent dans la pauvreté. Alors comment peut-on expliquer que l’on persiste à écarter la dimension de genre dans les politiques sociales s’est demandé cette « fervente défenseuse du multilatéralisme » en appelant la communauté internationale à réduire la pauvreté féminine à l’horizon 2050.
Lui emboitant le pas, la Fédération Internationale du Vieillissement a salué l’inclusion des personnes âgées et du vieillissement de la population dans la Déclaration politique. Toutefois « cette reconnaissance doit s’accompagner d’actions concrètes ». Les politiques ne doivent pas seulement être adoptées, elles doivent être mises en œuvre de manière à refléter la diversité des besoins, des contributions et des droits des personnes âgées dans tous les contextes, a fait valoir son représentant.
Pour les petits États insulaires en développement (PEID), comme les Tonga et les Tuvalu, le développement social et la sécurité environnementale vont de pair. Il n’est pas possible de réduire la pauvreté ni de créer des emplois décents si nos terres et nos moyens de subsistance disparaissent sous la montée des eaux, a notamment fait observer le Premier Ministre des Tuvalu.
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