Myanmar: huit ans après le déplacement forcé de Rohingya et autres communautés, le Secrétaire général appelle à protéger les civils et mise sur la conférence du 30 septembre
La déclaration suivante a été communiquée, aujourd’hui, par le Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:
Huit ans après leur déplacement forcé en masse de l’État de l’Arakan, les Rohingya à l’intérieur et à l’extérieur du Myanmar sont confrontés à une nouvelle détérioration de leur situation déjà désastreuse.
Dans l’État de l’Arakan, les Rohingya et d’autres civils sont pris dans les tirs croisés entre l’armée du Myanmar et l’armée arakanaise, étant également soumis à des recrutements forcés, à des violations des droits humains et à d’autres abus. La poursuite de la violence a forcé d’autres Rohingya à fuir, notamment vers le Bangladesh, qui accueille déjà généreusement plus de 1,1 million de réfugiés du Myanmar.
Des informations faisant état de refoulements, d’expulsions et de déportations dans toute la région suscitent de vives inquiétudes quant à de potentielles violations du principe de non-refoulement et au rétrécissement de l’espace d’asile. De plus, les coupes budgétaires restreignent considérablement l’éducation, l’aide alimentaire, les soins de santé, les moyens de subsistance et les services de protection.
Le Secrétaire général réitère son appel en faveur de la protection de tous les civils, conformément aux obligations découlant du droit international, notamment le droit international des droits de l’homme, le droit international humanitaire et le droit international des réfugiés. Il se souvient de sa visite, plus tôt cette année, à Cox’s Bazar, où il a constaté la résilience des communautés rohingyas et souligné la nécessité urgente d’une solidarité internationale renforcée et d’un soutien accru, parallèlement aux efforts visant à trouver une solution politique globale qui inclue véritablement les Rohingya et s’attaque à leur déplacement et aux causes profondes d’une crise qui dure.
Le Secrétaire général espère que la Conférence de haut niveau sur les Rohingya et les autres minorités, qui se tiendra le 30 septembre à New York, comme l’a demandé l’Assemblée générale, attirera l’attention de la communauté internationale sur l’urgence de trouver des solutions durables.
L’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Myanmar ne cesse d’engager toutes les parties prenantes en faveur de la cessation de la violence et d’un processus politique viable dirigé par le Myanmar afin de créer des conditions propices au retour volontaire, sûr, digne et durable du peuple rohingya au Myanmar.