Quatre-vingtième session
5e séance plénière – matin
AG/AB/4505

Cinquième Commission: le Secrétaire général baisse sa proposition budgétaire de 3,7 milliards de dollars à 3,2 milliards, incluant la suppression de plus de 2 300 postes

La Cinquième Commission, chargée des questions administratives et budgétaires, a examiné, ce matin, le budget programme révisé pour l’exercice 2026 qu’a présenté le Secrétaire général, en personne. 

M. António Guterres a proposé de faire passer l’enveloppe de 3,7 milliards à 3,2 milliards de dollars et le tableau des effectifs de 13 900 personnes à 11 594.  Préoccupée par de telles baisses, Cuba a exhorté le Secrétariat de l’ONU à envisager dès maintenant un plan B au cas où les négociations se prolongeraient au-delà du 31 décembre. 

Si le budget n’est pas adopté avant le 1er janvier, la « Maison de verre » fermera et les opérations de paix cesseront leurs activités, a averti le Secrétaire général, en prophétisant une « faillite institutionnelle ». 

Nous mettons en garde, a insisté Cuba, contre l’idée de proposer des coupes budgétaires sans tenir compte de leur l’impact sur l’exécution des mandats.  Les économies prévues et la réduction des postes sont des choix exigeants, difficiles mais responsables, a commenté la France. 

La réforme n’est pas une option mais une nécessité pour bâtir un système onusien solide et durable, capable de répondre aux besoins des peuples et aux urgences de notre temps. 

Toute proposition de réforme, a tonné le Groupe des 77 et la Chine, doit respecter la Charte des Nations Unies, le multilatéralisme et les prérogatives des États Membres.  Avec celui des États d’Afrique, le Groupe a dit craindre pour le financement des activités de développement et, au sein du Secrétariat, pour la représentation géographique des pays du Sud et la parité femmes-hommes. 

Initiative ONU80

Les estimations révisées ont été élaborées à la lumière de l’Initiative ONU80 qui s’articule autour de trois axes de travail étroitement liés: gains d’efficacité et améliorations à apporter au fonctionnement de l’Organisation; examen de l’exécution des mandats; et réorganisation structurelle. 

L’Organisation se doterait de plateformes administratives communes pour toutes les entités du Secrétariat présentes dans un même lieu d’affectation, en commençant par New York et Bangkok. 

L’ONU regrouperait aussi les tâches afférentes aux états de paie au sein d’une seule équipe mondiale répartie entre le Siège de l’ONU, le Centre de services régional d’Entebbe et l’Office des Nations Unies à Nairobi.

Enfin, elle délocaliserait des fonctions des lieux d’affectation les plus coûteux vers des lieux moins coûteux. 

Une réforme confrontée à une autre crise de trésorerie de l’ONU

Dans son plaidoyer pour une décision rapide de la Cinquième Commission sur son budget révisé, le Secrétaire général a lancé une mise en garde contre les crises de trésorerie récurrentes de l’Organisation.  L’ONU, a-t-il dit, fonce droit vers la faillite. 

Pour prévenir cette fatalité, le Secrétaire général a insisté sur une suspension temporaire de la règle financière qui veut que les fonds inutilisés soient restitués aux États Membres même s’ils le sont parce qu’ils ont été versés trop tard pendant l’exercice budgétaire. 

L’année prochaine, c’est 10% du budget qui devra être reversé et en 2027, probablement 20%.  Les crises de liquidité sont les menaces les plus graves pour le fonctionnement de l’Organisation, a souligné le Secrétaire général. 

Il a rappelé que les règles financières ont été élaborées sur le postulat, faux aujourd’hui, que les tous les États paieraient à temps et dans leur intégralité leur dû à l’ONU.  Or ce n’est le cas et certains pays ne se sentent même plus obligés de s’acquitter de leurs contributions. 

Ces règles doivent être adaptées à cette nouvelle réalité, a plaidé le Secrétaire général. En attendant, il a insisté, une nouvelle fois, sur la suspension de celle relative à la restitution des fonds inutilisés aux États. 

Si rien ne change aux niveaux des contributions et de la restitution des fonds, nous aurons, a-t-il alerté, des coupes drastiques et mon successeur prendra ses fonctions dans une situation « intenable ».  C’est un cercle vicieux qui nous rapproche du gouffre, s’est alarmé le Secrétaire général. 

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