Quatre-vingtième session
8e & 9e séances plénières – matin, après-midi & soir
AG/12711

Réparations et actions fortes en cette période « dangereuse »: les appels et les espoirs des chefs d’État à la tribune de l’Assemblée générale

La troisième journée de débat général a vu défiler à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies une quarantaine de dirigeants mondiaux tout aussi inquiets que ceux qui les ont précédés, mais malgré tout porteurs d’espoir et d’idées pour avancer tant bien que mal sur un chemin ponctué de conflits et de crises.  Ils ont également exprimé leurs positions sur leur maison commune -l’Organisation des Nations Unies- qui, alors qu’elle souffle ses 80 bougies, peine à garder le cap.    

La période actuelle est  »dangereuse », a déclaré candidement le Président John Dramani Mahama, du Ghana, en décrivant la « montée du nationalisme, l’instabilité économique croissante et l’effondrement du multilatéralisme ».  C’est essentiellement la faute du capitalisme, a diagnostiqué son homologue bolivien, le Président Luis Alberto Arce Catacora, qui y a vu la cause des guerres multidimensionnelles financières, médiatiques ou cybernétiques.  Selon l’analyse étiologique des maux de ce monde par le Chef d’État, c’est « la domination sauvage du système capitaliste » qui serait à blâmer, en ce qu’elle fait de l’accumulation des gains l’objectif de quelques-uns aux dépens des intérêts de la majorité.  

Le Président Arce Catacora a pointé sans ambages la « volonté obsessive d’hégémonie » du Gouvernement Trump qui cause des douleurs et des morts en s’appropriant des ressources naturelles « au bénéfice d’une bourgeoisie impériale et du maintien à tout prix d’un ordre unipolaire ».  Il a même suggéré que le colonialisme soit reconnu comme une erreur historique et a proposé que soit établi un mécanisme chargé de rétablir la justice et d’accorder des réparations, notamment pour les peuples autochtones. 

Une réparation a aussi été réclamée par le Président du Conseil présidentiel de transition haïtien, « non pas dans un esprit de revanche ni d’acrimonie, mais avec un souci de justice et de vérité ».  M. Anthony Franck Laurent Saint Cyr a en effet rappelé que 2025 marque le bicentenaire de l’ordonnance imposant à Haïti « le paiement d’une rançon » pour la reconnaissance de son indépendance.  À cet égard, il a salué la résolution du 5 juin 2025 adoptée par l’Assemblée nationale de la France qui reconnaît l’injustice de cette « rançon ».    

C’est également « avec gravité et beaucoup d’espoir » qu’il a attiré l’attention de l’Assemblée générale sur la tragédie humaine en cours dans son pays, en proie à une « guerre entre des criminels qui veulent imposer la violence comme ordre social à une population désarmée ».  Il a demandé une « riposte ferme et résolue » de la part de la communauté internationale, qui doit « déployer les grands moyens: pas de demi-mesures, mais une action forte, coordonnée et immédiate ».    

Gaza et la question palestinienne  

« Le drapeau de la Palestine sera hissé haut sur notre État en tant que symbole de dignité, de ténacité et de la libération du joug de l’occupation », a déclaré le Président de l’Autorité palestinienne dans un discours très attendu après l’espoir suscité par une vague de reconnaissance internationale.  M. Mahmoud Abbas, qui intervenait par message vidéo du fait du refus des États-Unis de lui accorder un visa pour s’exprimer à l’Assemblée générale, a aussi déclaré « rejeter les attaques du Hamas perpétrées le 7 octobre ».  

Ces « agissements, qui ont visé des Israéliens et débouché sur une prise d’otages », ne « représentent pas le peuple palestinien ni son combat juste pour la liberté et l’indépendance », a-t-il affirmé.  Il a d’ailleurs assuré que le Hamas n’aura « aucun rôle à jouer » dans la gouvernance future de l’État de Palestine.  « Nous ne voulons pas d’un État doté d’une armée », a-t-il ajouté.    

« Nous n’allons pas quitter notre patrie, nos terres; notre population demeurera enracinée comme l’olivier, solide comme le roc. »  

La plupart des dirigeants n’ont pas manqué de s’exprimer sur la question palestinienne, notamment pour dénoncer la tragédie qui se déroule à Gaza.  Pour M. Abbas, « les crimes d’Israël à Gaza resteront dans la conscience humaine comme le chapitre le plus épouvantable de la tragédie humaine aux XXe et XXIe siècles ».  Le Président yéménite a renchéri, arguant que les conflits en cours au Yémen et à Gaza sont une « épreuve morale » pour l’ONU.    

M. Rashad Mohammed Al-Alimi, Président du Conseil de direction présidentiel du Yémen, a en effet évoqué la désolation et la souffrance de son peuple, avant de préciser être venu devant l’Assemblée générale pour « appeler le monde à agir et non à se souvenir ».  De son avis, « le Yémen n’est pas seulement une crise interne, mais un test de la crédibilité du système international ».  Il a appelé à « lancer une coalition internationale qui libérera le Yémen du terrorisme, reconstruira son État national et protégera la région et le monde d’une menace transnationale croissante ».    

De Gaza aux autres conflits  

Le Président du collège présidentiel de la Bosnie-Herzégovine a établi le parallèle entre les « génocides » de Gaza et de Srebrenica.  M. Željko Komšić a affirmé que la situation à « Gaza montre plusieurs éléments de génocide ».  Dénonçant la passivité, voire la complaisance, d’une partie de la communauté internationale, il a rapproché ce drame de celui vécu par son peuple à Srebrenica en 1995.    

Évoquant à son tour des blessures anciennes non cicatrisées, « l’amère expérience de la guerre de 2008 », le Président géorgien Mikheil Kavelashvili s’est montré toutefois positif: « Je crois qu’un jour, nous vivrons avec nos enfants dans une Géorgie unie, heureuse et développée, où rien ne fera obstacle à notre coexistence harmonieuse. »  S’adressant aux « frères et sœurs abkhazes et ossètes », il a promis de toujours accueillir ses « compatriotes de l’autre côté de la ligne d’occupation à bras ouverts et le cœur ouvert ».    

Solidaire, lui aussi, des victimes civiles du conflit à Gaza, le Président du Conseil de l’Europe, M. António Costa, a assuré que l’Union européenne se tient au côté de ce peuple et de même au côté de l’Ukraine, dont « l’agression par la Russie menace tous les États Membres ».  M. Costa a prévenu que l’Europe continuera de faire pression sur la Russie pour qu’elle mette fin à cette guerre.    

À propos de victimes civiles, le Premier Ministre du Soudan, Dr. Kamel El-Tayeb Idris, qui s’exprimait au nom du Gouvernement civil du Soudan, a souligné que le peuple soudanais subissait les atrocités des milices rebelles des Forces d’appui rapide.  Il a prié de stopper les flux d’armes vers les milices terroristes et de classifier celles-ci comme groupes terroristes.    

« Le Soudan saigne.  Nos villes sont silencieuses.  Nos champs sont stériles.  Nos enfants vivent la peur avant même de connaître la vie.  Mais au cœur des cendres, la pulsation de l’espoir persiste dans la prière du réfugié, dans le geste du fermier, dans le chant d’une mère. »

« L’Accord de paix tient depuis 7 ans dans une paix relative, donnant de l’espoir au peuple », a également positivé sa voisine du Sud, la Vice-Présidente du Soudan du Sud.  Mme Josephine Joseph Lagu a informé que des membres de la diaspora reviennent dans le pays pour reconstruire leur vie et que des élections générales sont prévues en décembre 2026.  Une nouvelle constitution permanente devrait être écrite avant les élections, a-t-elle ajouté, en profitant de la tribune pour réclamer la fin de l’embargo sur les armes frappant son pays.  La Vice-Présidente a aussi axé son discours sur les dangers que les changements climatiques font peser sur la société.    

Booster l’action climatique et la transition verte  

« Venez chez nous, voyez de vos propres yeux ce à quoi la région Pacifique est confrontée! »   

Cette invitation teintée de désespoir a été lancée par le Président de la République des Palaos.  M. Surangel S. Whipps s’adressait ainsi aux « climatosceptiques » dont le discours semble nier une vérité glaçante pour certaines contrées du monde.    

Le financement climatique doit être prévisible, adapté aux besoins des petits États insulaire en développement (PEID), et non l’inverse, a-t-il avisé en précisant que « la limite de 1,5 degré Celsius d’élévation de la température terrestre est le seul garde-fou pour nous protéger ».  Face à « la plus grande menace de notre temps », il a mis au défi les États Membres de respecter l’Accord de Paris.  

« Il faut concrétiser la promesse de l’Accord de Paris pour les enfants du Sud », a renchéri le Président du Botswana.  « Chez nous, les changements climatiques ne sont pas une menace du futur, mais une réalité du présent », a indiqué M. Duma Gedion Boko.  Il a demandé à ses pairs d’élever le niveau de financement des mesures d’adaptation aux changements climatiques afin de voir la promesse de l’Accord de Paris se concrétiser pour les agriculteurs, les éleveurs et les enfants des pays du Sud.    

En écho à ces attentes, le Président du Conseil de l’Europe a confirmé que l’Union européenne adhère pleinement aux engagements pris au titre de l’Accord de Paris visant à réduire ses émissions de 55% d’ici à 2030 et à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. 

En plus de ces promesses, le Président et Chef de Gouvernement des États fédérés de Micronésie, M. Wesley W. Simina, a préconisé une approche de précaution en matière d’exploitation minière des grands fonds marins par les grandes puissances.  Il a rappelé que 2025 est une année importante pour l’océan, avec l’adoption du Plan d’action de Nice pour l’océan et la prochaine entrée en vigueur de l’Accord sur la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (Accord BBNJ).    

S’il a aussi été question de « transition verte » dans les discours, le Président de la République d’Azerbaïdjan a estimé que celle-ci ne doit pas promouvoir des objectifs irréalistes.  Selon M. Ilham Heydar oglu Aliyev, « le monde ne peut se passer des combustibles fossiles, ni aujourd’hui ni dans un avenir prévisible ».  Il a souligné le rôle que joue l’Azerbaïdjan pour relier la région de la Caspienne aux marchés internationaux par le biais de systèmes de pipelines pétroliers et gaziers.    

L’Afrique comme berceau d’un nouveau deal multilatéral  

D’ici à 2050, plus du quart de la population mondiale proviendra du continent africain, a fait observer le Président du Ghana.  « Vous voyez donc que l’avenir est africain! »   

Selon M. John Dramani Mahama, l’Afrique est déjà un moteur de changement.  Et, a-t-il poursuivi, si cette réalité peut sembler provocante ou perturbante, « c’est peut-être parce que vous la voyez à travers le prisme de siècles de racisme, de colonialisme et d’impérialisme ».    

« L’Afrique est trop souvent traitée avec une indifférence affable, et la voix de l’Afrique n’est pas entendue », a affirmé à son tour le Président du Botswana en invitant les « amis et partenaires des cinq membres permanents » du Conseil de sécurité à tenir la « promesse faite au continent » de convenir d’un siège permanent pour l’Afrique.    

Mme Jessica Rose Epel Alupo, Vice-Présidente de l’Ouganda, a rappelé que le multilatéralisme reste un cadre essentiel pour élaborer des solutions collectives aux problèmes mondiaux.  Alors qu’il assure la présidence du Mouvement des pays non alignés (MNA), l’Ouganda s’engage à promouvoir les principes d’unité, de paix et de solidarité entre ses membres et à soutenir une collaboration plus étroite entre le MNA et l’ONU.  Dans ce contexte, la Chef de l’État a appelé à accélérer les progrès en vue de l’adoption du Pacte sur le droit au développement, attendu depuis longtemps.

De son côté, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema, du Gabon, a jugé inacceptable que les nations africaines restent cantonnées dans le rôle de pourvoyeuses de matières premières, invitant les investisseurs publics et privés à accompagner les pays africains dans le cadre de partenariats « gagnant-gagnant ».    

Renouveler l’engagement envers les principes de la Charte  

Si le Ministre camerounais des relations extérieures a avoué que la célébration du quatre-vingtième anniversaire des Nations Unies le laisse « plutôt songeur », le Président du Monténégro s’est opposé à la marginalisation de l’ONU.  M. Jakov Milatović a relevé que « malgré ses imperfections, l’Organisation reste la seule institution mondiale où chaque nation a un siège et où le droit international reste la base de la légitimité ».    

« L’ONU reste pertinente, en particulier en cette période de profonde incertitude et de crise mondiale », a abondé le Président Umaro Sissoco Embaló de la Guinée-Bissau tout en souhaitant des réformes urgentes  pour refléter les réalités géopolitiques et relever les défis du XXIe siècle.  Il faut selon lui élargir et démocratiser le Conseil de sécurité, donner une voix au Sud et rétablir la confiance dans le multilatéralisme et la coopération internationale, des exigences partagées par plusieurs autres dignitaires, des pays en développement notamment.  Et pour aller plus loin, le Roi Mswati III d’Eswatini a proposé que l’ONU établisse des comités ad hoc chargés de s’attaquer aux conflits mondiaux et de promouvoir la paix.    

La réussite de l’ONU sera jugée « à l’aune de notre capacité collective à aider les pays vulnérables », a conclu le Premier Ministre du Tchad, M. Allah Maye Halina.  

Le débat général de l’Assemblée générale se poursuivra demain, vendredi 26 septembre, à partir de 9 heures.  

 

Retrouvez les délibérations sur le blog: Débat général de la 80e session | Couverture des réunions & communiqués de presse

 

Retrouvez ci-dessous tous les articles de blog de la séance 

Somalie: le Président Mohamud se félicite que son pays emprunte la voie de la gouvernance inclusive et de la croissance, avec l’appui de ses partenaires internationaux

« Notre gouvernement a pris la décision historique d’organiser des élections au suffrage universel en Somalie pour la première fois en 57 ans » 
(Président de la Somalie)

M. Hassan Sheikh Mohamud, Président de la Somalie, a expliqué que son pays a opéré résolument la transition d’un conflit vers la croissance socioéconomique, politique et sécuritaire, depuis 2012, grâce à l’aide de partenaires internationaux « très dévoués ».

« Sur notre territoire, nous luttons courageusement contre les dernières poches de terrorisme international tout en bâtissant une architecture de sécurité nationale solide et durable », s’est félicité le Président, avant de saluer le courage des forces de sécurité somaliennes et des forces de défense des communautés locales pour leurs sacrifices, leur résilience et leur succès face aux Chabab et à Daech.

Le Chef de l’État somalien a également parlé de l’impact des changements climatiques qui contraignent les gouvernements des pays en développement, y compris le sien, à des compromis financiers impossibles

« Environ 10% des budgets des pays en développement sont consacrés à la lutte contre les changements climatiques. »

Il a dès lors appelé les pays industrialisés à s’acquitter de leurs obligations financières face à la crise climatique qu’ils continuent d’exacerber. « Pour nous, les changements climatiques ne sont pas une abstraction, c’est une terrible réalité de vies bouleversées et détruites. »

Monténégro: l’appel du Président Milatović à combattre les changements climatiques et à préserver le multilatéralisme

« Nous ne pouvons pas permettre que les Nations Unies soient marginalisées, ni que le droit international soit réduit au silence »
(Président du Monténégro)

Le Président Jakov Milatović a invité à « reconnaître une vérité qui donne à réfléchir »: l’absence de guerre mondiale depuis huit décennies n’a pas toujours été synonyme de paix et de prospérité véritables.

Constatant que le multilatéralisme est mis à l’épreuve comme jamais auparavant, il a invité à renouveler, aujourd’hui plus que jamais, « notre engagement envers les principes fondateurs de la Charte des Nations Unies ». Car, malgré ses imperfections, l’Organisation reste la seule institution mondiale où chaque nation a un siège et où le droit international reste la base de la légitimité.  Cela rend les Nations Unies indispensables, a-t-il souligné.

Rappelant par ailleurs que le Monténégro était le premier « État écologique », il a appelé à combattre les changements climatiques de toute urgence, avertissant que retarder une action plus décisive à l’échelle internationale revient à jouer avec la vie des générations futures.

État de Palestine: le Président Abbas dénonce la « guerre génocidaire » d’Israël à Gaza

« Les crimes d’Israël à Gaza resteront dans la conscience humaine comme le chapitre le plus épouvantable de la tragédie humaine aux XXe et XXIe siècles »
(Président de l’État de Palestine)

« Depuis deux ans, la population palestinienne connaît une guerre génocidaire livrée par les forces d’occupation israéliennes », au cours de laquelle « plus de 220 000 Palestiniens ont été tués ou blessés, dont la majorité sont des femmes, des enfants et des personnes âgées innocents », a déclaré le Président de l’État de Palestine, qui s’exprimait par message vidéo, du fait du refus des États-Unis de lui accorder un visa pour s’exprimer à l’Assemblée générale.

M. Abbas a en particulier mis l’accent sur le siège de Gaza qui a provoqué « une famine », ainsi que « la destruction de près de 80% des foyers, écoles, hôpitaux, églises, mosquées et autres infrastructures ».

Israël commet un crime de guerre, un crime contre l’humanité, a assené M. Abbas. « Ces crimes sont avérés, documentés.  Ils se retrouveront dans les manuels d’histoire et resteront dans la conscience humaine comme le chapitre le plus épouvantable de la tragédie humaine aux XXe et XXIe siècles. »

Le Président a également dénoncé la poursuite de la colonisation de peuplement à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, notamment par le projet E1 qui, a-t-il assuré, « saperait la solution des deux États en violation flagrante du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité ».  Il a aussi rappelé que les sites saints chrétiens et musulmans n’ont pas été épargnés par les attaques, « au mépris total du de leur statut historique ».

En Cisjordanie notamment, « le terrorisme des colons se poursuit; ils tuent des Palestiniens innocents en plein jour sous la protection de l’armée d’occupation israélienne », a dénoncé M. Abbas, qui a rejeté et déploré les déclarations relatives à un projet de Grand Israël et a lancé un appel à la mise en place de « mesures de dissuasion de ces projets expansionnistes ».

« Nos plaies sont béantes, notre calvaire est colossal », a assené M. Abbas, qui a rappelé que son peuple a été soumis, depuis la Naqba en 1948, à des décennies d’occupation marquées « par les meurtres, les arrestations, le vol d’argent, de propriétés et de terres ».  Cette situation, qui se poursuit « sans qu’aucune mesure de dissuasion ou de reddition de comptes ne soit mise en place », a permis à l’occupant de commettre toujours plus de violations des droits du peuple palestinien.

Le Président Abbas assure que le Hamas n’aura « aucun rôle » dans la gouvernance du futur État

« La Palestine nous appartient.  Jérusalem est notre capitale éternelle.  Nous n’allons pas quitter notre patrie, nos terres.  Notre population demeurera enracinée comme l’olivier, solide comme le roc »
(Président de l’État de Palestine)

La paix ne pourra être instaurée si justice n’est pas rendue et il ne pourra y avoir de justice si la Palestine n’est pas libérée, a affirmé le Président Abbas, qui a dit souhaiter un État « civil moderne qui se sera affranchi de la violence de l’extrémisme et du terrorisme », mais aussi « qui ne soit pas à la merci des aléas de la politique israélienne ».

M. Abbas a répété que la bande de Gaza « fait partie intégrante de l’État de Palestine et nous sommes prêts à endosser toute la responsabilité de la gouvernance et de la sécurité dans la bande de Gaza. »  Il a proposé la mise en place d’un « comité administratif pour la bande de Gaza présidé par un ministre du gouvernement palestinien, afin de gérer provisoirement les affaires de la bande de Gaza », puis de « relier la bande de Gaza à la Cisjordanie avec le soutien de la communauté internationale et des pays arabes », qui devraient également se déployer pour protéger les civils à Gaza et aider les forces palestiniennes à Gaza, sous la houlette des Nations Unies.  Il a également appelé à appuyer à une élection présidentielle dans un délai d’un an après la guerre.

« Nous rejetons les attaques du Hamas perpétrées le 7 octobre », a affirmé M. Abbas, pour qui ces « agissements qui ont visé des Israéliens et débouché sur une prise d’otages » ne « représentent pas le peuple palestinien ni son combat juste pour la liberté et l’indépendance ».

Le Président a assuré que le Hamas n’aura « aucun rôle à jouer » dans la gouvernance future de l’État de Palestine.  « Le Hamas et les autres factions devront déposer les armes auprès des autorités palestiniennes nationales » dans le cadre d’un processus visant à édifier les institutions d’un État avec un seul droit et une seule force de sécurité légale.  « Nous ne voulons pas d’un État doté d’une armée », a-t-il ajouté.

« Le drapeau de la Palestine sera hissé haut sur notre État en tant que symbole de dignité, de ténacité et de la libération du joug de l’occupation », a encore affirmé M. Abbas, qui a lancé: « La Palestine nous appartient. Jérusalem est notre capitale éternelle. Nous n’allons pas quitter notre patrie, nos terres; notre population demeurera enracinée comme l’olivier, solide comme le roc. »

Yémen: le Président Al-Alimi appelle à la formation d’une coalition internationale efficace pour rétablir la sécurité et la stabilité dans son pays

« Il incombe maintenant au monde de reconsidérer sa perception de la situation au Yémen »
(Président du Conseil de direction présidentiel du Yémen)

Le Président du Conseil de direction présidentiel du Yémen, M. Rashad Mohammed Al-Alimi, s’est demandé pour quelle raison le monde a laissé son pays devenir « l’otage du projet expansionniste du régime iranien et de ses milices, qui utilisent la faim comme une arme, la religion comme un outil et les voies maritimes comme un moyen de chantage ».  « Pourquoi avoir laissé ce pays ancien devenir l’un des foyers de terrorisme transnational les plus dangereux au monde? »

« Le Yémen n’est pas seulement une crise interne, mais un test de la crédibilité du système international. » 

Les milices houthistes ne sont plus le groupe rebelle d’une région reculée du pays, a insisté le Président, mais une organisation terroriste mondiale disposant d’un arsenal iranien avancé, des missiles balistiques aux drones, en passant par les bateaux piégés et les mines navales. 

« Quiconque tolère ce groupe aujourd’hui devrait imaginer ce qu’il en sera demain lorsque la mer Rouge et ses voies navigables deviendront des otages permanents de ce terrorisme. »

Dans ce contexte, le Président a demandé la formation d’une coalition internationale à même de rétablir la sécurité et la stabilité au Yémen, une alliance dédiée à la reconstruction des institutions nationales et à la libération du pays de l’emprise des milices terroristes. 

Estimant que les conflits en cours au Yémen et à Gaza sont une « épreuve morale » pour l’ONU, le Président s’est félicité de la reconnaissance massive de l’État de Palestine indépendant.

Macédoine du Nord: la Présidente Siljanovska-Davkova appelle à ne pas laisser les Balkans occidentaux dans un vide géopolitique

La Présidente Gordana Siljanovska-Davkova a appelé l’Union européenne (UE) à parvenir à un consensus pour unifier l’Europe, évoquant l’existence de failles géopolitiques dans les Balkans.

Elle a expliqué que le processus d’adhésion de son pays à l’UE est entravé depuis 20 ans pour des « raisons nationalistes ». L’UE demande notamment l’amendement de la Constitution, alors qu’il s’agit d’une question strictement nationale, et stipule que les négociations ne pourront pas commencer sans celui-ci.  Or, cela ouvrirait de nombreuses questions culturelles et historiques dont nous avons déjà parlé avec la Grèce.  Appelant au respect des accords conclus, elle a fait observer que les accords de bon voisinage entre la Macédoine du Nord et la Bulgarie ne comportent aucune disposition d’amendement constitutionnel.

« La Macédoine du Nord souhaite être intégrée dans l’UE mais sans qu’on nous dicte des conditions supplémentaires et en respectant notre dignité nationale », a-t-elle dit.

Haïti est à l’épicentre d’une menace régionale inédite, avertit le Président Saint Cyr

« La communauté internationale doit déployer les grands moyens »
(Président du Conseil présidentiel de transition d’Haïti)

« Avec gravité et beaucoup d’espoir », le Président du Conseil présidentiel de transition haïtien a attiré l’attention de l’Assemblée sur la tragédie humaine en cours dans son pays, en proie à une « guerre entre des criminels qui veulent imposer la violence comme ordre social à une population désarmée ».

M. Anthony Franck Laurent Saint Cyr a demandé une « riposte ferme et résolue » de la part de la communauté internationale, qui doit « déployer les grands moyens: pas de demi-mesures, mais une action forte, coordonnée et immédiate ».

Le Président a salué les forces de l’ordre haïtiennes et la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), mais a regretté que la Mission ne compte qu’un millier de membres sur le terrain, alors que 2 500 avaient été « requis et promis ».  Et ce, alors qu’« Haïti se trouve à l’épicentre d’une menace régionale inédite », portée par des « réseaux criminels puissants et lourdement armés » qui menacent à la fois le pays et toute la région.

Le Président a affirmé que son peuple, « digne et résilient », revendique « pour lui-même et pour l’humanité entière, trois promesses universelles: le développement, le respect de la dignité humaine et la paix ».

M. Anthony Franck Laurent Saint Cyr a également rappelé que 2025 marque le bicentenaire de l’ordonnance imposant à Haïti « le paiement d’une rançon » pour la reconnaissance de son indépendance.  Le Président a réclamé réparation, « non pas dans un esprit de revanche ni d’acrimonie, mais avec un souci de justice et de vérité ».  À cet égard, il a salué la résolution du 5 juin 2025 de l’Assemblée nationale française reconnaissant l’injustice de cette « rançon ».

Géorgie: le Président Kavelashvili affirme que son pays s’efforce de faire passer le Caucase du Sud d’une zone de conflits à un espace de dialogue entre les civilisations et de prospérité économique

« Je crois qu’un jour, nous vivrons avec nos enfants dans une Géorgie unie, heureuse et développée, où rien ne fera obstacle à notre coexistence harmonieuse »
(Président de la Géorgie)

M. Mikheil Kavelashvili, qui a commencé son discours en vantant le « courageux peuple géorgien », son alphabet unique, sa langue ancienne et sa tradition chrétienne vieille du XVIIe siècle, s’est félicité de faire passer le Caucase du Sud d’une zone de conflits à un espace de dialogue et de prospérité.  Évoquant « l’amère expérience de la guerre de 2008, dont les blessures ne sont pas encore cicatrisées », il a exprimé « son soutien ferme et indéfectible au peuple ukrainien ».  Il a salué à cet égard les efforts du Président Donald Trump pour mettre rapidement fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine, ainsi que son initiative de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

Alors que la Géorgie est un « carrefour de civilisations », selon M. Kavelashvili, le pays entend retrouver « son rôle historique » en tant que « voie de communication la plus courte et pont naturel entre l’Europe et l’Asie, l’Occident et l’Orient ».  Le Président l’a décrit comme « une plaque tournante régionale tant en termes de commerce que de transit énergétique ».

Tout est mis en œuvre, a-t-il assuré, pour que la route stratégique du « corridor central » devienne la liaison « la plus sûre, la plus fiable et la plus stable entre l’Est et l’Ouest ».  Ces projets offrent aux pays enclavés d’Asie centrale et du Caucase du Sud une connectivité maritime avec le reste du monde et renforcent considérablement la sécurité énergétique de l’Europe et du Caucase du Sud, a-t-il ajouté.

« Bien que 20% du territoire géorgien reste sous occupation, nous continuons à poursuivre le développement et le progrès avec beaucoup d’énergie et de détermination. »  S’adressant aux « frères et sœurs abkhazes et ossètes », il a lancé: « Nous accueillerons toujours nos compatriotes de l’autre côté de la ligne d’occupation à bras ouverts et le cœur ouvert. »

Bolivie: le Président Arce Catacora pointe le capitalisme comme responsable des guerres multidimensionnelles financières, médiatiques ou cybernétiques

« Il est temps de dévoiler l’origine de ces tragédies: la domination sauvage du système capitaliste qui fait de l’accumulation des gains l’objectif de quelques-uns aux dépens des intérêts de la majorité »
(Président de la Bolivie)

M. Luis Alberto Arce Catacora, Président constitutionnel de la Bolivie, a fustigé des génocides « permis par deux pays », le recours à des armes sophistiquées pour provoquer un pays souverain, ainsi que la militarisation sous le prétexte de lutter contre la drogue, tout en maintenant un blocus criminel contre un peuple coupable d’avoir conquis son indépendance il y a plus de six décennies.

Il a dénoncé les guerres multidimensionnelles financières, médiatiques ou cybernétiques qui ont des incidences sur la survie de l’être humain et de la vie même sur cette planète.  Pour lui, c’est la « volonté obsessive d’hégémonie de l’Administration de Trump » qui cause des douleurs et des morts afin de s’approprier des ressources naturelles au bénéfice d’une bourgeoisie impériale et du maintien à tout prix d’un ordre unipolaire.

Le Président a dénoncé un véritable néocolonialisme qui s’exerce à l’encontre des autres États.

Il a formulé trois demandes à l’Assemblée générale

  • déclarer le monde territoire de paix, comme l’ont fait les États de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC),
  • reconnaître le colonialisme comme une erreur historique qui a causé des dommages dévastateurs aux peuples qui en ont été victimes,
  • établir un mécanisme chargé de rétablir la justice et d’accorder des réparations, notamment pour les peuples autochtones.

Gabon: le Président Oligui Nguema affirme que le bassin du Congo « ne sera pas sacrifié aux appétits financiers »

Le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a jugé inacceptable que les nations africaines restent cantonnées dans le rôle de pourvoyeuses de matières premières, invitant les investisseurs publics et privés à accompagner les pays africains dans le cadre de partenariats « gagnant-gagnant ».

Il s’est également inquiété des efforts dramatiquement insuffisants pour faire face à la triple crise planétaire des changements climatiques, de l’appauvrissement de la biodiversité et de la pollution, et a exhorté à faire de l’Accord sur la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (Accord BBNJ) « un véritable levier de transformation pour les générations présentes et futures ».

Rappelant en outre que le Gabon est le gardien d’une partie du bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète, il a demandé un partenariat mondial équitable « où la protection de nos forêts s’accompagne d’une juste rémunération pour les services écologiques rendus à l’humanité ».

« Ce patrimoine exceptionnel ne sera pas sacrifié aux appétits financiers », a-t-il assuré.

Ghana: le Président Dramani assure que « l’avenir est africain »

« Les nations les plus puissantes de l’après-guerre continuent d’exercer une tutelle quasi totalitaire sur le reste du monde »
(Président du Ghana)

D’ici à 2050, plus du quart de la population mondiale proviendra du continent africain, a fait observer le Président du Ghana.  « Vous voyez donc que l’avenir est africain », a-t-il lancé.  L’Afrique est déjà un moteur de changement, a-t-il poursuivi, ajoutant que si cette réalité peut sembler provocante ou perturbante, « c’est peut-être parce que vous la voyez à travers le prisme de siècles de racisme, de colonialisme et d’impérialisme ».

Pour illustrer la résilience des nations africaines, le Président a évoqué les changements politiques et le programme de redémarrage qu’il a mis en œuvre dans son pays, vantant ses résultats économiques déjà visibles après huit mois de présidence.

Quatre-vingts ans après leur création, les Nations Unies devraient, entreprendre un processus de sérieux réajustement.  Le nombre d’États Membres a presque quadruplé et « le monde n’est plus le même ».  En outre, la charte fondatrice est obsolète en matière de représentation.  « Les nations les plus puissantes de l’après-guerre continuent d’exercer une tutelle quasi totalitaire sur le reste du monde », a déploré le Président, avant d’affirmer que le continent africain devrait disposer d’au moins un siège permanent avec droit de veto au Conseil de sécurité.  En outre, qu’aucune nation ne devrait pouvoir faire usage d’un droit de veto absolu pour servir ses propres intérêts dans un conflit, a-t-il souligné.

Le Président a fait remarquer que cette époque dangereuse ressemble fort à celle qui a conduit à l’échec de la Société des Nations.  Il a en outre dénoncé le refus des États-Unis d’accorder un visa au Président de l’État de Palestine, rappelant que son pays avait reconnu ce dernier en 1990 et appuyait la solution des deux État qui « ne vient pas récompenser le Hamas mais vient donner du répit aux centaines de milliers d’innocents qui subissent une punition collective, une famine forcée, simplement parce qu’ils sont Palestiniens.  « Les crimes à Gaza doivent cesser. »  Il a ensuite rappelé le conflit au Soudan et ses 12 millions de réfugiés, que la communauté internationale devrait aider, « comme on l’a fait pour les réfugiés venant d’Ukraine ».

Guinée-Bissau: pour le Président Embaló, « l’ONU reste pertinente, en particulier en cette période de profonde incertitude et de crise mondiale »

Le Président de la Guinée-Bissau M. Umaro Sissoco Embaló a salué les agences des Nations Unies qui fournissent soins, éducation, vaccins, nourriture et protection chaque jour à des millions d’êtres humains.  Elles contribuent également à la lutte contre la pauvreté et contre la discrimination à l’égard des femmes et des filles dans le monde entier.

Les inégalités socioéconomiques, les chocs environnementaux, l’instabilité politique et les urgences humanitaires touchent de manière disproportionnée les pays en développement, avec le plus grand impact sur les petits États insulaires en développement (PEID), a constaté M. Embaló.  Les progrès vers la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) ont considérablement ralenti, voire stagné, a-t-il déploré.  Le fardeau de la dette souveraine des pays pauvres s’alourdit, tandis que l’aide au développement diminue.

« Pour relever les défis du XXIe siècle, l’ONU doit entreprendre des réformes urgentes », a affirmé le Président, notamment afin de refléter les réalités géopolitiques.  Il faut selon lui élargir et démocratiser le Conseil de sécurité, donner une voix au Sud, et rétablir la confiance dans le multilatéralisme et la coopération internationale.

Eswatini: les propositions du Roi Mswati III pour promouvoir la paix et un financement durable

Pour résoudre les défis multiples auxquels est confrontée l’humanité, le Roi Mswati III, Chef d’État du Royaume d’Eswatini, a proposé que l’ONU établisse des comités ad hoc chargés de s’attaquer aux conflits mondiaux et de promouvoir la paix.

En Afrique, l’engagement de tels comités auprès des communautés touchées au Soudan, au Soudan du Sud, en Somalie, au Sahel et dans la région des Grands Lacs contribuerait selon lui à réduire les tensions et à trouver des solutions qui répondent aux préoccupations de l’ensemble des parties.

Il a également appelé l’ONU à concentrer son action sur l’appui aux initiatives de développement afin de réduire la pauvreté et d’aider les États à faire face aux crises économiques.  « Afin de favoriser la croissance, les nations doivent disposer des ressources nécessaires pour leur permettre de réaliser les objectifs de développement durable. »  Or, à cinq ans de leur échéance, les progrès réalisés pour mettre en œuvre en les ODD sont « loin d’être sur la bonne voie », a-t-il constaté.

Le Roi Mswati III a également plaidé pour un financement durable, notant que l’économie mondiale demeure fragile, l’inflation persistante entraînant une hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie dans de nombreux pays en développement, notamment en Afrique subsaharienne, où les États consacrent en moyenne 12% de leurs recettes publiques au service de la dette.

À cet égard, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) a le potentiel de stimuler le commerce intra-africain à hauteur de 52%, favorisant ainsi l’industrialisation et la création de millions d’emplois.

Palaos: le Président Whipps met le monde au défi de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré

« Venez chez nous, voyez de vos propres yeux ce à quoi la région Pacifique est confrontée »
(Président des Palaos)

Axant son intervention sur le réchauffement climatique et la possible disparition de son pays, M. Surangel S. Whipps, Président des Palaos, a qualifié les termes de l’Accord de Paris –limiter le réchauffement planétaire à 1,5 degré Celsius- de « limite morale » à ne pas dépasser, une « planche de salut » pour les petits États insulaires en développement (PEID) de la région Pacifique, région qu’il a qualifiée de « boussole morale du monde en matière de changements climatiques ».

Décrivant un pays « envahi par les algues », avec des maisons « détruites par les tempêtes », un récif coralien et des poissons qui disparaissent, le Chef de l’État a dressé un tableau apocalyptique du futur, témoignant devant l’Assemblée du combat quotidien pour y faire barrage.

Parmi les grands pays émetteurs, il a salué l’Australie, « qui s’est fixé des objectifs ambitieux, mais réalisables » en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.  « L’Australie mène la charge, soutient les pays du Pacifique et les aide à accélérer la transition énergétique.  Voilà le genre de leadership dont nous avons besoin », a affirmé le Président.

Le financement climatique doit être prévisible, adapté aux besoins des PEID, et non l’inverse.  « Ce n’est pas une simple aspiration, c’est prouvé par les scientifiques, la limite à 1,5 degré est le seul garde-fou pour nous protéger. »  Face à la plus grande menace de notre temps, il a mis au défi les États Membres de respecter l’Accord de Paris: « Si vous êtes sérieux, venez chez nous, et voyez de vos propres yeux ce à quoi la région Pacifique est confrontée. »

Azerbaïdjan: le Président Aliyev se félicite de l’accord de paix avec l’Arménie et remercie son homologue américain pour son soutien

« Les accords conclus lors de ma visite aux États-Unis, en août, revêtent une signification historique »
(Président de l’Azerbaïdjan)

Rappelant le long conflit qui a opposé son pays à l’Arménie, M. Ilham Heydar oglu Aliyev, Président de l’Azerbaïdjan, s’est félicité de la déclaration commune signée le 8 août entre les deux nations.  « Les négociations ont produit des résultats positifs parce qu’elles ont été menées sur une base strictement bilatérale, sans aucune ingérence extérieure », a-t-il dit, ajoutant que c’est à la demande commune de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan qu’a été récemment dissous le Groupe de Minsk, créé en 1992 par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour faciliter le règlement des différends entre les deux pays.

Il a toutefois rappelé que, depuis novembre 2020, plus de 400 Azerbaïdjanais ont été tués ou blessés par des explosions de mines terrestres et que ces dernières entravent le retour des personnes déplacées et retarde les projets de reconstruction.

Après avoir salué le Président des États-Unis pour son soutien au processus de paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, M. Aliyev s’est réjoui de la création d’un « groupe de travail stratégique » destiné à élaborer une charte de partenariat entre Bakou et Washington, notamment dans les domaines politique, économique et énergétique.  Dans ce même cadre, il a qualifié d’« étape historique » la levée des sanctions imposées par les États-Unis à l’Azerbaïdjan en 1992 dans le cadre du Freedom Support Act.

Dans le domaine environnemental, le Président a évoqué les problèmes auxquels fait face la mer Caspienne, notamment son rapide rétrécissement.  « Les changements climatiques n’en sont pas la principale raison », a-t-il affirmé, exhortant les États riverains à déployer des efforts communs pour éviter une « catastrophe écologique aux conséquences imprévisibles ».  M. Aliyev a rappelé que son pays a accueilli la COP29 sur le climat en 2024 et s’est enorgueilli du fait que toutes les voix aient pu y être entendues, « en particulier celles du monde en développement ».  Il a néanmoins estimé que la transition verte ne doit pas promouvoir des objectifs irréalistes.  « Le monde ne peut se passer des combustibles fossiles ni aujourd’hui ni dans un avenir prévisible », a-t-il insisté, soulignant le rôle que joue l’Azerbaïdjan pour relier la région de la Caspienne aux marchés internationaux par le biais de systèmes de pipelines pétroliers et gaziers.

Bosnie-Herzégovine: le Président Komšić met en parallèle les « génocides » de Gaza et de Srebrenica

« Imposer des conditions de vie intenables à un peuple constitue une forme de destruction visée par la Convention sur le génocide »
(Président du collège présidentiel de la Bosnie-Herzégovine)

Pour le Président du collège présidentiel de la Bosnie-Herzégovine, la situation à Gaza « montre plusieurs éléments de génocide » tels que décrits dans la Convention sur le génocide, soulignant que le génocide « peut aussi être constitué lorsque des conditions de vie impossibles sont délibérément imposées à un groupe national, ethnique, racial ou religieux, menaçant à terme sa destruction complète sur un territoire donné ».  Dénonçant la passivité, voire la complaisance, d’une partie de la communauté internationale, M. Željko Komšić a rapproché ce drame de celui vécu par son peuple à Srebrenica en 1995.

M. Komšić a rappelé que l’agression des années 1990 et les failles de la Force de protection des Nations Unies (FORPRONU) avaient conduit au génocide de Srebrenica, reconnu par le droit international.  La résolution adoptée récemment par l’ONU sur ce crime représente une avancée majeure pour la mémoire et la prévention de crimes futurs, malgré les pressions de certains États pour la bloquer, a-t-il ajouté.

M. Komšić a dénoncé les guerres d’agression contemporaines, en particulier celle menée contre l’Ukraine, soumise à des pressions pour céder une partie de son territoire au nom d’un « faux compromis de paix ».  Accepter de tels scénarios, a-t-il averti, reviendrait à normaliser l’usage de la guerre comme instrument politique.

Enfin, le Président a critiqué le système institutionnel de son pays issu des Accords de Dayton, qualifié d’« ethnocratie » et permettant à une minorité de gouverner la majorité, au détriment de la démocratie.  Il a accusé certains acteurs internationaux d’entretenir ce système et d’imposer un véritable « embargo sur la démocratie » en Bosnie-Herzégovine.

Appelant à une application cohérente du droit international, sans distinction entre grandes et petites nations, M. Komšić a conclu: « La paix n’est pas un privilège, c’est notre obligation collective. »

Guinée équatoriale: le Vice-Président Nguema salue le règlement « historique » d’un vieux conflit de souveraineté territoriale avec le Gabon

« Les conflits peuvent être résolus dans l’esprit de la Charte des Nations Unies et grâce à la volonté politique des États »
(Vice-Président de la Guinée équatoriale)

Le Vice-Président de la République de Guinée équatoriale, chargé de la défense nationale et de la sécurité de l’État, M. Teodoro Nguema Obiang Mangue, a mis en avant l’accord conclu cette année avec le Gabon sur la souveraineté des îles de Mbañé, Cocoteros et Conga.  Ce différend, qui a opposé les deux pays pendant des décennies, a été réglé « par le dialogue et la patience », sous l’égide de la Cour internationale de Justice (CIJ), s’est-il félicité.  Cet exemple crée « un précédent historique pour l’Afrique ».

La Guinée équatoriale demeure attachée au Programme de développement durable à l’horizon 2030, malgré des progrès jugés « trop lents » à l’échelle mondiale.  Le Vice-Président a défendu la nécessité d’une justice climatique, soulignant que les pays africains paient un prix disproportionné « alors qu’ils ne sont pas responsables des émissions mondiales ».  Il a aussi souligné le droit de chaque peuple à définir son propre modèle de développement, « sans sanctions arbitraires ni ingérences ».

Soudan du Sud: la Vice-Présidente Lagu témoigne des progrès réalisés par le plus jeune État Membre de l’ONU

« L’accord de paix tient depuis sept ans dans une paix relative, donnant de l’espoir au peuple »
(Vice-Présidente de la République du Soudan du Sud)

Une indépendance dans la douleur en 2011, aussitôt suivie d’une guerre civile: le chemin de la jeune nation du Soudan du Sud est jalonné de difficultés.  Mais le message adressé par la Vice-Présidente du pays, Mme Josephine Joseph Lagu, s’est voulu porteur d’espoir.  Elle a détaillé les jalons de la sortie du conflit -Accord revitalisé sur le règlement du conflit en République du Soudan du Sud en 2018, formation d’un gouvernement de transition et d’unité nationale, réformes- et évoqué une commission vérité et réconciliation qui sera bientôt mise sur pied sous l’égide de l’Union africaine.  « L’action positive à l’égard des femmes a été décrétée », a ajouté celle qui en est devenue l’un des symboles.  

« L’Accord tient depuis sept ans et une paix relative est réalisée, donnant de l’espoir au peuple du Soudan du Sud », a poursuivi Mme Lagu.  « Des membres de la diaspora reviennent pour reconstruire leur vie dans le pays et des élections générales sont prévues en décembre 2026. »  Une nouvelle constitution permanente devrait voir le jour avant ce scrutin, a-t-elle ajouté, profitant de la tribune pour réclamer la fin de l’embargo sur les armes frappant son pays.  

La Vice-Présidente a aussi axé son discours sur les dangers que les changements climatiques font peser sur sa société.  Le Soudan du Sud fait partie des pays les plus exposés à ce phénomène, bien que ses contributions aux émissions de gaz à effet de serre soient négligeables.  Sécheresse prolongée, mauvaises récoltes, déplacements de population: « la stabilité sociale est menacée, faute d’accès à des moyens de subsistance durables pour les populations », a prévenu Mme Lagu, qui a réclamé que soient honorés les engagements de l’Accord de Paris, ainsi que le renforcement des capacités et les investissements directs étrangers.  

Les plans d’adaptation du Soudan du Sud doivent être soutenus par la communauté internationale « qui ne peut se permettre de fermer les yeux sur l’injustice climatique », a-t-elle plaidé, réaffirmant l’engagement « inébranlable » de son jeune pays en faveur du développement durable, malgré le manque d’infrastructures, la pauvreté extrême et l’insécurité alimentaire généralisée.

Gambie: après la Conférence internationale sur le financement du développement, il faut espérer que l’architecture financière internationale et ses mécanismes changeront pour le mieux, dit le Vice-Président Jallow

« L’architecture actuelle, s’agissant en particulier de la restructuration de la dette, continue de compromettre les aspirations des pays du Sud en matière de développement »
(Vice-Président de la Gambie)

En raison de leur espace fiscal limité par le fardeau de la dette, a expliqué M. Mohammed B. S. Jallow, les pays du Sud ont du mal à faire les investissements qu’il faut dans les secteurs socioéconomiques.

La modification de l’architecture financière internationale est d’ailleurs la clef pour accélérer la réalisation des objectifs de développement durable, a ajouté le Vice-Président.  

Nous devons, a-t-il dit, nous mettre d’accord sur des arrangements, des facilités et des mécanismes propices à des investissements ciblés, à l’industrialisation et à la mécanisation dans tous les secteurs. 

Liechtenstein: la Vice-Première Ministre et Ministre des affaires étrangères Monauni appelle la communauté internationale à rationaliser le fonctionnement de l’ONU

« L’Initiative ONU80 est la seule occasion qui nous soit offerte de rendre l’Organisation plus efficace et plus productive »
(Vice-Première Ministre et Ministre des affaires étrangères du Liechtenstein)

Mme Sabine Monauni, Vice-Première Ministre et Ministre des affaires étrangères du Liechtenstein, a salué l’avis consultatif récent de la Cour internationale de Justice (CIJ) sur les obligations des États en matière de changements climatiques, impulsé par le mouvement des jeunes pour le climat.  Cet avis, sollicité par l’Assemblée générale, met notamment l’accent sur la dimension des droits humains en lien avec la crise climatique.  

La Cour pénale internationale (CPI) est l’objet d’attaques politiques et de sanctions sans précédent, a regretté la Première Ministre.  Selon elle, la CPI, seule institution compétente pour juger le crime d’agression, est essentielle à l’application de la Charte des Nations Unies.  Elle mérite donc le soutien de tous les États, y compris ceux qui n’y ont pas encore adhéré. 

Libye: ce pays n’est pas une arène de combat, déclare le Président du Conseil présidentiel Menfi

Le Président du Conseil présidentiel de la Libye, M. Mohamed Younes Menfi, a fait valoir que son pays est une patrie dotée de richesses naturelles et de ressources humaines jeunes et dynamiques, qui constituent « la colonne vertébrale de la construction d’un État moderne ».  

Le Président a souligné que la Libye avait payé un lourd tribut en raison de la complexité de la scène politique et de son impact négatif sur la confiance des Libyens.  Les mécanismes traditionnels sont arrivés au bout de leurs forces, a-t-il reconnu, ils ne sont pas à la hauteur de la situation.  « Il faut éviter les solutions temporaires et les interprétations trop étriquées qui ne font que nourrir les crises. »  

Aucune solution politique n’est possible si elle se limite à reproduire les erreurs du passé ou si elle s’impose en contradiction avec la volonté du peuple libyen et son aspiration à la liberté, a poursuivi le Président.  

Dans ce contexte, il a présenté sa vision qui repose sur quatre piliers essentiels: le rétablissement de la souveraineté nationale et le rejet de toute ingérence étrangère; la promotion d’un dialogue national inclusif pour une réconciliation juste; l’unification des institutions souveraines, notamment de défense et de sécurité; et l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles. 

Botswana: « il faut concrétiser la promesse de l’Accord de Paris pour les enfants du Sud », lance le Président Boko

« Chez nous, les changements climatiques ne sont pas une menace du futur mais une réalité du présent »
(Président du Botswana)

M. Duma Gedion Boko, Président du Botswana, a demandé à ses pairs d’augmenter le financement de l’adaptation aux changements climatiques pour faire en sorte que la promesse de l’Accord de Paris passe du papier à des actes concrets pour les agriculteurs, les éleveurs et les enfants des pays du Sud.  

Décrivant par ailleurs son pays comme « béni par les diamants », le Président a indiqué que le Botswana est confronté à la vulnérabilité liée à une trop grande dépendance à ce secteur, compte tenu de la fluctuation des marchés.  

L’objectif est clair, a dit le Président: il faut diversifier l’économie, autonomiser la population et créer de la résilience par des investissements dans les énergies renouvelables, les technologies, l’agriculture durable et l’industrie à valeur ajoutée, avec l’aide des partenaires internationaux.  

Le Président a soulevé un autre problème, celui de la pénurie de médicaments qui vient d’affecter son pays.  Dénonçant les inégalités du système mondial de la santé, il a rappelé que l’accès aux médicaments est un droit humain et non un privilège.  

Les Nations Unies, les institutions financières internationales et le secteur privé doivent travailler avec les pays du Sud pour trouver des mécanismes plus équitables, a-t-il estimé.  

Dominique: la Présidente Burton fait le constat d’un monde divisé entre prospérité et souffrance

« C’était le meilleur des temps, c’était le pire des temps »
(Présidente du Commonwealth de Dominique)

Après une salutation dans sa langue indigène kalinago, Mme Sylvanie Burton, Présidente du Commonwealth de Dominique, a félicité la Présidente de l’Assemblée générale pour sa nomination et dit attendre avec impatience « le jour où une femme dirigera cette grande institution en tant que Secrétaire générale ».  À ses yeux, il s’agirait d’un ‘symbole de véritable égalité ».  

Dressant un parallèle entre le monde actuel et celui décrit dans « Le Conte de deux cités » de Charles Dickens, roman qui se déroule à une époque de bouleversements sociaux, de divisions et de transformations, Mme Burton en a tiré une citation: « C’était le meilleur des temps, c’était le pire des temps... »  Des mots qui, selon elle, restent d’actualité, même si ce livre a été écrit il y a plus de 160 ans.  

Pour certains, c’est effectivement la meilleure des époques: des économies fortes, l’accès à l’éducation, aux médicaments, à des soins de santé de premier ordre, à l’eau potable, à l’assainissement et au logement.  Ils sont à la pointe de l’intelligence artificielle et d’autres technologies émergentes, avec une infrastructure numérique en pleine expansion et un niveau de vie en hausse ».  Mais pour beaucoup d’autres, c’est toujours la pire des époques: pauvreté persistante, famine croissante, déplacements, instabilité et guerre; des nations en première ligne face aux changements climatiques, subissant les pires conséquences et une crise de la dette dont elles ne sont pas responsables, mais qu’elles paient pour les excès des autres.  « Hélas, ce n’est pas de la fiction, mais notre réalité commune. »  

Pour faire court, dans un monde divisé entre prospérité et souffrance, certains pays vivent dans l’abondance, tandis que d’autres, notamment les petits États insulaires en développement (PEID), subissent les effets des changements climatiques, de la pauvreté et, souvent, des conflits, a-t-elle déploré.  

Dénonçant l’injustice du système international, où les puissants imposent leur volonté aux plus faibles, Mme Burton a plaidé pour un ordre mondial fondé sur des règles équitables.  Après avoir fait le point sur les impacts des conflits mondiaux sur les PEID, qui sont souvent les victimes collatérales des luttes entre grandes puissances, la Présidente a tenu à exprimer sa solidarité avec d’autres pays de sa région: Haïti, pour lequel elle a appelé à une solution dirigée par les Haïtiens eux-mêmes; Cuba, qu’il faut libérer immédiatement de l’embargo économique; et le Venezuela, qui doit résoudre ses défis internes sans intervention étrangère ni sanctions.  

Micronésie: le Président Simina préconise une approche de précaution en matière d’exploitation minière des grands fonds marins

L’année 2025 est une année importante pour l’océan, a fait remarquer le Président des États fédérés de Micronésie, M. Wesley W. Simina, avec l’adoption du Plan d’action de Nice pour l’océan et la prochaine entrée en vigueur de l’Accord sur la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (Accord BBNJ).  Son pays reste également déterminé à parvenir à un accord mondial ambitieux pour mettre fin à la pollution plastique.  

La Micronésie, a poursuivi le Chef de l’État, participe activement aux travaux de l’Autorité internationale des fonds marins.  Il a insisté sur « la nécessité de consolider les connaissances, les données et la compréhension scientifique approfondie du milieu marin et des impacts de l’exploitation minière des grands fonds marins avant toute exploitation ».  

Les petits États insulaires en développement sont confrontés à des vulnérabilités uniques et accrues aux changements climatiques, a rappelé M. Simina.  C’est pourquoi l’indice de vulnérabilité multidimensionnelle est si essentiel.  « Il reconnaît nos fragilités économiques, environnementales et sociales et garantit que l’aide fournie reflète les besoins réels, et pas seulement les niveaux de revenus. »  

Éthiopie: le Président Amde appelle les pays développés à cesser de se « détourner du développement et du climat » 

« Le Grand Barrage Éthiopien de la Renaissance est un symbole de libération pour des millions de femmes et de filles éthiopiennes »
(Président de l’Éthiopie)

Malgré les succès des Nations Unies, sa revitalisation était toujours d’actualité, a estimé M. Taye Atskeselassie Amde.  « Les Nations Unies doivent surmonter les problèmes systémiques dont elles souffrent du fait d’un manque d’impartialité, de la sélectivité et du deux poids, deux mesures », a déclaré le Président.  Aucun État « ne peut gérer seul les défis mondiaux », a-t-il ajouté en référence aux « politiques isolationnistes » de certains pays, avant d’inviter « les pays développés qui ont des responsabilités historiques, à inverser les récentes tendances à se détourner du développement et de leurs engagements climatiques ».

M. Amde s’est félicité des progrès de l’Afrique, décrite comme un continent à la croissance économique élevée, tout en soulignant la nécessité de faire avancer un programme ambitieux en matière de financement du développement.  « Les mesures coercitives et les restrictions commerciales, en particulier celles qui visent l’Afrique, doivent être levées », a-t-il asséné en appelant de ses vœux une nouvelle action mondiale pour l’annulation, la restructuration et la suspension de la dette.  Il a en outre réitéré l’appel de son pays à une réforme urgente du Conseil de sécurité.  

Le Président éthiopien a fait l’éloge du projet du Grand Barrage Éthiopien de la Renaissance, d’une capacité de plus de 5 000 mégawatts, qui fournit de l’énergie à 60 millions d’Éthiopiens et contribue à leur sécurité alimentaire.  Ce barrage « est un symbole de libération pour des millions de femmes et de filles éthiopiennes, les libérant de la recherche éreintante de bois de chauffage » et « contribuant à la réalisation de tous les objectifs de développement durable », a-t-il affirmé.  

Le Président a par ailleurs approuvé la déclaration du Secrétaire général lors de la Conférence d’Awaza, selon laquelle « aucun État ne devrait être exclu des opportunités de croissance, de financement et de technologie en raison des circonstances géographiques ».  Il a rappelé à ce titre l’engagement de l’Éthiopie pour la sécurité maritime dans la mer Rouge et l’océan Indien.

Union européenne: l’Ukraine, Gaza, mais aussi l’IA et le climat, les grands axes du discours du Président du Conseil de l’Europe Costa

« Nous sommes à l’avant-garde du premier cadre réglementaire global au monde pour une intelligence artificielle responsable »
(Président du Conseil européen de l’Union européenne)

Le Président du Conseil européen de l’Union européenne, M. António Costa, a commencé son discours par une assurance: l’Europe se tient aux côtés tant des victimes civiles du conflit à Gaza, dont le règlement ne peut passer que par la réalisation de la solution des deux États, qu’aux côtés de l’Ukraine, dont l’agression par la Russie menace tous les États Membres.  En effet, a-t-il dit, « si nous acceptons l’invasion de l’Ukraine par la Russie, aucun pays ne sera jamais plus en sécurité ».  

M. Costa a souligné que l’Europe continuera de faire pression sur la Russie pour qu’elle mette fin à cette guerre, et persistera à réclamer des négociations de paix constructives et un cessez-le-feu immédiat.  Il a évoqué un combat qui n’est pas que celui de l’Ukraine, mais un combat pour « les principes qui rassemblent dans celle salle tous les États Membres autour de la Charte ».  

Le Président du Conseil européen de l’Union européenne a par ailleurs défendu une approche de l’intelligence artificielle (IA) centrée sur l’humain.  Se targuant d’être à l’avant-garde du premier cadre réglementaire global au monde pour une IA responsable, il a souhaité un niveau d’ambition équivalent à l’échelle internationale, en s’appuyant sur les valeurs communes: la dignité, la démocratie et l’état de droit.  

M. Costa a abordé, de plus, les questions liées aux changements climatiques qui, a-t-il insisté, ne sont pas une infox mais un fait scientifiquement prouvé.  D’ailleurs, a-t-il argué, les destructions et les décès causés par les incendies, les inondations et les ouragans ne sont pas un canular, ils sont bien réels.  D’où son appel à investir dans la décarbonation.  

« L’Union européenne adhère pleinement aux engagements pris au titre de l’Accord de Paris visant à réduire ses émissions de 55% d’ici à 2030 et à atteindre la neutralité climatique d’ici à 2050. »  

Tanzanie: le Vice-Président Isdor Mpango se prononce pour la réforme de l’ONU, la justice climatique et la paix mondiale 

« La paix n’est pas un bonus, c’est une condition préalable au développement socioéconomique »
(Vice-Président de la Tanzanie)

M. Philip Isdor Mpango, Vice-Président de la Tanzanie, a exprimé le soutien de son pays à l’initiative UN80, qui vise à renforcer l’efficacité du système onusien tout en garantissant transparence, équité et inclusion.  Il a également réitéré la position de l’Afrique sur la nécessité de remédier à la sous-représentation du continent au Conseil de sécurité, réclamant au moins deux sièges permanents, « avec droit de veto », comme le prévoit le consensus d’Ezulwini.  

Le Vice-Président s’est par ailleurs joint à d’autres pays du « Sud global » pour exiger une réforme urgente du système financier mondial, appelant à l’augmentation des financements concessionnels à long terme, à la révision des cadres de notation de crédit souverain et à la refonte des évaluations de viabilité de la dette, ainsi qu’à une meilleure représentation de l’Afrique au Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque mondiale.  

Évoquant le Programme de développement durable à l’horizon 2030, il a indiqué que, si plus de 80% des ODD sont aujourd’hui « hors trajectoire » dans le monde, son pays affiche, lui, des performances de l’ordre de 60%, avec des progrès notables en matière de réduction de la mortalité maternelle, d’accès à l’eau potable et d’électrification des villages.   Dans ce contexte, il a exhorté la communauté internationale à renforcer la lutte contre les changements climatiques, à soutenir les pays vulnérables et à capitaliser sur le Fonds pour les pertes et préjudices, notamment dans le cadre de la COP30 au Brésil. 

Assurant que la paix est « une condition préalable au développement socioéconomique », M. Isdor Mpango a salué les efforts de l’ONU et des acteurs internationaux dans la médiation des conflits et plaidé pour l’implication des femmes dans la construction de la paix, citant l’exemple de sa Présidente, Mme Samia Suluhu Hassan.   Réaffirmant l’opposition de son pays aux mesures coercitives unilatérales « qui violent le droit international et nuisent aux civils », il a annoncé que la République-Unie de Tanzanie brigue un mandat de membre non permanent au Conseil de sécurité pour la période 2029-2030.

Ouganda: la Vice-Présidente Epel Alupo met l’accent sur le fardeau de l’accueil des réfugiés

« On ne peut pas attendre de l’Ouganda qu’il emprunte de l’argent pour prendre en charge les populations déplacées qui fuient les conflits »
(Vice-Présidente de l’Ouganda)

Mme Jessica Rose Epel Alupo, qui a réaffirmé l’attachement de son pays à la Charte des Nations Unies et au multilatéralisme, a rappelé le rôle joué par l’Ouganda dans la promotion de la paix, de la stabilité et de la sécurité dans sa région, notamment en Somalie, en République démocratique du Congo, au Soudan du Sud et au Soudan.  

Dans ce cadre, la Vice-Présidente a réclamé « un soutien international accru en faveur des initiatives régionales de consolidation de la paix et de stabilisation, en reconnaissant qu’elles constituent des fondements essentiels pour un développement inclusif et durable ». 

L’Ouganda est le pays d’Afrique qui accueille le plus grand nombre de réfugiés en Afrique, soit actuellement 1,93 million, a ensuite fait observer la Vice-Présidente, qui a mis en avant la politique de son pays, qui attribue des terres aux réfugiés et les intègre dans ses systèmes nationaux, leur donnant accès aux services publics tels que l’éducation et les soins de santé.   

Toutefois, ce modèle est soumis à une forte pression en raison de la baisse du soutien international dans un contexte de tensions géopolitiques mondiales croissantes, a rappelé Mme Epel Alupo.  La baisse du financement des partenaires a mis à rude épreuve les ressources déjà limitées de son pays, affectant à la fois les communautés d’accueil et sa capacité à atteindre les objectifs nationaux de développement, y compris les objectifs de développement durable (ODD).  

L’Ouganda reste déterminé à respecter ses obligations, mais nous ne pouvons y parvenir seuls, car cela détourne des ressources vitales de nos besoins nationaux en matière de développement, a affirmé la Vice-Présidente, qui a exhorté la communauté internationale à respecter ses obligations et à soutenir les pays d’accueil comme l’Ouganda.  « L’accueil des réfugiés ne doit pas devenir un fardeau de la dette.  On ne peut pas attendre de l’Ouganda qu’il emprunte de l’argent pour prendre en charge les populations déplacées qui fuient les conflits », a-t-elle averti. 

Pays-Bas: le Premier Ministre Schoof invoque Dirk Salomons, ancien fonctionnaire des Nations Unies, pour se livrer à un vibrant plaidoyer en faveur de l’ONU

« “Nous, les peuples”, ce sont ces mots-là qu’il a entendus un jour dans une ville de Cologne dévastée par la guerre qui ont poussé Dirk Salomons, citoyen néerlandais, à s’embarquer dans une carrière de près 30 ans aux Nations Unies »
(Premier Ministre des Pays-Bas)

En effet, a commenté M. Dirk Schoof, ce sont les peuples du monde qui ont chargé les gouvernements de les protéger de la guerre, des violations des droits humains et des conflits armés.  

Nous reconnaissons que nous avons failli, a tranché le Premier Ministre, en ce quatre-vingtième anniversaire des Nations Unies.  Mais ceux qui disent que l’ONU ne peut plus justifier son existence oublient trop vite d’où nous venons.  

Sans les Nations Unies, il n’y aurait pas de traités sur le désarmement, pas de Cour internationale de Justice, pas d’accords sur les changements climatiques et encore moins les objectifs de développement durable.  

Sans les Nations Unies, a poursuivi le Premier Ministre, des millions de personnes seraient privées de nourriture, d’eau et d’assistance médicale.  

Pendant ces 80 dernières années, nous avons considéré l’ONU comme acquise et si la situation actuelle est particulièrement difficile, nous savons une chose: elle n’a jamais été facile.  

Parfois, les délégations ont été tentées de jeter l’éponge, mais cela n’est jamais arrivé parce que malgré leurs nombreuses divergences, elles comprennent toutes ce qui est en jeu.  

Cela n’empêche pas, a reconnu le Premier Ministre, que nous devons changer avec le temps, et c’est ce que ce nous faisons avec l’initiative ONU80, visant à renforcer l’impact de l’Organisation sur le terrain, à simplifier sa structure et à forger des partenariats plus forts avec d’autres organes comme les institutions financières internationales, le secteur privé ou les fondations.  

Changer avec le temps veut aussi dire saisir les opportunités comme l’intelligence artificielle et les autres technologies.

Nous voulons, a dit le Premier Ministre, de nouvelles manières de fonctionner, mais en aucun cas de nouveaux principes.  Ceux qui ont été couchés dans la Charte des Nations Unies, il y a 80 ans, sont toujours aussi valides.  

Belgique: le Premier Ministre de Wever plaide pour un monde ancré dans le respect mutuel

« Nous devons créer une prospérité partagée à l’échelle mondiale, conscients que la prospérité engendre la paix et que la prospérité renforce la confiance »
(Premier Ministre de la Belgique)

La civilisation, c’est s’efforcer de surpasser nos instincts fondamentaux, a affirmé M. Bart de Wever, Premier Ministre de la Belgique, qui a rappelé que les Nations Unies sont nées de la guerre la plus destructrice de l’histoire de l’humanité pour incarner précisément cette aspiration.  Pourtant, aujourd’hui, les organisations internationales, le droit international et le respect de la souveraineté sont « sous pression », la géopolitique se résumant souvent à « de simples égocentrismes », a-t-il observé.

Fort de ce constat, il a plaidé en faveur d’un monde « ancré dans le respect mutuel ».  Un monde de commerce libre et équitable, de partenariats solides, de respect et de coopération, un monde fondé sur le droit international et qui lutte contre les changements climatiques.  « Un monde de paix, enfin, de prospérité et de progrès ».

Pour M. de Wever, les Nations Unies demeurent essentielles à la poursuite de cette ambition.  C’est pourquoi, a-t-il dit, la Belgique appuie le programme de réformes ONU80.  Il a en outre insisté sur le fait que la sécurité des citoyens doit rester la première priorité des dirigeants politiques, lesquels, sur le plan économique, gagneront toujours à rester fidèles aux principes encadrant un commerce libre et équitable, « seul véritable moteur du progrès ».

En bref, a-t-il souligné, « nous devons créer une prospérité partagée à l’échelle mondiale, conscients que la prospérité engendre la paix et que la prospérité renforce la confiance ».

Tchad: pour le Premier Ministre Halina, la réussite de l’ONU sera jugée « à l’aune de notre capacité collective à aider les pays vulnérables » 

« La souveraineté n’est ni un privilège, ni une concession.  Elle est un droit inaliénable »
(Premier Ministre du Tchad)

En Afrique, en Asie et en Amérique du Sud, la défiance grandit à l’égard du multilatéralisme « parce que les décisions majeures de cette Organisation semblent servir les intérêts de quelques grandes puissances au détriment des aspirations des pays du Sud » et parce que « le Conseil de sécurité reste une structure figée où l’Afrique, berceau d’un cinquième de l’humanité, demeure exclue de toute représentation permanente » et qui doit être réformée, a affirmé M.  Allah Maye Halina.  Il a aussi estimé que « la souveraineté des États demeure le socle de l’ordre international.  La souveraineté n’est ni un privilège ni une concession.  Elle est un droit inaliénable qui garantit à chaque peuple la maîtrise de son destin. 

Le Premier Ministre a souligné « l'échéance fatidique » des objectifs de développement durable, pour lesquels il faudra mobiliser annuellement d’ici à 2030 plus de 4 000 milliards de dollars pour combler le déficit du financement du développement dans les pays pauvres.  La réussite de l’ONU sera jugée « à l'aune de notre capacité collective à aider les pays vulnérables », a-t-il lancé.  Il a donc déploré que l’aide au développement connaisse des « coupes drastiques » et que des agences et entités de l’ONU aient supprimé des services vitaux pour les plus vulnérables. 

Le Premier Ministre a expliqué que son pays était « à la croisée de tous les défis contemporains »: sécuritaire, humanitaire et climatique, en faisant face à la menace du terrorisme dans la région du Bassin du Lac Tchad, que son pays « a dû affronter seul », témoignage selon lui de l’engagement du Tchad en faveur de la paix et la sécurité sous-régionale. 

Rappelant que le Tchad et bien des pays en Afrique n’émettent presque pas de gaz à effet de serre mais « payent un lourd tribut à une crise qu’ils n’ont pas causée », M. Allah Maye Halina a plaidé en faveur d’« une justice climatique effective et d’un accès équitable aux financements, aux technologies vertes et aux vaccins ». 

Soudan: depuis les rives du Nil, je vous parle d’un pays dont l’histoire est aussi profonde que son fleuve, mais dont les terres portent aujourd’hui les cicatrices de la guerre, s’attriste le Premier Ministre Idris

« Le Soudan saigne.  Nos villes sont silencieuses.  Nos champs sont stériles.  Nos enfants vivent dans la peur avant même de connaître la vie.  Mais au cœur des cendres, la pulsation de l’espoir persiste dans la prière du réfugié, dans le geste du fermier, dans le chant d’une mère »
(Premier Ministre du Soudan)

Le peuple soudanais, a rappelé M. Kamil El-Tayeb Idris, a subi des atrocités commises par les milices rebelles des Forces d’appui rapide: meurtres, viols, pillages, déplacements forcés.  Ces crimes sont commis pour contrôler le Soudan, piller ses richesses et modifier sa démographie, a-t-il affirmé.  

Le Premier Ministre a appelé à l’arrêt des flux d’armes vers ces milices et à leur classification comme groupes terroristes.  

Il a proposé à l’ONU et aux médiateurs une feuille de route incluant:

  • un cessez-le-feu;
  • le retrait des milices des zones occupées;
  • la levée du siège de la ville d’El-Fasher;
  • le retour sécurisé des déplacés;
  • l’accès humanitaire;
  • et la poursuite du processus politique vers des élections libres.

Sao Tomé-et-Principe: « notre périple démocratique est un modèle dans la région », se vante le Premier Ministre dos Ramos

« Notre pays a voulu se faire la passerelle entre le continent africain et la communauté des îles qui nous entourent »
(Premier Ministre de Sao Tomé-et-Principe)

M. Américo d’Oliveira dos Ramos, Premier Ministre de Sao Tomé-et-Principe, a expliqué que cette passerelle a pour objectif de favoriser les échanges culturels, économiques et politiques, ainsi que de combattre la piraterie et bâtir des voies au profit de la communauté internationale tout entière.  

Sao Tomé-et-Principe est le huitième pays à être reclassé de la catégorie des pays les moins avancés (PMA) à celle des pays à revenu intermédiaire, ce reclassement datant de décembre 2024.  La transition doit se faire harmonieusement, avec le soutien de la communauté internationale, a souhaité le Premier Ministre en expliquant que les progrès sont fragilisés notamment par les changements climatiques et la crise énergétique.  

Petit État insulaire en développement, Sao Tomé-et-Principe a notamment besoin de se voir appliquer des indices de vulnérabilité environnementaux, pour bénéficier de financements prévisibles et de taux d’intérêt des dettes qui correspondent à ses capacités réelles de remboursement.  

C’est un vrai message d’espoir et un appel à l’action qu’a lancé le Premier Ministre en invitant à s’inspirer de la situation de son pays qui n’a pas de ressources, mais qui a bâti une société démocratique prospère et dotée d’un avenir radieux.  Son prochain plan stratégique de développement repose sur le tourisme durable, a-t-il annoncé.  Il a également dit attendre avec impatience la classification de l’île de Sao Tomé en réserve mondiale de biodiversité. 

Royaume-Uni: « Nous serons aux côtés de l’Ukraine aujourd’hui, demain et dans 100 ans », promet le Secrétaire d’État à la justice Lammy 

« La Charte des Nations Unies reste notre boussole »
(Secrétaire d’État à la justice et Vice-Premier Ministre du Royaume-Uni)

« Tout comme le Roi Charles III, je voudrais célébrer le quatre-vingtième anniversaire d’une Organisation dont les principes fondateurs et le travail restent essentiels », a déclaré le Secrétaire d’État à la justice et Vice-Premier Ministre du Royaume-Uni, M. David Lammy.  

M. Lammy a dit sa fierté que son pays ait reconnu l’État de Palestine.  Les Palestiniens méritent mieux que le règne du Hamas, qui n’a pas sa place dans l’avenir de la région.  « En réponse aux horreurs, nous n’avons pas d’autre choix que nous engager dans une action diplomatique concertée. » 

Nous sommes aux côtés de la Palestine et de l’Ukraine car nous croyons dans les valeurs de la Charte, a-t-il ajouté.  « L’Ukraine doit émerger souveraine de cette guerre. » 

« Nous vivons des temps de révélations avec une nouvelle frontière technologique qui se dessine sous nos yeux », a poursuivi le Vice-Premier Ministre britannique.  Nous sommes les témoins de l’arrivée de l’intelligence artificielle (IA), qui se compare à la Révolution industrielle, tout en étant survenue en l’espace d’une décennie seulement.  

L’IA peut jouer un rôle crucial dans la lutte contre la corruption, la détection de maladies et l’élaboration de médicaments.  « C’est l’espoir de toute une génération. »  Cette promesse doit désormais être partagée.  Mais l’IA peut aussi servir la criminalité plutôt que le droit, le mensonge plutôt que la vérité.  « Ne perdons pas de vue le monde qui pourrait advenir.  Faisons de l’IA un instrument au service de la dignité humaine », a conclu M. Lammy. 

Autriche: la Ministre fédérale des affaires européennes et internationales appelle à créer un avenir plus radieux que le présent

La Ministre fédérale des affaires européennes et internationales de l’Autriche a appelé à des négociations « honnêtes » pour mettre fin à la guerre en Ukraine.  Il appartient à l’Ukraine et à l’Europe de décider de notre avenir commun et de notre architecture de sécurité, a-t-elle souligné. 

Mme Beate Meinl-Reisinger a également parlé de la situation dans l’État de Palestine, affirmant que rien ne peut justifier la catastrophe en cours à Gaza. 

Après avoir appelé à l’interdiction des arsenaux nucléaires, elle s’est inquiétée du mépris grandissant pour la Charte des Nations Unies, de l’érosion de la confiance et de l’effritement du multilatéralisme. 

Nous ne pouvons pas abandonner nos populations, ni léser nos enfants, a-t-elle plaidé.  Il est temps de rebâtir des partenariats.  Et c’est pourquoi l’Autrice a présenté sa candidature pour un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité, a-t-elle indiqué mettant en avant « un petit pays fervent supporteur de la transparence et de l’inclusion, un partenaire fiable du développement ». 

Mexique: le Ministre de la Fuente espère que le prochain Secrétaire général sera une femme de sa région et qu’elle accélérera la transformation de l’ONU

« Le temps des femmes est venu »
(Ministre des affaires étrangères du Mexique)

M. Juan Ramón de la Fuente Ramírez, Ministre des affaires étrangères du Mexique, a formé le vœu que le prochain Secrétaire général de l’ONU soit « une femme de (sa) région » et que cette femme accélère le processus de transformation de l’ONU.  Il a mis ce souhait en parallèle avec le « moment historique » que vit son pays, grâce à l’élection de sa première femme Présidente, et qui « s’enracine dans le mode de pensée de l’humanisme mexicain ».  

Maintenant, nous donnons voix et pouvoir à celles et ceux qui ont été historiquement oubliés, notamment les femmes, les peuples autochtones, les personnes LGBT+ et les jeunes, a-t-il expliqué.  Cette « quatrième transformation de la vie publique du Mexique » montre selon lui des résultats probants puisque, comme l’a reconnu l’ONU, la justice se construit et les inégalités se réduisent au Mexique.   

Le Ministre a ensuite présenté trois idées pour « remettre la communauté internationale sur la bonne voie ».  En premier lieu, il a plaidé pour une « économie morale du bien-être », qui mobilise des coalitions régionales en assumant que la lutte contre la pauvreté est l’investissement au meilleur rendement, financier et social.  Il a par ailleurs appelé à s’attaquer aux causes structurelles de la violence par l’éducation, l’emploi et la sécurité sociale.  Enfin, il a exhorté à réaffirmer le droit international et les droits humains pour mettre fin aux conflits via le dialogue.  

« Nous sommes toutes et tous égaux devant la loi », a souligné le chef de la diplomatie mexicaine, condamnant le racisme et la discrimination, y compris envers l’identité de genre et les migrants.  « La migration est inhérente à notre espèce », a-t-il insisté.  À ses yeux, ce n’est qu’en comprenant le phénomène et en traitant les causes structurelles que nous pourrons avancer vers un schéma de collaboration globale et régionale permettant une mobilité plus sûre et ordonnée. 

Convaincu que la légitimité de l’ONU dépendra de plus en plus de sa capacité à répondre aux graves défis mondiaux, M. de la Fuente a estimé que tout doit tourner autour de cette tâche: depuis l’exercice du budget jusqu’à la révision des milliers de mandats dont beaucoup ont peu de valeur aujourd’hui.  

Rwanda: le Ministre des affaires étrangères appelle Kinshasa à mettre en œuvre l’Accord de Washington

Le Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale du Rwanda a dénoncé la militarisation renouvelée de la République démocratique du Congo (RDC).

Conjuguée à sa collaboration continue avec des groupes armés « génocidaires et sanctionnés », tels que les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et les milices VDP/Wazalendo, ainsi qu’au déploiement de drones d’attaque et d’avions de chasse contre les populations civiles, en particulier les Banyamulenges et autres Tutsis congolais, cette militarisation est contraire à la lettre et à l’esprit de l’Accord de Washington, s’est-il inquiété.

M. Olivier Nduhungirehe a exhorté la RDC à rejeter la solution militaire et à mettre en œuvre de bonne foi ledit Accord qui, a-t-il souligné, constitue une occasion en or de mettre fin à ce conflit qui dure depuis bien trop longtemps.  

Il s’est notamment préoccupé de la persistance d’une idéologie génocidaire dans l’est de la RDC.  Le ciblage, la persécution et le massacre des Tutsis congolais, y compris des communautés banyamulenges, constituent des crimes contre l’humanité qui présentent tous les signes avant-coureurs d’un génocide.  

Des mesures fortes sont nécessaires pour mettre un terme à cette évolution dangereuse avant qu’il ne soit trop tard, a-t-il encore mis en garde.

Équateur: la Ministre Sommerfeld met l’accent sur la lutte contre la criminalité transnationale

« Le multilatéralisme doit évoluer pour répondre aux exigences actuelles des peuples et faire face aux nouvelles menaces »
(Ministre des affaires étrangères et de la mobilité humaine de l’Équateur)

Mme María Gabriela Sommerfeld Rosero, Ministre des affaires étrangères et de la mobilité humaine de l’Équateur, a souhaité que le multilatéralisme évolue pour « répondre aux exigences actuelles des peuples et faire face aux nouvelles menaces ».  À cet égard, elle a plaidé pour un élargissement du concept de paix et de sécurité internationales afin qu’il inclue la lutte contre la criminalité transnationale organisée, « un phénomène qui fragilise la gouvernance, alimente la corruption, perpétue la violence et compromet les perspectives de progrès ».  

Ce fléau aux « conséquences économiques, politiques et sociales similaires à celles des conflits armés traditionnels » n’est pas le fait de gangs locaux, mais de réseaux et de chaînes logistiques internationaux qui transportent des milliers de tonnes de drogue, profitent de l’exploitation minière illégale et se livrent au trafic d’armes, d’êtres humains et même d’organes humains, a précisé la Ministre.  

Évoquant la « guerre existentielle » que mène l’Équateur contre la criminalité transnationale organisée et le narcoterrorisme, Mme Sommerfeld a expliqué que son pays a sollicité le soutien de pays voisins en vue d’éventuelles opérations militaires conjointes.  

Elle a ajouté que son gouvernement a appelé à un débat national sur les bases militaires étrangères via une consultation populaire prévue en novembre.  Par ce biais, il proposera « des axes stratégiques pour le contrôle et la surveillance des activités criminelles, au bénéfice de la paix et de la sécurité internationales », a-t-elle indiqué, faisant également état de la convocation d’une assemblée constituante afin de doter le pays d’une nouvelle charte fondamentale « contribuant à vaincre le narcoterrorisme ».  

Après avoir présenté plusieurs initiatives régionales et multilatérales prises par son pays dans le domaine de la sécurité, la Cheffe de la diplomatie équatorienne a appelé à coordonner les efforts en y intégrant une aide financière et des équipements technologiques.  Enfin, a-t-elle souligné, l’Équateur rejette catégoriquement la mobilité humaine « irrégulière, dangereuse et désordonnée », car elle répond largement aux intérêts des groupes criminels organisés, lesquels peuvent être transnationaux.  

Suède: la Ministre des affaires étrangères avertit que le monde et l’ONU courent « le risque de l’échec »

La Ministre des affaires étrangères de la Suède, Mme Maria Malmer Stenergard, a noté que les dirigeants de plusieurs pays ont choisi le conflit au détriment de la coopération.  Or, l’ONU, a-t-elle rappelé, a été créée pour lutter contre l’agression et l’exercice arbitraire du pouvoir du fort sur le faible.  « Nous ne devons pas être découragés par le mépris d’une poignée d’États pour notre Charte.  C’est à notre tour d’agir. »   

Nous avons besoin d’une ONU efficace, forte et axée sur ses tâches prioritaires: la paix, les droits humains, le développement durable et l’aide humanitaire, a poursuivi la Ministre.  « N’est-il pas étrange que depuis 80 ans, aucune femme n’ait été élue, d’autant plus que la sélection se fait sur la base du mérite? » a-t-elle demandé en évoquant le poste de Secrétaire général. 

Selon la Ministre, l’indépendance de la Cour internationale de Justice (CIJ) et de la Cour pénale internationale (CPI) doit être protégée.  La Russie doit rendre des comptes pour ce qu’elle fait en Ukraine, afin d’empêcher toute nouvelle agression et préserver l’ordre mondial.  Par ailleurs, a-t-elle ajouté, « Israël a le droit de se défendre, mais ce droit doit être exercé conformément au droit international; la manière dont le Gouvernement israélien conduit la guerre est inacceptable. »  

Cameroun: force est de reconnaître que la célébration du 80e anniversaire des Nations Unies nous laisse plutôt songeurs, avoue le Ministre camerounais des relations extérieures 

« Nous avons désormais l’occasion de faire le bilan de l’Organisation et de réfléchir aux voies et moyens de la rendre plus efficace dans la concrétisation des promesses contenues dans la Charte »
(Ministre des relations extérieures du Cameroun)

L’ONU, a rappelé M. Lejeune Mbella Mbella, a été créée pour être à la fois un vecteur d’espoir, un forum de dialogue et un catalyseur d’actions concrètes pour bâtir un monde plus juste, plus sûr et plus solidaire.  

Quatre-vingt ans plus tard, des questions se posent : y sommes-nous parvenus ?  Avons-nous réussi à mettre nos peuples à l’abri de la guerre, de l’incertitude quant à leur avenir et de la famine ? s’est demandé le Ministre. 

 

La situation actuelle, caractérisée par de nombreuses crises, nous offre une réponse éloquente mais négative, a-t-il tranché.  

Il est bien connu, a-t-il souligné, qu’il ne saurait avoir de développement sans paix, ni de paix durable sans développement.  Les crises en cours, qui ont des effets néfastes sur le commerce international, le coût des matière premières et l’approvisionnement des marchés freinent le développement de nombreux pays.  

Il y a 50 ans, les pays développés ont pris l’engagement de hisser à 0,7% de leur PNB l’aide publique au développement.  Cet engagement est resté vain. 

Le développement, a tonné le Ministre, est un droit fondamental et non une faveur. 

Nous devons faire mieux et plus pour que l’ONU devienne plus que jamais le moteur d’un multilatéralisme renforcé, d’une coopération juste et équitable et d’une solidarité repensée face à l’avancée inquiétante de la multipolarité. 

Norvège: les fondateurs de l’ONU étaient des visionnaires convaincus qu’un monde meilleur était possible, déclare le Ministre des affaires étrangères de la Norvège 

« Ils ont tout fait pour que le monde ne répète pas les erreurs du passé et c’est cela qui a donné vie à la Charte des Nations Unies »
(Ministre des affaires étrangères de la Norvège)

L’ONU est certes imparfaite, mais c’est une enceinte sans pareille pour chercher des solutions communes aux défis communs, a affirmé M. Espen Barth Eide, Ministre des affaires étrangères de la Norvège. 

Depuis 1945, les guerres sont moins nombreuses, les anciennes colonies ont accédé à l’indépendance et des centaines de milliers de personnes ont pu sortir de la pauvreté. 

Mais aujourd’hui l’ONU est dans une crise politique et financière.  Le respect du droit international recule et les violations de ce droit restent impunies.  Plusieurs États Membres revoient à la baisse leurs contributions à l’ONU. 

Les guerres barbares font rage dans plusieurs régions de notre monde comme au Soudan, en Ukraine ou en Palestine, a poursuivi le Ministre des affaires étrangères. 

Mais nous avons fait de grands pas comme l’illustre la Conférence internationales sur la solution des deux États.  Plus de 150 États Membres ont reconnu la Palestine, mais ce n’est qu’une des pièces du puzzle, a dit le Ministre. 

Il s’est réjoui de ce que l’Alliance mondiale pour la solution des deux États continue de rallier des appuis pour un règlement durable du conflit israélo-palestinien.  

Israël comme la Palestine, a martelé le Ministre, ont le droit de vivre dans la paix. 

Un ordre international fondé sur le droit, a-t-il souligné, n’est pas un luxe mais une nécessité.  Lorsque l’on condamne les agissements de la Russie en Ukraine, il faut condamner avec la même fermeté ceux d’Israël en Palestine. 

En la matière, a estimé le Ministre, la Cour internationale de Justice et la Cour pénale internationale doivent être défendues.  La Charte appelle à la défense des libertés fondamentales et à l’universalité des droits humains, a-t-il rappelé.  

En ces temps de crises, les Nations Unies doivent se positionner pour relever les nouveaux défis et en la matière l’initiative ONU80 est une chance unique.  

Nous voulons, a souligné le Ministre, une ONU plus robuste et plus efficace avec des structures optimisées pour obtenir des vrais résultats sur le terrain. 

Nous devons travailler de façon plus intelligente et nous écarter du temps où les États Membres multiplient des mandats longs, complexes et similaires.  L’heure est venue de changer les choses et d’adopter des réformes audacieuses pour une ONU qui défend les principes de l’ordre international. 

Les normes et les principes de la Charte n’ont rien perdu de leur pertinence.  Il faut les protéger et c’est cela l’objectif d’ONU80.  Les générations futures ne devraient pas avoir à créer une autre version des Nations Unies pour se protéger du fléau de la guerre. 

N’oublions pas qu’ensemble nous sommes toujours meilleurs, a conclu le Ministre. 

À l’intention des organes d’information. Document non officiel.