La hantise d’un monde livré à la force s’invite au deuxième jour du débat général de l’Assemblée générale
« Ce sont les armes qui décident de qui survit. » Par cette phrase, le Président ukrainien a donné le ton de la deuxième journée du débat général de l’Assemblée générale, les orateurs qui se sont succédé à la tribune faisant le constat d’un monde dominé par la force, où « ce qui est arrivé peut arriver à nouveau », selon les mots de Primo Levi, cités par la Présidente suisse. L’espoir a eu du mal à filtrer, si ce n’est par les nombreuses attentes placées en une ONU enfin réformée et certaines déclarations comme celle du Président de la Syrie. Ce dernier a indiqué qu’un nouveau chapitre intitulé « Paix et prospérité » s’ouvrait dans son pays après des décennies de répression.
« Le XXIe siècle est très différent du passé: si un pays veut la paix, il doit posséder des armes », a d’emblée déclaré M. Volodymyr Zelenskyy, le Président ukrainien. « Ce n’est pas le droit international qui décide qui survit, le droit ne fonctionne pas si vous n’avez pas d’amis puissants pour le défendre. » C’est terrible mais c’est ainsi, les garanties de sécurité, ce sont les « armes et les amis », a-t-il déclaré. Il a appelé les pays à soutenir l’Ukraine face à l’agression russe et à défendre ainsi « le droit et la vie ». « Parce que les institutions internationales sont trop faibles, la folie continue. »
Même des organisations militaires telles que l’OTAN peuvent ne pas être suffisantes, a souligné le Président ukrainien, en évoquant les appareils russes ayant récemment survolé les espaces aériens polonais et estonien. Le Président ukrainien a fait le constat d’un monde engagé dans la course aux armements la plus destructrice de l’histoire, avec désormais l’importance de l’intelligence artificielle. « Si le monde veut d’autres garanties de sécurité que les armes et les amis, il doit élaborer des règles fortes. »
Même son de cloche du côté du Président de la Lettonie, M. Edgars Rinkēvičs, qui a estimé qu’un nouvel ordre mondial est en train d’émerger: un monde où la force prime sur le droit. « Voulons-nous un monde dominé par l’usage barbare de la force et de la violence, où la puissance a toujours raison? » a appuyé son homologue de l’Estonie, M. Alar Karis, pour qui la « brutalité » l’emporte. Pour le Président de la Slovaquie, M. Peter Pellegrini, la Charte des Nations Unies est désormais ouvertement remise en question.
La loi du plus fort redevient un outil politique tandis que le droit international est démantelé, pièce par pièce, norme par norme, a déploré le Président slovaque. « Le socle de toutes les religions divines et de la conscience humaine, c’est cette règle d’or: “Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l’on te fît” », a rappelé le Président de la République islamique d’Iran, M. Masoud Pezeshkian. « Est-ce là l’état actuel de notre monde? »
Le Président iranien a dénoncé le « génocide à Gaza, la famine forcée d’enfants émaciés dans les bras de leur mère, l’assassinat de savants iraniens et le fait que des dirigeants aient été ouvertement visés , tout cela avec l’appui du régime le plus armé du monde et sous prétexte de la légitime défense ». Accepteriez-vous de telles choses pour vous-mêmes? a-t-il demandé, avant de brandir des photos de personnes « tuées par Israël » dans la région, devenues cibles militaires en raison parfois seulement de leur compétence technique.
Le Président iranien a rappelé l’« agression sauvage » dont son pays a été victime en juin, « par les régimes sioniste et américain, et alors même que nous avions choisi la voie des négociations diplomatiques ». Il y a vu une « violation grave de la diplomatie » qui a porté un grave coup à la confiance internationale et aux perspectives mêmes de la paix dans la région. Le Président iranien a par ailleurs assuré que son pays ne cherche pas à obtenir l’arme nucléaire.
Le Président du Paraguay, M. Santiago Peña Palacios, a, lui, dénoncé les violations du droit international et les persécutions politiques. « Le processus électoral de juillet 2024 a bafoué la volonté du peuple vénézuélien, tandis qu’au Nicaragua, la persécution des opposants politiques s’intensifie », a-t-il déploré. Il a appelé à résister aux « séduisants imposteurs », estimant que la crise de la démocratie ne se résoudra pas par l’autoritarisme et la violence.
Dans ce droit fil, le Président paraguayen a condamné le récent assassinat du militant politique Charlie Kirk aux États-Unis. Le Président de la Serbie, M. Aleksandar Vučić, s’est étonné que certains aient pu se réjouir de la mort de ce dernier, dénonçant l’intolérance qui ne cesse de croître. Le Président de l’Argentine, M. Javier Gerardo Milei, a dit son opposition systématique à toute tentative de priver les citoyens du monde de leurs libertés et droits individuels fondamentaux.
« Nous célébrons cette année le quatre-vingtième anniversaire des Nations Unies, alors que nous vivons une nouvelle époque de bouleversements politiques et économiques extrêmement violents », a résumé la Présidente de la Suisse, Mme Karin Keller-Sutter. Une époque où trop de guerres font à nouveau rage, où les populations subissent des souffrances intolérables, où les tendances autocratiques se renforcent, en Europe aussi, où le droit international, y compris la Charte, risque de devenir lettre morte, a tranché la Présidente suisse.
« Il faut être honnête: ce sont des évolutions pour lesquelles il n’y a pas de réponses faciles. » Nous ne sommes pas aujourd’hui dans la même situation qu’il y a 80 ans, nous sommes dans une phase critique, et le prochain chapitre de l’histoire n’est pas encore écrit, a-t-elle déclaré. Elle a cité un survivant d’Auschwitz, l’écrivain italien Primo Levi: « C’est arrivé, cela peut donc arriver de nouveau: tel est le noyau de ce que nous avons à dire. »
Pour tirer le monde hors du précipice, selon l’expression du Roi d’Espagne, Don Felipe VI, de nombreux orateurs ont appelé à sortir des rivalités et à revitaliser le système multilatéral, à l’instar de la Suisse, qui a rappelé le rôle central de Genève et assuré qu’elle continuera d’œuvrer en faveur d’une ONU plus efficace. « Il est plus que jamais indispensable de réaffirmer les principes fondateurs des Nations Unies », a abondé le Prince Albert II de Monaco, en saluant la contribution de l’ONU à l’édification d’un droit international robuste.
« Nous ne devons pas laisser la montée en puissance de la force militaire nous aveugler », a insisté le Président de la Finlande, M. Alexander Stubb, en prônant le pouvoir de la légitimité, de l’intégrité et des règles. « Plus que jamais, nous devons faire confiance en l’humanité de chacun », a abondé le Premier Ministre de l’Australie, M. Anthony Albanese, tandis M. Luis Rodolfo Abinader Corona, Président de la République dominicaine, s’est fait l’avocat d’un « ordre international plus juste, où le développement de certains ne soit pas synonyme de sacrifice pour d’autres ».
Contre la logique des tensions, qui mène à l’effondrement, le Roi d’Espagne a plaidé pour le respect de l’exigence éthique qui est au cœur du multilatéralisme et de la coopération internationale. Pour Don Felipe VI, il n’est ainsi plus possible de détourner le regard de « Gaza dévastée et affamée ». « Les actes aberrants contre les civils auxquels se livre Israël sont contraires à ce que représente l’ONU et couvrent de honte l’ensemble de la communauté internationale. »
Le Président de la République tchèque, M. Petr Pavel, a plaidé en faveur d’une réforme du Conseil de sécurité afin de l’extraire de la paralysie dans laquelle la Fédération de Russie, selon lui, l’enferme. « Le Conseil doit être élargi pour inclure les pays qui ont démontré leur engagement inébranlable en faveur du droit et de la Charte », a déclaré son homologue estonien, qui s’est aussi dit en faveur d’une restriction du droit de veto. Le Président du Panama, M. José Raúl Mulino Quintero, a défendu une réforme de la gouvernance onusienne, pour plus de représentativité de l’Amérique latine.
« Le monde a besoin d’une ONU plus rapide, plus juste, et plus proche des peuples », a-t-il affirmé. Tout en défendant le bilan de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) en Haïti, dont il assure le commandement depuis 15 mois, le Kenya, par la voix de son Président, M. William Ruto, a demandé une représentation permanente de l’Afrique au sein du Conseil. « Le Nigéria doit obtenir un siège permanent au Conseil », a précisé son Vice-Président, M. Kashim Shettima.
« Parce que le Nigéria, fort de ses 236 millions d’habitants, est une force stabilisatrice dans la région et un partenaire constant dans le maintien de la paix, cette demande est une exigence d’équité, de représentation et de réforme qui rétablit la crédibilité de l’institution en laquelle repose l’espoir du multilatéralisme », a-t-il affirmé. Le Président du Guatemala, M. César Bernardo Arévalo de León, a également préconisé un Conseil plus représentatif, reflétant la réalité géopolitique actuelle.
« L’ONU n’est pas une relique du passé, c’est une boussole pour l’avenir », a déclaré le Président de la Serbie. Dans le même esprit, le Président de la Slovaquie a estimé que la mauvaise passe que traverse l’Organisation « ne peut justifier un désengagement ». « Si nous ne transformons pas les Nations Unies, nous courrons le risque qu’elles tombent dans l’insignifiance, ce qui serait une catastrophe », a résumé le Président de la République dominicaine, M. Luis Rodolfo Abinader Corona.
Une note franchement dissonante est venue du Président argentin, qui s’est livré à un véritable réquisitoire contre l’Organisation en estimant que l’ONU avait tourné le dos à ses buts et principes initiaux. « L’ONU a perdu sa boussole au cours des dernières décennies, au point de devenir une organisation bureaucratique inefficace et prétendant décider ce que doivent faire chaque nation et chaque individu. » L’ONU incite les responsables politiques à répartir les richesses d’aujourd’hui au lieu d’en générer pour demain, a-t-il tranché.
Dans une allusion aux crises économiques traversées ces dernières années par son pays, M. Milei a averti les États Membres que « l’Argentine vient d’un avenir qui, pour vous, n’est pas encore tout à fait arrivé ». Le Président argentin a enfin suggéré que l’ONU, pour reprendre le leadership de la coopération internationale, revoie la gestion stratégique de ses ressources, renforce son efficacité institutionnelle et conditionne ses financements à des résultats véritables et vérifiables.
Notant que que 40% des conflits armés dans le monde se déroulent sur le continent africain, au risque de le transformer « en une mosaïque d’États confettis, incapables d’assurer la stabilité et de répondre aux besoins de leurs citoyens », le Président de la République centrafricaine, M. Faustin Archange Touadera, a proposé que soit créé un « fonds mondial de prévention des conflits ». « Le climat ne doit pas être un nouveau facteur de division entre le Nord et le Sud, mais un facteur d’unité mondiale », a estimé pour sa part le Chef d’État de la République du Congo, M. Sassou Nguesso, qui a salué la résolution de l’Assemblée générale sur la Décennie mondiale du boisement et du reboisement.
La Présidente de la Namibie, Mme Netumbo Nandi-Ndaitwah, a plaidé pour l’application de la Déclaration du Namib relative à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification et annoncé la candidature de son pays pour accueillir un pôle régional du Fonds vert pour le climat. De son côté, M. Andry Nirina Rajoelina, le Chef de l’État de Madagascar qui a rejoint la coalition des pays à neutralité carbone G-Zero, a appelé à « une justice climatique pour que les pays pollueurs assument leurs responsabilités ». Quant au Vice-Président du Nigéria, M. Kashim Shettimaa, il a préconisé la mise en place d’une « cour internationale de justice pour l’argent », qui permettrait aux économies émergentes d’échapper au « carcan économique de la production primaire d’exportations non transformées ».
L’espoir était peut-être à chercher du côté du Président de transition de la Syrie, M. Ahmed Al-Sharaa, qui a indiqué que l’histoire de la Syrie, « remplie d’émotions » et « marquée par la lutte entre le bien et le mal », connaît désormais un nouveau chapitre intitulé « Paix, prospérité et développement ». Il s’est engagé à protéger « les valeurs nobles de son pays et à honorer Dieu ». Pendant près de 60 ans, la Syrie a été sous le joug de la répression, mais le peuple et des combattants du monde entier ont livré bataille pour vaincre un régime criminel, a-t-il expliqué.
« La Syrie exportait les crises, elle a désormais des solutions à proposer. » Nous avons rempli le vide du pouvoir et lancé un dialogue inclusif, a-t-il déclaré, en assurant que les responsables de bains de sang seront traduits en justice. Il a également demandé la levée de toutes les sanctions contre son pays et précisé que des élections auront bientôt lieu. « Nous voulions rétablir la gloire et la dignité de la Syrie, le mensonge a péri, la vérité a triomphé et la Syrie a retrouvé son rang. »
Le débat général de l’Assemblée générale se poursuivra demain, jeudi 25 septembre, à partir de 9 heures.
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Retrouvez ci-dessous tous les articles de blog de la séance:
Espagne: pour le Roi Don Felipe VI, un monde sans règles c’est « le retour au Moyen-âge »
« La dignité de la personne humaine est non négociable »
(Roi d’Espagne)
Croire aux Nations Unies, c’est croire fermement à l’universalité des principes et des valeurs consacrés par sa Charte et la Déclaration universelle des droits de l’homme; c’est éviter la tentation de les moduler par des particularismes, du relativisme et des exceptions, a déclaré le Roi d’Espagne, Don Felipe VI. « Car la dignité de la personne humaine est non négociable. »
« L’Espagne est un peuple profondément fier de ses racines séfarades. Lorsque nous nous adressons au peuple d’Israël, nous nous adressons à un peuple frère », a poursuivi le Roi.
« Soyons clairs: nous condamnons fermement le terrorisme odieux du Hamas, en particulier le massacre brutal de la population israélienne du 7 octobre 2023, et nous reconnaissons le droit d’Israël à se défendre. » Mais, avec la même fermeté, il a exigé du Gouvernement israélien qu’il applique pleinement le droit international humanitaire à Gaza et en Cisjordanie. La reconnaissance de l’État de Palestine par un nombre croissant de Membres de l’ONU, dont l’Espagne depuis mai dernier, devrait contribuer selon lui à l’instauration d’une paix régionale juste et durable.
Le Roi d’Espagne a souligné que l’écart qui nous sépare des objectifs du Programme 2030 demeure énorme. L’appel à l’efficacité et à l’optimisation des ressources, lancé lors de la quatrième Conférence internationale sur le financement du développement, tenue à Séville, doit être maintenu. C’est pourquoi l’Espagne, conformément à l’Engagement pris lors de cette conférence et adopté par consensus, a lancé le « Plan de Séville pour le soutien au multilatéralisme ».
L’avenir de l’Afrique passera par une population jeune, dynamique et proactive, de plus en plus présente dans les affaires mondiales. C’est cet avenir que nous devons soutenir, a ajouté le Roi, c’est pourquoi l’Espagne a adopté la Stratégie Espagne-Afrique 2025-2028.
Ukraine: pour le Président Zelenskyy, « ce n’est pas le droit international qui décide qui survit »
« Le droit international ne fonctionne pas pleinement. À moins que vous ayez des amis puissants qui sont vraiment prêts à le défendre, et même cela ne fonctionne pas sans armes »
(Président de l’Ukraine)
Pour M. Volodymyr Zelenskyy, « le XXIe siècle est très différent du passé: si un pays veut la paix, il doit toujours avoir des armes. C’est terrible, mais c’est la réalité, ce n’est pas le droit international qui décide qui survit. Il n’y a aucune garantie de sécurité, si ce n’est les amis et les armes. »
Cette réalité n’est pas le choix de l’Ukraine, a assuré M. Zelenskyy pour qui, si la population de son pays avait eu le choix, elle aurait choisi d’autres priorités. « Les Ukrainiens sont un peuple pacifique, mais c’est un peuple qui veut vivre, vivre librement dans son propre pays indépendant. Voilà pourquoi nous investissons dans notre défense. Pour de nombreux pays, il n’y a tout simplement pas d’autres choix », a relevé le Chef de l’État.
En temps de guerre, il n’y a pas une seule institution internationale qui puisse vraiment y mettre un terme, a encore constaté M. Zelenskyy. Qu’est-ce que des pays comme le Soudan, la Somalie ou la Palestine ou tout autre peuple vivant dans la guerre peut attendre du système international? » s’est-il interrogé.
Monaco: pour le Prince Albert II, « la paix n’est pas une utopie, mais une impérieuse nécessité »
« Égalité, respect, dialogue, voilà le cœur de l’esprit multilatéral »
(Prince Souverain de Monaco)
Le Prince Albert II de Monaco s’est dit préoccupé par le recul des droits humains, notamment les droits des femmes, qui nourrit la crise de confiance des citoyens envers les institutions.
Il a condamné fermement la guerre d’agression qui frappe l’Ukraine et souhaité une relance sincère du processus de paix au Moyen-Orient pour parvenir à la solution des deux États.
Rappelant le rôle pionnier de l’ONU dans la lutte contre les changements climatiques et l’engagement de la Principauté dans les questions environnementales, Albert II a annoncé que Monaco allait doubler son financement à ce titre d’ici à 2028.
Le Prince a redit l’urgence d’agir pour la protection des mers et des océans et préconisé une « économie bleue durable et générative ». Dans cet esprit, il a salué l’entrée en vigueur prochaine de l’Accord BBNJ sur la biodiversité marine.
Enfin, il a mis en relief le rôle du sport comme vecteur de paix et les impératifs de la santé publique mondiale.
Iran: Le Président Pezeshkian dénonce les atteintes à la « maxime d’or de conscience humaine »
« Qui perturbe la stabilité de la région et du monde? Qui est la véritable menace contre la paix et la sécurité internationales? Qui enfreint la règle d’or et la morale de l’humanité? »
(Président de la République islamique d’Iran)
« Le socle de toutes les religions divines et de la conscience humaine, c’est cette maxime d’or: “Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l’on te fît” », a rappelé le Président iranien Masoud Pezeshkian.
« Est-ce là l’état de notre monde? » s’est-il interrogé avant de dénoncer « le génocide à Gaza », la destruction et la violation répétées de la souveraineté du territoire du Liban, de la Syrie, du Yémen, « la famine forcée d’enfants émaciés dans les bras de leur mère, l’assassinat de savants iraniens et le fait qu’on ait visé ouvertement des dirigeants, tout cela avec l’appui du régime le plus armé du monde et sous prétexte de la légitime défense ». Accepteriez-vous de telles choses pour vous-mêmes, a-t-il demandé, avant de brandir des photos et albums de personnes « tuées par Israël » dans la région, qui étaient devenues des cibles militaires « en raison parfois seulement de leur compétence technique et de leur expertise ». « Accepteriez-vous cela pour vous-mêmes? Accepteriez-vous de tels actes contre vous-mêmes? »
M. Pezeshkian a rappelé l’« agression sauvage » dont son pays a été victime en juin, « par les régimes sioniste et américain, et alors même que nous avions choisi la voie des négociations diplomatiques ». Il y a vu une « violation grave de la diplomatie » qui a « porté un grave coup à la confiance internationale et aux perspectives mêmes de la paix dans la région », avant d’affirmer que, lors de la « Défense de 12 jours », de son pays, les ennemis de l’Iran avaient « involontairement renforcé la solidité du pays ». L’Iran, la civilisation la plus ancienne existante dans le monde, ne s’inclinera jamais devant un agresseur, a-t-il lancé.
Panama: le Président Molino Quintero dit que le canal de Panama « est et restera panaméen »
Le Président José Raúl Mulino Quintero a rappelé que cela fait 25 ans que le canal de Panama est passé sous autorité panaméenne. Depuis lors, a-t-il expliqué, « nous avons géré la voie navigable de manière exemplaire, contribué au développement économique du pays et exploité le canal au profit de la navigation internationale ». Durant cette période, le Panama a développé la route interocéanique, grâce à ses propres ressources, afin de répondre à la demande de navires de grande taille.
Le Président a réaffirmé son engagement sérieux et constant envers le régime établi par le Traité de neutralité permanente. « La neutralité est la formule la plus appropriée pour protéger la sécurité de notre canal, un atout mondial. »
Par ailleurs le Président panaméen a souligné que la politique multilatérale a permis à son pays de se retirer des listes discriminatoires établies par l’Union européenne et le Groupe d’action financière (GAFI). « Il est incohérent de siéger au Conseil de sécurité et de partager simultanément des listes avec des pays qui encouragent le terrorisme. »
Par ailleurs, a-t-il annoncé, le Panama a présenté « le Nature Pledge, notre Pacte avec la nature ». Il s’agit d’une nouvelle approche de la politique environnementale et climatique, dans un cadre qui réunit ses obligations en matière de climat, de biodiversité et de terres en un seul engagement national. Bien que son bilan carbone soit négatif, le Panama s’est ainsi engagé à restaurer 100 000 hectares d’écosystèmes prioritaires, notamment des mangroves et des bassins versants.
République tchèque: le Président Pavel met en garde contre un monde où la force ferait la loi
« Tolérer le principe de “la force fait loi” entraînera la fin du multilatéralisme et le début d’une vie régie par des principes dictés par une minorité puissante »
(Président de la République tchèque)
Le Président tchèque, M. Petr Pavel, a averti que la Fédération de Russie cherche à étendre sa sphère d’influence, et crée un précédent dangereux, en envoyant le message qu’une agression peut engendrer des gains territoriaux et politiques.
« Les conséquences de cette guerre vont bien au-delà des gros titres. Cette guerre menace de démanteler notre système de gouvernance fondé sur le respect mutuel, un partenariat égalitaire et des règles auxquelles nous avons tous souscrit », s’est-il inquiété.
« Si la Russie remporte cette guerre injuste, elle légitimera le triomphe de la force brute », a-t-il souligné. Fermer les yeux sur l’Ukraine aujourd’hui est un feu vert pour tout futur agresseur, où que ce soit dans le monde.
Pour M. Pavel, la solidarité internationale avec l’Ukraine démontre de plus que la plupart des pays croient encore aux valeurs universelles et à la responsabilité collective de les défendre.
Il a alors estimé que pour parvenir à une paix durable dans la région, les alliés démocratiques du monde entier doivent agir de concert en intensifiant notamment la pression économique sur la Russie. C’est, a-t-il affirmé, le seul moyen d’amener l’agresseur à la table des négociations. Et tout futur accord de paix sur l’Ukraine doit envoyer un signal fort qu’en aucun cas des frontières ne peuvent être modifiées par la force.
Suisse: « La Genève internationale peut apporter une contribution unique à la réalisation des objectifs de développement durable », indique la Présidente Keller-Sutter
L’année dernière, a rappelé la Présidente de la Suisse, Mme Karine Keller-Sutter, nous avons adopté ensemble le Pacte pour l’avenir, un engagement fort en faveur du multilatéralisme dont le Programme 2030 pour le développement durable constitue l’un des piliers. « Nous devons mettre en œuvre ces feuilles de route sans délai. »
La Présidente s’est dite convaincue que Genève, en tant que premier centre opérationnel onusien, dispose d’une forte expertise dans de nombreux domaines cruciaux pour notre avenir, liés notamment à l’humanité et à l’innovation. « Il s’agit d’un écosystème sans égal pour réfléchir, discuter et agir ensemble. »
Mais toute organisation internationale forte a besoin de membres forts, a-t-elle ajouté. « Et quand je dis forts, je ne parle pas de force par la taille ou la puissance militaire. Je parle d’États qui soient en mesure de permettre à leurs citoyens de s’épanouir –et je dirais aussi de s’exprimer– librement en toute sécurité. »
Lettonie: le Président Rinkēvičs appelle à mettre un terme aux guerres hybrides et plaide pour une intelligence artificielle responsable
Le Président Edgars Rinkēvičs a indiqué que de nombreux pays, y compris le sien, sont confrontés à une vague croissante d’attaques hybrides: nous devons faire face aux dommages causés aux câbles sous-marins, au brouillage des systèmes GPS, aux incendies criminels et à la flotte fantôme russe.
Plus récemment, a-t-il poursuivi, la Fédération de Russie a violé de manière irresponsable l’espace aérien de la Pologne et de l’Estonie, tandis que l’intensité des attaques de drones russes contre l’Ukraine a provoqué des incidents en Lettonie, en Lituanie, en Pologne et en Roumanie. Ce type de comportement irresponsable constitue une menace directe pour la paix et la sécurité internationales, et nous devons agir pour y mettre un terme, a-t-il souligné.
Constatant que les guerres hybrides évoluent, tout comme les technologies émergentes et disruptives, il a appelé à maximiser les avantages que ces technologies peuvent apporter, tout en restant vigilants face aux risques potentiels qu’elles représentent. Nous devons développer l’intelligence artificielle de manière responsable, mais nous ne devons pas freiner les progrès, a-t-il estimé, notant que l’intelligence artificielle peut favoriser la croissance économique, stimuler le progrès scientifique et l’innovation, et rendre l’éducation plus accessible.
Les gouvernements ne devraient pas mettre des années à créer des réglementations. Nous devons agir rapidement et correctement, a-t-il plaidé.
Kenya: le Président Ruto décrit la mission en Haïti comme une « leçon vivante » sur les forces et les faiblesses de l’ONU
« Si tant a pu être accompli avec si peu, combien davantage aurait pu l’être si la communauté internationale avait agi pleinement en solidarité avec le peuple haïtien? »
(Président du Kenya)
M. William Samoei Ruto a défendu le bilan de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) en Haïti, dont son pays assure le commandement depuis 15 mois, dont le mandat expire prochainement et dont les moyens sont restés limités et un effectif déployé, inférieur à 40% des prévisions.
La Mission a permis de sécuriser le palais présidentiel, le siège et l’académie de la police, de rouvrir des écoles, de rétablir la circulation sur les routes et de réduire drastiquement enlèvements et extorsions. « Si tant a pu être accompli avec si peu, combien davantage aurait pu l’être si la communauté internationale avait agi pleinement en solidarité avec le peuple haïtien? » a demandé M. Ruto.
Dénonçant les demi-mesures trop souvent opposées aux appels d’Haïti, le Président a présenté la Mission comme un « avertissement » mais aussi une « leçon vivante » sur les forces et les faiblesses de l’ONU, tout en réaffirmant sa foi dans le multilatéralisme et la solidarité internationale.
Affirmant qu’avec les ressources humaines et logistiques nécessaires, la sécurité en Haïti peut être rétablie, M. Ruto a rappelé que la situation en Haïti exige une attention internationale soutenue, coordonnée et indivisible. Alors que le Conseil de sécurité discute des prochaines étapes, il a souhaité une transition soigneusement préparée et ordonnée, ainsi qu’un engagement ferme, pour consolider les acquis durement obtenus.
Paraguay: le Président Peña Palacios réclame plus de démocratie pour résoudre « les crises de la démocratie » dans sa région
« Nos valeurs, notre manière de vivre sont menacées »
(Président du Paraguay)
Le Président du Paraguay, M. Santiago Peña Palacios, s’est dit vivement préoccupé par les restrictions à l’exercice des droits fondamentaux, tels que l’accès à la libre information et à la liberté d’expression « dans certains pays frères ».
La situation au Venezuela est devenue alarmante, a reconnu le Président. Aux violations systématiques des droits humains et des libertés fondamentales s’ajoutent des actes contraires au droit international et des persécutions contre les dirigeants politiques. « Le processus électoral de juillet 2024 a bafoué la volonté du peuple vénézuélien. » Sept millions de Vénézuéliens ont fui leur pays, provoquant « la plus grande crise migratoire de l’histoire de l’hémisphère occidental ».
Au Nicaragua, a poursuivi le Chef de l’État, la persécution des opposants politiques persiste et s’intensifie de manière agressive. Or le Paraguay, a-t-il rappelé, connaît, mieux que quiconque, le désastre de l’autoritarisme et de la dictature, ayant connu le plus long régime militaire du continent au XXe siècle, dont les blessures ne sont pas encore complétement cicatrisées.
« C’est pourquoi nous ne pouvons ni ne devons rester silencieux pendant que nos frères et sœurs latino-américains subissent la même oppression qui a marqué notre passé. » La crise de la démocratie, a conclu M. Peña Palacios, ne se résout pas par la main de fer, la censure, l’autoritarisme et encore moins par la violence. « Nous devons résister à ces imposteurs séduisants. »
Estonie: le Président Karis dénonce les objectifs inchangés de la Russie en Ukraine
« Voulons-nous un monde dominé par l’usage barbare de la force et de la violence, où la puissance a toujours raison? »
(Président de l’Estonie)
Pour M. Alar Karis, Président de l’Estonie, « la brutalité prévaut » dans le monde et nous ne pouvons pas laisser cela se poursuivre. « Voulons-nous un monde dominé par l’usage barbare de la force et de la violence, où la puissance a toujours raison? »
La guerre de la Russie contre l’Ukraine et les crimes de guerre que la Russie commet sapent la crédibilité du Conseil et de l’ONU, a accusé le Président, qui a jugé crucial de réformer cet organe. Il doit être élargi pour inclure les pays qui ont démontré leur engagement inébranlable en faveur du droit et de la Charte, et le droit de veto doit être restreint.
Pour M. Karis, les objectifs de la Russie n’ont pas changé: la capitulation de l’Ukraine et la modification de l’architecture européenne de sécurité afin de satisfaire ses ambitions néocoloniales. M. Karis a en particulier dénoncé « l’acte hostile » qu’a été l’entrée de chasseurs russes dans l’espace aérien estonien il y a quelques jours.
Argentine: « nous avons foi dans l’objectif original de l’ONU, mais nous ne souscrirons jamais à l’encadrement des libertés individuelles et commerciales », affirme le Président Milei
« L’ONU a perdu sa boussole », a lancé le Président Javier Milei, estimant que l’Organisation s’est transformée en un modèle de gouvernement supranational qui cherche à imposer un mode de vie bien précis.
Il a expliqué les votes de son pays depuis 2023 à l’ONU par une opposition systématique à toute tentative de priver les citoyens du monde de leurs libertés et droits individuels fondamentaux. Pour le Président argentin, il faut rompre avec le statu quo actuel, qui entretient le confort du présent des responsables politiques et, ce faisant, « met le feu à l’avenir pour préserver la chaleur du présent ».
Se faisant le chantre de la croissance économique et du libre-échange, M. Milei a soutenu que l’ONU incite les responsables politiques à agir de la sorte, en répartissant les richesses d’aujourd’hui au lieu d’en générer pour demain.
Il a indiqué en outre avoir décidé dès son accession au pouvoir de dissocier l’Argentine du Programme de développement durable à l’horizon 2030, qu’il a qualifié de « recyclage, inutile pour les peuples ». Nous venons d’un avenir que vous n’avez pas connu, a-t-il ajouté, dans une allusion aux crises économiques traversées ces dernières années par son pays. On nous demande de faire exactement ce qui a hypothéqué notre avenir! s’est-il indigné.
Après avoir vanté les succès du « Trumpisme », le Président Milei a suggéré que l’ONU revoit sa gestion stratégique des ressources et renforce son efficacité institutionnelle et que ses financements soient conditionnés à des résultats véritables et vérifiables.
Enfin, il a souhaité que le Royaume-Uni reprenne des négociations bilatérales sur la question de la souveraineté des « Îles Malvinas, des Îles de Géorgie du Sud et Sandwich du Sud et des espaces maritimes environnants », qui restent occupées « illégalement ».
Serbie: le Président Vučić tend la main pour que les divisions s’estompent et propose Belgrade comme lieu de dialogue
« Ici, à cette tribune, j’ai l’occasion de réaffirmer l’importance de l’histoire pour mon pays, pour notre peuple »
(Président de la Serbie)
« L’ONU n’est pas une relique du passé, c’est une boussole pour l’avenir », a déclaré M. Aleksandar Vučić, Président de la Serbie, avant de proposer Belgrade comme lieu de dialogue sur tous les sujets de conflits du monde, la ville étant située à la croisée de l’Ouest et de l’Est. La Serbie, qui est prête à accueillir des agences onusiennes, sera déjà l’hôte, dans deux ans, de l’Expo 2027.
À propos de dialogue, il s’est étonné que l’on en soit à se réjouir de la mort de gens comme Charlie Kirk, dénonçant l’intolérance qui ne cesse de croître et s’inquiétant de la direction que prennent nos sociétés.
Il a ensuite développé son discours sur la question du Kosovo. « Le Kosovo-Metohija, qui fait partie intégrante de la patrie serbe, est une part importante de son histoire, de sa culture et de son patrimoine spirituel. Ce n’est pas seulement une terre, c’est aussi l’incarnation de ce que nous avons vécu sur cette terre. »
Le Président a déploré « les circonstances dramatiques des Serbes du Kosovo » qui vivent isolés et souffrent de pénuries de denrées alimentaires, entre autres. La communauté internationale devrait pouvoir défendre les innocents qui souffrent, a lancé le Président en relevant combien ces Serbes sont attaqués, intimidés et discriminés.
« Nous tendons la main pour que les divisions s’estompent », a-t-il promis en demandant que l’Accord de Dayton soit respecté. Toutes les parties doivent se mettre d’accord et le processus de réconciliation doit se poursuivre.
Syrie: « Je viens de Damas, capitale d’un lieu de civilisation qui pendant 60 ans a été sous le joug de la répression », déclare le Président Ahmed al-Sharaa
« Des combattants du monde entier ont livré bataille en Syrie pour vaincre un régime criminel et nous avons remporté la victoire pour les mères des martyrs et pour le monde »
(Président de la Syrie)
La Syrie, qui exportait les crises, a désormais des solutions à proposer, s’est enorgueilli le Président, M. Ahmed al-Sharaa, en promettant la traduction en justice des responsables du bain de sang.
Nous avons rempli le vide du pouvoir, lancé un dialogue inclusif et planifié les élections législatives. En attendant, a plaidé le Président, nous réclamons la levée de toutes les sanctions.
Nous voulons rétablir la gloire et la dignité de la Syrie maintenant que le mensonge a péri, que la vérité a triomphé et que la Syrie retrouve son rang.
Nous écrivons un nouveau chapitre de l’histoire syrienne, intitulé « Paix, prospérité et développement ».
Nous avons souffert mais résisté et c’est pourquoi nous sommes aux côtés du peuple de Gaza, a souligné le Président, en prévenant que les frappes israéliennes contre son pays pourraient faire naître de nouvelles crises.
Croatie: le Président Milanović met l’accent sur les personnes disparues dans les conflits
« Une justice centrée sur les survivants est inscrite dans nos lois »
(Président de la Croatie)
Le Président croate a rappelé que, trois décennies après la guerre, les familles recherchent toujours 1 744 proches disparus. En tant que coprésident de l’Alliance mondiale pour les personnes disparues, son pays s’appuie sur « sa douloureuse expérience » pour sensibiliser le monde à cette problématique, a-t-il expliqué, précisant qu’une justice centrée sur les survivants est inscrite dans les lois croates. La Croatie organise aujourd’hui même un événement parallèle de haut niveau sur les personnes disparues dans les conflits armés, a rappelé M. Zoran Milanović.
Le Président croate a également abordé un autre héritage dramatique de la guerre: les mines terrestres. Il a rappelé que la Croatie a activement défendu la première résolution du Conseil des droits de l’homme sur les mines terrestres, adoptée par consensus le 4 avril dernier à l’occasion de la Journée internationale de la lutte antimines. La résolution envoie un message clair: la cruauté inutile de ces armes viole les droits humains fondamentaux.
M. Milanović, qui a remercié les États Membres ayant appuyé l’élection de la Croatie au Conseil économique et social pour la période 2026-2028, a placé parmi les priorités qu’y défendra son pays l’accélération de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, la préparation du Sommet sur les objectifs de développement durable de 2027 et du programme pour l’après-2030, « ainsi que le renforcement des liens entre les actions humanitaires, de développement et de paix ».
Chypre: le Président Christodoulides assure que son pays s’engage sur « la voie de la responsabilité »
« Chypre est occupée par la Turquie depuis 51 ans »
(Président de Chypre)
Face à l’ampleur des défis dans le monde, la responsabilité collective et la responsabilité individuelle des États sont inextricablement liées et se renforcent mutuellement, a déclaré le Président de Chypre, M. Nikos Christodoulides.
Chypre est prête à aller plus loin, a assuré le Président. « À assumer encore davantage son rôle de garant de la sécurité et de la stabilité en Méditerranée orientale et au Grand Moyen-Orient. »
Le Président a souligné que Chypre a développé le corridor maritime d’Amalthée pour l’acheminement de l’aide humanitaire à la population civile de Gaza et promu la création d’un centre européen de lutte contre les incendies.
En 2022, la Russie a envahi une nation souveraine, l’Ukraine, violant ainsi la Charte des Nations Unies, a déploré le Président. En 1974, la « Turquie » a envahi une nation souveraine, Chypre, violant ainsi la Charte des Nations Unies, a-t-il martelé. « La violation est égale et conduit à la souffrance, l’invasion et l’occupation. »
« Hier, depuis cette même tribune, M. Erdoğan a prêché au monde la paix et la responsabilité. Il a pointé du doigt d’autres personnes, pour les crimes que la “Turquie” commet elle-même chaque jour. C’est de la sensibilité sélective et le comble de l’hypocrisie », a dénoncé le Président en appelant à la fin de l’occupation turque.
Finlande: « nous ne devons pas laisser la montée en puissance de la force militaire nous aveugler », affirme le Président Stubb.
« Les 193 États Membres des Nations Unies n’ont pas à être d’accord sur tous les menus détails des valeurs, mais avoir une compréhension commune des fondamentaux »
(Président de la Finlande)
Le Président de la Finlande, M. Alexander Stubb, a appelé chaque État, petit ou grand, à « user de son influence de manière responsable » dans la construction d’un nouvel équilibre mondial, maintenant que celui hérité de l’après-guerre froide est terminé, — un processus qui prendra encore « cinq à dix ans », selon lui.
M. Stubb a identifié trois tendances majeures dans le monde d’aujourd’hui: la montée de politiques transactionnelles face au multilatéralisme, qu’il juge insoutenables, sans valeurs communes; le déplacement du pouvoir vers l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine, appelées à devenir des forces économiques et politiques centrales; et l’affaiblissement d’une ONU trop souvent incapable de faire respecter ses principes fondateurs. Pour autant, « nous ne devons pas laisser la montée en puissance de la force militaire nous aveugler », a-t-il insisté, prônant « le pouvoir de la légitimité, de l’intégrité et des règles ».
Concernant l’Ukraine, « un bastion de liberté », le Président finlandais, soulignant sa proximité géographique avec les belligérants, a affirmé que la guerre d’agression russe menace directement la sécurité européenne et qu’elle « ne doit pas être récompensée ». S’agissant de Gaza, il a exigé un cessez-le-feu immédiat, l’accès humanitaire sans entrave et la libération des otages, tout en soutenant la solution des deux États, et en saluant les efforts de la France et de l’Arabie saoudite pour reconnaître la Palestine.
Plus largement, il a évoqué les crises humanitaires au Soudan, en RDC, en Haïti, au Myanmar et au Mali, rappelant que les processus de paix « ne doivent pas être transactionnels mais guidés par le droit international » et que la présence de l’ONU reste essentielle.
Enfin, le Chef d’État finlandais a insisté sur la nécessité de réformer le Conseil de sécurité, en proposant cinq nouveaux sièges permanents pour l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine, sans droit de veto, et la suspension des droits de vote pour tout État violant la Charte. La Finlande soutient l’initiative ONU80 et se porte candidate à un siège pour 2029-2030, promettant d’être un « partenaire de paix, à la fois de principe et pragmatique ».
Sierra Leone: l’ONU s’est tenue à nos côtés lors des heures les plus sombres de notre histoire, rappelle le Président Maada Bio
« Quand l’ONU agit, des vies sont sauvées; quand elle échoue, des vies sont perdues »
(Président de la Sierra Leone)
« Nous savons ce qu’une ONU efficace signifie; pour des pays comme le nôtre, ce n’est pas un débat abstrait », a déclaré M. Julius Maada Bio, Président de la Sierra Leone. Il a rappelé les succès de l’ONU dans son pays, notamment le désarmement de plus de 75 000 combattants, le rétablissement d’un gouvernement civil et le soutien apporté à des élections démocratiques par la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (MINUSIL). « Quand l’ONU agit, des vies sont sauvées. Quand elle échoue, des vies sont perdues ».
Partisan d’un multilatéralisme « audacieux », défendant le droit, l’équité et la paix, M. Maada Bio a partagé ses inquiétudes quant à l’autorité et la légitimité de l’ONU. Il a dépeint une organisation minée par l’adhésion sélective au droit international, le mépris des résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale, les refus de financement et le recours à l’action unilatérale.
Pour remédier à cette situation, il a appelé de ses vœux une réforme du Conseil de sécurité. « Trop souvent, la réponse du Conseil est entravée par des intérêts géopolitiques étroits, retardant des actions qui auraient pu sauver des vies », a-t-il déploré, préconisant une plus grande inclusivité, notamment à travers l’octroi au continent africain d’au moins deux sièges permanents et de deux sièges non permanents. « L’Afrique, qui compte 1,3 milliard d’habitants et constitue le plus grand bloc régional des Nations Unies, n’a toujours aucun siège permanent. C’est injuste et intenable », a déploré le Président, pour qui cette exigence constitue « un test de l’engagement de l’ONU en faveur de l’équité et de sa propre Charte ».
Il a par ailleurs exhorté l’ONU à approfondir son partenariat avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dont il préside l’autorité des chefs d’État et de gouvernement. « L’Afrique n’est pas un problème à résoudre. L’Afrique est un partenaire à autonomiser », a-t-il fait valoir.
République dominicaine: le Président Abinader Corona plaide pour un ordre international plus juste et une ONU transformée
« Si nous ne transformons pas les Nations Unies, nous courrons le risque qu’elles tombent dans l'insignifiance, ce qui serait une catastrophe »
(Président de la République dominicaine)
M. Luis Rodolfo Abinader Corona, Président de la République dominicaine, s’est fait l’avocat d’un « ordre international plus juste, où le développement de certains ne soit pas synonyme de sacrifice pour d’autres ».
Le Président a voulu réaffirmer sa « foi dans le mandat fondateur de l’ONU, dans ses principes et ses valeurs, non pas comme des options secondaires, mais comme les seuls moyens de préserver la paix et la dignité humaine ». Conscient des défis auxquels le multilatéralisme est confronté, il a plaidé pour « des espaces de dialogue plus francs, efficaces et orientés vers des résultats, à tous les niveaux ». Il a aussi apporté tout son soutien à l’Initiative ONU80.
« L’ONU ne peut se contenter d’enregistrer les crises: elle doit être une boussole dans la tempête et un phare dans la nuit », a-t-il martelé.
M. Abinader Corona a également critiqué l’architecture financière internationale en ce qu’elle « ne répond pas aux réalités des pays en développement », disant miser sur les engagements pris lors de la récente Conférence internationale sur le financement du développement à Séville, « une étape importante, mais insuffisante », et sur un nouveau pacte financier international, qu’il a appelé de ses vœux.
Haïti a été un des sujets de son discours, le Président rappelant que la crise multidimensionnelle haïtienne représente une grave menace pour la paix et la sécurité de son propre pays et de la région. Il s’est prononcé en faveur d’une « action internationale cohérente et soutenue, qui garantisse des conditions minimales de sécurité et ouvre la voie à un large accord démocratique et souverain entre les Haïtiens eux-mêmes ». Le Président a d’ailleurs assuré de ses efforts diplomatiques en ce sens et soutenu le projet de résolution présenté par le Panama et les États-Unis devant le Conseil de sécurité et visant à transformer la Mission internationale d’appui à la sécurité afin qu’elle puisse imposer l’ordre et rétablir la paix en Haïti.
Sri Lanka: « la pauvreté est un ennemi aux nombreux visages », déclare le Président Dissanayake
« Il est temps de reconnaître que les inégalités et la pauvreté sont des catastrophes internationales »
(Président de Sri Lanka)
S’exprimant pour la première fois en tant que Président de Sri Lanka, M. Anura Kumara Dissanayake a demandé à l’Assemblée de prêter une attention particulière à l’éradication de la pauvreté extrême. « Nos peuples et nos pays sont pris dans le piège de la dette », a-t-il déploré.
Il a mis l’accent sur le droit fondamental des enfants à l’éducation, « la charpente de toute grande nation », et sur l’impératif de surmonter les risques liés à la fracture numérique. Il a également proposé de créer « une zone souveraine neutre » pour l’intelligence artificielle dans le cadre de l’ONU.
Petit État insulaire de 22 millions d’habitants, Sri Lanka a entamé sa lutte contre la corruption, a souligné le Chef de l’État. « La corruption est une épidémie, un obstacle au développement, une menace qui pèse sur la démocratie et le bien-être de tous. » De même, Sri Lanka prend des mesures décisives pour faire face au trafic de stupéfiants et à la criminalité organisée.
Le poison du racisme persiste, il est aussi mortel que les épidémies, a-t-il averti. « Nous devrions également avoir peur de prôner la guerre. »
Guatemala: le Président Arévalo de León dénonce la faillite de l’ONU à Gaza, en Ukraine et au Soudan
« Nous n’aurions jamais dû en arriver là. Les Nations Unies n’ont pas rempli leur mandat »
(Président du Guatemala)
« Nous n’aurions jamais dû en arriver là », a déclaré M. César Bernardo Arévalo de León à propos de la situation en Ukraine, au Soudan ou à Gaza. S’il a salué la recherche de processus légitimes au sein des Nations Unies, le Président du Guatemala a toutefois averti que cette quête ne devait pas servir d’excuse pour différer les actions nécessaires. Face à ces conflits, « les Nations Unies n’ont pas rempli leur mandat », a-t-il déploré.
M. Arévalo de León a appelé de ses vœux une réforme du système des Nations Unies, et notamment du Conseil de sécurité. « Cet organe, chargé de veiller à la paix et à la sécurité internationales, doit refléter les réalités du XXIe siècle et non les structures géopolitiques du passé », a-t-il estimé. Il a préconisé une structure plus représentative, qui s’affranchit des complications liées au droit de veto et reflète la réalité géopolitique actuelle.
Rappelant que « cette Organisation n’a pas été créée pour mener l’humanité au paradis, mais pour la sauver de l’enfer », selon les mots du deuxième Secrétaire général des Nations Unies, Dag Hammarskjöld, le Chef de l’État a lancé un appel à l’action face à l’urgence d’un multilatéralisme en crise.
Union des Comores: le Président Assoumani demande une solution juste à la question de Mayotte
« Nous dénonçons avec fermeté tout projet d’installation d’une base navale à Mayotte, île comorienne toujours sous administration française »
(Président de l’Union des Comores)
Le Président de l’Union des Comores, M. Azali Assoumani, a déclaré que l’Union des Comores demeure attachée au recouvrement intégral de son territoire national, comprenant Anjouan, Grande-Comore, Mohéli et Mayotte, jugeant impossible de passer sous silence la question de Mayotte, « toujours occupée malgré les résolutions claires et répétées de l’ONU ».
Le dialogue engagé avec la France doit aboutir, car ce différend, qui perdure depuis trop longtemps, coûte chaque année la vie à des milliers de Comoriens dans le bras de mer séparant Mayotte des autres îles, a expliqué M. Assoumani. Il s’est appuyé sur une enquête récente du journal Le Monde qui a révélé des manœuvres délibérées de la police à Mayotte, entraînant régulièrement le naufrage d’embarcations et la mort de plusieurs ressortissants comoriens.
D’où l’appel du Président de l’Union des Comores à « l’État français, Puissance occupante », pour qu’il mette fin à ces opérations, diligente les enquêtes nécessaires et sanctionne « les responsables de cette barbarie ». Pour sa part, l’Union des Comores poursuivra sans relâche son action diplomatique et juridique, afin de trouver une solution juste à la question de Mayotte.
Le Président comorien n’a pas manqué par ailleurs de rappeler que son pays, comme beaucoup de petits États insulaires en développement (PEID), est en première ligne face aux changements climatiques (montée des eaux, érosion côtière, cyclones de plus en plus fréquents). Il a appelé à un accès équitable et simplifié aux financements climatiques et à une solidarité renforcée.
Namibie: notre histoire témoigne de notre attachement au multilatéralisme, souligne la Présidente Nandi-Ndaitwah
« C’est par l’intermédiaire de l’ONU que nos ancêtres ont sans relâche milité pour la fin du régime colonial et de l’apartheid »
(Présidente de la Namibie)
La Présidente de la Namibie, Mme Netumbo Nandi-Ndaitwah, a affirmé que l’histoire de son pays, devenu indépendant en 1990, témoigne de son attachement au multilatéralisme et à la solidarité internationale. « C’est par l’intermédiaire de l’ONU que nos ancêtres ont sans relâche milité pour la fin du régime colonial et de l’apartheid en Namibie », a-t-elle souligné.
Elle a ensuite présenté les priorités de son administration: diversification économique, éducation gratuite dans l’enseignement supérieur, le développement des énergies renouvelables et mise en place d’un fonds national pour la jeunesse.
S’inquiétant des « sécheresses, inondations et autres catastrophes provoquées par les changements climatiques », elle a plaidé pour l’application de la Déclaration du Namib relative à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification et annoncé la candidature de son pays pour accueillir un pôle régional du Fonds vert pour le climat.
La Présidente Nandi-Ndaitwah a salué la participation accrue des femmes à la vie politique -elles composent plus de la moitié des postes de son gouvernement- avant d’indiquer que son pays organisera deux événements de haut niveau, l’un à New York, l’autre à Windhoek, pour marquer le vingt-cinquième anniversaire de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité, qui établit le cadre du programme pour les femmes et la paix et la sécurité. « Votre vision est nécessaire », a-t-elle lancé à l’adresse des femmes et des filles.
Au plan international, elle a soutenu les efforts de paix en République démocratique du Congo et exigé l’organisation immédiate d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental. Elle a aussi demandé la fin de l’embargo imposé à Cuba, des sanctions contre le Zimbabwe et des pressions sur le Venezuela. Concernant Gaza, elle a dénoncé un « génocide’, avertissant qu’« un échec à résoudre cette crise pourrait devenir l’échec moral de notre époque ».
Enfin, elle a plaidé pour une réforme du Conseil de sécurité conforme au consensus d’Ezulwini, « afin de corriger l’injustice historique faite à l’Afrique ».
Guyana: le Président Ali met en avant son différend territorial avec le Venezuela qu’il accuse d’agressions répétées
« Le Venezuela continue d’adopter des lois unilatérales et de proférer des menaces d’annexion, en violation flagrante du droit international, de la Charte des Nations Unies et des principes mêmes qui sous-tendent l’ordre mondial »
(Président du Guyana)
À la tribune de l’Assemblée générale, M. Mohamed Irfaan Ali, Président du Guyana, « petit État pacifique », a dénoncé les menaces et agressions répétées de la part du Venezuela, alors que la controverse territoriale entre ces deux États voisins est pendante devant la Cour internationale de Justice, qui a déjà pris des mesures provisoires ordonnant au Venezuela de s’abstenir de modifier le statu quo.
Le Président a ensuite exprimé l’attachement de son pays au développement durable et à l’action climatique. Le Guyana, a-t-il illustré, a eu « l’honneur d’organiser » le premier sommet de l’Alliance mondiale pour la biodiversité, à Georgetown en juillet 2025. La Déclaration de Georgetown, approuvée par cette large coalition de parties prenantes, « envoie un message clair et urgent: la biodiversité est un bien public mondial et sa protection doit être intégrée dans les plans de développement nationaux, les stratégies climatiques et les cadres financiers ».
Pour sa part, le Guyana examine de très près les crédits biodiversité afin de créer des sources de revenus durables pour les communautés forestières, en s’appuyant sur le succès rencontré avec les crédits carbone, a témoigné M. Ali.
Kiribati: notre océan est « vital » pour l’identité, l’économie et la sécurité alimentaire du pays, déclare le Président Maamau
Alors que certains prétendent que nos îles sombrent, nous disposons de stratégies traditionnelles et modernes pour nous adapter et prospérer, a assuré M. Taneto Maamau, Président et Ministre des affaires étrangères et de l’immigration de la République de Kiribati. Mon pays est résilient mais le soutien onusien pour les petits États insulaires en développement et des pays les moins avancés demeure crucial, a-t-il précisé.
Le Chef de l’État a salué les efforts réalisés pour la protection de la biodiversité marine dans le cadre de l’Accord BBNJ et la décision historique de la Cour internationale de Justice (CIJ) qui va dans le sens de la permanence des zones maritimes, indépendamment des effets des changements climatiques. Il s’est engagé à accroître la valeur du thon et à garantir que cette ressource soit protégée pour les générations futures.
Un financement du développement « équitable et prévisible » est tout autant vital pour l’avenir de Kiribati, a insisté M. Maamau. La réforme du système financier international et l’accès à des financements concessionnels sont essentiels pour nous permettre d’atteindre les objectifs de développement dans le Pacifique bleu.
Sénégal: le Président Faye défend l’idée d’une réforme de la gouvernance économique et financière mondiale
M. Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Président du Sénégal, est inquiet de « la déshumanisation désolante d’un monde d’émotions sélectives, selon les intérêts et les enjeux géopolitiques ». C’est ce qu’il est venu exprimer à la tribune de l’Assemblée générale, en dénonçant la logique du deux poids, deux mesures et la loi du plus fort, qui régissent « ce qui tient lieu d’ordre international ».
Le Président sénégalais a dès lors enjoint l’assistance à se donner les moyens pour lutter contre les conflits armés, le terrorisme, la criminalité transfrontalière et l’instabilité politique dont est victime l’Afrique. Pour ce faire, il a jugé nécessaire d’entreprendre des réformes de la gouvernance économique et financière mondiale. Il a rejeté une approche reposant sur l’aide publique, préconisant l’usage d’autres moyens, comme « un cadre fiscal mondial équitable afin que l’impôt soit payé là où la richesse est produite », mais aussi « l’accès au crédit dans des conditions soutenables ».
Il s’est également prononcé en faveur d’une réforme de la gouvernance politique mondiale, priant l’ONU d’« agir en pionnière », en instituant des délibérations et des décisions plus démocratiques, légitimes et représentatives de ses États Membres. Dans ce cadre, il a réitéré le soutien de son pays au consensus d’Ezulwini pour une représentation juste et équitable de l’Afrique au Conseil de sécurité.
Slovaquie: Slovaquie: le Président Pellegrini dénonce le retour de « la loi du plus fort »
« Le droit international est démantelé, pièce par pièce, norme par norme »
(Président de la Slovaquie)
« La Charte des Nations Unies est ouvertement remise en question », s’est alarmé M. Pellegrini. Les 14 coauteurs de la Charte des Nations Unies, dont le Slovaque Ján Papánek, avaient « compris que le monde avait besoin d’un cadre pour éviter de sombrer à nouveau dans le chaos » après la Seconde Guerre mondiale, a-t-il rappelé. Le cadre mis en place protégeait la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale, ainsi que le règlement des conflits par des moyens pacifiques pour « un monde stable et juste ».
Aujourd’hui au contraire, « le droit international est démantelé, pièce par pièce, norme par norme », et la « loi du plus fort » redevient un outil politique, s’est lamenté le Président slovaque. « Où cela nous mène-t-il? » s’est-il interrogé, rappelant que « le monde est plus violent aujourd’hui », avec des dizaines de conflits armés, et qu’il devient de plus en plus dangereux.
Pour M. Pellegrini, le Conseil de sécurité « ne peut pas prétendre qu’il réussit; il échoue », notamment face à la guerre en Ukraine. « En tant que pays voisin, la Slovaquie est témoin des coûts énormes de ce conflit. Malheureusement, malgré tous les efforts déployés en faveur d’un règlement pacifique, l’Ukraine doit se défendre elle-même contre la Russie », a-t-il constaté. Il a également dénoncé la violation de l’espace aérien de la Pologne par des drones russes, puis ceux de l’Estonie et de la Roumanie, « en violation flagrante de la souveraineté et du droit international ».
Le Président a ensuite salué l’Initiative ONU80, estimant que « la réforme des Nations Unies est souhaitable et, compte tenu de la situation financière actuelle, indispensable ». Toutefois, a-t-il averti, la mauvaise passe que traverse l’Organisation « ne peut justifier un désengagement. Au contraire, la situation nous invite à réinvestir dans sa force. Cela dépend de nous, les États Membres, plus que des pouvoirs exécutifs du Secrétaire général ».
Îles Marshall: la Présidente Heine appelle à la collaboration des puissances mondiales pour répondre à la menace des changements climatiques
Mme Hilda Heine, Présidente des Îles Marshall, a souligné que sa nation, un atoll de faible altitude, est témoin des plus grandes manifestations des changements climatiques, principale menace pour la sécurité de la région Pacifique. Pour y faire face et préserver l’avenir de nos jeunes générations, nous avons besoin de la collaboration des puissances mondiales, a-t-elle plaidé.
Selon elle, il est encore temps d’agir. « Mais seule une action urgente et à grande échelle peut réduire la vulnérabilité dans tous les secteurs clefs et renforcer les nations libres et démocratiques qui définissent notre région insulaire », a expliqué la Présidente. « Nous avons besoin que le monde comprenne mieux que notre sécurité est liée à notre fragilité ».
En tant que « gardiens de l’océan Pacifique », nous exhortons la communauté internationale à agir avec audace pour intensifier les efforts de lutte contre la pollution marine et l’acidification des océans et pour soutenir les petits États insulaires en renforçant leurs capacités de gestion, a déclaré Mme Heine. Il faut encore davantage de volonté politique pour rompre avec la mentalité du « forer d’abord, réfléchir ensuite », a-t-elle exhorté, saluant la prochaine entrée en vigueur de l’accord pour la protection de la haute mer (Accord BBNJ) et la confirmation par la Cour internationale de Justice (CIJ) de l’immuabilité des zones maritimes nonobstant l’élévation du niveau de la mer.
Pour préserver nos cultures et nos océans, il nous faut également des financements, a-t-elle lancé, appelant les pays riches à prendre leur responsabilité et à adopter des plans plus robustes pour mettre fin aux combustibles fossiles et réduire de moitié les émissions mondiales au cours de cette décennie.
La Présidente a également rappelé que son pays porte les stigmates d’anciens essais nucléaires qui continuent d’avoir des effets toxiques à ce jour. Bien que les États-Unis, ex-Puissance administrante, aient pris des mesures, un « désaccord significatif » persiste, a-t-elle indiqué, ajoutant que les communautés locales aspirent à une justice, à un environnement propre et au retour chez elles en toute sécurité. Si le Conseil de tutelle de l’ONU a été une « plateforme centrale » pour qu’elles se fassent entendre, il n’a pleinement réalisé son mandat, a estimé Mme Heine. « L’ONU devrait maintenant s’excuser pour ce qui s’est passé sous sa bannière et contribuer à panser nos plaies ».
République centrafricaine: le Président Touadera propose que soit créé un « Fonds mondial de prévention des conflits »
« Ce n’est pas l’ONU qui est fatiguée: ce sont les États Membres qui, en manquant de volonté politique, bloquent son action »
(Président de la République centrafricaine)
Rappelant « la force normative de la Charte des Nations Unies », qui portait « l’espérance d’un monde libéré du fléau de la guerre », M. Faustin Archange Touadera a reconnu que « la multiplication des conflits, la fragmentation du monde en blocs antagonistes, l’usage abusif du droit de veto et la paralysie du Conseil de sécurité nous donnent l’impression d’une Organisation à bout de souffle ». Pourtant, a-t-il pointé, « ce n’est pas l’ONU qui est fatiguée: ce sont les États Membres qui, en manquant de volonté politique, bloquent son action ».
M. Touadera a proposé de renforcer les mécanismes de la diplomatie préventive de l’ONU par la création d’un « Fonds mondial de prévention des conflits alimenté par les grandes puissances et géré de façon transparente ». Il a en outre préconisé de « systématiser la création de coalitions régionales de médiateurs capables d’agir en complément des Nations Unies pour éviter que les différends locaux ne se transforment en guerres ouvertes ».
Le Chef d’État a déploré que 40% des conflits armés dans le monde se déroulent sur le continent africain, au risque de le transformer « en une mosaïque d’États confettis, incapables d’assurer la stabilité ni de répondre aux besoins de leurs citoyens ». Il a demandé un financement structurel et pérenne des opérations de paix en Afrique, « reposant sur des contributions obligatoires et non sur le volontariat », sachant que « la paix n’est jamais acquise, mais toujours à construire avec patience et solidarité ».
Pour sa part, la République centrafricaine a choisi la voie du dialogue, qui a permis, « à travers la réconciliation et la confiance restaurée, l’autodissolution de la quasi-totalité des groupes armés ».
Albanie: le Président Begaj appelle à reconnaître l’indépendance du Kosovo et à soutenir son adhésion à l’ONU
« Le Kosovo a démontré qu'il est un membre responsable de la communauté internationale »
(Président de l’Albanie)
M. Bajram Begaj, Président de l’Albanie, a jugé naturel, dans le contexte mondial actuel, d’exiger davantage de l’ONU et de faire en sorte qu’elle continue à servir la paix, la justice et la solidarité, « pour nous et pour les générations futures ». L’humanité a besoin de davantage de coopération multilatérale, a résumé le Chef d’État, avant de réclamer justice pour le Kosovo, plus récent État des Balkans occidentaux.
Dix-sept ans après avoir déclaré son indépendance, « le Kosovo a démontré qu’il est un membre responsable de la communauté internationale, attaché à la paix, à la stabilité et aux valeurs démocratiques », a souligné M. Begaj. Reconnaître son indépendance et soutenir son adhésion à l’ONU et aux autres organisations internationales constitueraient selon lui « un acte de justice envers le peuple kosovar ». Un tel geste renforcerait aussi la paix et la sécurité dans la région et contribuerait à la stabilité de l’Europe dans son ensemble, a-t-il assuré.
Rappelant le parcours de son pays, « de l'isolement à l’intégration euro-atlantique, de la dictature à la liberté et aux droits humains », le Président a indiqué que l’Albanie est aujourd’hui « plus proche que jamais de réaliser son rêve de longue date: rejoindre l’Union européenne ». Suite à l’ouverture des négociations d’adhésion, nous poursuivons nos réformes à plein régime, avec pour objectif de conclure ces discussions d’ici à 2027 et de devenir membre à part entière de l’UE d’ici à 2030, a-t-il précisé.
Soulignant par ailleurs l’engagement de son pays dans la transition énergétique, la protection de l’environnement et la coopération dans le domaine des technologies, il s’est dit fier que l’Albanie codirige avec le Kenya le processus d’examen du Sommet mondial sur la société de l’information.
République du Congo: le Président Sassou Nguesso déclare « avec force » que l’Afrique mérite une représentation permanente au sein du Conseil de sécurité
« Nous en appelons à une réforme des organes de l’ONU, à commencer par le Conseil de sécurité, afin de les rendre plus représentatifs, plus transparents et plus proches des réalités de notre monde »
(Président de la République du Congo)
M. Denis Sassou Nguesso a relevé que le Conseil de sécurité ne reflète plus les équilibres géopolitiques de notre monde. Il est donc urgent selon lui de le réformer, « non pas en théorie mais en pratique ». L’Afrique ne peut plus rester marginalisée, c’est un continent d’avenir, de jeunesse, de potentiel, auquel nous devons garantir une participation pleine et entière aux décisions mondiales, a-t-il fait valoir.
Il faut, de la même manière, honorer les engagements pour le financement des objectifs de développement durable (ODD) et ceux pris dans la cadre de l’Accord de Paris sur le climat. Et il faut mettre fin aux mécanismes qui étranglent les économies vulnérables, a encore plaidé le Président congolais.
M. Sassou Nguesso a trouvé un motif de satisfaction dans l’adoption de la résolution de l’Assemblée générale sur la Décennie mondiale du boisement et du reboisement. Le climat ne doit pas être un nouveau facteur de division entre le Nord et le Sud, mais un facteur d’unité mondiale, a-t-il insisté.
Madagascar: le Président Rajoelina plaide pour la poursuite d’un partenariat durable entre les États-Unis et le continent africain
Le Président de Madagascar, M. Andry Nirina Rajoelina, a demandé, au nom des pays membres de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), l’extension de la loi sur la croissance et les perspectives économiques de l’Afrique (AGOA), « afin d’éviter des conséquences économiques et sociales désastreuses ».
L’AGOA, a-t-il rappelé, est une initiative américaine qui offre aux pays africains un accès préférentiel au marché des États-Unis, en favorisant les exportations sans droits de douane et en stimulant les échanges commerciaux. « Si l’AGOA disparaît, ce sont plus de 700 000 emplois directs et indirects qui pourraient être perdus dans la région de l’Afrique australe uniquement. »
Pour la continuité des actions du système onusien à Madagascar, le Chef de l’État a annoncé qu’il allait mettre à disposition des Nations Unies plusieurs milliers de mètres carrés de bureau afin d’accueillir un « hub ».
« Notre planète brûle, nos écosystèmes se dégradent alors que les actions et les financements ne suivent pas. Il est grand temps de passer à l’action », a lancé M. Rajoelina. Il a appelé à « une justice climatique pour que les pays pollueurs assument leurs responsabilités ». Avec notamment un programme de reboisement massif, Madagascar a rejoint la coalition des pays à neutralité carbone G-Zero et se positionne comme un « acteur modèle ».
Nigéria: le Vice-Président Shettima réclame un siège permanent au Conseil de sécurité et un nouveau mécanisme de gestion de la dette souveraine
« Le Nigéria reste fermement convaincu des mérites du multilatéralisme »
(Vice-Président du Nigéria)
M. Kashim Shettima, Vice-Président du Nigéria, a constaté que la lenteur des progrès sur les défis mondiaux récurrents a conduit certains à se détourner du modèle multilatéral. Le Nigéria reste « fermement convaincu des mérites du multilatéralisme », a-t-il assuré, appelant toutefois à des changements « efficaces et visibles », faute de quoi « la direction que nous prendrons est déjà prévisible ».
Convaincu que l’ONU doit renforcer les perspectives en matière de paix, de développement et de droits humains, il a tracé quatre pistes pour y parvenir:
La première étant l’octroi à son pays d’un siège permanent au Conseil de sécurité, le Nigéria ayant plus de 236 millions d’habitants, a-t-il fait valoir, devenant une force stabilisatrice pour la sécurité régionale et un partenaire constant dans le maintien de la paix. Cette « exigence d’équité, de représentation et de réforme » vise à rétablir la crédibilité de l’institution.
Deuxièmement, alléger la dette souveraine et faciliter l’accès au commerce et au financement. Il a préconisé la mise en place d’une « cour internationale de justice pour l’argent », qui permettrait aux économies émergentes d’échapper au « carcan économique de la production primaire d’exportations non transformées ».
Troisièmement, les pays riches en minerais doivent en tirer profit. Selon le Président, les investissements dans ces minerais en Afrique permettront de diversifier l’offre sur le marché international, de réduire les tensions entre les grandes économies et de contribuer à l’édification d’une architecture de la paix et de la prospérité « sur un continent qui a été laissé pour compte par les rivalités entre différents blocs ».
Il a enfin plaidé en faveur d’une réduction de la fracture numérique, afin que les initiales AI (intelligence artificielle en anglais) signifient aussi « Africa Included » (Afrique incluse). Alors que la technologie bouleverse les administrations publiques, le droit, la finance et la condition humaine, il a souhaité que son continent puisse combler le fossé en matière de richesses et de connaissances.
Koweït: le Prince héritier s’émeut des agressions israéliennes dans sa région et appelle à une réforme du Conseil de sécurité
Le Cheikh Sabah Al-Khaled Al-Sabah, Prince héritier de l’État du Koweït, a pris acte de l’Initiative ONU80 lancée par le Secrétaire général dans le cadre des efforts de réforme visant à rendre l’ONU plus efficace et plus adaptée aux besoins. Il a souhaité que la priorité soit donnée à la réforme du Conseil de sécurité afin qu’il incarne la justice, la crédibilité et la non-sélectivité. « Sa composition doit mieux refléter le monde d’aujourd’hui. »
Parmi les « grands succès » du Conseil de sécurité, il a cité la résolution « historique » de 1990 appelant à la libération de son pays envahi par l’Iraq. « À l’époque, le Conseil a prouvé sa capacité à s’acquitter de son mandat », a-t-il estimé, plaidant pour que l’organe continue d’incarner la recherche de la paix et de la justice. Il a ajouté que le Koweït travaille aujourd’hui avec son voisin iraquien au règlement de la question des personnes disparues, qui exige bonne foi et détermination, ainsi qu’un suivi du Conseil. Il a souhaité que ce dossier renforce la coopération entre les deux pays.
Il s’est par ailleurs alarmé de l’escalade militaire au Moyen-Orient, condamnant notamment « l’agression brutale » commise par Israël contre le Qatar, pays médiateur dans la crise de Gaza. Il a averti que « toute menace contre un État du Conseil de coopération du Golfe constitue une menace contre tous ses membres ».
Pour le Prince héritier, ce qui se produit dans la bande de Gaza est un génocide. « Nous ne pouvons appeler au respect du droit international dans un cas et l’ignorer dans un autre », a-t-il dit, exigeant l’arrêt des opérations militaires israéliennes et l’entrée dans l’enclave palestinienne d’une aide humanitaire ininterrompue. Applaudissant les efforts déployés par le Qatar, l’Égypte et les États-Unis pour parvenir à un cessez-le-feu, il a exhorté à soutenir l’élan créé par la conférence sur mise en œuvre de la solution des deux États coprésidée par l’Arabie saoudite et la France. Il également salué la décision prise par de nombreux États de reconnaître l’État de Palestine, avant d’appeler la communauté internationale à prendre des mesures pour obliger Israël à rendre des comptes pour ses crimes.
Australie: le Premier Ministre Albanese défend le multilatéralisme comme moyen de réaliser les intérêts nationaux
« Plus que jamais, nous devons choisir de réussir ensemble plutôt que de risquer d’échouer seuls »
(Premier Ministre de l’Australie)
« Plus que jamais, nous devons faire confiance à l’humanité de chacun », a affirmé le Premier Ministre de l’Australie, M. Anthony Albanese. « Plus que jamais, nous devons construire un avenir fidèle à la noble mission des Nations Unies et digne des plus grandes qualités de nos peuples. »
« Nous considérons la compréhension mutuelle, la prospérité partagée et la coopération économique comme les contrepoints les plus puissants à la confrontation, l’isolement ou le conflit. »
Les Nations Unies sont bien plus qu’une arène où les grandes puissances opposent leur veto aux ambitions des autres. C’est une plateforme où les puissances moyennes et les petites nations peuvent exprimer –et réaliser– leurs aspirations.
C’est pourquoi l’Australie cherche à siéger au Conseil de sécurité de l’ONU pour la période 2029-2030. Et c’est pourquoi elle propose de coorganiser la trente et unième COP, avec sa famille du Pacifique, « des nations pour qui les changements climatiques sont bien plus qu’un défi environnemental, mais bien une menace existentielle ».
L’Australie, a encore déclaré le Premier Ministre, investit dans ses capacités et dans ses relations, dans le développement, la défense et la diplomatie que ce soit au sein du Forum des îles du Pacifique, de son engagement avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) ou dans ses partenariats avec l’Indonésie, l’Inde, la République de Corée et le Japon. De plus, elle innove dans ses relations avec de « vieux amis » comme le Royaume-Uni, l’Union européenne et les États-Unis.
Enfin, M. Albanese a expliqué la reconnaissance par son pays de l’État de Palestine en s’appuyant sur la Charte des Nations Unies, qui « constitue le fondement même de cette institution et reflète le meilleur de son idéalisme ». Il a précisé que son pays appelle à un cessez-le-feu à Gaza, à la libération immédiate des otages, à l’acheminement de l’aide vers ceux qui en ont désespérément besoin, et à ce que les terroristes du Hamas ne jouent aucun rôle dans l’avenir de Gaza.
Italie: la Présidente du Conseil des ministres constate que le dialogue et la diplomatie ne sont plus suffisants pour prévenir le recours à la force
« Le monde est suspendu entre la paix et la guerre, avec 56 conflits armés recensés dans le monde »
(Présidente du Conseil des ministres de l’Italie)
Pour Mme Giorgia Meloni, Présidente du Conseil des ministres de l’Italie, la situation mondiale actuelle démontre que « le dialogue et la diplomatie ne sont plus suffisants pour prévenir le recours à la force ». C’est dans ce contexte d’affaiblissement de l’architecture bâtie après la Seconde Guerre mondiale que la Russie a lancé sa guerre contre l’Ukraine et refuse aujourd’hui de s’assoir à la table des négociations, a-t-elle constaté, jugeant que le Hamas a fait de même en s’attaquant à Israël le 7 octobre 2023. Reste que, si Israël a d’abord réagi de manière légitime, il a depuis « dépassé les limites des normes internationales ».
Mme Meloni s’est déclarée favorable aux sanctions de l’Union européenne contre Israël, tout en invitant ce pays à « sortir du piège de cette guerre » et à « tirer les leçons millénaires du peuple juif ». L’Italie s’est engagée à prendre en charge des enfants de Gaza et à travailler avec tous ceux qui contribuent à la phase suivante, à savoir le cessez-le-feu, la fin du conflit et la reconstruction de l’enclave, a-t-elle indiqué. Elle a ajouté que son pays a signé la Déclaration de New York sur la solution des deux États, qui précise que le Hamas devra renoncer à participer au futur exécutif palestinien.
Abordant la question de la réforme de l’ONU, la Cheffe du Gouvernement italien a exhorté l’Organisation à être transparente sur les coûts, à éliminer les doublons et à réformer le Conseil de sécurité. À ce sujet, elle s’est déclarée opposée à l’ajout de nouveaux sièges qui ne permettrait aucunement d’éviter la paralysie. Ce qu’il faut, c’est une représentation équitable de tout un chacun et non d’un groupe contre un autre, a-t-elle affirmé.
Elle a également plaidé pour une révision en profondeur des conventions internationales, notamment de celles qui régissent la migration et l’asile. « Ce sont des règles qui ne sont plus d’actualité et qui sont interprétées de manière idéologique par des systèmes judiciaires politisés », a-t-elle dénoncé, appelant de ses vœux pour un système qui protège les droits humains mais aussi les frontières et les droits des citoyens des pays d’accueil. Elle a en outre mis en garde contre les trafics d’êtres humains et s’est érigée en défenseuse des chrétiens persécutés dans le monde en raison de leur foi.
Hongrie: le Ministre des affaires étrangères appuie les initiatives visant la paix, notamment les efforts du Président Trump, pour éviter une troisième guerre mondiale
« Toutes les guerres se finissent à la table des négociations, aucune guerre ne se termine sur le champ de bataille »
(Ministre des affaires étrangères de la Hongrie)
M. Péter Szijjártó a exprimé son respect au Président Trump et à ses efforts, « seul espoir d’une paix en Ukraine ». « Nous espérons que le Président Trump n’abandonnera pas ses efforts, en dépit du fait que de nombreux responsables politiques en Europe sapent ces efforts au lieu de les appuyer. »
La lutte contre les migrations illégales a été un autre axe de son discours. Des centaines de milliers de migrants illégaux ont envahi notre pays il y a 10 ans, a-t-il témoigné en rappelant que son pays avait alors fermé sa frontière au motif que certains migrants menacent le mode de vie des Hongrois. Or la Commission européenne a condamné la Hongrie à payer une amende de 200 millions d'euros et à s'acquitter d'une astreinte d'un million d'euros par jour tant que la barrière ne sera pas détruite. La Hongrie préfère encore payer ce montant, car ce n’est pas aux technocrate Bruxelles de décider de qui la Hongrie peut accueillir sur son sol, a assuré le Ministre.
La même fermeté a été montrée par le Ministre concernant la notion de famille qui, a-t-il dit, est composée d’une mère (une femme), d’un père (un homme) et d’enfants. La Hongrie appuie les familles pour qu’elles aient autant d’enfants qu’elles le souhaitent, a-t-il informé. À partir de l’an prochain, toute mère ayant donné naissance à deux enfants sera exemptée de l’impôt proportionnel sur le revenu, a donné comme exemple le Ministre.
Costa Rica: le Ministre des affaires étrangères et du culte prône davantage de diplomatie préventive
« La diplomatie préventive coûte des millions; réparer ses échecs coûte des milliards »
(Ministre des affaires étrangères et du culte du Costa Rica)
M. Arnoldo Ricardo André Tinoco, Ministre des affaires étrangères et du culte du Costa Rica, a fait remarquer qu’au Venezuela, au Nicaragua et en Haïti, nous voyons les conséquences d’une arrivée trop tardive. « Nous aurions pu agir à temps. Nous aurions pu prévenir les violations répétées et systématiques des droits humains et l’exode de millions de personnes qui cherchent aujourd’hui refuge et d’autres formes de protection internationale — mais nous ne l’avons pas fait. »
Le Ministre s’est aussi inquiété que « l’ombre de l’utilisation des armes nucléaires » plane une nouvelle fois. Ces armes sont de nouveau considérées par leurs détenteurs comme un élément central des stratégies de sécurité nationale et sont utilisées comme outils de coercition.
Le Ministre a rappelé aux États dotés de l’arme nucléaire qu’ils auront une nouvelle opportunité en 2026 de réaffirmer leur adhésion au Traité et aux obligations et engagements du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Il les a exhortés à reconnaître que le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) renforce et complète le TNP et qu’il représente un élément essentiel du régime de désarmement et de non-prolifération nucléaire.
Un autre souci fort du Costa Rica est la fourniture de l’aide humanitaire, qui représente aussi « le prix que nous payons pour ne pas avoir agi en amont ». Il a appelé la communauté internationale à reconnaître que la sécurité humanitaire exige une réponse multidimensionnelle et une architecture régionale intégrée.