Quatre-vingtième session
40e & 41e séances plénières – matin & après-midi
AG/12729

L’Assemblée générale prend note du rapport annuel de l’AIEA et demande aux États Membres de continuer à soutenir les activités de l’Agence

Ce matin, l’Assemblée générale a pris note avec satisfaction du rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), en adoptant par 146 voix pour, 2 voix contre (États-Unis et Fédération de Russie) et une abstention (République islamique d’Iran), le projet de résolution par lequel elle réaffirme également son appui à l’Agence pour « le rôle incontournable qu’elle joue en encourageant et en facilitant le développement et l’utilisation pratique de l’énergie atomique à des fins pacifiques et en favorisant le transfert de technologies aux pays en développement ainsi que la sûreté, la vérification et la sécurité nucléaires ». 

Par ce texte, l’Assemblée générale demande aux États Membres de continuer à soutenir les activités de l’Agence.

En tant que partenaires de l’AIEA, les États-Unis ont appuyé sa mission principale, y compris son système de garanties pour la non-prolifération nucléaire. Ils ont toutefois émis des réserves par rapport à certaines résolutions adoptées lors de la soixante-neuvième conférence générale de l’Agence qui font référence aux objectifs de développement durable (ODD), aux changements climatiques et au genre, dont celle intitulée « Femmes au Secrétariat ».  Même son de cloche du côté d’Israël qui a émis des réserves sur la résolution relative au Moyen-Orient qu’il a jugée « politisée et non consensuelle ».

Justifiant son abstention lors du vote, l’Iran a reproché au texte de ne pas refléter de manière précise le résultat procédural de la dernière conférence générale de l’Agence. 

Avant d’adopter ce texte, l’Assemblée générale a entendu les interventions de 24 États Membres qui étaient toujours inscrits au titre de l’examen du rapport annuel de l’AIEA.  Elle avait entamé cet examen le 29 octobre

Sur la défensive, la République populaire démocratique de Corée (RPDC) a affirmé qu’elle refusait toute remise en cause de son statut nucléaire.  Elle a rejeté l’autorité de l’AIEA dont elle s’est retirée il y a plus de 30 ans, et affirmé que son arsenal est une garantie permanente de sécurité et de souveraineté.  « Notre statut d’État nucléaire est irréversible et inscrit dans notre loi nationale », a tranché son représentant. 

Tout en valorisant le travail de l’AIEA et en restant prête à poursuivre une coopération constructive avec l’Agence, la Fédération de Russie a expliqué ne pas pouvoir appuyer la résolution, la jugeant « biaisée et lacunaire ».  La délégation a regretté que certaines résolutions de l’AIEA n’aient pas fait l’objet d’un consensus lors de la dernière conférence générale de l’Agence, ce qui les rend « politisées » à ses yeux. 

C’est le cas notamment du texte sur la sûreté nucléaire en Ukraine, que la Fédération de Russie a décrit comme « illégal et hors mandat ». Après avoir réaffirmé la souveraineté de la Fédération de Russie sur les territoires ukrainiens annexés, la déléguée russe a accusé l’Ukraine d’être la seule responsable des menaces contre la centrale nucléaire de Zaporojie - « qui est un site russe » pour lequel seule la Fédération de Russie définit les paramètres de sûreté. 

L’Ukraine a réfuté en bloc cette mainmise russe sur ses territoires temporairement occupés à l’issue de « faux référendums » avant d’exiger la reprise du contrôle de ses centrales nucléaires au nom de la sécurité nucléaire.  De nombreux États Membres l’ont appuyé et exigé la présence de l’AIEA en Ukraine. 

La Lituanie, dans un droit de réponse, a exprimé ses craintes par rapport à la sécurité nucléaire des centrales proches de ses frontières, que ce soit au Bélarus ou celles tombées sous contrôle russe en Ukraine.  La délégation bélarussienne a rétorqué qu’elle prenait toutes les mesures nécessaires pour garantir le plus haut niveau de sécurité de sa centrale nucléaire, en coopération avec l’AIEA et l’Union européenne. 

De son côté, l’Iran a également adopté une posture ferme en dénonçant les attaques israéliennes et américaines qui ont visé ses installations nucléaires pacifiques en juin dernier.  « L’Iran respecte le Traité sur la non-prolifération (TNP) et le Plan d’action global commun (PAGC) », a réaffirmé son représentant, revendiquant le droit souverain de son pays à l’énergie nucléaire pacifique.

Exerçant leur droit de réponse, les États-Unis et Israël ont justifié leurs interventions militaires en Iran par le fait qu’il s’agissait de « cibles militaires ».  Israël a parlé d’action de « dernier recours » pour neutraliser la menace émanant du programme nucléaire iranien et parer à une attaque imminente. Tout en excluant la possibilité pour l’Iran de se doter d’armes nucléaires, les États-Unis ont dit souhaiter parvenir à la paix et la sécurité de la région, en appelant l’Iran à coopérer avec l’AIEA afin de rassurer la communauté internationale quant à la nature pacifique de son programme nucléaire.

Dans sa réponse, l’Iran a catégoriquement rejeté les allégations « absurdes et fallacieuses » du régime israélien qui, depuis plus de 30 ans, « cherche à leurrer le monde entier » en affirmant que le régime iranien chercherait à développer l’arme nucléaire. 

« Le programme nucléaire iranien est et restera exclusivement pacifique » a martelé le représentant, ajoutant que Téhéran ne « capitulera pas » et poursuivra son programme nucléaire de façon transparente et pacifique dans le cadre des garanties de l’AIEA.  L’Accord récent conclu entre l’Iran et l’AIEA au Caire prouve l’attachement de l’Iran à la diplomatie, a-t-il souligné, reprochant aux pays européens de lui tourner le dos.  L’Iran ne négociera pas sous la pression et l’intimidation, a-t-il averti. « Une solution durable ne sera possible que lorsque la dignité, et non la coercition, sera le mot d’ordre de sa coopération avec l’Europe. »

Dans l’après-midi, l’Assemblée générale a fini l’examen du rapport annuel de la Cour internationale de Justice (CIJ), en donnant la parole à une vingtaine d’États Membres qui n’avaient pas pu s’exprimer le 30 octobre, faute de temps, lors de la séance dédiée à cette question. 

À l’intention des organes d’information. Document non officiel.