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UNGA80: face aux défis mondiaux, le Secrétaire général appelle à faire de la semaine de haut niveau une « semaine de solutions »

À la veille de l’ouverture de la semaine de haut niveau de la quatre-vingtième session de l’Assemblée générale, le Secrétaire général de l’ONU a exhorté, ce midi, lors d’une conférence de presse au Siège de l’Organisation, les dirigeants du monde à « se montrer à la hauteur » et à faire de ce rendez-vous une « semaine de solutions », alors que près de 150 Chefs d’État et de gouvernement sont attendus à New York à partir de lundi. 

« Nous nous réunissons dans des eaux troubles, voire inexplorées », a déclaré M. António Guterres en dressant un tableau alarmant de la situation mondiale: clivages géopolitiques qui s’élargissent, conflits qui s’intensifient, impunité qui progresse, planète en surchauffe, inégalités croissantes et technologies sans garde-fous, tandis que la coopération internationale ploie sous des pressions inédites. 

Si plusieurs milliers de rencontres bilatérales et multilatérales doivent se tenir en marge du débat général, M. Guterres a annoncé qu’il conduirait lui-même plus de 150 réunions afin d’« inciter les dirigeants à se parler directement, combler les fossés, réduire les risques et trouver des solutions ». 

Il s’est dit intéressé par une éventuelle rencontre avec le Président Donald Trump, compte tenu du rôle « central » des États-Unis dans le monde.  « Nous avons, l’un et l’autre, de nombreuses positions et il existe des domaines dans lesquels nos efforts peuvent être conjugués ».  Citant l’exemple de la médiation pour la paix, il a rappelé que les Nations Unies déploient des efforts considérables en la matière, sans, hélas, disposer « ni du bâton ni de la carotte ».  Or, a-t-il relevé, « les États-Unis disposent de ces leviers ».

Dans un contexte de divisions géopolitiques aussi profondes, « si nous parvenons à combiner ces deux leviers, nous pouvons mettre en place un mécanisme très efficace pour garantir qu’un processus de paix aboutisse à des résultats tangibles », a fait valoir le Chef de l’ONU devant la presse. 

Il a insisté sur l’urgence de répondre aux attentes des peuples « par des actes à la mesure de la gravité des défis », à commencer par la recherche de la paix dans différentes régions, tout particulièrement au Moyen-Orient. 

Après avoir réitéré avec force sa condamnation des « horribles attaques » perpétrées le 7 octobre 2023 par le Hamas, M. Guterres a une nouvelle fois appelé de ses vœux à un cessez-le-feu immédiat à Gaza, alertant sur la situation dramatique du peuple palestinien, marquée par la famine, les déplacements continus et le risque imminent de perdre la vie.

« C’est une réalité que nous ne pouvons ignorer.  Elle est moralement, politiquement et légalement intolérable », s’est-il exclamé, en réponse aux questions des journalistes. 

Sur le génocide documenté par la Commission internationale indépendante chargée d’enquêter dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et en Israël établie en 2021 par le Conseil des droits de l’homme, dont le dernier rapport a été publié ce mardi, il a précisé que l’ONU compte plusieurs organes et que le rôle du Secrétaire général est de s’aligner sur ceux-ci.  Jusqu’à présent, aucune résolution n’a été adoptée dans ce sens par le Conseil de sécurité ou l’Assemblée générale, a-t-il relevé, invitant toutefois chacun à « prendre ce rapport en compte, y compris Israël ». 

Interrogé sur les frappes aériennes qui ont visé des responsables du Hamas au Qatar, il a constaté qu’Israël « ne semble pas intéressé » par de sérieuses négociations sur un cessez-le-feu et la libération des otages.  Il a néanmoins exprimé l’espoir que la rencontre attendue entre les dirigeants du Qatar et des États-Unis contribuera à exercer une pression sur Israël pour qu’il accepte sérieusement de négocier. 

Enfin, il a dit ne voir « aucune alternative » à la solution des deux États, au risque de voir la région s’embraser et l’extrémisme se répandre partout dans le monde.  « Et cela ne constitue certainement pas un cadeau pour le Hamas, puisque cette solution ne figure pas dans son programme ». 

Abordant la situation en Ukraine, autre point chaud du globe, le Secrétaire général a, là encore, appelé à un cessez-le-feu immédiat conduisant à une solution fondée sur la Charte des Nations Unies.  Il a cependant avoué ne pas être « optimiste à court terme », les positions des deux parties étant très divergentes, voire « incompatibles ». 

Dans son adresse à la presse, il a également évoqué Chypre, le Soudan et l’Afghanistan. Dans ce dernier pays, l’interdiction faite aux femmes et aux filles de participer à l’action humanitaire est à la fois « intolérable et stupide », s’est-il indigné. 

Parmi les autres questions prioritaires qui seront examinées durant la semaine de haut niveau, M. Guterres a cité le climat, avec de nouveaux plans nationaux ambitieux pour maintenir l’objectif de 1,5  °Celsius; l’innovation responsable, à travers le lancement du Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle; l’égalité des genres, à l’occasion du trentième anniversaire de la Conférence de Beijing ; le financement du développement, avec un sommet biennal inédit réunissant institutions financières internationales et Chefs d’État ; et le renforcement des Nations Unies, via l’Initiative ONU80 destinée à adapter l’Organisation à un monde transformé depuis 1945. 

« La liste est longue parce que les besoins sont immenses », a résumé M. Guterres, en appelant à dépasser « les postures et les promesses » pour parvenir à des avancées concrètes.  « Les Nations Unies sont le lieu.  La semaine prochaine est le moment.  Les dirigeants doivent se montrer à la hauteur, et agir », a-t-il plaidé. 

Quant aux appels lancés par certains pour qu’il renonce à sa fonction à la tête de l’Organisation, il les a balayés d’un revers de la main.  « Ma démission serait bien accueillie par tous ceux qui se conduisent mal, et je ne leur donnerai pas ce plaisir ». 

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