Quatre-vingtième session,
1re séance plénière
AG/12705

La Présidente de l’Assemblée générale ouvre la quatre-vingtième session sous le thème « Mieux ensemble »

Déclarant que « nous nous trouvons à la croisée des chemins, à un moment décisif », la Présidente de l’Assemblée générale a exhorté à trouver la volonté et l’ambition de transformer les promesses en actions et les engagements en progrès mesurables à l’occasion du lancement officiel des travaux de la quatre-vingtième session qu’elle a placé sous le thème « Mieux ensemble: plus de 80 ans au service de la paix, du développement et des droits humains ».

Élue le 2 juin dernier, Mme Annalena Baerbock a rappelé que cette année, loin d’être ordinaire et festive, est marquée par « des conflits qui s’étendent, une planète qui brûle et des droits humains piétinés ». 

Dans son allocution aux 193 États Membres, elle a posé une question forte: « Pouvons-nous célébrer alors que des enfants meurent de faim à Gaza, que les filles afghanes sont privées d’école, que des grands-pères à Kharkiv se réfugient dans des baignoires, que des femmes au Darfour cachent leurs filles pour les protéger du viol, que des insulaires du Pacifique voient leurs maisons englouties, et que 808 millions de personnes luttent encore pour nourrir leur famille? »

Mme Baerbock a toutefois souligné que, malgré ses défis, le monde « souffrirait bien davantage sans les Nations Unies ».  Pour elle, l’ONU reste la seule Organisation capable d’agir à une véritable échelle mondiale, avec légitimité politique et autorité morale universelles.

Convaincue que « nous sommes réellement meilleurs ensemble », l’ancienne Ministre fédérale des affaires étrangères de l’Allemagne a invité les États à s’approprier pleinement le thème de cette session « historique », même dans un contexte de désunion.  Elle a exhorté la communauté internationale à se rassembler et à répondre « aux appels désespérés venus du monde entier », voyant dans cette quatre-vingtième session une occasion de réussir, non d’échouer.

Mme Baerbock a rappelé que, comme en 1945 à San Francisco, en 2015 lors de l’adoption de l’Accord de Paris et du Programme 2030, ou encore l’an dernier avec le Pacte pour l’avenir, « l’histoire montre que nous savons nous unir dans les moments décisifs ». 

Selon elle, le courage consistera à poursuivre les réformes déjà engagées: mise en œuvre du Pacte pour l’avenir et l’Initiative ONU80, sans oublier la sélection du prochain secrétaire général qui se fera au cours de cette quatre-vingtième session.

À ce propos, elle a relevé qu’en 80 ans, « aucune femme n’a encore dirigé les Nations Unies », alors même que la moitié de l’humanité est constituée de femmes et de filles. 

L’occasion pour M. António Guterres de saluer l’élection de Mme Baerbock, cinquième femme seulement à présider l’Assemblée générale dans l’histoire de l’Organisation*.

Dans son adresse, le Secrétaire de l’ONU a enjoint les États Membres à retrouver l’esprit et la détermination de 1945 pour honorer la vision des fondateurs et répondre aux attentes des peuples, qui attendent de l’Organisation qu’elle incarne la paix, la justice et la prospérité partagée. 

« Soyons à la hauteur de leur vision, et surtout des attentes et des espoirs des peuples du monde », a-t-il plaidé.

En attendant, a rappelé le Secrétaire général, les priorités sont claires: mettre fin aux conflits et aux fractures, réaffirmer l’attachement au droit international, accompagner les pays dans leur progression vers les objectifs de développement durable (ODD), soutenir la transition vers les énergies renouvelables, en particulier dans le monde en développement, et relever les défis posés par la révolution numérique. 

À cela s’ajoute l’engagement pris dans la Déclaration sur les générations futures: faire en sorte que les décisions d’aujourd’hui servent ceux qui hériteront du monde de demain. 

« La Charte ne s’appliquera pas d’elle-même », a souligné le Secrétaire général.  Elle suppose la volonté des États de dépasser leurs seuls intérêts nationaux, de rebâtir la confiance et la solidarité, et de croire en ce qui peut être accompli collectivement.

Avant de clore cette première séance plénière, l’Assemblée générale a nommé l’Andorre, le Botswana, la Chine, les États-Unis, la Malaisie, la Fédération de Russie, la République dominicaine, le Sénégal, et la Trinité-et-Tobago membres de la Commission de vérification des pouvoirs pour cette quatre-vingtième session. Elle a également autorisé une dizaine d’organes subsidiaires à se réunir.

Les travaux de fond de la session s’ouvriront comme chaque année par le débat général des chefs d’État et de gouvernement, prévu cette année le 23 septembre.

*Mme Baerbock succède à Vijaya Lakshmi Pandit (Inde, 8e session), Angie Brooks (Libéria, 24e session), Haya Rashed Al Khalifa (Bahreïn, 61e session) et María Fernanda Espinosa Garcés (Équateur, 73e session).

 

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