Quatre-vingtième session
14e séance plénière – matin
AG/12715

Assemblée générale: le 80e anniversaire de l’ONU célébré dans une ambiance morose faite d’incertitudes et de craintes pour l’avenir

La persistance des conflits, des catastrophes climatiques et des trébuchements de l’ONU a semblé plonger dans l’incertitude, voire la crainte de l’avenir, les 124 chefs d’État et de gouvernement et 45 ministres appelés à deviser sur le thème « Mieux ensemble: 80 ans et plus pour la paix, le développement et les droits humains ».  S’ils comptaient sur le Président des États-Unis pour dissiper la morosité ambiante, les dirigeants du monde sont restés sur leur faim. 

Nos moyens de bâtir ensemble le monde que nous voulons « fondent comme neige au soleil », a certes reconnu le Secrétaire général de l’ONU, le 23 septembre, au premier jour de ce débat général annuel qui s’est terminé aujourd’hui.  Mais M. António Guterres a vu de l’espoir dans l’Initiative ONU80, lancée cette année, pour renforcer l’impact de l’Organisation autour de trois axes: obligation de rendre des comptes, amélioration de la prestation des services et réduction des dépenses.

Le Secrétaire général a également fait état de réformes et de propositions pour une meilleure exécution des mandats et un changement de paradigme dans la manière dont les composantes de l’ONU travaillent ensemble.

Malgré son grand potentiel, l’Organisation n’est pas à la hauteur des attentes, a tranché le Président américain qui n’a en aucun cas voulu épargner la vieille dame de 80 ans.  J’ai, s’est-il enorgueilli, mis fin à sept conflits dont ceux entre l’Iran et Israël, la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda ou encore le Pakistan et l’Inde.  « L’ONU n’a même pas essayé. »

Le Président américain a-t-il péché par optimisme?  

Il n’en reste pas moins que son homologue de la République islamique d’Iran a dénoncé avec force, au cours de ce débat général, l’« agression sauvage » dont son pays a été victime au mois de juin, « par les régimes sioniste et américain ».  Il y a vu une « violation grave de la diplomatie » qui a porté un coup énorme à la confiance internationale et aux perspectives mêmes de la paix dans la région. 

Imperturbable devant les huées et le départ de plusieurs délégations de la salle de l’Assemblée générale, compte tenu des agissements de son gouvernement à Gaza, le Premier Ministre d’Israël a appelé à des sanctions fermes contre l’Iran, après s’être félicité d’avoir « dévasté » le programme de missiles balistiques et d’armements nucléaires de ce dernier.  Nous ne laisserons pas ce pays reconstituer ses capacités nucléaires, a-t-il martelé même si l’Iran a continué de nier toute belligérance.

Autre front, autre signe d’une paix élusive: le Président de la République démocratique du Congo (RDC) a dénoncé le fait que la guerre qui perdure dans l’est de son pays s’est muée en « entreprise prédatrice » de pillage des ressources naturelles.  Ce n’est pas seulement un conflit.  C’est un génocide silencieux qui frappe le peuple congolais depuis plus de 30 ans.  Tant que l’Accord de Washington du 27 juin 2025 ne sera pas exécuté, le sang des Congolais continuera de couler, a prévenu le Président.  

Nous sommes préoccupés par la militarisation renouvelée de la RDC, a rétorqué le Ministre des affaires étrangères du Rwanda, en voyant là un acte contraire à la lettre et à l’esprit de l’Accord de Washington qu’il a présenté comme, « une occasion en or de mettre fin à ce conflit qui dure depuis bien trop longtemps ».  Le Ministre s’est également dit inquiet de la persistance d’une idéologie génocidaire dans l’est de la RDC.

Aucune inquiétude du côté du Pakistan.  Son Premier Ministre s’est réjoui de ce que « l’agression non provoquée » de son voisin de l’est ait conduit à l’anéantissement de sept avions de chasse indiens, dans une riposte ferme « qui retentira à jamais dans les annales de l’histoire ».  « L’ennemi a été renvoyé la queue entre les jambes et le nez ensanglanté », s’est félicité le Premier Ministre qui a réaffirmé sa solidarité avec la population du Jammu-et-Cachemire. 

Sans le citer nommément, le Ministre des affaires étrangères de l’Inde a qualifié son voisin d’« épicentre du terrorisme mondial » et a appelé au renforcement de la coopération internationale face à cette « menace partagée ».  Il faut condamner sans équivoque les nations qui « font du terrorisme une politique d’État » ou qui en font l’apologie.  Ceux qui aident les parrains du terrorisme se rendront compte que le serpent finit par se mordre la queue, a ajouté le Ministre indien.

Catastrophes climatiques 

Le Président Trump ne s’est pas arrêté à l’incapacité de l’ONU de résoudre les conflits.  Il l’a aussi accusée de participer à « la plus grande escroquerie de l’histoire de l’humanité », à savoir les changements climatiques.  « Tout cela s’est révélé faux et a coûté des fortunes », a-t-il dit, justifiant le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat.  Sur ce dossier comme sur beaucoup d’autres sujets de « l’agenda mondialiste », nous nous sommes trop longtemps laissé abuser par le reste du monde. 

Abuser?   Venez chez nous, voyez de vos propres yeux ce à quoi la région du Pacifique est confrontée! a lancé le Président des Palaos.  Chez nous, les changements climatiques ne sont pas une menace du futur, mais une réalité du présent, a renchéri le Président du Botswana.  La crise climatique n’est pas un simple phénomène météorologique pour les petits États insulaires: c’est notre quotidien, a confirmé le Premier Ministre d’Antigua-et-Barbuda. 

Il ne s’agit pas d’une menace lointaine, mais bien d’un danger immédiat qui exige une action urgente, a témoigné le Premier Ministre du Bhoutan, alarmé par la fonte rapide de glaciers centenaires.  Le Premier Ministre des Îles Salomon a vu une « source d’espoir » dans l’avis consultatif « historique » rendu en juillet dernier par la Cour internationale de Justice (CIJ) concernant l’obligation faite aux États de protéger le système climatique en vertu du droit international, ainsi que leurs responsabilités envers les États les plus touchés, tels que les PEID.

Donner la priorité à l’action climatique, a ajouté aujourd’hui même le Ministre des affaires étrangères de Sainte-Lucie, n’est pas seulement un problème écologique mais bien l’obligation morale de protéger la vie humaine, de maintenir la stabilité mondiale et d’assurer un avenir viable et équitable pour tous. 

« Le monde a besoin d’un nouveau départ »

En tenant ces propos, la Première Ministre de la Barbade a expliqué que chaque crise mondiale dissimule une crise de la vérité et de la confiance.  Nous devons avant toute chose déterminer si nous partageons toujours les mêmes valeurs qui sous-tendent la Charte.

Pour préserver l’ordre fondé sur des règles à un moment où d’autres refusent de le financer, nous devons nous rappeler que si un, deux ou trois pays quittent l’ONU de 193 membres, la somme de ce qui reste n’est pas égale à zéro.

« Avec une ONU forte, nous pouvons construire un monde où les faibles ne “souffrent pas ce qu’ils doivent souffrir”, mais vivent dans la justice qu’ils méritent », a souligné le Président de l’Indonésie.  En entrant dans sa neuvième décennie d’existence, « l’ONU se trouve à un tournant existentiel », a prévenu le Président du Portugal.

Sans une transformation, un renforcement, un renouveau, elle sera marginalisée et nous serons à la merci de la loi du plus fort, a-t-il estimé.  Il a exhorté l’Organisation à s’adapter à l’époque pour ne pas subir le même sort que feue la Société des Nations.  La réforme de l’ONU est « une nécessité stratégique, et non un sujet de réflexion sans fin », a acquiescé le Président du Kazakhstan. 

Il est temps de grandir et de changer, a acquiescé aujourd’hui la Présidente de l’Assemblée générale.  L’Initiative ONU80 et l’agenda de la réforme nous offrent une voie concrète pour rendre cette institution meilleure, plus forte, plus efficace et à la hauteur de la tâche, a-t-elle fait valoir. 

Il ne s’agit pas seulement de réduire les budgets mais aussi de renforcer la prestation des services.  Nous parlons ici, a insisté la Présidente, de priorités pour ceux qui regardent le drapeau bleu avec espoir même dans les heures les plus sombres et ceux qui, vivant dans la paix et la sécurité sociale, voient toujours les avantages et la pertinence de l’ONU.

Nous sommes capables de renforcer notre leadership commun, de trouver des solutions ensemble et de choisir la bonne voie à ce tournant.  Laissons-nous nous inspirer par notre passé et parions sur un avenir meilleur, sans crainte, ensemble et unis, a conclu Mme Annalena Baerbock. 

Retrouvez ci-dessous tous les articles de blog de la séance 

Érythrée: le Ministre des affaires étrangères appelle à répondre aux aspirations de l’humanité et à lever les sanctions imposées à son pays et à Cuba

« C’est l’injustice économique qui est le premier défi de toute l’humanité »
(Ministre des affaires étrangères de l’Érythrée)

M. Osman Saleh Mohammed, Ministre des affaires étrangères de l’Érythrée, a pointé l’échec des Nations Unies à préserver la paix et la sécurité dans le monde depuis la création de l’ONU, en particulier après la fin de la guerre froide.

Pointant avant tout l’injustice économique, il a observé que la crise de la dette est la manifestation la plus visible de cette situation à laquelle les populations répondent par des manifestations de plus en plus fréquentes. Pour y remédier, il faut faire advenir un nouvel ordre pour remplacer les structures de gouvernance mondiale actuelles, a-t-il préconisé.

M. Osman Saleh Mohammed a détaillé les aspirations de l’humanité, parmi lesquelles la paix et la stabilité, la justice, l’équité, le respect mutuel et la cohésion, tout ce qui peut renforcer la paix à tous les niveaux et faciliter la mise en place de structures essentielles. 

Il faut renforcer les mécanismes de coordination pour corriger les injustices historiques telles que la domination, la tromperie, la contrainte, l’intimidation, le pillage ou encore la monopolisation, a-t-il lancé à l’Assemblée générale.

Enfin, les sanctions unilatérales, notamment le blocus vieux de 60 ans imposé à Cuba, l’ont conduit à demander leur levée, à commencer par celles contre l’Érythrée.

Sainte-Lucie: le Ministre des affaires étrangères Baptiste exhorte à donner la priorité à l’action climatique

« Prioriser l’action climatique n’est pas seulement une question environnementale, mais une obligation morale pour protéger la vie humaine, préserver la stabilité mondiale et garantir un avenir durable et équitable pour tous »
(Ministre des affaires étrangères, du commerce international, de l’aviation civile et de la diaspora de Sainte-Lucie)

M. Alva Romanus Baptiste a souligné qu’il ne fait aucun doute que les changements climatiques constituent le défi le plus important et le plus redoutable auquel sont confrontés les petits États insulaires en développement (PEID), signalant que les dernières projections scientifiques laissent présager un « avenir sombre ». 

Il est donc urgent d’accélérer la dynamique mondiale en faveur des objectifs ambitieux définis dans les différents accords internationaux et programmes de développement, a-t-il estimé, insistant sur la nécessité de prendre en compte les vulnérabilités et les circonstances particulières des PEID.

Le Ministre s’est par ailleurs longuement attardé sur la situation à Gaza, appelant à mettre un terme au « carnage ».  Il a aussi demandé la levée de l’embargo américain imposé à Cuba et sa suppression de la liste des États parrainant le terrorisme, au motif que ces mesures entravent le progrès et la stabilité régionales. 

De même, il a prévenu que sans action immédiate, Haïti risque de sombrer dans le chaos, ce qui déstabiliserait la région.  Il a dit être extrêmement préoccupé par le manque criant de personnel et d’équipement dont la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) a besoin pour mener à bien son mandat. 

Le Ministre s’est aussi inquiété de l’aggravation des tensions entre le Venezuela et les États-Unis et a appelé à préserver la région des Caraïbes comme zone de paix.

Zambie: le Ministre des affaires étrangères Haimbe appelle les États Membres et les partenaires du développement à accorder la priorité aux dépenses de santé

« C’est un investissement stratégique car le capital humain est la plus grande richesse de tout pays »
(Ministre des affaires étrangères de la Zambie)

Le Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale de la Zambie, M. Mulambo Hamakuni Haimbe, a donné l’exemple de son pays qui a notamment renforcé les filets de sécurité sociaux.  Le pays est d’ailleurs engagé dans des réformes économiques ambitieuses, après une sécheresse dévastatrice en 2024, s’est félicité le Ministre en mettant en avant ses progrès en matière d’éducation gratuite, de santé publique et de protection sociale, avec plus de 6,5% des ménages couverts par des transferts monétaires.

Pour mieux accompagner le développement de pays comme le sien, il a souligné la nécessité de combler le fossé de financement annuel de 4 000 milliards de dollars – la somme nécessaire pour que tous les pays atteignent les objectifs de développement durable (ODD) d’ici à 2030. 

La Zambie ayant été cofacilitatrice de la Conférence internationale sur le financement du développement, tenue à Séville cet été, le Ministre a relayé l’appel à une réforme de l’architecture financière internationale pour mieux représenter les pays en développement dans les instances financières mondiales et mieux lutter contre l’endettement insoutenable.

M. Haimbe a également salué le Programme d’action d’Avaza pour les pays en développement sans littoral, qui vise à transformer les défis structurels en opportunités de connectivité et de croissance.

Enfin, le Ministre a réitéré son soutien à la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU, dénonçant l’absence de siège permanent pour l’Afrique comme une « injustice historique ».

Le Canada ne se repliera pas sur lui-même, affirme la Ministre des affaires étrangères Anand

« Le Canada reste un partenaire stable et fiable pour les activités économiques et la sécurité internationale »
(Ministre des affaires étrangères du Canada)

Mme Anita Anand, Ministre des affaires étrangères du Canada, a déclaré que le Canada n’a pas peur face aux défis mondiaux, soulignant que son pays reste un partenaire stable et fiable pour les activités économiques et la sécurité internationale.

Elle a constaté que le monde fait face à une nouvelle réalité, marquée par la monté de l’unilatéralisme et du protectionnisme.  Le Canada ne se repliera pas sur lui-même mais œuvrera au renforcement des organisations multilatérales, a-t-elle dit, évoquant en outre son rôle au sein de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD).

Elle a également indiqué que son pays se mobilisera pour faire en sorte que l’Arctique reste une région de paix, de coopération et de développement durable.

Il faut renforcer le multilatéralisme en réformant les institutions internationales, a-t-elle souligné.

La Ministre a par ailleurs relevé que les conflits coûtent 14 milliards de dollars par an à l’économie mondiale.  Elle a détaillé l’aide apportée par Ottawa à l’Ukraine et à Gaza, exprimant son soutien à la solution des deux États et exhortant à un cessez-le-feu. La reconnaissance par le Canada de l’État de Palestine la semaine dernière reflète une politique canadienne existant depuis longtemps fondée sur le droit du peuple palestinien à l'autodétermination, a-t-elle dit.  

Elle a par ailleurs indiqué qu’en Haïti, le Canada appuie les efforts déployés au Conseil de sécurité pour établir une nouvelle mission visant à éliminer la violence des gangs, à rétablir la gouvernance et à ouvrir la voie à une démocratie stable et à une plus grande sécurité régionale. 

Honduras: appel à réformer la Charte des Nations Unies et à démocratiser le Conseil de sécurité

« Nous ne pouvons pas continuer de maintenir un ordre mondial basé sur les privilèges et les inégalités »
(Secrétaire d’État aux affaires étrangères et à la coopération internationale)

Pour que l’ONU survive et ne soit pas un spectateur impuissant, il est indispensable de réformer la Charte des Nations Unies, notamment en démocratisant le Conseil de sécurité, a plaidé M. Javier Bú Soto, Secrétaire d’État aux affaires étrangères et à la coopération internationale du Honduras.  Le veto a permis de couvrir en toute impunité ceux qui commettent des crimes de guerre, a-t-il déploré. 

Le Secrétaire d’État a donc demandé d’élargir le nombre de membres permanents et non permanents du Conseil, en garantissant une représentation régionale équitable.  Il a aussi demandé de supprimer le droit de veto, en particulier lorsqu’il s’agit de rechercher la paix, d’exiger un cessez-le-feu ou d’empêcher des génocides, des crimes de guerre ou des violations massives des droits humains.

M. Bú Soto a également exprimé son souci de renforcer le rôle de l’Assemblée générale en lui conférant un pouvoir contraignant accru dans les décisions relatives à la paix, à la sécurité et au développement.  L’Assemblée doit aussi ouvrir les espaces de décisions aux femmes, aux peuples autochtones, aux jeunes et aux diasporas. 

« Nous ne resterons pas silencieux face à l’injustice », a ajouté le Secrétaire d’État, véhément face à la « narco-dictature » qui s’était installée dans son pays.  C’est pourquoi, a-t-il expliqué, son gouvernement a entamé un processus de refondation de la patrie et une transformation profonde, axée sur le bien-être des majorités sacrifiées par la narco-dictature et historiquement exclues par le modèle économique néolibéral.  

Cela s’est traduit par le fait que plus d’un million de Honduriens sont sortis de la pauvreté au cours de ces trois années, s’est félicité M. Bú Soto en signalant aussi que le Honduras a clôturé l’année 2024 avec un taux de 26 homicides pour 100 000 habitants, le plus bas depuis 20 ans.  Il a aussi parlé des efforts de son pays pour restaurer ses forêts grâce au programme « zéro déforestation d’ici à 2030 ».  

Burundi: le Ministre des affaires étrangères demande de reconnaître le génocide contre les Hutus commis en 1972 dans son pays

« Le Burundi sollicite le soutien de tous les États Membres au processus de reconnaissance du génocide commis contre les Hutus du Burundi en 1972 »
(Ministre des affaires étrangères du Burundi)

M. Edouard Bizimana, Ministre des affaires étrangères, de l’intégration régionale et de la coopération au développement du Burundi, a misé sur l’élan de refondation du multilatéralisme basé sur la justice, le dialogue et la vérité. La reconnaissance des injustices historiques s’impose comme un socle essentiel pour bâtir une paix durable, a-t-il dit.

« C’est pourquoi le Burundi tient à réaffirmer l’importance de la reconnaissance du génocide commis contre les Hutus du Burundi en 1972, une question déjà portée à l’attention de cette Assemblée générale des Nations Unies lors de sa soixante-dix-neuvième session.  Le Burundi sollicite humblement le soutien de tous les États Membres des Nations Unies au processus de reconnaissance de ce génocide. »

Le Ministre a déclaré qu’en sa qualité de membre du Conseil des droits de l’homme, le Burundi s’inscrira toujours en faux contre toute forme de hiérarchisation et d’instrumentalisation politique des droits humains. 

Il a dénoncé à cet égard les mécanismes spéciaux qui sont parfois imposés à certains pays, dont le Burundi, « pour des raisons plutôt subjectives », avant de réitérer la demande du Burundi de retirer l’initiative d’extension du mandat du fameux rapporteur spécial des droits de l’homme au Burundi « qui, depuis 10 ans, publie des rapports biaisés et tendancieux sur le Burundi comme si le pays et le temps sont depuis lors restés figés ». 

Le Ministre a également rappelé que l’Afrique reste le seul continent qui, depuis 80 ans, ne dispose pas d’un siège permanent au sein du Conseil de sécurité, et a appelé à concrétiser la réforme du Conseil de sécurité, attendue depuis des décennies. 

Algérie: le Ministre des affaires étrangères Attaf met en garde contre l’effacement de l’État de Palestine et dénonce les propos du Mali

Le Ministre des affaires étrangères de l’Algérie a mis en garde contre l’effacement de l’État de Palestine et l’élimination de la solution des deux États, en raison de la politique du « Grand Israël » menée par ce pays.  « La création d’un État palestinien n’est pas un choix, mais une nécessité, pas une faveur, mais un droit », a-t-il souligné.  

M. Ahmed Attaf a ensuite abordé la question du Sahara occidental, un territoire dont la population, a-t-il dit, aspire à la fin de la décolonisation.  Pour le Ministre, toute solution à ce dossier doit reposer sur ces cinq éléments: son application devra être conduite sous les auspices de l’ONU; elle devra découler d’une négociation directe entre le Front POLISARIO et le Maroc; elle ne devra pas être imposée à l’une ou toutes les parties; elle devra être conforme aux principes de décolonisation de l’ONU; elle devra donner au peuple sahraoui la possibilité d’exercer son droit à l’autodétermination. 

Après avoir appelé à mettre un terme aux intervenions étrangères en Libye, le Ministre a vivement dénoncé les propos d’un « membre du coup d’État au Mali », qui a « ose » s’en prendre à l’Algérie dans son intervention au débat général.  « Les sommets de bassesse, de vulgarité et de grossièreté atteints par ce faux poète mais vrai putschiste, ne sont rien d’autre que logorrhée de soudard, son bavardage de caniveau ne mérite que le mépris et n’inspire que le dégoût », a-t-il répété en arabe puis en français.  

Le rétablissement de la sécurité et d’une gouvernance à la hauteur de l’histoire du Mali sont des taches plus nobles à poursuivre, a estimé M. Attaf selon qui les liens entre l’Algérie et le Mali ne seront pas ébranlés par ces « dirigeants arrivés par accident ». 

Nicaragua: le Ministre des affaires étrangères mise sur la fraternité mais dénonce les « barbaries xénophobes » et « l’égoïsme de ceux qui croient posséder le monde »

« L’unité et la fraternité doivent être notre chemin, avec courage et fierté, pour continuer à construire ce monde qui prend forme et deviendra un nouvel avenir »
(Ministre des affaires étrangères du Nicaragua)

M. Denis Rolando Moncada Colindres, Ministre des affaires étrangères du Nicaragua, a « dénoncé et condamné, en tant que peuples victimes de discrimination et de barbarie xénophobes, la brutalité et le manque total de compassion avec lesquels nous avons été et sommes encore traités par des pays dont la richesse repose sur le pillage de nos propres ressources ».  Il s’est élevé contre la « prétention suprémaciste d’annihiler, de soumettre de s’approprier nos cultures ».  

« Le devoir qui est le nôtre est de défendre notre patrimoine spirituel, social et matériel. » 

Le Ministre a condamné, avec tous les peuples du monde, « les politiques horribles, odieuses et exécrables de blocus économique criminel, d’agression par des mesures coercitives, arbitraires et unilatérales, ainsi que les terribles politiques de migration qui ignorent les droits humains, les violent et reflètent l’égoïsme et le mépris de ceux qui croient posséder le monde ».   

Il a réaffirmé la solidarité et la fraternité totales et inconditionnelles du Nicaragua avec Cuba et le Venezuela.  En effet, « le Nicaragua et la révolution populaire sandiniste s’identifient pleinement aux luttes et aux victoires indispensables qui sont construites dans ces terres de liberté, de dignité et de souveraineté », a-t-il expliqué.  

Le Ministre a réaffirmé « la condamnation historique et permanente du génocide, de la politique barbare de négation du peuple palestinien, ainsi que de tous les massacres sauvages et brutaux qui se perpétuent et se répandent sous le regard complice du monde entier ».

Saint-Siège: le Secrétaire aux relations avec les États exhorte à renforcer le multilatéralisme et la primauté du droit

Le Secrétaire aux relations avec les États du Saint-Siège a appelé au multilatéralisme, à la solidarité et à la défense des droits humains dans un monde fragmenté, rappelant que l’unité favorise la résilience et le progrès partagé, tandis que l’isolement engendre l’instabilité.  

Parmi les crises prioritaires, l’archevêque Paul Richard Gallagher a appelé à un cessez-le-feu immédiat en Ukraine et à parvenir à une paix juste et durable entre Israël et la Palestine fondée sur une solution à deux États.  Il a aussi insisté sur une transition pacifique en Syrie.  En Afrique, il a exprimé ses préoccupations face à l’instabilité persistante au Sahel, en République démocratique du Congo, au Soudan et au Soudan du Sud, tout en appelant à des investissements dans l’éducation, la santé et la gouvernance inclusive. 

L’archevêque Gallagher s’est également inquiété de la violence liée au trafic de drogues en Amérique latine, des tensions dans les Caraïbes et de la dégradation de la situation en Haïti et au Nicaragua.  En Asie du Sud-Est, il a dénoncé les conséquences du conflit au Myanmar et la montée de la criminalité transnationale, tout en appelant au dialogue dans les Balkans et à la réconciliation dans le Caucase. 

À l’occasion du quatre-vingtième anniversaire de l’ONU, le Saint-Siège a enfin appelé à redonner vie au multilatéralisme, en restant fidèle aux principes de la Charte et en réaffirmant la primauté du droit comme fondement d’un ordre international juste. 

RPDC: le Vice-Ministre des affaires étrangères appelle à préserver un rapport d’équilibre dans la péninsule coréenne

Le Vice-Ministre des affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) a jugé impératif de renforcer la représentation des pays en développement qui constituent la majorité absolue des membres de l’ONU et de corriger « l’inadéquate structure du Conseil de sécurité dirigé par les Occidentaux ».

M. Kim Son Gyong a indiqué que la péninsule coréenne fait plus que jamais face à de graves défis: « Il n’y a aucun autre endroit au monde où la plus grande puissance nucléaire et ses alliés conduisent des manœuvres de guerre toute l’année. ».  

Il a dit que quelques jours avant le début du débat général, les États-Unis et leurs alliés ont mené des simulations de conflit visant à maîtriser les tactiques d’une attaque nucléaire contre la RPDC selon un scénario du fait accompli.  

Afin de préserver un rapport d’équilibre et une paix durable dans la péninsule coréenne, le programme nucléaire est inclus dans notre Constitution comme un élément sacré et absolu, qui ne peut être altéré.  « Nous ne renoncerons jamais à notre souveraineté et à notre droit à exister et nous ne violerons jamais la Constitution. »  

Il a ensuite détaillé la politique de développement de son pays.  La RPDC suit avec détermination la voie qu’elle s’est choisie sans vaciller, en dépit du désordre politique mondial. 

République de Moldova: le résultat des élections moldaves est une victoire pour l’Europe, affirme le Représentant permanent

Le Représentant permanent de la République de Moldova s’est félicité du résultat des élections parlementaires moldaves organisées hier, dimanche 28 septembre, affirmant que le peuple moldave est parvenu à défendre la démocratie malgré les ingérences de la Fédération de Russie. 

Ces élections étaient un test pour savoir si une petite nation a la capacité de résister aux tentatives d’éroder ses institutions.  La République de Moldova a réussi ce test et le peuple moldave a refusé d’être intimidé et trompé.  C’est une victoire pour toute l’Europe! s’est-il exclamé. 

Il a dénoncé la guerre hybride dont est victime son pays, indiquant que les ingérences, qui ont commencé bien avant les élections et étaient caractérisées par la propagation de faux discours et des atteintes contre les dispositifs électoraux, ne se termineront pas après. 

Il a réclamé une coopération plus forte pour sauvegarder les démocraties des nouvelles menaces.  L’entrée de la République de Moldova dans l’Union européenne sera un chemin difficile, notamment en raison des menaces russes, mais nous sommes résolus à le poursuivre, a-t-il affirmé. 

Rappelant par ailleurs que son pays partage 1 200 kilomètres de frontière avec l’Ukraine, il a affirmé que la guerre qu’y mène la Fédération de Russie est une guerre menée contre l’Europe et la liberté.  « La République de Moldova peut vivre en paix parce que l’Ukraine résiste. » 

Malawi: un pays qui appuie les femmes et les jeunes, selon la Représentante permanente

« Il est essentiel que notre réflexion sur la paix soit intrinsèquement liée à la résilience climatique, à l’agriculture durable et à la souveraineté alimentaire »
(Représentante permanente du Malawi)

La Représentante permanente du Malawi a insisté sur l’importance du déploiement de femmes Casques bleus, soulignant que leur intégration dans les forces de maintien de la paix a prouvé son efficacité, non seulement pour les missions elles-mêmes, mais aussi pour les communautés servies.  

Elle s’est également enorgueillie des progrès considérables enregistrés par le Malawi en matière d’autonomisation des femmes et des filles.  Notre conviction en faveur de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes est motivée par la reconnaissance que les femmes et les filles sont le fondement sur lequel repose le progrès social, a-t-elle affirmé. 

La représentante a ensuite indiqué que les jeunes représentent une part importante de la population du Malawi, et constituent une force indispensable pour le développement durable du pays.  C’est pourquoi le Gouvernement du Malawi a élaboré une politique nationale de la jeunesse 2023-2028 afin d’entreprendre des réformes favorisant leur participation effective à l’élaboration, à la mise en œuvre et au suivi des politiques dans tous les secteurs, à commencer par la paix et la sécurité, l’innovation et l’entrepreneuriat. 

Népal: la génération Z se mobilise pour un avenir juste et équitable 

« Début septembre, la jeunesse népalaise, menée par la Gen-Z, a massivement manifesté pour exiger une gouvernance transparente, responsable et équitable »
(Représentant permanent du Népal)

Le délégué népalais a regretté que « ces manifestations, bien que porteuses d’aspirations légitimes pour une gouvernance transparente et équitable », aient dégénéré en violences, faisant des victimes et laissant des cicatrices profondes dans la société népalaise.  Il a rappelé la formation, depuis lors, d’un Gouvernement intérimaire, dirigé pour la première fois par une femme Première Ministre, et la perspective des élections générales prévues pour le 5 mars 2026.

Le délégué n’a pas manqué de rappeler que son pays reste le principal contributeur de troupes de maintien de la paix de l’ONU.  Le Népal occupe de plus la présidence du Bureau de coordination internationale du Groupe des pays les moins avancés et a co-facilité la Conférence internationale sur le financement du développement, tenue à Séville cet été.  En tant également que Président de l’ECOSOC, il promeut un développement inclusif et durable ainsi qu’une réforme financière internationale.  

Le délégué a réaffirmé sa préoccupation face aux crises en Ukraine et à Gaza, réitérant son soutien à une solution à deux États pour Israël et la Palestine. Il a appelé à la libération immédiate de Bipin Joshi, étudiant népalais retenu en otage par le Hamas depuis le 7 octobre 2023. 

Autre préoccupation du Népal exprimé devant l’Assemblée: la fonte accélérée des glaciers himalayens.  Le délégué a ainsi fait part de la conférence organisée par son pays en mai 2025, le Sagarmatha Sambaad (Dialogue de l’Everest) sur le thème « Changement climatique, montagnes et l’avenir de l’humanité », qui a appelé à une action climatique urgente et concertée. 

Djibouti: le Représentant permanent salue l’Engagement de Seville 

Dans un premier temps, le Représentant permanent de Djibouti s’est inquiété de la paralysie du Conseil de sécurité en raison du recours devenu systématique au veto et de la remise en cause du droit international.  Il a également constaté que la crise de confiance entre États est aggravée par la grave crise de liquidités due à la persistance d’arriérés de contributions. 

De même, M. Mohamed Siad Doualeh a relevé que l’aide publique accuse un recul préoccupant et que le monde est confronté à un déficit annuel de 4 000 milliards de dollars pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD).  

Il a salué l’adoption de l’Engagement de Séville, « source de nouvel espoir »: il appelle à une réforme de fond, à une gouvernance financière plus inclusive et répond aux aspirations de longue date des pays du Sud, s’est-il félicité, appelant à honorer les engagements qu’il contient. 

Sur le plan régional, le représentant djiboutien s’est inquiété de la menace que continue à poser la milice terroriste Al-Shabaab et a souligné l’importance cruciale de garantir aux forces africaines de la Mission d’appui et de stabilisation de l’Union africaine en Somalie (AUSSOM) des ressources prévisibles, en volume suffisant. 

Il a également signalé que le contentieux concernant la zone de Cap Doumeïra et l’île Doumeïra à la frontière maritime et terrestre avec l’Érythrée, ainsi que la question des prisonniers de guerre, ne sont toujours pas réglés.  « Nous réaffirmons notre volonté de travailler avec nos voisins afin de trouver une solution pacifique sur la base du droit international. »

Danemark: « l’ONU est plus essentielle que jamais » 

« Sans l’ONU, le monde serait dans un état bien pire.  Mais comme le monde change, l’ONU doit aussi changer. »
(Représentante permanente du Danemark)

Ces dernières années, « les guerres sont de retour.  L’extrême pauvreté est en hausse.  Le droit international est sous pression.  Cela signifie-t-il que l’ONU est devenue inutile?  Bien sûr que non ».

Citant le Pacte pour l’avenir, la déléguée a rappelé l’engagement à moderniser la gouvernance mondiale, à élargir le Conseil de sécurité et à réformer l’architecture financière internationale. 

S’agissant de l’Initiative de réforme ONU80, la déléguée a souhaité maintenant des propositions plus concrètes sur la manière d’adapter le système des Nations Unies aux nouvelles réalités.  

En tant que membre élu du Conseil de sécurité, le Danemark s’efforce de veiller à ce que le Conseil remplisse son mandat essentiel.  Toutefois, trop souvent, les résultats ne sont pas au rendez-vous, a regretté la représentante: « de la guerre qui fait rage au Soudan à la suppression des droits des femmes en Afghanistan, de la spirale de violence des gangs en Haïti à la crise au Myanmar, en passant par l’instabilité dans le Sahel; sans parler de la situation horrible à Gaza ». 

Sur l’Ukraine, la représentante a appelé à soutenir l’armée ukrainienne, « qui se bat pour protéger son peuple, son territoire et sa liberté comme elle se bat pour défendre les principes mêmes qui définissent l’ordre mondial fondé sur les Nations Unies ».  

Après avoir rappelé sa promesse tenue de verser 0,7% de son PIB à l’aide publique au développement, et son engagement dans la lutte contre les changements climatiques, la déléguée a exprimé le souhait de voir une femme prendre la tête de l’ONU.

Bénin: la diplomatie préventive doit retrouver sa place dans l’action de l’ONU, plaide la délégation

« Prévenir un conflit coûte toujours moins cher, humainement et financièrement, que d’en gérer les conséquences comme c’est le cas dans notre sous-région (...) face à la menace du terrorisme, de l’extrémisme violent et de la criminalité transnationale »
(Représentant permanent du Bénin)

« La force du droit doit toujours prévaloir sur le droit de la force », a déclaré le délégué du Bénin avant de plaider pour que la diplomatie préventive retrouve toute sa place dans l’action de l’Organisation des Nations Unies.  

Il a évoqué la situation dans la partie septentrionale du Bénin qui subit les attaques des mouvements terroristes, notamment du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) dans la zone frontalière avec les pays du Sahel.

Le délégué s’est toutefois réjoui des « résultats appréciables » enregistrés par le Bénin en matière d’objectifs de développement durable, avec près de 60% des 49 cibles priorisées en bonne voie d’être atteintes.  Le pays est au 1er rang mondial en termes de progression depuis 2015.

Concernant l’ONU, le délégué a estimé que la meilleure réponse aux problèmes récurrents de liquidité réside dans le respect par les États Membres de leur obligation de payer leurs contributions, « dans leur intégralité, à temps et sans condition ».  Il a aussi souligné l’urgence d’une reforme approfondie du Conseil de sécurité en apportant son soutien à la position commune africaine, exprimée dans le consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte.   

Vanuatu: le Représentant permanent plaide pour la reconnaissance de l’écocide comme crime international 

Le Représentant permanent de Vanuatu a souligné l’urgence de la situation des petits États insulaires en développement (PEID), incapables d’affronter seuls les crises climatiques, l’insécurité mondiale et les bouleversements technologiques.  

Le représentant a indiqué que son pays a été durement touché par des cyclones de catégorie 4 à 5, qui ont détruit jusqu’à 60% de son économie, ainsi que par un séisme dévastateur en décembre 2024.  Chaque catastrophe retarde la reprise et met à l’épreuve la résilience d’une nation déjà vulnérable, a-t-il déploré. 

Il a également dénoncé les difficultés économiques aggravées par des mesures internationales injustes, comme la mise sur liste noire financière et la dégradation des relations bancaires, qui entravent l’accès aux fonds et découragent les investissements étrangers.  

Le délégué a ensuite rappelé le rôle clef joué par Vanuatu dans l’obtention d’un avis historique de la Cour internationale de Justice (CIJ) en juillet 2025, reconnaissant les obligations légales des États dans la lutte contre les changements climatiques.  

Port-Vila appelle désormais à l’inscription de l’écocide comme crime international, afin de renforcer la protection de l’environnement et des droits des générations futures. 

Enfin, il a soutenu le dialogue en cours pour une solution pacifique en Nouvelle-Calédonie. 

Timor-Leste: le Représentant permanent s’inquiète de l’érosion du droit international

Le Représentant permanent du Timor-Leste a indiqué que pour des petits pays comme le sien, le droit est la seule garantie de justice, de souveraineté et d’indépendance. Très préoccupé par l’érosion du droit international humanitaire, il a appelé tous les États à renouveler leur engagement en faveur d’un règlement pacifique de leurs différends. L’Assemblée devrait être dotée de pouvoirs accrus s’agissant de la sécurité internationale, afin d’empêcher qu’un seul État ne paralyse le système de sécurité de l’ONU, et le Conseil doit être réformé pour être plus représentatif et efficace, a-t-il estimé. 

Le représentant a également appelé à honorer les engagements pris au titre de l’Accord de Paris et du Pacte climatique de Glasgow, avec notamment l’allocation des ressources nécessaires à une véritable justice climatique. Après avoir salué l’entrée en vigueur prochaine de l’Accord sur la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (dit Accord BBNJ), il a rappelé que l’espoir en un monde meilleur réside dans le multilatéralisme, le respect du droit et le dialogue. 

Restons « intacts » et « unis »: l’invitation de la Présidente de l’Assemblée générale aux 189 États Membres qui se sont exprimés pendant la semaine de haut niveau

Si la semaine de haut niveau est un indicateur, cette « maison de la diplomatie et du dialogue » a rempli pleinement sa mission : l’ONU reste pertinente, a déclaré la Présidente de l’Assemblée générale, Mme Annalena Baerbock à la fin du débat général. 

« Au cours de la semaine écoulée, 189 États Membres se sont exprimés, dont 83 chefs d’État, 41 chefs de gouvernement et 45 ministres. » 

La Présidente allemande de la quatre-vingtième session de l’Assemblée générale n’a pas manqué de remercier le pays hôte -les États-Unis- pour leur soutien constant et généreux, tout en rappelant que l’Accord de siège garantit l’accès de toutes les délégations, y compris dans les moments les plus difficiles.  

Gaza, l’Ukraine et le Soudan

Elle a souligné que les discussions de la semaine ont porté principalement sur la paix et la sécurité, avec un accent particulier sur Gaza, l’Ukraine et le Soudan.  La Présidente a rappelé que les États Membres doivent agir pour mettre fin aux violences, protéger les civils, renforcer l’aide humanitaire et poursuivre une solution durable à deux États pour Israël et la Palestine.  

La reconnaissance de l’État de Palestine par 11 pays supplémentaires et la Déclaration de New York ont été citées comme des signes de progrès diplomatique, malgré une situation sur le terrain toujours catastrophique.  

L’urgence climatique

Par ailleurs, la Présidente a insisté sur l’urgence climatique, en soulignant l’importance des investissements massifs dans les énergies renouvelables et le rôle de la coopération internationale pour atteindre les objectifs de développement durable d’ici à 2030.  Le financement du développement durable et les réformes financières ont été identifiés comme des priorités cruciales pour permettre aux pays vulnérables, par exemple les Bahamas, de renforcer leur résilience face aux crises climatiques et économiques.  

Le leadership des femmes

La Présidente a également évoqué l’importance des droits des femmes et de l’égalité des genres, en saluant l’exemple des dirigeantes présentes lors de la célébration des 30 ans de la Conférence de Beijing, ainsi que le rôle de l’ONU pour favoriser la représentation et le leadership féminin.  Et peu de mots ont suscité autant d’applaudissements de la part de l’Assemblée que la mention d’une future et éventuelle « Madame la Secrétaire générale ».

L’intelligence artificielle

Enfin, elle a abordé les opportunités et les risques liés à l’intelligence artificielle, insistant sur la nécessité de la gérer de manière équitable et responsable, au service de l’humanité, tout en évitant que les biais historiques ne se reproduisent.  

La Présidente a conclu en appelant les États Membres à transformer l’énergie collective de cette semaine en actions concrètes, à renforcer l’ONU par ses réformes et à agir de manière coordonnée pour relever les défis mondiaux.  Elle a réaffirmé que l’ONU reste indispensable pour soutenir les pays en temps de crise, favoriser la coopération internationale et construire un avenir durable et « Meilleur ensemble ».  

Droits de réponse: Mali, Maroc, Algérie, Mali

Avant la levée de la séance, qui marquait la fin du débat général, plusieurs États ont exercé leur droit de réponse. 

Mali: exerçant son droit de réponse après la déclaration du Ministre des affaires étrangères de l’Algérie, le représentant malien a dénoncé « les ingérences du régime algérien dans les affaires intérieures du Mali et la destruction d’un drone malien le 31 mars dernier ».  Il s’est désolé du fait que la demande d’explication à l’Algérie soit restée lettre morte.  Pour le Mali, le drone malien a été détruit à la suite d’une action hostile et préméditée par le régime algérien à 10 kilomètres à l’intérieur du territoire du Mali, « une action hostile inédite dans l’histoire entre les deux pays ».  Cette destruction a pour finalité d’entraver la lutte contre le terrorisme mené par le Mali, a regretté le délégué.  Alors que le Mali a saisi la Cour internationale de Justice (CIJ) sur cet incident, il s’est désolé que l’Algérie refuse la compétence de la Cour et, de ce fait, « montre son mépris du droit international et fait un aveu de culpabilité ».  « L’agression du régime algérien est en totale contradiction avec le soutien du Mali à la lutte d’indépendance du Front national de libération durant la lutte pour l’indépendance de l’Algérie. »  Le délégué a appelé l’Algérie à cesser ses ingérences dans les affaires internes du Mali et ses soutiens aux formations terroristes au Mali. 

Algérie: en réponse, le délégué de l’Algérie a déclaré que son pays ne succombera pas aux « provocations des putschistes » par respect du peuple malien « frère et voisin ». 

Maroc: en réponse à la déclaration du Ministre des affaires étrangères de l’Algérie, le délégué du Maroc a rappelé que c’est son pays qui avait inscrit la question du Sahara à la liste de la décolonisation des Nations Unies et que l’initiative marocaine d’autonomie est considérée comme la seule solution crédible à ce différend.  Il a souligné que quelque 30 consulats étrangers travaillent au Sahara en signe de reconnaissance.  Il a aussi fait valoir que la question du Sahara n’est pas gérée comme une question de décolonisation mais comme une question de paix et de sécurité au Conseil de sécurité. 

Algérie: exerçant son droit de réponse après la déclaration du Maroc, le délégué algérien a indiqué que la question du Sahara occidental est une question de décolonisation.  « L’Algérie est un membre responsable et se saisit de toutes les causes justes. »  L’Algérie est en outre un pays voisin, a souligné le représentant.  « Nous appelons à des négociations de bonne foi entre le Maroc et le Front POLISARIO pour régler cette question. »

Mali: reprenant la parole, le délégué malien a invité les autorités algériennes à donner leur consentement à la requête introductive d’instance que le Mali a formulée auprès de la CIJ.  Il a en outre invité l’Algérie à cesser les actions hostiles contre son pays et à privilégier une approche constructive, respectueuse des relations anciennes fraternelles et de bon voisinage, dans le règlement des différends qui opposent les deux pays. 

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