Troisième Conférence des Nations Unies sur les pays en développement sans littoral
Table ronde 1, après-midi
DEV/3475

Conférence d'Avaza: la transformation structurelle n’est pas un choix, mais une nécessité pour les pays en développement sans littoral

Table ronde 1 – Avaza, Turkménistan (5 août) - Après l’ouverture, ce matin, de la troisième Conférence des Nations Unies sur les pays en développement sans littoral, s’est tenue la première des cinq tables de ce conclave du bord de la mer Caspienne, au Turkménistan, dans l’après-midi, en parallèle au débat général.  Ce fut l’occasion pour les délégations d’échanger sur le thème « transformation structurelle, diversification et science, technologie et innovation en tant que vecteurs de prospérité dans les pays en développement sans littoral ». 

Selon le Népal, et d’autres intervenants à la discussion, la transformation structurelle n’est pas un choix pour les pays en développement sans littoral (PDSL), mais une nécessité.  Et c’est pour la réaliser que les STI (science, innovation et technologie) sont indispensables, car ils permettent d’intégrer les PDSL dans les chaînes de valeur mondiales. 

L’innovation, notamment dans le domaine de la gouvernance électronique, est un atout de choix pour la transformation structurelle des pays enclavés, a confirmé la Coprésidente de la sessionMme Mariin Ratnik qui est Vice-Ministre de l’économie et du développement de l’Estonie, en s’appuyant sur l’expérience de son pays.  L’Estonie a d’ailleurs partagé son expérience pour appuyer le développement de la gouvernance électronique au Kirghizistan, a indiqué le Vice-Président du Cabinet des ministres de la République kirghize, M. Edil Baisalov, qui Coprésidait également la table ronde.  Il a appelé à des partenariats qui tiennent compte des priorités nationales des PDSL avant d’insister sur l’importance de la connectivité numérique pour un pays comme le Kirghizistan.

Il est vrai qu’aujourd’hui, 1,6 milliard de personnes n’ont toujours pas accès à Internet, a déploré l’Organisation de coopération numérique.  Seulement 39% de notre population est en ligne, bien en dessous de la moyenne mondiale de 68%, s’est lamenté M. Uchral Nyam-Osor, Vice-Premier Ministre et Ministre de l’économie et du développement de la Mongolie qui a appelé à investir dans le capital humain, les capacités institutionnelles et les capacités technologiques, des outils pouvant soutenir une croissance à plus forte valeur ajoutée.

De son côté, l’Union internationale des télécommunications (UIT) a déploré que la recherche soit à la traîne et l’entrepreneuriat sous-financé.  L’UIT appuie les PDSL pour qu’ils mettent en place des réseaux de connectivité solides. De son côté, M. Deodat Maharaj, Directeur général de la Banque de technologies des Nations Unies pour les pays les moins avancés, a reconnu que s’il faut des transferts de technologies, il faut d’abord renforcer la productivité dans les pays enclavés. Selon lui, les PDLS doivent devenir « des incubateurs technologiques », y compris par le renforcement de la coopération entre pays du Sud.  La Türkiye, pays qui abrite ladite banque, a souhaité qu’elle permette de faire la différence, notamment pour la moitié des PDSL qui sont également des PMA.

M. Claver Gatete, Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, a proposé la coopération régionale pour contourner les obstacles des PDSL.  Il a pris l’exemple du Rwanda dont les marchandises mettaient 21 jours pour arriver au port de Mombassa au Kenya, avant que les pays de la région introduisent un système de traçage électronique pour suivre le parcours des camions.  Ils ont aussi créé un système sous-régional d’assurance automobile permettant de réduire les contrôles routiers.  Ces mesures, s’est-il réjoui, ont conduit à réduire considérablement le temps de transport des biens entre les pays de la région.

Il ne faut pas hésiter à impliquer le secteur privé et à investir dans les infrastructures de transport des marchandises et des personnes, a suggéré le Ministre du Commerce et de l’industrie du Rwanda. M. Prudence Sebahizi a aussi appelé à réduire le coût de la création des start-up pour encourager les jeunes entrepreneurs.  La transformation structurelle est essentielle pour la résilience des PDSL sur le long terme, a-t-il argué. 

Dans la perspective de sa réforme structurelle, l’Ouganda a créé des usines, dont une de montage de bus, alors que le Turkménistan a établi un atlas des métiers d’avenir et créé des centres universitaires de formation dans ces domaines.  Le pays a aussi introduit des indicateurs de performance pour les universités afin de booster l’innovation.  Pour sa part, Eswatini a doublé ses capacités en matière de bandes passantes et a ouvert des centres numériques. 

L’Ouzbékistan s’est enorgueilli d’avoir le ratio de un chercheur pour 1 000 habitants, notamment des spécialistes dans le domaine agricole.  L’Allemagne a justement évoqué un partenariat avec l’Ouzbékistan pour appuyer les réformes structurelles dans le pays, notamment dans le secteur agraire. 

Constatant avec d’autres que le secteur agricole occupe une place de choix dans les PDSL, M. Sepp Schellhorn, Secrétaire d’État au Ministère fédéral des affaires européennes et internationales de l’Autriche, a appelé à promouvoir l’intégration entre l’agriculture et les autres secteurs, afin de mener les transformations structurelles escomptées. Selon le Bureau de la coopération Sud-Sud des Nations Unies, la coopération Sud-Sud et la coopération triangulaire peuvent aussi aider au renforcement des capacités.

Autre outil pour les PDSL: la propriété intellectuelle.  Elle peut aider à réaliser les changements requis par le Programme d’action Avaza, en tant qu’incitation à l’innovation et à la créativité, des éléments essentiels si l’on veut des économies productives et dynamiques, selon l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI).  Pour permettre aux PDSL de stimuler l’entrepreneuriat et de promouvoir l’innovation, l’OMPI a proposé que la propriété intellectuelle soit intégrée aux stratégies nationales d’innovation et de développement et qu’elle soit transversale à l’ensemble des administrations afin de pouvoir avoir un effet catalyseur.

Revenant à l’appropriation nationale, Cuba a souhaité que les réformes structurelles ne soient pas imposées aux PDSL et que leurs priorités nationales soient prises en compte.  De plus, a réclamé la délégation cubaine, « les mesures coercitives unilatérales doivent être proscrites », en écho à la République islamique d’Iran.  Cette dernière a toutefois expliqué que ces sanctions lui ont permis, paradoxalement, de réformer son système éducatif en le rendant plus innovant.  « Le pays est prêt à partager son expérience avec les PDSL. »

Une ONG tchadienne a souhaité que les communautés locales soient consultées avant les prochains conclaves mondiaux, afin de toucher du doigt les défis du terrain.  Soucieux aussi de l’inclusion, le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) a plaidé pour que ces transformations structurelles invoquées donnent aux filles les moyens de diriger et veillent à ce que les enfants handicapés ne soient pas laissés pour compte.

Le résumé de la table ronde et des quatre autres sera présenté lors de la séance plénière de clôture de la Conférence, le vendredi 8 août au matin, et inclus dans le rapport final de la Conférence d’Avaza.

 

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