Quatre-vingtième session,
12e & 13e séances plénières – matin, après-midi & soir
AG/12714

Au cinquième jour du débat général, l’Assemblée en quête d’un nouvel équilibre mondial

Les principes fondateurs des Nations Unies sont menacés, se sont une nouvelle fois inquiétés nombre de chefs de gouvernement et de ministres qui se sont succédé à la tribune de l’Assemblée générale, au cinquième jour du débat général. L’affaiblissement du multilatéralisme, les violations répétées du droit international et les politiques des grandes puissances face aux nombreuses crises auxquelles est confronté le monde et en particulier les États les plus fragiles, ont été largement pointés du doigt.

Certes, « l’ONU n’est pas parfaite, mais elle constitue le meilleur outil d’action multilatérale dont nous disposons », a fait observer, sur une note positive, le Premier Ministre des Bahamas.  Et la plus grande force des Nations Unies n’est pas la force coercitive, mais « son autorité morale, sa légitimité et son pouvoir de rassemblement », a abondé le Vice-Premier Ministre du Cambodge. « L’ONU empêche effectivement une nouvelle guerre mondiale », a reconnu le Ministre des affaires étrangères du Bélarus.  Pour les petits États, le multilatéralisme apparaît non comme une option, mais comme une question existentielle, selon la Ministre des affaires étrangères de l’Islande. Ou encore, comme « une bouée de sauvetage » face aux changements climatiques, aux pandémies, aux inégalités et aux conflits, selon le Ministre des affaires étrangères du Brunéi Darussalam.

Les grandes puissances sur la sellette

Pourtant, la montée de l’isolationnisme et du protectionnisme, les barrières commerciales, le pillage de ressources et les politiques des grandes puissances face aux conflits en cours, aux crises humanitaires et aux effets dévastateurs des changements climatiques ont suscité autant de craintes que d’interrogations. 

D’aucuns, à l’instar du Ministre des affaires étrangères de la Mauritanie, ont plaidé pour une réforme qui rétablisse la confiance dans les Nations Unies. « La réforme n’est plus un choix, c’est notre impératif », a renchéri son homologue de la Malaisie. Comme l’a posé clairement la Ministre islandaise, « lorsque les puissants abandonnent les règles, toutes les nations sont en danger ».  Or, « nous n’avons rien à gagner dans un monde où le droit du plus fort l’emporte », a abondé le Ministre des affaires étrangères de l’Allemagne. 

Le Premier Ministre du Burkina Faso a même qualifié le Conseil de sécurité de « grand fauteur de trouble » et accusé certains de ses membres permanents d’être « eux-mêmes les grands acteurs et principaux financiers des crises de notre époque ».  Il est « divisé par ses intérêts et muet face à de graves injustices », comme en Palestine, a ajouté le Brunéi Darussalam.

M. Sergey Lavrov, Ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie, seul membre permanent du Conseil de sécurité à s’exprimer aujourd’hui, a mis les points sur les « i »: « Nous prônons un respect absolu du principe d’égalité, qui garantit à tous les pays la place qui leur revient dans l’ordre mondial, indépendamment de leur puissance militaire » a-t-il affirmé, avant de dénoncer « les tentatives incessantes de diviser le monde entre « démocraties » et « autocraties », entre « la jungle » et « les jardins en fleurs ».

Critique d’un ordre mondial qui reflète une époque révolue

Plusieurs dignitaires ont tout de même relevé que l’ordre mondial actuel ne peut apporter aucune réponse efficace aux crises car il est le reflet d’une époque révolue, où la plupart des pays en développement n’existaient pas en tant qu’États indépendants.  De fait, depuis 1945, le nombre d’États Membres a été multiplié par quatre, a rappelé le Ministre des affaires étrangères de l’Inde. 

Plusieurs voix se sont élevées contre les « injustices historiques », notamment envers l’Afrique, et « l’ironie douloureuse » de la sous-représentation du Sud, comme l’a regretté le Ministre des affaires étrangères de la Malaisie, estimant qu’il est plus que temps de corriger ces déséquilibres. Le Ministre des affaires étrangères du Bélarus n’y est pas allé par quatre chemins: « Il est temps de comprendre enfin que l’époque de la dictature collective de l’Occident appartient au passé.  C’est pourquoi nous aimerions conseiller aux Européens de réfléchir à leur place dans le monde à la lumière des transformations en cours, qui ne leur sont clairement pas favorables. »

Le Ministre des affaires étrangères russe a lui aussi demandé une réforme de l’ONU, mais pour en revenir à ses principes fondamentaux inscrits dans la Charte que « l’Occident essaye de remplacer par son ordre fondé sur les règles ».  Il a appelé le Secrétaire général et tous les autres acteurs à respecter le principe de l’impartialité.  Affirmant qu’on « ne peut pas tolérer un coup d’État de palais au sein du Secrétariat, sa privatisation par un petit groupe de pays », M. Lavrov a réclamé que la composition du Secrétariat reflète la nouvelle donne et garantisse la représentation équitable de tous les pays.

Ukraine: deux visions opposées 

« L’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie n’est pas seulement une violation flagrante de la Charte des Nations Unies, c’est une attaque directe contre cette Organisation elle-même », a fustigé la Ministre islandaise des affaires étrangères, affichant une certitude: « La Russie ne veut pas la paix ».  Il s’agit d’une « guerre d’agression à part entière », a assuré pour sa part la Ministre des affaires étrangères de la Roumanie.  Elle s’est particulièrement inquiétée des récentes violations des espaces aériens souverains de la Pologne, de l’Estonie, du Danemark, ainsi que de son propre pays, qu’elle a qualifiées d’« actes de provocation » visant à mettre à mal l’unité européenne.  Saluant les efforts en cours des États-Unis et de l’Europe pour la paix en Ukraine, elle a exhorté à un cessez-le-feu « immédiat, complet et inconditionnel ».

Très attendu sur ce dossier, M. Sergey Lavrov a quant à lui opposé les visions européenne et américaine de « la crise en Ukraine ».  Le Ministre des affaires étrangères russe a perçu dans l’approche actuelle de l’Administration américaine non seulement une volonté de faciliter la recherche de solutions réalistes, mais aussi une volonté de développer une coopération pragmatique, sans prise de position idéologique.  Il a en revanche accusé l’Ukraine et ses soutiens européens de ne pas être disposés à négocier équitablement, égratignant au passage l’OTAN, qu’il a accusée de continuer de s’étendre jusqu’aux frontières russes.  Abondant en son sens, son homologue bélarussien a assuré que « ce sont les pays de l’Union européenne qui continuent d’attiser le conflit régional avec le bois ukrainien ».

Dénonciation de la « guerre d’extermination » à Gaza

Sur le dossier palestinien, de nombreux dignitaires se sont alarmés de la situation à Gaza.  Ils se sont insurgés contre le « génocide », le « nettoyage ethnique systématique », le « massacre brutal de civils palestiniens », « une violence gratuite », «la guerre d’extermination » dans cet « enfer sur terre ».  « Rien ne justifie non plus les projets d’annexion de la Cisjordanie », a ajouté M. Lavrov, qu’il a qualifiés de tentative de coup d’État visant à enterrer les résolutions de l’ONU sur la création d’un État palestinien.  « L’Égypte ne sera jamais complice d’une nouvelle Naqba », a lancé son Ministre des affaires étrangères.  Il a également condamné la récente agression du Qatar par Israël, que son homologue de la Malaise a qualifiée d’« insulte aux efforts de tous ceux qui ont tenté une médiation ».

Aux yeux du Brunéi Darussalam, « les souffrances infligées au peuple palestinien ressemblent à s’y méprendre aux chapitres les plus sombres du siècle dernier ».  « "Plus jamais ça" n’appartient pas à un seul peuple.  C’est une promesse universelle pour toute l’humanité », s’est-il exclamé. 

Sur ce point, la crédibilité du système international a été remise en question et le Brunéi Darussalam a appelé le Conseil de sécurité à être « plus représentatif, plus transparent et plus responsable ».  D’autant que la stabilité de l’ensemble du Moyen-Orient passe nécessairement par la réalisation du droit du peuple palestinien à établir un État indépendant, a expliqué le Ministre des affaires étrangères de la Mauritanie.  L’Égypte a exprimé sa reconnaissance au Président des États-Unis, M. Donald Trump, « pour s’être engagé à mettre un terme à cette guerre injuste ». Aux yeux du Chef de la diplomatie de l’Arabie saoudite, il est temps de « parvenir à une solution juste et durable à la question palestinienne ».

La dynamique actuelle favorable à la reconnaissance de l’État de Palestine et la Déclaration de New York sur la mise en œuvre de la solution des deux États, endossée par l’Assemblée générale le 12 septembre, ont été saluées à plusieurs reprises.  « Deux États pour deux peuples: la seule solution », a résumé le Ministre des affaires étrangères de l’Allemagne.  Sous les applaudissements de l’Assemblée, son homologue de Saint-Marin a annoncé officiellement la reconnaissance de l’État de Palestine par Saint-Marin, qui « n’est pas et ne peut jamais être une récompense pour le Hamas ».

Les fléaux du terrorisme et du trafic de drogues

Tous deux membres, avec le Mali, de la Confédération des États du Sahel, les Premiers Ministres du Niger et du Burkina Faso se sont élevés avec véhémence contre le terrorisme dans la région et l’implication de puissances étrangères dans la déstabilisation de leurs pays.  Le premier a dénoncé « le soutien assumé et revendiqué de la France au terrorisme » et « demandé solennellement à la France de faire devoir de mémoire et de reconnaître ses crimes ».  Le second s’en est pris à « la France du régime Macron » et à ses médias publics, accusés de « désinformation quotidienne » et de se comporter en « relais de la communication des criminels auteurs d’attaques lâches et barbares perpétrées contre de paisibles citoyens ».

Qualifiant sans le citer un pays voisin d’être « l’épicentre du terrorisme mondial », le Ministre des affaires étrangères de l’Inde a jugé nécessaire d’approfondir la coopération internationale face à cette « menace partagée ».  Il a lancé un appel pour que soient condamnées sans équivoque les nations qui « font du terrorisme une politique d’État » ou qui en font l’apologie.  « Ceux qui aident les pays parrains du terrorisme se rendront compte que le serpent finit par se mordre la queue », a-t-il averti.

Pour sa part, le Ministre des affaires étrangères de Cuba a jugé « cynique » que Washington qualifie Cuba d’État parrain du terrorisme. Il s’est au passage inquiété de « la menace de guerre » qui plane aujourd’hui sur la mer des Caraïbes sous le prétexte de la lutte contre le trafic de drogue.  Jugeant qu’un « déploiement naval et aérien extraordinaire est totalement injustifié », il a accusé les États-Unis de créer une situation dangereuse en procédant à des exécutions extrajudiciaires, à l’interception de bateaux de pêche et autres actions qui violent le droit international et menacent la paix et la sécurité régionales.

La crise climatique, une menace pour le développement durable et les États vulnérables

« On ne mesure pas le temps en années mais en tempêtes »: c’est par cette formule que le Premier Ministre de Saint-Kitts-et-Nevis a attiré l’attention sur la fréquence et l’intensité des ouragans qui peuvent « voler des années du PIB d’une nation en une seule nuit ».  Les changements climatiques progressent inexorablement tandis que, à cette tribune, la science et des décennies de travail collectif pour la protection de la planète sont remises en question, s’est alarmé le Ministre cubain.

Le monde ne peut pourtant pas se permettre le luxe d’une « conversation ésotérique sur les causes des changements climatiques », a lancé le Premier Ministre des Bahamas.  Il a donné pour exemple la tempête tropicale qui, au moment où il s’exprimait à la tribune, progressait vers les Bahamas: « Nous espérons », a-t-il confié. « Nous prions pour avoir de la chance.  Mais pouvons-nous compter sur la chance chaque année? »

Pour le Premier Ministre bahamien, aucun doute: « Nous savons ce qu’il faut faire.  Il faut nous adapter.  Est-ce vraiment trop demander aux principaux responsables de changer leur comportement pour que le reste d’entre nous ait une meilleure chance de survie? » Dans la même veine, le Ministre indien a déploré la remise en question par certains de l’action climatique, « qui douche les espoirs de changement » et menace la réalisation des objectifs de développement durable. 

En attendant, le Fonds caribéen pour les compétences futures offre l’opportunité à la jeunesse caribéenne de se former tant aux changements climatiques qu’à la volatilité économique, s’est félicité le Premier Ministre de la Grenade, après un vibrant plaidoyer sur le rôle fondamental de l’éducation.  Le Ministre des affaires étrangères de la Thaïlande a abondé dans ce sens, et mettant en avant la jeunesse « comme moteur du changement ». 

L’Assemblée générale doit achever son débat général lundi 29 septembre, à partir de 9 heures. 
 

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Bahamas: pour le Premier Ministre Davis, « l'ONU n'est pas parfaite, mais elle constitue le meilleur outil d'action multilatérale dont nous disposons »  

« Se réfugier dans un monde de protectionnisme isolationniste, où la force prime et où les ressources de la planète sont pillées au profit d'une minorité, revient à revenir à une époque où la vie était décrite comme "dure, brutale et courte" »
(Premier Ministre des Bahamas)

 « L'ONU n'est pas parfaite, mais elle constitue le meilleur outil d'action multilatérale dont nous disposons », a déclaré le Premier ministre des Bahamas après avoir rappelé le désastre dont elle était issue.  Pour M. Philip Edward Davis, « cet effort multilatéral n'est pas une solution miracle et, où que vivent les humains, des conflits éclatent ». Mais « l’erreur n'est pas dans le marteau mais dans la main qui le laisse tomber », a-t-il ajouté. Les approches multilatérales « ne sont pas le problème ; elles ouvrent des pistes de solutions. Si nous pensons que l'organisation présente des faiblesses structurelles et institutionnelles, alors remédions-y ».

L’alternative est une dystopie, a averti le Premier Ministre: « Les leçons de l'histoire sont claires. Se réfugier dans un monde de protectionnisme isolationniste, où la force prime et où les ressources de la planète sont pillées au profit d'une minorité, revient à revenir à une époque où la vie était décrite comme "dure, brutale et courte" », selon les termes de Hobbes. « Sommes-nous vraiment prêts à abandonner ce que nous avons, aussi imparfait que cela soit-il ? »

M. Davis s’est également alarmé des risques pour son pays dus aux changements climatiques. « Nous ne pouvons pas nous permettre de relancer un débat ésotérique sur les causes des changements climatiques. Notre réalité nous empêche tout simplement d'en avoir le temps », a-t-il averti, en rappelant qu’au moment où il s’exprime à la tribune, une tempête tropicale progresse vers les Bahamas: « Nous espérons », a-t-il confié. « Nous prions pour avoir de la chance. Mais pouvons-nous compter sur la chance chaque année ? »

Pour le Premier Ministre, aucun doute: « Nous savons ce qu’il faut faire. Il faut nous adapter. Est-ce vraiment trop demander aux principaux responsables de changer leur comportement pour que le reste d'entre nous ait une meilleure chance de survie? » C’est pour que de petits pays comme les Bahamas puissent se faire entendre qu’elles sont candidates à un siège au Conseil de sécurité pour les années 2032-2033.

Le Premier Ministre a aussi cité la situation en Haïti, en proie à une insécurité qui « a un impact disproportionné » sur la sécurité des Bahamas », lesquelles ne peuvent « plus continuer à supporter une part aussi importante du fardeau et de la détresse du peuple haïtien ». Il a demandé la création d'un bureau d'appui des Nations Unies pour Haïti chargée de coordonner l'aide, de renforcer les institutions et d'encourager la démocratie.

Grenade: une société privée de citoyens instruits se prive de possibilités de paix, affirme le Premier Ministre Mitchell 

« L’éducation est un outil de résilience et de souveraineté »
(Premier Ministre de la Grenade)

La protection de l'éducation en temps de conflit doit être considérée comme un pilier de la consolidation de la paix, car elle sauve les gens, a clamé M. Dickon Mitchell, Premier Ministre, Ministre des infrastructures et du développement physique, des services publics, de l’aviation civile et des transports et Ministre de la sécurité nationale, de l’intérieur, de l’administration publique, de l’information et de la gestion des catastrophes de la Grenade. 

M. Mitchell a estimé que le droit à l’éducation d’un enfant, que cet enfant soit en Palestine, en Haïti, au Soudan ou en Ukraine, est « aussi sacré que le droit à la vie ». Il a exhorté l’Assemblée générale, mais aussi les parties aux conflits en cours dans le monde, à « faire en sorte qu'aucune salle de classe ne se retrouve sur le champ de bataille et qu'aucun jeune esprit ne soit la victime collatérale d’un conflit politique ».  

M. Mitchell a illustré son plaidoyer en faveur de l’éducation en évoquant le Fonds caribéen pour les compétences futures, établi avec le Guyana et qui offre l’opportunité à la jeunesse caribéenne de se former tant aux changements climatiques qu’à la volatilité économique.  

L'éducation nous dote de puissants outils numériques pour transformer la nécessité en opportunité, a poursuivi le dirigeant. C’est « un antidote à l’ignorance et la semence de l’innovation ». L’éducation n’est pas « un exercice de charité », a-t-il noté à l’adresse des donateurs.  

Burkina Faso: le Premier Ministre Ouédraogo présente la Confédération des États du Sahel comme « un choix de dignité » 

 « Les priorités du Burkina Faso ne sont pas négociables et ses choix sont plus que jamais à respecter »  
(Premier Ministre du Burkina Faso)

Dessinant un tableau très sombre des réalisations de l’ONU en 80 ans, le Premier Ministre du Burkina Faso a estimé que « les causes de ce naufrage collectif sont pourtant bien connues de tous ». M. Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a notamment accusé le Conseil de sécurité d’être « un grand fauteur de trouble pour la complicité tacite, sournoise et parfois active de certains de ses membres permanents, eux-mêmes grands acteurs et principaux financiers des crises de notre époque ».   

M. Ouédraogo a présenté la Confédération des États du Sahel (AES) mise en place avec le Niger et le Mali comme « un choix de dignité. L’AES « n’est pas un repli, encore moins une fermeture. Elle est une affirmation: l’affirmation de notre droit de disposer de nous-mêmes, de définir nos priorités et de bâtir une coopération régionale au service exclusif de nos peuples ». 

Le Premier Ministre a mis en avant les réformes économiques de son pays pour bâtir « une économie productive, inclusive et résiliente, capable d’offrir de nouvelles perspectives » à ses concitoyens. Il a signalé des « avancées majeures » en matière de gouvernance économique. Il a ensuite dénoncé les « postures condescendantes de certaines agences onusiennes, qui s’autorisent à s’immiscer dans notre débat national à travers des narratifs biaisés et déconnectés des réalités du terrain ». Il a en particulier « rejeté avec fermeté » le rapport de l’ONU sur les enfants et le conflit armé au Burkina Faso, « émaillé de contre-vérités et dont l’intitulé même relève d’une manipulation sémantique ».  

Le Premier Ministre a mis l’accent sur le terrorisme qui frappe le Sahel, rappelant que, depuis près d’une décennie, le Burkina Faso est agressé par des terroristes qui « convoitent nos ressources, cherchent à briser notre souveraineté et à imposer la loi du chaos ». Affirmant que l’unité du pays et ses efforts portent leurs fruits, il a ajouté que les priorités du Burkina Faso « ne sont pas négociables et que ses choix sont plus que jamais à respecter ». 

Certains de ces terroristes « ne sont, en réalité, que des supplétifs d’armées étrangères prédatrices » a ajouté M. Ouédraogo, qui s’en est pris violemment à « la France du régime Macron » et à ses médias publics, accusés de « désinformation quotidienne » et de se comporter en « relais de la communication des criminels auteurs d’attaques lâches et barbares perpétrées contre de paisibles citoyens ».  

Saint-Kitts-et-Nevis: « Les États ont l’obligation de protéger notre planète de l’escalade de la crise climatique », martèle le Premier Ministre Drew  

« On ne mesure pas le temps en années mais en tempêtes »
(Premier Ministre de Saint-Kitts-et-Nevis)

M. Terrance Michael Drew, Premier Ministre de Saint-Kitts-et-Nevis a souligné la fréquence et l’intensité des ouragans qui peuvent « voler des années du PIB d'une nation en une seule nuit ». Ce n’est pas un accident géographique, a-t-il noté, « c’est un échec moral que nous devons reconnaître et une responsabilité que nous devons assumer ».  

Pour sa part, Saint-Kitts-et-Nevis a lancé un programme pour un État insulaire durable, qui place les individus au cœur des progrès et s’appuie sur les piliers suivants: la transition énergétique; la sécurité de l’approvisionnement en eau; la sécurité alimentaire et nutritionnelle; des industries durables; des établissements humains durables; une économie circulaire; et la protection sociale et de la santé.  

L’égalité des genres est fermement ancrée dans ce programme, a fait valoir le Premier Ministre, convaincu que « lorsque les femmes dirigent, les nations s’élèvent ». Sur le plan international, il a apporté son soutien à l’Initiative de Bridgetown pour accélérer les investissements privés dans les pays pauvres, et plaidé pour une justice financière et climatique. 

M. Drew s’est dit convaincu que « la carte du destin humain n’est pas dessinée uniquement par les plus grands ou les plus bruyants, mais par les justes et les judicieux ». À ses yeux, la diplomatie « polie mais passive » n’est pas suffisante. Le temps est venu de réformer la structure même de l’ONU pour refléter les réalités du monde moderne.  

Niger: le Premier Ministre Mahaman dénonce l’implication de puissances étrangères dans la déstabilisation des États du Sahel

« La France doit faire devoir de mémoire et reconnaître ses crimes »
(Premier Ministre du Niger)

M. Lamine Zeine Ali Mahaman, Premier Ministre du Gouvernement de transition et Ministre de l’économie et des finances de la République du Niger, qui a apporté tout son soutien au discours prononcé par le Premier Ministre du Mali au nom de la Confédération des États du Sahel, hier, a dénoncé l’inaction de tous ceux qui ont les moyens d’agir en faveur de la vérité et de la paix, de même que leur indifférence, leur silence complice, « les actions sournoises et subversives de déstabilisation » et la « guerre informationnelle » auxquelles le Niger et la Confédération des États du Sahel font face dans leur lutte contre « le terrorisme importé et sponsorisé ». 

« Non seulement les vrais et principaux chefs terroristes ne sont pas originaires de notre espace sahélien », a expliqué le Premier Ministre, mais ils disposent de moyens logistiques importants et font preuve d’une violence aveugle « qui sont totalement étrangers à notre espace géographique et culturel ».

M. Mahaman s’est par ailleurs interrogé sur la question du financement des terroristes, capables de « soutenir dans la durée un tel effort de guerre ».  Il s’est dit convaincu de l’implication de plusieurs puissances étrangères dans la déstabilisation des États du Sahel.  Plus clairement, il a dénoncé « le soutien assumé et revendiqué de la France au terrorisme au Sahel, et au Niger en particulier » depuis le renvoi de ses troupes en 2023.

Parmi les facteurs expliquant la situation dans la région du Sahel, M. Mahaman s’est longuement attardé sur le « passif colonial non encore soldé » de la France, montrant du doigt « cette force hostile qui, depuis le XIXe siècle, ne désarme pas ».  Il a et « demandé solennellement à la France de faire devoir de mémoire et de reconnaître ses crimes ».  À ce sujet, le Gouvernement du Niger a mis en place une commission d’experts pour étudier cette période sombre de son histoire « afin de rétablir les faits ».

Le Niger s’est engagé dans une nouvelle dynamique de gouvernance, a fait valoir le Premier Ministre.  « Ce que nous avons réussi, c’est que pour la première fois dans l’histoire de notre pays, les décisions qui engagent le Niger et son peuple sont prises au Niger, par des Nigériens et dans l’intérêt du Niger. »  Il a précisé que la refondation en cours au Niger n’est pas une rupture avec la communauté internationale mais l’affirmation solennelle de sa souveraineté, de sa dignité et de son droit inaliénable à choisir ses partenariats.

République démocratique populaire lao: selon le Premier Ministre Siphandone, il faut protéger les acquis et « prévenir de nouveaux revers dans la mise en œuvre du Programme 2030 »

M. Sonexay Siphandone, Premier Ministre de la République démocratique populaire lao, a mis l’accent sur l’objectif de développement durable relatif à la suppression des engins non explosés.  Ceux-ci continuent de faire peser une menace majeure sur les moyens de subsistance de la population à travers le pays, entravant les efforts de développement national. 

Pour en finir avec ce problème, il a appelé la communauté internationale à accroître son soutien financier et son assistance technique, et à la pleine mise en œuvre de la Convention sur les armes à sous-munitions dont la République démocratique populaire lao présidera la troisième Conférence internationale d’examen en 2026.

Le Premier Ministre a par ailleurs souligné que son pays était en train d’intégrer à ses cadres législatifs le Programme d’action d’Avaza adopté en août 2025 lors de la troisième Conférence des Nations Unies sur les pays en développement sans littoral (PDSL).  Le prochain plan national de développement socioéconomique s’intitulera « Transformer un pays enclavé en un pays relié à la terre ». 

La République démocratique populaire lao est partie prenante à l’intégration régionale de l’Accord-cadre sur l’économie numérique de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN).  Élargir la connectivité mondiale est nécessaire pour relever les défis émergents de l’économie mondiale moderne, a déclaré M. Siphandone. 

Arménie: « la paix a été conclue entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan », se félicite le Premier Ministre Pashinyan

En août dernier, à Washington, l’Arménie et l’Azerbaïdjan ont paraphé un projet d’accord concernant l’établissement de la paix et des relations interétatiques, a salué M. Nikol Pashinyan, Premier Ministre de l’Arménie.  « Ce document vient confirmer que les frontières entre les anciennes républiques socialistes soviétiques sont devenues celles de leurs États respectifs, reconnaissant ainsi la souveraineté et l’intégrité territoriale de chaque pays. » 

Par ce texte, a poursuivi le Premier Ministre, les deux États excluent « toute tentative de vengeance, maintenant et à l’avenir ».  Il a réaffirmé la nécessité d’ouvrir des voies de transport intraétatiques sans entrave entre la partie principale de l’Azerbaïdjan et la République autonome du Nakhitchevan à travers le territoire de l’Arménie, avec des avantages réciproques, dont un projet de « Route Trump pour la paix et la prospérité internationales ». 

M. Pashinyan a prévenu que l’institutionnalisation de la paix implique « des soins quotidiens, comme à un nouveau-né, pour la protéger des infections, du froid et de la chaleur, de l’indifférence et du pessimisme ». 

Il a ainsi rejeté les mentions répétées de la « prétendue capitulation de l’Arménie » par le Président de l’Azerbaïdjan et d’autres « sous-textes agressifs ».  « La paix n’apporte-t-elle pas assez de joie et de satisfaction? » 

Cambodge: le Vice-Premier Ministre Prak dénonce les actions de son « voisin »

Le Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale du Cambodge a averti que le processus de paix dans son pays, « qui a mis fin à 30 ans de conflit sans qu’une seule balle ne soit tirée », est à présent menacée par un conflit frontalier « avec un voisin ».

Tout en se distant reconnaissant du cessez-le-feu « encore très fragile » négocié par le Président américain, il a dénoncé « la poursuite des démarches unilatérales visant à imposer la souveraineté territoriale » de ce même voisin, ainsi que « le recours à la force au lieu des mécanismes convenus » et l’expulsion forcée de civils cambodgiens. 

« Cette façon de contrôler le territoire sur la partie de la frontière qui n’a pas encore été délimitée témoigne d’un mépris évident pour les termes du cessez-le-feu », a lancé le Vice-Premier Ministre en soulignant que son pays avait de son côté fait preuve de retenue.

S’agissant des Nations Unies, il a apporté son soutien à une réforme « pragmatique et progressive » de l’Organisation, en vue de renforcer la diplomatie préventive et l’Assemblée générale, augmenter le nombre de sièges non permanents au Conseil de sécurité et améliorer le financement, la technologie et les ajustements juridiques progressifs pour que cette réforme débouche sur des progrès concrets.

« La plus grande force des Nations Unies n’est pas la force coercitive, mais son autorité morale, sa légitimité et son pouvoir de rassemblement », a-t-il affirmé. 

Fédération de Russie: le Ministre des affaires étrangères Lavrov oppose les visions européenne et américaine de la crise en Ukraine

« Nous prônons un respect absolu du principe d’égalité, qui garantit à tous les pays la place qui leur revient dans l’ordre mondial »
(Ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie)

Nous percevons dans l’approche actuelle de l’Administration américaine non seulement une volonté de faciliter la recherche de solutions réalistes à la crise ukrainienne, mais aussi une volonté de développer une coopération pragmatique, sans prise de position idéologique, a affirmé M. Sergey Lavrov, qui a opposé cette attitude à celle de l’Ukraine et de ses soutiens européens, accusés de ne pas comprendre l’urgence de la situation et de n’être pas disposés à négocier équitablement.  

La Russie fonde ainsi « certains espoirs » sur la poursuite du dialogue russo-américain, notamment après le sommet de l’Alaska du 15 août dernier.  En revanche, le Ministre des affaires étrangères a exhorté les pays membres de l’Union européenne à cesser de chercher à convaincre leurs électeurs de l’inévitabilité d’une guerre avec la Russie.  Il a nié, comme l’accusent les Européens, que la Russie planifie des attaques contre les pays de l’Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) et de l’Union européenne, ajoutant que son pays considère ces « provocations » comme des menaces de recours à la force contre elle et repoussera fermement toute agression.  

M. Lavrov a accusé l’OTAN de ne pas respecter « les assurances données historiquement aux dirigeants soviétiques de ne pas avancer d’un pouce vers l’est », en contradiction également avec le principe d’indivisibilité de la sécurité établi au sein de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Le Ministre a fait découler la création de l’ONU de la contribution décisive de son peuple à la défaite de l’Allemagne nazie et au rôle du peuple chinois dans celle du Japon « militariste ».  Il est essentiel que tous les États Membres, « sans exception », réaffirment leur plein attachement aux principes de sa Charte approuvés par les pères fondateurs de l’Organisation, qui doivent continuer de servir de modèle à la coopération internationale à l’ère de la multipolarité, a-t-il affirmé.

M. Lavrov a dénoncé les tentatives incessantes de diviser le monde entre « nous » et « eux », entre « démocraties » et « autocraties », entre « la jungle » et « les jardins en fleurs », entre ceux qui sont au menu et ceux qui sont autour de la table, entre les élus qui peuvent tout ce permettre et les autres qui, pour une raison qu’on ignore, doivent servir les intérêts des milliardaires ».

M. Lavrov, qui s’est demandé pourquoi tant de gouvernements occidentaux avaient tardé à annoncer leur reconnaissance de l’État de Palestine, a en outre dénoncé comme illégales les « manipulations occidentales visant à rétablir les sanctions de l’ONU contre l’Iran » et en particulier le rejet, hier au Conseil de sécurité, de la « proposition rationnelle » russo-chinoise pour prolonger l’accord de Vienne et donner du temps à la diplomatie.  

Le Ministre a aussi commenté la réforme de l’ONU proposée par le Secrétaire général en demandant qu’elle soit axée sur le retour aux principes fondamentaux qui figurent dans la Charte et « que l’occident essaye de remplacer par son ordre fondé sur les règles ». Il a appelé le Secrétaire général et tous les autres acteurs à respecter le principe de l’impartialité.

« On ne peut pas tolérer un coup d’État de palais au sein du Secrétariat, sa privatisation par un petit groupe de pays », a-t-il lancé en demandant que la composition du Secrétariat reflète la nouvelle donne et garantisse la représentation équitable de tous les pays. Il a espéré un débat constructif lors d’une séance extraordinaire du Conseil de sécurité que la Russie entend organiser sous sa présidence le 24 octobre prochain.

Cuba: le Ministre des affaires étrangères Rodríguez Parrilla dénonce les « actions agressives » des États-Unis dans la mer des Caraïbes

Pour M. Bruno Eduardo Rodríguez Parrilla, Ministre des affaires étrangères de Cuba, « la menace de guerre » qui plane aujourd’hui sur la mer des Caraïbes sous le prétexte de la lutte contre le trafic de drogue, avec un déploiement naval et aérien extraordinaire, est « totalement injustifiée ».  Les exécutions extrajudiciaires, l’interception de bateaux de pêche et les actions des États-Unis créent selon lui une situation dangereuse qui viole le droit international et menace la paix et la sécurité régionales. 

Il a rejeté les menaces d’agression proférées contre le Venezuela, lesquelles procèdent selon lui d’une « tentative de domination impérialiste » des États-Unis sur l’Amérique latine, pourtant déclarée zone de paix. 

Pendant ce temps, a relevé le Ministre, les changements climatiques progressent inexorablement tandis que, depuis cette tribune, « la science et des décennies de travail collectif pour la protection de la planète sont remises en question ».  Il a vu en outre dans le fardeau de la dette extérieure imposé aux pays en développement une « nouvelle forme de colonisation ». 

Outre ces défis, Cuba continue de subir les effets dévastateurs de la « politique d’asphyxie économique » imposée par les États-Unis depuis plus de six décennies, une guerre économique « écrasante » qui vise à priver les Cubains de leurs moyens de subsistance, a rappelé M. Rodríguez Parrilla. 

Brunéi Darussalam: le Ministre des affaires étrangères Yusof s’inquiète de la paralysie du Conseil de sécurité

« “Plus jamais ça” n’appartient pas à un seul peuple. C’est une promesse universelle pour toute l’humanité »
(Second Ministre des affaires étrangères du Brunéi Darussalam)

Le Second Ministre des affaires étrangères du Brunéi Darussalam, a indiqué que les nombreuses réalisations de l’ONU dans les domaines du climat, de la prévention des conflits ou encore des pandémies ont inspiré le parcours de son pays qui lui-même participe à de nombreuses initiatives au niveau régional et au-delà, dans le cadre de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique ou de l’initiative « Une Ceinture et une Route ».

Le Brunéi Darussalam contribue aussi à la paix avec des équipes d’observateurs pour surveiller le cessez-le-feu entre le Cambodge et la Thaïlande et à la Force intérimaire des Nations Unies au Liban.

M. Yusof a regretté que le Conseil de sécurité soit « paralysé » par son droit de veto, « divisé par ses intérêts et muet face à de graves injustices », comme en Palestine.

Le Conseil de sécurité doit être plus représentatif, plus transparent et plus responsable dans son action car « les souffrances infligées au peuple palestinien ressemblent à s’y méprendre aux chapitres les plus sombres du siècle dernier », a estimé le Ministre qui a rappelé que son pays soutenait la reconnaissance de l’État de Palestine et « son adhésion à part entière aux Nations Unies ».

Le multilatéralisme, a-t-il ajouté, n’est pas une option pour les petits États, « mais une bouée de sauvetage » face aux changements climatiques, aux pandémies, aux inégalités et aux conflits. 

Allemagne: « En tant qu'Allemands, nous nous sentons particulièrement responsables envers l’ONU », déclare le Ministre des affaires étrangères Wadephul 

« Il est impératif que l'Iran ne se dote jamais de l'arme nucléaire »
(Ministre fédéral des affaires étrangères de l’Allemagne)

M.Johann Wadephul, Ministre fédéral des affaires étrangères de l’Allemagne, a indiqué que son pays s’est fixé trois objectifs clefs qui résument sa candidature pour un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité pour la période 2027-2028: « Justice. Paix. Respect. » 

La guerre à Gaza -« l'enfer sur terre »- doit cesser, a-t-il insisté. Les otages doivent être libérés. « L'existence et la sécurité d'Israël feront toujours partie de notre raison d'être. » Il a ajouté qu’il doit y avoir un avenir de paix et de dignité pour tous au Moyen-Orient. « Deux États pour deux peuples. La seule solution. » 

L'Iran ne respectant manifestement pas ses obligations au titre du Plan d'action global commun (PAGC) adopté en 2015, nous n'avons eu d'autre choix que de déclencher le rétablissement des sanctions, a expliqué le Ministre. Après le vote clair du Conseil de sécurité hier, les sanctions entreront à nouveau en vigueur plus tard dans la journée. Mais, a-t-il souligné, « nous restons ouverts à des négociations sur un nouvel accord. La diplomatie peut et doit se poursuivre. » 

En Europe, a condamné M. Wadephul, la Russie mène une guerre d'agression contre son voisin souverain, l'Ukraine, qui témoigne du mépris de la Charte des Nations Unies. « C'est par respect du droit international et des droits humains que l'Allemagne œuvre à la création d'un tribunal spécial pour le crime d'agression contre l'Ukraine. » 

Et si nos pensées sont focalisées sur les crises sécuritaires et humanitaires actuelles, nous sommes conscients qu'elles sont aggravées par les crises planétaires que sont la pollution, les changements climatiques et la perte de biodiversité, a relevé le Ministre.  

Nos contributions au maintien et à la consolidation de la paix sont la preuve que nous tenons nos promesses, a-t-il ajouté. « Nous n’avons rien à gagner dans un monde où le droit du plus fort l’emporte. » 

Islande: « lorsque les puissants abandonnent les règles, toutes les nations sont en danger », affirme la Première Ministre Gunnarsdóttir 

« Au cœur de la Charte des Nations Unies se trouve un principe simple mais puissant: la dignité et la valeur de la personne humaine. Cette vision, née à San Francisco il y a 80 ans, doit rester notre boussole »
(Ministre des affaires étrangères de l’Islande)

Pour Mme Thorgerdur Katrín Gunnarsdóttir,  « au cœur de la Charte des Nations Unies se trouve un principe simple mais puissant: la dignité et la valeur de la personne humaine. Il nous rappelle que la coopération internationale ne concerne pas les institutions pour elles-mêmes, mais les personnes – des personnes ordinaires dont la vie est plus libre, plus sûre et plus prospère lorsque les nations choisissent la coopération plutôt que la confrontation, la dignité plutôt que la domination, les règles plutôt que la force. Cette vision, née à San Francisco il y a 80 ans, doit rester notre boussole. »  

Regrettant que les principes fondateurs des Nations Unies soient aujourd’hui menacés, la Ministre s’est inquiétée d’« une montée inquiétante de l'isolationnisme et des politiques de grande puissance ».  

« L'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie n'est pas seulement une violation flagrante de la Charte des Nations Unies, c'est une attaque directe contre l’Organisation elle-même », a estimé Mme Gunnarsdóttir, pour qui, « comme l'ont montré les dernières semaines, la Russie ne veut pas la paix ». Le Kremlin accélère ses attaques brutales contre les civils et les infrastructures critiques en Ukraine et les provocations de la Russie à l'égard de l'Estonie, de la Pologne et de la Roumanie devraient préoccuper toutes les nations.  « Soyons clairs: la Russie n'a aucune intention de mettre fin à cette guerre », a ajouté la Ministre.    

Mme Gunnarsdóttir a également évoqué Gaza. « Ce qui se déroule sous nos yeux est un nettoyage ethnique systématique », s’est-elle indignée, ajoutant que « depuis deux ans, au moins un enfant est tué chaque heure à Gaza. Chaque heure. » 

Voyant dans ces situations la traduction d’un « mépris croissant du droit international et des engagements multilatéraux », la Ministre a regretté que les avis de la Cour internationale de Justice aient été ignorés, et que la Cour pénale internationale ait été défiée et prise pour cible par des mesures punitives. « Cela me peine de voir des amis prendre part à cela. C’est particulièrement alarmant pour les petits États, comme le mien, dont l'existence même dépend du bon fonctionnement du système du droit international et des engagements internationaux. Lorsque les puissants abandonnent les règles, toutes les nations sont en danger. » 

Signalant de « nouveaux défis », Mme Gunnarsdóttir a évoqué « la militarisation des technologies émergentes perturbatrices, le poids des entreprises mondiales qui transcendent les frontières, façonnant les économies, la technologie et la vie quotidienne sans rendre suffisamment de comptes. »  Elle a aussi pointé « les réductions massives des budgets de développement de plusieurs grands donateurs, ce qui a des conséquences profondes pour les pays les plus pauvres et les plus vulnérables », affirmant que l’Islande ne suivrait pas cette voie. 

Inde: le Ministre des affaires étrangères souhaite plus de coopération pour combattre le terrorisme mondial 

« En tant que membres de l’ONU, nous sommes ici réunis en tant que pays souverains et égaux. Ce n’est pas une question de forme, mais une reconnaissance de la diversité intrinsèque de notre monde »
(Ministre des affaires étrangères de l’Inde)

M. Subrahmanyam Jaishankar, Ministre des affaires étrangères de l’Inde, a déploré qu’une ONU en crise voie décliner sa capacité de faciliter la recherche de terrains d’entente entre les nations. Le multilatéralisme s’affaiblit, a-t-il regretté, pointant la réticence au changement d’un certain nombre de membres. Dans ce cadre, il a lancé un appel à réparer des injustices historiques, notamment pour l’Afrique, et plaidé en faveur de l’octroi au continent de sièges permanents et non permanents au Conseil de sécurité.  

Qualifiant sans le citer un pays voisin de l’Inde d’« épicentre du terrorisme mondial », il a estimé nécessaire d’approfondir la coopération internationale devant cette «menace partagée». Il a lancé un appel pour que soient condamnées sans équivoque les nations qui «font du terrorisme une politique d’État» ou qui en font l’apologie. «Ceux qui aident les pays parrains du terrorisme se rendront compte que le serpent finit par se mordre la queue», a-t-il averti. 

Détaillant quelques inititiatives de son pays, il a notamment évoqué le rôle de l’Inde dans l’aide au développement, son récent appui au Myanmar et à l’Afghanistan pour faire face aux conséquences de séismes, avec des hôpitaux de campagnes déployés dans plus de 19 pays et ses nombreuses implications dans des missions de maintien de la paix en République démocratique du Congo, dans les hauts du Golan, à Chypre ou en Somalie.  

Mentionnant également les programmes indiens d’infrastructure numérique déployés à l’échelle nationale, il a assuré que son pays était prêt à partager son expérience avec des pays en développement. 

L’Égypte n’acceptera jamais une « nouvelle nakba », avertit le Ministre des affaires étrangères Abdelatty  

 « Des crimes sont commis et la communauté internationale reste les bras croisés » 
 (Ministre des affaires étrangères de l’Égypte) 

  Le Ministre des affaires étrangères, de l’émigration et des expatriés égyptiens de l’Égypte a dénoncé un deux poids deux mesures au Moyen-Orient, région « sur le point d'exploser ».   

À Gaza, la légitimité internationale n'est pas respectée, les civils palestiniens sans défense sont victimes « d'actions haineuses » et d’une violence gratuite « pour un péché qu'ils n'ont pas commis », a estimé M. Badr Ahmed Mohamed Abdelatty, qui a aussi condamné la récente agression du Qatar par Israël. Le Ministre a rappelé que l’ancien Président, M. Sadate, s'était rendu à Jérusalem en 1979, lors d'une visite historique, avant de comparer cet événement avec ceux d’aujourd'hui, où « les fondements de la paix sont menacés ».  

Il a cependant fait part de sa reconnaissance au Président des États-Unis, M. Donald Trump, « pour s'être engagé à mettre un terme à cette guerre injuste ». Pour restaurer la confiance, l’Égypte est prête à faire fond sur la vision du Président Trump pour qu'un État palestinien soit enfin créé.   

Le Ministre a aussi appelé à libérer les otages israéliens, à mettre fin aux souffrances des Palestiniens et à « restaurer l’espoir ».  

Depuis octobre 2023, l’Égypte a travaillé à un cessez-le-feu, ainsi qu’à la reprise de l’acheminement de l’aide humanitaire vers Gaza en direction d'une population « affamée par Israël ». Cet acheminement est « prioritaire », a-t-il insisté. L’UNRWA joue un rôle indispensable, a ajouté le Ministre en priant la communauté internationale de soutenir l’Agence. 

Rejetant tout scénario de déplacement forcé des Palestiniens, qui serait « un crime de nettoyage ethnique », M. Abdelatty a assuré que « l'Égypte se sera jamais complice d'une nouvelle nakba ».  

Bélarus: le Ministre des affaires étrangères Ryzhenkov plaide pour une architecture eurasienne de sécurité « égale et indivisible » 

« Il est temps de comprendre enfin que l'époque du diktat collectif de l'Occident appartient au passé »
 (Ministre des affaires étrangères du Bélarus)

Dans un premier temps, M. Maxim Ryzhenkov a estimé que le principe d'universalité de l’ONU avait été sérieusement compromis au cours de la dernière décennie. « Les mesures prises par les États-Unis d'Amérique pour réduire leur soutien à l'ONU sont un signal très inquiétant », a-t-il estimé, tout en les qualifiant de « justifiées » car « soit l'ONU ne remplit pas ses fonctions dans leur ensemble, soit elle ne les remplit pas de manière conforme aux intérêts américains ». Si l'Organisation ne parvient à se renouveler avec le temps et à être un forum impartial, « elle connaîtra le même sort que la Société des Nations », a-t-il mis en garde.  

M. Ryzhenkov a ensuite dénoncé « les soi-disant vainqueurs de la guerre froide » qui ont adopté « une logique de supériorité et de confrontation » qui a présidé au processus d'élargissement de l'Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) vers l'Est. Il a appelé toutes les parties en Europe à reconsidérer l'importance du respect du « principe d'indivisibilité de la sécurité ». Dénonçant l’érection de lignes de défense par les voisins du Bélarus et de la Russie, il les a accusés de « créer chez leur population un sentiment de menace imminente provenant des “barbares” de l'Est ».   

Comme solution, le Ministre a évoqué la Charte eurasienne de la multipolarité et de la diversité au XXIe siècle, rédigée par son Président, pour faire prévaloir à une « architecture eurasienne de sécurité égale et indivisible ».  Il a appelé tous les États eurasiatiques à se joindre au processus, exhortant ceux de l'Union européenne, à vaincre leur scepticisme « à l'égard de toute initiative venant de l'Est ».  

Mauritanie: le Ministre des affaires étrangères Salem Ould Merzoug appelle à une gouvernance internationale plus juste

« Il est clair que le monde actuel est composé de deux groupes divergents: l’un avance à grands pas vers la quatrième révolution industrielle et l’intelligence artificielle, tandis que l’autre reste prisonnier de la pauvreté et de la marginalisation »
(Ministre des affaires étrangères de la Mauritanie)

M. Mohamed Salem Ould Merzoug a estimé que la réalisation d’une gouvernance internationale politique, économique et sanitaire plus juste et plus efficace ne peut être réalisé que par une réforme qui rétablisse la confiance dans les Nations Unies. Dans ce cadre, il a appuyé les revendications exprimées dans le consensus d’Ezulwini, pour une représentation équitable dans les structures de gouvernance mondiale.

La crédibilité du système international est également compromise par « la guerre d’extermination » qui a lieu à Gaza, a-t-il déploré. Partant, il a salué la dynamique actuelle favorable à la reconnaissance de l’État de Palestine, illustrée notamment par le vote de l’Assemblée générale pour la Déclaration de New York sur la mise en œuvre de la solution des deux États.

M. Salem Ould Merzoug a également détaillé plusieurs initiatives déployées à l’échelle nationale. Au niveau sanitaire, le programme d’assurance maladie universelle pour les familles vulnérables aurait ainsi vu le nombre de ses bénéficiaires augmenter de 147% entre 2019 et 2024, atteignant environ 21% de la population totale. Il a également mentionné des initiatives pour faire face aux séquelles de l’esclavage sous toutes ses formes, avec la mise en place de mécanismes juridiques et institutionnels.

Roumanie : la Ministre des affaires étrangères Ţoiu accuse la Russie « d’ingérences malignes » dans les élections en République de Moldova

« L’intention est claire : subvertir une démocratie jeune et vibrante avec les puissants outils d’un État autoritaire »
(Ministre des affaires étrangères de la Roumanie)

« Depuis presque quatre ans, nous assistons à une guerre d’agression à part entière contre l’Ukraine lancée par la Russie, déclenchant la plus grande crise de sécurité en Europe de l’ère récente », a relaté la Ministre des affaires étrangères de la Roumanie. 

Mme Oana-Silvia Ţoiu s’est particulièrement inquiétée des récentes violations des espaces aériens souverains de la Pologne, de l’Estonie, du Danemark, ainsi que de son propre pays.  Autant d’« actes de provocation » condamnés au Conseil de sécurité, a réagi la Ministre, selon qui ces tentatives de mettre à mal l’unité européenne produisent « l’effet inverse ». 

La guerre en Ukraine affecte potentiellement la sécurité maritime dans la zone de la mer Noire et met à l’épreuve la résilience des États qui la bordent.  Saluant les efforts en cours des États-Unis et de l’Europe pour la paix en Ukraine, elle a exhorté à un cessez-le-feu « immédiat, complet et inconditionnel ».  En plein accord avec la Charte des Nations Unies, l’Ukraine a le droit de protéger sa souveraineté, son indépendance et son intégrité territoriale, et la Roumanie se tiendra aux côtés de l’Ukraine aussi longtemps que nécessaire dans cette « guerre d’agression brutale de la Fédération de Russie contre l’Ukraine ». 

La Ministre, qui s’est félicitée de l’adoption de la Convention des Nations Unies contre la cybercriminalité, a aussi tenu à rappeler que la désinformation à visée malveillante entraînait des conséquences dramatiques pour les démocraties. En République de Moldova voisine, les bureaux de vote ouvriront dans une poignée d’heures pour des élections législatives s’annonçant comme les plus déterminantes depuis l’indépendance du pays. Or la Ministre roumaine a témoigné d’« interférences étrangères malignes » utilisant la désinformation à une échelle « sans précédent », dirigées par la Russie, via des mandataires à l’intérieur et à l’extérieur de la République de Moldova. « L’intention est claire: nier aux électeurs moldoves le droit légitime de décider librement de l’avenir de leur pays.  Subvertir une démocratie jeune et vibrante avec les puissants outils d’un État autoritaire », a prévenu Mme Ţoiu. 

Thaïlande: le Ministre des affaires étrangères Phuangketkeow assure vouloir la paix avec le Cambodge

« Aujourd’hui, le cessez-le-feu reste fragile et nous devons le faire fonctionner »
(Ministre des affaires étrangères de la Thaïlande)

M. Sihasak Phuangketkeow, Ministre des affaires étrangères de la Thaïlande, a indiqué que son pays est prêt à jouer un rôle constructif pour que l’ONU soit adaptée à ses objectifs, notamment les Casques bleus thaïlandais déployés dans le monde entier. 

La Thaïlande accueille depuis plus de quatre décennies des personnes déplacées venues du Myanmar, a rappelé le Ministre, jugeant la situation dans ce pays « extrêmement préoccupante ».  Outre son attachement à l’aide humanitaire et ses activités de déminage, la Thaïlande intensifie ses efforts de lutte contre la criminalité transnationale organisée, notamment les cyberattaques. 

La situation avec le Cambodge n’est ni souhaitable, ni dans l’intérêt de nos deux pays, a poursuivi le Ministre en s’arrêtant sur leur différend frontalier. « Nous faisons partie de la même famille, celle de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN). » 

« J’ai dû modifier mon discours », a-t-il dit, « en raison des observations mal avisées de mon homologue cambodgien qui se présente en victime et déforme la vérité. »  Or, « les véritables victimes sont les soldats thaïlandais », a-t-il insisté, déplorant des incidents survenus depuis le 23 septembre « en violation de la souveraineté de la Thaïlande ».

S’il a salué la détermination du Président Trump à ouvrir la voie à la paix, M. Phuangketkeow a tenu à souligner que « c’est le Cambodge qui a commencé le conflit avec l’intention d’étendre un conflit frontalier et de lui donner une dimension internationale ».  Cependant, a-t-il assuré, « nous ferons tout ce qui est notre pouvoir pour trouver une solution pacifique » à ce différend. 

Saint-Marin: le Ministre des affaires étrangères Beccari s’inquiète de la persistance de conflits dans le monde

Le Ministre des affaires étrangères de Saint-Marin a annoncé l’accomplissement du mandat, confié en mai dernier à l’unanimité par le Parlement de son pays au Gouvernement, pour reconnaître l’État de Palestine.  « Avoir un État est un droit inaliénable du peuple palestinien. Ce n’est pas et ne peut jamais être une récompense pour le Hamas », a soutenu M. Luca Beccari.

Il a appelé les États Membres à mettre en œuvre la Déclaration politique sur les armes explosives dans les zones peuplées, rappelant que ce sont ces dernières qui ont entraîné la majorité des victimes civiles dans plusieurs conflits.  De même, il s’est ému du nombre élevé de violences graves commises contre les enfants lors des hostilités, et a exhorté les États à ratifier le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés.

M. Beccari s’est également inquiété de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les conflits pour sélectionner des cibles et prendre des décisions de vie ou de mort, et a estimé qu’un contrôle humain significatif doit être maintenu sur de telles décisions.

Préoccupé par les entraves à la réalisation des objectifs de développement durable (ODD), il a indiqué que le financement du développement durable représente une priorité essentielle, saluant au passage l’Engagement de Séville, qui promeut les investissements dans ce domaine tout en accordant plus de poids aux pays en développement.

Arabie saoudite: le Ministre des affaires étrangères Al-Saud insiste sur la paix et la sécurité au Moyen-Orient

« La voie diplomatique reste le seul moyen d’aborder la question du programme nucléaire iranien »
(Ministre des affaires étrangères de l’Arabie saoudite)

« Mon pays est fier d’être un Membre fondateur de l’ONU », a déclaré le Prince Faisal bin Farhan Al-Saud, Ministre des affaires étrangères de l’Arabie saoudite.  Selon lui, l’Arabie saoudite veille à contribuer à la réalisation des buts de la Charte, notamment via des contributions humanitaires qui ont dépassé 141 milliards de dollars et profité à 174 pays.

Il est temps de trouver une solution juste et durable à la question palestinienne, a dit le Ministre.  « La famine, les déplacements forcés et les meurtres systématiques ignorent totalement les droits historiques et légitimes du peuple palestinien sur sa propre terre. » 

Il est important de consolider la sécurité et la stabilité dans la région du Moyen-Orient, a-t-il insisté, que ce soit au Yémen, au Liban, en Libye ou en Syrie. Il est « impératif » de respecter le régime de non-prolifération et de parvenir à une région exempte d’armes de destruction massive, tout en respectant le droit des États à utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. 

Au niveau national, a expliqué le Ministre, l’Arabie saoudite a réalisé des progrès significatifs dans son économie, sa société, sa gouvernance et le développement durable.  Le taux de chômage est passé de 12% en 2016 à 6,3% aujourd’hui.  La participation des femmes au marché du travail a augmenté de plus de 36%.  L’Arabie saoudite investit également dans des technologies innovantes visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, à développer les énergies renouvelables et à produire de l’hydrogène vert, entre autres. 

Singapour: face au pessimisme ambiant, le Ministre des affaires étrangères Balakrishnan estime que l’ONU reste « notre meilleur espoir »

« Il y a un cadre clair pour savoir ce qui distingue le bien du mal », a déclaré M. Vivian Balakrishnan, Ministre des affaires étrangères de Singapour, évoquant les normes communes définies par les organisations de l’ONU pour garantir la sécurité et la circulation dans les zones essentielles. 

Mais « ceux qui ont été les premiers à souscrire à l’ancien ordre mondial n’ont plus la volonté de servir le bien public », a-t-il regretté. Le système multilatéral et les accords commerciaux ressemblent de plus en plus à des « combats de boxe », au détriment de petits états dépendant du commerce. 

« Trop de vies sont perdues aux quatre coins du monde », a-t-il déploré. La coopération entre les puissances s’amenuise et les principes de la Charte s’érodent.  Cela nous mène à des famines évitables et des guerres interminables. Singapour ne peut reconnaître d’annexion unilatérale de quelque territoire que ce soit, a-t-il aussi lancé. 

Malgré le pessimisme régnant, le système multilatéral via l’ONU continue d’être la meilleure option pour rétablir la paix et la sécurité, a estimé le Ministre.  Ce système fonctionne toujours, comme l’a montré récemment l’Accord sur la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (dit Accord BBNJ) ou les récents groupes de travail et initiatives pour la cybersécurité.  Il est essentiel que l’ONU reste une enceinte où le dialogue se poursuit, « même sur les questions les plus polémiques », a-t-il insisté. 

Oman: le Ministre des affaires étrangères Albusaidi appelle à faire pression sur Israël 

M. Sayyid Badr bin Hamad bin Hamood Albusaidi, Ministre des affaires étrangères d’Oman, s’est exprimé sur la situation humanitaire et politique en Palestine et particulièrement à Gaza, qui selon ses mots « n’a que trop duré ». Les souffrances sont devenues insupportables et il est temps de mettre fin à l’occupation, d’en appeler à la justice et de restaurer le droit légitime du peuple palestinien à un État.  C’est la seule voie viable pour la résolution complète et pacifique du conflit, a-t-il dit. 

Il a ensuite exprimé sa gratitude aux États qui ont récemment reconnu l’État de Palestine.  Par ce « pas important », ils renforcent le respect du droit international et s’alignent sur la Charte des Nations Unies et la Déclaration universelle des droits de l’homme.  De son côté Israël, a-t-il déploré, continue de faire la sourde oreille aux nombreux appels, tout comme il refuse de s’engager dans un dialogue.  Au contraire, il continue à utiliser la force au mépris de la raison, tout en menaçant la crédibilité du système international. 

Dans ce contexte, le Ministre a appelé la communauté internationale à exercer des pressions sur Israël, y compris en adoptant des mesures qui limitent les capacités du Gouvernement israélien à poursuivre ses politiques de « génocide », de blocage de l’aide humanitaire et d’utilisation de la faim comme arme de guerre. 

Malaisie: le Ministre des affaires étrangères Hasan dénonce « l’ironie douloureuse » de la sous-représentation du Sud, où vit la majorité de la population mondiale

« Nous ne pouvons pas bâtir un ordre international plus juste sans placer les pays du Sud au cœur de nos préoccupations »
(Ministre des affaires étrangères de la Malaisie)

Dire « Félicitations » à l’approche du quatre-vingtième anniversaire des Nations Unies « sonne creux », a déclaré le Ministre des affaires étrangères de la Malaisie qui a dénoncé « le génocide à Gaza » mais aussi le raid israélien sur Doha, « une insulte aux efforts de tous ceux qui ont tenté une médiation. » 

Il a indiqué que les pays du Sud subissent depuis bien trop longtemps et de plein fouet des politiques économiques inégales qui les marginalisent et les empêchent de participer équitablement à l’économie mondiale pointant notamment le « déficit de financement considérable pour le développement durable ». 

« L’ironie est douloureuse: nous constituons la majorité de la population mondiale, mais nous restons sous-représentés dans les instances décisionnelles, mal desservis en matière de financement du développement et marginalisés dans la gouvernance mondiale », a rappelé le Ministre.  « Ces déséquilibres doivent être corrigés », a-t-il poursuivi.  « N’oubliez pas: nous ne pouvons pas bâtir un ordre international plus juste sans placer les pays du Sud au cœur de nos préoccupations », a-t-il averti.

M. Hassan a réclamé trois réformes urgentes pour l’ONU, « essentielles à notre survie »: limiter, voire abolir, le droit de veto; rendre son autorité à l’Assemblée générale, qui doit pouvoir « être la conscience et la voix du monde »; et repenser les mécanismes de financement mondiaux afin de garantir la transparence et l’équité pour les pays du Sud.  « La réforme n’est plus un choix, c’est notre impératif ». 

Il a par ailleurs souligné que la mer de Chine méridionale ne doit pas être utilisée comme levier dans une compétition stratégique: l’Asie du Sud-Est et ses eaux « ne pourront plus jamais devenir le théâtre de rivalités entre les superpuissances ».

Tunisie: le Ministre des affaires étrangères Nafti insiste sur la coopération migratoire et sécuritaire en Afrique et au Moyen-Orient

Le Ministre des affaires étrangères, de la migration et des Tunisiens à l’étranger de la Tunisie a dénoncé la famine imposée aux Gazaouites, les déplacements forcés, les bombardements et les violations systématiques de leurs droits.  Ces pratiques traduisent une volonté de refuser au peuple palestinien son droit à l’autodétermination et à l’établissement d’un État indépendant et souverain sur ses terres, avec Jérusalem-Est comme capitale, a-t-il affirmé.

M. Mohamed Ali Nafti a par ailleurs rejeté « toute tentative d’instrumentalisation sécuritaire » de la migration et « toute externalisation des responsabilités au détriment des pays du Sud ».

Nous insistons sur la nécessité d’adopter une approche globale, solidaire et respectueuse des droits des migrants et des réfugiés, qui rejette toute politique raciste et s’attaque aux causes profondes de la migration comme la pauvreté, les conflits et les changements climatiques, a-t-il indiqué.  *

De même, il a appelé les pays industrialisés à respecter leurs engagements en matière de financement climatique, notamment les 300 milliards de dollars promis annuellement, et adopter des mécanismes de compensation équitables pour les pays les plus touchés.  

Le Ministre a aussi insisté sur l’importance de parvenir à un règlement politique global en Libye, loin de toute ingérence extérieure, et soutenir les efforts de paix au Soudan.  « Seule une approche collective, équilibrée et inclusive permettra d’assurer un avenir plus sûr et prospère pour tous ».

Maldives: le Ministre des affaires étrangères s’inquiète de l’érosion de l’ordre international  

« Comment ceux qui se prétendent champions des droits humains peuvent-ils rester silencieux? »  
(Ministre des affaires étrangères des Maldives)

Face au « génocide » à Gaza, le Ministre des affaires étrangères des Maldives, M. Abdulla Khaleel, a dénoncé « l’échec honteux de notre système multilatéral ». Il a fustigé l’« hypocrisie » des grandes puissances qui alimentent ce conflit tout en se proclamant défenseurs des droits humains — une complicité qui est « la honte du siècle ».  

Selon lui, l’ONU doit saisir l’occasion de son quatre-vingtième anniversaire pour se réformer en profondeur, en prévoyant un Conseil de sécurité élargi, représentatif et transparent, doté d’un siège tournant pour les petits États insulaires. Il a aussi insisté pour que l’Organisation « corrige une anomalie historique » : l’absence, en 80 ans, d’une femme au poste de Secrétaire général.   

Le Ministre a ensuite évoqué les priorités vitales pour les petits États insulaires. D’abord, le dérèglement climatique met en péril l’existence même des Maldives, victimes de la montée des eaux: « les changements climatiques sont une question de survie pour nous, pas de statistiques », a-t-il insisté. Ensuite, il a appelé à une réforme en profondeur de l’architecture financière mondiale, « injuste et intenable », ainsi à l’allégement de la dette qui « écrase » les pays comme le sien.  

M. Khaleel a aussi insisté sur la gouvernance des biens communs: l’Accord sur la biodiversité en haute mer (Accord BBNJ), qui entrera en vigueur en janvier prochain, doit être ratifié universellement et appliqué pleinement, en garantissant un partage équitable des bénéfices issus des ressources génétiques marines, en prévoyant des mécanismes financiers et technologiques adaptés, et en offrant un soutien renforcé aux pays vulnérables.  

Enfin, il a présenté la stratégie nationale « Maldives 2.0 », tournée vers la durabilité, l’innovation et l’inclusion, affirmant que son pays veut être « un hub d’idées et d’investissements » et un modèle de résilience pour les petits États. « Si les règles tiennent, les petits tiendront. Et si les petits peuvent tenir, nous pourrons tous nous tenir plus haut », a-t-il conclu. 

Guinée: le Ministre d’État Camara s’enorgueillit de sa nouvelle Constitution et de son classement B+ par Standard & Poor’s (S&P) 

« La Guinée s’est réconciliée avec elle-même et avance courageusement sur le chemin du développement » 
(Ministre d'État de la Guinée)

M. Amara Camara, Ministre d’État, Secrétaire général de la Présidence de la Guinée, a annoncé que depuis hier, 26 septembre 2025, la Guinée dispose d’une Constitution qui marque son retour à l’ordre constitutionnel tant attendu par les populations et la communauté internationale. Il a aussi annoncé avec fierté que son pays vient de franchir une étape historique en obtenant sa première notation souveraine inaugurale, classée « B+ avec perspective STABLE » par Standard & Poor’s (S&P). 

La Guinée, a-t-il expliqué, a fait le choix d’assumer pleinement sa souveraineté nationale et minière, notamment par le retrait de plusieurs permis non conformes aux textes et lois comme le Code minier de la République de Guinée.  

Alors que la Guinée, connaît « mieux que quiconque », le prix de la paix et le coût du sous-développement, elle est aujourd’hui dans une démarche méthodique tournée vers l’avenir, notamment avec le programme SIMANDOU 2040, construit autour de cinq piliers stratégiques: l’agriculture, l’industrie alimentaire et le commerce; l’éducation et la culture; les infrastructures, les transports et les nouvelles technologies; l’économie, les finances et l’assurance; la santé et le bien-être.   

Au sujet de l’ONU, le général Camara a dit que l’espoir que l’Organisation a suscité depuis leur création, « malheureusement, tend à céder la place à l’inquiétude: la paix devient un luxe, les guerres et les conflits se banalisent, les organisations internationales et régionales s’affaiblissent ». « À ce rythme, nous devons avoir le courage d’admettre que les plus belles années de notre Organisation commune pourraient bien être derrière nous. » 

Philippines: la Ministre des affaires étrangères Lazaro dénonce le « harcèlement » des pêcheurs philippins en mer de Chine méridionale

La Ministre des affaires étrangères des Philippines a annoncé la ratification par son pays de l’Accord sur la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (dit Accord BBNJ) en septembre 2025.  

Le droit international, en particulier la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, est fondamental pour l’avenir des nations maritimes telles que les Philippines, a-t-elle souligné.  

Mme Theresa P. Lazaro a ensuite dénoncé le « harcèlement » dont sont victimes les navires et pêcheurs philippins dans « leurs propres eaux », en mer de Chine méridionale, se disant toutefois attachée à « la diplomatie et autres moyens pacifiques » pour résoudre les différends. 

Elle a aussi souligné la contribution des 1,9 million de marins philippins au commerce mondial, rappelant qu’ils en sont « l’épine dorsale », avant de rendre hommage aux migrants philippins qui « relient nos nations » et dont les droits devraient être « un point de ralliement, et non une ligne de fracture, pour les gouvernements ». 

Émirats arabes unis: la Ministre des affaires étrangères vante son rôle de médiateur et prévient que « l’agression n'apportera pas la stabilité »  

« Rien ne peut justifier le ciblage de dizaines de milliers de civils, ni le siège, la famine et le déplacement forcé à Gaza »  
(Ministre des affaires étrangères des Émirats arabes unis)

La Ministre des affaires étrangères des Émirats arabes unis, Mme Lana Nusseibeh, a réclamé un cessez-le-feu immédiat et permanent, la libération des otages et un accès humanitaire à grande échelle, rappelant que son pays est le premier donateur d’aide à Gaza. Elle a rappelé l’attachement des Émirats à la solution des deux États, avec Jérusalem-Est comme capitale palestinienne, et a appelé à mettre fin aux ambitions expansionnistes, y compris la menace d’annexer la Cisjordanie.   

Elle a dénoncé « l'attaque perfide et répréhensible d'Israël contre le Qatar » qu’elle a qualifiée de « violation flagrante de son intégrité territoriale et de la sécurité de la région du golfe Persique, ainsi qu'une violation des principes les plus fondamentaux du droit international ».  

La Ministre a souligné l’engagement de son pays en faveur de la diplomatie préventive et de la médiation: facilitation d’échanges de prisonniers entre la Russie et l’Ukraine, accueil de pourparlers entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, efforts pour apaiser les tensions en Asie du Sud… « Notre objectif n'est pas simplement de gérer les conflits, mais de les résoudre de manière durable. »  

Elle a réitéré les revendications des Émirats sur les trois îles du Golfe occupées par l’Iran — Grande-Tounb, Petite-Tounb et Abou Moussa— et a appelé Téhéran à négocier ou à saisir la Cour internationale de Justice.  

Mme Nusseibeh a également exprimé le soutien de son pays à la souveraineté marocaine sur le « Sahara marocain » et, concernant le Soudan, elle a plaidé pour un cessez-le-feu, un accès humanitaire sans entrave et une transition vers un gouvernement civil, « qui ne soit contrôlé par aucune des parties belligérantes et qui refuse toute place à l'extrémisme et au terrorisme ».   

Elle a défendu une réforme profonde du système multilatéral, voyant dans l’Initiative ONU80 une chance de revitaliser l’Organisation. Elle a rappelé les investissements des Émirats dans le développement, en particulier en Afrique, et dans l’innovation technologique et climatique, citant le « Consensus des Émirats » de la COP28 et l’Initiative Mohamed bin Zayed sur l’accès à l’eau.  

Droits de réponse

Avant la levée de la séance, plusieurs États ont exercé leur droit de réponse:

Dans un premier temps, l’Éthiopie a rejeté les « accusations infondées » de l’Égypte, affirmant que le Barrage de la Renaissance a été construit après plusieurs cycles de négociation avec Le Caire.  Avec ce barrage, l’Éthiopie répond à ses besoins de développement sans nuire aux intérêts des autres États, contrairement au haut barrage d'Assouan, a ajouté la délégation.  Ces accusations ont été rejetées par l’Égypte selon qui le Barrage de la Renaissance est une mesure unilatérale et illégitime.  L’Éthiopie a ensuite fait savoir que ledit barrage a été inauguré le 9 septembre de cette année, qu’il fournit déjà de l’électricité et bénéficie à l’ensemble du bassin du Nil et du continent africain.  L’Égypte a alors accusé Addis-Abeba d’essayer d’imposer « un fait accompli ». 

De son côté, le Pakistan a vivement dénoncé les accusations de terrorisme portées à son encontre, précisant que plus de 90 000 vies pakistanaises ont été sacrifiées dans la lutte contre le terrorisme.  En revanche, a affirmé le représentant pakistanais, l’Inde pratique le terrorisme d’État, notamment au Jammu-et-Cachemire occupé. L’Inde a ensuite affirmé que les empreintes du Pakistan sont visibles dans de nombreux actes terroristes perpétrés dans le monde entier, avant que le Pakistan reprenne la parole pour affirmer que des rapports crédibles établissent l’implication de New Delhi dans des tentatives de sabotage et d’assassinats.

À son tour, la République islamique d’Iran a rejeté les accusations de l’Allemagne, « qui ne sont que des tentatives de détourner le regard des crimes du régime israélien ».  Le programme nucléaire iranien est et restera « purement pacifique », comme de nombreux rapports de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) l’ont par ailleurs confirmé, a-t-il assuré.  Le représentant a aussi rejeté toute remise en cause de la souveraineté « non négociable » de l’Iran sur les îles d’Abou Moussa, de la Grande-Tounb et de la Petite-Tounb.  Les Émirats arabes unis ont affirmé que ces trois îles sont illégalement occupées par l’Iran et font partie intégrante de leur territoire et ont appelé à un règlement pacifique du différend.

Enfin, la Chine a rejeté les critiques formulées à son encontre concernant la mer de Chine méridionale.  Elle a rappelé que tout arbitrage nécessite le consentement des États concernés et a affirmé « n’accepter ni reconnaître » les procédures lancées sur ses territoires souverains, tout en se disant prête à négocier directement avec les parties.  Les Philippines ont rappelé que la sentence arbitrale de 2016 sur la mer de Chine méridionale est finale et contraignante pour l’ensemble des parties, et que cette décision a confirmé leurs droits souverains dans leur zone économique exclusive.  La Chine a alors fermement contesté la juridiction du tribunal arbitral sur cette question et a de nouveau appelé au dialogue pour régler le différend.  L’arbitrage de 2016 est définitif et contraignant, ont insisté les Philippines.

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