Session de 2026
1re séance plénière – matin
ECOSOC/7218

L’ECOSOC ouvre sa session de 2026 en élisant son premier Président népalais

Le Conseil économique et social (ECOSOC) a tenu ce matin sa réunion d’organisation, marquant le lancement officiel de sa session de 2026, qui se déroulera jusqu’au 31 juillet prochain.  Un nouveau cycle qui permettra de renforcer l’agilité, la cohérence et l’impact de l’ECOSOC, a promis son nouveau Président, M. Lok Bahadur Thapa, Représentant permanent du Népal, pays qui assume cette fonction pour la première fois.   

Cette réunion inaugurale lui a permis d’adopter son ordre du jour provisoire (E/2026/1), de fixer les modalités de travail du nouveau cycle et de procéder à l’élection de son Bureau*.   

Le Président sortant, M. Bob Rae (Canada), a axé son discours d’adieu sur la nécessité de « réparer » et de « construire ».  Remerciant le personnel du Secrétariat pour son dévouement dans un contexte mondial difficile, il a livré un plaidoyer énergique en faveur d’un Conseil tourné vers l’action et la transformation.  « Notre rôle n’est pas de déclamer des constats accablants, mais de retrousser nos manches et de mettre la main à la pâte », a-t-il déclaré, estimant que, « face aux crises, à l’angoisse et aux tensions actuelles », l’ECOSOC est sans doute l’organe onusien auquel incombe la plus grande responsabilité pour œuvrer au redressement collectif.   

M. Rae a invité les États Membres à relire et à honorer la Charte des Nations Unies, qui a enfanté ce Conseil.  Mettant en garde contre la tentation du formalisme et des discours convenus, il a recommandé d’éviter que le travail de l’ECOSOC ne se réduise à une suite mécanique de réunions.   

Mentionnant plusieurs défis urgents tels que la régulation de l’intelligence artificielle, la crise en Haïti ou encore la situation financière de l’ONU, M. Rae a aussi insisté sur la nécessité de restaurer la relation entre l’Organisation, les institutions financières internationales et les États-Unis.  « Dire que l’architecture ne fonctionne pas ne suffit pas.  Il faut la réparer: c’est notre responsabilité collective. »  Rejetant le discours selon lequel l’ONU serait dépassée, il a rappelé que ce scepticisme avait cours dès la création de l’Organisation, en 1945, et souligné que les avancées récentes, cette semaine encore avec la conférence de l’Assemblée générale sur la Palestine, démontraient au contraire sa pertinence.   

M. Rae a conclu sur une note d’optimisme et de confiance envers son successeur, dans un esprit de continuité et d’adaptation.  « Nouveau Président, nouvelle équipe, nouveaux défis.  Et c’est ainsi que tourne le monde, et ses affaires », a-t-il conclu sous les applaudissements nourris. 

Dans son discours inaugural, M. Thapa a exprimé sa volonté de renforcer l’agilité, la cohérence et l’impact de l’ECOSOC.  Il a souligné la portée symbolique de cette présidence pour le Népal, qui célèbre cette année ses 70 ans d’adhésion aux Nations Unies, en réaffirmant l’attachement de son pays au multilatéralisme. 

Face aux crises (conflits, bouleversements climatiques, inégalités grandissantes, cybermenaces et fractures numériques) et alors que la réalisation de seulement 17% des cibles des objectifs de développement durable (ODD) est en bonne voie, M. Thapa a plaidé pour une réponse collective et centrée sur des résultats concrets.   

Cinq priorités vont structurer sa présidence: renforcer la confiance et la coopération multilatérale; accélérer la mise en œuvre du Programme 2030; améliorer la coordination entre les différents organes du système onusien; développer des partenariats inclusifs avec les États, la société civile, le secteur privé et les jeunes; et assurer le suivi des engagements pris dans les forums internationaux. 

M. Thapa a aussi identifié plusieurs domaines d’action prioritaires: transformation des systèmes alimentaires pour renforcer la sécurité et la résilience rurales; réduction de la fracture numérique et soutien à l’entrepreneuriat des jeunes; adaptation climatique, notamment face aux crues glaciaires; mobilisation des financements pour le développement, avec une attention particulière portée aux pays les plus vulnérables; et enfin, célébration du quatre-vingtième anniversaire de l’ECOSOC, pensée comme un levier pour redynamiser le multilatéralisme.

L’ECOSOC a un rôle central à jouer, a confirmé M. Li Junhua, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales: forger le consensus, offrir une orientation politique et mobiliser une action coordonnée assortie d’un suivi efficace.  Les prochains examens par le Conseil de ses organes subsidiaires, ainsi que celui de l’ECOSOC et du forum politique de haut niveau par l'Assemblée générale, seront des moments clefs pour réaliser pleinement le potentiel de l’ECOSOC, a-t-il ajouté.  Le Conseil sera aussi en première ligne pour traduire les engagements issus de la quatrième Conférence internatonale sur le financement du développement en actions concrètes.   

*Ont été élus par acclamation comme Vice-Présidents du Conseil: 

  • M. Amar Bendjama, d’Algérie;
  • M. Paruyr Hovhannisyan, d’Arménie;
  • M. Wellington Darío Bencosme Castaños, de la République dominicaine;
  • M. Héctor José Gómez Hernández, d’Espagne.
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