La sécurité maritime au cœur de la présidence panaméenne du Conseil de sécurité pour le mois d’août
Le Représentant permanent du Panama, M. Eloy Alfaro de Alba, a indiqué que la sécurité maritime sera au cœur de sa présidence du Conseil de sécurité pour le mois d’août, avec la tenue, lundi 11, d’un débat public intitulé « Sécurité maritime: prévention, innovation et coopération internationale face aux défis émergents ». Il s’agit d’un sujet d’importance pour mon pays et pour la communauté internationale, a indiqué le représentant, en précisant que la réunion n’a pas à vocation à « faire passer un message à quelque gouvernement que ce soit ».
Le Présidentde la République du Panama dirigera cette réunion qui sera un suivi de la présidence grecque du Conseil, a précisé M. Alfaro de Alba. Le responsable de l’Autorité du canal de Panama devrait notamment s’exprimer. Les liens entre sécurité maritime, paix internationale, prospérité économique et préservation de l’environnement devraient être abondamment évoqués. Le Représentant permanent a indiqué que son pays a veillé à ne pas politiser ce débat, avant d’ajouter qu’il n’était pas sûr que la réunion se solde par l’adoption d’un texte.
En sa capacité nationale, et en réponse à une question d’une correspondante de presse qui rappelait le souhait du Président des États-Unis de s’approprier le canal, M. Alfaro de Alba a rappelé que si ce pays l’a construit, c’est le Panama, « fenêtre sur le Pacifique », qui en assure depuis la gestion florissante. « Nous avons élargi le canal il y a quelques années afin de faciliter le passage de plus gros bateaux. » Le canal utilise des eaux douces pour son fonctionnement, a-t-il poursuivi, en ajoutant que son pays travaille à une diversification des ressources en eaux du canal.
L’idée de la réunion est de souligner de manière positive la contribution que le Panama apporte au monde, a précisé le Représentant permanent. « Nous ne voulons pas faire passer de message », a-t-il martelé avant d’indiquer que la situation en mer Rouge serait vraisemblablement abordée lors de cette réunion. « Le Panama est opposé à toute entrave à la liberté de navigation », a rappelé M. Alfaro de Alba.
Le Représentant permanent a indiqué que la situation « très complexe » en Haïti préoccupe les membres du Conseil même si aucune réunion sur le sujet ne figure dans le programme de travail pour ce mois. « Il est probable que nous organisions une réunion lors de la dernière semaine de notre présidence. » M. Alfaro de Alba a estimé qu’il n’y a pas de « solution évidente » à cette crise, tout en rappelant que la restauration de la sécurité est un préalable, notamment à la tenue d’élections.
Une autre question épineuse sera le renouvellement du mandat de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) sur lequel le Conseil devrait se pencher le 25 août. Le Représentant permanent a indiqué que certains membres sont favorables à la prorogation du mandat alors que d’autres souhaitent voir la Mission fermer ses portes. Le Moyen-Orient dans son ensemble sera au cœur des travaux du Conseil avec notamment une réunion sur le Yémen le 12 et une autre sur la situation politique et humanitaire en Syrie le 21.
Longuement interrogé sur la situation à Gaza, M. Alfaro de Alba a souligné la forte dynamique internationale sur ce sujet, rappelant les récents propos du Président des États-Unis, selon lesquels la famine est bien réelle à Gaza. Il a ensuite évoqué les récentes annonces par plusieurs pays de reconnaissance de l’État de Palestine, notamment dans le cadre de la conférence qui s’est tenue en début de semaine à l’ONU. « Ces gestes ne sont pas uniquement symboliques, ils ont des conséquences. »
En sa capacité nationale, après avoir rappelé que le Panama n’a pas reconnu l’État de Palestine, le Représentant permanent a souligné les liens historiques entre Israël et son pays qui abrite une importante et diverse communauté juive. « Je ne peux m’hasarder à dire ce qui va se passer », a-t-il dit, tout en reconnaissant que son pays devrait discuter de ce sujet à la lumière des derniers développements diplomatiques. « Le Panama n’est naturellement pas à l’abri de la pression internationale. »